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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Un pique-nique pédagogique

Vie professionnelle

Publié le 25/05/2018

Les vignerons indépendants et leurs familles invitent chez eux clients, amis et tous ceux qui veulent découvrir le métier de vigneron. Les visiteurs apportent leur pique-nique, le vigneron offre les vins et parle de son métier, de ses méthodes de travail, de ses terroirs et de ses vins. Chaque vigneron est par nature unique, chacun prévoit un programme qui lui ressemble. Les balades dans les vignes et visites de caves ainsi que les dégustations commentées sont les points essentiels de la journée.

Vers la biodynamie

Sylvie Spielmann est fidèle au rendez-vous et n’a manqué qu’une édition de la manifestation. Ses convives sont priés de réserver. Le programme est étudié. Tout commence, le matin, avec la présentation du domaine, la dégustation d’un premier vin. « Il y a une histoire liée à la géologie. Il y a 150 ans, ma famille a creusé dans la montagne. Il y avait ici une carrière en gypse. C’est une roche tendre saline, entièrement cristallisée, composée principalement du minéral gypse, un sulfate doublement hydraté de calcium, et qui constitue le premier fin dépôt dans les marais salants. Elle possède un domaine de stabilité assez étendu, mais en général dans des conditions haute température et de migration aisée d’eau, cède sa place à l’anhydrite, plus dense et plus dure. Sa texture cristalline est en général moyenne à fine, elle peut être granulaire à fibreuse. À partir de 1930, mon grand-père a ensuite encore creusé. Il fabriquait du plâtre. Comme moi, il était gourmand et avait un lopin de vignes. Il a toujours fait du vin en vrac. La mise en bouteilles a démarré à partir de 1958. Mon père l’a ensuite aidé puis lui a succédé. Après une expérience professionnelle aux États-Unis, j’ai pris le relais en 1988 », raconte Sylvie Spielmann à son auditoire impressionné. Une fois à la tête de l’exploitation familiale, elle n’hésite pas à changer la philosophie en accentuant les vins de terroir et en optant pour la viticulture biologique. À la fin des années 1990, le domaine passe en biodynamie. « J’ai apporté ce que je voulais. On sent davantage de profondeur dans les vins, plus de minéralité. On palisse tout à la main. Le sol s’est amélioré », précise la viticultrice.

Peu ou pas de sucre

Aujourd’hui, le domaine Spielmann possède 9 hectares de vignes dont 7 ha situés autour de la maison, sur l’ancienne carrière de gypse. Cette spécificité permet au domaine de produire des vins d’une belle fraîcheur, gastronomiques, de très grande garde. Les invités s’en sont aperçus en dégustant un premier vin : un pinot noir réserve Bergheim 2016. « Il est encore jeune. Il y a encore des tanins. Je commence seulement à le vendre. Il est assez souple, assez mûr. Je ne rajoute pas de sucre. 2016 est un millésime difficile en raison de la météo et surtout des difficultés liées à une forte présence de mildiou. J’ai réalisé cette année-là un tiers seulement de ma production. Ici, nous traitons en préventif, jamais en curatif », souligne Sylvie Spielmann. Elle explique ensuite qu’elle laisse macérer ses vins. Deux trois jours pour ses rosés, jusqu’à huit jours pour d’autres vins.

Son amie, Joyce Delimata, artiste peintre établie à Nuit Saint Georges en Bourgogne, passionnée par le vin et ses couleurs, raconte ensuite son envie de traduire par son art « toutes les nuances d’un même millésime. Le vin a orienté mon travail. Il n’est pas rare que je peigne sur les cuveries. Cela me permet d’effectuer différents types d’œuvres et de techniques », raconte l’artiste venue avec sesréalisations. La journée se poursuit dans la convivialité. À l’heure du déjeuner, les participants sortent leur repas tiré du sac pendant que Sylvie Spielmann présente de nouveaux vins. Dans l’après-midi, elle propose une balade dans le vignoble. La journée se termine par une dégustation du millésime 2017.

Distillerie de Sigolsheim

Une nouvelle chaudière à vapeur

Vigne

Publié le 24/05/2018

La grande fumée blanche qui s’échappe de la cheminée, c’est de la vapeur d’eau. La vapeur est un élément essentiel dans le process de production de l’entreprise. Elle permet de limiter les odeurs à une semaine par an. Soucieuse de sécuriser son outil industriel et de diminuer ses dépenses en énergie, la distillerie a confié à Engie Cofely le soin de trouver une solution qui optimise le fonctionnement de la société. Ce partenariat a pris la forme d’une coconstruction pour mettre en œuvre la solution la plus adaptée au site. Le contrat, qui lie les deux protagonistes pour une durée de dix ans, comprend l’installation de la nouvelle centrale, son financement, sa maintenance et son exploitation, tâche incluant la vente de vapeur. « La production de vapeur, jusqu’à 6 tonnes par heure, permet entre autres de chauffer les colonnes de distillation. La centrale fonctionne au gaz. C’est une énergie fossile, mais beaucoup plus propre. Elle permet de réduire de 44 % l’émission de CO2, soit 1 350 t de CO2 par an, ce qui correspond à un trajet en voiture de 6 900 000 km. Elle assure aussi une production plus stabilisée de vapeur », explique Erwin Brouard, directeur de la distillerie de Sigolsheim.

Créée en 1958, la distillerie est devenue en 2007 une filiale du groupe Grap'Sud. « Notre slogan, c’est « L’autre richesse du raisin ». Nous valorisons les sous-produits de la viticulture », souligne Guy Lautier, président de la distillerie Romann. Depuis 2008, les investissements sont ininterrompus. Il y a eu les mises aux normes électriques, sécuritaires et environnementales, mais également la purification des eaux résiduelles. Aujourd’hui, le site est agréé ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). L’établissement alsacien, qui fait travailler 18 personnes dont 13 permanents et réalise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, fabrique chaque année de 10 000 à 15 000 hectolitres d’alcool pur. Il s’agit de distillat (liquide issu de la condensation de vapeur), d’eaux-de-vie de vin, de biocarburant. Il produit également de l’acide tartrique, élément prisé des professionnels du bâtiment et des œnologues désireux de conférer plus de caractère à un vin. Le secteur agroalimentaire utilise ses extraits de vins, ses pulpes et des pépins de raisins. La parfumerie se sert des essences de lies. La nutraceutique est férue des pépins polyphénols de raisin que l’on dit bons pour la santé. Quant aux animaux, ils ingèrent volontiers les aliments à base de pulpes et de pépins polyphénols de raisin.

Des déchets entièrement valorisés

« Nous pouvons stocker 40 000 hl de lies et de vins et 300 hl d’alcool pur. Nous sommes capables de réceptionner l’ensemble de la viticulture alsacienne et même d’autres », précise Erwin Brouard. La production génère des déchets entièrement valorisés. Les vinasses, restes de distillation contenant une forte dose de potasse, servent d’amendement organique déversé sur les champs. Elles contribuent aussi à la production de biogaz dans les unités de méthanisation. Les eaux sont recyclées et traitées dans la station d’épuration de la distillerie. D’autres résidus comme les rafles tiennent lieu de combustible pour le sécheur biomasse, ce qui permet à l’entreprise d’être moins tributaire de l’énergie fossile.

Jeunes Viticulteurs du Bas-Rhin et du Haut-Rhin

Se rapprocher pour le vignoble alsacien

Vie professionnelle

Publié le 17/05/2018

Ce rapprochement est d’autant plus nécessaire quand il s’agit d’évoquer les sujets d’actualité en lien avec l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). Néanmoins, les modes de fonctionnement sont différents. Dans le Haut-Rhin, les Jeunes Viticulteurs constituent un canton bien identifié chez les Jeunes Agriculteurs, avec un mode de fonctionnement qui lui est propre. Dans le Bas-Rhin, les Jeunes Viticulteurs ne sont qu’un groupe aux côtés des différents cantons des JA. « Pour ma part, je suis rattaché à mon canton de Sélestat. Nous n’avons pas vraiment de président ou de conseil d’administration, même si nous nous retrouvons régulièrement », explique Nicolas Pernet-Clog, jeune viticulteur à Dambach-la-Ville. « De notre côté, notre canton Viti chez les JA existe depuis longtemps, mais nous venons d’élire un nouveau conseil d’administration », précise de son côté Quentin Blanck, président des JA Viti 68 depuis la fin de l’année 2017.

Les deux professionnels veulent parler d’une seule voix. Notamment lorsqu’il s’agit de porter des dossiers au niveau du conseil d’administration de l’AVA ou lorsqu’il s’agit de faire avancer la viticulture sur l’ensemble du vignoble régional. « Nous souhaitons avancer ensemble et avoir un groupe « jeune » au niveau de l’AVA. Dans ce groupe, nous voulons continuer à accueillir tous les jeunes viticulteurs, issus de toutes les familles professionnelles du vignoble. Nous souhaitons casser cette barrière symbolique entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Il n’y a qu’une seule viticulture, celle de l’Alsace », commente Nicolas Pernet-Clog.

À l’export et en grande distribution

C’est dans cet état d’esprit qu’une trentaine de jeunes viticulteurs se sont retrouvés pour échanger ensemble. Avant un dîner en commun au cours duquel les différents thèmes d’actualité ont été abordés, les professionnels ont visité le domaine Henri Ehrhart à Ammerschwihr. Une visite commentée par Cyrille Ehrhart, 32 ans, qui a repris l’exploitation familiale en 2009. L’entreprise, qui existe depuis sept générations, fait actuellement travailler 14 salariés. L’activité de négoce a véritablement été impulsée en 1978 par Henri Ehrhart, le père de Cyrille. « À l’époque, la production se situait à environ 50 000 bouteilles. Aujourd’hui, en fonction des millésimes, nous tournons entre 5 et 7 millions de bouteilles. Nous consacrons environ 15 % de notre chiffre d’affaires à l’export. C’est relativement peu même si, depuis cinq ans, nous sommes le premier exportateur alsacien au Japon, grâce à un agent qui a développé un bon carnet d’adresses. Cela représente un volume d’environ 50 000 bouteilles. Le reste des ventes va vers la grande distribution, nous sommes représentés dans toutes les enseignes », explique Cyrille Ehrhart.

Le jeune viticulteur présente ensuite l’ensemble du bâtiment de 2 000 m3 avec, notamment, une nouvelle cuverie et un local de stockage particulièrement impressionnant. S’il est toujours aidé par son père, Cyrille Ehrhart peut également compter sur sa sœur, Sophie, qui s’occupe spécifiquement de la partie commerciale. Le domaine Henri Ehrhart compte encore se développer à l’avenir. « Nous sommes effectivement toujours à la recherche de nouveaux apporteurs de raisins. Nous en avons 80 actuellement pour une surface qui dépasse les 200 hectares. Nous voulons attirer les gens en proposant des prix d’achat attractifs. Nous jouons sur la proximité. Nous avons des plateformes un peu partout en Alsace où les viticulteurs peuvent apporter leurs raisins. Nous les acheminons par nos propres moyens ici à Ammerschwihr. Nous tenons à ce service de proximité », conclut Cyrille Ehrhart.

Agriculteurs et apiculteurs

« Nous sommes complémentaires »

Vie professionnelle

Publié le 17/05/2018

Au-delà des postures médiatiques, cette complémentarité pour un bénéfice général mérite d’être mieux connue. Apiculteurs et agriculteurs se retrouvés vendredi 4 mai sur la commune de Brunstatt-Didenheim. Un exemple concret de travail collaboratif avec Philippe Elbisser, apiculteur professionnel à Luemschwiller et membre du bureau de l’ADAGE (Association pour le développement de l’apiculture du Grand Est), et Pascal Wittmann, agriculteur à Hochstatt.

Pascal Wittmann loue des terrains à Didenheim. Auparavant, il cultivait presque exclusivement du maïs. Aujourd’hui, cette culture ne représente plus que 45 % de ses surfaces. Avec son fils Frédéric, ils se sont diversifiés : quelques fleurs, mais aussi du blé, des betteraves, de tournesol ou encore de colza. Le colza justement. Les abeilles sont friandes de son pollen.

Thierry Grieneisen est apiculteur, amateur depuis des décennies, et professionnel depuis 2012 à Buhl (également président du CETAA Alsace). Depuis trente ans, il élève ses abeilles en bonne intelligence avec les agriculteurs du département. En période de pollinisation, il installe des ruches, aux abords des champs notamment de colza (mais pas seulement…).« J’étais au lycée agricole à Rouffach. Cela m’a permis de tisser des relations. Puis, j’ai été commercial auprès des agriculteurs », précise Thierry Grieneisen, pour expliquer qu’il connaît également le métier d’agriculteur et qu’il comprend ses problématiques.

Pour créer un véritable garde-manger de près de 50 hectares pour les abeilles de Thierry Grieneisen et Philippe Elbisser, trois exploitants ont regroupé leurs parcelles de colza avec celles de Pascal Wittmann. Vincent Lidy, agriculteur à Luemschwiller, explique qu’il pratique « une lutte raisonnée contre les prédateurs. Sur une même parcelle de colza, on plante différentes variétés, dont une très précoce sur 5 % de la surface, pour les méligèthes ». Il s’agit d’un coléoptère qui, à l’orée du printemps, se jette sur les premières inflorescences. Rassasié, il ne touchera pas au reste de la production. « L’an dernier, on n’a pas eu à traiter. Cette année, un peu, la saison étant très sèche. Mais avant l’arrivée des abeilles ! ». Les apiculteurs ont installé une soixantaine de ruches, tout près d’un champ de colza. Si les apiculteurs y trouvent une nouvelle source de pollen pour leurs abeilles, les agriculteurs voient leur rendement amélioré de 5, 10 voire 15 % grâce à ces pollinisateurs. Une collaboration entre agriculteurs et apiculteurs, qui fructifie aussi, puisqu’une convention a été passée depuis cinq ans, entre le centre d’études techniques agricoles apicoles d’Alsace et la coopérative agricole de céréales, pour la pollinisation du tournesol semence, en août.

Avancer ensemble

« C’est ce genre d’interconnexions qui feront évoluer les mentalités, la connaissance et la sensibilité par rapport à la fragilité des abeilles. Et ce n’est pas en culpabilisant les agriculteurs qu’on fait changer les mentalités», assure Pascal Wittmann, qui est aussi secrétaire général de la Fdsea du Haut-Rhin. Mais en communiquant. Car, évidemment, les agriculteurs sont sensibles au sort des abeilles.

1 600 colonies sont aujourd’hui réparties dans tout le Haut-Rhin, une pratique qui se développe chez les apiculteurs professionnels. Une solution aux disettes liées à la météo et à la régression du fleurissement. La collaboration entre apiculteurs et agriculteurs se passe bien, grâce à l’échange d’informations. L'idée est de communiquer ensemble pour mieux savoir quand et où installer les ruches, quand utiliser des produits ou pas, pour ne pas nuire aux abeilles et aux autres auxiliaires.

L’an dernier, 1 200 colonies d’abeilles ont permis d’ensemencer 250 hectares. L' objectif est d'arriver à 500 hectares en 2019. Là, l’agriculteur paie pour la ruche, les abeilles ne produisant pas de miel pendant trois semaines et devant être nourries. « Nous, les agriculteurs, on discute entre nous, avec les apiculteurs, avec les élus. Ces échanges, c’est souvent du bon sens », note Vincent Lidy. Pour Thierry Grieneisen, « il faut tout simplement être constructifs et avancer ensemble ».

Caisse d’assurance-accidents agricoles (CAAA) du Haut-Rhin

Les accidents en baisse, la prévention en hausse

Vie professionnelle

Publié le 11/05/2018

Pour cette assemblée générale, le président de la CAAA du Haut-Rhin Jean-Michel Habig a innové : « En juin 2017, une nouvelle mandature de quatre années a débuté. Je souhaitais associer pour la première fois tous les délégués titulaires et suppléants à cette assemblée générale afin qu’ils aient toutes et tous égal accès à nos résultats, mais également les mêmes renseignements concernant les activités de la CAAA. Je souhaite que ce fonctionnement se poursuive à l’avenir lors de nos rendez-vous majeurs : l’assemblée générale et la journée des délégués en hiver. »

L’année 2017 a été positive du point de vue technique avec une baisse des accidents et des maladies. 888 sinistres ont été déclarés en 2017 contre 907 en 2016 et un seul accident mortel (un bûcheron) contre quatre en 2016. Ces 888 sinistres concernent 628 salariés, 191 non salariés et 69 élèves, 190 femmes et 698 hommes. « Nos activités de prévention portent leurs fruits puisque, sur la période de 2005 à 2013, la moyenne des dossiers traités est de 1 100 sinistres. Il faut continuer dans ce sens », insiste Jean-Michel Habig. Chez les salariés, la viticulture, les activités du paysage et la sylviculture sont les trois principaux secteurs d’activité qui concentrent à eux seuls 56 % des 628 accidents du travail et des maladies professionnelles. Pour les non-salariés, sur les 186 sinistres déclarés, l’agriculture/élevage (45 % de déclarations) et la viticulture (23 %) sont les deux secteurs les plus représentés dans la typologie des exploitations haut-rhinoises.

Des rentes en baisse

Concernant les rentes, 1 770 ont été allouées en 2017. Ce nombre continue de baisser et se situe en dessous de la moyenne de 1 898 rentes attribuées sur les cinq dernières années. Au niveau des prestations versées, la caisse a versé en 2017 plus de 6,9 millions d’euros. Les rentes, indemnités en capital et pensions, premier poste de dépense de la CAAA du Haut-Rhin, s’élèvent à plus de 4,88 M€. Le montant total des indemnités journalières allouées est d’un peu moins de 1,4 M€. « En 2017, ces indemnités journalières versées aux salariés se sont élevées à un peu plus de 1,2 M€, soit 33 % du montant des prestations en espèces. Par ailleurs, 25 574 journées d’arrêts de travail ont été accordées en 2017 contre 22 737 en 2016. La moyenne des indemnités journalières allouées au cours des dix dernières années est de 1 048 556 € pour un nombre moyen annuel de jours, pour la même période, de 24 692 », observe le directeur de la CAAA, Philippe Petry.

Après l’approbation des comptes financiers qui a vu un résultat positif de 117 000 €, l’assemblée générale a acté la baisse de 2,5 % le montant de la cotisation foncière appelée en 2018. « Il s’agit de maîtriser l’évolution du montant de la réserve statutaire de la CAAA et d’accompagner les exploitations et les entreprises agricoles en difficulté », estime Philippe Petry.

Priorité à la prévention

« La prévention des risques professionnels est et reste la priorité. En 2017, nous avons multiplié les réunions d’information et de sensibilisation. Le montant total des dépenses de prévention s’est élevé à 151 899 €. Les aides financières incitatives accordées représentent 64,4 % du budget de la prévention. Elles s’élèvent à 97 802 €. Nous allons poursuivre cette politique dynamique en 2018, en lien avec nos différents partenaires dans le monde agricole, viticole, ou encore celui de la forêt », complète Philippe Petry. C’est dans ce cadre que l’école de bûcherons de Saverne a présenté le 21 mars dernier sa nouvelle acquisition : un simulateur de bois sous tension. Acquis avec le soutien financier des CAAA d’Alsace-Moselle et du conseil régional du Grand Est, ce matériel servira lors des formations au bûcheronnage dispensées par l’école, mais également dans le cadre d’actions de prévention organisées par la CAAA. Un matériel présent à Sainte-Croix-en-Plaine le 4 mai. Les participants à l’assemblée générale ont pu assister à une démonstration de ce simulateur de mise sous tension des grumes. Un autre atelier a été consacré aux équipements de protection individuelle pour les travaux de bûcheronnage et de débardage.

27e concours national des crémants de France

De la Cité du vin au château Lafitte

Vigne

Publié le 09/05/2018

Jeudi 26 avril, l’assemblée générale du Syndicat national des crémants de France se déroulait au siège de Planète Bordeaux à Beychac-et-Caillau. Situé à 20 minutes de Bordeaux, le site est un lieu privilégié qui invite les visiteurs à un voyage multisensoriel dans l’univers merveilleux des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Au travers de techniques audiovisuelles et scénographiques (maquette 3D, aménagements sonores), tous les secrets qui entourent la naissance et la vie du vin sont révélés. Expositions et projections ont été soigneusement étudiées pour faire de l’endroit un lieu accueillant. Le coin des petits initie les enfants aux travaux de la vigne grâce à des supports visuels et ludiques. Ils prennent conscience de leurs cinq sens à travers différentes animations : dégustation de jus de raisin, questionnaires pédagogiques, diplôme du petit dégustateur. Et s’amusent avec leurs parents à identifier les odeurs de la rotonde sensorielle.

La dégustation finale devient un lieu d’échange où il est possible d’obtenir une mine d’informations ainsi que de nombreux conseils. La visite se termine par « la cave des 1001 châteaux », où repose le meilleur des sept appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Château Lafitte, « l’oasis œnotouristique »

Situé au milieu de ses vignes, le château Lafitte se situe à 15 minutes du centre de Bordeaux. Son site exceptionnel offre une magnifique vue panoramique sur le vignoble. On y trouve deux salles de réception (de 250 m2 et 750 m2) en pierres de taille et de styles différents, avec une vue directe sur deux remarquables chais à barriques, qui donnent la possibilité d’organiser des séminaires, des soirées de gala ou tout autre événement comme le concours des crémants dans un lieu unique de prestige. Le site propose également, depuis l’été 2016, un gîte avec deux chambres doubles et une mezzanine, situé à 300 m des salles de réception et un autre parc arboré pour l’organisation de cocktails, cérémonies et autres animations.

La famille Bonhur, qui a repris l’exploitation avec une banque (le Crédit Agricole d’Aquitaine) comme partenaire, a bien compris tout l’intérêt de cette infrastructure assez unique dans le milieu du vin. Elle a équipé l’ensemble du site d’une connexion haut débit et a surnommé ce lieu « l’oasis œnotouristique ». Même si l’on y fait logiquement du vin, c’est bel et bien l’accueil pour les entreprises ou les particuliers qui est devenu son principal atout. Les grandes sociétés s’y succèdent ainsi que les mariages prestigieux. Le château peut accueillir jusqu’à 1 300 personnes en format cocktail et 920 personnes assises dans deux salles dédiées, dont une porte le nom du vin, Floréal Laguens. Elles ont une vue plongeante sur un chai unique en son genre. Une vaste salle de 800 m2 qui n’est en fait qu’un théâtre de barriques en bois. Elles sont vides et peuvent être déplacées pour moduler cette vaste pièce comme on le souhaite. Il ne manque plus à ce géant de l’œnotourisme, qui accueille 20 000 visiteurs chaque année, que des lits pour dormir.

La Cité du vin, un voyage immersif

La Cité du vin est un lieu d’exposition sur le thème du vin situé à Bordeaux, dans le quartier de Bacalan. Son inauguration a eu lieu le 31 mai 2016 et son ouverture au public le 1er juin 2016. La forme du bâtiment, toute en rondeurs, à l’extérieur comme à l’intérieur, a été conçue avec cette volonté d’en faire un édifice emblématique à forte visibilité. La structure a une forme de cep de vigne noueux pour rappeler à la fois un vin tournant dans un verre et les remous de la Garonne, qui borde le site. L’édifice de 9 000 m3 de béton repose sur 300 pieux en béton descendant jusqu’à 30 mètres de profondeur. La structure est recouverte de 918 panneaux de verre de trois couleurs : verre clair, gris (teinté dans la masse) et doré, et de 2 300 panneaux d’aluminium de tailles différentes. Sa façade est constituée de panneaux de verre sérigraphiés et de panneaux d’aluminium laqués irisés perforés. La tour culmine à 55 mètres.

Le rez-de-chaussée, espace de forme arrondie de 4 m de hauteur, en accès libre, abrite une cave-bibliothèque de 9 752 bouteilles, représentant 88 pays. L’achat et la dégustation sur place sont possibles dans des espaces de restauration accolés à une boutique souvenirs, exploitée par la Cité du vin. Au premier étage, se trouvent les espaces d’expositions temporaires, un salon de lecture, des ateliers découvertes (dégustation, accord mets et vins, etc.), et un auditorium de 250 places accueillant tout au long de l’année des événements et spectacles.

Le deuxième étage, cœur de la visite, accueille le parcours permanent, un voyage immersif à travers le temps et l’espace à la découverte du vin comme patrimoine culturel, universel et vivant : vingt espaces thématiques constituent un parcours de visite d’une durée estimée à deux heures, accompagnée du Compagnon de voyage, outil technologique innovant assurant le déclenchement des contenus multimédias, la traduction labiale en huit langues et l’accessibilité pour tous publics. Au septième étage est installé un restaurant panoramique, avec, au huitième étage, un belvédère qui offre, à 35 m de haut, une vue panoramique sur la ville et le port de la Lune. L’établissement totalise 13 350 m2 de superficie.

Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémants

Pour une croissance sereine

Vigne

Publié le 03/05/2018

La production mondiale de vins effervescents représente en 2016 un peu plus de 24 millions d’hectolitres (Mhl) dans le monde pour une croissance de 2,8 %. Une progression certes, mais pas une « explosion » de la production et des ventes aux yeux des viticulteurs. L’Italie se place en tête des pays producteurs (22 % des vins mousseux) devant la France (19 %), l’Allemagne (15 %) et l’Espagne (12 %). En France, le Champagne représente, toujours en 2016, 57 % des volumes produits alors que le Crémant se situait à 12 %. Dans l’offre en linéaire, le Champagne a une part de marché de 82 % contre 9 % pour le Crémant. Pour les exportations, plus de 40 % des flux mondiaux concernent l’Italie qui exporte 74 % de sa production. L’Espagne fait jeu égal avec la France. Mais, ce pays exporte 76 % de sa production alors que la France n’exporte que 48 % de ses vins mousseux. Enfin, pour les prix moyens à l’export, le Champagne valorise à 18 € une bouteille de 75 cl contre seulement 4 € pour le Crémant. « Il y a des différences considérables entre nos différents vins mousseux et effervescents, et entre les différents pays producteurs. Nous devons mener une véritable réflexion sur la stratégie de notre positionnement sur les marchés. Il faut constater que le prix moyen à l’export a baissé ces dernières années. C’est inquiétant. Le dynamisme des ventes actuel se situe sur les prix bas italiens et espagnols », constate Edouard Cassanet, président de l’union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne, membre du bureau de la fédération nationale et président de la commission « Économie » à la fédération nationale.

Dans le même temps, la production mondiale des vins effervescents est en progression de 23 %. Une progression légèrement plus rapide que la consommation de vins mousseux (+ 21 %). Les professionnels n’arrivent pas à savoir véritablement qui alimente l’autre. Concernant les tendances, il est estimé une hausse de la production de 10-15 % d’ici 2020, toujours au bénéfice des pays européens, avec des relais en Asie, en Amérique du Nord et du Sud encore limités. « Les caractéristiques de nos produits doivent s’orienter vers davantage de marques. À court terme, il va y avoir un déferlement des produits de type Prosecco, ouvrant les marchés aux produits authentiques, à valeur, et/ou à image. Il va également y avoir un renforcement des échanges : au moins 50 % des vins mousseux franchiront une frontière avant d’être consommés en 2020. Plus clairement, on estime une hausse de 10 % de la consommation d'ici 2020, soit 22 Mhl supplémentaires. Nous misons sur une croissance sereine », ajoute Edouard Cassanet.

Un marché qui se séniorise

Côté points faibles, en 2017, dans la grande distribution, c’est le « blues » hors Champagne avec une baisse inquiétante des ventes. L’augmentation de 1,9 % du prix moyen de vente limite la perte du chiffre d’affaires (-1 %). Seuls les Crémants enregistrent une croissance de leurs ventes en volume en 2017, à l’exception des Crémants d’Alsace et du Jura. Dans le même temps, toujours en volume, les effervescents étrangers poursuivent leur ascension avec 2,5 M de bouteilles supplémentaires vendues en 2017. Chez les cavistes, le Champagne laisse peu de place aux autres vignobles et s’affiche chez 96 % des cavistes. « Nous ne sommes qu’à 30 % de présence chez eux. Et, hors Champagne, toutes les appellations affichent un prix moyen dans une tranche de prix restreinte située ente 9 et 13 € », précise Edouard Cassanet.

Face à ces constats, quels sont les profils des consommateurs ? « Nous constatons surtout que près de la moitié des ménages français n’achète pas de vins effervescents. Et, dans le même temps, le marché des vins effervescents continue de se sénioriser.. Il est globalement porté par les plus de 50 ans. Pourtant, il est important et primordial de ne pas se couper des jeunes qui seront les clients de demain. Il faut donc tout faire pour changer notre image qui, en France, est un peu ancienne avec des consommateurs au pouvoir d’achat assez aisé », note Edouard Cassanet.

Vendre 100 millions de cols

Le potentiel de production et de vente des huit régions productrices de Crémant a ensuite été présenté. En Alsace, il est variable selon les millésimes. 2017 a été une année difficile comme c’est le cas, en moyenne, une année sur deux. Cependant, l’Alsace reste la première région française productrice de Crémant avec une commercialisation qui augmente, malgré une petite baisse de la production en 2017. Elle mène une politique ambitieuse pour ses exportations.

En volume, toutes régions productrices confondues, 575 000 hl ont été produits en 2017 contre 650 000 en 2016 avec une commercialisation plus régulière. « Sur ces sept dernières années, nous avons augmenté notre production de 10 % et augmenté nos ventes de dix millions de cols, soit une hausse de 2,3 % par an. L’export est le moteur de notre développement. Nous avons du boulot à effectuer sur le marché français qui, jusqu’à présent, reste stable. Nous manquons de dynamisme. Il faut travailler sur ce point. Quoi qu’il en soit, nos objectifs sont clairs. À l’horizon 2025, nous voulons une production de 750 000 hl, soit une hausse de 15 %, des ventes de 100 millions de cols, soit une hausse de 26 %. Nous devons gagner 3,2 millions de bouteilles par an toutes régions confondues », conclut Edouard Cassanet.

27e concours des crémants de France à Bordeaux

18 médailles d’or pour l’Alsace

Vigne

Publié le 03/05/2018

Le concours a eu lieu jeudi 26 avril au château Lafitte à Yvrac, commune située à une dizaine de kilomètres de Bordeaux. 655 échantillons de crémants issus des régions productrices (Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Limoux, Loire, Die, Jura, Savoie et Luxembourg) ont été soumis aux dégustateurs. Parmi eux, vingt Alsaciens. La plupart sont des fidèles de la manifestation. À l’image du directeur de la cave de Beblenheim Patrick Aledo, de Gilbert Muller, viticulteur à Vœgtlinshoffen, de Martial Dirringer, viticulteur à Dambach-la-Ville ou encore de Richard Juncker, maître de chai à la cave de Cleebourg. Tous ont été répartis équitablement avec leurs collègues des autres régions sur les 42 tables. Les échantillons sont classés dans quatre catégories : les blancs brut, les blancs de noirs brut, les blancs brut millésimés et les rosés brut. À chaque table, quatre à cinq dégustateurs dont deux issus de la région de production. Une dégustation à l’aveugle évidemment. Seule la région de production était connue par le jury qui avait pour mission de remplir deux fiches d’observations pour expliquer les raisons de la proposition d’une médaille, sachant qu’un tiers des échantillons au maximum était médaillable. Une note finale située entre 13 et 15 permet d’obtenir la médaille de bronze, entre 15 et 17 une médaille d’argent et au-delà de 17 une médaille d’or. À noter qu’avant d’arriver à Bordeaux, une présélection a eu lieu quelques jours auparavant en région pour proposer à la dégustation les plus beaux produits.

Une visibilité

La dégustation a duré deux bonnes heures. « 655 vins, c’est dans la moyenne de ce concours national. 150 échantillons viennent d’Alsace. De nombreux produits sont du millésime 2016 ou même de 2015 sachant que 2017 a été un millésime difficile en raison des conditions météorologiques. Les trois familles professionnelles du vignoble sont représentées, tant dans les crémants à déguster que du côté du jury. Certaines entreprises affichent clairement leur politique. Pour celles qui ne participent pas, la médaille n’est pas un objectif commercial. Au contraire, pour les présentes, la médaille constitue un signe distinctif de qualité, voire un gage de sécurité pour les consommateurs. La médaille constitue un appel lors de l’acte d’achat dans un rayonnage et assure une visibilité, un signe distinctif. Bien évidemment, il faut ensuite que le produit corresponde à l’attente du consommateur. La qualité attendue doit être là une fois la bouteille ouverte. Le sérieux de ce concours assure, tant aux producteurs qu’aux consommateurs, une telle conclusion », explique Olivier Sohler, directeur du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace et de la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant.

Se situer

À l’issue de cette dégustation, les commentaires sont plutôt positifs. C’est l’avis de Déborah Ruffing, œnologue chez Wolfberger à Colmar. « Cela conforte la présélection. Je me suis retrouvée à une table où la série de crémants d’Alsace était assez homogène. Il y avait une belle harmonie pour de nombreux produits. Nous en avons eu deux-trois très expressifs. Quoi qu’il en soit, c’était une série bien équilibrée et intéressante à déguster. Mes confrères des autres régions ont trouvé ces crémants faciles à boire et de qualité. Nous avons d’ailleurs attribué six médailles. Je suis satisfaite d’avoir pu participer à cette manifestation. Il est toujours pertinent de voir ce qui se fait ailleurs et de comparer avec ce qui se pratique en Alsace. Ce concours permet d’échanger entre nous, de se situer, d’observer les typicités des produits des autres régions. En étant présents ici, nous apprenons forcément. C’est un concours qui a également une vocation pédagogique », souligne Déborah Ruffing.

Une ambition collective

L’annonce du palmarès, la remise des prix et la soirée de gala de ce concours ont eu lieu vendredi 27 avril dans un établissement réputé du centre-ville de Bordeaux. Un palmarès annoncé, pour notre région, par le président du syndicat des producteurs de crémants d’Alsace, Hervé Schwendenmann. Parmi les satisfaits, Christophe Botté, directeur de la cave du Roi Dagobert à Traenheim depuis 1er septembre 2016. L’entreprise s’est vue honorée de deux médailles d’or, des crémants blanc brut. « C’est la deuxième fois que je viens à ce concours national. À mes yeux, c’est important d’être présent car cette manifestation contribue à faire une émulation chez les producteurs de crémant. Tout cela favorise la notoriété des crémants d’Alsace et tire vers le haut le travail des professionnels. La qualité est une ambition collective. Concernant ces deux médailles, c’est évidemment une satisfaction supplémentaire qui vient récompenser tout le travail de la cave, son personnel, ses coopérateurs, ses dirigeants. Il complète la politique que nous menons et que j’ai eu la chance de pouvoir expliquer lors de l’assemblée générale », explique Christophe Botté. À noter également les cinq médailles d’or et les deux médailles d’argent attribuées à la cave de Beblenheim et à la Maison Sparr, les deux médailles d’or et la médaille d’argent attribuées au domaine viticole de la ville de Colmar, ou encore les trois médailles d’or et la médaille d’argent pour le domaine Gruss Joseph et fils à Eguisheim (lire palmarès en encadré).

La recherche de la valeur

Jeudi, lors de l’assemblée générale du syndicat national des crémants de France, Christophe Botté a été invité à s’exprimer. Il a présenté le fonctionnement de la cave du Roi Dagobert associée à celle de Turckheim. Une mise en commun qui s’est traduite par la création d’Union Alliance Alsace. « Nous avons souhaité réaliser une étape supplémentaire dans ce partenariat avec la constitution d’une union entre les deux coopératives. Ce qui permet de mutualiser la valeur ajoutée mais également les risques liés à cette activité. Notre union reçoit les vins des deux caves, les met en bouteille et en assure la commercialisation. Cette union se fait dans le respect de la typicité des vins de chacune des caves, puisque les vins commercialisés sous la marque cave du Roi Dagobert sont exclusivement issus de cette cave, comme ceux qui le sont sous cave de Turckheim. Les deux marques constituent les piliers de l’union et sont la base de notre développement commercial. L’union se fixe aussi pour objectif d’emmener nos vins de plus en plus sur les marchés lointains et d’apporter ainsi notre contribution au rayonnement des vins d’Alsace dans le monde », précise Christophe Botté. Cette union a également permis de certifier 1 350 hectares, de produire onze millions de cols, de réaliser un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et d’avoir comme stratégie la recherche de la valeur. Pour y parvenir, quatre leviers ont été identifiés : une démarche collective dans l’appellation crémant, la qualité sur des marchés de niche, l’innovation, et l’agriculture biologique. « Nous avons une centaine d’hectares en production biologique. Notre ambition est de rester le leader en développant les marchés. Nous le faisons notamment depuis deux ans en suivant nos viticulteurs pour la conversion et l’accompagnement dans la distribution », conclut Christophe Botté.

Syndicat des éleveurs de la race salers d’Alsace

Promouvoir la salers à Habsheim

Élevage

Publié le 26/04/2018

Le jeune syndicat, présidé par Nicolas Fady, éleveur à Reiningue, poursuit son développement. Et ce dernier passe, notamment, par une présence au concours d’Habsheim. C’est ce qui a été rappelé lors de l’assemblée générale du syndicat qui s’est tenue récemment à Munster. « C’est une chance d’avoir pu participer à Habsheim l’an passé. Nous remercions les organisateurs et autres professionnels de nous avoir acceptés. Nous sommes complémentaires », précise Nicolas Fady. Il est particulièrement satisfait des discussions que les éleveurs ont pu avoir lors de cette manifestation avec les visiteurs. Ils étaient nombreux à découvrir une autre facette de l’élevage et notamment les vaches allaitantes comme les salers.

Il faut désormais pérenniser dans le temps la présence de la salers à Habsheim. Nicolas Fady a donc lancé un appel pour motiver les éleveurs et les inciter à participer. « On nous a fait une place dans le grand chapiteau. On était un petit noyau. Il faut maintenant de nouvelles têtes, de nouveaux éleveurs, de nouvelles salers. Motivons-nous », insiste Nicolas Fady. Pour rassurer les plus hésitants, il précise qu’un minimum d’entraînement est nécessaire pour apprendre à faire marcher une vache. « Au final, vous aurez la satisfaction de pouvoir la valoriser devant du monde. Et Habsheim reste un moment d’échanges entre les éleveurs. C’est une manifestation qui nous permet de sortir et voir autre chose », ajoute-t-il. Les éleveurs de vaches allaitantes salers ont les mêmes difficultés que les autres : ils produisent une viande de qualité qu’il est essentiel de valoriser. Il faut donc - bien - communiquer. Et pour y parvenir, le syndicat ne peut pas se rendre à Habsheim avec quinze vaches issues de trois élevages.

Motivés et ambitieux

L’idée est donc de convaincre chaque éleveur de salers d’amener une ou deux vaches. Cela permettrait de valoriser idéalement une race bien présente sur l’ensemble du territoire alsacien et d’organiser un concours sympa, varié, et disputé en différentes catégories. « Depuis la création du syndicat, nous avons bien travaillé ensemble. Il y a une bonne ambiance entre nous et entre tous les éleveurs. Il faut maintenant relancer tout le monde, solidifier tout cela. C’est la vie de tout syndicat, de toute association », conclut Nicolas Fady. Le syndicat des éleveurs de salers d’Alsace compte entrer en contact avec l’école des jeunes présentateurs pour être en mesure, à terme, de l’intégrer. Car, « nous avons des jeunes motivés et ambitieux ».

Au cours du débat qui a suivi, certains éleveurs se sont engagés à venir à Habsheim. D’autres ne pourront pas le faire. Néanmoins, si les personnes qui se sont engagées lors de cette réunion participent effectivement, Nicolas Fady et les responsables du syndicat pourront se satisfaire de cette première victoire. Une participation d’autant plus contraignante qu’un nouveau règlement zootechnique européen a été mis en place. Il fixe de nouvelles règles d’organisation de la génétique animale pour les reproducteurs bovins, caprins, ovins, porcins et équidés. L’assemblée générale s’est terminée par un bilan des résultats de production obtenus par les éleveurs membres du syndicat, le bilan financier, excédentaire d’environ 800 €, et un point sur la qualité sanitaire du cheptel alsacien.

Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace

La saison est lancée !

Cultures

Publié le 19/04/2018

Sur les parcelles les plus précoces, les premières récoltes ont débuté vers le 10 avril. Mais, les asperges étaient encore peu nombreuses le 17 avril. « Avec ce soleil et ces températures estivales que l’on va avoir tout au long de la semaine, elles vont sortir pour ce week-end. Tout laisse à penser que les rendements vont être importants », constate Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace. Le léger retard observé en début de campagne sera vite oublié. Après une météorologie hivernale tardive favorable à l’asperge, les travaux dans les champs ont été retardés par l’arrivée d’un épisode de froid intense. Les buttages ont été réalisés dans des conditions très moyennes. « Une nouvelle fois, la météo n’était pas de notre côté au mois de mars. On a parfois été contraints de forcer la culture. Toutes les parcelles ont ensuite été bâchées », ajoute Jean-Claude Jost. Depuis, l’asperge se développe et sort petit à petit de terre.

Seul problème : si dans la région, le calendrier est normal, ce n’est pas le cas dans le reste de l’hexagone. « Il va y avoir un télescopage avec les asperges des autres régions, notamment dans le sud de la France qui accuse beaucoup de retard, précisément à cause de la météo. Il risque donc d’y avoir sur le marché beaucoup de marchandise au même moment. Cela ne va pas favoriser les prix vente. Et nous savons que nous ne pourrons jamais rivaliser avec nos collègues des autres régions ou d’Allemagne. Ils n’ont pas les mêmes charges de travail, les mêmes structures, les mêmes exploitations. Quoi qu’il en soit, l’association a un message à faire passer. À vous les producteurs : valoriser vos asperges. Aux consommateurs : achetez-les à leur juste prix », insiste Jean-Claude Jost.

Deux atouts

Deux conditions d’autant plus nécessaires que les producteurs sont confrontés à la réalité économique et à la difficulté de trouver de la main-d’œuvre. Cette dernière se fait rare et implique d’investir dans un budget conséquent. Il faut pourtant être prêt au bon moment, sachant que la récolte des asperges doit durer jusqu’au 15 mai environ. « Nous avons deux atouts, nous producteurs alsaciens : un terroir idéal pour l’asperge et un bassin de consommation important », conclut Jean-Claude Jost. Présent lors de ce lancement officiel de l’asperge d’Alsace, Denis Digel, spécialiste des questions économiques et sociales à la FDSEA, complète ces propos en évoquant le poids des contraintes administratives en France. Pour l’emploi, il cite l’exemple de l’exonération de charges pour les entreprises sur les salariés saisonniers. « Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), ces 6 % d’exonération de charges sont une réalité jusqu’en 2019. Après, on ne pourra plus y prétendre. On parle là, quand même de 6 à 7 points de charges nouvelles pour nos entreprises. »

Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a, quant à lui, salué les producteurs, mais également les grossistes et les distributeurs présents pour le début de cette campagne sur l’asperge. « Ce produit est emblématique en Alsace. Il y a une bonne communication. Nous avons encore les capacités d’augmenter la production en accueillant de nouveaux producteurs », précise-t-il. Avant de rappeler que l’Ifla va organiser de nombreux événements dans les semaines à venir pour promouvoir les fruits et légumes d’Alsace : le « primeur tour » en mai pour lancer les produits de printemps, la « saga des fruits d’été » pour les cerises, framboises et myrtilles, mais également un salon professionnel, le 18 septembre à Sélestat, pour intégrer tous les professionnels agricoles en lien avec la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Ou encore une manifestation qui permettra aux chefs de rayon des grandes et moyennes surfaces de se rendre sur les exploitations pour rencontrer les producteurs.

4 hectares

En attendant, producteurs, responsables professionnels agricoles, distributeurs et grossistes étaient tous présents, ce mardi sur l’exploitation de la famille Merius à Horbourg-Wihr. Cette dernière a, pendant longtemps, été exclusivement céréalière. La famille a d’ailleurs son siège et des terres à Brognon, près de Dijon, en Bourgogne. On y cultive du maïs, du blé, du colza, du soja, parfois du tournesol et, en libre-service, des fraises. À Horbourg-Wihr, Michel Merius exploite 45 hectares, longtemps essentiellement consacrés aux seules productions de maïs et de betteraves. C’est toujours le cas. Mais, la volonté est, d’une part de se diversifier, d’autre part de préparer l’avenir. « Nous avons planté des asperges il y a quatre ans. Nous avons fait notre première récolte l’année passée. C’est un retour aux sources puisque, par le passé, il y a toujours eu des producteurs d’asperges à Horbourg-Wihr. Nous avons aujourd’hui 4 ha qui y sont consacrés. 2 ha sont déjà en production, et 2 ha sont sur une parcelle encore jeune. Nous sommes sur des terres limoneuses qui s’y prêtent assez bien. Nous couvrons nos asperges avec des films plastiques qui permettent d’éviter la gadoue en cas de pluie, de favoriser la pousse et d’aller cueillir les asperges une fois par jour », explique Michel Merius.

L’agriculteur reconnaît cependant qu’il n’est pas un spécialiste de la culture. Il a engagé cette diversification pour permettre l’installation de belle-fille, Anne-Sophie. Âgée de 25 ans, elle n’était pas intéressée par les céréales. L’asperge a été l’une de ses motivations. « Je m’occupe de la culture de l’asperge pendant la saison jusqu’au mois de mai, ensuite de la cabane « point de vente » au rond-point entre Horbourg-Wihr, Sundhoffen et l’autoroute où nous proposons des fruits et légumes jusqu’en octobre. En hiver, je fais un peu de comptabilité et en décembre, je suis occupée à la vente de sapins de Noël. Nous commercialisons toute notre production en direct. Cela favorise le contact avec la clientèle et nous permet de tenir un prix. C’est aussi pour cela que nous préférons ne pas agrandir les parcelles consacrées aux asperges », explique Anne-Sophie Merius. Outre ce point de vente, il y a également, devant l’exploitation à Horbourg-Wihr, un distributeur automatique où l’on retrouve ces asperges (et d’autres produits). « Nous y mettons les asperges récoltées le matin même. Pour le moment, cela marche bien, même si ce n’est que le début de la campagne », ajoute la jeune femme.

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