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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Chambre d'agriculture Alsace

Un partenariat avec Saint-Louis Agglomération

Vie professionnelle

Publié le 31/01/2019

Dans la région dite des « Trois Frontières », l’agriculture tente de se faire une place au milieu d’un secteur très urbanisé où l’industrie est prédominante. Avec 430 exploitations sur 12 000 hectares (dont 9 000 ha de céréales), la place de l’agriculture est pourtant encore importante sur ce territoire qui connaît la croissance démographique la plus importante de la région Grand Est. Importante, mais en régression constante puisque ces exploitations étaient encore au nombre de 1 400 en 1970. « L’agriculture fait partie intégrante de ce territoire et nous devons favoriser la recherche d’un équilibre entre l’agriculture et les autres composantes du secteur », explique Alain Girny, président de Saint-Louis agglomération. « Nous avons les mêmes préoccupations que les élus, sur la place de l’agriculture et le rôle qu’elle peut jouer », lui a répondu Laurent Wendlinger, président sortant de la Chambre d'agriculture Alsace.

Des produits locaux

« Nous avons choisi plusieurs axes de travail. À commencer par la préservation de la qualité de l’eau en valorisant, par exemple, les filières alternatives aux cultures céréalières. Nous avons également pensé à la lutte contre l’érosion des sols en prenant des mesures d’hydraulique douce comme la plantation de haies ou la réalisation de fascines comme à Buschwiller. Sans oublier la valorisation d’une agriculture locale et de qualité via le développement des circuits courts et le renforcement de la visibilité des produits locaux, le renforcement des liens entre agriculteurs et population, via des manifestations comme les fermes ouvertes, la lutte contre la réduction des exploitations en soutenant l’installation des jeunes agriculteurs. Nous entendons également développer le maraîchage, pourquoi pas par la création d’une pépinière à producteurs, et enfin tirer profit de la proximité de la Suisse comme débouché », assure Pierre Pfendler, maire d’Hagenthal-le-Bas, éleveur, et élu en charge du développement durable à Saint-Louis agglomération. Le marché des producteurs locaux, initié par l’agglomération ludovicienne au pied du pont du Palmrain à Village-Neuf, le mercredi après-midi, est un exemple de ce à quoi aspirent les promoteurs de ce partenariat en faveur de l’agriculture. « Le marché est désormais bien ancré dans le paysage ». se félicite Alain Girny. De nouvelles sont actuellement à l’étude. Ainsi, Saint-Louis Agglomération et la Chambre d’agriculture Alsace vont lancer par ailleurs une étude de faisabilité pour la création, au centre-ville de Saint-Louis, d’un magasin et/ou d’une plateforme de vente de produits locaux, dans le cadre du projet Sud Alsace « Champs du possible ».

Syndicat des éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin

Continuer à faire progresser la Montbéliarde

Élevage

Publié le 29/01/2019

La réunion a permis de revenir sur l’année 2018. « Une année qui a tenu toutes ses promesses pour notre syndicat. La Montbéliarde rassemble. Nous avons organisé de nombreux moments de conviviaux. Et, surtout, nous avons participé à de nombreux concours comme ceux de l’Axone à Montbéliard, à Habsheim ou encore à Besançon. Puisse cette année 2019 être favorable à l’élevage. Nous devons continuer à valoriser la race et à préserver cette fierté d’être éleveur », se félicite le président du syndicat, Jean-Philippe Meyer. Le concours Miss Berceau Pays de Montbéliard a, en effet, vu la participation de 14 vaches Montbéliardes du Haut-Rhin. Le concours des jeunes présentateurs à Habsheim s’est déroulé avec neuf participants. Florian Haennig de Gommersdorf le remportant après une belle présentation. Les adultes, eux, sont venus à Habsheim avec 54 bovins soit une progression de huit vaches. Onze élevages différents étaient représentés. « Là également, nous pouvons être fiers car nous avons su rassembler et promouvoir positivement la race Montbéliarde. Il faudra pérenniser nos activités en 2019 », insiste Jean-Philippe Meyer. Le syndicat des éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin compte ainsi se rendre à une présentation de descendances d’Umotest à Rennes le 6 février, au concours de la race Montbéliarde au Salon de l’agriculture à Paris le 3 mars, à celui de l’Axone à Montbéliard le 30 mars, et évidemment à Habsheim le 27 octobre. « Nous comptons également organiser un voyage en Haute-Savoie du 5 au 7 juin où nous visiterons des élevages du secteur. Il y aura ensuite notre traditionnel méchoui le 11 août et enfin le concours national de la Montbéliarde à Besançon du 13 au 17 novembre », conclut Jean-Philippe Meyer.

L’intérêt de la génomique

Les élevages de Montbéliarde étaient en légère hausse en 2018 par rapport à 2016 et 2017 (36 contre 33 et 34) pour un effectif moyen par exploitation d’environ 63 vaches. Baptiste Mamet, pour l’organisme de sélection de la Montbéliarde, a informé les éleveurs que cinq nouveaux taureaux avaient été attribués (avec des doses à 11 €) : Milton, Mistik, Nestra, Mindino et Minnesota. Quatre nouveaux taureaux sont, eux, disponibles en semences sexées : Nentrino, Noelcerneau, Nefkeu et Nagui. Il a également été rappelé les intérêts de la génomique. Le premier est de connaître le potentiel génétique des animaux dès leur plus jeune âge. Le second est d’optimiser l’accouplement des animaux en ayant les index génomiques dans l’outil. L’OS constate que de plus en plus d’éleveurs génotypent toutes leurs femelles. Cela offre davantage d’efficacité dans la sélection et un niveau moyen d’Isu (Index Synthèse Unique) qui progresse. Ces index génomiques, les éleveurs peuvent désormais les consulter sur un site internet développer par le groupe Umotest par le biais du portail « My Umo » : http://www.myumo.fr

Les éleveurs peuvent y lister leurs femelles du schéma « Umotest » et leurs index, connaître la situation de leurs veaux mâles, connaître la situation de leurs femelles en station. Un outil particulièrement adapté aux éleveurs qui utilisent le service « genumofemelle », et aux éleveurs partenaires d’Umotest qui ont une ou plusieurs génisses en station, et/ou qui ont un ou plusieurs mâles en station. Un outil qui sera encore présenté lors de l’exposition qu’Umotest présentera pour son cinquantième anniversaire le 6 février au parc micropolis de Besançon.

À l’issue de l’assemblée générale, les éleveurs se sont rendus sur l’exploitation de la famille Fridez à Villars-le-Sec, toujours dans le Territoire de Belfort. L’occasion d’admirer les 120 vaches Montbéliardes, dont 90 % sont génotypées.

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

La salers se porte bien !

Élevage

Publié le 24/01/2019

Le président du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers, Nicolas Fady, éleveur à Reiningue, a pour habitude de proposer à ses adhérents une telle journée annuelle. À savoir : la visite d’une exploitation, l’assemblée générale et un repas en commun. La tradition a été respectée. Le lieu choisi étant cette fois atypique car situé dans la commune la plus au sud de l’Alsace, à quelques dizaines de mètres du Territoire de Belfort et de la Franche-Comté. Chavannes-sur-l’Étang était déjà connu pour sa choucrouterie. Il l’est désormais également pour cet élevage. Il a été présenté par l’un des associés, Didier Bezille. « Nous avons de la salers depuis le début des années 2000. La première année, elles étaient originaires du Cantal. Pour agrandir le cheptel, nous avons ressemé des champs en herbe car les vaches ne vont jamais dans la bétaillère », explique l’éleveur. Fort de 22 salers certaines années, le cheptel est ramené en dessous de 17 pour permettre et faciliter le confinement des bêtes dans le bâtiment d’élevage. Il y a également des génisses et des taurillons. La nourriture : de l’enrubannage, du regain, de la farine et des minéraux à raison de 100 grammes par jour et par bête. En outre, l’exploitation consacre 80 hectares de cultures au maïs, au blé, à l’orge et au colza. « Nous sommes ici dans la fameuse trouée de Belfort. Les meilleures années, paradoxalement, sont les années sèches », commente Didier Bezille. Il travaille avec Daniel Barbier, désormais retraité, et la fille de ce dernier. « Nous sommes actuellement dans la période de vêlage. L’activité est donc importante. Elle débute toujours vers le 15 novembre et se poursuit jusqu’au 15 février », conclut l’éleveur qui est double actif.

Qualité de la viande, facilité d’élevage

Les élevages de salers, exclusifs ou non, sont toujours plus nombreux en Alsace comme dans tout l’hexagone. C’est le constat réalisé avec satisfaction lors de l’assemblée générale. Il y a environ 225 000 vaches femelles, dont 25 000 à 30 000 dans l’Est. Une région qui s’intéresse de plus en plus à la salers. Les adhérents sont également de plus en plus nombreux. On les retrouve majoritairement dans le Sud du Pays, tandis que 10 % se trouvent dans l’Est de la France. « On apprécie la salers pour sa viande, mais aussi et surtout pour sa facilité d’élevage. Avec la salers, vous êtes certains de vendre un nombre de veaux conséquent. Les premiers vêlages se font en moyenne à l’âge de 34 mois », observe Nicolas Fady.

Un point a ensuite été réalisé par Michel Lafon pour le Herd Book de la race salers. Il a attiré l’attention des éleveurs sur l’évolution du règlement européen zootechnique qui fixe les règles d’organisation de la génétique animale. Il donne un avantage aux organismes de sélections historiques qui bénéficient d’une clause dite « grand-père ». Par ailleurs, les organismes de sélections agréées sous la réglementation nationale actuelle sont réputés agréées et leur programme de sélection pris en compte à compter du 1er novembre 2018. Dans ces programmes de sélections, on insiste sur la tenue des liens généalogiques, les contrôles de performances, les évaluations génétiques, la publication des évolutions génétiques, les émissions de certificats zootechniques et sur les actions de communication mises en place. Enfin, un travail sur la génomique est actuellement effectué. Il consiste à créer une base « mâle » permettant le génotypage systématique des taureaux à l’inscription. Il consiste également à créer une base « femelle » permettant le génotypage de 250 à 300 femelles par an bien ciblées.

Pour 2019, la promotion de la race salers va se poursuivre. Il faudra profiter, notamment du concours national à Aurillac les 21 et 22 septembre et du traditionnel concours d’Habsheim. « On nous a réservé entre 25 et 30 places. Et il y en a encore. N’hésitez pas à rejoindre les éleveurs déjà présents. Il faut continuer à communiquer et à promouvoir la race. Des jeunes sont là et prennent peu à peu la relève. Cette dynamique doit se pérenniser dans le temps », conclut Nicolas Fady.

FDSEA du Haut-Rhin, cantons de Sierentz et de Saint-Louis

Faire entendre la voix du monde agricole dans les communes

Vie professionnelle

Publié le 24/01/2019

Le président du canton de Sierentz, Alain Rosenblatt, n’a pas caché son agacement devant l’évolution de la politique gouvernementale : « Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, force est de constater que les enjeux agricoles ne sont pas la priorité de l’État français. Nos difficultés demeurent. Et si les prix ne reviennent pas rapidement, je me demande vraiment où nous allons. On nous parle de l’évolution de la politique agricole commune et des nouvelles directives. Or, nous sommes nombreux à ne pas avoir reçu nos paiement des mesures agro-environnementales climatiques. On le répète tous les ans. Et, on nous réponds toujours de la même façon : c’est un problème informatique ! ». Plus localement, il constate qu’avec le développement de la communauté d’agglomération de Saint-Louis, le monde agricole est, là également, souvent oublié. « Les travaux réalisés dans les communes en sont un exemple flagrant. Les chicanes et les rétrécissements de chaussées se multiplient. Avant leur réalisation, le monde agricole n’est que très rarement consulté. Nous avions pourtant signé une charte il y a six ans afin de mieux travailler ensemble. Il est donc urgent de revoir les représentants du Conseil départemental du Haut-Rhin et l’association des maires. Il faut faire remonter ces difficultés », prévient Alain Rosenblatt. Les agriculteurs souhaitent que ces projets routiers se réfléchissent et se réalisent en lien avec eux.

Se rencontrer et échanger

Claude Butsch, président du canton de Huningue, a fait le tour de l’année agricole 2018 : « Une année, une nouvelle fois, atypique avec des mois de mai et de juin où les orages se sont succédés avant une nouvelle sécheresse cet été. Il a donc fallu s’adapter. À nouveau, l’eau a manqué. Un gros problème sur le secteur comme sur bien d’autres. Sans parler des contraintes environnementales auxquelles nous faisons face tant bien que mal », constate l’éleveur. Sur ce point, Denis Nass rappelle que le monde agricole souhaite être un partenaire efficace avec les collectivités et l’État, à travers un contrat de solutions. « Les élections européennes à venir puis les élections municipales en 2020 seront l’occasion de se rencontrer et d’échanger. Nous vous invitons à rejoindre les conseils municipaux pour faire entendre la voix du monde agricole. Nous sommes de moins en moins nombreux. Il est donc important d’être présent, partout », affirme Denis Nass. Avec lui, le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, en a profité pour inviter les agriculteurs présents à s’investir syndicalement, dans les cantons, et dans les différents organismes où le monde agricole se doit d’être présent. Les échanges avec la salle qui ont suivi ont permis d’évoquer les mêmes problématiques qu’à Carspach : le paiement de la PAC, la qualité de l’eau, la directive nitrates ou encore les rapports du monde agricole avec ses riverains.

FDSEA du Haut-Rhin, cantons d’Altkirch et de Dannemarie

La qualité de l’eau au cœur des discussions

Vie professionnelle

Publié le 24/01/2019

Une réunion ouverte par le président du canton d’Altkirch, Laurent Rimelin. « L’année agricole 2018 est en demi-teinte même si, pour notre secteur, on s’en sort relativement bien. Pour autant, les prix ne sont toujours pas à la hauteur. Nos charges explosent. Ce n’est donc pas la grande forme sur nos exploitations. Et, comme si cela ne suffisait pas, nous sommes victimes d’attaques quotidiennes dans les médias. Dans le même temps, on importe en France ce qu’on nous interdit de produire. Nous devons trouver des solutions. Quoi qu’il en soit, nous avons un bilan à défendre. Et nous le faisons, ensemble, lors de ces élections à la Chambre d'agriculture. Allons toutes et tous voter pour défendre nos valeurs, notre métier, notre passion », insiste Laurent Rimelin. Il cède la parole, non pas à Denis Nass, mais à son successeur à la présidence du canton de Dannemarie, Vincent Dietemann. Ce dernier est bien connu dans le Sundgau. Il est le président de la CUMA de la vallée de Traubach et il s’investit au niveau du Grand Est pour Coop de France. « Comme pour la CUMA, je compte travailler en équipe. Il faut poursuivre le travail engagé par Denis Nass. Notre secteur présente toute la richesse de la variété du monde agricole. Nous devons préserver notre typicité, défendre nos valeurs », insiste Vincent Dietemann.

Un message ensuite relayé par le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann. Comme pour les autres réunions, il rappelle le renouvellement en cours dans le monde agricole. Il insiste, une nouvelle fois, sur l’importance et le rôle que doivent jouer les cantons dans le fonctionnement au quotidien du syndicat. « Nous devons toutes et tous être des forces de propositions sur tous les dossiers. La base doit faire remonter les infos, défendre ses points de vue, donner des idées », précise Pascal Wittmann. Des propos ensuite complétés par le directeur de la FDSEA du Haut-Rhin, Michel Busch et par Denis Nass qui a retracé les grandes lignes de sa politique qu’il souhaite continuer à défendre à l’avenir.

C’est quoi un cours d’eau ?

Parmi ces points évoqués, la qualité de l’eau. « Le Sundgau est souvent la cible sur ce dossier. Pour autant, nous œuvrons depuis des années pour travailler différemment, être facilitateur. Cela passe, sur ce sujet comme sur d’autres, par un contrat de solutions. Nous devons évoluer dans nos pratiques. Et nous le faisons dans le respect de nos interlocuteurs. Mais aussi, en lien avec la réalité économique de nos exploitations. Dans ce monde en mutation, n’ayons pas peur de l’avenir. Nous devons continuer à être force de propositions. Nous ne devons pas subir, mais être acteur en continuant d’avancer et en en occupant le terrain », souligne Denis Nass.

Un autre sujet : les cours d’eau. Michel Busch a rappelé les contours d’un arrêté du 8 septembre 2017. Il est désormais nécessaire d’expertiser au plus vite les différents points d’eau situés dans le Haut-Rhin afin de les classer dans trois catégories distinctes. La première concerne le cours d’eau qui se définit selon trois critères cumulatifs : un écoulement d’eau dans un lit naturel à l’origine ; alimenté par une source ; et présentant un débit suffisant la majeure partie de l’année (plus de six mois). La seconde concerne le fossé ZNT. Il s’agit d’un fossé présentant un enjeu environnemental. La troisième est un fossé « simple ». Il s’agit d’un fossé sans enjeu environnemental avec peu ou pas d’eau pendant les périodes de travaux d’entretien.

À quand les paiements ?

La réunion a également permis d’évoquer l’évolution de la politique agricole commune. Mais surtout le retard des paiements. « Sur ce point, nous sommes le moins bon département. Certains attendent ce paiement depuis deux, voire même trois ans. Tous les exploitants qui ont changé d’assolement ont, par exemple, vu leurs dossiers bloqués. Ils sont environ 800 dans ce cas dans le département. À chaque fois, on nous explique que c’est un problème informatique. Nous ne pouvons plus entendre cela. Je m’inquiète pour l’avenir de la manière dont évolue la direction départementale des territoires. Hormis Jean Deffinis qui termine actuellement sa carrière, les autres administratifs ne connaissent plus les agriculteurs. C’est consternant. Mais, surtout, inadmissible », s’emporte Denis Nass.

FDSEA du Haut-Rhin, canton du Jura Alsacien

Communiquer et travailler en proximité

Vie professionnelle

Publié le 17/01/2019

Après avoir fait le tour agricole de l’année 2018, Sébastien Stoessel s’est agacé devant ce qu’il considère être le « centralisme » à la française. « Pendant que localement et régionalement, nous cherchons des solutions de proximité à l’image de notre opération « solidarité paille » avec nos collègues du Doubs, nationalement, on nous oppose des textes et des lois. La ruralité est aujourd’hui la grande oubliée dans tous les débats de l’hexagone. Sur les dossiers agricoles, nous sommes parfois écoutés, jamais entendus. Et c’est la même chose sur des dossiers non-agricoles, comme, par exemple, la maternité d’Altkirch. Tout ne peut pas être qu’une logique de chiffres », observe le président du canton du Jura Alsacien. Puisqu’il est difficile de se faire entendre, il faut faire évoluer l’action syndicale. « Hier, on manifestait sur le prix du lait. Aujourd’hui, comme d’autres sujets, il est mondialisé. Il faut donc s’adapter. Et cela passe par la communication ». Il cite l’exemple des réseaux sociaux utilisés par les opposants du monde agricole contre le glyphosate, les pollutions diverses ou « le lundi sans viande. Pendant ce temps, nous, on regarde, on observe, mais on ne réagit pas vraiment. Il faut donc faire des efforts de communication. Nous savons pourtant être réactifs concernant notre prise sur le foncier. Ce lien est irrationnel. Il nous faut la même réactivité sur les autres sujets », estime Sébastien Stoessel.

« On nous a vendu du rêve »

L’action syndicale passe également par l’engagement. S’il prend du recul au niveau de la Chambre d'agriculture, il demeure actif localement au sein de la FDSEA, mais également au niveau départemental en tant que vice-président en charge des questions liées à l’élevage. D’autres professionnels se sont engagés sur la liste d’union à l’image de Jean-Philippe Meyer, éleveur à Lutter et président départemental du syndicat Montbéliard, et Gilles Schoeffel, éleveur à Bettlach, dans le « collège des coopératives ». Tous les trois incitent leurs collègues agriculteurs à aller voter pour assurer une bonne représentation du monde agricole dans tous les débats. « C’est d’autant plus important que, pour la première fois, avant le mouvement des gilets jaunes, les corps intermédiaires et les syndicats ont été ignorés par le chef de l’État et le gouvernement. Aujourd’hui, on nous parle de grand débat national comme on nous a vendu du rêve avec le Grenelle d’Environnement. Ce pays a un problème : tout se décide à Paris et on n’écoute pas les collectivités locales », constate Sébastien Stoessel.

Denis Nass a expliqué son engagement comme tête de la liste d’union FDSEA + JA + AVA (Lire ci-dessus AG de Schweighouse). Les échanges avec la salle ont souligné les problèmes de dégâts de sangliers récurrents. « Tous ces sujets montrent une nouvelle fois que nous devons mieux communiquer. Déjà entre nous en travaillant de manière transversale. Mais également avec le grand public. Nous devons être présents sur les réseaux sociaux pour défendre nos positions, valoriser nos métiers. Le monde évolue. Nous devons évoluer également. Et cela passe par la communication. Cela passe également par une mobilisation au quotidien. Nous devons être force de propositions et de solutions », conclut Sébastien Stoessel.

FDSEA du Haut-Rhin, canton des collines sous-vosgiennes

L’importance des cantons

Vie professionnelle

Publié le 17/01/2019

Tête de la liste d’union FDSEA+ JA + AVA pour les élections à la Chambre d'agriculture, Denis Nass a démissionné de son poste de président de la FDSEA peu avant les fêtes de Noël. Échanger avec ses collègues agriculteurs et les défendre, c’est son lot quotidien depuis de nombreuses années. À Schweighouse, il a rappelé que le monde agricole n’avait pas attendu la crise des « gilets jaunes » pour défendre la profession et ses professionnels. « Mais, le Président de la République a été sourd à nos attentes et à nos demandes. Il a longtemps ignoré les corps intermédiaires comme notre syndicat. Et pourtant, sans nous toutes et tous, que seraient aujourd’hui les territoires ruraux ? Car, oui, plus que jamais, l’agriculture est une chance. Nous sommes là pour nourrir la population. Grâce à nous, notre société est préservée de la famine », soutient Denis Nass. Il a rappelé sa fierté d’avoir pu servir le monde agricole et de s’investir auprès de femmes et d’hommes qui ont des valeurs.

Il a rappelé ses convictions sans éluder les difficultés. « Nous sommes ici dans un canton qui a souffert des aléas climatiques. Je pense, en premier lieu, à la sécheresse. Nous cherchons des solutions tout comme nous intervenons sur la qualité de l’eau. Nous devons continuer à évoluer et ne pas seulement subir les contraintes administratives. Il faut construire des solutions », ajoute Denis Nass. Concernant les élections à la Chambre d'agriculture, il rappelle que la liste d’union a été profondément renouvelée. « L’avenir vous appartient. Continuons de mutualiser nos actions pour être toujours plus efficaces. Restons à proximité de tous les agriculteurs et viticulteurs. Quoi qu’il en soit, cela a été un plaisir de présider le syndicat même si cela n’a pas toujours été facile », conclut Denis Nass.

« Il faut se prendre en main »

C’est donc Pascal Wittmann, agriculteur à Hochstatt et secrétaire général sortant, qui préside depuis quelques semaines la FDSEA du Haut-Rhin. Il a remercié Denis Nass pour son action, appelé les professionnels à aller voter et donner quelques pistes d’actions pour le syndicat. « Je compte simplement terminer le mandat en cours. Un de mes objectifs est de faciliter la mise en place d’une nouvelle équipe, qu’il y ait une relève. La priorité est de relancer les cantons. Les propositions, les dossiers, les actions doivent venir des cantons. Nous, au sein du conseil d’administration, nous devons être des facilitateurs. Il faut se prendre en main et se structurer », prévient Pascal, Wittmann, qui compte partager les dossiers au conseil d’administration. Et de citer, notamment, René Zimpfer, agriculteur du secteur, en charge du dossier de la chasse.

Dans les mois à venir, les rôles des uns et des autres seront précisés. Il a cependant donné quelques idées de fond : travailler de façon plus régulière et plus soudée au niveau régional, réfléchir à de nouvelles formes de manifestations, s’impliquer sur les réseaux sociaux afin de défendre et de valoriser le monde agricole. « Le canton ne doit pas être un lieu pour seulement râler » conclut Pascal Wittmann qui fait le vœu d’une nouvelle dynamique.

Siegwald matériels

Promouvoir un matériel de qualité et local

Technique

Publié le 24/12/2018

Porte-outil idéal pour le palissage, le tracteur à chenilles Siegwald DMP, équipé d’un moteur Perkins, affiche une puissance de 50 cv. Il possède quatre distributeurs double effets et un distributeur cranté avec un régulateur. Le dévers de la machine est à plus ou moins 20 cm. Il possède une transmission hydrostatique avec frein négatif et, en option, un mât et un relevage avant. Il peut servir à tous types de travaux et s’adapte à tous les vignobles. L’encombrement dans chaque rang est très faible, avec un positionnement du portique double conférant une bonne ergonomie à l’ensemble. La position des palisseuses ou des autres machines à l’intérieur et sous le portique améliore l’équilibre de l’ensemble de l’enjambeur. Le poste de conduite, bas, est à proximité de la tête d’agrafage. La hauteur du siège est adaptée à la grande majorité de travaux. Ce qui apporte plus de sécurité et de visibilité. Le chenillard dispose de deux fixations à l’avant et de deux à l’arrière, pouvant recevoir soit un mât, soit un relevage hydraulique.

Un gain de temps

La démonstration organisée à Pfaffenheim a porté sur son utilisation avec une prétailleuse offrant un gain de temps de 40 %, grâce à une vitesse de travail de 5 à 7 km/h. La prétailleuse s’adapte à tous les mâts. Les différentes hauteurs de coupe sont de 300, 600, 900 et 1 200 mm. En option, des palpers permettent de détecter les piquets, évitant aux utilisateurs de manipuler la prétailleuse manuellement.

Siegwald a également fait la promotion de son porte-outils à écartement hydraulique, d’une largeur de 94 à 134 cm et d’une longueur de 1,30 replié et 1,55 en action. Ses vérins sont équipés de clapets anti-retour. Il y a la possibilité d’adapter des roues de terrage. On y trouve une bride de fixation rollhacke réglable et une bride de fixation bineuse à doigts réglable. L’épaisseur de la structure en métal est de 8 mm. La machine est produite au sein de l’entreprise Siegwald, avec la possibilité d’adapter d’autres accessoires.

À travers ses nouveautés et l’ensemble de sa gamme de matériels viticole, forestier et espaces verts, Siegwald s’inscrit dans sa politique de proximité avec ses clients en leur proposant des produits de qualité, conçus et réalisés localement.

Chambre d'agriculture d’Alsace

L’apprentissage, une formation exemplaire

Pratique

Publié le 22/12/2018

L’apprentissage agricole se porte bien dans le Haut-Rhin. 218 étudiants ont reçu leurs diplômes lors de cette cérémonie traditionnelle. Un diplôme qu’ils ont validé lors de leur formation en apprentissage qui alterne centre de formation d’apprentis et entreprise. Les niveaux de ces diplômes vont du brevet professionnel agricole au BTS agricole dans les filières suivantes : agriculture (élevage et grandes cultures), espaces verts, horticulture, viticulture, vente en animalerie et en jardinerie, dispositif initiation aux métiers par alternance. La cérémonie s’est déroulée en présence d’Yves Jauss, directeur adjoint de la Chambre d'agriculture, Marc Schneider président de l’EPLEFPA « Les sillons de Haute Alsace », Xavier Schaeffer et Gilles Cadieu, respectivement président et directeur du CFA agricole du Haut-Rhin. « Cette cérémonie reste un moment fort, rempli de fierté et de convivialité entre les diplômés, leurs parents, leurs maîtres d’apprentissage et leurs formateurs qui se réjouissent de les retrouver après un cursus qui va d’un à trois ans au sein de leurs établissements. Vous pouvez, toutes et tous, être fiers de ces résultats », s’est félicité Yves Jauss en ouvrant cette cérémonie de remise des diplômes. Un bilan qualifié « d’exceptionnel » par Gilles Cadieu qui souligne que les résultats obtenus dans les quatre diplômes d’apprentissage (CAPA, Bac Pro, BTS, BPA) sont souvent supérieurs aux moyennes nationales. « C’est l’aboutissement de votre travail. Une reconnaissance professionnelle. » Il s’agit même « d’une cuvée exceptionnelle » a souligné Xavier Schaeffer. « Le fruit d’un travail sérieux et soutenu de votre part. La voie de l’apprentissage a de beaux jours devant elle ». Pour sa part, Marc Schneider a rappelé que cette cérémonie était une idée, il y a 17 ans d’Emmanuel Molard et du corps pédagogique du CFA. « Depuis, cette fête est devenue incontournable. Nous avons là, une filière noble, celle de l’apprentissage. Elle permet de trouver sa voie professionnelle grâce à un parcours de formation exemplaire. »

À l’initiative des JA et de la FDSEA du Haut-Rhin

L’agribashing doit cesser !

Vie professionnelle

Publié le 20/12/2018

Organisée au pied levé, cette manifestation se voulait symbolique. « Après les événements de Strasbourg, nous avons renoncé à mener des opérations « coup de poing. On ne voulait pas créer de tensions supplémentaires, ni de soucis. Même si les dossiers compliqués sont très nombreux et mériteraient largement une manif et d’exprimer notre grogne », explique Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin. Pour autant, les professionnels voulaient faire quelque chose, se mobiliser, être visibles. « On tenait à aller à la rencontre du public et discuter avec les gens. Nous voulons montrer que c’est possible de consommer en direct. Nous voulons également dénoncer et stopper ce dénigrement dont nous sommes victimes au quotidien. Cet « agribashing » doit maintenant cesser ! » ajoute Ange Loing, président des JA du Haut-Rhin. Les professionnels ont été entendus. Dès leurs premières prises de contacts avec la municipalité d’Altkirch. Cette dernière leur a réservé un large espace sur la place Xavier Jourdain, devant la Halle au Blé et la patinoire où avait lieu un peu plus tard dans l’après-midi, une démonstration des Scorpions de Mulhouse. « Nous les soutenons. Leurs revendications sont légitimes. Dès qu’ils m’ont contacté, nous leur avons facilité la tâche pour s’installer. Et, ce marché paysan, c’est une bonne idée. Je suis convaincu que le grand public apprécie », réagit le maire d’Altkirch et conseiller départemental, Nicolas Jander.

Consommer local

Mais organiser un marché paysan à quelques jours de Noël n’a pas été simple. « Nous sommes toutes et tous très occupés. Nous vendons nos produits en direct sur nos exploitations ou sur les marchés. Nos emplois du temps respectifs sont bien remplis. Pour autant, il fallait faire cette action. Nous devons nous montrer, expliquer aux gens comment nous travaillons. Nos détracteurs, eux, n’hésitent pas à raconter n’importe quoi sur nous. Il est temps de rétablir la vérité agricole. Je suis heureux de constater que nous sommes nombreux à être présents », se félicite Sébastien Hell, président des JA du Sundgau.

Venus avec quelques tracteurs, les professionnels s’installent et sortent leur marchandise. Des fruits, des légumes, des yaourts, de nombreux produits du terroir. Et du vin chaud. Il est 14 h. Les premiers « clients » arrivent. L’affluence augmente rapidement. « Je suis venu pour soutenir cette action. C’est très compliqué pour eux. Mes beaux-parents sont eux-mêmes agriculteurs. Je connais donc un peu les difficultés du monde agricole. Il était naturel pour moi de venir. Le reste de l’année, je fais mes courses au marché du jeudi matin à Altkirch. Là, je viens d’acheter des œufs, du fromage, des yaourts et une bouteille de vin. Bravo à eux », réagit Bernard Gross domicilié à Hagenbach, un village voisin. Vincent Bondon de Riedisheim est venu spécialement pour soutenir cette action. « J’en ai entendu parler sur les réseaux sociaux. C’est une très bonne façon de se faire entendre et cela encourage les gens à consommer localement. J’explique cela à mes élèves. Je suis professeur d’histoire-géographie à Mulhouse. Il y a quelques années, j’allais consommer dans les grandes surfaces, par facilité. Depuis quelques mois, j’ai décidé de prendre le temps. C’est aussi cela la vraie révolution ». Présent avec son épouse et un couple d’amis, Bernard Raffin, originaire de Strasbourg, est tout d’abord là pour découvrir la forêt enchantée d’Altkirch. Il découvre le marché paysan par hasard. « Je mange local tout au long de l’année. Je partage leurs préoccupations. Ces marchés se multiplient actuellement dans la région de Strasbourg. C’est cela l’avenir ». Les témoignages se multiplient toute l’après-midi jusqu’à ce qu’un épisode pluvieux stoppe l’affluence et la motivation des professionnels.

Léon Cochin, domicilié à Altkirch, reste cependant bouche bée. « Je viens de faire mes achats. J’en ai eu pour 5 €. En temps normal, cela me coûte environ 12 €. Cette différence est incroyable. Elle me fait encore mieux comprendre leurs difficultés ». Des difficultés qui, si elles ne trouvent pas d’échos et de réponses, pourraient à nouveau inciter les professionnels à mener de nouvelles actions dès le mois de janvier.

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