Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace
Un pique-nique pédagogique
Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace
Vie professionnelle
Publié le 25/05/2018
Les vignerons indépendants et leurs familles invitent chez eux clients, amis et tous ceux qui veulent découvrir le métier de vigneron. Les visiteurs apportent leur pique-nique, le vigneron offre les vins et parle de son métier, de ses méthodes de travail, de ses terroirs et de ses vins. Chaque vigneron est par nature unique, chacun prévoit un programme qui lui ressemble. Les balades dans les vignes et visites de caves ainsi que les dégustations commentées sont les points essentiels de la journée.
Vers la biodynamie
Sylvie Spielmann est fidèle au rendez-vous et n’a manqué qu’une édition de la manifestation. Ses convives sont priés de réserver. Le programme est étudié. Tout commence, le matin, avec la présentation du domaine, la dégustation d’un premier vin. « Il y a une histoire liée à la géologie. Il y a 150 ans, ma famille a creusé dans la montagne. Il y avait ici une carrière en gypse. C’est une roche tendre saline, entièrement cristallisée, composée principalement du minéral gypse, un sulfate doublement hydraté de calcium, et qui constitue le premier fin dépôt dans les marais salants. Elle possède un domaine de stabilité assez étendu, mais en général dans des conditions haute température et de migration aisée d’eau, cède sa place à l’anhydrite, plus dense et plus dure. Sa texture cristalline est en général moyenne à fine, elle peut être granulaire à fibreuse. À partir de 1930, mon grand-père a ensuite encore creusé. Il fabriquait du plâtre. Comme moi, il était gourmand et avait un lopin de vignes. Il a toujours fait du vin en vrac. La mise en bouteilles a démarré à partir de 1958. Mon père l’a ensuite aidé puis lui a succédé. Après une expérience professionnelle aux États-Unis, j’ai pris le relais en 1988 », raconte Sylvie Spielmann à son auditoire impressionné. Une fois à la tête de l’exploitation familiale, elle n’hésite pas à changer la philosophie en accentuant les vins de terroir et en optant pour la viticulture biologique. À la fin des années 1990, le domaine passe en biodynamie. « J’ai apporté ce que je voulais. On sent davantage de profondeur dans les vins, plus de minéralité. On palisse tout à la main. Le sol s’est amélioré », précise la viticultrice.
Peu ou pas de sucre
Aujourd’hui, le domaine Spielmann possède 9 hectares de vignes dont 7 ha situés autour de la maison, sur l’ancienne carrière de gypse. Cette spécificité permet au domaine de produire des vins d’une belle fraîcheur, gastronomiques, de très grande garde. Les invités s’en sont aperçus en dégustant un premier vin : un pinot noir réserve Bergheim 2016. « Il est encore jeune. Il y a encore des tanins. Je commence seulement à le vendre. Il est assez souple, assez mûr. Je ne rajoute pas de sucre. 2016 est un millésime difficile en raison de la météo et surtout des difficultés liées à une forte présence de mildiou. J’ai réalisé cette année-là un tiers seulement de ma production. Ici, nous traitons en préventif, jamais en curatif », souligne Sylvie Spielmann. Elle explique ensuite qu’elle laisse macérer ses vins. Deux trois jours pour ses rosés, jusqu’à huit jours pour d’autres vins.
Son amie, Joyce Delimata, artiste peintre établie à Nuit Saint Georges en Bourgogne, passionnée par le vin et ses couleurs, raconte ensuite son envie de traduire par son art « toutes les nuances d’un même millésime. Le vin a orienté mon travail. Il n’est pas rare que je peigne sur les cuveries. Cela me permet d’effectuer différents types d’œuvres et de techniques », raconte l’artiste venue avec sesréalisations. La journée se poursuit dans la convivialité. À l’heure du déjeuner, les participants sortent leur repas tiré du sac pendant que Sylvie Spielmann présente de nouveaux vins. Dans l’après-midi, elle propose une balade dans le vignoble. La journée se termine par une dégustation du millésime 2017.












