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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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CER France Alsace à Sainte-Croix-en-Plaine

Les nouveaux locaux inaugurés

Vie professionnelle

Publié le 30/08/2018

Le CER France Alsace a été créé en 1999. Depuis ses débuts la progression est régulière avec une création de postes tous les deux ans. Le président Paul Deguille a rappelé l’historique de ce projet. « Nous avons démarré dans les locaux de la Chambre d'agriculture avec dix salariés. Ensuite, nous avons pu déménager et louer chez « GEA », rue Ettore Bugatti, toujours à Sainte-Croix-en-Plaine, où nous sommes restés presque 18 ans. Nous pouvions tranquillement nous agrandir. En 2014 compte tenu de notre activité en constante croissance, nous avons été confrontés à des problèmes de surface. Nous avons donc constitué une commission immobilière qui avait pour objectifs de trouver de la place pour nos futurs salariés, un moyen de capitaliser notre loyer et de devenir propriétaire ». L’idée était de trouver des locaux se trouvant dans un rayon de dix kilomètres autour de Sainte-Croix-en-Plaine, proches d’un axe principal. En 2017, ce besoin est devenu d’autant plus urgent que le CER France Alsace s’est retrouvé avec 21 salariés. Après avoir étudié différentes pistes, c’est à la fin de l’année 2017 qu’une solution a été trouvée. « L’agence immobilière « Desaulles et Associés » avait dans ses dossiers le bâtiment à vendre de Suez à Sainte-Croix-en-Plaine. Le temps était compté car la société voulant vendre le bâtiment pour la fin de l’année. Suite aux négociations menées et à nos propositions, j’ai été mandaté pour la signature le 29 décembre 2017, de l’acte de vente, rendant ainsi le CER France Alsace propriétaire de ce bâtiment », ajoute Paul Deguille. Et c’est finalement depuis le mois de juin 2018 que les salariés ont pris possession des lieux. Le couper de ruban a eu lieu en leur présence et celle du conseil d’administration, des nombreux partenaires économiques et du maire de Sainte-Croix-en-Plaine, François Heymann.

Gaec Gutzwiller, ferme Neuhof à Michelbach-le-Haut

Direction le Space à Rennes

Élevage

Publié le 30/08/2018

Philippe Gutzwiller est un habitué des concours et des présentations d’animaux. Pour lui, être présent à des manifestations comme le Space à Rennes est une évidence. « Là-bas, comme au Salon international de l’agriculture à Paris, à Habsheim ou à n’importe quel concours, il faut y aller. Ici, sur l’exploitation, c’est en tout cas notre but. On a investi dans la génétique. Et, il faut faire connaître la race. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place. Nous pouvons rapidement être oubliés », explique Philippe Gutzwiller. Il sait de quoi il parle.

Parmi ses vaches déjà honorées par le passé, Chloé, championne vache adulte et meilleure mamelle adulte à Eurogénétique à Épinal. Une manifestation qui n’existe plus dans le calendrier. « C’est regrettable. Il faut donc se rendre plus loin. À Rennes, on espère se placer, même si le niveau demandé est très élevé », ajoute l’éleveur. Cette année, il ne sera cependant pas du voyage en raison d’un emploi du temps très chargé sur l’exploitation. Son épouse, Mélanie, sera donc accompagnée par Alexandre Wintzenrieth, salarié sur la ferme, qui se rendra à ce salon pour la première fois.

Alexandre Wintzenrieth est également un passionné de génétique et d’élevage. C’est notamment lui qui anime l’école des jeunes présentateurs dans le Haut-Rhin. « Aller au Space va me permettre d’avoir une nouvelle expérience et de continuer à apprendre. Je suis content. De tels concours me motivent toujours. Et là, il y a une responsabilité : celle de représenter l’élevage, mais aussi le département et la région Grand Est », précise-t-il.

Trois bonnes vaches

Un élevage, un animal ne peuvent participer à un concours sans avoir auparavant été sélectionnés. Une commission régionale a fait sa sélection parmi 28 animaux originaires des quatre coins de la région Grand Est, qui disposait de dix places de titulaires. Trois vaches du Gaec Gutzwiller ont été retenues. Dans le Bas-Rhin, le Gaec Wilt à Dachstein et Laurent Wollenburger à Bindernheim présenteront aussi des animaux. Les autres appartiennent à des élevages de la Meuse, de la Haute-Marne et des Ardennes.

La première vache du Gaec Gutzwiller sélectionnée pour le Space, Jelena du Neuhof, vient de vêler pour la deuxième fois. Elle a été grande championne au concours de Habsheim l’an passé. « Sa présence à Rennes est pour nous une évidence. Elle dispose d’une très bonne morphologie et d’une belle mamelle. Son corps est bien développé et elle se déplace aisément lors des concours. C’est la bonne vache pour une telle manifestation », assure Alexandre Wintzenrieth. Medecina du Neuhof, elle, en est à son premier veau. « Nous l’avons achetée ensemble, précisent Alexandre Wintzenrieth et Philippe Gutzwiller, les copropriétaires. C’est une vache du même style que Jelena. Elle peut constituer une bonne surprise. » Enfin, Ex-Elise, en cinquième lactation, est également une copropriété des deux éleveurs. « Nous l’aimons beaucoup. Elle est très puissante, avec de bonnes pattes. Elle a toute sa place dans un tel concours », poursuit Alexandre Wintzenrieth.

Le départ pour Rennes est fixé le dimanche 9 septembre, pour 12 à 13 heures de route en camion. Le retour se fera en soirée le vendredi 14 septembre. « Nous ne partons pas chacun de notre côté. Nous allons nous retrouver avec les autres éleveurs du Grand Est et nous vivrons ensemble, sous cette même bannière, cette grande manifestation », conclut Alexandre Wintzenrieth.

Vendanges 2018

Précoces et de qualité

Vigne

Publié le 30/08/2018

L’histoire du domaine Fahrer-Ackermann démarre il y a environ vingt ans. Vincent Ackermann rachète l’entreprise viticole de son patron à Rorschwihr en démarrant de presque rien. Aujourd’hui, le domaine compte 10 hectares de vignes, dont 9,5 ha en production, sur les bans de six communes : Rorschwihr, Rodern, Kintzheim, Orschwiller, Bergheim et Saint-Hippolyte. Depuis son installation, Vincent Ackermann travaille en lutte raisonnée, en labourant le sol et en utilisant le moins de produits phytosanitaires possible. Il s’interroge sur la possibilité de passer en production biologique. Un tiers du vin est commercialisé en bouteilles, un tiers en vrac et un tiers en raisin. La partie commerciale reste compliquée selon les années et la situation économique du moment. « Le vrac permet de garder les meilleurs lots et de les vendre quand nous avons besoin de trésorerie », souligne le vigneron indépendant.

En complément de la partie viticulture, l’épouse de Vincent Ackermann, Muriel, a développé une activité œnotouristique. « Elle s’occupe de la vente au caveau et des deux gîtes et quatre chambres d’hôtes que nous avons aménagés nous-mêmes, précise Vincent Ackermann. Nous sommes situés sur la route des vins. Cette proximité, qui nous permet de proposer aux touristes différentes activités, la quiétude des lieux et les dégustations ont contribué à fidéliser la clientèle. »

Une très bonne acidité

Pour ces vendanges 2018, Vincent Ackermann a décidé de démarrer mardi 28 août sur une parcelle de 28 ares située sur le ban de Rodern, à 250 mètres d’altitude, au lieu-dit Wannen. « C’est une parcelle de pinot auxerrois que j’ai rachetée à de la famille cette année, spécialement dédiée au crémant. L’altitude favorise la production de crémant, car nous avons une belle acidité. L’état sanitaire est exceptionnel. Cela faisait longtemps que je n’avais pas connu une telle qualité. Nous récoltons à 10,5°. Pour les crémants, c’est très bien. En revanche, ce n’est pas la même chose pour la parcelle vendangée jeudi 30 août, où l’auxerrois a subi le stress hydrique : la vigne a stagné. » Vincent Ackermann consacre environ 15 % de sa production au crémant d’Alsace. Un pourcentage qui est stable dans le temps pour un crémant qui se vend très bien.

La suite des vendanges ? « C’est prévu la semaine prochaine avec des parcelles AOC de pinot noir et auxerrois. J’ai goûté les raisins : pour les pinots noirs, les pépins sont déjà bien mûrs. L’auxerrois présente une bonne densité. Comme pour le crémant, ce sont les parcelles les plus précoces », commente Vincent Ackermann. Ensuite, il marquera une pause dans ces vendanges 2018. « Nous allons attendre un peu. Il ne faut jamais se précipiter. En général, nous vendangeons ici quatre à six semaines. Nous travaillons toutes nos parcelles différemment, ce qui nous permet d’avoir des vins différents. On peut se le permettre. Les maturités ne sont jamais les mêmes d’une parcelle à l’autre et dépendent de nos sols granitiques et calcaires. La preuve, lundi 27 août, j’ai visité une parcelle de gewurztraminer qui n’avait pas encore véré. On enchaînera donc en fonction des maturités de chaque terroir. J’en cherche d’assez importantes, car j’élabore des vins assez puissants, équilibrés. On revient sur des vins plus secs que par le passé », constate le vigneron indépendant.

Du travail

Vincent Ackermann vendange essentiellement à la main et utilise la machine à vendanger pour ses parcelles situées en plaine. C’est sans doute la première fois qu’il vendange un 28 août. « C’est peut-être arrivé en 2003, mais je n’en suis plus certain. C’est impressionnant car, désormais, tout s’enchaîne. On est toujours dans le stress. Il y a le palissage, la mise en bouteilles et directement les vendanges. Par le passé, nous avions un laps de temps pour nous reposer un peu et faire autre chose », commente le vigneron.

Autre difficulté : trouver des vendangeurs. « J’ai passé une annonce via Alsace Vendanges. Mais, personne ne m’a appelé. Mais j’ai la chance de pouvoir faire confiance aux mêmes personnes depuis plusieurs années : des amis, des connaissances fidèles, des membres de la famille. » À commencer par la fille aînée de Muriel et Vincent Ackermann, Théa, 19 ans. L’avancée de la date des vendanges lui permet d’être là. « Je suis étudiante. Je prépare un Deust Métier de la forme à Strasbourg. Je suis encore en vacances. Faire les vendanges me plaît. C’est un moment convivial », explique la jeune femme. Pour autant, elle ne se voit pas, pour l’instant, succéder à ses parents à la tête du domaine familial. « C’est une activité professionnelle très compliquée qui prend beaucoup de temps. À 19 ans, travailler à ce point, tous les jours, n’est pas ce qui m’attire le plus. On verra à l’avenir. »

Un peu plus loin dans les vignes, Michel, âgé de 63 ans. Il habite Saint-Étienne. Cela fait 17 ans qu’il vient en Alsace et 10 ans qu’il vendange chez Vincent Ackermann. « J’ai d’abord connu le gîte, que nous avions réservé avec mon épouse. Nous avons sympathisé. Ils sont très accueillants et surtout travailleurs. Du coup, nous revenons chaque année pour vendanger. C’est une activité intéressante. On voit le boulot. J’en profite pour approfondir mes connaissances. C’est important pour moi qui ai travaillé dans un bureau d’études. En tout cas, ces vignerons se battent pour faire évoluer leur entreprise et leur vin est de qualité », conclut le jeune retraité.

S’BüraFascht et 65e concours départemental de labour à Sainte-Croix-en-Plaine

Cultiver, préserver, innover

Vie professionnelle

Publié le 24/08/2018

La fête a été belle. Les multiples animations mises en place tout au long de la journée ont été appréciées par un public qui a répondu présent. « Les 600 brochures distribuées à l’entrée du site aux automobilistes sont toutes parties et des gens sont ensuite encore arrivés. Nous avons servi plus de 600 repas à l’heure du déjeuner. Malgré la chaleur, la foule a répondu présente. Le site, très grand, a permis aux gens de profiter tranquillement de l’après-midi. C’est une journée réussie », expliquait mardi matin, Laurine Spieser, animatrice chez les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin.

« Soyez fiers de votre métier »

Si la matinée a démarré timidement, à l’image du « Speed-dating » consacré à l’installation qui, comme toute première, devra être revue, mais surtout pérennisée dans le temps, la suite de la journée a suscité l’enthousiasme. Toutes les filières agricoles ont été valorisées et expliquées au grand public. « Un grand merci à tous les jeunes agriculteurs du Ried. Cela a nécessité depuis plusieurs semaines une réelle organisation et une année de travail en amont. Mais, vous avez su, vous les jeunes, perpétuer ce concours et cette fête que les générations précédentes ont mis en place. Bravo à toutes et à tous », a commenté la présidente des jeunes agriculteurs du Ried, Charlotte Feuerbach lors de la remise des prix. Une organisation saluée par le maire de Sainte-Croix-Plaine François Heymann qui a notamment relevé la difficulté de labourer par cette sécheresse, « ce concours a démontré tout votre savoir-faire comme l’ensemble de cette manifestation ». Des propos complétés par le député Eric Straumann. « J’étais étonné par grandeur de la surface que vous avez utilisée lors de cette journée. Félicitations pour votre investissement et votre engagement. Vous faites la promotion de l’agriculture, secteur stratégique pour notre pays ». À quelques mois des élections à la Chambre d'agriculture, le président sortant qui ne se représente pas, Laurent Wendlinger a rappelé que le labour est également le début d’une année culturale. « Après les récoltes, il y a les préparations des sols, les semis, les levées puis les plantes qu’il faut soigner et préserver. L’agriculture reste quelque chose de complexe comme la météo de cette année. Il est donc important que le monde politique accompagne l’agriculture. Et, sur ce point, nous sommes inquiets face aux mesures gouvernementales qui ont été prises ou évoquées, comme, par exemple, l’interdiction des néonicotinoïdes. C’est désolant qu’une profession soit ainsi mise à l’écart alors qu’elle se trouve dans une véritable concurrence mondiale. Nous méritons mieux », s’est agacé Laurent Wendlinger. Le président de la FDSEA du Haut-Rhin Denis Nass a renchéri, « on voit clairement que la profession et les cultures notamment le maïs souffrent avec cette sécheresse. Il y a ceux qui sont capables d’irriguer et c’est un travail considérable pour protéger leur production, et ceux qui ne le peuvent pas. Tout cela pour préserver l’économie rurale. Quand nous entendons ceux qui crachent sur notre métier sans savoir, je les invite à stopper ces discours et à nous respecter. Venez sur le terrain voir la réalité agricole, voir ce que nous faisons de bien au service de l’environnement, de nos productions, de l’alimentation, de nos métiers. Quant à vous, agricultrices et agriculteurs, continuons d’être fiers de notre métier ». Enfin le conseiller régional Jacques Cattin a lui également incité les jeunes à s’investir. « Dans nos communes, il y a la nouvelle génération. Continuez à vous impliquer comme lors de cette manifestation pour défendre une cause juste ».

Un labour compliqué

Onze concurrents se sont ensuite retrouvés pour ce 65e concours départemental de labour. Le président du jury, Claude Gretter, l’a reconnu dès le matin, juste avant le tracé d’ouverture, « les conditions sont difficiles. Le sol est sec. Cela ne va pas être facile de labourer sur un terrain aussi compliqué. À eux de faire de leur mieux ». Ce qu’ils ont fait. À commencer par le vainqueur dans la catégorie « labour à plat », Mathieu Grienenberger de Heiwiller. Âgé de 33 ans, il a fait jouer son expérience. Et pour cause. Il avait remporté ce concours une première fois, il y a dix ans ! « J’ai toujours aimé labourer. Je le fais chaque hiver sur l’exploitation familiale. Là, je me suis une nouvelle fois inscrit pour me faire plaisir. Ce concours permet de rencontrer du monde, d’échanger, de labourer sur des sols plus ou moins différents que d’habitude. C’est toujours une expérience nouvelle », explique Mathieu Grienenberger. Il reconnaît cependant que les difficultés pour bien travailler ont été nombreuses en raison de l’état très sec du sol. « J’ai réussi à gérer grâce à l’expérience », ajoute-t-il. Il y a dix ans, il avait terminé 6e de la finale régionale à Blaesheim dans le Bas-Rhin. Cette fois, il n’a pas davantage d’objectifs. « Je vais y aller pour un podium. Mais, la concurrence sera rude. Il y a des concurrents qui ont une charrue de concours à 20 000 €. La mienne n’a rien de spécial. Je ne me prépare pas spécialement. Je vais faire de mon mieux, tout simplement », ajoute Mathieu Grienenberger. Vainqueur dans la catégorie « labour en planche », Matthieu Baltzinger de Jebsheim était plutôt surpris de son résultat. Âgé de 22 ans, il est installé avec son père sur l’exploitation familiale en polyculture élevage depuis le mois de mars. Après une première participation lors d’un concours qui s’était déroulé à Zellenberg, il a fait son retour à Sainte-Croix-en-Plaine. Un choix de proximité. « Des amis étaient inscrits. Cela a été une motivation supplémentaire. Je ne me suis pas spécialement entraîné. Mais, c’est vrai que j’ai pris confiance après mon tracé d’ouverture qui était réussi. Une surprise car le matériel utilisé n’était pas celui de l’exploitation », constate le jeune homme. D’où son étonnement de terminer premier. « J’ai rajouté du poids sur la charrue vue la configuration du terrain et le sol très sec. Cela a marché. Je suis content même si cela rajoute de la pression pour la finale du Grand Est. Représenter le département, c’est quelque chose. Je vais maintenant m’entraîner pour essayer de faire le mieux possible », conclut Matthieu Baltzinger.

Association des viticulteurs d'Alsace

Des vendanges de plus en plus en plus précoces

Vigne

Publié le 22/08/2018

Une assemblée générale de l’AVA qui se déroule un 20 août, c'est exceptionnel. Tout comme le millésime qui s’annonce. Du côté d’Ammerschwihr, on a  vendangé dès le 17 août ! « Tout avait pourtant bien débuté, le débourrement était normal. Mais il y a eu cette chaleur et cette humidité au printemps. Puis cette sécheresse persistante depuis le début de l’été. La vigne souffre. Ici ou là, il faut s’attendre à des pertes de récolte, qui pourront être conséquentes. »

Une commission irrigation en place

En ouvrant l’assemblée générale, le président de l’AVA, Jérôme Bauer, n’a pas éludé les difficultés actuelles. « On parle d’irrigation. La presse s’en fait l’écho. La question n’est pas nouvelle. Nous avons été sollicités sur le sujet au début du printemps par le syndicat viticole de Colmar-Houssen. Nous avons décidé de mener une réflexion : une commission irrigation a été mise en place, mais ses travaux n’ont pas pu démarrer avant les vendanges. Elle se réunira à leur issue. Il y a une réglementation et certainement une modification du cahier des charges à réaliser. Nous sommes en AOC. Il faut être équitable envers tous les vignerons, trouver des solutions collectives et viables et détenir tous les éléments pour mener à bien ce dossier », explique Jérôme Bauer. Avant de faire un parallèle avec le maïs. Cette année, les parcelles irriguées vont afficher des rendements allant jusqu’à 140-150 quintaux. Celles qui ne peuvent pas l’être ne dépasseront pas les 50 q. « On le voit, irriguer, ce n’est pas évident. Cela peut engager la survie de certaines exploitations. En tout cas, il faut envisager cette possibilité. Mais dans le cadre d’une réflexion globale. »

Lors du tour des sous-régions qui a suivi pour fixer la date des vendanges 2018, plusieurs intervenants ont donné leur point de vue sur le sujet. Jacques Stentz, pour la sous-région de Wintzenheim, constate qu’il y a des secteurs très hétérogènes et que la vigne a soif. Pour lui, ce débat est nécessaire. Il distingue cependant irrigation et arrosage. « Mais il faut agir vite », prévient-il. Philippe Gocker, de la sous-région de Kaysersberg, est du même avis. Il ressent un pessimisme chez les professionnels qu’il n’avait jamais observé jusqu’à présent. « Il y a eu le gel l’an passé, la sécheresse cette année. Pour l’arrosage, il faut aller vite pour prouver que cela va faire des produits de qualité. Car on a des surfaces bloquées qui ne seront certainement pas vendangées. »

Des pertes de potentiel de production

Plusieurs intervenants ont interpellé les responsables de l’AVA pour pouvoir acidifier ou même chaptaliser. « On est le 20 août ! », a réagi, excédé, Jérôme Bauer. Le secteur de Châtenois est également dans une situation très difficile avec le gel de 2017 et la grêle de cette année. Enfin, pour la sous-région de Barr, Didier Pettermann fait état de vignes qui, dans certains secteurs, ne seront pas récoltées. Patrick Schiffmann prévient. « Pour ces dates de vendanges, la commission Crinao doit, avant de se réunir, sortir dans les vignes pour constater le problème. La vigne a soif. » Il est relayé par Romuald Bohn qui demande un dossier de catastrophe naturelle pour étayer la cause de l’irrigation. « On parle de sauver des pieds de vigne. On risque de perdre notre potentiel de production », souligne Pierre-Olivier Baffrey, président de Bestheim car au-delà d'une récolte, certaines vignes ne survivront pas à cette nouvelle sécheresse.

Les professionnels sont inquiets, ils souhaitent savoir par quoi remplacer les cépages actuels qui ne supportent plus ces dérèglements climatiques. Un débat qui agace le président honoraire de l’AVA, Raymond Baltenweck. « Ce débat ne nous sert pas. Nous avons de bons vins. Ne donnez pas toujours la tribune à ceux qui ont fait les mauvais choix. » Et Jérôme Bauer d’enchaîner. « J’ai mes convictions et je les exprime. Mais quand des décisions sont prises collectivement, je les assume et je les défends au nom du vignoble alsacien. Par contre, quand ça ira trop loin, je dirai stop ! Nous ne devons pas perdre nos valeurs et tomber dans le productivisme industriel. Je ne veux pas en être responsable. Mais il faut rappeler que ces dernières années, la qualité des vins d’Alsace est constante, et même s’améliore. La véritable question est : notre vignoble est-il un vignoble d’appellation ? À la Saint-Vincent, en janvier prochain, il faudra en débattre et afficher notre positionnement », prévient Jérôme Bauer. L’assemblée générale passe au vote pour définir la date des vendanges : le mercredi 22 août pour le crémant et le lundi 3 septembre pour l’AOC.

Contractualiser pour sécuriser

Sur la revendication syndicale des prix, Jérôme Bauer a rappelé que l'AVA n’est plus en capacité de publier quoi que ce soit, après l’interpellation de l’autorité de la concurrence. Sur le plan économique, s’il y a eu des blocages sur les vins en vrac avec des prix en chute, la situation s’améliore. « Mais l’avenir passera par la contractualisation pluriannuelle qui assurera une sécurisation financière. »

Enfin, Jérôme Bauer a rappelé qu’il avait été réélu à la présidence de l’AVA en juillet dernier pour un troisième mandat. « J’ai souhaité me représenter pour faire aboutir des dossiers que nous avons engagés. Il n’y avait pas d’autres candidats. Il y a un conseil d’administration et une assemblée générale qui valident les décisions. J’ai un style qui passe ou pas, mais je ne changerai pas. Nous avons remporté des combats syndicaux en étant solidaires. Il n’y a pas deux types de viticulture en Alsace. Toutes les forces vives du vignoble sont invitées à jouer collectif. »

Un collectif nécessaire, en matière de commercialisation, à l’heure où les vins d’Alsace semblent avoir passé le cap le plus difficile. « On voit des prémices de reprise pour ces premiers mois de 2018 », observe le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, Gilles Neusch, statistiques à l’appui. Fin juin 2018, les disponibilités en vins d’Alsace étaient de 1,7 million de litres (en baisse de 2,7 % sur un an et en hausse de 5,2 % sur trois ans). Toutes AOC, en 2017, les commercialisations concernaient 241 949 hl à l’export (- 1 % sur un an) et 700 431 hl en métropole (- 2,1 % sur un an), soit 942 380 hl. Un point sur les contrôles de maturité a ensuite été effectué par Arthur Froehly, qui a constaté une forte baisse de l’acidité.

Les professionnels ont rencontré l’administration

Insupportable sécheresse

Vie professionnelle

Publié le 19/08/2018

« La dernière « vraie » pluie, un orage, est tombée le soir de la finale de la coupe du monde de football. Depuis, quasiment plus rien. Nous avons eu 6 mm. Cela devient vraiment difficile ». Ce résumé est fait par Fernand Hoffner, agriculteur à Fellering. C’est cette situation qu’il décrit à ses homologues venus lui rendre visite. Il y a là Laurent Wendlinger et Yves Jauss pour la Chambre d'agriculture Alsace, Denis Nass, Michel Busch et Pascal Wittmann pour la FDSEA du Haut-Rhin, Philippe Stievenard et Philippe Schott pour la direction départementale des territoires du Haut-Rhin. Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs et les responsables professionnels alertent l’État et son administration sur les difficultés rencontrées par les agriculteurs face à cet épisode climatique. L’éleveur possède des vaches allaitantes et un élevage de génisses qu’il insémine. Il achète des veaux pour les revendre ensuite. Sur les hauteurs de Fellering, il occupe 65 hectares de prés, 50 hectares sur les chaumes et 15 autres en fond de vallée. La première coupe de foin, au printemps, avait été intéressante. « Mais, depuis, il n’y a pas eu de deuxième coupe. Je suis déjà obligé de prendre des bottes de pailles et de foin dans le stock prévu pour cet hiver. Et la situation est la même pour tous les éleveurs du secteur. Certains sont même, déjà obligés, d’en acheter ailleurs. Et, les prix sont compliqués à appréhender. Tant pour les vaches que pour le foin et la paille. Ils n’étaient déjà pas terribles l’année passée », ajoute Fernand Hoffner. Certains éleveurs choisissent de se regrouper pour acheter de la paille dans la vallée. Mais là également ce n’est pas simple. De nombreux professionnels de la montagne sont en production bio. « Or, le but du bio est de ne pas faire beaucoup de kilomètres pour éviter, d’une part, le coût du transport et éviter de dépenser du carbone, et d’autre part, pour la qualité de la paille et du foin », précise Fernand Hoffner qui est en bio depuis 2001. Comme d’autres professionnels, il espérait l’arrivée de vraies pluies pour espérer pouvoir réaliser une seconde coupe au mois d’octobre. « Si ce n’est pas le cas, l’hiver va être très long », conclut l’éleveur qui propose à ses invités de monter sur les hauteurs pour voir de près ses prés. Pour les adeptes de marche ou les vacanciers de passage, le site est magnifique. « Avant, tout cela c’était de la forêt et des friches. En 1995, on a ouvert en laissant quelques arbres. Le lieu est agréable à travailler et à visiter. Mais, regardez cette herbe… », conclut, laconique, Fernand Hoffner. Il n’y a que très peu d’herbe et ce qu’il en reste est « jaunâtre » comme brûlé. Les vaches présentes broutent ce qu’il reste. Un spectacle désolant et impressionnant.

La quatrième année consécutive

Cette situation est loin d’être un cas isolé. Les représentants professionnels et de l’administration se dirigent ensuite vers Wattwiller et plus précisément vers l’élevage de la famille Pfauwadel. Ils sont accueillis par Denis Pfauwadel qui, depuis 25 ans, a développé son élevage (on y trouve notamment de superbes vaches de race Salers) et l’agriculture de proximité avec la gestion d’une ferme-auberge qui se trouve en face, sur les hauteurs. La ferme est dans une situation géographique particulière. Elle est située entre la montagne et la route nationale 83. Une situation qui explique, en partie, les difficultés depuis quatre ans. « Nous avons des terres pas très lourdes et peu d’eau car, précisément, nous avons les collines sous-vosgiennes et cette montagne devant nous qui arrêtent les pluies. Il y a donc ici un véritable problème d’eau qui entraîne également un déficit fourrager. Quand cela arrive une fois, ce n’est pas trop grave. Mais, là, c’est la quatrième année consécutive », constate Denis Pfauwadel. Pourtant, comme dans le cas précédent, la première coupe s’était relativement bien passée au printemps. Mais, ensuite, plus rien. « On a déchaumé. La moisson de blé a été réalisée très tôt. Mais, le reste, le foin, la paille, il n’y a pas grand-chose. Ce qui germe, grille. Il faut puiser dans les stocks pour alimenter les animaux ou alors acheter du fourrage. Et il coûte toujours plus cher. Quant aux parcelles de maïs, nous ne sommes pas ici sur de bonnes terres comme du côté de Schweighouse ou du Sundgau. Depuis trois ans, nous sommes contraints de broyer nos parcelles car elles ne sont pas récoltables », poursuit l’éleveur. Comme d’autres professionnels, il est en quête d’eau. S’il creuse des puits, il faut forer très en profondeur. S’il doit se déplacer jusqu’à des secteurs plus pertinents comme aux abords de la route nationale, il faut déplacer le matériel qui s’use plus rapidement. D’autant que sur de telles terres, les cailloux sont partout. « Nous sommes dans un secteur difficile, ça nous le savons. Mais, derrière, il y a tous ces problèmes politiques et administratifs qui s’ajoutent : les contraintes environnementales, l’utilisation de l’eau. Nous ne pouvons plus travailler dans de telles conditions. Il faut nous soutenir ou, en tout cas, faciliter notre travail au quotidien », conclut Denis Pfauwadel. Les représentants de l’administration prennent note de la situation et le débat se poursuit sur les mesures à prendre, les actions à mener. Depuis cette rencontre, des pluies sont tombées localement mais largement insuffisantes pour rétablir une situation compliquée.

ACS Andelfinger à Ostheim

Remise de clés de la nouvelle machine à vendanger 9070M de New Holland

Technique

Publié le 16/08/2018

« Atout Viticole » l’entreprise de Jérémy Flory réalise la plupart des travaux mécaniques requis dans les vignes : le prétaillage, le broyage, les labours, le palissage, le rognage, le débroussaillage de talus et terrasses, et la vendange mécanique. Depuis ses débuts, l’entrepreneur fait confiance à la marque New Holland dont il veut saluer le « très bon rapport qualité prix ». C’est la concession ACS Andelfinger, d'Ostheim, qui lui fournit régulièrement ses machines. « J’avais déjà une machine qui me permettait d’effectuer un travail de qualité. J’ai souhaité en acheter deux nouvelles suite à une cession. J’apprécie tout particulièrement l’efficacité de cette machine à vendanger. Son travail est propre et fiable. Dans ces conditions, il faut faire confiance aux mêmes partenaires quand cela se passe bien », résume Jérémy Flory qui remercie au passage son chargé de clientèle au Crédit Mutuel pour l’aide au financement. Il s’est donc vu remettre les clés de son outil de travail chez ACS Andelfinger à Ostheim en présence d’Arnaud Vibrac, formateur « Récolte » chez New Holland, et de Jean-Christophe Schmitt, responsable de la base d’Ostheim chez ACS Andelfinger. Ce dernier explique que cette machine à vendanger fait effectivement partie de la nouvelle génération de machines vendues par New Holland. « Elle a un bac et des égreneurs spécialement conçus pour l’Alsace permettant de passer dans les vignes où c’est plus étroit que dans d’autres vignobles. En outre, la vendange est amenée directement dans la benne sans trituration. Enfin, et c’est une spécificité qui est appréciée car cela n’avait jamais existé jusqu’à présent, elle a une pesée qui permet aux utilisateurs de savoir immédiatement combien de kg de raisins ils ont vendangé », précise Jean-Christophe Schmitt.

Euro Agrar et Agri Mécanique

La puissance du Démo Tour Valtra

Technique

Publié le 16/08/2018

Après avoir officiellement lancé la marque lors de la dernière foire aux vins d’Alsace de Colmar, les responsables d’Euro Agrar et Valtra ont poursuivi leur politique de communication en se retrouvant dans un champ situé entre Ensisheim et Battenheim. Pendant toute une journée, ils ont accueilli leurs clients et les professionnels intéressés, en quête d’explications sur le matériel.

Valtra a lancé son Démo Tour un peu partout dans l’hexagone il y a trois ans. Depuis, cet impressionnant camion s’arrête sur différents secteurs déjà connus et sur d’autres où le potentiel de séduction d’une nouvelle clientèle reste à faire. C’est le cas sur celui-ci, où le Démo Tour s’est arrêté pour la première fois. « Nous sommes arrivés la veille avec ce camion, où tout le matériel est stocké. Nous l’avons ouvert et dressé cet auvent. Il s’agit de la douzième étape d’un tour qui en compte vingt », explique Margaux Laboisse, responsable marketing produit chez Valtra pour le secteur Grand Est et Nord Est. Elle est accompagnée d’inspecteurs commerciaux et de techniciens d’Euro Agrar et Valtra.

« Nous présentons toute la gamme de matériels, les différentes séries de tracteurs des distributeurs, dans des puissances allant de 75 à 405 ch. Une gamme qui propose sa quatrième génération. Les agriculteurs ont la possibilité d’assister aux démonstrations, de recevoir toutes les explications techniques nécessaires, de tester les tracteurs. En prenant le volant, ils se rendent compte eux-mêmes de l’intérêt du matériel, de sa capacité de travail. Nous sommes là en support pour leur donner tous les détails explicatifs », ajoute Margaux Laboisse.

Différents ateliers

Plusieurs ateliers ont été proposés. Le premier, au champ, permettait de constater la puissance du moteur, l’efficacité du relevage du matériel. Le second, sur route, de tester, par exemple, la transmission. Le troisième, en mode chargeur, de constater la maniabilité. Enfin, un quatrième atelier, statique, présentait l’ensemble de la gamme. « Chaque agriculteur a la possibilité de tester un tracteur spécifique. Là, il s’agit par exemple d’un tracteur spécial avec une cabine forestière et un poste inversé. Nous en faisons la promotion car nous savons que nous avons un client sur le secteur et qu’il est intéressé », précise Margaux Laboisse.

Toute la journée, les professionnels ont pu apprécier ce Démo Tour dans une ambiance conviviale, autour de la buvette et de l’espace réservé aux discussions, agrémenté de tables et de fauteuils. Le soir venu, tout a été démonté. Et les tracteurs ont été transférés à Wolfskirchen pour la deuxième journée de cette étape haut-rhinoise. En deux jours, Valtra, Agri Mécanique et Euro Agrar ont touché plusieurs dizaines de clients, actuels ou nouveaux. Le potentiel de séduction poursuit sa montée en puissance.

Julien Ehrsam de Niederhergheim

« Apprendre et approfondir mes connaissances »

Vie professionnelle

Publié le 16/08/2018

Il aura 17 ans en septembre prochain. Scolarisé au lycée agricole de Rouffach, il est élève en bac pro polyculture élevage avec pour objectif de poursuivre ensuite avec un BTS grandes cultures afin de devenir agriculteur et de pouvoir s’installer sur l’exploitation familiale. « J’habite à côté des champs et j’ai toujours observé mon grand-père puis mon père travailler sur leurs terres. Ce métier, c’est une passion », explique Julien Ehrsam, lui-même convaincu de l’intérêt du métier. En attendant de poursuivre ses études, il aide sa famille lors de son temps libre pour acquérir de l’expérience et des connaissances pratiques. Il n’hésite pas à observer l’évolution du monde agricole, et des animations qui sont organisées ici et là. C’est ce qui l’a incité à s’inscrire pour la première fois à ce concours départemental de labour. « L’idée est d’apprendre, de connaître de nouvelles techniques, de voir du monde, d’écouter celles et ceux qui ont davantage d’expérience que moi », précise le jeune homme. Ces derniers jours, il s’est entraîné le soir. Il a tout d’abord réglé sa charrue qui a appartenu à son grand-père. « Elle date de 1984. Il a fallu la modifier et la bricoler un peu pour qu’elle soit en état de marche le jour du concours. Mais, pour moi ce n’est pas un concours. J’aime bien faire ce travail. Je suis quelqu’un qui se débrouille pas mal en mécanique », ajoute Julien Ehrsam. Pour le reste, il s’est rendu au récent rassemblement de tracteurs anciens à Hattstatt. Là également pour écouter et observer les uns et les autres. Voir les tracteurs anciens et assister aux démonstrations. Pour le concours, il le reconnaît, il n’y va pas pour gagner. « Je sais labourer, mais je manque clairement d’expérience. J’y vais pour apprendre, approfondir mes connaissances comme l’année passée à Mœrnach où j’avais assisté au concours. Cette journée s’annonce très intéressante », conclut Julien Ehrsam.

Andréa Resch de Merxheim

« Participer pour dire que je l’ai fait »

Vie professionnelle

Publié le 16/08/2018

Elle est dans la même classe au lycée agricole de Rouffach que Julien Ehrsam. Mais, son parcours est différent. Ses parents ne sont pas agriculteurs. Le monde agricole, elle a commencé à le découvrir au collège. « Le cursus général ne m’intéressait pas. Je me suis réorientée en classe de troisième et j'ai intégré le lycée agricole de Rouffach. Là, je me suis épanouie par le fait de pouvoir travailler à l’extérieur, avec les animaux. Étudier pour me retrouver dans un bureau, ce n’est pas mon truc », explique Andréa Resch. À l’issue de ses études agricoles, elle espère donc travailler dans le monde des céréales ou de l’élevage. Son choix n’est pas encore définitif. Elle cherche tout au long de l’année à approfondir ses connaissances. Participer à un concours de labour est donc pour elle une évidence. « L’année passée à Mœrnach, le fait d’être commissaire m’a permis d’approcher la manifestation. J’ai appris comment travaillaient les juges, comment on faisait les mesures, les calculs. C’était très intéressant et cela m’a permis de mieux comprendre encore la compétition. J’ai pu découvrir ce qu’était un bon labour, ce qui était attendu par les membres du jury », précise Andréa Resch. Cette année, elle est donc inscrite en tant que concurrente. Jusqu’à ces derniers jours, elle était surtout occupée à régler sa charrue. Avec l’aide de son père lui-même plutôt doué en mécanique. Elle attendait la pluie pour sortir sa charrue et aller avec le tracteur dans un champ pour un exercice d’entraînement pratique. Son objectif ce dimanche 19 août ? « Participer pour dire que je l’ai fait et essayer de ne pas finir dernière. Mais plutôt comme mon petit ami l’année passée », ironise l’adolescente. Le jeune homme en question, lui-même encore inscrit cette année, Benjamin Haaby, avait terminé 5e sur 9. Un classement qui la satisferait pleinement. Quant au fait qu’elle soit la seule ou l’une des seules filles du concours, ce n’est pas un problème. « Cela ne me surprend pas. Mais, il faut des femmes dans ce monde-là », conclut-elle.

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