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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Chambre d'agriculture d’Alsace

La ferme-auberge du futur

Élevage

Publié le 19/11/2018

La Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) réalise une étude sur la ferme-auberge du futur pour Alsace Destination Tourisme (ADT) grâce à l’appui du commissariat du Massif des Vosges. Elle concerne 56 fermes-auberges situées sur trois départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin et Vosges) qui adhèrent à des chartes ou cahiers des charges (Bienvenue à la ferme, Association des fermes-auberges du Haut-Rhin et Gîtes de France du Bas-Rhin). Dans ce cadre, trois réunions de créativité ont été organisées au chalet du Champ du Feu à Belmont, à la Maison de la montagne à La Bresse et à la ferme-auberge du Grand Ballon, auxquelles ont participé des membres du comité de pilotage et des acteurs du territoire : fermiers-aubergistes, conseillers régionaux et départementaux, élus locaux, représentant d’offices de tourisme, du parc naturel régional, techniciens.

« Nous avons sollicité l’université de Savoie Mont-Blanc pour établir un partenariat. Les étudiants ont donc animé les trois réunions. Cet exercice leur permet de mettre en pratique ce qu’ils étudient en cours et d’avoir une expérience concrète en situation professionnelle. Ils viennent de différentes régions et ont des profils complémentaires puisqu’ils sont issus du monde agricole, environnemental ou du tourisme. Ces thèmes sont précisément le fil conducteur des problématiques des territoires de montagne », explique Noémie Bureth, qui pilote l’équipe de travail de la CAA. « Ces rendez-vous ont permis aux participants d’avoir un large aperçu de la réalité que nous vivons dans nos fermes et nos auberges, précise Serge Sifferlen, président de l’Association des fermes-auberges du Haut-Rhin, qui a assisté aux trois rencontres. À chaque fois, les produits de la ferme ont été mis en évidence. À chaque fois également, nous avons pu mieux comprendre les problèmes d’accessibilité aux différents lieux, mais également les thématiques liées à la signalétique, au haut débit, à la ressource en eau, à la nature. »

Des changements de comportement chez les clients

Les groupes de travail ont participé à des ateliers créatifs sur la tradition et la modernité de la ferme-auberge. Les professionnels ont notamment insisté sur la nécessité de préserver ces exploitations familiales, de garder les menus traditionnels proposés, d’assurer la pérennité des circuits courts avec une transformation à la ferme, et de faire le lien avec les consommateurs. Ce qui n’empêche pas d’évoluer et de proposer de nouvelles recettes pour les repas, d’utiliser la modernité technologique par le biais des réseaux sociaux, des sites internet ou du haut débit. Dans tous les cas, il y a la nécessité de garder une agriculture adaptée à son milieu, avec des pratiques agricoles de proximité et pérennes, sans course à la productivité. Les fermiers-aubergistes observent un changement de comportement de leurs clients, de plus en plus curieux et ayant de nouvelles demandes. Il faut savoir les écouter, tout en cherchant à maintenir une offre de qualité.

Les étudiants ont proposé aux participants de réfléchir aux potentiels de vente et aux différents profils de clients. Les professionnels constatent que les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Il faut donc être à l’écoute, maintenir une large offre, tout en la faisant évoluer afin de séduire le plus grand nombre. Mais une chose est sûre : le concept de ferme-auberge en Alsace, c'est le reflet de l’identité du massif des Vosges, c’est un attrait touristique qui se démarque des autres régions de l’hexagone.

Jeudi 22 novembre à Altkirch

La 517e foire Sainte-Catherine

Pratique

Publié le 19/11/2018

Les quelques jours précédents, les agents municipaux de la capitale du Sundgau ont préparé les lieux. Avec de la peinture blanche, ils ont numéroté au sol des rues concernées par les futurs espaces pour les stands. « Ce travail est une nécessité pour que tout le monde puisse identifier clairement son emplacement. Nous le complétons deux jours avant, avec la mise en place aux entrées de ville des axes de circulation et les différentes zones. Dans le même temps, nous avons envoyé aux marchands annoncés la confirmation de leur réservation avec le numéro et leur place. Tout est en ordre », indique Didier Lemaire, adjoint au maire d’Altkirch, chargé de la sécurité et l’organisation de la manifestation. Lundi 12 novembre, plus de 370 marchands avaient ainsi déjà réservé leur emplacement. C’est une affluence qui se situe dans la moyenne de ces dernières années. « Généralement, ils sont encore une bonne cinquantaine à nous contacter la semaine qui précède la Sainte Catherine et encore une vingtaine qui arrivent le matin même. Nous allons occuper les artères du grand centre-ville. Comme d’habitude, deux rues, la rue du 7 Août et la rue de France sont réservées aux derniers arrivants. Nous essayons de satisfaire tout le monde », ajoute Didier Lemaire. Les services municipaux sont fortement mobilisés. « Ce sont 40 agents qui sont présents tout au long de la journée pour s’occuper de différentes missions allant du placement des marchands à la sécurité en passant par le paiement des emplacements ou la communication. Il y aura également trente agents de sécurité qui assureront la tranquillité des accès aux différentes entrées de la foire. Enfin, pendant la journée, on reproduira comme l’an passé, le passage d’un camion de pompiers. Un essai qui doit nous servir en cas de véritable alerte », conclut Didier Lemaire. Comme tous les ans, les vendeurs de vêtements vont se mélanger avec des artisans de la région, des commerçants locaux, des fidèles des marchés du jeudi matin et du samedi matin, et les nombreuses associations locales. « Pour nous, être présent est une nécessité. Pour notre budget évidemment, mais également pour nous faire connaître et rencontrer notre public. Les différents bénévoles issus des équipes du club se relaient toute la journée », précise le président de l’US Altkirch handball, David Ferrafiat. L’association propose cafés, sandwichs et autres bières ou vins chauds aux gens de passage. Un peu plus loin, dans la salle de la Halle au Blé, l’association Altkirch Accueil Loisirs est également fidèle au rendez-vous. « Nous proposons la très appréciée soupe aux lentilles dont nos cuisiniers gardent avec fierté la recette secrète. Nous servons tous les ans plusieurs centaines de repas. C’est un lieu de rencontre attendu et apprécié. Nous complétons ce repas par la vente de boissons et de pâtisseries une bonne partie de la journée », se félicite le président de l’association, Eugène Mambré.

Des lieux incontournables

Pour certains commerces, la foire de la Sainte Catherine est également une nouvelle occasion de rappeler les évolutions récentes. Deux lieux de restauration ont changé de propriétaires au cœur de la ville d’Altkirch. Ils sont bien évidemment ouverts ce jeudi 22 novembre. Chez Brunisso, route de Carspach, est le premier exemple. La très ancienne auberge et hôtel de « l’Agneau d’Or » datant d’avant les années 1900 était passée de main en main au siècle dernier. Elle avait évolué dans les années 1960 avec Umberto Brunisso et son épouse qui l’avaient transformée en restaurant italien et gagné une certaine renommée. En 1999, Serge Beck avait repris les rênes de la maison. Il avait gardé le nom de l’établissement, rajeuni la carte et élargi la gamme des pizzas. De 1999 à 2018, Serge Beck et son équipe étaient devenus les incontournables d’après ciné ou d’après match. Sabrina et Sulyman Kahraman ne souhaitent surtout pas changer d’un iota la philosophie de l’établissement. « Toute l’équipe en place a été reconduite dans son intégralité. La capacité de la salle est de 84 couverts. La décoration de la salle a été rafraîchie et va continuer à gagner en luminosité. Des lampes chauffantes ont été installées en terrasse pour gagner en confort en fin de soirée en été. Comme pour toutes les Sainte Catherine, différents services seront assurés midi et soir pour le public qui aura marché dans les rues d’Altkirch toute cette journée », assure Sulyman Kahraman. Un peu plus haut, rue Jean-Jacques Henner, l’ex « L’Oasis » vient de se transformer en « Reïna Bar Restaurant ». Une carte traditionnelle pour déjeuner et dîner, ou simplement pour boire un verre entre amis dans un lieu modernisé et chaleureux doit maintenant séduire une clientèle de centre-ville. Ce jeudi 22 novembre, l’établissement est ouvert toute la journée. En poursuivant son tour de foire, le marcheur se retrouvera au début de la rue du Château. Peu après la mairie, on trouve « Black and Tea ». Là, il est possible de découvrir toutes les saveurs des thés du monde au travers de 158 variétés de thé Dammann : thé noir, vert, blanc, parfumé et au Jasmin. Ces thés d’exception de marque française vous garantissent une qualité exceptionnelle. Disponibles en vrac, boîte métal, sachet cristal ou en coffret, ils offrent une idée de cadeau idéale qui ravira les amateurs de thé. En accessoire, il est possible de trouver la boule à thé, la cuillère à thé, le filtre ou l’infuseur qu’il vous faut. Sans oublier une sélection d’infusions ainsi que quinze cafés. Lors de la foire de la Sainte Catherine, le commerce propose des calendriers de l’Avent pour offrir chaque jour du 1er décembre jusqu’au soir de Noël un thé ou un mélange parfumé à savourer. Il est ainsi possible de découvrir un assortiment de 24 sachets « Cristal® » de thés, tisanes, et autres carcadets parfumés dont neuf nouvelles saveurs à découvrir. Enfin, que serait la foire Ste Catherine, sans ses marchands et ses démonstrateurs de produits « extraordinaires » ou « uniques » qui confèrent également un charme particulier à la manifestation.

Laura Schoepfer

« Ravie de participer »

Élevage

Publié le 26/10/2018

Scolarisée à Vesoul où elle effectue un BTS « production animale », Laura Schoepfer, 18 ans, baigne dans le monde agricole depuis déjà quelques années. « Depuis que je suis toute petite, j’aime les animaux. En classe de seconde, je me suis orientée vers une formation agricole tournée vers l’élevage. Je suis actuellement en première année. À l’issue de mon BTS, j’envisage d’effectuer une licence en génétique. Mon objectif est de devenir inséminatrice », explique la jeune femme.

Une expérience positive

Quand elle ne se trouve pas à Vesoul, elle rejoint le Gaec Biechlin à Muespach où elle effectue les travaux du quotidien en tant qu’apprentie. Une belle expérience. « C’est le début de ma carrière professionnelle. Les études me permettent de me former. Le travail à la ferme complète cette formation pour mettre en pratique ces acquis. Sur un élevage, on apprend à gérer un cheptel », assure Laura Schoepfer. Curieuse de nature, elle s’est naturellement dirigée vers l’école des jeunes présentateurs animée, notamment, par le syndicat de la race Montbéliarde que préside Jean-Philippe Meyer. Les débuts ont été difficiles : « J’ai beaucoup appris l’année passée. Mais, ma première participation à Habsheim a été compliquée. J’étais stressée et ma génisse était en chaleur. Donc, ce n’était pas évident. Et quand on n’est pas calme, la génisse le ressent », ironise Laura Schoepfer. Elle n’était cependant pas déçue. Au contraire, cela a été une nouvelle expérience positive, une première participation importante.

Cette année, elle revient à Habsheim et s’entraîne le plus souvent possible. Généralement, à l’heure du déjeuner quand c’est un peu plus calme à la ferme. « Je me sens davantage prête que l’année passée. Au départ, je m’entraînais avec quatre génisses. Là, il en reste encore deux. C’est Yannick Biechlin qui va m’aider à choisir la génisse que je vais présenter. Je suis ravie de retourner à Habsheim. C’est un concours important. Tous les éleveurs sont présents. La race Montbéliarde est bien représentée. Elle est valorisée. Et puis, c’est nécessaire que cette manifestation attire le grand public afin qu’il voie la réalité du monde agricole », conclut Laura Schoepfer.

Maxime Springinsfeld

« Une fierté d’être présent »

Élevage

Publié le 26/10/2018

Âgé de 27 ans, il ne cache pas son enthousiasme quand on lui parle de la race Montbéliarde. Son cheptel à Durmenach, environ 90 vaches, est 100 % Montbéliard. Et depuis toujours. Pas un instant, il imagine faire un changement à l’avenir. « La Montbéliarde est une race mixte. On peut faire du lait de qualité. On arrive aussi à bien valoriser la viande. Que ce soit en génisse ou en vache de réforme. Et, économiquement, c’est un bon compromis car les Montbéliardes sont des vaches solides avec une certaine rusticité », explique Maxime Springinsfeld. Cette passion, il va la partager lors du concours de Habsheim.

Le travail d’une année présenté

Maxime Springinsfeld est un habitué des lieux. « Je dois en être à ma dixième participation. J’ai commencé quand j’étais encore en classe de seconde. J’aime bien les concours. Au départ, je suivais mon père lui-même passionné. J’ai pris la suite. C’est une fierté de pouvoir présenter ses animaux. C’est le travail de toute une année que l’on présente au public », ajoute le jeune éleveur. Comme tous les ans, il compte se rendre à Habsheim avec deux génisses et six vaches. Parmi elles, la prénommée « Lancette » présentée en premier veau et qui a déjà participé au concours de l’Axone à Montbéliard en avril dernier. Elle avait terminé quatrième de section. « C’est une de mes meilleures vaches. Elle répond à mes attentes. C’est une grande vache, solide, avec une très bonne mamelle. Elle est née le 28 mars 2015. Tout va dépendre des attentes des juges sur place et du concours en lui-même. Il faut pouvoir l’amener le bon jour au bon moment. Différents paramètres rentrent en compte pour réussir », assure Maxime Springinsfeld. Depuis quelques jours, il apprend aux candidates à marcher au licol et à lever la tête. Ensuite, il s’agira de bien les tondre et de les laver. Tout cela nécessite du temps. Environ deux heures de travail par jour. « Je le fais toujours après la traite de la soirée, quand le boulot est terminé », précise l’éleveur.

Maxime Springinsfeld est un passionné qui cherche avant tout à participer plutôt que de décrocher un titre. Il en a pourtant remporté. Il y a cinq ans, « Alsace » avait ainsi été désignée « grande championne adulte ». Depuis, sa fille et sa petite fille ont également été présentées sur le ring du concours de Habsheim. Une manifestation à laquelle il est attaché : « C’est le dernier grand concours dans le Haut-Rhin. Il faut préserver cet événement. Il permet également de rencontrer les autres éleveurs et surtout le grand public. Nous devons communiquer et expliquer notre métier, les réalités de l’élevage et de l’agriculture. Les médias nationaux racontent parfois n’importe quoi. Il est temps de rappeler ce qu’est la réalité agricole alors que nous vivons des moments difficiles ». Il pense notamment aux conditions météorologiques et à l’absence de pluie depuis la fin du mois de juin. « C’est d’autant plus inquiétant que les semis de blé arrivent et que nous sortons d’une année difficile. Nous venons d’entamer les stocks de paille et d’enrubannés. Il y a en moitié moins que d’habitude. À ce rythme, il va falloir en acheter ou alors vendre des génisses. Ce n’est pas simple », conclut Maxime Springinsfeld. À noter qu’à Habsheim, il animera également la partie Montbéliarde du concours des jeunes présentateurs où huit participants sont annoncés. Une bonne école de formation qui vise à préparer l’avenir.

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Promouvoir une expression libre et créative

Vigne

Publié le 19/10/2018

La première édition avait connu une belle réussite. Elle a donc été renouvelée. Le concept est simple. Les jeunes vignerons sont réunis dans une même salle (à l’hôtel Val Vignes à Saint-Hippolyte), placés par ordre alphabétique. Sur une table, un document présente le domaine avec une photo du vigneron. Juste à côté, des vins avec cinq formules. Et les viticulteurs attendent les visites des professionnels. La dégustation et les échanges se déroulent simplement et dans la convivialité. « Les jeunes vigneron (ne) ont tous (toutes) moins de 35 ans ou moins de 10 ans d’installation. Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace se charge de la logistique. Chaque vigneron est là avec ses vins. Nous avons envoyé pas moins de 800 courriers aux restaurateurs alsaciens. Nous avons également convié des sommeliers, des étudiants des CFA de Colmar et d’Illkirch et les chefs étoilés d’Alsace », explique Alain Renou, directeur du Synvira. Une aide bienvenue qui doit permettre aux jeunes vignerons de trouver de nouveaux débouchés, d’organiser leurs contacts et de mettre en place leurs futures ventes de vins d’Alsace.

L’un des premiers à avoir répondu présent est Michel Husser, président de l’association des Étoiles d’Alsace depuis septembre 2017. « Je suis venu pour une première prise de contact. Nous sommes en relation tout au long de l’année. Les jeunes vignerons accompagnent les chefs étoilés avec la « formule jeunes ». C’est avec cet état d’esprit que je suis venu faire de nouvelles rencontres, découvrir des vins et enfin faire ma sélection. Chaque vigneron a son propre style. Je fais donc mon travail. Tout au long de l’année, nous avons tous de moins en moins de temps. Cette journée est idéale pour le prendre, et discuter entre passionnés. Je viens de déguster un pinot gris de Denis Hebinger. C’est une première belle découverte », assure Michel Husser.

Priorité au collectif

Denis Hebinger, jeune vigneron d’Eguisheim, se définit comme le responsable et/ou le porte-parole des jeunes vignerons indépendants d’Alsace, structure informelle. « Notre force, notre état d’esprit, c’est le collectif », précise-t-il. Avec d’autres, il a été à l’initiative de ce groupe, fondé il y a deux ans et demi. « Nous sommes là pour défendre les vins d’Alsace et de terroir, nés d'une agriculture raisonnée. Nous sommes quasiment tous en production biologique, en conversion ou en biodynamie. Nous assumons des vins à petits rendements avec une maturité un peu poussée. Notre objectif est de faire des vins secs car nous estimons que les vins d’Alsace doivent refléter leurs terroirs qui sont divers. Nous assumons pleinement cette extrême diversité qui s’exprime par les cépages, mais aussi par les terroirs. Enfin, notre groupe s’oppose aux VCI et au projet d’irrigation ». Il donne en exemple sa propre bouteille où cépage et terroir sont mis en avant sur l’étiquette de la même façon.

Il se félicite de la réussite de cette dégustation depuis deux ans. « Ce partenariat avec les chefs étoilés est une excellente chose. C’est pertinent que les vins des jeunes vignerons soient mis en valeur auprès de nos futurs clients. Pour nous, c’est une passerelle intéressante pour l’avenir. Nous sommes là pour valoriser notre image et proposer des vins de qualité », ajoute Denis Hebinger.

Un travail précis

Les jeunes vignerons présents sont originaires de toute la route des vins d’Alsace : de Westhoffen à Soultz en passant par Mittelwihr. C’est dans cette commune viticole que Laurent Scheidecker, 28 ans, est installé sur le domaine familial depuis 2014. « Il est important de participer à une telle manifestation pour promouvoir les vins d’Alsace et faire connaître nos vins aux professionnels. Les vins que je présente sont réalisés après un travail très précis. Plutôt qu’un désherbage total des vignes, je préfère l’alternance du labour et de l’enherbement des rangs. De telles pratiques culturales obligent la vigne à plonger ses racines plus profondément dans le sol et, par conséquent, à exprimer au mieux la complexité du terroir. Ce terroir que l’on retrouve dans les vins présentés ». Il propose un riesling Grand Cru Mandelberg 2016 sec : « Il représente parfaitement l’image de Mittelwihr avec son climat particulier », assure-t-il. À côté, un muscat Grand Cru Froehn 2017 de Zellenberg : « Je veux montrer qu’un muscat travaillé peut exprimer la typicité du cépage et la puissance du terroir », complète le jeune vigneron qui insiste enfin sur son rouge. « Il s’agit d’un pinot noir Rouge d’Alsace 2016 sec. Le rouge est en plein essor dans la région. De tels vins ont leur place dans la gastronomie française », conclut Laurent Scheidecker.

Cette journée réussie sera complétée par deux dégustations pour le grand public, qui se dérouleront le jeudi 25 octobre aux Catherinettes à Colmar et le jeudi 15 novembre à l’hôtel du département à Strasbourg.

Coulées de boue

Prévenir les risques

Vie professionnelle

Publié le 19/10/2018

Ces dernières années, de plus en plus de phénomènes climatiques inhabituels, à l’origine d’inondations et de coulées de boue, sont à déplorer dans la région. « Cette réunion est l’occasion de pouvoir échanger autour des retours d’expérience sur la gestion des coulées de boue en Alsace. Le Conseil départemental du Haut-Rhin a alloué cet été un fonds exceptionnel de 2,10 M€ aux communes et groupements de collectivités touchées par les intempéries de mai et juin dernier. Ce fonds permettra de les aider dans la réalisation de bassins d’orage ou dans la réparation des infrastructures routières et ouvrages d’art fortement endommagés », explique Michel Habig. Près d’une centaine de personnes, maires et adjoints du Sundgau ainsi que des élus des com-com Sundgau et Sud Alsace Largue et de Saint-Louis agglomération, ont participé à cette rencontre qui a duré plus de trois heures, animée par Michel Habig, mais également par Georges Walter, directeur général des services au Conseil départemental du Haut-Rhin, par Paul Van Dijk de la Chambre régionale d'agriculture Grand Est et différents techniciens.

Les orages restent (encore) exceptionnels, mais les événements qu’ils déclenchent sont très intenses. Pendant l’orage du 4 juin, un cumul d’eau de 80 mm/h a été observé avec une crue centennale entre Mulhouse et Belfort touchant de nombreuses communes. Le 5 juin, Burnhaupt a eu plus de 80 mm/h d’eau, et le 12 juin, Obermorschwiller dans le Sundgau a eu plus de 70 mm/h d’eau. Ces orages génèrent des coulées de boues et des inondations. De façon générale, c’est l’ensemble du bassin Rhin-Meuse qui a été touché lors de cette période. « Le constat est là : ces dernières années, on a vécu de plus en plus de phénomènes climatiques inhabituels, à l’origine d’inondations et de coulées de boue. Selon les statistiques que nous avions, le secteur de Burnhaupt a essuyé quatre orages centennaux en trois ans. C’était inimaginable, mais c’est arrivé ! Depuis, nous avons changé nos chiffres. Il n’y a aucune solution miraculeuse qui résoudra tous les problèmes, mais un patchwork de réponses à apporter tous ensemble », précise Georges Walter, directeur général des services au Conseil départemental du Haut-Rhin.

Une vulnérabilité accrue des territoires

Historiquement, selon un rapport scientifique présenté par Dominique Schwartz, chercheur à l’université de Strasbourg, les coulées de boue ont toujours existé dans le Sundgau. Les sols de ce secteur se sont toujours montrés sensibles à l’érosion et la vallée de la Largue reste la zone la plus fragile. Il cite plusieurs exemples. Celui de la commune d’Illfurth avec une érosion précoce dès le VIIIe siècle. « Partout, on peut constater des taux d’érosion importants depuis la préhistoire. Elle n’a épargné aucune époque et est en lien avec une fragilité intrinsèque du milieu. On en parlait moins à l’époque car elle se situait dans les champs et pas dans des zones habitées qui étaient bien moins nombreuses qu’aujourd’hui. L’urbanisation n’a pas arrangé les choses », souligne Dominique Schwartz.

Paul Van Dijk, de la Chambre régionale Grand Est, détaille le travail du groupe Gerihco (gestion des risques et histoire des coulées d’eau boueuse) qui étudie depuis 2004 la formation des coulées de boue et l’érosion des sols agricoles en Alsace, ainsi que les moyens de lutte, les répétitions de ces risques, et les pratiques liées à ces risques. Un travail mené sur différents secteurs de la région, et notamment, le Sundgau et le Kochersberg. « Nous constatons une vulnérabilité accrue des territoires. De nombreux facteurs humains interviennent, et parfois se cumulent. L’urbanisation croissante et le développement du réseau routier imperméabilisent toujours plus les sols, augmentant la vitesse de ruissellement des eaux. Certaines communes se sont étendues sans redimensionner leurs réseaux d’assainissement, qui n’ont plus, aujourd’hui, les capacités d’écoulement nécessaires. Nombre de fossés et de ruisseaux ont été canalisés, surtout à une époque où ils charriaient aussi les eaux usées et sentaient mauvais. Il y a vingt ans et plus, certaines communes du Sundgau qui connaissaient déjà d’importantes inondations ont fait l’objet de travaux, comme à Walheim par exemple. Dans ces zones ça marche mais, depuis, des secteurs qui ne l’étaient pas à l’époque sont devenus problématiques ! Car se sont rajoutés 20 mm de précipitations supplémentaires en dix ans et la capacité d’écoulement du réseau hydrographique n’est plus suffisante », explique Paul Van Dijk.

Un autre phénomène a été observé : le déplacement dans le temps des orages. Il y a quelques années, ils débutaient en juillet et se poursuivaient tout l’été. « Ces dernières années, ils surviennent de plus en plus tôt dans la saison. Cette année, les mois de mai et de juin ont été particulièrement concernés avec des précipitations nombreuses et très intenses avec une accélération de la minéralisation du carbone agricole du sol, et alors que les cultures, le maïs notamment, n’ont pas encore poussé », ajoute le chercheur.

L’élevage est primordial

L’agriculture a un rôle à jouer. L’évolution des pratiques agricoles a fait baisser la part de matière organique dans le sol. On met de moins en moins de fumier qui contient de la paille et le sol n’a plus la même texture qu’autrefois, il devient plus « battant » et moins absorbant. Un des défis consiste à garder le sol là où il est et à y ramener de la matière organique. « Cela nécessite de nouvelles mesures culturales avec des assolements concertés, la plantation de haies et de bandes enherbées, des cultures sans labour. Mais, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Néanmoins, le Conseil départemental du Haut-Rhin souhaite avec les Gerplan intensifier ces pratiques. En dix ans, 1 500 hectares d’herbe ont déjà été replantés dans le Sundgau grâce aux mesures agro-environnementales même si on s’en aperçoit peu car l’effort est diffus sur le territoire. Heureusement qu’il y a encore beaucoup d’éleveurs dans la vallée de la Largue qui ont besoin d’herbe. S’ils disparaissaient, on verrait vraiment ce que c’est qu’une coulée de boue ! », remarque Georges Walter.

François Alves, technicien à la Chambre d'agriculture, a annoncé le lancement au printemps prochain d’un site expérimental à Hecken, dans le Sundgau. La direction départementale des Territoires du Haut-Rhin a rappelé tout ce qui se fait sur le territoire via, notamment, les plans locaux d’urbanisme (PLU). La connaissance du risque doit être intégrée dans les documents d’urbanisme. Il s’agit d’identifier les secteurs à enjeux, de maîtriser l’exposition au risque et de ne pas l’aggraver, de fixer les principes pour le maîtriser.

Le dialogue est nécessaire

Adjoint au maire de Brumath, Jean-Pierre Jost a rappelé que sa commune avait été classée en état de catastrophe naturelle suite aux intempéries survenues les 10 mai et 1er juin. Pour sa part, Jean-Marc Schnoebelen, maire de Falkwiller dans le Sundgau, a précisé le travail effectué dans sa commune en lien avec le monde agricole. Son adjoint, Pascal Gross, lui-même agriculteur, a rappelé toutes les actions mises en place localement : le non-labour, les bandes enherbées, les cultures d’hiver. « Il est cependant difficile de faire vivre ces mesures dans la conjoncture économique actuelle qui est très difficile. On nous parle de verdissement. Mais, actuellement, nous manquons d’eau du fait de la sécheresse. Le fourrage se fait rare. La réalité, c’est aussi celle-là. Nous pouvons utiliser du fumier, mais ce dernier dégage des odeurs. Dans tous les cas, le dialogue entre tous est nécessaire. Nous sommes ouverts et forces de proposition afin de construire notre avenir ensemble ».

Fendt

La nouvelle moissonneuse-batteuse « Ideal »

Technique

Publié le 11/10/2018

Le développement de la machine « Ideal » répond précisément aux exigences actuelles et futures des agriculteurs, ainsi qu’à l’évolution du marché mondial. « Il s’inscrit ainsi dans un environnement de marché tourné vers l’avenir. Cette moissonneuse-batteuse existe en trois modèles, de 451, 538 et 647 ch. L’Ideal 9 et la 8 convainquent ainsi par leurs puissants moteurs, et la 7 par son moteur « Ago Power ». Avec, pour résultat, des débits maximum et une belle sobriété en carburant », explique Loïc Britschu, commercial chez Euro Agrar. Cette machine a été présentée pour la première fois en Alsace. Elle a « moissonné » des parcelles du côté de Heiteren et de Balgau avant la démonstration officielle organisée samedi 6 octobre entre Knœringue et Berentzwiller. La Fendt « Ideal » est une moissonneuse-batteuse entièrement nouvelle. Pour la développer, chaque ensemble a été élaboré dans l’objectif de pouvoir fournir des résultats idéaux dans toutes les conditions de récolte. Les concepteurs ont été particulièrement attentifs à l’efficacité, à la qualité élevée des céréales et de la paille, à la fiabilité absolue, à la facilité et la logique d’utilisation, ainsi qu’à la technologie unique de capteurs pour une configuration optimale des machines. Lors de la récolte, tous les grains sont ainsi séparés proprement, sans aucune répercussion négative sur la qualité de la paille. Le rotor le plus long du marché d’une longueur de 4,84 m et d’un diamètre de 600 mm y est aussi pour quelque chose. Afin de traiter le flux de récolte avec la plus grande délicatesse et garantir une sollicitation constante du rotor, les spires d’entrée, les contre-grilles et les doigts de séparation sont agencés en forme de spirale autour du rotor, exactement comme un brin d’ADN. Le processeur exige nettement moins de puissance et augmente le débit et l’efficacité de la machine, tout en offrant une qualité parfaite de paille et de céréale.

Le flux de récolte est réparti régulièrement

« En outre, Fendt présente une deuxième table de préparation intégrée à l’avant de l’organe de battage. De ce fait, la table de préparation se remplit de céréales, déjà loin à l’avant. La table arrière de retour du grain recueille le produit provenant de la zone de séparation et le répartit à l’arrière. Par conséquent, la table de préparation est utilisée au maximum sur toute sa longueur, le flux de récolte est réparti régulièrement et la puissance est maximisée », ajoute Loïc Britschu. L'« Ideal » est également équipée de la plus grande trémie à grain disponible sur le marché des moissonneuses-batteuses. Et pour épargner au conducteur d’incessantes manœuvres de marche avant et arrière pour remplir la remorque de manière régulière, la machine dispose d’une nouvelle commande « ScrollSwing ». Cette dernière permet de déplacer la goulotte de vidange avec une grande précision pendant le transfert, ce à l’aide d’une molette du joystick multifonction. La combinaison de cette commande et du réglage hydraulique de la vitesse de vidange des Streamer Gates donne lieu à un processus de vidange idéal et délicat. À noter enfin qu’outre ses qualités techniques, cette moissonneuse-batteuse offre une cabine très spacieuse avec des conditions de visibilité exceptionnelles, ainsi que la convivialité dans la qualité Fendt habituelle. Un outil de travail à découvrir par le biais du groupe Euro Agrar à Muespach-le-Haut et à Sainte-Croix-en-Plaine.

58es Journées d’octobre et 18e Folie’Flore à Mulhouse

Un engagement de proximité

Pratique

Publié le 11/10/2018

L’inauguration des Journées d’octobre à Mulhouse est chaque année l’occasion pour les élus de faire passer leur message. Celui de la maire de Mulhouse, Michèle Lutz, a cette fois concerné les futures élections municipales. « Je veux vous parler de ma fierté d’être maire de Mulhouse. Une ville, ma ville, qui a tant changé ces dernières années. Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps Mulhouse défrayait la chronique pour ses violences urbaines, « ses voitures qui brûlent ». Désormais, les Mulhousiens qui partent sont des conquérants : ils ne partent plus parce qu’ils y sont obligés. Voilà presque un an que je suis maire de Mulhouse. Rien ne me prédestinait à occuper cette fonction, tant exigeante que passionnante. Je ne vais pas vous mentir : j’aime cette fonction ! Et je veux, avec l’aide de toutes les énergies de cette ville, continuer à améliorer le quotidien de ses habitants pour les cinq, dix et même vingt ans à venir ». Voilà qui est dit.

L’état d’esprit du président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, était en revanche différent. Lui, il compte passer la main en janvier prochain après 30 années d’engagement au service du monde agricole. Il a profité de l’inauguration des JO de Mulhouse pour le rappeler. « Lancées en 1960, les Journées d’octobre avaient, à l’origine, pour objectif de faire se rencontrer le monde rural et le monde urbain autour d’un marché de produits agricoles d’automne. Une époque, dont se rappellent certainement les plus anciens, où la tradition alimentaire se voulait à base de produits frais et de saison. Or, l’évolution de la société a profondément changé les modes de consommation. Ceci dès les années 1970. La standardisation des produits, associée à de nouvelles méthodes de commercialisation, ont eu raison des liens forts entre les agriculteurs et les consommateurs. Mais, après un demi-siècle d’évolution de nos modes de consommation, le citoyen a, à nouveau, soif de produits locaux, de qualité, de traçabilité. En un mot, le consommateur a besoin d’un lien fort avec les producteurs. Demain, le lien entre l’agriculture et la société s’étoffera encore davantage », estime Laurent Wendlinger.

La tomme aux pétales de rose

Laurent Wendlinger a alors souligné le travail réalisé par la profession agricole pour limiter l’érosion, préserver la qualité de l’eau, améliorer la qualité de la production alimentaire, dans un univers économique fortement concurrentiel. À l’heure de la réforme de la Politique agricole commune, Laurent Wendlinger a rappelé la nécessité « d’être demain des compétiteurs chevronnés à l’échelon européen, voire mondial. Et ce sera difficile si l’on grève l’agriculture de contraintes supplémentaires et si l’on nous prive des avancées technologiques, ceci, en nous incitant à rester dans le peloton de tête au sein de l’Europe. Le projet de l’après Fessenheim, suscite une vague d’espoirs auprès de nos agriculteurs. L’agriculture souhaite véritablement faire partie des « faiseux » et non des « diseux ». De très nombreux bâtiments, répartis sur l’ensemble de notre territoire, sont prêts à accueillir des panneaux photovoltaïques. La mise en place d’unités de méthanisation créera de l’emploi et contribuera à la dynamique économique de la ruralité. Après le temps de la réflexion, il est urgent de passer à la phase de réalisation, à la concrétisation de nos projets », estime le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace.

Un message qu’il a adressé au secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, invité d’honneur de cette inauguration. « Nous souhaitons, que l’énergie verte fasse partie du paysage de l’agriculture alsacienne, qu’elle soit complémentaire à cette diversité de production, qui va de l’élevage à la viticulture, de la production céréalière aux fruits et légumes, et qu’elle se mette en œuvre, aussi bien en plaine que dans les massifs vosgiens. Malgré une année climatique des plus difficiles, notre agriculture a foi en l’avenir. Oui, il nous faut nous adapter. Oui, il nous faut maintenir le cap, rester entreprenant, innover, intégrer les nouveaux enjeux économiques et sociétaux. Cela, nous le faisons au quotidien. Après le lancement du fromage Cœur de massif, nous allons cette année vous faire découvrir la tomme aux pétales de rose. Une nouveauté créée par des éleveurs du massif vosgien », a conclu Laurent Wendlinger.

Une agriculture compétitive et de proximité

« Nous préparons l’après Fessenheim via le lancement de son comité de pilotage. Mais, je m’intéresse à bien d’autres sujets, comme les dégâts de sangliers, qui sont toujours plus importants dans votre région, a indiqué Sébastien Lecornu, dont c’était la troisième visite dans le département depuis le mois de janvier. Ici, aux Journées d’octobre, vous faites la promotion de votre économie et de la ville de Mulhouse. Une cité que je connais pour l’avoir fréquentée par le passé. L’image de Mulhouse n’est plus la même qu’il y a dix ans. Il se passe quelque chose ici. »

Et, comme en écho aux propos de Laurent Wendlinger, il a rappelé que la politique du gouvernement consiste à promouvoir et soutenir un modèle agricole qui valorise les cultures locales, les circuits courts permettant une agriculture compétitive et de proximité.

Les personnalités présentes ont ensuite effectué le tour de Folie’Flore et des stands de cette manifestation, ouverte au public jusqu’à ce dimanche soir, 14 octobre.

Ets Schaechtelin à Muntzenheim

70 ans et des projets

Technique

Publié le 03/10/2018

Forgeron de métier, Eric Schaechtelin crée en 1948 l’entreprise située sur une des artères principales de Muntzenheim. Son gendre et sa fille en prennent la direction en 1988, puis ses deux petits-fils leur succèdent en 2014. Aujourd’hui, la société compte 36 salariés et travaille sur une zone allant de Mulhouse à Strasbourg. « La société s’est développée autour de trois activités distinctes : la vente et réparation de matériels agricoles, la vente et la réparation de matériels pour espaces verts, la métallerie-maintenance industrielle où nous concevons et réalisons des pièces en acier, inox ou aluminium, à la demande de nos clients », explique Jean-Luc Misbach, responsable de la métallerie. Concernant la partie agricole, les établissements Schaechtelin ont suivi l’évolution de Renault Agriculture depuis 1975, puis en devenant concessionnaires de la marque Claas en 2004. Le rachat de Renault Agriculture par Claas a permis cette continuité. « Les tracteurs étaient bons et appréciés par la clientèle. On a voulu maintenir cette confiance et pérenniser la marque. Il faut dire que Claas nous a rapidement confortés concernant l’avenir du tracteur en investissant dans l’usine située au Mans. Elle a été modernisée et a évolué favorablement. La gamme des produits s’est densifiée. Au fur et à mesure des différentes visites d’usine, j’ai apprécié cette évolution », ajoute Marc Misbach, responsable agricole et espaces verts. À tel point que les tracteurs et autres outils agricoles présentent désormais un niveau de finition excellent, avec des équipements de bord à la pointe du progrès et un confort qui, lui également, reste un des points forts de la marque « Depuis mon arrivée à la tête de l’entreprise, j’ai eu toujours eu de bonnes relations avec les responsables de Claas. Nous échangeons régulièrement. Une relation de confiance existe entre nous », poursuit Marc Misbach.

La porte d’entrée de l’entreprise

La croissance de l’entreprise passe désormais par la refonte de son outil de travail. En effet, la société est à l’étroit dans ses murs. « On est arrivé à une limite. L’objectif est de sortir des bâtiments actuels pour gagner en fonctionnalité et améliorer les conditions de travail des salariés. Et, au final, de permettre un meilleur accueil des clients. Un terrain de 2,2 hectares est en cours d’acquisition dans la nouvelle zone d’activités de Muntzenheim. Il permettra de pérenniser la confiance de nos clients et de s’identifier encore davantage à la marque Claas. C’est l’évolution nécessaire de l’entreprise qui se fait fort de vendre des produits haut de gamme, qualitatifs et très techniques. Cette image, nous y tenons. C’est la porte d’entrée de l’entreprise », conclut Marc Misbach. Une entreprise qui aura l’occasion de faire la promotion de son savoir-faire à l’occasion de son 70e anniversaire le 8 novembre prochain entre Muntzenheim et Wickerschwihr où une journée « portes ouvertes » et des démonstrations en plein air seront organisées.

Sécheresse et dégâts de sangliers

Les maux de la montagne

Vie professionnelle

Publié le 03/10/2018

Agriculteur bio à Hachimette et président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin, Ange Loing est bien placé pour évoquer le problème des dégâts de sangliers. S’ils existent depuis longtemps, ils sont cette année encore plus importants. « J’ai des parcelles qui ont été touchées sur Fréland, sur Orbey et, dès le printemps dernier, au Bonhomme. Là où les sangliers passent, les champs sont saccagés. Et surtout, quelques jours plus tard, il n’est plus rare qu’ils repassent au même endroit. C’est lassant. »

Des réunions communes avec les représentants de la profession agricole dans le Bas-Rhin ont tenté de faire avancer les choses pour trouver des solutions. Tout comme avec la direction départementale des territoires dans le Haut-Rhin. « Concernant les déclarations de ces dégâts, il était question de ne plus les déclarer à l’automne, mais au printemps afin de tout regrouper. On nous a demandé de les déclarer tout de même à l’automne pour que la DDT ait une idée de l’importance de ces dégâts et de diagnostiquer les points noirs afin de pouvoir agir ensuite rapidement. Mais, des agriculteurs ont préféré réparer avant… et prendre le risque de ne pas être indemnisé. Ils ne voulaient pas mettre en péril la récolte de foin avant l’hiver ». Sauf qu’ils sont nombreux à avoir vu leurs parcelles être de nouveau dégradées…

« Les dégâts sont toujours plus importants depuis 30-40 ans. Mon père avait participé aux premières manifestations sur le sujet dès 1973. Depuis, les choses n’avancent guère. L’an passé, ce sont une centaine d’hectares de prairies et des centaines de parcelles qui ont été saccagées en zone de montagne. On nous dit qu’il faut passer notre permis de chasse pour aider les chasseurs. Mais, d’une part, il faut avoir le temps pour le faire. Et d’autre part, ce n’est pas mon métier, ma spécialité. À l’époque, on les voyait ces fameux sangliers. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », constate Ange Loing.

Vers un nouveau schéma cynégétique

Les discussions sur la révision du schéma cynégétique s’éternisent et les points de dissension demeurent. Or, il y a urgence car l’actuel schéma cynégétique se termine en 2019. Une des principales difficultés de ces discussions concerne l’agrainage. Tout d’abord, « l’agrainage de dissuasion » est une technique de prévention des dégâts agricoles de grand gibier consistant à répandre du grain de maïs, par épandage à la volée ou en traînée linéaire, à l’écart des cultures agricoles.

Dans le Haut-Rhin, le protocole d’agrainage est orienté vers la dissuasion et le prélèvement. Il a pour unique fonction de détourner les animaux des cultures et ne peut en aucun cas être détourné au profit d’un agrainage de type nourrissage. Il y a là un double objectif : détourner les sangliers des prairies et des cultures pour réduire les dégâts aux cultures, et favoriser les prélèvements quantitatifs et qualitatifs.

Une autre méthode venue d’Allemagne est « l’agrainage en poste de tir » appelé « Kirrung » (technique qui consiste à disposer une petite quantité de maïs devant un poste d’affût en vue d’y attirer le sanglier pour le tuer). « Quels que soient la ou les méthodes utilisé (e) s, il faut agir pour faire baisser rapidement la population des sangliers. La fédération de chasse a un rôle à jouer auprès de ses 5 500 adhérents dans le Haut-Rhin, mais également les communes. Certains élus locaux doivent clairement faire un choix entre privilégier un intérêt direct financier et un intérêt à plus long terme, préserver une agriculture de montagne et un massif forestier », prévient Ange Loing.

Trop compliqué

Aux dégâts de sangliers s’ajoute depuis de nombreuses semaines la sécheresse. « Ici et là, il y a eu quelques orages. Mais, pas davantage. Sur Hachimette par exemple, nous avons eu 40 mm lors d’un orage le 20 juillet. Depuis, quasiment plus rien. Les vraies pluies datent du mois de juin dernier. » Résultat, l’herbe ne pousse plus. L’eau se fait rare. Le fourrage manque dans les élevages. « Le problème se répète de plus en plus souvent et de façon toujours plus violente. Une sécheresse aussi longue, c’est du jamais vu ! Plusieurs collègues ont été contraints, dès le mois de juin d’acheter du maïs ensilage. Il s’agit d’un bon complément pour le fourrage. Mais, cela représente aussi un coût financier très important. Pour ma part, je dois faire attention car je suis en bio. Je constate simplement que, depuis mon installation en 2014, le stock de foin n’a jamais augmenté. Mais, je ne suis pas le plus à plaindre. La situation de certains collègues est bien plus difficile », conclut Ange Loing.

Il pense, par exemple, à Mickaël Ory. Agé de 31 ans, il veut s’installer sur l’exploitation familiale située à 600 mètres d’altitude au-dessus de Fréland. Mais, les difficultés s’accumulent. « J’ai réalisé un tiers de ma récolte habituelle cette année. Je ne fais plus que 100 bottes de foin contre 80 enrubannés et 150 à 160 bottes il y a encore quatre ans. Depuis, nous sommes contraints d’acheter à l’extérieur pour nourrir la vingtaine de vaches », explique le jeune éleveur. Il vient tout récemment de prendre une douloureuse décision : arrêter la production de lait. Il s’est séparé de ses vosgiennes et de ses holsteins. « Je vais faire de la vache allaitante pour pouvoir travailler à côté. C’est devenu trop compliqué pour moi. Je pensais pouvoir faire mieux. Je vais faire moins. En plus, il y a ces dégâts de sangliers. Ils passent tous les jours. Parfois cinq à six fois au même endroit ! Je remettais en état. Quelques heures plus tard, tout était de nouveau détruit. J’ai donc décidé de ne plus rien faire. Cela ne sert à rien. On n’est pas indemnisé. Je suis dégoûté de faire le même travail tous les jours pour rien ».

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