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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Domaine Lorentz à Bergheim

Des vendanges solidaires

Vie professionnelle

Publié le 01/10/2018

Le dernier groupe hôtelier français est depuis longtemps réputé pour sa sensibilité envers une cause qui lui est chère, le handicap. Et pour cause. Diane, la fille de Lucien Barrière, épouse du président Dominique Desseigne-Barrière, était devenue tétraplégique à la suite d’un accident d’avion en juillet 1995. Son avion s’était écrasé dans le marais poitevin. Elle est décédée en 2011.

Depuis 2009, les « vendanges solidaires » rassemblent tous les collaborateurs motivés et disponibles pour récolter le raisin dans les vignobles partenaires : le varois Château Saint-Maur, en rosé, le bordelais Château La Garde, en rouge et cette année, le domaine Gustave Lorentz pour ses blancs. Une participation logique pour Georges Lorentz, responsable du domaine : « Nous sommes partenaires des établissements Barrière depuis trente ans. Nos vins sont référencés sur les cartes des restaurants du groupe. Et puis, à titre personnel, l’idée de cette vendange solidaire me séduit car elle correspond à l’état d’esprit du domaine. La solidarité, le travail, le partage sont des valeurs communes. » Ces cuvées seront vendues aux enchères en juin prochain au Fouquet’s à Paris, propriété du groupe. Le produit de la vente est destiné à cofinancer les projets de l’association « Comme les autres », des séjours aventure sportifs afin que les participants handicapés reprennent confiance en eux.

La trentaine de volontaires a vendangé une parcelle de 80 ares de riesling sur le grand cru de l’Altenberg de Bergheim. « Nous avons des conditions de travail exceptionnelles. Le temps est magnifique. Il a fait frais ce matin. Environ 3 °C. Et là, nous sommes à environ 19-20 °C avec ce vent du Nord qui donne cette impression de sécheresse. L’état sanitaire des vignes est très bon. Nous allons proposer un excellent millésime », se félicite Georges Lorentz. Les salariés du groupe Barrière sont arrivés la veille et ont été logés au casino de Ribeauvillé. Après une matinée de vendange, ils ont été conviés à visiter la cave du domaine Lorentz pour découvrir la vinification mais aussi l’esprit de cette entreprise.

Récolte 2018 de maïs

Précoce, mais de qualité

Cultures

Publié le 30/09/2018

François Heymann, maire de Sainte-Croix-en-Plaine et agriculteur est sur le pont. « J’ai 70 ans et j’ai commencé à l’âge de 14 ans. C’est donc ma 56e récolte. Mon fils, Marc, s’est installé sur l’exploitation familiale quand j’ai officiellement pris ma retraite. Mais, tant que j’ai la santé, je l’aide. J’aime ce métier même s’il a considérablement évolué. Nous avons des parcelles, en blé et en maïs notamment, un peu partout. » Il a débuté sa moisson 2018 aux alentours du 12 septembre. Il pense la terminer au milieu du mois d’octobre. Il constate l’évolution des dates de récolte : « Il y a 35-40 ans, on commençait la récolte pas avant la Toussaint. Chaque année, on commence le travail un peu plus tôt dans l’année. C’est évident que ce sont les conséquences du réchauffement climatique, mais également des variétés de maïs qui ont évolué au fil des années », ajoute le céréalier. L’irrigation a aussi débuté plus tôt que d’habitude, vers le milieu du mois de juin. Elle s’est terminée également plus tôt que les années précédentes, aux alentours du 15 août selon les parcelles.

Pour récolter, il utilise la même moissonneuse depuis 25 ans. « Je réalise moi-même toutes les révisions avant le début de chaque récolte. Cet entretien est efficace car je me débrouille en mécanique et, surtout, je connais par cœur la machine. En acheter une nouvelle nécessiterait d’investir. Or, ce matériel représente un coût important. Dans la mesure où je l’utilise bien, il n’y a aucune utilité à changer », estime François Heymann.

Attention au vent

Ce jeudi 20 septembre, il récolte une parcelle située sur le ban de Sainte-Croix-en-Plaine. Il est satisfait. « Les rendements sont bons même s’il y a des endroits plus difficiles et caillouteux. Ici, nous avons pu irriguer. Cela explique la qualité du maïs. L’humidité se situe entre 18 et 22, ce qui est bien. Il y a 35 ans, quand nous récoltions à la Toussaint, nous avions une humidité située entre 31 et 34. Le travail n’est donc plus le même. Cette parcelle, il fallait là moissonner car le maïs a un peu versé suite à l’orage de mardi (le 18 septembre). Cela a un peu joué sur les rendements. De toute façon, avec cette humidité, il ne faut plus attendre ». Il ne s’inquiète pas de la baisse annoncée des températures pour les jours à venir. Il est davantage préoccupé par d’autres facteurs. « Ce qu’il ne faudrait pas, c’est du vent cumulé avec la persistance d’un temps sec. Le maïs est haut cette année dans notre secteur. Avec un vent important, la tige du maïs risquerait de casser. C’est cela qui est le plus préoccupant ». Dès le lendemain, un épisode pluvieux et venteux a traversé le département. « Pour notre part, il n’y a pas eu de dégâts conséquents. Nous avons eu 7 mm de pluie. Les vents n’ont pas fait tomber les tiges des maïs. C’est une plante qui réagit différemment par rapport au blé. Nous avons donc pu terminer le travail lundi 24 septembre avant de nous diriger sur d’autres parcelles ». Une fois récolté, le maïs est acheminé dans un premier temps sur l’exploitation puis sur le site le plus proche de la coopérative agricole de céréales à laquelle l’exploitation adhère.

Plateforme maïs Dekalb

Les nouveautés et les outils d’aides à la décision

Cultures

Publié le 29/09/2018

« Cette plateforme est l’occasion de présenter nos nouveautés et celles de nos partenaires, a rappelé Jordan Noret, ingénieur technico-commercial chez Dekalb semences lors de cette après-midi qui se déroulait sur les parcelles de la ferme Guthmann à Ostheim et à laquelle étaient conviés la grande distribution, les coopérateurs et les négociants alsaciens. Nous parlons de préconisations de densité, de traitement de semences, d’agriculture digitale, des variétés de maïs. Après une présentation générale, nous proposons différents ateliers. C’est l’occasion d’expliquer et d’échanger avec nos clients. Nous sommes en période de récolte. Il est donc important de coller le plus possible à l’actualité, tout en apportant des pistes de travail pour les mois et les années à venir. »

Gestion de conduite numérique

Pendant une heure, les professionnels ont tourné sur les quatre ateliers de 20 minutes chacun. Sur celui consacré au digital, on évoquait un outil développé par The Climate Corporation, une filiale de Monsanto. En janvier 2018, The Climate Corporation annonçait l’extension à l’Europe de sa plateforme numérique de gestion de conduite des cultures, Climate Fieldview, pour cette saison 2018. Lancée en 2015 aux États-Unis, au Canada et au Brésil, elle est déjà déployée chez 100 000 utilisateurs et sur 48 millions d’hectares. Elle propose désormais aux agriculteurs européens de rassembler toutes les données relatives à la conduite de leurs cultures sur une seule plateforme connectée, Climate FieldView, afin d’obtenir des informations sur leurs champs et de maximiser leur productivité.

« Nous proposons un logiciel qui fournit un ensemble d’outils numériques, une modélisation agronomique avancée et la surveillance de la météo locale dans des solutions web et mobile. L’outil collecte des données de façon fluide, les visualise rapidement et obtient des aperçus personnalisés pour optimiser les pratiques agronomiques et pouvoir prendre d’importantes décisions de gestion ayant un impact durable sur la production des cultures.» Depuis ce printemps 2018, les agriculteurs ont accès au Climate FieldView Drive, déjà compatible avec de nombreux équipements. À l’automne, l’imagerie satellitaire haute résolution pour l’évaluation de la santé des cultures sera également accessible. « Nous fonctionnons avec cet outil sur toutes les cultures. Cela permet également de faire un tour de plaine virtuel, de voir ce qui va et les éventuelles difficultés. Il est ainsi possible d’orienter rapidement ses cultures », indique le responsable digital de cette entreprise.

Des solutions innovantes

Un second atelier abordait les nouveautés concernant les traitements de semences et la méthanisation. Dans un contexte réglementaire en évolution vers une raréfaction des molécules chimiques, Dekalb a ressenti le besoin d’assurer ses semences avec des solutions de traitements innovantes. Parmi elles, le traitement de semences Acceleron® qui protège et optimise la culture dès son démarrage. Par ailleurs, Dekalb possède une base de 1 500 données sur ses différentes variétés, mais également les types de sols, les densités, les rendements. Cela lui permet de faire ses sélections, notamment concernant les hybrides pour la méthanisation.

Un troisième et un quatrième ateliers s’intéressaient aux gammes variétales pour le maïs. Dekalb a ainsi fait la promotion d’une de ses nouveautés, le DKC 5182. Il s’agit d’un hybride simple denté, avec un segment G5 (indice 500-520), une excellente capacité de compensation des épis et une performance assurée en toutes situations. Trois autres variétés ont fait l’objet d’une attention particulière : DKC 4069 (segment G2, indice 300-320), DKC 4569 (segment G3, indice 350-370) et DKC 5065 (segment G4, indice 440-460).

Bouchon Diam

Innover pour préserver le contenu de la bouteille

Vigne

Publié le 22/09/2018

Entreprise française innovante depuis toujours, Diam Bouchage consacre chaque année un budget conséquent à la recherche et au développement. Depuis 2003, l’entreprise a investi dans un procédé révolutionnaire et breveté, appelé « DIAMANT® », exploitant les propriétés du CO2 supercritique pour extraire les composés volatils du liège et éradiquer les molécules susceptibles de donner un goût au vin, notamment le risque de « goût de bouchon ». Douze ans après, l’entreprise lance une autre avancée technologique majeure : « Origine by Diam® », un bouchon qui réconcilie science et nature, intégrant une émulsion de cire d’abeilles et un liant composé de polyols 100 % végétaux.

Fils de vigneron installé à Orschwihr, œnologue de formation, Alain Schmitt a suivi toute cette évolution de l’entreprise en l’accompagnant auprès de nouveaux clients. Même si l’Alsace a été la première région à croire en Diam, la Bourgogne reste celle où Diam a le plus progressé depuis quinze ans, avec plus de 70 millions de bouchons Diam vendus chez les producteurs de cette région. « La Bourgogne a été le premier grand succès de l’entreprise. Elle reste aujourd’hui, en termes de part de marchés et d’image, le premier marché de l’entreprise. Nous protégeons 70 % des bouteilles des grands crus blancs de la région. Et nous sommes présents dans les grandes maisons de Bourgogne comme chez des vignerons très réputés de la Côte de Beaune, dont le prix des grands crus dépasse quelquefois les 300 ou 400 euros », explique Alain Schmitt, qui a occupé différentes responsabilités au sein de l’entreprise. Depuis 2017, il a transmis la responsabilité des pays germanophones à Charlotte Marchand pour prendre la direction commerciale de la Champagne en complément des régions viticoles comprises dans un triangle Valence-Auxerre-Strasbourg (soit 90 millions de bouchons de vins tranquilles et 70 millions de bouchons de vins effervescents). Malgré une récolte mondiale 2017 des plus faibles, Diam Bouchage vient de connaître sa plus forte croissance pour atteindre 1,8 milliard de bouchons et se hisser au second rang mondial des producteurs de liège.

Cinq standards

En Alsace, Alain Schmitt peut donc compter sur Charlotte Marchand, œnologue également. « Nous sommes là pour conseiller les clients afin qu’ils fassent les bons choix. Notre clientèle apprécie toujours davantage les bouchons Diam. Ce succès s’explique par trois raisons majeures : Diam est un bouchon de liège, matériau lié aux vins de qualité. L’achat écoresponsable est de plus en plus important chez nos clients. Et Diam reste le seul bouchon de liège qui offre cette garantie 100 % sans goût de bouchon. Enfin, grâce aux perméabilités maîtrisées, Diam peut réduire de 20 % les niveaux de SO2 par rapport à un bouchon synthétique ou traditionnel », affirme Alain Schmitt. La large gamme de bouchons (Diam 1, 3, 5, 10, 30, Origine) permet de répondre aux clients de l’ensemble du marché, y compris celui des vins bios et biodynamiques.

En Alsace, Diam est également le leader sur la viticulture et le négoce « traditionnel ». L’entreprise est placée sur le milieu haut de gamme avec des clients comme la maison Hugel et le domaine Barmes Buecher, mais ne néglige pas les marchés à rotation rapide. « Notre réseau de distribution nous permet de nous adapter à la demande alsacienne, qui nous pousse à développer une offre de plus en plus personnalisée », précise Charlotte Marchand. « Si nous sommes bien positionnés un peu partout et en croissance depuis 2004, nous devons encore nous développer sur le marché effervescent (comme nous le faisons actuellement en Champagne, avec + 15 % cette année) et sur le bio », conclut Alain Schmitt. Parmi les projets, l’entreprise compte sortir et développer un bouchon Mytik dans la gamme « Origine by Diam® » qui sera destiné à des crémants bios ou des crémants de garde.

Vendanges 2018

Cattin accueille de nouveaux apporteurs

Vigne

Publié le 13/09/2018

Comme ailleurs en Alsace, les vendanges de crémant ont débuté le lundi 27 août. Et encore, des demandes avaient été faites pour démarrer la semaine précédente. La maison Cattin a choisi de ne pas précipiter cette ouverture, voulant accueillir ses apporteurs dans de bonnes conditions et dans le calme. « Nous avons augmenté la capacité de travail ici à Vœgtlinshoffen avec ces deux nouveaux pressoirs destinés à augmenter le volume de pressurage et, éventuellement, à faire du tri pour respecter nos gammes. Nous avions déjà ici trois pressoirs et un autre sur le site de Steinbach. Ces deux nouveaux ont une plus grosse capacité de pressurage et permettent de mieux travailler », explique Corinne Perez, œnologue depuis un an et demi chez Cattin et pour qui il s’agit donc de la seconde vendange.

Les premiers apports sont très intéressants. Les raisins sont mûrs. L’état sanitaire est bon. Il n’y a pas de faux goût. Seul bémol, le manque d’acidité. « L’acide malique a fondu avec la chaleur. Comme l’année passée, nous allons certainement acidifier. Le dernier millésime acide était 2016. C’est difficile pour les consommateurs de s’y retrouver. L’acidification permet de maintenir un niveau de fraîcheur. La richesse est actuellement entre 10,5 et 10,8. L’an dernier, c’était plus compliqué avec des lots qui dépassaient les 12 », ajoute Corinne Perez. Cette année, pour le crémant, la maison Cattin a fait le choix de ne pas vendanger les rieslings et de les réserver pour les vins tranquilles.

En augmentation de 10 %

Les volumes sont très importants. C’est même une année pleine avec de nouveaux apporteurs. Qui peut s’expliquer par l’absence de vin en vrac l’an passé et les difficultés que rencontrent certaines entreprises du vignoble. « Pour notre part, nous sommes en augmentation de 10 %. Et nous refusons du monde, tant pour les raisins que pour les moûts. Nous devons en effet faire attention car il faut trouver de nouveaux marchés pour tous ces apports et répondre à des appels d’offres. C’est nécessaire pour éviter de faire chuter les prix. Une des solutions passe par le développement de l’export. Nous nous tournons vers les pays nordiques et la Chine », précise Corinne Perez.

Pour la seconde fois, après de bons débuts l’an passé, la maison Cattin développe du crémant bio en achat de moût. Une cuvée sortira cet automne. Sur ce créneau, pour le moment, l’entreprise n’achète pas encore de raisin.

Un étalement des vendanges

La maison Cattin reçoit maintenant les vins tranquilles. « Sans nous précipiter une nouvelle fois. Nous demandons à nos apporteurs de venir avec des raisins mûrs. Nous avons fait une note, avec des données précises. Nous demandons 12° pour l’auxerrois, 13° pour les pinots noirs et pinots gris. Dans certains secteurs il ne faut pas attendre, dans d’autres, il ne faut pas se précipiter », ajoute Corinne Perez. L’étalement des vendanges est d’autant plus nécessaire que les apporteurs sont plus nombreux et le millésime précoce. « Il va falloir s’adapter à l’avenir, car des vendanges en août risquent de se reproduire. Nos apporteurs ne se sont pas encore rendu compte que l’Alsace fait désormais partie des vignobles méridionaux. Depuis 2003, quatre à cinq millésimes ont débuté en août. Il faut donc être là », poursuit l’œnologue.

Après le pressurage, les différentes mesures, le débourbage, place à la fermentation. « Avec une petite innovation cette année. On a décidé de faire la malo », se félicite Corinne Perez. À noter également que la maison Cattin est labellisée vin végan, c’est-à-dire sans intrant d’origine animal. Après un premier test l’an passé où ont été éliminés les colles d’origine animale, la pratique se généralise cette année. Cela n’a aucune incidence sur les raisins, mais plutôt sur la vinification. Ces vins sont très demandés dans des pays d’Europe du Nord.

Cuma de la vallée de Traubach et environs

30 ans !

Pratique

Publié le 13/09/2018

Tout a débuté lorsqu’il a fallu prendre la suite d’une ancienne coopérative de village. Une de ces coopératives qui existaient un peu partout dans les communes. À l’époque, les fondateurs de la Cuma de la vallée de Traubach et environs ont repris la première activité de cette ancienne coopérative : l’alambic pour la distillation. « Nous avons toujours cette activité aujourd’hui. Nous l’avons gardé pour rendre ce service aux anciens qui sont nombreux chez nous. Nous savons d’où nous venons et où nous voulons aller. Nous avons racheté l’alambic et cette activité est très importante. Nous y tenons », explique Vincent Dietemann qui préside la Cuma depuis 2003. La seconde activité de la Cuma concerne le drainage. Un important matériel a été acquis au fil des années. Au début des années 1990, ce matériel a évolué pour être en mesure de travailler avec les éleveurs et les céréaliers. « Nous sommes une Cuma axée polyculture-élevage. Nous avons également du matériel d’épandage et d’entretien des prairies. L’importance de ce matériel et sa diversité expliquent notamment la confiance que nous portent les 230 adhérents originaires de tout le Sundgau, mais également de la banlieue de Mulhouse et celle de Belfort. Nous avons également su évoluer, en lien avec notre fédération nationale et régionale. Nous avons développé des outils connectés. Toute la comptabilité, les facturations et les réservations de matériels se font par informatique. Nous avons un planning visible sur Internet où chaque adhérent peut réserver. Cette année, nous avons également investi dans des boîtiers électroniques Karnott (Carnet de notes) développés par un partenaire. Ils permettent de baliser par GPS nos différents travaux sur les machines », ajoute Vincent Dietemann. Une démarche qui permet de travailler au plus juste et d’avoir une traçabilité optimale de toutes les activités au quotidien. Onze boîtiers électroniques ont ainsi été achetés. Ils seront parfaitement opérationnels pour 2019.

Une démarche responsable et citoyenne

Ce passage à la dématérialisation facilite le travail et le fonctionnement de la Cuma. Cette dernière gère également une aire de lavage phyto opérationnelle depuis 4 ans. Elle se trouve au siège de la Cuma, au Gaec de la Vallée à Traubach-le-Bas. « Le premier objectif est de donner un outil aux exploitants pour mieux gérer leurs phytos et montrer l’exemple. Nous avons ainsi une démarche responsable et citoyenne. Nous montrons l’exemple », se félicite Vincent Dietemann. Le matériel de la Cuma est, lui, géré par les administrateurs qui en stockent chacun une partie chez eux. Ces différents endroits sont néanmoins tous regroupés autour de Traubach-le-Bas. C’est au printemps dernier, lors de l’assemblée générale annuelle, que les adhérents ont pris conscience que la Cuma de Traubach et environs fêtait cette année ses 30 ans. « Nous avons alors décidé d’organiser une fête ce dimanche 16 septembre à partir de 11 h. Nous allons proposer un apéritif festif puis un repas en commun. Nous avons invité les adhérents, mais également quelques partenaires et les représentants de la fédération régionale. L’idée est de se retrouver tous ensemble. Nous allons rappeler que nous sommes juste là pour aider les exploitants à mieux produire, à réduire leurs coûts, à mieux s’organiser ensemble. Nous avons évolué depuis 30 ans et nous essayons, au quotidien d’être un élément moteur dans la vie agricole des uns et des autres », conclut Vincent Dietemann.

Atout Viticole

Une formation pour les chauffeurs

Vie professionnelle

Publié le 07/09/2018

À cette occasion, Pierre Cayrousse est venu spécialement de Coëx en Vendée, siège de New Holland où est fabriquée cette machine à vendanger. « Elle est 100 % française. Bien évidemment, elle a ses particularités. Et nous les expliquons aux utilisateurs. C’est l’objectif de ma présence », explique Pierre Cayrousse. Une formation qui s’est déroulée en salle le matin pour les explications techniques sur le fonctionnement de la machine. Puis, dans l’après-midi, les responsables de la formation et les utilisateurs se sont retrouvés à l’extérieur pour une mise en pratique. « J’ai souhaité l’organisation de cette formation pour faciliter le travail de mes deux chauffeurs. Un autre professionnel, Cédric Birckel, s’est joint avec nous avec son père. En partenariat avec le laboratoire Arnaud Immelé, nous avons également testé cette machine avec un nouveau système permettant de traiter les jus en direct, ce qui évite l’oxydation », ajoute Jérémy Flory, dirigeant d’Atout Viticole.

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Capsules : simplifier les démarches administratives

Vigne

Publié le 07/09/2018

Le dossier est important pour les adhérents du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), car ce dernier a un statut de délégation de service public. Il a en effet un rôle de répartiteur pour les capsules représentatives de droits (CRD). Reconnu comme organisme capable de répartir et de tracer ces capsules, il joue l’intermédiaire entre les fabricants et les impôts. Une activité qu’il exerce depuis sa création.

« C’est une prérogative des syndicats professionnels. Nous en faisons plus de 10 millions chaque année. Nos capsules portent toutes le même numéro d’enregistrement (R 02). Venir chez nous évite les démarches administratives à nos adhérents. Par ailleurs, ils peuvent les acheter en lot. Souvent, ce sont des lots de deux ou trois cartons. Pour les vignerons c’est pratique, car ils les cherchent au détail. C’est un service personnalisé. Nos capsules sont standards, noires ou dorées », explique Alain Renou, directeur du Synvira.

« Nous traçons déjà les ventes de vin »

Le 12 juin dernier, le Synvira a donc pris acte de l’arrêté annonçant la suppression du caractère obligatoire de la capsule représentative de droits à partir du 1er juin 2019. Depuis 1992, un règlement européen stipule que pour commercialiser du vin, en dessous d’un certain volume, il faut posséder un document d’accompagnement pour pouvoir vendre du vin en France. Et le code général des impôts stipule que les produits soumis à accises mis à la consommation peuvent circuler soit sous couvert d’une marque fiscale, comme la capsule représentative de droits, soit sous couvert d’un document simplifié d’accompagnement.

« Or, il apparaît que la possibilité d’utiliser un document simplifié d’accompagnement n’est pas une simplification pour les opérateurs. Nous attendons donc une clarification des Douanes précisant ce qui est exactement nécessaire dans ce document d’accompagnement. Cette clarification a été demandée à l’État et aux Douanes lors du conseil national des Vignerons Indépendants de France en juillet dernier. Quoi qu’il en soit, nous demandons la suppression de ce document et de la simplification. Nous traçons déjà les ventes de vin », ajoute Alain Renou. Une réponse de l’État et des Douanes est officiellement attendue dans les semaines à venir.

Vendanges 2018

« Les raisins sont sains »

Vigne

Publié le 07/09/2018

Les vendanges ont démarré lundi 27 août, avec le crémant, qui représente un quart de la production totale de la cave de Turckheim, soit environ 6 000 à 7 000 hectolitres. Et 85 hectares cette année, dont 55 ha pour le pinot blanc auxerrois, 17 ha pour le pinot gris, 10 ha pour le pinot noir, et 3 ha pour le chardonnay.

La première semaine, les vignerons coopérateurs ont été accueillis pendant quatre jours, du lundi au jeudi. Une organisation qui s’est renouvelée lors de la deuxième semaine, du 3 au 6 septembre. « Cela se déroule bien. Les raisins sont sains avec une acidité un peu basse et des pH qui se situent à 3,1 - 3,2. Les jus sont biens, propres, droits. Le volume est là. Les quatre premiers jours, nous avons reçu les raisins des terroirs de Turckheim, la deuxième semaine, ceux de la vallée, les vignobles situés à Zimmerbach, Wahlbach ou encore Wihr-au-Val notamment. On remarque une différence. La vallée a eu davantage d’eau que le ban de Turckheim qui souffre de la sécheresse », explique Michel Lihrmann, œnologue à la cave vinicole de Turckheim depuis 1982 et directeur technique depuis 1988.

Il constate que l’avancée des dates de vendanges est une réalité. En 1980, alors qu’il effectuait son stage d’œnologie à la cave, les vendanges avaient débuté le 23 octobre et s’étaient poursuivies pendant dix jours. La première fois que la récolte avait été aussi précoce, c’était en 2003. « Cette année, c’est cependant plus compliqué qu’il y a quinze ans. Il fait plus chaud et encore plus sec. Et trouver du personnel intérimaire, pour conforter l’équipe de la cave, est difficile à cette période de l’année », ajoute Michel Lihrmann.

85 hectares pour le crémant

La plateforme de déchargement de la cave de Turckheim a été inaugurée en 2010 : elle est grande, pratique et permet de faire le tour sans crainte d’accident ou autre difficulté. « Depuis ce poste d’opération, nous mesurons les degrés et analysons les raisins en les traçant. L’avantage d’avoir le vendangeoir ici sur les hauteurs, c’est qu’il ne dérange personne. Il n’y a pas de bruit. Les voisins ne sont pas gênés par tous ces mouvements. Tout est sécurisé. À la sortie de la plateforme, les viticulteurs nettoient leur matériel et repartent. C’est fonctionnel et facile pour tout le monde », se félicite Michel Lihrmann.

Après avoir été analysés et déchargés, les raisins sont dirigés vers le pressoir grâce à un système qui évite le tassement. La cave de Turckheim possède 10 pressoirs d’une capacité d’environ 9 800 kg. Jeudi 30 août, les pinots gris rentrés affichaient 10,5 degrés, lundi 3 septembre ils étaient à 12°. « Les raisins sont répartis pour moitié à l’avant du pressoir, pour l’autre moitié à l’arrière. Les jus vont ensuite directement en cuves. Leur température à l’arrivée est de 18 °C. Nous allons la descendre à 14 °C pour les stimuler. Nous allons un peu sulfiter et effectuer un débourbage statique. Ce travail nécessite trois personnes au vendangeoir, une à la réception, deux à la cuverie et deux pour encadrer. Nous travaillons par équipe de deux pour chaque poste », précise Michel Lihrmann.

Ne pas se précipiter

Le vendangeoir ouvre le matin à 9 h. Et le dernier délai pour être accueilli le soir est 19 h sur la plateforme de déchargement. « Jusqu’à présent, la plus grosse journée a été la première, le 27 août. Nous avons terminé à 21 h. Nous avons réceptionné 200 tonnes de raisins. En 2003, c’était la même effervescence », se souvient le directeur technique.

Avec ses équipes, il va maintenant se concentrer sur la récolte de l’AOC, qui devrait débuter à partir du lundi 10 septembre. « Et encore, nous ne savons pas si nous allons nous précipiter. Nous établissons le planning pour la semaine suivante chaque mercredi soir. Nous allons certainement commencer doucement avec les pinots blancs, gris et noirs. Si la météo ne change pas et s’il n’y a pas un soudain déluge comme en 2006, nous allons demander à tout le monde d’être patient. L’état sanitaire est bon, le volume est là. Mais, pas encore la maturité », conclut Michel Lihrmann qui pense que ces vendanges 2018 vont s’étaler, au minimum, jusqu’au milieu du mois d’octobre.

Avec les JA du Sundgau, dimanche 2 septembre à Spechbach

Ferme ouverte chez les Pflieger

Vie professionnelle

Publié le 30/08/2018

En ce mois d’août, les JA du Haut-Rhin sont particulièrement dynamiques. Ils multiplient les opérations de communication avec le grand public. Après la finale départementale de labour et le S’BüraFascht à Sainte-Croix-en-Plaine le 19 août, la ferme ouverte sur l’exploitation Riette à Fréland le 26 août, c’est cette fois chez les Pflieger à Spechbach qu’est organisée cette ferme ouverte. Les JA du Sundgau sont mobilisés pour faire découvrir cette exploitation avicole. « Nous comptons profiter de cette journée pour promouvoir notre métier et faire découvrir au grand public notre savoir-faire. Cette journée sera aussi l’occasion de casser les préjugés qu’ont certains sur l’agriculture d’aujourd’hui et de recréer ce lien si important entre les producteurs et les consommateurs », explique Sébastien Hell, président des JA du Sundgau. Une manifestation qui arrive au moment où la situation économique du monde agricole reste fragile. « Malgré la petite hausse du prix du lait, nous vivons toujours des moments compliqués. Nos charges sont très importantes et la sécheresse actuelle n’arrange rien. Mais, nous sommes toujours passionnés par notre métier. Et c’est ce que nous allons montrer à travers cette ferme ouverte qui se déroule dans une exploitation de volailles, en bio, et en vente directe. Nous voulons également montrer, à travers cette journée, la diversité de nos productions », ajoute Sébastien Hell. Cette diversité se retrouve chez les JA du Sundgau, canton qui compte une soixantaine d’adhérents. « Nous représentons un des plus grands cantons du département. Il y a chez nous des éleveurs, des céréaliers, des producteurs de fruits et légumes, des maraîchers. Nous tentons de préserver cette diversité dans ce Sundgau où il y a beaucoup de prairies naturelles avec un Jura vallonné où les terres ne sont pas retournables », précise Sébastien Hell. Malgré l’urbanisation qui, comme partout dans le département, touche également les terres de ce secteur, les jeunes agriculteurs poursuivent leur travail et les récentes installations, montrent que leur volonté est toujours là.

A l’extérieur du village

Cette ferme ouverte sera l’occasion de profiter d’un marché paysan, de balades en calèche, d’animations pour enfants, de jeux pour adultes avec l’organisation d’une tombola. Il sera évidemment possible de se restaurer sur place. Sur réservation, les JA proposeront un repas 100 % local avec poulet bio, frites du Sundgau, crudités, salade. Sans réservation, il sera possible de profiter d’une petite restauration avec des grillades. Mais, l’axe de communication le plus important de la journée concerne la visite de la ferme de la famille Pflieger. Historiquement installée au centre du village de Spechbach-le-Bas où les Pflieger ont créé, en lien avec d’autres professionnels partenaires, un magasin de vente directe appelé « Les Champs de l’Ill », la ferme s’est bien développée ces dernières années. José Pflieger et son épouse Anita ont tout d’abord développé toute la partie élevage de volailles et de lapins, mais également la production de pomme de terres et de céréales. Depuis 2011, l’exploitation est en production biologique. Leur fils, Jérémy installé en 2013, a développé un nouvel atelier de poules pondeuses. « Elles sont de la race Lohmann. C’est une race assez rustique qui se comporte bien en bio », explique Jérémy Pflieger. Elles se trouvent dans un nouveau bâtiment construit à l’extérieur du village, qui date de 2014, tout comme de deux autres bâtiments. « Nous avons eu en 2015 un incendie sur la ferme historique. Cela nous a amené à réfléchir afin de repenser notre fonctionnement. Nous avons réaménagé différemment la partie historique. Et ici, nous avons construit à l’été 2017, un bâtiment de stockage de matériel de 1 360 m2 en bois. Mais également un nouveau bâtiment pour les poulets de chair en 2018. Dans le cadre du plan bâtiment de la Chambre d'agriculture Alsace, nous avons réalisé ce projet et nous l’avons également fait pour augmenter le troupeau de production. Et en améliorant les conditions de travail et les performances techniques. Il y a ici six salles d’élevage de 135 m2 chacune », précise Jérémy Pflieger.

Communiquer

Toute la chaîne de production et le travail sont réalisés en bio en lien avec l’état d’esprit de la famille Pflieger, aux demandes des consommateurs et au bien-être animal. « Ici, les gens pourront le constater lors de cette ferme ouverte, les volailles ne sont pas entassées et enfermées. La chaîne de production est locale et la filière courte est assurée. Nous vendons ce que nous produisons au magasin ici, mais également dans des magasins bio du secteur, des magasins de producteurs, sur les marchés à Mulhouse et Riedisheim et pour les œufs dans des grandes et moyennes surfaces. Nous avons également un atelier de pommes de terres qui nous permet de produire des frites du Sundgau », poursuit Jérémy Pflieger. Il était naturellement volontaire pour recevoir cette manifestation. « Nous voulons montrer notre outil de travail, expliquer aux gens ce que nous faisons, leur faire découvrir nos produits et notre métier. Comme tous les professionnels, nous entendons et nous lisons des choses sur le monde agricole qui sont en décalage total avec la réalité. Il faut donc communiquer », conclut Jérémy Pflieger.

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