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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Bauer

Centerliner 9000 : une irrigation optimale

Technique

Publié le 10/05/2019

Céréalier et viticulteur, Christophe Koenig a repris l’exploitation familiale en 2008. L’une de ses parcelles, située à la sortie d’Ostheim en direction de Ribeauvillé, d’une superficie de 21 hectares, est irriguée depuis 2012. Une nécessité avec les épisodes de sécheresse qui se succèdent, la hausse des températures et la fluctuation des rendements. Jusqu’à présent, le céréalier utilisait une génératrice euro machine à double pompe en surface, immergée, avec 400 mètres de conduites enterrées. Il avait également un enrouleur d’une autre marque posé au sol sur 550 m. « Ce système m’a permis d’augmenter mes rendements. De l’ordre de 40 à 45 quintaux de plus en moyenne. J’ai également augmenté la dose d’azote et utilisé moins de produits phytosanitaires », se félicite Christophe Koenig.

Il a souhaité cependant investir dans du nouveau matériel. Un plus grand nombre de parcelles de maïs que par le passé nécessite davantage de travail et moins de temps disponible. « Je voulais avoir la meilleure irrigation possible. Agronomiquement, les terres sont difficiles à maîtriser. Le sol est froid et il y a presque toujours du vent. C’est une sortie de vallée. Le vent assèche rapidement la terre. L’irrigation est donc une nécessité. D’habitude, je réalise quatre tours d’eau. Elle est pompée dans la nappe et un puits de 20 m », ajoute Christophe Koenig. Il a fait confiance à la société Bauer pour le choix du matériel. Bauer est une référence pour les enrouleurs, numéro 2 mondial du secteur avec plus de 3,5 millions d’hectares irrigués dans le monde avec son matériel.

Du « sur-mesure »

Dans le cas présent, on est sur un produit haut de gamme proposé avec son partenaire allemand Schillinger, spécialiste de l’irrigation. Il est connu en Alsace pour faire de l’installation en pivot notamment. « Pour notre part, le savoir-faire de notre marque autrichienne permet d’installer des rampes ou pivots avec un potentiel de travail plus important. Nous nous complétons. Nous avons un ensemble de matériel adaptable aux petites surfaces que l’on trouve en Alsace », précise Florian Lutz, technicien chez Bauer. L’installation du matériel a nécessité plusieurs journées de travail. La rampe fait 194 m de long. Sa motrice centrale est adaptable à la parcelle. Elle gère électroniquement sa mise en place, via un guidage au sol. « La plus grosse partie du travail concerne le paramétrage de la parcelle dans la machine. Il faut pouvoir avancer, reculer, la mettre en mode pivot ou non, entrer toutes les données et angles au système de gestion. Nous essayons de faire du « sur-mesure » en fonction des besoins et des demandes des clients », conclut Florian Lutz.

Congrès Cnaoc en Alsace

La viticulture à l’heure de la réforme de la Pac

Vie professionnelle

Publié le 09/05/2019

La Pac est appelée à être réformée. L’assemblée générale de la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées (Cnaoc) a examiné les propositions que la Commission européenne a mis sur la table. « Depuis dix ans, nous avons une politique basée sur les vins de qualité qui nous a plutôt réussi. L’Europe est passée de 2 à 12 milliards d’euros d’exportation. 70 % de ces vins sont en indication géographique protégée (IGP). Nous avons gagné la bataille de la compétitivité », indique Joao Onofre, chef de l'unité vin et spiritueux de la Commission européenne.

Quelle place pour les vins désalcoolisés ?

Parmi les nouvelles questions soulevées au sein du débat européen : le marché des vins sans alcool. Il existe un marché pour ces vins, donc une concurrence à réguler et des enjeux « au titre de la politique de la santé ». Mais dans quelle catégorie les positionner ? Dans les produits industriels, au risque de voir leur production échapper à toute règle viticole ou dans la famille des vins ? « La viticulture doit faire le même effort intellectuel que les autres secteurs des boissons », estime Joao Onofre, en les intégrant dans l'Organisation commune de marché (OCM) Vin. Un point de vue qui n'est pas partagé par les professionnels (lire encadré).

Pour améliorer la transparence, la profession doit aussi avancer sur la question de l’étiquetage nutritionnel et sur la liste des ingrédients. La Commission mise sur l’autorégulation et prévoit la possibilité de dématérialiser ces informations (via un QR code par exemple). Cela doit permettre de protéger le secteur par rapport à des initiatives nationales plus contraignantes qui fleurissent en Europe, notamment dans les pays non-producteurs.

 

 

Un processus otage de plusieurs échéances

Le processus législatif européen, outre sa complexité, est soumis à des échéances. Tout d'abord dans le contexte du Brexit, le budget européen n’est toujours pas arrêté. Ensuite les élections européennes du 26 mai prochain s’annoncent décisives. « Il y a un risque d’une composition difficile (du Parlement) pour établir un consensus. Cela peut avoir comme conséquence un retard dans l’adoption de cette réforme. Quoi qu’il en soit, il faut continuer à travailler sur ce dossier pour aboutir à une nouvelle politique agricole commune le plus tôt possible. Ce sera pour 2021 si tout va bien. Sinon, en 2022 », conclut le chef de l'unité vins de la Commission.

Une analyse partagée par le député européen sortant, Éric Andrieu, rapporteur du texte. Il s’est dit confiant sur le rapport principal de l’OCM Vin soutenu à 80 % par la Commission agriculture du Parlement européen. Par contre, il est plus inquiet pour la mise en oeuvre des plans sectoriels, qui ont été transferés de l’OCM Vin vers trois plans stratégiques. L’avenir de ces rapports dépend de la composition du Parlement européen. La conférence des présidents doit décider de la suite à donner à ces rapports qui n’ont pas bénéficié du même soutien massif des élus sortants. « Soit le process se poursuit. Les différents rapports sont présentés en session plénière. Ils seraient alors votés avec des possibilités d’amendements. Nous pourrions donc être opérationnels en 2021. Soit un second scénario se dégage. Il ne permettrait pas de dégager de majorité pour ces rapports ou pour certains d’entre-eux. Il faudrait alors reprendre le travail, renommer les rapporteurs pour aboutir à la situation d’aujourd’hui, mais avec un an de travail perdu », constate Éric Andrieu.

La Commission agri du Parlement propose de majorer de 3 % les nouveaux programmes sectoriels. Sur les autorisations de plantation, « nous les prolongeons à l’horizon 2050 avec une première évaluation à horizon 2023 puis tous les dix ans. Cela doit permettre d’inscrire cette règle dans le marbre pour donner de la perspective. Il y a eu un vote largement majoritaire sur ce point », indique Éric Andrieu. La Commission agri a par contre rejeté la proposition sur l’autorisation des cépages issus de Vitis Labrusca. « Cependant, on autorise là où c’est déjà existant », précise Éric Andrieu, légalisant ainsi des situations existantes sans permettre leur développement. Une ouverture aux hybrides issus de Vitis vinifera sur les vins avec IG est prévue pour travailler sur l’adaptation climatique et phytosanitaire. Le facteur humain, comme élément central des AOP a également été réintroduit dans le projet d’où il avait disparu. La Commission agri prévoit aussi que le dispositif sur l’étiquetage des apports énergétiques entre en application dans un délai de 18 mois après la réforme. Concernant la liste des ingrédients, les professionnels devraient bénéficier d’un délai de 36 mois pour s’adapter.

 

 

 

JA’s Day à Mulhouse

Tisser du lien

Vie professionnelle

Publié le 27/04/2019

Des animaux, des tracteurs, des produits des terroirs du département, des organisations professionnelles et surtout de jeunes agriculteurs. Le monde agricole a organisé cette seconde édition des JA’s Day, en lien avec l’association des Vitrines de Mulhouse, profitant d’un samedi ensoleillé au beau milieu du week-end pascal. Une occasion pour le public, à commencer par les nombreux parents présents, de se faire expliquer le lien entre la vache et le lait et de découvrir tous les animaux de la ferme.

Les producteurs proposaient de nombreuses dégustations et de déjeuner sur place en profitant d’une tarte flambée ou d’un burger avec frites, local. « Nous sommes là par hasard. Nous passons le week-end dans la région. Ce marché est sympa car on y trouve de nombreux produits. Nous venons d’acheter du miel, du pain et du fromage. Chez nous en Vendée, nous fréquentons également de tels marchés. Nous aimons consommer chez des producteurs que nous fréquentons toute l’année », expliquent Elisabeth et Paul, un couple originaire de La Roche-sur-Yon.

Les producteurs de l’ensemble du département étaient nombreux à avoir répondu à l’appel, avec une grande variété de produits. Originaire de la vallée de Munster, Pierre Million, président de la société Les Gourmandises du Bonhomme proposait « un large échantillon de produits de fabrication artisanale : des confitures, des coulis, des sirops, des pâtes de fruits ». Sylvain Grass de Dessenheim, avec La Cabane à farine, incarnait les produits de la plaine. Cette petite entreprise familiale transforme le blé en farine puis en pâtes, pour la vente directe. L’entreprise propose 18 variétés de pâtes différentes, nature ou aromatisées.

Une belle opportunité

Lors de l’inauguration officielle, le président des JA 68, Ange Loing, s’est félicité de l’organisation de cette journée. « C’est une belle opportunité de venir ici sur ce marché de Pâques. Nous sommes là pour parler de l’agriculture. Il est important de montrer au public, aux consommateurs, les facettes positives de notre métier, et de communiquer avec le grand public ». Autour de lui, la maire de Mulhouse, Michèle Lutz, la conseillère départementale, Lara Million et le conseiller régional, Thierry Nicolas. Avec d’autres élus locaux, ils ont fait le tour du marché pour rencontrer et échanger avec les professionnels. « Votre métier est extraordinaire. C’est magnifique d’avoir une ferme au centre-ville de Mulhouse. Elle permet de découvrir l’agriculture, de promouvoir le bien manger et le bien vivre. Nous connaissons les difficultés du monde agricole. De telles initiatives et l’organisation d’une journée comme aujourd’hui vous permettent de communiquer positivement », a félicité Michèle Lutz. Toute la journée, des visiteurs nombreux sont venus à la rencontre des agriculteurs. Des échanges directs pour retisser le lien entre les producteurs et les consommateurs.

Générations Mouvement 68

Agir pour la solidarité et contre la solitude

Vie professionnelle

Publié le 26/04/2019

C’est ce qui a été rappelé lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée mardi 16 avril dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine. L’association comptait en 2018 pas moins de 2 279 adhérents répartis au sein de 52 clubs. Certains ont cessé leurs activités comme celui de Fulleren, d’autres ont été créés comme ceux de Muntzenheim et d’Hirsingue. Le plus petit club est celui de la chorale de Bischwihr (7 adhérents) et le plus grand se trouve à Montreux-Vieux (167 adhérents).

Une réunion des responsables de ces clubs a permis d’aborder de nombreuses problématiques concernant les aînés. Une convention a ainsi été signée au niveau national avec Mutualia concernant sa complémentaire santé. « Nous avons également bénéficié du soutien de la fédération nationale pour des journées de formation concernant le développement, les voyages et les assurances.

Deux formations « tablettes Facilotab » ont été organisées sur Colmar et Altkirch. Ces tablettes permettent actuellement une sensibilisation et une formation au niveau du club Atout cœur à Hirsingue. « Nous comptons là proposer et là développer d’autres clubs », explique la présidente de Générations Mouvement 68, Pierrette Bonjean. Des cycles informatiques ont également été dispensés dans les locaux de la MSA à Altkirch grâce à l’engagement d’animateurs bénévoles, François Pflieger et Yvan Zuber. Douze ordinateurs sont actuellement en service et remplissent leurs missions d’aides, de soutien et d’anticipation à l’isolement. « Nous travaillons également avec l’association Atout Age pour la mise en place d’actions spécifiques. En 2018, nous avons ainsi mis en place quatre groupes « informatique » sur Geiswasser, sur Fortschwihr et sur Altkirch. D’autres actions de promotion de la santé sont proposées dans le même cadre. Nous vous encourageons à y participer. Nous sommes également membres du Conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie. Enfin, pour l’achat des tablettes et la formation, nous avons bénéficié d’une subvention du Conseil départemental du Haut-Rhin dans le cadre de la conférence financeurs », a rappelé Pierrette Bonjean.

Concernant les voyages et les sorties, les projets ne manquent pas. En 2018, une cinquantaine de personnes ont visité les Pays-Bas. Certains clubs ont proposé à leurs adhérents leurs propres voyages.

Les seniors : la priorité des priorités

La présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, présente à l’assemblée, a insisté sur les valeurs de solidarité qui animent l’association. « Ce qui est très important dans une société trop souvent individualiste. Vous savez créer, entretenir et développer des liens entre les personnes. Ce qui vous uni, ce sont des valeurs de solidarité, de fraternité, d’amitié et de convivialité. Ces valeurs nous rassemblent et sont renforcées grâce à vous pour le bien vivre ensemble dans le Haut-Rhin. » La solidarité et l’action sociale font partie des responsabilités du Conseil départemental du Haut-Rhin et représentent la moitié de son budget. « Et pour cette année 2019, il a été décidé que la priorité des priorités serait les seniors. L’objectif est de favoriser le maintien à domicile des seniors. Nous venons de voter un budget de 2 M€ pour des actions de prévention de la dépendance et favoriser les activités physiques et encore 2 M€ pour favoriser l’accessibilité aux logements. Sans oublier un budget de 8 M€ pour améliorer le confort et la qualité de vie dans les Ehpad. Mais, sachez que, malgré tout, votre action est essentielle car les collectivités, seules, ne peuvent pas toute faire », a précisé Brigitte Klinkert.

Des propos complétés par Daniel Giudici, délégué à la Mutualité sociale agricole. « Vous êtes un acteur important pour les actions de prévention concernant le « bien vieillir », l’entretien de la mémoire, le développement de loisirs pour nos aînés. Cela leur permet une meilleure qualité de vie et de lutter contre leur isolement social. » Michel Guilbert, vice-président national de Générations Mouvement, s’est félicité du dynamisme et de la convivialité qui sont une réalité dans le Haut-Rhin. Il s’inquiète cependant du constat d’une baisse nationale des adhérents. « Nous devons faire du développement et aller voir les clubs. Générations Mouvement n’est pas assez connu. Nous devons aider nos clubs à se développer et à accueillir le plus grand nombre, sans limite d’âge. Nous sommes un mouvement dynamique, moderne, en plein développement. À nous de communiquer différemment et plus largement. » Générations Mouvement 68 en ensuite a approuvé son rapport financier, approuvé l’augmentation de sa cotisation 2020 à 6,50 € au lieu de 6 €, et renouvelé son conseil d’administration. L’occasion de rendre hommage à Liliane Jaegy, membre du club de Sainte-Croix-en-Plaine, qui a souhaité se retirer après de nombreuses et belles années de service.

Earl du Roetling à Traubach-le-Bas

La Tuile du Sundgau, un fromage de diversification

Vie professionnelle

Publié le 25/04/2019

Originaire de Carspach, Maïté Richert, 29 ans, n’était pas forcément destinée à travailler sur une exploitation agricole. Après un bac science et technique en laboratoire, puis une licence en génie de l’environnement, elle a souhaité se réorienter après un premier stage en entreprise. Auparavant, elle a passé une année en Irlande où elle A fait du Wwoofing. Elle se retrouve dans différentes fermes où elle s’occupe des vaches et de la traite. C’est sa première découverte concrète du monde agricole. Ensuite, elle effectue plusieurs stages à l’étranger. Des stages liés à la biodiversité, à l’agro écologie, à l’optimisation des déchets, à l'étude des impacts de l'utilisation de pesticides. « Ces stages ont forgé mon projet de vie et ma vie professionnelle. J’ai alors eu envie d’aller plus loin dans ma réflexion sur les pratiques agricoles, sur l’environnement, sur la façon d’agir pour la planète dans notre vie de tous les jours », explique Maïté Richert. Elle effectue un Master puis un service civique dans une association à Strasbourg travaillant sur différents projets sociaux et agricoles. Elle a un temps l’opportunité d’être contrôleuse Pac et de faire un stage en fromagerie.

« Nous étions en 2015. Une année qui a été décisive. Je me rendais compte des limites du travail humanitaire qui était jusque-là ma priorité dans la vie. Je voulais faire quelque chose de plus concret. La solution était de faire de la vente directe sur son territoire, sur sa ferme. J’ai alors suivi une nouvelle formation. Cela correspondait à mon envie de travailler localement, afin de pouvoir fabriquer quelque chose de mes mains », ajoute la jeune femme.

Dans le même temps, son compagnon, Stéphane Muller, 30 ans, a poursuivi ses études qui l’ont mené à une prépa à Nice et à réussir son diplôme d’ingénieur informatique en 2013. Une belle réussite pour ce fils d’agriculteurs qui a suivi l’évolution de l’exploitation à Traubach-le-Bas. « Adolescent, j’ai toujours aidé mes parents et j’ai continué à le faire à chaque fois que j’étais en congés pendant mes études. L’évolution de la ferme m’a toujours concerné. J’ai un temps travaillé à mi-temps dans l’informatique. Mais, cela était compliqué à concilier avec le travail à la ferme. J’ai donc décidé de rester définitivement sur la ferme. D’abord en tant qu’aide familial. Je me suis ensuite installé au terme d’un parcours non aidé qui était plus simple et avec bien moins de contraintes administratives. Une installation aidée aurait nécessité de se conformer à un projet initial alors que je voulais être libre de mes choix », précise Stéphane Muller. Le jeune couple décide donc de monter un projet commun sur l’Earl du Roetling.

 

 

Un sens pédagogique

Maïté et Stéphane prennent le temps de construire ce projet professionnel. Il évolue au fil des mois. L’idée est finalement de rénover un bâtiment pour se doter d'une fromagerie et un local de vente directe. Les travaux débutent au début de l’année 2018. De nombreux artisans locaux interviennent. « On est passé d’un petit projet dans un local frigo de 30 m2 pour transformer 30 000 litres de lait à un projet de 100 000 litres sur 100 m2. On a pris le temps de maturer ce projet. On a fait en sorte que le coût énergétique soit le moins fort possible. Les travaux se sont ensuite bien déroulés. Le 8 janvier 2019, on a fait le premier écrémage de lait et le 15 janvier, on a pu officiellement ouvrir ce magasin », se félicite Stéphane Muller.

Initialement, ce bâtiment avait a une charpente en bois sur un mur en agglo. Un étayage de la charpente a été réalisé afin de supprimer le mur. Une ossature bois a été réalisée avec une isolation de 14 cm de laine de verre et des panneaux « sandwichs » de 6 cm ont été installés. Au plafond, il y a 20 cm d’épaisseur pour assurer une isolation maximale. Les ventilations sont en VMC double flux décentralisé​ pour limiter les pertes de chaleur. Il y a un seul groupe froid avec un récupérateur de chaleur pour chauffer les pièces qui le nécessitent. Des fenêtres permettent, depuis l’extérieur, d'observer tout le travail autour du fromage. « Nous voulons expliquer aux gens de cette façon ce que nous faisons. Cela a un sens pédagogique », plaide Stéphane Muller.

Depuis la fin du mois de janvier, la couple commercialise ses fromages appelés Tuile du Sundgau. La réussite a été immédiate. La demande très forte. Une cinquantaine de fromages hebdomadaire étaient prévus. 250 sont désormais écoulés chaque semaine alors que ce chiffre devait être atteint sur trois ans ! « Cela montre les limites d’une étude économique, d’un prévisionnel. Il faut dire que les gens nous connaissent et attendaient le produit. Nous le vendons ici au local de vente, mais également à l’îlot Fermier à Hirsingue, au Champs de l’Ill à Spechbach-le-Bas, au magasin « Fraîcheur Paysanne de l’Ill » à Ruelisheim, au marché fermier de Manspach, ainsi qu’à Traubach-le-Haut à la ferme du Hohbourg. C'est le produit phare de notre gamme. La Tuile du Sundgau est un fromage à pâte molle avec une croûte mixte. On le lave un peu et on laisse la croûte se développer. C’est un fromage grand public qui est doux avec un léger goût de noisette et un peu fruité », se réjouit Maïté Richert. Son nom est un clin d’œil au passé du Sundgau et à son essor économique.

 

 

Un cheptel qui évolue

Le travail ne manque pas à la ferme. Il y a les autres produits laitiers que sont le beurre, la crème, le lait cru, le fromage blanc traditionnel type bibeleskaes, les fromages apéritifs, frais, affinés ou façon crottins. Tous ces produits sont en vente au magasin. Et, il y a toutes les autres productions de la ferme qui représentent toujours une autre charge de travail. 70 hectares de foncier et 65 vaches à dominante Holstein. « Mais, depuis trois ans, l'intégralité du troupeau est croisé avec des Brunes des Alpes, des Montbéliardes et des Jersiaises. La moyenne de production est de 8 000 litres par vache (moyenne économique à 43,5/34,5) », précise Stéphane Muller.

L’exploitation est également céréalière avec une vingtaine d’hectares de blé, cinq hectares de maïs grain et des cultures fourragères comme la luzerne, le maïs ensilage, l’herbe. Là également, le jeune éleveur est en réflexion. « Je fais une rotation des cultures, mais je me cherche encore car nous sommes en transition vers le non-labour. Je tente de produire plus de protéines d’où l’intérêt de la luzerne et des méteils. À terme, nous souhaitons que le troupeau diminue si la fromagerie est bien rentable. Nous ne nous fermons pas de porte. Nous voulons augmenter la pâture et l’herbe dans les rations », poursuit Stéphane Muller. Le couple fait un peu de steak haché, du veau gras et de nombreux produits laitiers.

 

Les produits de la ferme sont également disponibles en vente directe le mercredi de 16 h à 19 h 30 et le samedi de 10 h à 12 h 30.

Ce samedi 20 avril à Mulhouse

La seconde édition de la JA’s Day

Vie professionnelle

Publié le 25/04/2019

Le marché de Pâques à Mulhouse existe depuis plusieurs années. Les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin se sont joints à la manifestation l’an passé. La réussite a été au rendez-vous. « C’est venu enrichir et étoffer notre marché. Et le public a apprécié de pouvoir rencontrer les professionnels présents. Ces derniers ont souhaité revenir. Nous avons évidemment accepté avec un grand plaisir », se félicite Sophie Julien, directrice des « vitrines de Mulhouse ». Plusieurs lieux de rendez-vous sont donc fixés. Au marché de Mulhouse tout d’abord, à partir de 7 h du matin dans la Halle du marché avec une petite ferme vivante où l’on verra des poussins, des canetons et des lapins, puis de 9 h à 14 h sur l’ensemble du traditionnel marché hebdomadaire. Sur la place Franklin ensuite avec l’association du même nom qui distribuera 100 kg de chocolat et des tickets gagnants d’une tombola en lien avec 280 commerçants. Et, enfin, sur la place de la Réunion où les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin seront présents de 10 h à 19 h pour faire découvrir le monde agricole aux gens de la ville.

L’agriculture la plus durable du monde

Comme l’année passée, il sera possible d’admirer une exposition de tracteurs, une miniferme avec des vaches, des moutons, des lapins ou encore des poules, d’avoir une présentation des différentes filières du département (lait, céréales, viande, fruits et légumes), ou encore de profiter d’un marché paysan avec les ventes des produits issus des fermes du Haut-Rhin. Il sera également possible de se restaurer sur place pour déguster des tartes flambées locales. Sans oublier le traditionnel marché de Pâques et les animations pour les enfants. « Nous avons voulu proposer un large choix pour accueillir le plus grand nombre de citoyens, si possible les familles. L’année passée, il y avait eu une belle affluence et les gens étaient restés longtemps sur les lieux de la manifestation, puis en ville », ajoute Sophie Julien. Cette seconde édition arrive au bon moment pour les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin qui souhaitent communiquer auprès du grand public sur la réalité agricole. « Dans les médias nationaux, on montre sans cesse l’agriculture de la peur. On déforme la réalité. À chaque problème, il y a toujours quelque part les agriculteurs. Nous sommes lassés et en colère. Nous avons au contraire une agriculture saine, avec un cahier des charges strict. Les reportages montrent souvent un modèle agricole venant des États-Unis ou de Chine. Il est à l’opposé de ce que nous faisons en France. Le consommateur est légitimement perturbé. Nous voulons donc recréer du lien avec lui et lui faire comprendre qu’on a l’agriculture la plus durable du monde », insiste Patrick Meyer, agriculteur à Rixheim, et secrétaire général des JA 68. Une diversité du monde agricole qui sera montrée en lien avec différents organismes des filières existantes dans le Haut-Rhin comme Interbev, le Cniel ou encore l’Opaba. « Pour la partie concernant la restauration, nous allons proposer des burgers avec des steaks hachés de mon exploitation, mais également des frites bio du Sundgau de l’exploitation Plieger à Spechbach-le-Bas. Un burger 100 % local, 100 % Alsace. L’idée est de montrer qu’il est possible de consommer ce qui est produit localement grâce à la diversité des productions présentes en Alsace. On peut le faire à la condition de respecter les saisons et de mettre de la bonne volonté », ajoute Nicolas Dieterich, exploitant agricole à Schweighouse, près de Thann.

Chambre régionale d’agriculture Grand Est

Des échanges pédagogiques sur les systèmes de culture

Technique

Publié le 25/04/2019

Les échanges sur les systèmes de culture alternatifs à la monoculture de maïs ont eu lieu sur deux journées. La première a concerné quinze étudiants de licence 3 « Sciences de la vie, parcours agronomie, agroalimentaire » à la faculté de Marketing et d’AgroSciences de l’Université de Haute Alsace à Colmar. La seconde était destinée à dix élèves de 1re bac pro grandes cultures et polyculture-élevage du lycée agricole de Rouffach. Ces derniers ont profité d’une démonstration des effets des systèmes de culture sur la structure du sol, à travers des profils culturaux. Les premiers ont essayé de comprendre comment réussir l’expérimentation de systèmes de culture et leur co-conception pas à pas avec les agriculteurs, et d’appréhender les difficultés rencontrées et surmontées et les adaptations des itinéraires techniques nécessaires durant la période observée entre 2009 et 2019.

Le maïs représente plus de 75 % de la surface en terres labourables dans le Haut-Rhin. Avec l’apparition de la chrysomèle, cette monoculture a commencé à être remise en question à partir de 2003. Depuis, d’autres difficultés environnementales, comme la perte d’azote par lixiviation, sont apparues. L’allongement des rotations représente une solution efficace pour faire face à ces différents enjeux. « Dès 2008, la nécessité d’évaluer les performances d’alternatives à la monoculture a conduit à la mise en place d’un groupe de travail pluri-acteurs ayant pour mission de concevoir des systèmes de cultures alternatifs. Ici, un système de culture maïs, soja, blé en labour est testé. Il a pour objectif d’être rentable, de provoquer peu de fuites de nitrates vers la nappe, d’avoir un indice de fréquence de traitement (IFT) inférieur à 1,5 (hors techniques simplifiées) et une note I-phy élevée, indiquant un risque acceptable de transfert de produits phytosanitaires vers les eaux profondes. On cherche également à consommer peu d’énergie fossile et à améliorer la fertilité du sol », indique Anne Schaub en charge de ce dossier à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est.

Systèmes innovants et de référence

La parcelle d’expérimentation à Rouffach permet de comparer différents systèmes de conduite du sol. Les objectifs définis il y a dix ans ne peuvent pas tous être réalisés comme prévu et/ou au même moment. « Il faut donc faire des compromis et des choix. On a évolué dans tous les systèmes présents ici. Les quatre premières années, on a constaté que la technique du sur-semis sur maïs ne marchait pas. On a donc fait le choix d’arrêter. Depuis six ans, le système mis en place a atteint sa vitesse de croisière. Jusqu’à présent, nous constatons qu’au niveau économique, le système innovant et celui de référence offrent la même rentabilité. Concernant les prix des produits neutres et des intrants, huit scénarios différents ont été proposés. Un seul est favorable au système innovant, un est médian et les six autres montrent que c’est avec le système de référence qu’on s’en sort le mieux. Le système innovant est donc moins rentable. Cependant, il est plus favorable en termes de temps de travail, car il évite le travail du labour. Avec le système innovant, les pertes de nitrates sont moins importantes. Pour les produits phytosanitaires, il est plus difficile de quantifier car tous les produits ne sont pas adaptés. On observe des différences importantes entre les systèmes, les parcelles, les années. Mais, nous ne savons pas encore exactement à quoi cela est dû précisément », explique Aimé Blatz de l’Inra de Colmar.

Pour contrôler les pertes vers la nappe phréatique, l’indicateur de risque I-phy est utilisé avec des notes allant de 0 (mauvais) à 10 (très bon). Les systèmes innovants ont une note moyenne de 8,7. Sur une parcelle, du blé est planté après soja depuis trois ans. Ce blé n’est pas désherbé. Sans utiliser d’herbicide, ni de fongicide, seules les semences sont traitées. « Cette technique implique un gros travail de suivi pour contrôler les risques mycotoxines. Cependant, avant ces trois années, on avait des mauvaises herbes. Après la troisième rotation, on constate des effets positifs sur la parcelle. Il faut être patient : la première année, on ne voyait aucune différence. Quoi qu’il en soit, c’est ici la dernière année des essais. Si nous pouvons continuer, nous essaierons le zéro phyto », observe Anne Schaub.

Des échanges ont eu lieu ensuite avec les étudiants pour des précisions sur l’irrigation, l’utilisation des engrais, la technique du strip-till encore sur l’utilisation du glyphosate qui donne les meilleurs résultats. Concernant la parcelle réservée au maïs, les rendements ont été meilleurs dans le système innovant à l’exception de l’année 2015. « Cette année, la récolte s’est déroulée le 8 octobre. Le mulching, réalisé le 15 octobre, a permis de retourner les cannes de maïs et d’absorber l’azote encore disponible. Les deuxième et troisième passages ont été effectués en janvier et en février pour bien mélanger les cannes de maïs avec la terre, et avoir le moins de résidus en surface. L’idée est de pouvoir semer un soja avec une herse rotative. Il faut s’attendre à un développement assez fort d’adventices. Je sème entre 600 000 et 700 000 grains à l’hectare », indique Aimé Blatz. Il attire l’attention des étudiants sur les prix du soja, et les différences entre le conventionnel et le bio. Des explications agronomiques et techniques qui leur ont permis d’avoir une meilleure connaissance du terrain et de poursuivre dans les meilleures conditions leurs parcours de formation.

Comité des Reines des vins d’Alsace

Un déjeuner royal

Vigne

Publié le 14/04/2019

Une cinquantaine de convives a répondu favorablement à cette invitation. Nous avons croisé des élus de Riquewihr, des membres de différentes confréries et bien évidemment quelques anciennes reines et dauphines des vins d’Alsace. Ce déjeuner qui a eu lieu au restaurant « La Diligence » a permis au comité des Reines des vins d’Alsace que préside Claudia Renel, de présenter la première cuvée appelée « L’âme des Reines ». Il s’agit d’un Riesling 2017 Côte de Rouffach, réalisé en partenariat avec le domaine de l’école des Sillons de Haute Alsace de Rouffach.

Les bénéfices des ventes de cette cuvée ont été reversés à deux associations locales l’année passée lors de la soirée d’intronisation du trio royal 2018 à la foire aux vins de Colmar : « Vivre comme avant » qui soutient les femmes atteintes d’un cancer du sein et l’APEI Centre Alsace (Amis et parents d’enfants inadaptés) qui soutient les enfants en situation de handicap. « Nous poursuivons les ventes des dernières bouteilles et nous allons créer cette année une nouvelle cuvée. Les bénéfices seront à nouveau reversés à ces deux associations », indique Claudia Renel. La soirée d’intronisation du nouveau trio royal 2019 aura lieu le 26 juillet prochain à la foire aux vins de Colmar.

Éleveurs bovins du Haut-Rhin

Maxime Springinsfeld, nouveau président

Vie professionnelle

Publié le 13/04/2019

Lors de leur assemblée générale à Ranspach-le-Bas, les éleveurs se sont tout d’abord félicités de la nouvelle réussite du concours de Habsheim. Une météo favorable, un accueil positif de la municipalité locale et surtout des visiteurs venus en très grand nombre. « Nous avons pu communiquer avec le grand public, notamment par le biais des artisans bouchers dont la présence a été appréciée. Nous avons pu expliquer ce que nous faisons, éclairer les gens sur nos pratiques, parler positivement de notre métier et de nos filières.

Concernant le concours, il a été de grande qualité. Les éleveurs ont pu se confronter à leurs collègues et chaque race de vache présente a pu se mettre en valeur. Cela a été une grande fête de l’élevage. Une fête que les départements voisins nous envient », explique le président sortant des éleveurs bovins du Haut-Rhin, Sébastien Stoessel. Et une fête qui se pérennise dans le temps. Les organisateurs n’ont pas hésité à investir dans l’achat de barrières de sécurité pour les éditions futures. « Nous ne sommes plus dépendants de fournisseurs et nous consolidons ainsi la manifestation », ajoute Sébastien Stoessel.

Financièrement, la situation est positive grâce au soutien des sponsors. Au premier rang desquels on retrouve la Chambre d'agriculture Alsace, le Conseil départemental du Haut-Rhin, la mairie de Habsheim, les banques, le Conseil régional Grand Est ou encore plusieurs partenaires et organismes agricoles. « Ce budget est maîtrisé. Il est présenté, en premier lieu, pour mettre en avant nos sponsors et par transparence. Nous n’avons pas vocation à gagner de l’argent, mais à animer le territoire rural », précise Isabelle Hofstetter, responsable du concours et technicienne à la Chambre d'agriculture Alsace.

Surfer sur la dynamique

La seconde partie de la réunion a été consacrée aux modifications effectuées au sein du conseil d’administration de l’EBHR. Sébastien Stoessel n’a pas souhaité conserver la présidence dans la mesure où il ne s’était pas représenté aux dernières élections de la Chambre d'agriculture. Lui ainsi que Laurent Wendlinger ont été remplacés par Christophe Rué et Jean-Philippe Meyer. Ces derniers ont participé à cette assemblée générale. Ils ont salué l’engagement au quotidien des éleveurs qui préparent déjà l’édition 2019 du concours de Habsheim. Ils le font avec un nouveau président qui a reçu la confiance unanime du conseil d’administration. Il s’agit de Maxime Springinsfeld. Le jeune éleveur sundgauvien compte surfer sur la dynamique actuelle de l’association en apportant quelques touches personnelles. « Merci à Sébastien Stoessel pour son action. À nous de poursuivre sur la même voie. Nous avons un magnifique concours dans le département. Il faut continuer à le promouvoir avec nos races et nos éleveurs », confie Maxime Springinsfeld.

Domaines Schlumberger à Guebwiller

Une journée de dégustation très professionnelle

Vigne

Publié le 13/04/2019

« Cette journée professionnelle se veut conviviale. Dans un cadre sympathique, nous pouvons tranquillement échanger avec nos clients professionnels et les remercier ainsi de leur collaboration et de leur fidélité. Nous attendons sur la journée plus de 250 personnes. Ce sont des clients qui viennent de toute l’Alsace, de Franche-Comté et quelques Lorrains. Ils sont distributeurs de notre domaine. Nous échangeons et nous dégustons. C’est une journée désormais bien ancrée dans le calendrier et qui est toujours très appréciée », explique Stéphane Chaise, directeur général des domaines Schlumberger. Autour de lui, toute l’équipe du domaine, la famille Schlumberger et les commerciaux de chaque secteur : Alexandre Bringel pour le Haut-Rhin, Régis Maréchal pour le Bas-Rhin, Hugo Dole pour le Doubs, la Haute-Saône, le Jura et le Territoire de Belfort.

Dégustation verticale

La dégustation a concerné, en premier lieu, la gamme « Les Princes Abbés ». Cette gamme décline les sept cépages alsaciens. Elle bénéficie pour chaque millésime de raisins issus des Grands Crus. L’occasion d’apprécier le Muscat 2018, le « S » de Schlumberger ou de redécouvrir le Pinot Noir 2016. L’atelier suivant a été consacré à la dégustation des Grands Crus avec le Riesling Saering 2015, le Pinot Gris Spiegel 2017 ou encore le Gewurztraminer Kitterlé 2012. Les vendanges tardives « Cuvée Éric » 2014 n’ont pas été oubliées. Une dégustation verticale de Gewurztraminer « Cuvée Christine » a ensuite été proposée. Un hommage à Christine Schlumberger (1894-1971) qui a assuré pendant presque 20 ans la direction des domaines Schlumberger. Toute la journée, il a également été possible de visiter le vignoble et de profiter d’un buffet orchestré avec les partenaires de la journée : AZ Réceptions à Colmar, les eaux minérales Velleminfroy et le café de la maison Giordano.

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