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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Chambre d'agriculture d’Alsace

Yves Jauss : « Ce métier m’a passionné »

Vie professionnelle

Publié le 09/03/2019

Lors d’une cérémonie dirigée vendredi 1er mars par le président sortant de la Chambre d'agriculture Laurent Wendlinger - sa dernière intervention à cette responsabilité -, élus, salariés et amis d’Yves Jauss se sont pressés très nombreux dans la salle de conférences de Sainte-Croix-en-Plaine pour ce moment convivial et riche en émotions. C’est avec humour et autodérision que Laurent Wendlinger a mené son discours et rendu hommage à Yves Jauss. « Un pilier de la Chambre d'agriculture a décidé de prendre une décision audacieuse pour lui, de profiter d’une nouvelle vie et d’adopter une autre stratégie professionnelle. C’est une situation inédite pour le président que je suis, et qui est également sur le départ. Après deux mandats, je n’avais pas pris l’habitude de rendre hommage à un jeune homme qui veut épouser une nouvelle vie », explique Laurent Wendlinger. Et de rappeler les compétences, la disponibilité et l’investissement de celui qui est arrivé à la Chambre d'agriculture, et plus particulièrement au service économique, le 1er décembre 1982. Le directeur de la Chambre, André Jacob, plus solennel, a ensuite retracé le parcours professionnel d’Yves Jauss : « Tu as marqué cette institution. Je regrette ton choix, mais je le respecte. C’est le choix du cœur et de tes racines. Tu as parfaitement planifié ce départ. Une page se tourne ». Une page qui en suit bien d’autres, à l’initiative d’Yves Jauss. Dans les années 1990, il est un des piliers de l’observatoire économique créé par la Chambre d'agriculture qui a permis de développer de solides références économiques pour les agriculteurs et leurs exploitations. Les années 2000 lui permettent de pérenniser ce travail et il devient en 2009 le chef du service EGE. En 2013, il est nommé chef de service puis directeur du pôle économie et prospective. Et, en 2017, il devient directeur adjoint de l’institution devenue Chambre d'agriculture d’Alsace tout en étant directeur référent du service économique. Il a également exercé de nombreuses autres missions. La dernière ayant été de mener à bien le bon fonctionnement des récentes élections de la Chambre d'agriculture.

Une action collective

Lors de son intervention, Yves Jauss a remercié ses nombreux collègues, élus ou amis avec qui il a travaillé tout au long de son parcours professionnel. « Une carrière riche, intense et passionnante que j’ai partagé avec vous tous. Car, sans vous, l’action collective ne serait pas possible ». Des locaux de la Chambre d'agriculture, place de la Gare à Colmar aux analyses économiques réalisées avec l’aide de l’outil informatique, Yves Jauss y est allé de nombreuses anecdotes en citant, à chaque fois, les salariés qui ont partagé le travail avec lui. « Oui, ce métier m’a passionné. Il y a eu des rencontres formidables. J’ai bien préparé mon projet. J’aspire désormais à une autre vie. Je vais me concentrer sur l’exploitation familiale avec mon épouse Pascale avant de chercher à réaliser des activités plus personnelles. Merci également à mes enfants, Mickaël, Fabien et Déborah pour leur soutien. » Et de conclure avec une anecdote sur sa dernière journée au bureau le 15 février où il a reçu un courrier d’amende pour excès de vitesse dans le cadre de ses fonctions. La boucle est bouclée et il pourra désormais lever le pied !

GDS Alsace

« Le sanitaire doit être prioritaire »

Élevage

Publié le 08/03/2019

Le groupement de défense sanitaire des animaux (GDS) Alsace a tenu son assemblée générale vendredi 1er mars dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine sous la présidence de Patrick Bastian. Après avoir rappelé les événements climatiques de 2018, il a insisté sur l’importance de préserver un bon état sanitaire, tant des installations que du cheptel dans la région. Pour réussir, il faut évoluer. Une réflexion à long terme sur les outils existants est nécessaire. « Je suis favorable à un seul abattoir en Alsace. Un jour, il faudra que nous ayons tous un véritable débat. Nous devons être sincères entre nous », explique Patrick Bastian. Il s’agace, notamment dans le Bas-Rhin, des tarifs en vigueur dans les différents laboratoires de vétérinaires. « Il y a actuellement 160 000 animaux en Alsace. C’est donc un petit cheptel. On ne peut continuer à payer toutes les structures existantes avec un tel cheptel. »

Le GDS se porte bien. « Nous avons un résultat net positif de 132 000 €. Mais, il faut préparer l’avenir. Savoir se structurer différemment, avant d’y être contraint », ajoute Patrick Bastian. Élu au Conseil régional du Grand Est, il parle en connaissance de cause en ce qui concerne les politiques de soutien. « Ces aides, tôt ou tard, vont baisser. Il faut donc être prudent, vigilant et anticiper. » Présent à la réunion, Dominique Colon, du GDS de Meurthe et Moselle, a confirmé la nécessaire réorganisation des laboratoires publics.

Le bon fonctionnement des outils est d’autant plus nécessaire que les maladies sont une réalité sur le territoire. Pour la diarrhée virale bovine (BVD), un plan d’éradication a été engagé depuis le printemps 2016. Il a débuté par le bouclage systématique des veaux à la naissance. En 2018, ce sont près de 60 000 veaux qui ont été analysés. 180 d’entre eux, soit 0,30 % étaient positifs. Et sur les 1 445 élevages engagés, cela concerne 72 élevages en Alsace, soit 4,90 % de l’effectif total.

Pour la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), cinq cheptels se sont assainis au cours de la dernière campagne. L’arrêté ministériel du 31 mai 2016 a rendu obligatoire la qualification des cheptels et restreint les mouvements des bovins positifs et issus de cheptels non qualifiés. Les anomalies constatées lors d’introductions restent les principales causes de suspension de qualification. Il a été rappelé aux éleveurs qu’un délai de quinze jours doit être respecté entre la date d’introduction et la réalisation des prises de sang.

Concernant la paratuberculose, les plans de lutte sont proposés dans les élevages au sein desquels une suspicion clinique a été confirmée par des analyses. Le GDS accompagne financièrement les élevages durant cinq ans. 47 cheptels en Alsace sont dans ce plan de lutte. Ils représentent un dépistage de 4 635 animaux. 129 d’entre eux, soit 2,8 % ont été déclarés « non négatifs ».

Enfin, la « besnoitiose bovine » a été présentée par Marc Peterschmitt, vétérinaire. Ce parasite s’attaque au sang des animaux ou par la provocation de kystes tissulaires. La transmission vectorielle est aujourd’hui le seul mode de contamination scientifiquement reconnu.

« Il faut se préparer »

Mais, la mobilisation la plus forte concerne la peste porcine africaine. Si aucun cas n’a encore été constaté en France, les autorités sanitaires et les éleveurs doivent se préparer car le niveau de risque est aujourd’hui maximal. « Il faut savoir et répéter que cette maladie n’a pas de répercussion sur l’être humain. Mais pour les cheptels, son apparition peut être très problématique. La Belgique est touchée. Deux sangliers infectés ont été identifiés début janvier en Belgique, à 1 kilomètre de la frontière française. Ces deux cas confirment la forte progression de la maladie et sa proximité avec notre pays. Il faut donc se préparer. Dans tous les cas, on n’arrêtera pas l’élevage. Mais, il faut anticiper pour avoir des solutions le jour où la maladie sera là. Il faut davantage de surveillance dans le Grand Est. Et sans attendre, mettre davantage de clôtures en place très rapidement », prévient Patrick Bastian.

Des battues concertées et administratives, accompagnées de tirs de jour à l’affût avec appâts, et des tirs de nuit avec phares, tirs à visée nocturne et piégeages ont lieu dans une zone située sur les départements de la Meuse et des Ardennes. Elle couvre une superficie de plus de 140 km2. Cette chasse intensive a permis d’abattre plus de 200 sangliers en janvier et février derniers. Dans cette zone, et depuis le week-end du 19 janvier 2019, toute activité forestière, économique et de loisir est interdite par arrêté préfectoral. L’armée a même été appelée en renfort pour un appui logistique et humain (pose de pièges et battues, mais pas de tirs). Prochainement, il y aura la pose de nouvelles clôtures et une extension des analyses sur les animaux tirés.

Section apicole

À noter enfin qu’une section apicole a été créée au sein du GDS Alsace. Ce sont les deux GDS apicoles départementaux qui en sont membres. La création de cette section a été rendue possible par le statut d’Organisme à vocation sanitaire (OVS) du GDS Alsace. Il est en capacité d’accueillir toutes les espèces qui souhaitent développer ou poursuivre une action sanitaire collective.

Dans ce même mouvement, des sections apicoles ont été créées dans tous les GDS du Grand Est afin de porter les dossiers sanitaires de façon cohérente et harmonisée sur les aspects techniques et financiers. Cette section compte 1 865 adhérents pour 22 825 colonies dans le Haut-Rhin et 1 332 adhérents pour 15 386 colonies dans le Bas-Rhin.

Sima 2019

La recherche et la promotion de l’innovation

Technique

Publié le 07/03/2019

C’était par exemple le cas pour Lemken. L’entreprise a présenté pour la première fois ses bineuses de précision au Sima. Elle a également tenu un stand commun avec l’entreprise hollandaise Steketee, qu’elle a rachetée l’été dernier, et qui est spécialisée dans les bineuses avec un guidage par caméra développée en interne.

Lemken par ailleurs a présenté toute sa gamme de matériel. À commencer par le Rubin 10, élu machine de l’année 2019 dans la catégorie travail du sol. Ce nouveau déchaumeur à disques compact garantit, même en conditions difficiles, un mélange homogène et intensif de la matière organique et du sol jusqu’à une profondeur de travail de 14 cm environ. Il permet donc de réduire sensiblement les pertes d’humidité par évaporation. En même temps, il est possible de raccorder exactement la voie de passage de l’outil avec le GPS. « Les autres nouveautés seront présentées à Agritechnica du 10 au 16 novembre 2019 à Hanovre. C’est le salon de référence pour les marques allemandes, et pour Lemken évidemment », explique Nicolas Soehnlen.

De passage sur le stand, la présidente des Jeunes Agriculteurs de Sélestat, Johanna Trau, n’a pas caché sa satisfaction de pouvoir découvrir cette variété de matériels au Sima. « C’est toujours une bonne expérience de voir ce qui se fait et de découvrir les innovations de tous les constructeurs. Le Sima est une belle vitrine en la matière. Ce salon est fait pour les agriculteurs. À mes yeux, il est important de pouvoir s’y rendre. Tous les deux ans, on peut découvrir l’évolution du parc matériel, les innovations. Cela fait rêver les jeunes. »

Des moments intenses

Du rêve à la réalité, il n’y a qu’un pas. Il a été franchi par Élodie Gross. La jeune femme qui, le reste de l’année, participe au développement de JF Agri à Schlierbach, a été hôtesse d’accueil chez Claas pendant toute la durée du Sima. « C’est une belle expérience. En interne, nous pouvons ainsi apprendre à connaître l’ensemble du réseau Claas. On rencontre du monde. C’est ma première présence au Sima et une première pour moi à ce poste. Cela me permet de voir autre chose que la concession, de sortir. C’est intense. Une expérience professionnelle extraordinaire », se félicite la jeune femme. Un stand connecté, branché et immense, confirme Nathalie Frey, assistante marketing chez Claas Est. « Tout le monde ici est volontaire pour tenir ces postes et responsabilités pendant le Sima. Nous accueillons les clients et les invitons à découvrir toute la gamme de matériels ou à profiter d’un moment de convivialité du haut de la mezzanine de 230 m2 », ajoute Nathalie Frey.

Un peu plus loin, chez le constructeur italien Maschio Gaspardo, le parc matériel est également bien mis en valeur. Les clients français sont accueillis par Romuald Colombet, inspecteur commercial du secteur Est, et Philippe Lesueur, responsable produit et développement. C’est l’occasion de découvrir le semoir monograine Chrono qui a également reçu le prix du jury. « Ce semoir monograine rapide, dont le concept avait été présenté à Agritechnica, arrive en version définitive au Sima. Il se distingue par un système de semis précis avec réglage du flux d’air pour concilier rapidité et polyvalence. Ces machines doivent répondre à la problématique des fenêtres climatiques courtes avec des surfaces à travailler toujours en augmentation », précise Romuald Colombet.

Autre innovation encore sur le stand de Väderstad avec le CrossCuter Disc. Il ouvre de nouveaux champs de possibilités pour un travail du sol efficace et des résultats optimaux quelles que soient les conditions de travail. Il se distingue par ses performances sur chaumes de colza et dans les couverts végétaux, tout en offrant de très bons résultats sur chaumes de céréales et en terres labourées.

Cerfrance Alsace

Un travail neutre et indépendant

Vie professionnelle

Publié le 05/03/2019

Pour sa huitième assemblée générale en tant que président, Paul Deguille n’a pas caché sa fierté : les activités de Cerfrance Alsace sont en croissance. De plus, le déménagement du centre de comptabilité à une autre adresse, toujours situé dans la zone industrielle de Sainte-Croix-en-Plaine, n’a pas causé de difficulté. Au contraire, le centre est désormais propriétaire de ses murs. Des locaux parfaitement adaptés au travail des 21 salariés répartis en deux équipes dirigées par Véronique Herrscher et Jean-Marc Heinrich.

La tenue de la comptabilité reste l’activité principale du centre avec 564 dossiers traités en 2018. Le suivi agricole est majoritaire (78 %) devant les clients liés à l’artisanat, au commerce et aux services (19 %) et aux SCI, CUMA et autres entreprises (3 %). « Nous ouvrons à tout type de comptabilité. Nous sommes en effet membres du conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables depuis 2006. Et notre travail est apprécié pour sa proximité, son sérieux, son efficacité. Notre fourchette de facturation va de 450 € à 6 200 €. L’agrément des dossiers est vérifié par CE.GEST.I qui est un centre de gestion lui-même agréé par l’administration fiscale », explique Paul Deguille.

Créé à l’initiative des fédérations de la boulangerie de Meurthe-et-Moselle et de Meuse, le CE.GEST.I a depuis élargi son champ d’intervention. Aujourd’hui, il est un véritable « centre gestion interprofessionnel » qui s’adresse à toute entreprise agricole, industrielle, commerciale et artisanale, relevant de l’impôt sur le revenu (IR) de Lorraine et d’Alsace. C’est lui qui, pour le Cerfrance Alsace, effectue des examens périodiques de sincérité sur les dossiers ou vérifie les déductions fiscales. L’actualité fiscale, et plus généralement de comptabilité, est en pleine évolution. Les salariés de Cerfrance Alsace doivent ainsi répondre à leurs clients concernant leurs déclarations fiscales avec, par exemple, la déduction d’épargne de précaution, la suppression de la déduction pour investissement (DPI) et celle pour aléas (DPA) dans le cadre de la réforme de la fiscalité agricole. Il faut également s’intéresser au prélèvement à la source avec les risques cette année d’un double prélèvement pour certaines entreprises.

« Nous avançons ensemble »

La seconde grosse activité, celle du conseil patrimoine, se fait en collaboration avec les Cerfrance des Vosges et de la Moselle. Il s’agit de dossiers concernant la protection de la famille, l’optimisation des placements, l’anticipation de la transmission. Pour chaque dossier, le centre est présent pour fournir un travail de conseil neutre et indépendant. Toutes ces activités se font dans le cadre d’un budget général qui est contraint d’un peu plus d’1,20 M€ avec un minimum d’excédent.

En 2019, les nouveautés ne manqueront pourtant pas. À l’image du changement de logiciel comptable et de la bascule vers Isagri. Là également, en lien avec les Cerfrance des Vosges et de la Moselle. La saisie se fera toutefois dans Isanet pour la clôture 2019. À noter également ce partenariat annoncé avec le Ciceva. L’objectif étant de renforcer les compétences des salariés du Cerfrance Alsace et d’asseoir le conseil. C’est dans ce cadre, et au sein du réseau des 64 Cerfrance avec leurs 700 agences, 12 000 collaborateurs et 320 000 adhérents, que le centre va évoluer dans son fonctionnement interne. « Notre directrice depuis 1999, présente à la création du Cerfrance Alsace, nous a fait part de sa volonté de quitter la direction tout en restant parmi nous. Cela implique une gouvernance différente. Nous avons pris la décision de là remplacer avec une embauche sous forme de mise à disposition. C’est Blandine Coutelas, directrice depuis 2010 du Cerfrance de Vosges, qui a été désignée. Nous nous connaissons déjà et nous travaillons déjà ensemble sur de nombreux dossiers. Cela va nous permettre de continuer la mutualisation en cours à l’échelle des trois départements. Nous avançons ensemble », se félicite Paul Deguille.

L’assemblée générale s’est terminée avec une conférence sur le thème du foncier agricole. La directrice du Ciceva, Marie-Christine Maillard, la conseillère « Pôle Patrimoine » pour le Cerfrance Alsace-Vosges-Moselle, Léa Thouvenot, et Maître Jean-Marc Hassler, notaire à Wittelsheim, ont échangé sur ces liens profonds qui lient les agriculteurs à leurs terres agricoles et la réalité économique. Léa Thouvenot a ainsi évoqué l’indivision - où plusieurs personnes ont des droits de même nature sur un même ou plusieurs biens -, une situation le plus souvent subie et imposée. « Dans tous les cas, on vous encourage à être dans l’anticipation », a-t-elle précisé.

Sima 2019

Au rendez-vous des professionnels de l’agriculture

Technique

Publié le 02/03/2019

Le Sima est ouvert uniquement aux professionnels de l’agriculture, aux étudiants du métier, aux partenaires du monde agricole. Cette 78e édition a été fidèle à sa réputation. 40 pays étaient représentés. Les entreprises françaises étaient au rendez-vous, tout comme de nombreux concessionnaires et professionnels originaires de toute l’Alsace et de la région Grand Est.

C’est par exemple le cas du constructeur autrichien Pöttinger, dont le siège français est au Bonhomme, dans le Haut-Rhin. L’entreprise a présenté à Villepinte ses nouveautés et ses réussites. Parmi ces dernières, la combinaison de fauche de grande largeur avec regroupeur d’andains innovant à vis sans fin, le Novacat A10 ED Cross Flow. Une nouveauté récompensée lors de ce Sima par le prix de la machine de l’année 2019 dans la catégorie des faucheuses. « Il s’agit d’une machine certifiée, qui tourne déjà en Alsace, à l’aéroport de Colmar notamment. Elle permet un travail de qualité et un gain de temps. Ce prix a été attribué par les journalistes professionnels réunis pour Terre-net. De telles récompenses apportent une notoriété supplémentaire et la reconnaissance de la valeur ajoutée de la machine », précise Pierre Reymann, responsable marketing de Pöttinger France depuis novembre 2018.

Faucheuse à disques

Un peu plus loin, Olivier Viriot est présent pour promouvoir les produits du groupe Argo, et notamment ceux de Fella. À commencer par la nouvelle faucheuse à disques Ramos 2650 TLX avec conditionneur à rouleaux (RC). Elle existe également en versions 3160 et 3170. Ces faucheuses se replient par vérins hydrauliques verticalement au centre de gravité de la machine et sont amenées en position finale en douceur grâce à un amortissement. La répartition égale du poids sur les bras inférieurs et l’essieu garantit une maniabilité et une stabilité plus élevées pendant les déplacements sur route. La position de transport compacte permet des hauteurs basses de passage.

« Le Sima, il faut y être. C’est une vitrine qui nous permet de rencontrer nos clients », raconte Olivier Viriot. Précisément. Il reçoit à cet instant la visite de Dominique Meyer, de Sermersheim, et de Christian Ringeisen, de Westhouse dans le Bas-Rhin. Le premier est agriculteur. « Je suis céréalier, éleveur et je fais de la production de plante grasse pour végétaliser les toitures. Cela fait quelques années que je n’étais plus venu au Sima. Mais, nous avons peut-être dans les mois qui viennent des achats à faire. Ici, toutes les marques sont là. C’est l’occasion de s’informer et de comparer les produits », explique le professionnel.

Nouvelles technologies

Dans un monde qui est en mouvement, les entreprises s’adaptent. Les nouvelles technologies arrivent. Sur de nombreux stands, un espace leur a été dédié. Chez Massey Ferguson, ce dernier est important. « Nous avons évolué dans notre politique commerciale. Nous ne distribuons plus de brochures, de papiers. Sur des salons comme le Sima, nous présentons nos produits principaux, mais également une large partie de la gamme par le biais de la réalité virtuelle. Nous utilisons des casques et des simulateurs. Nous jugeons que c’est cela l’avenir. Il est également possible de scanner nos produits sur Google Cards. Il y a ici la possibilité de faire le tour de la cabine en 3D. Et nous comptons aller encore plus loin à l’avenir », affirme Félix Huart, responsable commercial tracteur chez Massey Ferguson pour l’est de la France.

Pour cette édition, les premières personnes intéressées sont les plus jeunes, souvent des mineurs. « C’est aujourd’hui la limite à de tels produits. Mais, ce sont aussi des futurs exploitants », ajoute Félix Huart. Leurs « aînés », eux, se retrouvent devant les nouveautés. Massey Ferguson a profité du Sima pour compléter sa série 7700 et dévoiler le nouveau 7719S. Dans la gamme, ce tracteur se positionne comme le plus gros des modèles à petit châssis. Il développe 190 ch et sa puissance peut atteindre 220 ch avec le boost. Le 7719S est uniquement disponible en version à variation continue Dyna-VT. Il a été élu matériel de l’année 2019 dans la catégorie « machine ».

De l’humain

Les nouvelles technologies sont une chose, les relations directes en sont une autre. C’est ce que privilégie Pascal Trompeter, responsable de l’entreprise familiale bien connue à Artzenheim. Le Sima lui a permis de retrouver le directeur de l’entreprise Somac dont le siège est situé dans un petit village de l’Aisne. Les deux entreprises travaillent ensemble depuis plus de 30 ans. « Nous sommes les spécialistes de l’adhérence concernant les mani-roues, les jumelages, les jantes ou encore les roues sans-traces. Nous faisons du « sur-mesure », jamais des équipements de série. Nous étions présents aux récentes portes ouvertes de la société Trompeter. Nos relations sont professionnelles et amicales », se félicite Jean-Louis Bonnaire, directeur de Somac. Pascal Trompeter est du même avis. « Avant la pose, il faut connaître les rapports mécaniques. Tout cela, c’est de la technique, mais également de l’humain. Ici, nous sommes sur un stand où l’on peut montrer ce que l’on fait et échanger en toute simplicité ».

Les deux hommes discutent avec Claude Schmitt et son fils, Guillaume, de Mussig dans le Bas-Rhin. « Nous faisons des légumes de plein champs. Nous avons besoin d’un matériel robuste. Le Sima, c’est l’occasion de découvrir les nouveautés et d’échanger avec nos vendeurs », précise Claude Schmitt.

Opération de communication

Pour le Crédit Agricole Alsace Vosges, le Sima est également l’occasion de communiquer. « Nous avons invité tous les concessionnaires d’Alsace et des Vosges pour partager sur notre stand un moment de convivialité », annonce Michel Freyss, responsable du marché agricole pour le groupe bancaire. Mardi 26 février, à l’heure du déjeuner, ils étaient donc plusieurs centaines à se retrouver pour rencontrer les salariés présents du Crédit Agricole.

Une large gamme

Issue d’une forge de village en Allemagne, la société Strautmann s’est développée pour devenir, 85 ans plus tard, l’un des leaders dans le domaine du machinisme agricole. Aujourd’hui, elle construit, sur trois sites de production, une large gamme de produits issue des techniques d’affouragement et de transport et vend ses machines pratiquement dans le monde entier. « Je suis chargé de promouvoir ce matériel dans le Grand Est notamment. En Alsace, deux autochargeuses et un épandeur font leur preuve », observe Jordan Hittinger, technico-commercial depuis décembre pour l’entreprise. Mardi 26 février, il a reçu la visite de Claude Nass, agriculteur à Gommersdorf, venu avec des amis du Sundgau. « Hier, nous étions au Salon international de l’agriculture, aujourd’hui au Sima. Nous venons voir les nouveautés et nous informer. Ce que je constate, c’est cette forte présence de matériels qui viennent de nombreux et lointains pays et que l’on connaît peu. »

Club Holstein 68

La dynamique des concours, la qualité des élevages

Élevage

Publié le 20/02/2019

Avec ses 45 adhérents et ses 3 444 vaches, le club Holstein 68 que préside David Butsch cherche avant tout à positiver, en dépit d’une année 2018 difficile au niveau économique et météorologique. Néanmoins, cette réalité n’empêche pas les éleveurs d’aller de l’avant. « Nous venons de vivre une superbe année avec le club Holstein 68. Nous avons organisé une sortie technique en Suisse qui nous a permis, notamment, de visiter la Waebera, une ferme et coopérative agricole très intéressante. Des échanges entre éleveurs ont rehaussé encore davantage cette journée. Nous avons également participé au concours de la Holstein à Brumath dans le Bas-Rhin avec 17 animaux. Nous avons proposé une journée de formation chez Thomas Prinz dans le cadre de l’école des jeunes présentateurs. Et nous étions représentés au SPACE à Rennes avec trois animaux du Gaec Gutzwiller », explique David Butsch. Six élevages et quinze animaux se sont également rendus à Lausanne pour la Swiss Expo. Sans oublier, évidemment, la foire Simon et Jude à Habsheim fin octobre. « Partout, nous sommes représentés. Partout, nous progressons et nous mettons en valeur la Holstein », se félicite David Butsch. Et les projets ne manquent pas. À commencer par cette présence annoncée à la confrontation européenne à Libramont en Belgique, les 12 et 13 avril prochains.

Génotypage et carrière des vaches

Si les éleveurs et leurs vaches obtiennent ces résultats et ces places d’honneur dans les concours, c’est aussi en raison de la qualité du cheptel dans le département. De nombreux professionnels suivent le programme de génotypage qui leur permet de mieux connaître le potentiel génétique de leurs génisses. Cette connaissance nouvelle leur permet d’avoir le choix, d’anticiper, d’avoir différents index pour les animaux à utiliser en fonction de leur système d’élevage. En 2018, quelque 200 génotypages ont ainsi été effectués dans le Haut-Rhin. Ce qui représente 25 à 30 exploitations. Une génisse génotypée permet de connaître sa suite. La génétique progresse. L’assemblée générale a permis d’analyser tous les résultats techniques des troupeaux, pour la Holstein, mais aussi toutes races confondues. Un focus a été réalisé sur la Holstein dans le Haut-Rhin. Trois élevages ont été honorés pour l’une de leurs vaches qui ont dépassé les 100 000 kg de lait : 8 735 (Heldostar) avec 118 550 kg du Gaec Karrer de Ranspach-le-Bas, sortie le 17 août 2017, SH Bianca (Mr Sam) avec 107 210 kg du Gaec du Trèfle Blanc de Gommersdorf, et Sissia (Blitz) avec 104 137 kg de l’EARL Prinz d’Hausgauen.

Visite de la ferme Butsch

Dans l’après-midi, les éleveurs ont visité la ferme de leur président, David Butsch. Ce dernier s’est installé avec son frère Mickaël sur l’exploitation familiale à Ranspach-le-Haut en 2014. Un million de litres de lait y est produit. On trouve dans le nouveau bâtiment entièrement robotisé 123 places pour les animaux. Les Butsch occupent 134 hectares de surface agricole utile (SAU) pour les cultures de maïs (fourrage et grain) et de blé, mais également pour les prairies permanentes et temporaires. Entre deux maïs, il y est produit du méteil qui est riche en protéagineux pour l’alimentation des bovins. La moyenne est de 33 kg de lait par vache avec des TP de 33,5 et des TB de 42,5. Dans son travail, David Butsch a opté pour une augmentation de la part de semence sexée et, par conséquent, un fort taux de croisement. De nombreux taureaux ont fait leur preuve et sont utilisés comme critères de sélection pour la qualité du cheptel.

Lemken

Le pulvérisateur traîné Primus

Technique

Publié le 14/02/2019

Le pulvérisateur a été acheté en commun par les deux agriculteurs. Romain Gross a repris l’exploitation familiale en 2016. Il est spécialisé en élevage, grandes cultures, viticulture, vend en direct des pommes de terre et engraisse 70 taurillons. Pour sa part, Frédéric Schermesser travaille sur sa ferme depuis 2006. Une partie est consacrée à ses cultures de maïs et de blé sur le secteur de Gundolsheim ; une seconde à la viticulture du côté de Westhalten où il exploite 7 hectares de vignes.

Les deux professionnels ont opté pour le pulvérisateur traîné Primus de Lemken pour son offre complète. « On voulait travailler avec une marque qui tienne la route. Le rapport qualité/prix nous convient parfaitement. Le gabarit de ce pulvérisateur correspond à ce que nous attendons », explique Romain Gross.

La pièce maîtresse du Primus, c’est sa cuve renforcée en polyester avec fibres de verre. Elle est parfaitement lisse et facile à nettoyer. Elle dispose d’un volume de 2 300 à 4 190 litres et est accompagnée de réservoirs d’eau claire séparés à l’extérieur. Ses rampes robustes à repliage en « Z » offrent une largeur de travail de 15 à 30 mètres, avec une grande variété de configurations de tronçons repliables. Elles permettent de travailler dans toutes sortes de terrains. Les tuyaux et les vannes de coupure de tronçons sont protégés dans le profilé de la rampe. Sa hauteur s’ajuste facilement pour s’adapter aux différentes tailles de pneus et de roues. Cela assure le placement optimal du centre de gravité de la rampe.

En termes de facilité d’utilisation, le Primus est l’outil idéal. Que ce soit en aspiration comme en pression, tous les réglages sont clairs, sans risque de confusion. « Le Primus reste, en entrée de gamme, un appareil efficace et complet. Au niveau des options, nous savions ce que nous voulions. Le fait de le prendre à deux, nous a permis de l’équiper de façon complète avec notamment la coupure de tronçons, le boîtier CCI et la commande Isobus. Nous pouvons l’atteler sans aucune difficulté à nos différents tracteurs. Nous voulions quelque chose de flexible et complémentaire », ajoute Frédéric Schermesser.

C’est la première fois que les deux professionnels travaillent ensemble. Un achat qui a été facilité par les conseils et le service après vente de Lemken. Les premières utilisations ont permis de le constater. Ce pulvérisateur permet de combiner la protection professionnelle des cultures avec un rendement élevé et une rentabilité maximale avec la réduction du nombre de déclinaisons.

Chambre d'agriculture d'Alsace

Suivre les élevages pour optimiser leurs productions

Élevage

Publié le 14/02/2019

Sur les 520 adhérents au Contrôle laitier en Alsace, 454 ont pris l’offre de pesée et de conseil, 59 la pesée uniquement et 7 le conseil uniquement. « Au total, 12 670 heures de conseils ont été dispensées en 2018 et 5 032 pesées effectuées. Nous sommes 21 conseillers en Alsace répartis dans six spécialités : l’alimentation, les génisses, la qualité du lait, l’agriculture biologique, le robot et l’accompagnement de projet. Il y a également trois techniciens spécialisés et quinze agents de pesée », explique Isabelle Hofstetter, elle-même conseillère technique pour l’élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Les agents de pesée sont eux-mêmes spécialisés et peuvent s'appuyer sur de nouveaux outils informatiques.

Depuis le 1er janvier 2018, un nouvel indicateur, Gestadetect, est proposé aux adhérents : il permet de diagnostiquer si une vache est vide à partir d’un échantillon de lait. Cette analyse dose des protéines associées à la gestation (appelées PAG) qui sont sécrétées par le placenta pour signaler la présence du fœtus. Ces protéines se retrouvent à la fois dans le lait et dans le sang. Les performances de reproduction ont un impact direct sur l’activité et la rentabilité des exploitations bovines laitières. La valorisation de ce nouveau test, comme tout indicateur, déploiera toute son efficacité au sein d’une démarche d’amélioration de la reproduction. « Nous proposons aux adhérents de manager la reproduction dans leur élevage. Ce nouveau service et l’accompagnement technique sont déjà disponibles. En 2018, 7 300 analyses ont ainsi été souscrites et 4 247 réalisées. 156 élevages ont choisi de l’essayer, soit 30 % de nos adhérents », ajoute Isabelle Hofstetter. Jusqu’à présent, l’indicateur n’était pas adapté aux éleveurs propriétaires d’un robot de traite. L’amélioration est en cours. Deux types de robots sont maintenant compatibles et deux autres devraient l’être prochainement.

Suivi d’un plan d’épandage

Lors de cette réunion, les conseillers ont également présenté €fficow, un outil qui aide les éleveurs à calculer l’efficience économique d’un animal au sein d’un troupeau. « €fficow aide à trier les vaches. Les éleveurs pourront se baser sur des données objectives pour savoir quelles sont les vaches à réformer en priorité et quelles sont les plus efficaces économiquement », indique Isabelle Hofstetter.

Avant de rappeler l’intérêt de Mes P@rcelles, service en ligne qui permet de prévoir et d’enregistrer les pratiques agricoles et viticoles, auquel 624 adhérents dans le Bas-Rhin et 268 dans le Haut-Rhin font confiance. Cet outil sécurise les pratiques, permet de tester des mélanges, de vérifier les saisies dans le registre phytosanitaire, ou encore d’actualiser le référentiel phytosanitaire toutes les semaines. « Vos documents sont prêts en cas de contrôle. Enregistrez vos pratiques l’esprit tranquille. Nous assurons leur sauvegarde et garantissons la confidentialité de votre dossier », rappelle l’équipe des techniciens de la CAA.

Ces suivis permettent d’améliorer les performances économiques de l’exploitation, de garantir la traçabilité des pratiques, de suivre l’évolution des coûts de production ou encore d’optimiser la fertilisation. Le tout, avec un service de proximité assuré par des conseillers spécialisés. « Mes P@rcelles intègre vos références locales : types de sol, minéralisation, contraintes réglementaires. C’est un bon outil de gestion des effluents, grâce au suivi du plan d’épandage : le calcul des surfaces épandables se fait par rapport aux tiers, aux cours d’eau présents dans le secteur, à la qualité du travail effectué. En outre, l’outil permet de réaliser sa déclaration Pac avec un export des données vers TelePac. Enfin, en matière de produits phytosanitaires, des alertes se font au moment de la saisie. Cela permet de vérifier votre registre au bon moment », conclut Isabelle Hosfstetter.

Syndicat des maraîchers de Colmar et environs

Pérenniser une activité de proximité et de qualité

Vie professionnelle

Publié le 08/02/2019

Cette concurrence vient de l’étranger et notamment des pays limitrophes, des nouvelles habitudes de consommation, et enfin de nouvelles modes de mise en marché comme les magasins de producteurs, les distributions de paniers ou les ventes en ligne. Il faut aujourd’hui s’adapter et innover pour pérenniser son entreprise. Le maraîchage colmarien n’échappe pas à ce monde en mouvement. « Nous, professionnels, sommes chaque année de moins en moins nombreux, malgré tous nos efforts. Dans ces conditions, l’activité d’un syndicat professionnel comme le nôtre est-elle vraiment encore obligatoire ? », s’interroge le président du syndicat des maraîchers de Colmar et environs, Serge Hanauer. L’année 2019 est en ce sens importante. Elle a débuté avec les élections des Chambres d’agriculture. L’occasion de rappeler que simplement voter permet également de trouver sa place dans le tissu économique local et national. « Ce véritable parlement agricole a vocation à mettre en œuvre toutes actions d’amélioration pour la performance économique, sociale et environnementale des exploitations et des filières agricoles de son territoire. La Chambre d'agriculture est le lien d’accompagnement des agriculteurs dans leurs différentes démarches », rappelle Serge Hanauer.

Des produits de proximité

Il est ensuite revenu sur l’année 2018. Une année compliquée du fait d’une météo capricieuse avec la tempête Elénaor, les orages de mai et de juin, puis la sécheresse de la seconde partie de l’année. « Les pluies importantes et les périodes de fortes chaleurs ont compliqué notre travail au quotidien. La richesse de notre nappe phréatique nous a permis d’irriguer correctement. Mais, il va falloir de la pluie ainsi que de la neige cet hiver pour rétablir le niveau. De leurs côtés, les prix de ventes ont été assez corrects sans fortes productions », observe Serge Hanauer. Il s’agace des prix des produits biologiques tels que les engrais, paillage pour les cultures de salades ou courgettes par exemple. « Mystérieusement, les produits classés en bio sont en vente à un prix avoisinant souvent le double de nos produits conventionnels. Pour autant, restons dans une démarche de production raisonnée et de qualité pour permettre à l’ensemble des consommateurs d’acheter des légumes de proximité et de qualité. Les produits phytosanitaires sont en augmentation. Mais, personne ne précise que ces chiffres sont impactés par la consommation de cuivre dans l’ensemble des productions biologiques et conventionnelles », regrette Serge Hanauer. Comme de nombreux professionnels, il s’inquiète de contraintes administratives et environnementales toujours plus importantes et contraignantes. Cela apporte des distorsions de concurrences avec les voisins européens. C’est le cas pour les prix agricoles, l’utilisation des produits phytosanitaires ou encore le coût de la main d’œuvre. Sans oublier la hausse du prix du pétrole.

Le « bénéfice agricole »

Le syndicat des maraîchers de Colmar et environs travaille en collaboration avec Planète Légumes où sont regroupés tous les techniciens et où sont représentées toutes les cultures. Ce travail en commun permet d’avancer et de se professionnaliser toujours davantage. C’est dans ce cadre que le secrétaire général du syndicat, Denis Hild, a rappelé l’avancée de quelques dossiers importants. Il a notamment évoqué le « bénéfice agricole » avec la mise en place d’un régime transitoire dans le cadre du passage du forfait agricole au régime micro-BA pour l’imposition des revenus de l’année 2016 et de l’année 2017. « Sont concernés par ce régime, l’exploitant agricole dont la moyenne des recettes pour l’ensemble des exploitations est de 82 800 € HT maximum sur trois ans. Ce seuil fait l’objet d’une revalorisation tous les trois ans au regard du barème de l’impôt sur le revenu. La prochaine revalorisation aura lieu en 2019. Pour l’imposition de l’année 2017, le bénéfice imposable est égal à la moyenne du bénéfice forfaitaire agricole de 2015, et des recettes hors taxes de 2016 et de 2017 diminuées d’un abattement de 87 % ». En fin de réunion, le député Eric Straumann, le maire de Colmar Gilbert Meyer et son adjoint et conseiller départemental Yves Hemedinger sont intervenus pour rappeler leur soutien, au quotidien, aux professionnels.

Visite de François de Rugy et d’Emmanuelle Wargon à Volgelsheim

Un projet d’avenir pour le territoire de Fessenheim

Pratique

Publié le 06/02/2019

Ce projet de territoire appelle tout d’abord à un contexte. La centrale nucléaire de Fessenheim a été mise en service en 1977. C’est la plus ancienne des 19 centrales nucléaires françaises. Sa fermeture s’inscrit dans l’un des grands objectifs énergétiques de la France, fixés dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) présentée par le gouvernement en novembre 2018, dans le cadre de la Stratégie française pour le climat et l’énergie. Il s’agit de plafonner à 50 % de nucléaire le mix énergétique français d'ici 2035, en favorisant « le développement des énergies renouvelables ». 

La centrale, depuis quarante ans, a joué un rôle important dans l’économie et la vie du territoire de Fessenheim. Sa fermeture remet donc « profondément en question le modèle économique, environnemental et social sur lequel le développement du territoire s’est appuyé ces dernières décennies », explique le document. La solution avancée par le gouvernement et les acteurs locaux est de faire de Fessenheim « un territoire de référence à l’échelle européenne en matière d’économie bas carbone, une économie reposant sur des filières d’excellence et d’innovation, créatrice d’emplois et de valeur ajoutée, et permettant d’assurer, entre autres la réussite de la nécessaire mutation économique des communes les plus concernées par la fermeture de la centrale », toujours d’après ce document. Parmi les ambitions affichées pour l’avenir, il est évoqué cinq points précis : un parc, baptisé EcoRhena, prévu d’être aménagé sur 220 hectares au nord de Fessenheim pour accueillir des activités industrielles, portuaires et fluviales ; une société d’économie mixte franco-allemande qui doit voir le jour d’ici l’été pour « conduire les projets d’aménagement et de développement économique ». Figurant également parmi les priorités du Traité d’Aix-la-Chapelle, la liaison ferroviaire Colmar-Fribourg, qui a disparu avec la destruction du pont sur le Rhin, en 1945, devrait être rétablie. Enfin, un campus des métiers et qualifications pourrait être implanté à Mulhouse, sur le thème des industries du futur et du numérique.

Panneaux photovoltaïques et méthanisation

Enfin, un appel d’offres dédié au Haut-Rhin vient d’être lancé pour installer 300 mégawatts (MW) de panneaux photovoltaïques (200 MW au sol, 100 MW sur toiture). Le premier dépôt des offres est attendu d’ici le 1er août. « Conformément aux engagements pris lors du comité de pilotage pour l’avenir du territoire de Fessenheim, le gouvernement avait en effet engagé en janvier 2018 un processus de notification auprès de la Commission européenne en vue de lancer un appel d’offres solaires spécifique au Haut-Rhin. La Commission européenne a validé, vendredi 18 janvier, le régime d’aide envisagé, ouvrant la voie au lancement de l’appel d’offres » explique François de Rugy. Limité aux projets situés dans le département du Haut-Rhin, cet appel d’offres doit permettre de développer 200 MW par des centrales au sol, 75 MW par des grandes installations sur toiture et 25 MW par des petites. Un bonus environnemental sera attribué aux centrales au sol qui s’implanteront sur des terrains dégradés. L’appel d’offres se décomposera en trois périodes de candidatures successives avec un premier dépôt des offres attendu dans 6 mois. L’appel d’offres représente un engagement de l’État de 250 M€ au bénéfice du territoire sur une période de 20 ans.
« Le lancement de cet appel d’offres concrétise l’engagement du gouvernement sur la reconversion du territoire de Fessenheim auprès des collectivités. Il permettra de développer une production locale d’électricité à partir d’énergies renouvelables et de lancer la filière du photovoltaïque dans le Haut-Rhin », ajoute François de Rugy. Il a également ouvert d’autres pistes de travail : « La méthanisation est un engagement de revenu stable pour les agriculteurs du secteur qui seront associés aux discussions. » Un message entendu par le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, son directeur Michel Busch, ou encore l’ex-président de la FDSEA du Haut-Rhin et élu de la Chambre d'agriculture Alsace, Denis Nass.

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