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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Élections Chambre d'agriculture 2019 - Liste FDSEA-JA-AVA

Avançons ensemble !

Vie professionnelle

Publié le 20/12/2018

Un accord de liste commune a officiellement été signé par Denis Nass (FDSEA 68), Ange Loing (JA 68) et Jérôme Bauer (AVA). Le président de l’AVA est à l’initiative de la rédaction de ce document qui scelle l’union pour ces élections, et au-delà. « Ce pacte doit nous permettre de continuer à travailler ensemble afin de défendre les dossiers et d’être solidaires. C’est une avancée considérable. Nous travaillons parfois chacun de nos côtés. Là, nous officialisons ce que nous faisons tout de même régulièrement, tout au long de l’année. Il s’agit d’un mode de fonctionnement de nos trois structures, pour ces élections, mais également sur toute la durée du mandat », plaide Jérôme Bauer. Le travail en commun ne se limite pas au champ d’action de la Chambre d'agriculture. Il s’étend à tous les sujets intéressants potentiellement les adhérents des trois instances concernées. Il s’agit de générer les effets de synergie nécessaire à la défense des intérêts de leurs mandants. « Ce travail collaboratif transversal doit également s’exercer au niveau des relations avec toutes les autres organisations professionnelles agricoles et avec les administrations. Il s’agit de nous tenir régulièrement informés sur tous les dossiers en cours ou en devenir. La fluidité et le caractère sans délai de nos échanges doivent être une priorité », ajoute Denis Nass. Ce même objectif de simplification et de fluidité conduit les trois partenaires à s’entendre sur le fait que les dossiers concernant exclusivement les filières agricoles soient traités directement par la FDSEA et les JA 68. L’AVA apportant alors son soutien aux actions. L’inverse est également vrai sur les dossiers exclusivement viticoles. « Nous devons ce soutien mutuel à l’ensemble de nos adhérents », indiquent les trois présidents.

Un travail en équipe

Denis Nass a précisé les contours des priorités du mandat à venir : l’emploi, la formation, l’environnement, la proximité, un revenu durable, une dynamique d’installation, une cohésion des terroirs, une reconnaissance professionnelle. « Nous voulons de la proximité. Nous voulons que nos actions placent l’humain au centre des débats pour une agriculture et une viticulture dynamiques, performantes, viables et pérennes. Nous voulons associer toutes nos filières et nos forces vives. Nous voulons favoriser le partage du travail bien fait pour cultiver une collaboration interactive, une vraie plus-value pour la ferme du département. Nos métiers sont faits de projets individuels et collectifs. Notre objectif est d’accompagner tous les agriculteurs, tous les viticulteurs », souligne Denis Nass. Il ne cache pas que le suivi de tous les dossiers devient de plus en plus difficile et lourd. C’est dans ce contexte que le travail doit se faire en équipe pour être le plus réactif possible. Et cela nécessite d’être sur le terrain.

« Vivre dignement de notre métier »

Car pour générer de la valeur, les exploitations doivent s’adapter à un contexte en forte évolution. Certaines vont à leur rythme, d’autres vivent davantage de difficultés. « Nous sommes alors là pour les soutenir et les conseiller, en lien avec nos partenaires que sont les banques, les coopératives agricoles, la mutualité sociale agricole. Nos territoires ruraux ont besoin d’une agriculture dynamique et diversifiée. Nos dirigeants parisiens doivent écouter le terroir », prévient Denis Nass.

D’autant plus qu’une génération d’agriculteurs et de viticulteurs part actuellement à la retraite. Il est donc important de transmettre ces patrimoines, de les pérenniser. « Mais, pour y parvenir sereinement, il faut parler positivement du monde agricole, donner envie aux jeunes de s’installer. Il faut également simplifier les démarches administratives. Inciter à l’installation en accompagnant et en favorisant la mise en relation entre les cédants et les repreneurs potentiels. Il faut favoriser l’entraide pour limiter les coûts de l’installation », insiste Ange Loing. C’est dans cet esprit que s’est construite cette liste commune pour ces élections. Toutes les filières sont représentées. Tous les territoires. Toutes les générations. Tous les modes de productions. Avec un profond renouvellement.

« Nous réaffirmons ainsi le rôle essentiel de tous les agriculteurs sur l’ensemble du Haut-Rhin. Nos métiers ont de la valeur. Nous devons l’expliquer et communiquer positivement sur notre façon de faire, sur notre savoir-faire. On parle souvent de ce qui ne va pas. Plus rarement de ce qui va bien. Pourtant, l’agriculture est un modèle de solutions. À nous de l’expliquer. En interne, mais également auprès de la population. Nous devons davantage et mieux communiquer. Mais, en face de nous, la société doit être claire et ne pas nous imposer des contraintes toujours plus importantes. Nous voulons vivre dignement de notre métier », insiste Denis Nass. D’où l’importance d’être bien représenté, d’avoir du poids face aux interlocuteurs du monde agricole. Cela nécessite une mobilisation massive et une forte participation au scrutin. Les votes se feront par correspondance à partir du 7 janvier et sur Internet à partir du 15 janvier. Le scrutin sera clos le 31 janvier. Les résultats seront publiés en février. « Il nous reste désormais à faire la tournée du territoire avec les assemblées générales syndicales. Nous devons expliquer, partager, échanger avec nos collègues agriculteurs et viticulteurs pour construire, ensemble, la politique de ces six prochaines années », conclut Denis Nass.

Se faire entendre

René Zimpfer, éleveur porcin et viticulteur à Soultz, a insisté sur l’importance de la communication : « Nous avons souvent du mal à nous faire entendre et à faire passer nos messages. Le challenge est d’expliquer ce que nous faisons et de le faire accepter par les gens ». Danielle Bras, céréalière à Roggenhouse, confirme : « Il faut être ouvert au plus grand nombre et expliquer. Dans mon village, je m’engage à expliquer mon métier aux écoliers. Nous sommes là pour bien nourrir la société et les gens qui sont autour de nous ». Claude Gebhard, céréalier à Artzenheim, insiste sur la nécessité de travailler avec les collectivités. : « On nous demande le maintien des espaces agricoles. Or, la pression est foncière est importante lorsqu’il s’agit de construire des routes ou des lotissements. Il faut donc faire attention car on aura besoin de l’espace agricole à l’avenir ». Pierre Lammert, propriétaire d’Ensisheim, évoque également cette pression foncière au niveau des plans locaux d’urbanisme. Pour les anciens exploitants, Jacques Stentz de Wettolsheim rappelle que « nous, les retraités, nous sommes une aide précieuse sur les exploitations. Nous voulons également une revalorisation de nos retraites ». Vincent Dietemann, producteur en polyculture élevage à Traubach-le-Bas souligne l’intérêt des sociétés coopératives agricoles (CUMA) : « J’y crois beaucoup. Il faut être ensemble avec les mêmes objectifs. Seul, on va vite. Ensemble, on va plus loin. Mutualiser les coûts, c’est également un moyen de se développer ». Des propos soutenus par Eric Brodhag pour les entreprises agricoles, Serge Hanauer pour le Crédit Agricole, Jean-Luc Galliath pour les caisses d’assurances mutuelles agricoles, Pascal Wittmann céréalier à Hochstatt, Thomas Obrecht pour l’APCO ou encore Patrick Schiffmann vigneron coopérateur à Kaysersberg Vignoble. Des femmes et des hommes qui, à travers leurs valeurs, les pieds sur Terre, entendent accompagner pendant six ans le monde agricole et viticole haut-rhinois.

Techniques Agricoles Muller C à Berrwiller

Des portes ouvertes réussies

Technique

Publié le 12/12/2018

Des travaux dans les vignobles et les vergers en passant par l’aménagement paysager et les applications dans les municipalités, la nouvelle série 5DS TTV de Deutz-Fahr présente un tracteur spécialisé innovant répondant à des exigences maximales grâce à la transmission à variation continue TTV. Le confort de conduite et d’utilisation ainsi qu’un système hydraulique de nouvelle génération permettent une productivité inégalée. Aussi divers que soient les travaux dans les vignobles et les vergers, la série 5DS TTV peut être utilisée et configurée individuellement et de manière flexible.

« C’est un tracteur qui convient parfaitement au vignoble alsacien. Suivant l’application et les tâches, il est possible de configurer des packs d’équipements et des packs hydrauliques qui ont tous un point commun : assister le conducteur pour qu’il puisse pleinement se concentrer sur son travail. Les premiers contacts sont positifs, se félicite Patrick Dodane, responsable régional des ventes et du développement réseau pour le groupe Deutz-Fahr. Techniques Agricoles Muller C à Berrwiller est le premier à le présenter officiellement. Ce concessionnaire marque là son dynamisme et sa volonté d’aller de l’avant. »

Les viticulteurs présents ont pu le découvrir et constater que le poste de conduite a été revisité. « L’objectif était d’améliorer la position d’assise du conducteur. Le nouvel accoudoir multifonctions MaxCom intégré au siège séduit par son joystick ergonomique et une organisation claire des commandes du tracteur. Le bras est confortablement posé sur l’accoudoir multifonctions, à partir duquel peuvent être exécutées toutes les tâches impliquant des outils à l’avant, sur le côté et à l’arrière », explique Patrick Dodane.

Pendant deux jours, les professionnels ont pu profiter de ces portes ouvertes pour découvrir toute la gamme de matériels de la concession spécialisée dans la vente et la réparation de machines agricoles, viticoles et espaces verts.

Armbruster

Conseiller, prévenir, évoluer

Cultures

Publié le 12/12/2018

Les rendez-vous de l’Agritour étaient fixés à Bernolsheim, Niederentzen et Ebersheim. Ces réunions techniques permettent aux techniciens du groupe Armbruster de rappeler les évolutions de la réglementation concernant les produits phytosanitaires, leur application, les résultats obtenus lors de la campagne 2017-2018 pour le maïs et le blé. Une large place a également été consacrée à l’agronutrition et aux Outils d’aide à la décision (OAD) pour la fertilisation du troisième apport sur blé.

Différentes variétés de blés ont été analysées du point de vue du risque mycotoxines, risque limité lorsqu’un traitement est pratiqué. Le « biosoufre » (liquide) à la dose de 3 l/ha, proposé par Armbruster, présente plusieurs avantages pour les céréales. Utilisable en agriculture biologique, il permet une diminution des Indicateurs de fréquence de traitements (IFT) et une flexibilité dans le choix du ou des partenaire(s) de synthèse associé(s). Par ailleurs, il améliore la qualité de pulvérisation. Ce qui sécurise les rendements tout en apportant une réponse technique et sociétale fiable.

Parmi les solutions apportées suite à l’évolution de la réglementation concernant les fongicides, Elatus™ Plus, une nouvelle spécialité à base de Solatenol™, qui permet de lutter efficacement contre les maladies foliaires majeures des céréales. Son efficacité combinée à une distribution uniforme et à une très forte affinité pour les tissus des feuilles lui donnent une longue durée d’action, pour des feuilles vertes plus longtemps et plus de rendement. Cette spécialité peut être considérée comme le nouveau standard technique, avec un spectre d’efficacité complet sur les maladies foliaires majeures des principales céréales, blé, orge, seigle, triticale notamment.

Évolution de la réglementation

Le groupe Armbruster a présenté ses services en matière de fertilisation azotée, en mettant en valeur trois d’entre eux. Le premier, Jubil, mesure la teneur en nitrate du jus de base de tige. N-Pilot, quant à lui, est un réflectomètre portable qui évalue l’état de nutrition azotée des cultures : teneur en chlorophylle du feuillage et quantité de biomasse. Il donne immédiatement un conseil de complément de dose pour le troisième apport. Enfin, le troisième, Cerealia, est une solution innovante pilotant la fertilisation par télédétection. Elle présente de nombreux atouts : une carte d’application à chaque épandage, des résultats techniques optimums, des délais de réponses rapides (deux jours maximum), une compatibilité à toutes les marques de matériels.

L’Agritour a aussi été l’occasion de faire un point sur le maïs. La réglementation évolue, avec l’interdiction des néonicotinoïdes en 2018 et l’arrêt du thirame en 2019. Les agriculteurs ont été rendus attentifs à plusieurs produits : Force 1,5 G avec une utilisation des kits diffuseurs interdit un an sur trois, les restrictions un an sur deux pour Juan, ​​​ Adengo, Xtra et Apicale, et des prospectives avec une réduction des molécules S-métolachlore, TBA, ou encore nicosulfuron. En ce qui concerne les traitements de semences, Premium de Pioneer est un biostimulant qui permet une sélection des meilleurs lots de semences. Resid de Symborg est, lui, un inoculant biologique développé sur des substrats solides pour le recouvrement de graines, qui contient le champignon formateur de mycorhizes Glomus. Il s’applique dans le recouvrement de graines, favorisant une colonisation mycorhizienne intense du système racinaire des plantes, une plus grande croissance radicale, une meilleure absorption de l’eau et des nutriments de la solution du sol. Il accroît la vigueur et le rendement des cultures. Enfin, Acceleron de Dekalb propose trois produits : Maxim Quattro (fongicides), Force 20 CS (insecticide) et B-360 LCO (biostimulant). Les résultats de trois parcelles d’essais situées à Folgensbourg, Uffheim et Wahlenheim ont été présentés, ainsi que les résultats sur les microparcelles situées à Duntzenheim (non irrigué, de la série précoce à demi-précoce) et à Logelheim (irrigué, de la série demi-précoce à tardive). 16 essais en grandes bandes ont également été effectués.

Salon de l’artisanat et des métiers à Fessenheim

Le maïs à l’honneur

Cultures

Publié le 11/12/2018

Lors de cette manifestation ouverte au grand public, un espace agricole a été spécialement aménagé. Il a été animé pendant trois jours par les professionnels de la filière « maïs » en lien avec la Chambre d'agriculture Alsace, la FDSEA 68 et les organismes stockeurs (CAC, Armbruster). Plusieurs animations ont permis au public de découvrir la plante à travers sa production, ses lieux de stockage, sa transformation, son utilisation, ses débouchés et l’innovation qu’elle génère. Un circuit ludique a été mis en place pour les enfants tout comme de nombreuses actions permettant une meilleure connaissance du maïs. « Nous ne savions pas où nous allions en acceptant de participer à ce salon. Nous avons proposé cet espace agricole en le réalisant tous ensemble et en s’assurant un minimum de financement. La seule crainte était la date de la manifestation qui coïncidait avec celle des récoltes. Finalement, tout s’est très bien déroulé. Le public a répondu présent tout comme les bénévoles que je tiens une nouvelle fois à remercier », se félicite Thomas Thuet, qui avait la responsabilité de ce groupe de travail. Devant ses amis rassemblés dans une salle à Blodelsheim pour un repas convivial, il n’a pas caché sa fierté d’avoir pu organiser cette action de communication. « C’était important de bien faire et d’expliquer au public ce secteur d’activité où de nombreuses interrogations demeurent. Pendant ces trois journées, nous avons pu répondre à toutes les questions. Et, surtout, nous avons pu expliquer pourquoi nous irriguons, pourquoi nous utilisons des drones, pourquoi nous cultivons du maïs, pourquoi, parfois, nous travaillons la nuit. À partir du moment où les gens acceptent de nous écouter et d’échanger, ils comprennent davantage et les critiques se font plus rares », ajoute Thomas Thuet.

« Le défi a été relevé »

Un avis que partage Danielle Bras, vice-présidente de la Chambre d'agriculture Alsace. « C’était une évidence de participer à ce salon et de défendre l’agriculture de territoire. Bravo à tous les bénévoles, et notamment à Thomas Thuet, qui a imaginé l’organisation de cet espace. Il était important de défendre l’agriculture par une communication positive. Nous avons pu le faire tous ensemble ». Pour le président du canton de la Hardt de la FDSEA, Jean Goetz, le défi a été relevé. « Il a nécessité un important travail de préparation, mais également de présence sur trois journées. Ce salon est organisé tous les ans. Il fallait donc être là. Nous avons parlé aux gens. Vu tout ce qu’on entend sur le monde agricole dans les médias ou dans la société, il est nécessaire de communiquer. Car, cela devient insupportable. Là, nous avons pu échanger avec le grand public. Cela permet de donner une autre image et de redonner de la fierté aux agriculteurs ». À l’issue de ces interventions, Thomas Thuet a fait défiler quelques diapos sur ces trois journées. « Ces photos sont importantes car elles témoignent de notre belle organisation. Une heure et demie après la fin de la manifestation, nous avions tout rangé. Et, surtout, depuis, nous n’avons eu que des retours positifs. À la profession toute entière de communiquer dans le même sens tout au long de l’année », conclut Thomas Thuet.

ACE Courtage et ACE Patrimoine

Partenaire pour construire, préserver, optimiser, transmettre votre patrimoine pro et privé

Vie professionnelle

Publié le 06/12/2018

Quoi de neuf dans le conseil patrimonial ?

« 2019 nous réserve de belles d’opportunités avec la loi « PACTE » et la nouvelle loi de finance. Il faudra pour nos lecteurs faire le point, à partir de février, pour avoir un peu de recul, sur les textes d’applications, pour éviter des plans sur la comète sans avoir l’application concrète. Ayez toujours en tête, vous chefs d’exploitations, que le point doit être complet de l’entreprise au privé, car les nouvelles mesures vont encore impacter les deux. Attention aux conseils qui ne traiteront que le privé et pas l’entreprise ensemble ».

L’année n’étant pas encore terminée, y a-t-il des points de vigilances particuliers ?

« Oui. L’année 2018 n’est pas forcément l’année où il faut diminuer ses revenus, pour les chefs d’exploitations, de faire des travaux locatifs, sauf si les travaux excédent les revenus fonciers nets majorés de 10 700 €, de faire du « PERP » ou du « Madelin agricole ». Pour les réductions d’impôts, c’est différent, car elles seront remboursées par le Trésor Public en septembre 2019 pour la plupart. Néanmoins, les points rapides ci-dessus ne sont pas une vérité car il faut tenir compte de ce qui a été fait en 2017 pour les mesures fiscales et pour les revenus de ceux que vous avez eus en 2015, 2016 et 2017 pour les chefs d’entreprise. Donc prudence et tournez-vous vers les conseils qui ne vous feront pas une réponse toute faite ».

Et pour le monde financier, bancaire, assurance, apparemment l’année 2018 est une année haute en couleurs d’un point de vue réglementaire.

« Une année avec des évolutions fortes pour augmenter la protection et les informations transmises aux clients par les organismes financiers. Tous les organismes devront transmettre, préalablement à toutes souscriptions, les éléments d’informations sur le produit et laisser le client prendre une décision éclairée. Le client devra connaître la rémunération de l’organisme financier. Je ne parle pas de celle du conseiller qui ne touche pas forcément de commission, mais celle de la banque ou de l’assureur. De plus, il y aura la nécessité de faire un rapport d’adéquation avec le profil du client, son appétence à la « perte », sa connaissance financière, son expérience produit. Il faudra ensuite que l’organisme fasse le point tous les ans sur l’évolution du profil client face aux risques, son horizon, l’évolution de ses objectifs et informer le client de la rémunération perçue par l’organisme sur l’année. Vous pourrez ainsi mesurer si le prix payé est en relation avec le conseil prodigué ou le suivi ».

Pour vous, cela a-t-il un impact ?

« Pas vraiment, car mes clients savent déjà ma rémunération d’honoraires pour « ACE PATRIMOINE », de commissions avec « ACE COURTAGE ». Systématiquement, une lettre de mission, qui détermine le cadre de mon intervention, le délai, le coût, est réalisé ainsi qu’un compte rendu d’adéquation et de mission reprenant les raisons du conseil ou du choix du produit ainsi que ma rémunération. Ces documents sont signés par le client et moi-même. On est main dans la main avec mes clients sur la durée. Je suis responsable moralement, contractuellement, financièrement dans mes conseils quels qu’ils soient ».

Quelles sont les solutions que vous proposez ?

« Je propose du « sur-mesure » avec « ACE COURTAGE » en solutions produits. Je bâtis avec le client le cahier des charges de ce qu’il lui faut et après seulement, je regarde quel produit chez quel fournisseur est le plus adapté. J’ai plus de cinquante partenaires et la liste n’est pas fermée. Pour « ACE Patrimoine », c’est du conseil par de l’accompagnement pour atteindre les objectifs que l’on a défini ensemble. Cela peut concerner l’entreprise et le privé. J’ai l’expérience du terrain dans le conseil depuis 1989 en plus d’avoir autour de moi des ressources humaines techniques de haut niveau avec ACE Compta et ACE Conseil ».

Vous parlez beaucoup de conseils. Pour de nombreux lecteurs, ils ont la sensation d’avoir sûrement tout ce dont ils ont besoin, d’avoir bien étudié la question ?

« Permettez-moi d’avoir un doute. 100 % de mes clients n’avaient auparavant fait le plein des solutions utiles. Ce n’est pas de leur faute car le monde fiscal, civil, est toujours en évolution. Ils le voient bien dans leur métier agricole ou viticole. Cela bouge tout le temps. En patrimonial, c’est pareil. Cherchez le conseil global chez un indépendant qui à une vision à 360 degrés. Cela vous évitera des conseils orientés, parfois de bonne foi, mais avec une vue partielle des solutions. Il y a de bons conseillers bancaires ou d’assurances, mais, ils seront autolimités dans les choix proposés. D’autres sont tellement bons commerciaux qu’ils vont vous mettre le doigt sur le grain de sable d’une proposition, pour proposer ou conforter leur produit bien moins adapté avec des avantages plus faibles ».

Jusqu’où allez-vous dans le cadre de votre accompagnement ?

« Jusqu’à la bonne fin des solutions envisagées en passant par la réunion de famille si besoin pour les donations. Pour moi, il est nécessaire d’éviter les indivisions, les non-décisions et les fausses bonnes idées. J’échange avec mes clients pour se marier, se pacser, changer de contrat de mariage ou encore pour les modalités d’achats de biens immobiliers. J’accompagne mes clients pour boucler la démarche auprès du notaire ou du Trésor Public. Ou encore, lorsque les clients veulent se lancer dans de la défiscalisation par les travaux locatifs. Dans la succession aussi, car il faut prendre du recul au moment d’une disparition car les choix à ce moment-là sont précieux pour le conjoint survivant, les enfants et pour les choix bénéficiaires sur les contrats d’assurance-vie du défunt ».

Qu’aimeriez-vous que nos lecteurs retiennent de cette interview ?

« Trois points essentiels :
- Il y a de conseil pur que lorsqu’il est indépendant et fait par un professionnel connaissant les problématiques entreprises et personnelles. Le monde agricole, je le côtoie depuis 24 ans maintenant.
- Investissez deux heures pour me rencontrer et jauger par vous-même. Néanmoins, attendez 2019. J’ai atteint le seuil gérable de clients. Je vais recruter deux conseillers pour étoffer l’équipe existante : Avis aux conseillers en gestion de patrimoine. Si le conseil est pour vous le cœur de votre métier et que vous avez envie de vous soustraire aux compagnes commerciales, rejoignez-moi.
- Les idées ne sont bonnes que si elles sont partagées, vérifiées, agréées entre vous et des experts. Avec le Groupe ACE, vous retrouvez dans un même lieu toutes les compétences dans un seul but : vous faire avancer dans les meilleures conditions possibles fiscalement, socialement et juridiquement ».

Chambre d'agriculture d’Alsace

« Le budget de la Pac doit être maintenu »

Vie professionnelle

Publié le 05/12/2018

Les difficultés d’approvisionnement en eau et les attentes des versements des aides, notamment en production bio, des trois dernières années, constituent deux sujets de tension. Celui des prix en est un autre, comme l’a rappelé le président de la FDSEA du Bas-Rhin, Franck Sander. « Ils ne sont pas au rendez-vous. C’est d’autant plus pénible qu’à cela s’ajoute cette sécheresse persistante. Il n’y a pas eu de « vraie » pluie dans certaines régions depuis le 1er juin. Ce qui entraîne des difficultés pour effectuer les semis et les labours dans de bonnes conditions. Il faut donc s’adapter en fonction de la réalité du terrain. Réalité qui n’est pas forcément prise en compte dans les discussions concernant la Politique agricole commune. Cela nous inquiète. Il nous faut davantage de réactivité à l’avenir. » Les aléas climatiques risquent de se répéter. L’administration de l’État doit être un facilitateur dans l’avancée des dossiers.

Cette réactivité est également demandée par le secrétaire général de la Chambre d'agriculture, Claude Gebhard, concernant la navigabilité du Rhin pour les échanges commerciaux. Durant cette période compliquée, la filière « maïs » a été présente dans la région pour aider au mieux l’élevage, se félicite le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « Nous devons préserver toutes nos filières et ne pas opposer les unes aux autres. Mais, sans l’élevage, quel aménagement possible pour le territoire ? Il faut des projets partagés. La transition de l’agriculture se fera avec les acteurs du terrain que sont les agriculteurs. Elle passera aussi par l’innovation et des avancées au niveau des énergies renouvelables. L’avenir de la ruralité appartient d’abord à ses acteurs qui doivent être écoutés. » L’agriculture fait face à trois inquiétudes majeures : le Brexit en Grande-Bretagne et ses conséquences sur les échanges commerciaux, le changement climatique que la Pac doit intégrer, la gestion des risques et les moyens pour y faire face.

Dialogue constructif

Dans la filière des volailles, Jean-Michel Schaeffer a salué le travail réalisé avec les distributeurs sur les hausses du coût des matières premières et sur les échanges entre acteurs de la filière. « Nous devons développer de nouvelles « niches » de consommation comme les produits transformés pour les foyers. Cela doit se faire dans la vigilance collective, le dialogue, la confiance avec cette nécessité de sécuriser nos apports locaux. Pour la volaille, c’est le cas même si les charges augmentent à l’image du gaz où les taxes ont été multipliées par trois ces dernières années ». Pour Paul Fritsch de la Coordination Rurale, la solution passe par une régulation des échanges et une Europe forte et solidaire. Christian Schneider, vice-président de la Mutualité sociale agricole d’Alsace, demande une harmonisation du traitement des dossiers par les services de l’État, constatant de grosses différences selon départements.

Dans ce monde en mouvement, il est nécessaire d’anticiper. C’est ce qu’a fait la filière des fruits et légumes, a rappelé le président de l’interprofession, Pierre Lammert. « L’année a été bonne, hormis pour le chou à choucroute et les pommes de terre. Les producteurs ont su se structurer, ensemble, dans le Grand Est. Un contrat de filière les engage avec la Région et des investissements ont été réalisés pour lutter contre les aléas climatiques. » Les élus de la Chambre d'agriculture représentants des syndicats et les salariés ont tous souligné l’importance du dialogue constructif pour favoriser les échanges économiques.

Protéger l’agriculteur, favoriser la production

L’évolution de la Pac et ses premières orientations annoncées, ont fait réagir Dominique Springinsfeld, éleveur à Durmenach. « La première question à se poser est : L’Europe veut-elle encore une agriculture demain ? Ces orientations sont contraires à l’esprit du Traité de Rome de 1957. Cette évolution est logique dans la mesure où ce ne sont pas des décisions politiques qui sont prises, mais administratives. Dans ces conditions, il faut absolument que le politique reprenne le cours de l’évolution de notre vie. » Le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Gérard Lorber, enfonce le clou : « À la base, l’Europe est là pour protéger l’agriculteur et favoriser la production. Aujourd’hui, on est loin de tout cela. On demande une politique unifiée, avec les mêmes règles pour tous. »

Les mesures agroenvironnementales (MAE) signées dès 1993 et 1995 ont été précurseurs, a rappelé Claude Schoeffel. Ces contrats arrivent à échéance en 2020. Il faut donc rapidement négocier les suivants. Enfin, Paul-André Keller s’est inquiété des profonds changements de la filière horticole : « La nouvelle configuration de la Chambre régionale avec 30 % d’élus en moins, risque de poser un problème de représentativité pour les petites filières comme l’horticulture et une perte de proximité des élus face aux agriculteurs. »

En conclusion des débats, le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, a constaté que quelles que soient les appartenances syndicales, les élus agricoles vont dans le même sens. « Il faut continuer de peser. Il y a une réalité, une nécessité : le budget de la Pac doit être maintenu. Il faut sortir de cette technocratie européenne. Demain, il faudra se prendre en main pour éviter pléthore de dispositifs. Et mettre en place une Pac avec des règles partagées au niveau environnemental et sanitaire. Cette politique doit tenir compte des spécificités de notre métier. » Un argumentaire qui a ensuite été voté à l’unanimité sous forme de motion. Une autre a été approuvée. Elle concernait l’impérieuse nécessité d’engager une réflexion pour assurer la navigation sur le Rhin ; les basses eaux récurrentes actuelles ayant de lourdes conséquences économiques pour la filière céréalière.

Chambre d'agriculture Alsace - Laurent Wendlinger

« Nous avons insufflé cette dynamique alsacienne »

Vie professionnelle

Publié le 29/11/2018

Laurent Wendlinger a ouvert cette session en commentant l’actualité. « Le mouvement des gilets jaunes doit alerter les décideurs politiques, doit nous alerter sur un malaise grandissant dans nos campagnes. Le pouvoir d’achat et le revenu constituent la principale préoccupation des citoyens, mais le malaise est plus profond, y compris chez les agriculteurs : manque de reconnaissance, de visibilité pour l’avenir. Les ingrédients sont multiples et il faudra répondre en priorité aux causes de ce malaise et pas uniquement aux conséquences. L’agriculture française a besoin d’un cap. Il faut des perspectives pour redonner confiance, pour que des jeunes continuent de s’installer ».

D’autant plus que les épisodes climatiques, autrefois exceptionnels dans leur gravité, se répètent désormais de plus en plus souvent. L’année 2018 en a été une parfaite illustration. Le bilan, production par production, montre que c’est le monde de l’élevage qui souffre davantage. « La situation est plus compliquée. La sécheresse estivale a pénalisé la production d’herbe et perturbé les ensilages de maïs en quantité et en qualité. Bien souvent le manque de fourrage sur les exploitations a obligé les éleveurs à puiser dans leurs cultures de vente ou à acheter des fourrages et aliments de substitution. L’incidence sur leurs coûts de production sera importante. Ces filières d’élevage doivent être soutenues et accompagnées en priorité pour éviter la décapitalisation et le découragement. Les demandes de classement en calamités agricoles sont en cours pour les prairies pour nos deux départements », indique le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). La demande d’exonération partielle de la Taxe sur le foncier non bâti des prairies est en cours auprès des services de l’État. Par ailleurs, le Conseil régional Grand Est et les Conseils départementaux se sont positionnés favorablement pour accompagner les éleveurs qui ont dû recourir à des achats de fourrages suite à la sécheresse. Le dispositif régional est désormais calé. La CAA s’est engagée à assurer le rôle de « guichet unique » pour aider les éleveurs à monter leur dossier. Les éleveurs concernés doivent se faire connaître et les premiers dossiers pourront être payés dès le début de l’année prochaine.

Se prémunir contre les aléas climatiques

Laurent Wendlinger a insisté sur la nécessité de se prémunir davantage contre ces aléas climatiques. « L’assurance récolte doit évoluer pour devenir une vraie garantie de revenu en cas de coup dur. L’épargne de précaution doit être développée avec une vraie politique fiscale adaptée. L’irrigation constitue aussi une réponse pertinente pour sécuriser les rendements et la qualité de nos productions. Nous devons avoir une politique ambitieuse d’accès à l’eau y compris avec du stockage en l’absence de ressource disponible. Il faudra aussi stocker davantage de fourrages les bonnes années pour puiser dans les réserves quand c’est nécessaire. De nouveaux dispositifs sont en cours de finalisation dans le Plan bâtiment pour aider à investir. » Laurent Wendlinger est néanmoins conscient que ce message ne sera entendu que si les revenus sont au rendez-vous avec des perspectives économiques à moyen et long terme.

D’où son agacement et son inquiétude face aux débats que subit le monde agricole. « L’agriculture vaut mieux que des caricatures ! Nous faisons des efforts depuis de nombreuses années pour améliorer nos pratiques, réduire les fuites de nitrates et l’utilisation de produits phytosanitaires. La CAA s’y emploie au quotidien. Mais aussi toutes les organisations professionnelles et économiques de ce territoire, conscientes de la nécessité de travailler ensemble pour préserver les sols, la qualité de l’eau et l’environnement en général. Oui, nous sommes favorables au développement de techniques alternatives, de l’agriculture biologique. Mais, toutes ces évolutions demandent du temps, des efforts d’adaptation, des moyens d’accompagnement », estime Laurent Wendlinger. Pour réussir, le monde agricole compte sur l’innovation et le numérique. Une nécessité pour faire évoluer positivement tous les modèles agricoles, tous les modes de production, sans opposer les uns aux autres.

Et cela, alors que se prépare la Politique agricole commune de l’après 2020. La baisse du budget, annoncée par la Commission européenne, inquiète. Entre 2018 et 2027, il serait en effet en retrait de plus de 15 % en euros constants sur le premier pilier et de 30 % sur le deuxième pilier. « Nous demandons que ce budget soit maintenu à son niveau actuel pour assurer un revenu correct aux agriculteurs dans le contexte difficile actuel. Le président de la République doit s’engager clairement sur ce sujet si la France veut garder une véritable ambition agricole et envoyer un signal positif aux futures générations d’agriculteurs », poursuit Laurent Wendlinger. En l’état, ce projet n’est donc pas satisfaisant.

Précurseurs en matière de mutualisation

La profession agricole française et alsacienne veut pouvoir œuvrer sur les marchés avec les mêmes règlements et normes que ses concurrents. Les agriculteurs ont donc besoin d’une Europe forte et ouverte pour y parvenir, avec une harmonisation sociale, fiscale et écologique. Cet état d’esprit volontaire et positif a été la philosophie du mandat de Laurent Wendlinger. Il a salué la mémoire de Jean-Paul Bastian et rappelé leur parcours. « Ici, en Alsace, nous avons été des précurseurs en matière de mutualisation des moyens, de régionalisation. Nous avons désormais une des Chambres d’agriculture les plus dynamiques au niveau national. Nous l’avons structurée en temps et en heure. Je suis fier d’avoir pu, avec vous tous, avec l’ensemble de nos cadres et collaborateurs, insuffler cette dynamique alsacienne qui a permis à notre organisation de rester performante malgré des moyens en baisse, d’être plus que jamais au service des agriculteurs et des viticulteurs de notre territoire. Nous avons aussi réussi, pendant ce mandat, à construire une nouvelle Chambre régionale au niveau du Grand Est, avec un réseau de Chambres départementales et interdépartementales garantes de la proximité du terrain. Notre nouvelle région est une grande région agricole. Je formule le vœu que l’agriculture alsacienne, par son dynamisme et sa diversité, en soit un des plus beaux fleurons, fière de ses racines et ouverte sur l’avenir », proposant à la future équipe qui sera élue à la tête de la Chambre d'agriculture de continuer à la faire rayonner, et avec elle, ses filières et ses agriculteurs, sur tout le territoire.

Denis Ramspacher, premier vice-président, a salué l’action du président sortant : « Vous venez d’effectuer cinq mandatures, trente années de présence à la Chambre d'agriculture, dont les trois dernières en tant que président. Vous avez travaillé avec tout le monde en utilisant les compétences des uns et des autres. Bravo et merci ! » Des propos complétés par le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet. « Une page se tourne au terme de cette mandature. Je ne peux que saluer votre sens des responsabilités. Lors de cette session encore, vous regardez loin devant vous avec des débats d’une grande hauteur de vue ». Laurent Wendlinger a conclu son propos en citant Léonard de Vinci : « Ne pas prévoir, c’est déjà gémir », avant d’être chaleureusement applaudi.

Jacoulot Service Plus - Lely Center Les Fontenelles

Au service des éleveurs

Technique

Publié le 28/11/2018

C’est en 1972 que Paul Jacoulot, fils d’agriculteurs, décide, après avoir appris le métier de monteur de machines à traire, de créer son entreprise pour commercialiser, installer et dépanner ces machines. Cette initiative se concrétise rapidement par un succès puisqu’au début des années 80, une quinzaine de salariés travaille pour cette entreprise. En 1987, après avoir effectué une préparation de création d’entreprise et ayant l’idée d’associer la famille, la SARL « Jacoulot Service Plus » est créée. Très vite, l’activité se développe avec la commercialisation de nouveaux produits et son effectif grandit. Au début des années 2000, Paul Jacoulot prend sa retraite et c’est naturellement son épouse Annie qui assure la suite de la gérance. En 2005, Gilles Jacoulot, le fils des créateurs reprend la gérance de la société. En 2009, il décide de créer une nouvelle société franchisée (Lely Center) spécialisée dans l’équipement de robots au service de l’élevage avec comme produit phare le robot de traite. Aujourd’hui, ces deux sociétés complémentaires sont composées de 33 salariés et commercialisent une gamme complète de produits pour l’intérieur de ferme sur l’ensemble de la Franche-Comté et le Haut Rhin. « Nous nous sommes installés à Sausheim sur le site qui appartenait à Sodiaal. Nous y avons notre dépôt de pièces détachées et de produits d’agro fournitures. C’est ce qui nous permet d’avoir une vraie proximité avec les professionnels du département. Nous sommes présents sur le département du Haut-Rhin depuis cinq ans et à Sausheim depuis deux ans. Avec l’arrêt de l’activité de la société Nussbaumer, nous avons été contactés pour prendre la suite, notamment tous les contrats existants. Notre présence depuis quelques années nous permet d’avoir la réactivité nécessaire pour répondre positivement à ces demandes », précise Gilles Jacoulot. Cinq salariés sont présents sur le site de Sausheim. C’est notamment le cas de Philippe Seng, technicien spécialisé frigoriste, Nicolas Bucher et Nicolas Messerlin, techniciens spécialisés pour les appareils de traite, et David Obrist, technicien spécialisé en robotique. Dorian Muller, technicien frigoriste et alimentation vient de rejoindre l'équipe. À l’avenir, l’entreprise compte continuer à répondre à toutes les demandes. « Ce travail de proximité, nous y tenons. Nous sommes là pour toutes les urgences et les dépannages. Nos techniciens sont aptes pour travailler sur toutes les marques qui étaient jusqu’à présent distribuées par l’entreprise Nussbaumer. Nous avons les compétences nécessaires. Nous comptons donc occuper ce terrain avant, de réfléchir à d’autres projets », ajoute Gilles Jacoulot. À noter enfin que les machines à traire proposées par l’entreprise sont produites par la société danoise SAC Christensen. Le personnel Jacoulot était présent lors de la dernière foire de la Sainte-Catherine à Altkirch pour promouvoir ses produits et rencontrer ses clients.

Mois de la bio

L’accompagnement des producteurs

Élevage

Publié le 20/11/2018

La particularité de l’exploitation de Nicolas Fady ? Le choix de la race de son cheptel, tourné vers la Salers. « C’est une rare que j’apprécie tout particulièrement car elle est rustique, docile, laitière et maternelle. Les vêlages sont faciles et la longévité des vaches est longue », explique l’éleveur. Il a un cheptel de quarante mères, ainsi que des brebis et des chevaux en pension. Il cultive des céréales sur quinze hectares, de la luzerne sur dix hectares. L’exploitation compte 80 hectares de prairies.

Le bio, Nicolas Fady y réfléchit depuis longtemps ; il a passé le cap en 2018 en démarrant sa conversion au printemps dernier. Il sera certifié en mai 2020. Nicolas Fady est adhérent à la coopérative agricole de céréales (CAC) qui l’accompagne dans le cadre de la politique de l’entreprise en agriculture biologique. L’objectif est de créer une filière pérenne, durable et rentable pour les adhérents avec une pertinence agronomique. La coopérative est là pour apporter le conseil technique nécessaire et le support logistique. Le tout, dans une démarche de coopération positive et locale. La coopérative propose ses solutions pour son activité « appro » avec sa sélection de semences et la lutte biologique, ses expérimentations ou encore son système de collecte. L’objectif final étant la recherche de la qualité de la récolte et l’anticipation dans les décisions à prendre.

Tendre vers un milieu équilibré

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où la production biologique poursuit sa croissance en France appuyée par une consommation également en hausse dans toutes les filières. En Alsace, 88 élevages en bovin allaitant étaient orientés en bio ou en conversion. Dans le Haut-Rhin, on comptait en 2017, 26 éleveurs avec un cheptel qui dépassait déjà les 500 têtes.

Pour faciliter la croissance, la Chambre d'agriculture d’Alsace mise sur l’accompagnement : « Il s’agit de tendre vers un milieu équilibré (autonomie, respect des cycles naturels, recyclage des matières organiques), de maintenir la fertilité du sol sans engrais chimique de synthèse, de protéger les plantes sans pesticides de synthèse, et de pratiquer un élevage en harmonie avec l’exploitation, respectant le bien-être animal », souligne Sophie Delattre. Le tout, dans le cadre de la réglementation européenne, tant pour les productions végétales qu’animales.

Pour une conversion en élevage bovin, une conversion simultanée (terre et animaux) se fait sur une période de 24 mois. Il y a des étapes administratives à réaliser. Le pôle « conversion bio Alsace » de la Chambre et de l’Opaba est là pour réaliser un accompagnement individualisé, adapté à chaque situation d’exploitation (visite de sensibilisation, approfondissement technique, simulation économique). Un pôle qui est complété par les conseils et le suivi du service « Élevage » de la Chambre d'agriculture. Daniel Renger, conseiller, a présenté les performances techniques en bio et en conventionnel.

Une filière régionale

La filière régionale viandes bio s’organise autour de l’union des éleveurs « Unebio ». Ses racines, ce sont les réseaux de producteurs bio, qui depuis 1995, ont structuré leur filière. Le capital de l’union est détenu par les éleveurs bio à travers les structures actionnaires, proportionnellement aux volumes mis en marché. L’union est gouvernée par des éleveurs.

Cet outil de commercialisation 100 % bio valorise la viande dans les grandes et moyennes surfaces (Unebio est partenaire historique d’Auchan), les boucheries, ou encore les magasins spécialisés. Unebio est ainsi le premier outil de commercialisation des éleveurs bio en France avec un réseau de 2 500 éleveurs et une équipe de professionnels au service de la filière. L’union respecte des règles précises de mise en marché : une planification des bovins, des prix stables dans le temps, définis en commun, en déconnexion avec le marché conventionnel, une régularité de l’approvisionnement et du commerce.

Place Xavier Jourdain et avenue Clémenceau

Le monde agricole au rendez-vous

Pratique

Publié le 20/11/2018

La plus ancienne manifestation agricole d’Alsace reste, malgré le poids des ans, un événement incontournable, même si son caractère rural n’a plus aujourd’hui la même force que dans le passé. On retrouve pourtant toujours, place Xavier Jourdain, les concessionnaires agricoles qui présentent leurs tracteurs et autres engins servant aux travaux pour l’agriculture. Il s’agit d’être présent, d’aller à la rencontre de ses clients, de présenter les dernières nouveautés. En revanche, le marché aux bestiaux lui, a disparu. On retrouve (les meilleures années) quelques éleveurs de chevaux et, avenue Clémenceau, quelques professionnels qui viennent avec leurs lapins, poules, et autres animaux de basse-cour. Sur cette même artère, on trouve également les stands des organisations professionnelles agricoles, de la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin, les laiteries, les organismes stockeurs ou encore différents entrepreneurs et partenaires du monde agricole. Le Paysan du Haut-Rhin est évidemment présent en tenant un stand commun avec Isagri, place Xavier Jourdain. L’occasion de venir à la rencontre du journal et de participer à un jeu qui permet de gagner des lots.

De la communication

« Nous abordons cette journée à Altkirch comme une foire très importante, notamment en matière de communication. Nous nous devons d’être présents ici dans le Sundgau. De telles manifestations sont rares en Alsace. Il y a encore la foire aux vins d’Alsace à Colmar et donc la Sainte Catherine à Altkirch. Nous allons nous installer à l’emplacement habituel par l’intermédiaire du groupe Haag. Nous allons notamment exposer quatre machines. Les classiques pour l’Alsace. Une charrue, un vibroculteur, une déchaumeuse et un combiné de semis. Localement, cette foire est importante car elle nous permet de rencontrer du monde. Des clients, mais également le public agricole de passage qui ne nous est pas encore forcément fidèle. C’est donc l’occasion d’échanger directement », indique Nicolas Soehnlen, inspecteur commercial pour la marque Lemken. Une foire qui arrive dans un contexte économique intéressant. « Commercialement, l’année 2017 a été meilleure que la précédente. Et 2018 est dans la même lignée. Cela reste compliqué, mais les professionnels sont prêts à investir quand c’est nécessaire. Il y a eu, selon les secteurs, de très bonnes récoltes », ajoute Nicolas Soehnlen.

Jean-Philippe Heinrich, gérant des établissements Viron à Dannemarie, veut se raccrocher à la notion de tradition et de fidélité de ses interlocuteurs professionnels dans un contexte toujours difficile. « Malgré les aléas climatiques qui n’ont pas aidé au moral de nos clients, les choix stratégiques de notre distributeur principal de diriger sa politique vers de gros pôles de distribution, et mon appréhension concernant la situation de mes clients éleveurs au vu de leurs stocks de fourrage, l’année 2018 se termine honorablement. C’est une année de retour « à la normale » tant au niveau des rendements malgré les craintes de certains, qu’au niveau des ventes. Nous prenons de plus en plus les meilleures années comme les références et nous en voulons toujours de plus en plus. Ainsi est fait notre système. Tout cela, aux dépens du côté humain des structures. Le monde agricole est en pleine transition. Quoi qu’il en soit, la foire de la Sainte Catherine reste une date incontournable et un lieu d’échanges. Nous sommes donc là pour cette 517e édition pour accueillir nos clients autour d’un vin chaud qui, lui, ne se commande pas d’un simple clic », ajoute avec ironie Jean-Philippe Heinrich. Il compte donc présenter aux professionnels la gamme des marques Amazone, Krone et Rabe, sans oublier les tracteurs qui font depuis de nombreuses années la bonne réputation de l’entreprise.

Cette année encore, les équipes d’Espace Emeraude du groupe Agri Center seront également présentes avec des offres spéciales « Sainte Catherine » sur de nombreux articles à venir découvrir sur leur stand. L’occasion de promouvoir l’action et le dynamisme d’un groupe très ancré dans le Sundgau. Et notamment à Jettingen et à Dannemarie. « La foire de la Sainte Catherine, c’est aussi la sortie de la journée ou même de la semaine. Nous sommes tous très pris dans nos fermes. Cette journée permet, l’espace d’une journée, de changer de la monotonie, de penser à autre chose qu’au travail et de rencontrer du monde. Il est impensable pour moi de manquer ce rendez-vous », réagit Pierre Blind, agriculteur dans le Jura Alsacien.

Tracteurs, chariots télescopiques, animaux

Pour la troisième année consécutive, Euro Agrar, présente dans le Haut-Rhin à Sainte-Croix-en-Plaine et à Muespach-le-Haut, est également fidèle à la foire de la Sainte Catherine. « Une présence qui est logique dans la mesure où la manifestation est très importante dans le Sundgau. Il faut donc être présent. Nous allons exposer le matériel Fendt et Valtra ainsi que Pöttinger », indique Guillaume Koenig. Prudent, il cherche à fidéliser sa clientèle tout en attirant de nouveaux professionnels. « Les années se suivent et ne se ressemblent que très rarement. Il faut donc se démarquer avec des produits de qualité. C’est la philosophie de l’entreprise et son état d’esprit lors de cette manifestation », ajoute Guillaume Koenig.

Depuis trois ans, la société Altodis, dont le siège est à Rixheim, est présente à la foire de la Sainte Catherine. Elle s’intéresse toujours davantage au monde agricole. « Nous proposons notamment des chariots télescopiques. Nous sommes concessionnaires et revendeurs de matériel pour la manutention avec la marque Toyota, pour le BTP avec Kubota et pour le BTP agricole avec Merlo. Dans le Haut-Rhin, la marque propose des chariots télescopiques qui conviennent parfaitement aux exploitations agricoles. Leurs efforts ont abouti à la création de chariots télescopiques compacts et faciles à manipuler, qui offrent des performances d’exploitation, un confort, une efficacité et une sécurité sans égal » indique Julie Wehrlen, responsable marketing et communication chez Altodis. L’entreprise propose en effet une large gamme de chariots télescopiques et rotatifs Merlo en Alsace et en Franche-Comté. « Nous proposons des gammes de capacité de 2.5 à 12 tonnes avec des hauteurs de levée de 6 à 26 m avec de nombreux accessoires leur permettant de s’adapter à leur métier quel que soit votre secteur d’activité ; treuil, nacelle, fourche. Nous travaillons également avec le matériel de la marque Liebherr. Enfin, nous avons un matériel d’occasion très important et la possibilité d’achat de pièce à notre magasin à Rixheim », ajoute Julie Wehrlen.

Côté animaux, trois fidèles de la foire devraient à nouveau être présents. Il s’agit de Christian Pétrier et d’Odile et Gérard Mayoud, éleveurs de lapins et de volailles. Le premier, vient chaque année de Chambéry avec toute sa ménagerie : poules, oies, canards, lapins, mini-poneys, chèvres toy, lamas, ânes et chevaux. « L’année passée, les contacts avaient été excellents et j’avais réalisé quelques ventes. C’est une foire très intéressante », se félicite Christian Pétrier. De leur côté, Odile et Gérard Mayoud font la route depuis Saint-Laurent-de-Chamousset, dans le Rhône. « L’an passé, c’était la première fois que nous venions à Altkirch avec 70 poules et une centaine de rongeurs. L’accueil a été très positif. À l’exception d’un couple de passants venu s’inquiéter de la santé des animaux. Pour le reste, nous sommes ravis de pouvoir expliquer notre métier qui est notre passion. Nous nous réjouissons de revenir à Altkirch », conclut Gérard Mayoud.

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