Auteur
Image

Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Caisse d’assurance-accidents agricoles du Haut-Rhin

Accompagner la sécurité et le bien-être au travail

Vie professionnelle

Publié le 05/05/2023


En 2022, la CAAA 68 a géré 881 dossiers. Un chiffre qui rentre dans la moyenne quinquennale. Ces dossiers émanent pour 166 d’entre eux de non-salariés agricoles, 655 de salariés agricoles et 60 d’élèves des lycées agricoles. « Nous constatons que la tranche d’âge la plus touchée pour les non-salariés agricoles est celle des 40 à 59 ans, alors que pour les salariés agricoles, il s’agit des 20 à 39 ans. Chez les non-salariés agricoles, l’agriculture et l’élevage sont les deux secteurs d’activité les plus représentés dans la typologie des exploitations haut-rhinoises. Pour les salariés agricoles, le paysage et la viticulture sont principalement concernés », explique Philippe Petry, directeur de la CAAA 68.

La Caisse doit par ailleurs déplorer deux accidents mortels. Mais également un nombre croissant de maladies professionnelles qui relèvent du régime agricole. « Sur les 77 recensés, 55 sont en lien avec une affection périarticulaire, principalement le syndrome du canal carpien et les affections de l’épaule. Parmi les maladies professionnelles qui relèvent du régime agricole, il faut citer la maladie de Lyme, la maladie de Parkinson provoquée par les produits phytosanitaires, ou encore le cancer de la prostate, toujours à cause de ces produits. Nous avons également alloué en 2022 pas moins de 1 598 rentes, indemnités en capital et pensions d’invalidité. Là, c’est un chiffre en baisse. Il faut enfin noter que 1 264 personnes bénéficient d’une rente », indique Philippe Petry.

Concernant les prestations versées par la CAAA 68, elles sont de 7 666 480 €, soit une hausse de 299 139 € par rapport à l’exercice précédent. En 2022, 31 342 journées d’arrêt de travail ont été accordées à 414 salariés agricoles soit 63,2 % des dossiers déclarés. Le secteur de la sylviculture est celui qui est le plus accidentogène puisque le taux de fréquence s’établit à 189 accidents pour un million d’heures travaillées, soit un taux 3,4 fois supérieur à celui de la viticulture et 2,1 fois supérieur à celui du paysage. Concernant son action sociale et professionnelle, la CAAA 68 a versé 318 959 € de prestations extralégales en complément de prestations obligatoires régies par le Code de la sécurité sociale. Ces prestations comprennent les indemnités journalières aux non-salariés agricoles, le service de remplacement du Haut-Rhin et des secours aux particuliers.

De la prévention

La Caisse s’illustre en matière de prévention. En 2022, le montant des dépenses totales de prévention s’élève à 109 621 €. Les aides financières accordées représentent 72,1 % du budget de la prévention. Pour la CAAA 68, il s’agit de répondre aux enjeux de sécurité de l’ensemble des secteurs agricoles. « Cela reste la priorité des conseillers en prévention. Nous avons à cette fin réalisé 37 actions de formation destinées aux professionnels et aux élèves des lycées agricoles. Nous avons effectué 96 interventions techniques dont les deux tiers consacrés à des visites d’entreprises ou d’exploitations. Nos conseillers en prévention ont participé à 24 réunions de prévention sur la santé au travail. Enfin, des actions de communication ont été diffusées sur nos réseaux (Youtube, Facebook, LinkedIn) », précise Michel Petry.

Toutes ces actions et ces suivis ont un coût. Les charges globales de la CAAA 68 s’élèvent ainsi pour l’exercice 2022 à 10 491 769 € alors que les produits sont de 10 193 727 €. Le financement professionnel (les cotisations perçues au titre du rôle principal (cotisation foncière), du rôle spécial et des cotisations sur salaires) représente 78,5 % des ressources globales. Le financement extraprofessionnel est également en augmentation. « Le comité directeur de la Caisse a décidé de maintenir pour l’exercice 2022 le taux de cotisation foncière à son niveau de 2021. Il s’agit d’une décision forte qui montre la volonté de la Caisse d’accompagner au mieux les assurés », indique Michel Petry. Un budget qui a été approuvé à l’unanimité. Le solde débiteur pour l’exercice 2022 de 298 041,57 € étant attribué au compte de la réserve statutaire.

Des propos complétés par le président de la CAAA 68, Jean-Michel Habig. « 2022 a été une année marquée par une succession de crises et de tensions. Pour les agriculteurs, l’agribashing et le dénigrement quasi systématique de l’agriculture sont un véritable frein à l’évolution de nos pratiques. Pourtant, nous nous adaptons et nous évoluons. Pour la CAAA 68, ce contexte imprévisible et toujours tendu nous oblige à la solidarité avec une obligation d’entraide concernant la lutte contre le mal-être en agriculture », estime Jean-Michel Habig. Et d’insister sur le déploiement de la commission institutionnelle et technique de la Caisse. « Nous observons une forte progression des dépenses de prestation. Nous consacrons également un budget important, près de 110 000 €, à la sécurité au travail. Nos conseillers en prévention sont ainsi de plus en plus sollicités pour des activités qui peuvent être chronophages mais qui sont indispensables en matière de prévention notamment », conclut Jean-Michel Habig.

72e foire aux vins de Guebwiller

Les vins volcaniques de l’Auvergne invités

Vigne

Publié le 05/05/2023


Il s’agit du premier événement significatif de l’année à Guebwiller. « Comme chaque année, cela va être une belle fête. On célèbre les vins d’Alsace et plus particulièrement les offres de la sous-région de Guebwiller en partenariat avec l’office de tourisme et la ville. Cette foire aux vins est également labellisée « Vignoble et découverte » car elle rentre dans le paysage touristique de la Route des vins d’Alsace qui fête cette année son 70e anniversaire. Les professionnels sont impliqués tout comme de nombreux artisans. Il s’agit d’attirer le plus grand nombre », explique le maire de Guebwiller, Francis Kleitz. On retrouvera notamment le traditionnel Marché des papilles, avec douze exposants parmi lesquels la ferme de l’Étalon Noir à Pulversheim, le foie gras Schellenberger à Guebwiller ou encore les Bocaux de Saison à Molsheim.

21 viticulteurs sont annoncés. Ils sont membres des syndicats viticoles de Wuenheim, de Soultz, de Guebwiller, de Bergholtz, d’Orschwihr, de Soultzmatt, de Gueberschwihr, d’Hattstatt, ou encore de Rouffach avec le domaine de l’École du lycée agricole qui sera présent pour la première fois. Ils proposeront à la dégustation près de 190 vins, tout au long de la journée de 10 h à 18 h.

En complément, des master class (sur réservation) seront organisées avec deux thématiques. La première portera sur le renouveau du pinot gris. Elle sera animée par Jean-Philippe Venck de la cave des Grands Crus à 10 h 30, dans la salle historique de l’Hôtel de Ville. La seconde se tiendra à 11 h 30, elle est intitulée : « L’Alsace, c’est rouge aussi ! », et sera animée par Jean-Marie Kilzer du magasin Cavavin à Guebwiller.

À la rencontre de l’Auvergne

L’invité d’honneur va surprendre puisqu’il vient d’une région viticole peu connue : les Combrailles d’Auvergne. « Notre vignoble a une histoire puisqu’il a compté jusqu’à 40 000 hectares en 1892. Aujourd’hui, c’est une appellation sur 400 hectares avec des parcellaires très morcelés puisqu’ils se trouvent sur 53 communes et 30 km de long. Notre vin est exploité par 30 vignerons indépendants et une cave coopérative, la cave Desprat-Saint Verny. Nous avons trois cépages pour 80 % de vin rouge en gamay et pinot noir, et 20 % de vin blanc en chardonnay. Nous avons cinq dénominations géographiques : Madargue, Châteaugay, Chanturgue, Corent et Boudes, une AOC Côte d’Auvergne et une IGP Puy-de-Dôme », explique Pierre Deshors du domaine de la Tour de Pierre au Crest. Il sera présent le 18 mai à Guebwiller pour mettre en valeur ces vins volcaniques, au côté de la confrérie des Fins Palais Eloysiens qui s’est donné pour mission d’assurer la défense et le prestige de l’Auvergne et des Combrailles par la mise en valeur des vins et de la gastronomie régionale, le maintien de coutumes et des traditions du folklore vigneron.

La foire aux vins sera inaugurée dès 10 h. Il y aura des animations tout au long de la journée avec notamment l’ensemble musical et folklorique d’Hirsingue à 11 h et à 14 h, un concert instrumental des Auvergnats du Duo Tatane à midi, l’Haxa Gugga de Rouffach à 13 h 30 et à 15 h, les Escrocs du Swing à 16 h, l’artiste suisse Stéphane à 17 h 30 ou encore le concert des Barboozes à 18 h 30. Sans oublier la visite découverte du vignoble dans l’après-midi.

Lac de Kruth-Wildenstein

Un barrage qui fait le mur

Technique

Publié le 05/05/2023


La première mise à l’eau du lac de Kruth-Wildenstein, édifié entre 1959 et 1963, date de 1964. Le lac est le résultat de la construction d’un barrage, établi sur la Thur, permettant la régulation de ses eaux lors des crues printanières. La rivière est généralement calme. Et pourtant, son débit très irrégulier peut provoquer des crues assez brusques, d’intensité variable. Ces crues peuvent survenir, notamment, lors de la fonte des neiges. En été, le barrage permet de restituer de l’eau dans la Thur afin de garantir un niveau minimum dans la rivière et éviter les étiages sévères (niveau le plus bas) en période de sécheresse. Depuis sa création, l’architecture a parfaitement rempli son rôle. « La hauteur du barrage est de 35 mètres. Ce qui représente 11,6 millions de m3 d’eau pour une surface de 83 hectares, quand il est plein. Le niveau des plus basses eaux que nous nous devons de respecter est de 500 000 m3 », explique Alexandre Frossard, ingénieur barrages pour Rivières de Haute Alsace qui gère le site pour la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), la propriétaire du site.

Il existe deux évacuateurs de crues et un système de vannes sécurité qui permettent de réguler le niveau du lac. Le premier évacuateur est appelé « La Tulipe ». Il évacue un maximum de 85 m3/s. Le second s’appelle « le déversoir du col du Hof ». Il sert de seconde sécurité en cas de saturation du premier, lors de crues majeures. Il n’a, cependant, jamais encore servi. Le barrage est, ainsi, capable d’évacuer une crue décamillénale. Concernant la gestion du site, on est sur un débit de restitution en tout temps de 200 l/s. La station référence de mesure du débit de la rivière se trouve à Willer-sur-Thur. Le débit mesuré à la station est maintenu supérieur à 2 m3/s, jusqu’au 15 août, pour permettre notamment l’alimentation des industriels de la vallée de Thann. Après le 15 août, ce débit passe à 1,5 m3/s. Sur une année classique, il n’y a aucun souci, selon l’ingénieur. Mais les dernières années étaient atypiques, puisqu’il y avait des travaux. « Durant la période hivernale, nous veillons à écrêter les crues, lors de la fonte des neiges ou les pluies importantes, pour capter la majeure partie de l’eau et, donc, ralentir la montée du niveau de la Thur, à l’aval. Sur la période estivale, on restitue de l’eau, à l’inverse, pour assurer la survie de l’écosystème. Généralement, fin mai ou début juin, on ouvre les vannes pour alimenter la rivière, tout au long de l’été, jusqu’au mois d’octobre. Tout dépend, évidemment, de la pluviométrie », ajoute Alexandre Frossard.

Déconstruction et reconstruction

Le barrage qui se trouve à environ 545 mètres d’altitude sur les bans de Kruth, de Wildenstein et de Fellering, a donc bénéficié de travaux qui ont véritablement débuté en 2019, par la reconstruction du barrage intermédiaire. Celui-ci était indispensable pour garantir une réserve d’eau suffisante pendant la phase de vidange du barrage. Les travaux se sont, ensuite, poursuivis en 2020, sur le parement du barrage, dont le rôle est d’assurer l’étanchéité du barrage constitué de remblais. « En 2015, il a été constaté plusieurs déchirures du parement, du fait de son état de vieillesse. Afin de prévenir une altération de l’étanchéité, il a été choisi de faire un renouvellement complet du parement, sachant qu’en moyenne, il a une cinquantaine d’années de durée de vie. Nous en avons également profité pour faire quelques améliorations sur le système de drainage du parement amont. En 2020, il y a donc eu déconstruction et reconstruction. Ces travaux se sont poursuivis, jusqu’en janvier 2021, où il y a alors eu une première remise en eau post-travaux. Mais il a été constaté que certaines parties n’étaient pas suffisamment étanches au regard du cahier des charges du marché. Les parties concernées ont donc été reprises, en 2021 et en 2022 », note Alexandre Frossard. Ces reprises ont permis d’atteindre les objectifs d’étanchéité du marché mais certaines zones restent à reprendre.

Pour permettre la reprise de ces travaux, le barrage a une nouvelle fois été vidé en 2021 et une pêche de sauvegarde a été organisée. La zone en amont (barrage intermédiaire), elle, a toujours conservé une réserve d’eau qui a permis d’assurer un soutien d’étiage. Le budget nécessaire pour ces travaux représente 12 millions d’euros. Ils ont été financés par la CEA. « Pendant toute cette période, nous avons veillé à perturber le moins possible les différents rôles joués par le lac. Sa première fonction reste bien d’assurer un soutien d’étiage et de rétention des crues. Ensuite, sa deuxième fonction est que l’eau bénéficie aux industries, aux agriculteurs et aux populations de la vallée. Pour sa partie en amont, la structure bénéficie d’un attrait touristique évident. Il y a, là, des activités de pêche, de randonnées, de pédalo et diverses animations », conclut Alexandre Frossard, sachant qu’un syndicat mixte gère le site, en lien avec la CEA et la communauté de communes de Saint-Amarin.

Gaec de Wittelsheim

Un nouveau système d’épandage

Vie professionnelle

Publié le 17/03/2023


« Nous avons un projet de méthanisation avec plusieurs fermes et nous voulons mutualiser la partie lisier. En outre, notre matériel actuel est vieillissant. Holmer avec qui nous avons déjà travaillé, nous a proposé de faire une démonstration avec cette machine. Elle est intéressante car elle est adaptée pour des chantiers importants. Si à l’avenir, nous réalisons différentes opérations agricoles avec d’autres professionnels, ce matériel pourrait être adapté », explique Michel Rohrbach, exploitant agricole au Gaec de Wittelsheim. Holmer a présenté son système d’épandage de lisier doté du concept « Terra Variant ». Il permet de réaliser moins d’opérations de conduite et donc de réduire les coûts liés à la production agricole. En lien avec les outils pouvant être combinés individuellement, le « Terra Variant » permet d’intégrer efficacement les engrais organiques sur les cultures ou sur les chaumes en préservant le sol grâce à de larges pneus. Comparativement à la technique dite tirée, la charge admissible et la force de traction sont transmises en marche en crabe sur une grande surface pour des valeurs de glissement optimales. Puissante grâce au volume de la trémie, la machine automotrice de 598 CV d’un volume utile de 21 m3 dispose d’un système de pompage « Vogelsang ». Ainsi, elle assure des rendements journaliers fiables en procédé séparé de 160 m3/h maximum et optimise l’intégration dans le sol.

Une autre vision

Des alimentateurs particuliers, adaptés au mieux au transport routier, prennent en charge le chargement rapide d’engrais agricoles directement sur le « Terra Variant » dans le champ. De cette manière, il est plus aisé de réduire les coûts de carburant et l’usure des véhicules. Le concept se caractérise par des conduits de courtes distances et de diamètres optimaux. Ces deux caractéristiques assurent ainsi une plus grande efficacité lors des opérations d’aspiration et de pompage réalisées sur la machine. Un guidage spécialement adapté de la conduite d’aspiration avec le diamètre de 250 mm minimise les pertes de pression dans le système. Les durées d’aspiration sont alors considérablement réduites grâce à la pompe à piston rotatif performante. Tous les conduits côté pression sont conçus pour une précision de dosage maximale en diamètre 200 mm. Deux vérins hydrauliques et un robinet à trois voies intégré commutent entre les fonctions. Le guidage GPS se veut particulièrement efficace.

« Cette démonstration est intéressante car elle permet de découvrir une autre marque, une autre vision d’un constructeur que nous connaissons seulement de réputation. Il est également dans la conception des machines pour les betteraves. Cela peut donc être pertinent en Alsace », analyse Michel Rohrbach.

Munster

« Notre patrimoine agricole est à préserver »

Pratique

Publié le 27/02/2023


Si Munster ne compte qu’un seul agriculteur, ils sont une dizaine à valoriser les chaumes des hauteurs de la commune et les prés de toute la vallée. Il y a également des forêts que la municipalité cherche à préserver pour en tirer le meilleur. « Malheureusement, il y a un problème : ce sont ces dégâts de gibier. Nous faisons tous les ans une réunion avec la commission communale consultative de la chasse (4C) qui permet d’échanger avec les agriculteurs et les chasseurs locaux. Nous avons des clauses particulières comme celle de ne plus pouvoir agrainer dans des lots particuliers. Mais cela donne peu de résultat positif. Chacun reste souvent sur ses positions. C’est un triste constat pour moi car les dégâts sont là et représentent des coûts importants », explique Pierre Dischinger. Sur les chaumes, la situation est parfois dramatique. « Il y a toujours davantage de gibier sur un territoire de plus en plus important. 30 % de la capacité fourragère est perdue à certains endroits car mangée par les cervidés. Il est temps de changer les règles de la chasse. Il faut pouvoir tirer beaucoup plus. La chasse est devenue un loisir, mais en face, ce loisir est coûteux pour celles et ceux qui subissent. Nous constatons toutes et tous que les parcelles agricoles comme les forêts sont un patrimoine en danger qui ne se régénère plus de façon satisfaisante », ajoute Pierre Dischinger. Concernant la gestion de la forêt (1 800 hectares concernés autour de Munster), il s’agace des scieurs qui profitent de la fermeture ces dernières années des différentes scieries.

Dans le même temps, la ville de Munster reste très impliquée dans sa volonté de mettre en avant le monde agricole. « Je suis moi-même issu d’une famille où mon père était boucher-charcutier alors que mon frère a repris la ferme familiale. Il écoule toute sa production laitière de façon autonome. Ses enfants ont repris la partie commerçante. De mon côté, je m’étais occupé de la boucherie. Le bon sens paysan, cela me parle. Désormais maire, je tente au mieux de valoriser cette tradition agricole. La période de la crise sanitaire a été le bon moment pour repenser notre marché, avec les agriculteurs et les commerçants présents. Nous sommes passés de 50 exposants à 75, dont 65 en abonnement à l’année. Il tourne très bien le mardi matin et le samedi matin. Il s’est embelli sur cette place principale de Munster », se félicite Pierre Dischinger. Une dynamique qui profite également à tous les artisans locaux et à la dizaine de restaurants, et qui attire un nombre croissant de touristes. « Le tourisme représente 30 % de l’activité économique de Munster. Et 70 % de cette activité est locale avec le développement des circuits courts. C’est toute l’économie de la vallée de Munster qui en profite », rappelle-t-il.

En tenue marcaire

L’édile est également attaché aux traditions locales. Tous les deux ans, la municipalité s’implique dans l’organisation de la transhumance. Il s’agit de la fête la plus importante de Munster et la plus connue de la vallée avec celle de Muhlbach-sur-Munster. Les associations locales sont également impliquées. « Nous l’organisons tous les deux ans car elle demande beaucoup d’investissement des bénévoles. Tous les élus locaux ont l’obligation de s’habiller en tenue marcaire. À mes yeux, la meilleure image qu’on peut vendre, c’est notre identité. Nous sommes ainsi plus de 200 personnes dans cette tenue l’espace d’une journée. Cette identité est reconnue par les touristes. Nous sommes fiers de cette fête qui est une très belle vitrine du monde agricole », poursuit Pierre Dischinger. Il se dit très attaché au bien-être de ses habitants et à l’environnement. « Munster a appliqué sur ses espaces verts et l’entretien de sa voirie le zéro phyto quatre ans avant que ce ne soit rendu obligatoire. Sur certains espaces, nous favorisons l’écopâturage avec des moutons. Nous veillons à avoir des espaces de biodiversité. Je ne peux qu’inciter les agriculteurs à aller vers la production biologique et à eux-mêmes ne plus utiliser des produits phytosanitaires. Leurs collègues qui sont déjà dans cette démarche produisent peut-être un peu moins mais dans de bonnes conditions. Il faut aujourd’hui que nous allions tous ensemble vers une démarche la plus naturelle possible. »

Cet état d’esprit, il l’applique dans la gestion de la commune. Il affirme que l’endettement de la ville a fortement décru. « Les années Covid nous ont empêchés de faire des investissements mais cela nous a permis de passer cette période plus sereinement. Nous investissons à la hauteur de notre capacité. Pour l’eau, c’est la même chose. Nous avons un réseau de qualité qui permet d’alimenter quatre communes autour de nous. L’eau est à son juste prix à l’échelle communale. Nous sommes les seuls à avoir un service eau et assainissement avec trois personnes. Mais c’est un sujet intercommunal car pour les plus petites communes, cela devient compliqué à gérer. » Concernant les autres dossiers communaux, il affirme agir au quotidien pour que les habitants de Munster et de la vallée aient le plus de plaisir possible à y vivre. « Il est important d’être bien chez soi mais aussi de savoir accueillir. Je pense évidemment aux touristes. Je pense aussi aux personnes en difficulté qui cherchent à s’insérer. À Munster, il y a un centre d’accueil pour les réfugiés de tout bord. Nous devons continuer à être solidaires avec eux », conclut Pierre Dischinger.

Association des éleveurs de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin

La vosgienne se démarque

Élevage

Publié le 17/02/2023


Chargé de développement de la race vosgienne et de ses produits, Anthony Di Carlo constate que les deux marques ont trouvé leur public même si des pistes de croissance n’ont pas encore été explorées. La marque Race bovine vosgienne reçoit la confiance de 50 adhérents, dont 27 sont situés dans le Haut-Rhin. Elle a été mise en place en 2012. On y trouve 30 éleveurs laitiers (16 dans le Haut-Rhin), 18 éleveurs allaitants (neuf dans le Haut-Rhin) et deux en race mixte. « L’ambition de la marque est de communiquer plus largement auprès du grand public sur l’engagement des éleveurs et des opérateurs adhérents dans le programme de sauvegarde et le développement de la race. Il y a un cahier des charges à respecter. Il faut par exemple avoir dans son troupeau 55 % de vaches vosgiennes la première année, et augmenter ensuite de 5 % chaque année jusqu’à atteindre 80 % minimum. Il faut aussi que les éleveurs mettent en avant des pratiques extensives du système herbager qui interdit notamment les ensilages et les produits phytosanitaires. On leur demande également de valoriser la performance génétique et pas la performance d’alimentation », explique Anthony Di Carlo. Cette politique semble bien comprise et de plus en plus mise en pratique dans les élevages.

La marque Cœur de Massif poursuit également son bonhomme de chemin. 23 producteurs sont désormais engagés sur quatre départements. Ils sont 14 dans le Haut-Rhin dont deux nouveaux pour cette année 2023, quatre dans les Vosges, trois dans le Bas-Rhin et deux en Haute-Saône. En 2021, la production a été de 29 t de fromage pour 295 725 l de lait transformés dont 19 t et 193 725 l sur le seul département du Haut-Rhin. « C’est le département moteur depuis le début. Nous ne disposons pas encore des chiffres de 2022 mais tout porte à croire que cette dynamique s’est confirmée. La baisse de 31 000 l par rapport à 2020 doit être comparée à l’année qui a été spéciale, puisque c’était celle du confinement. Les gens ont davantage consommé directement chez les producteurs avec des fromages de garde », ajoute Anthony Di Carlo. Il en convient, la croissance du Cœur de Massif passe par un développement de la communication locale et des actions spécifiques en lien avec l’abattoir de Cernay. Le groupe de travail « fromage » doit formuler des propositions et des actions pour les mois à venir.

« Nos différences font notre force »

L’année 2022 a été celle de la « remise en route » pour l’association, après la crise sanitaire. L’événement du mois d’avril à Colmar, lors du printemps des fermes-auberges, a permis d’assurer la promotion de la vosgienne et des pratiques culturales des éleveurs. « Nous devons communiquer et nous mettre en valeur car notre métier est en danger. La complexité du système fermier en France fait qu’il est difficile pour nos races d’exister. Ce sont pourtant nos différences qui font notre force. Notre modèle détient tous les atouts pour contredire ces études négatives sur l’élevage de montagne. Notre association est là pour pérenniser cette dynamique », explique le président de l’association des éleveurs de la race bovine vosgienne du Haut-Rhin, Florent Campello.

Au contrôle laitier, les résultats lui donnent raison. Les éleveurs du Haut-Rhin obtiennent de belles productions de lait, avec des vaches qui font carrière. Par exemple au Gaec des Hautes Huttes de Louis Ancel à Orbey, Ulmaire a produit 102 276 l de lait pour 15 lactations. Elle est malheureusement décédée cette année. Cette production de qualité s’explique par le travail génétique effectué au sein des commissions de l’association. La commission génétique élabore toutes les propositions ou suggestions relatives au schéma de sélection conduit par Elitest en race vosgienne. Cela concerne le choix des mères à taureaux, les génotypages, le tri des futurs reproducteurs mis en marché, la politique de diffusion de la semence ou encore les communications techniques adressées aux éleveurs.

La qualité du cheptel vosgien s’est vérifiée lors du concours national de la vosgienne qui s’est déroulé les 3 et 4 septembre 2022 à Rambervillers. 24 élevages y ont participé, dont 12 issus du Haut-Rhin. « La qualité des animaux et leur préparation malgré la sécheresse de cet été ont pu être appréciées à leur juste valeur tout comme l’ambiance générale de cette manifestation », résume Emmanuelle Wendling, technicienne à l’organisme de sélection de la race vosgienne. Parmi les prix attribués, celui de la meilleure fromagère pour Gazelle du Gaec Schoeffel-Pierrel, au-dessus de Fellering. « Nous vous donnons rendez-vous dans deux ans et demi, autour du 10 octobre 2024, à Saint-Bresson », ajoute Emmanuelle Wendling, ravie de la mobilisation des éleveurs.

En attendant cet événement, dix vosgiennes seront présentes au prochain Salon international de l’agriculture à Paris. Le Haut-Rhin sera représenté par trois vosgiennes, issues des élevages de l’EARL du Rothenbach à Mittlach et de la SCEA ferme de la Bouille à Sainte-Croix-aux-Mines.

Syndicat des éleveurs de la race montbéliarde du Haut-Rhin

Des carrières qui reflètent la qualité des élevages

Élevage

Publié le 10/02/2023


Lors de l’assemblée générale du syndicat des éleveurs de la race montbéliarde du Haut-Rhin qui s’est tenue à Ballersdorf le 25 janvier, deux éleveurs ont été récompensés d’une statuette par l’organisme de sélection. La Gaec du Blochmont à Lutter avec deux nouvelles vaches : Victoria tout d’abord, née en 2004, elle a produit 100 375 kg de lait en 12 lactations. Amazone ensuite : née en 2005, elle a réalisé une production de 101 055 kg de lait en 12 lactations. Et puis on retrouve le Gaec Babé à Courtavon avec Espoir, une vache née en 2009. Elle a produit 100 785 kg de lait en 8 lactations. Elles rejoignent trois autres vaches qui avaient déjà atteint ce niveau : Floria également du Gaec Babé avec 104,059 kg, 4 533 Etoil du Gaec Kohler frères à Durlinsdorf avec 100.647 kg et surtout Vanille de l’EARL Litzler à Feldbach avec 130 076 kg.

Gérer au mieux

« Ces parcours et ces carrières sont les meilleurs exemples de la qualité du travail des éleveurs et sont la plus belle promotion de nos vaches montbéliardes. Un gros travail génétique est réalisé en lien avec Elitest. Nous avons des naisseurs de taureaux remarquables dans le Haut-Rhin. Et puis dans nos fermes, nous faisons ce qu’il faut pour favoriser la production du lait et le bien-être animal », note le président du syndicat dans le Haut-Rhin, Jean-Philippe Meyer. Un syndicat qui compte 36 adhérents qui représentent 1978 vaches. Un syndicat qui a multiplié les animations et les actions en 2022 en participant notamment au concours de l’Axonne à Montbéliard et à celui d’Habsheim avec 61 animaux inscrits pour 11 élevages. Néanmoins, même si les professionnels sont motivés, la réalité économique n’est jamais très loin. En 2022, le prix du lait certes intéressant doit être comparé à la très forte hausse des charges dans les élevages et une météo souvent capricieuse. « Les coûts alimentaires et du concentré sont en forte augmentation. Nous devons gérer au mieux nos élevages et l’alimentation de nos vaches pour faire face », ajoute Jean-Philippe Meyer.

C’est également le constat du président de la Chambre d’agriculture Alsace Denis Nass : « Nous devons miser sur notre autonomie énergétique pour atténuer nos coûts. Le photovoltaïque sur nos toitures est une solution. Il y en a d’autres comme la taxe carbone qui doit être investie sur nos territoires. Nous devons tout faire pour préserver l’élevage qui est fragile mais qui reste un atout et une richesse. Il faut garder cette économie sur nos territoires pour préserver la biodiversité. Les éleveurs sont les premiers écologistes et les premiers à préserver leur environnement. Nous devons porter la parole agricole auprès de tous nos interlocuteurs. C’est pour cela qu’il faut continuer à s’investir dans nos organismes et suivre les dossiers comme la directive Nitrates mais également la gestion de l’eau. Nous devons également être vigilants face au double langage de certains de nos interlocuteurs. »

S’adapter aux attentes de la société et des éleveurs

Les professionnels ont ensuite été sensibilisés par le Groupement de défense sanitaire (GDS) Alsace sur l’évolution de la charte des bonnes pratiques d’élevage. Dans sa cinquième version, la charte s’adapte aux attentes de la société et des éleveurs. Cette charte traduit les engagements des éleveurs envers la société et envers les filières, sur de bonnes pratiques de production à différents niveaux : sanitaire, environnement, bien-être animal. Elle doit permettre aux professionnels de s’inscrire dans une dynamique de progrès et de développement durable, indispensable pour assurer l’avenir des fermes et de la filière. Le choix de l’outil Boviwell doit aider. Il s’agit d’un outil de mesure du bien-être animal qui répond à un triple objectif : sensibiliser les professionnels, évaluer le bien-être animal sur les exploitations, identifier les points d’amélioration et les bonnes pratiques à diffuser plus largement. En sachant que le chapitre consacré à l’identification a été simplifié dans cette dernière version.

Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace (Uphoral)

L’avenir s’écrit en lettres végétales

Vie professionnelle

Publié le 09/02/2023


Est Horticole est depuis le 1er janvier 2017 le nom de la station expérimentale qui regroupe des horticulteurs et des pépiniéristes. Elle assume une double mission : d’une part, la mise en place, le suivi et l’analyse des expérimentations menées sur la parcelle de Roville aux Chênes dans les Vosges. Le suivi et l’harmonisation des expérimentations en Alsace, en Bourgogne et en Franche-Comté, respectivement par les structures régionales Flhoreal, ADHP et Franche Comté Horticole chez les producteurs ou dans les lycées d’autre part. La station qui est une association loi 1901 a été créée en 1989 sous le nom d’Arexhor. Elle a évolué au fil des années pour devenir Arexhor Grand Est puis Astredhor Est. « Nous avons bien travaillé ensemble. Mais nous avons fait le constat que cette structure recentrait un grand nombre de ses activités à Paris. Dans le même temps, nous avons été contactés par Planète Légumes pour développer un travail en commun au niveau du Grand Est en horticulture et en pépinière. Le processus de scission avec Est Horticole est donc en cours. L’idée est d’accompagner le développement de la filière du végétal et de travailler à de nouvelles actions pour rendre encore plus visibles les produits d’excellence de notre filière alsacienne », explique Christian Romain, vice-président de l’Uphoral.

Présent à l’assemblée générale, le président de Planète Légumes, Pierre Lammert s’est félicité de cette orientation. Il a tout d’abord présenté sa structure qui rayonne sur tout le Grand Est avec des sites à Nancy, Châlons, Obernai et Sainte-Croix-en-Plaine. « Notre conseil d’administration a acté la volonté d’accueillir les horticulteurs et les pépiniéristes. Nous allons faire évoluer nos statuts. L’idée est d’avoir à l’avenir une section légumes et une section horticole et pépinière. Ces deux sections seront bien définies et chacune va se gérer sans position dominante. De prochaines rencontres entre professionnels vont nous permettre de mieux nous connaître. Nous avons tout à gagner à travailler ensemble », rappelle Pierre Lammert. Le directeur de Planète Légumes, Fabien Digel, aussi chef du service des filières végétales à la Chambre d’agriculture Alsace complète : « Planète Légumes, ce sont aujourd’hui pas loin de 500 adhérents dans tout le Grand Est et même ailleurs. Nous faisons de l’expérimentation et du suivi technique avec nos douze ingénieurs techniciens. Nous avons un programme de recherche et d’expérimentations sur différents enjeux. L’objectif étant d’améliorer les revenus de nos adhérents par les conseils techniques et économiques. Nous diffusons également des flashs et des guides. Et nous proposons des visites techniques sur le terrain. »

« Le végétal, c’est la vie »

Ce rapprochement semble apporter de l’enthousiasme chez les professionnels qui l’ont approuvé à l’unanimité. Il peut faciliter le développement économique des entreprises horticoles et pépinières dans un contexte de hausse du coût des énergies. « Travailler ensemble peut nous aider à l’avenir et répondre à nos interrogations. Que produire ou comment produire en 2023 et les années à venir ? Et en quelles quantités ? La gamme végétale a beau être très large et la technicité des producteurs au meilleur niveau, il faut reconnaître que l’équation n’est pas simple. La crise sanitaire nous avait déjà demandé de nous adapter. Pour nous, la remise en question n’est donc pas un vain mot. Nous devons continuer à jouer collectif entre les différents acteurs de la filière. L’idée étant de mener une campagne de communication grand public intergénérationnelle et optimiste autour de messages tels qu’aménager son jardin, semer, planter, s’entourer de végétal et offrir des fleurs et des plantes avec à chaque fois la même conclusion : le végétal, c’est la vie. L’objectif étant d’éviter que les consommateurs ne se détournent du végétal alors que celui-ci n’a jamais été aussi attractif voire essentiel, dans le regard de nos concitoyens que depuis la crise sanitaire », souligne Paul-André Keller, président de l’Uphoral.

Les horticulteurs et pépiniéristes sont convaincus qu’il y a une opportunité à traverser les défis de la crise énergétique actuelle en misant sur la diversité du végétal, vital et multifonctionnel. « Nous sommes les producteurs et les forces vives du végétal, et de surcroît en amont de tous les scénarios du cadre de vie. Il conviendra dans les semaines et les mois à venir de communiquer et de changer la perception du végétal comme étant l’élément actif dans nos vies. Mais également d’insister sur la place du végétal, élément essentiel pour l’avenir dans le contexte du réchauffement climatique et du maintien de la biodiversité dans nos communes. Faisons le pari de la résilience des territoires grâce au végétal et aux alliances entre acteurs de la filière, élus et concepteurs afin que le végétal devienne la pièce maîtresse de tout projet de planification urbaine et de renaturation avec une connexion entre urbanisme, paysage, cadre de vie et écologie », ajoute-t-il.

Des arrêtés problématiques

Cette politique portée par l’interprofession Valhor (l’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage) et la fédération nationale « Verdir » (anciennement FNPHP), doit être portée sur le territoire régional par l’Uphoral. « Aménager durablement avec le végétal comme support, changer le regard sur l’aménagement des communes, doit devenir une réalité et une priorité. Nous devons être force de propositions mais également le moteur d’influence afin d’impulser les recommandations nécessaires auprès des pouvoirs publics, des élus et des décideurs. L’épisode des arrêtés préfectoraux sécheresse d’août 2022 et des restrictions d’arrosage pour bon nombre de communes, pris souvent en dépit de tout bon sens, démontre l’ignorance et l’incohérence de l’administration face aux réalités du terrain. On ne peut pas encourager la végétalisation des espaces afin de favoriser le retour de la nature en ville, vouloir préserver la biodiversité dans nos cités, et interdire l’arrosage nécessaire des plantes sous prétexte de sécheresse ! Le végétal n’est pas et ne doit pas être une variable d’ajustement. Il est au contraire au cœur des solutions », estime Paul-André Keller.

Les solutions existent, rappellent les horticulteurs et les pépiniéristes. Ils évoquent le fleurissement durable, la mise en place de nouvelles variétés et essences qui s’adaptent à l’évolution climatique actuelle. « Adapter les itinéraires de culture, décaler les calendriers de mise en production, isoler et compartimenter les serres, réduire les températures. À chacun sa méthode ou solution dans le court terme. Mais il conviendra de mener la réflexion afin d’engager la mutation vers des énergies renouvelables, trouver des alternatives avec le solaire thermique, le photovoltaïque, la géothermie, le bois ou encore les pompes à chaleur. Ces nouvelles technologies permettront d’accélérer cette nécessaire mutation. La recherche nous aidera mais elle devra être accompagnée dans le cadre d’aides à l’investissement à la hauteur des enjeux. Car oui, l’avenir s’écrit en lettres végétales », conclut Paul-André Keller.

Concours général agricole des vins

Colmar : l’heureuse exception

Vigne

Publié le 09/02/2023


L’ambiance est studieuse dans la Halle aux vins. Les 109 membres du jury sont répartis autour des 31 tables mises en place pour l’occasion. On y retrouve des viticulteurs, des sommeliers, des professionnels du vin, des représentants de l’administration, des étudiants du BTS technico-commercial vins et spiritueux à Rouffach ou encore des membres de la confrérie Saint-Étienne de Kientzheim. « Après ces années difficiles en raison de la crise sanitaire, on sent une certaine effervescence. Les gens sont de retour pour profiter de leur passion et découvrir de beaux produits », se félicite Mélanie Haby, commissaire régionale du concours pour la Direction départementale des territoires (DDT) du Haut-Rhin. Comme chaque année, elle est en charge de l’organisation de l’événement avec la Chambre d'agriculture Alsace et l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava). L’intérêt de la manifestation a fait venir à Colmar Olivier Allemann, commissaire général du Concours général agricole national depuis 2020. « Ce concours est une référence. Je suis heureux de constater que le jury se féminise et rajeunisse. Cette évolution est importante car, certes, il y a un cahier des charges à respecter mais il y a également une évolution des goûts des consommateurs. Nous devons en tenir compte. Nous avons tous besoin de continuer à tirer nos produits vers l’excellence », rappelle Olivier Allemann.

L’année viticole 2022 a été complexe au niveau météorologique. C’est ce qui explique vraisemblablement cette baisse de 5 % des échantillons présentés au niveau national. Mais Colmar fait l’heureuse exception. Une vraie performance aux yeux d’Olivier Allemann. Ce sont en effet 560 échantillons, essentiellement du millésime 2022 mais parfois de celui de 2021 ou même de 2020, qui ont été présentés par 23 maisons. Il y a là 106 rieslings, 82 pinots gris, 81 crémants, 76 gewurztraminers, 65 pinots noirs, 61 pinots blancs, 58 sylvaners, 25 muscats et 6 chasselas. Sachant que 4 klevener d’Heiligenstein seront directement dégustés à Paris. « Cette année, la notation se fait sur 20 comme pour la grille du CGA à Paris avec des demi-points. Nous vous rappelons que nous sommes ici sur une présélection et pas sur des vins à médailler. Ne soyez donc pas trop sévères. Les vins qui ont une note inférieure à 14 ne passeront pas cette présélection. Apportez un commentaire pour chacun des vins. Il faut au maximum 60 % des vins qui peuvent passer ce concours aujourd’hui. Vous devez avant tout éliminer les vins avec des défauts. Ne gâchez pas des potentialités », précise Marie Eber-Nussbaumer, œnologue-conseil à la Chambre d'agriculture Alsace et nouvelle responsable de l’organisation du CGA pour la partie vin. Frédéric Roy étant encore de son côté le coordinateur.

Diversité de produits

S’il ne déguste pas, le président de l’Ava Gilles Ehrhart a tenu à être présent lors de cette matinée. « Depuis mon élection, je n’avais pas encore pu y assister. Et puis, il y a eu la crise sanitaire. L’Ava reste dans ce partenariat avec la Chambre d'agriculture Alsace et l’État. C’est bien de voir cette bonne organisation. Ce concours est important car il est encore local. C’est valorisant. Les produits présentés représentent bien ce qui a été réalisé dans le vignoble », se félicite Gilles Ehrhart. La coordinatrice du BTS technico commercial en vins et spiritueux au lycée de Rouffach, Véronique Sirguey est tout aussi satisfaite. Elle est venue avec 17 étudiants de deuxième année et 10 autres de première année. « Dans un premier temps, Frédéric Roy est venu au sein de l’établissement nous expliquer le concours, son organisation, l’importance des médailles. Dans ce second temps, il y a ce que j’appelle la mise en pratique. La dégustation des vins d’Alsace, où nous pouvons nous rendre compte de la diversité des produits. Je suis également professeure de marketing. Pour nos élèves, il est important de pouvoir expliquer les qualités des vins pour ensuite les valoriser et les vendre. Pour ma part, je cherche de jolies couleurs et des vins bien aromatiques », précise-t-elle.

Président de l’association des étudiants de ce BTS technico-commercial en vins et spiritueux depuis mars 2022, Étienne Heitz est également ravi. « Cette dégustation nous permet de découvrir la diversité des vins d’Alsace. À cette table, nous avons des pinots gris. Ce n’est pas mon cépage de prédilection, mais il y a des choses intéressantes. C’est une belle expérience en tout cas. Nous pourrons témoigner auprès de l’ensemble de nos camarades », témoigne le jeune homme. Plus expérimenté, le directeur de la confrérie Saint-Étienne, Éric Fargeas est sur la même ligne : « À ma table, nous dégustons des pinots noirs. Il y a de belles couleurs, de belles intensités, de belles matières. Nous découvrons des produits qui représentent bien les vins rouges d’Alsace. Cette dégustation est d’autant plus pertinente qu’elle complète les vins que nous avons déjà à l’œnothèque de la confrérie. Le millésime 2022 va donc élargir encore davantage la gamme. C’est valorisant. »

Ferme Malaitis, à Jebsheim

Un bâtiment qui facilite l’élevage

Élevage

Publié le 28/01/2023


L’exploitation est celle de la famille Ritzenthaler. On y trouve trois associés : le père Freddy et ses deux fils, Yves, installé depuis 2014, et Lucas, installé depuis 2018. L’épouse d’Yves, Charlotte, est salariée depuis 2020. Ils travaillent sur une surface de 110 hectares, où sont principalement cultivés du maïs, du blé, de l’orge et de la luzerne. Les cultures fourragères sont principalement destinées aux animaux. Le cheptel est composé de 120 vaches de race prim’holstein. Avec les génisses et les vaches taries, il y a au total environ 220 animaux. La production de lait est actuellement d’1,4 million de litres, vendus à la coopérative Sodiaal. L’objectif est d’arriver à 1,6 million. « Nous utilisons deux robots de traite. Mais, jusqu’à présent, nous avons travaillé sur plusieurs sites, à Jebsheim et à Muntzenheim, du fait de l’historique de l’exploitation. À Jebsheim, nous n’avions aucune possibilité de nous agrandir sur le site actuel qui se trouve dans le village. Les contraintes géographiques et de travail étaient devenues trop lourdes », explique Yves Ritzenthaler.

L’idée est donc de regrouper l’ensemble de l’activité sur un seul site. Il s’agit d’un bâtiment en bois, long de 112 mètres, dont 84 pour les vaches et 26 pour la fumière. Il y a 129 logettes, au total. Toutes les vaches sont en circulation libre. « Il y a également un box en aire paillée, pour les vaches en difficultés que nous voulons surveiller. Mais, comme les autres, elles ont également accès aux deux robots », indique Lucas Ritzenthaler. Les deux robots sont des Lely Astronaut A5. « Grâce à cette libre circulation, les vaches décident quand elles mangent, boivent, se couchent ou se font traire. Des fonctionnalités telles que le bras hybride et le concept « I-flow » (mode de traite le plus naturel possible) contribuent au rythme naturel des vaches et augmentent la fréquentation des robots. Les vaches qui se sentent bien dans le bâtiment sont en meilleure santé, moins stressées et produisent davantage », estime Yves Ritzenthaler. Le bâtiment a été prévu pour l’installation future d’un troisième robot. Il sera nécessaire, si le cheptel augmente, à l’avenir.

Un bâtiment lumineux

Concernant l’ensemble du site, les 50 hectares de terres qui se trouvent autour du bâtiment appartiennent à l’exploitation. Il n’y a donc pas de risques de nouvelles constructions. Les terrains sont à plat et il n’y a pas de route hormis celle qui mène au site. « Quand le camion de la coopérative vient chercher le lait, il arrive en toute sécurité et peut s’arrêter sans déranger personne. La collecte est facilitée. D’autre part, nous avons imaginé ce bâtiment avec un côté fermé en brise-vent. L’orientation est importante. La lumière peut passer sans exagération et le soleil arrive, notamment dans l’allée centrale, ce qui donne cette impression de bien-être naturel », se réjouit Lucas Ritzenthaler. Un bien-être, animal celui-là, qui est complété par l’utilisation d’un racleur Collector également de la marque Lely. « Ce racleur de caillebotis nettoie le sol du bâtiment toute la journée, tous les jours, tout au long de l’année. Les vaches sont ainsi mieux logées et nous travaillons dans des conditions optimales. Le sol est moins glissant. Tout le cheptel n’a pas encore été regroupé, ici. Sur un autre site, il y a toujours les veaux et le matériel. Mais la traite ne se fait, désormais, qu’ici. Cela permet à une seule personne de travailler sans finir tardivement », observe Lucas Ritzenthaler.

Avant d’imaginer de faire construire ce bâtiment, la famille Ritzenthaler a visité d’autres fermes et d’autres réalisations. Elle a voulu optimiser son futur nouvel outil de travail. Un bureau, des douches et des sanitaires ont également été installés. Le bâtiment a été conçu par l’entreprise Agri Concept et vendu par EMG. Les travaux de maçonnerie ont pour la plupart été réalisés par les agriculteurs. Commencés en décembre 2020, ces travaux se sont poursuivis tout au long de l’année 2021, avec le terrassement à partir du mois d’avril. Les charpentes ont été montées en septembre. « Tout n’est pas encore terminé. Il y a encore des finitions à réaliser, des aménagements extérieurs ou l’installation d’un ventilateur. Mais ce qui a été fait pour les vaches est fonctionnel. Nous avons réalisé la première traite dans ce bâtiment, le 15 octobre 2022 », conclut Yves Ritzenthaler. Les vaches se sont bien habituées à ces nouveaux lieux et les agriculteurs espèrent un outil parfaitement fonctionnel très rapidement.

Les vidéos