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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Fin des hostilités avec la distillerie

Vie professionnelle

Publié le 11/04/2018

Cette une affaire vieille de près de dix ans. Elle porte sur les récoltes de 2008 à 2010 pour une centaine de viticulteurs au sujet du traitement de leurs sous-produits de la viticulture. Le protocole, initié par la distillerie Romann, signe la fin des hostilités. Le Synvira s’engage à ne pas se pourvoir en cassation. En contrepartie, la distillerie se désiste de l’ensemble des procédures. « C’est l’épilogue d’une saga judiciaire qui a démarré en 2011. Il n’y a ni perdant, ni gagnant. C’est la victoire du bon sens qui prend le dessus sur les péripéties judiciaires », explique Francis Backert, vice-président du Synvira. En mai 2011, deux adhérents du Synvira avaient porté l’affaire en justice. Un premier jugement, le 10 mars 2015, leur avait donné raison. Mais, un second jugement, le 31 janvier 2018, l’avait infirmé et avait condamné les deux professionnels à payer les factures. « Nous avions encore la possibilité de faire un recours en cassation. Cela ne sera donc pas le cas. ».

La réforme de l’organisation commune des marchés a supprimé les subventions accordées aux viticulteurs pour le recyclage des sous-produits de la viticulture que sont les marcs de raisin et les lies. Ces derniers se voient contraints de verser à la distillerie, seul opérateur présent en Alsace, la somme de 30 € par tonne de résidus pour l’année 2008. Présent à l’assemblée générale, Erwin Brouard, directeur de la distillerie, se réjouit de la signature de ce protocole d’accord. « Nous abandonnons toutes les créances restantes, soit environ 80 000 € ». L’entreprise est solidement implantée dans la région et compte le rester. « Nous avons investi un million d’euros sur la distillerie afin de la doter d’une nouvelle chaufferie au gaz naturel. Cela nous engage pour les années qui viennent. Nous restons en Alsace. Nous sommes à vos côtés. Mais nous voulons encore nous développer. Et ce développement passera par une collecte de vos sous-produits plus importante. Nous espérons que la fin de cette procédure va nous permettre de mieux travailler ensemble. Je suis arrivé à la direction de la distillerie de Sigolsheim en 2012. Depuis, je n’entendais parler que de ce sujet. Passons maintenant à autre chose », ajoute Erwin Brouard qui invite les viticulteurs aux prochaines portes ouvertes de la distillerie le 16 mai prochain.

Opposition à la DRM

Après un retour sur la récolte 2017, le président du Synvira Pierre Bernhard a indiqué que le Synvira avait reçu en 2017 la visite de l’autorité de la concurrence pour des soupçons de fixation des prix. « Chaque vigneron souhaiterait avoir la possibilité d’imposer le juste prix à ses clients. Nous ne pouvons que vous recommander de valoriser le fruit de votre travail, par une hiérarchisation des prix et une structuration de votre offre tarifaire ».

Le synvira a travaillé à la création d’une carte des terroirs alsaciens. « Le syndicat réfléchit également à une nouvelle stratégie de production des vins en vrac. Dans le domaine de l’export, nous espérons que dans un avenir proche, les viticulteurs pourront vendre librement leurs vins sur le marché européen. ». Le Synvira s’est opposé à la nouvelle déclaration récapitulative mensuelle (DRM) dématérialisée. « Non pas parce que nous sommes contre tout. Mais, il nous semble qu’elle serait créatrice de différends entre l’administration de la douane et les vignerons indépendants. L’évolution future de la DRM ne nous laisse rien espérer de bon. Nous ne sommes pas opposés à des moyens de contrôles, mais encore faut-il qu’ils aient du sens pour nous. Nous mettons en place la hiérarchisation de nos appellations en Alsace. Il ne faudrait pas que des règles administratives viennent mettre à mal ce qui nous semble bon pour nos consommateurs. Le Synvira veut profiter du nouveau règlement de la communauté européenne paru le 28 février dernier relatif aux déclarations et registres vitivinicoles pour tenter de simplifier sa mise en application en France, et particulièrement en Alsace », prévient Francis Backert.

Une stratégie œnotouristique

En guise de propositions pour l’avenir, Pierre Bernhard cite le rapprochement avec la fédération des vignerons indépendants de Champagne. Une stratégie œnotouristique sur la grande région est à l’étude. Elle doit permettre de travailler en commun sur des dossiers sociaux. « Nous poussons une évolution du cadre réglementaire en vue d’aboutir à un outil comparable avec la réalité du travail des vignerons pendant les vendanges. Nous entendons également mobiliser les aides de la région, notamment sur les dispositifs environnementaux et sur les démarches d’exportation de nos vins. Enfin, nous voulons mettre en place une stratégie œnotouristique à l’échelle de la grande région en communiquant sur la route des vins ». Les vignerons indépendants s’interrogent sur les règles d’étiquetage. « Devrons-nous, un jour, indiquer les intrants et les valeurs nutritionnelles ? Nous produisons des produits artisanaux et non des produits industriels. Nous n’avons pas de recettes que nous reproduisons sur chacun de nos vins. Ils sont tous différents et varient chaque année. C’est ce qui plaît à nos clients et ils en sont satisfaits. Pourquoi, au nom de l’information de ces mêmes clients, faudrait-il faire analyser chacun de nos vins ? Nous avons remis en mars dernier des propositions constructives et simplifiées aux commissaires européens. Nous attendons leurs réponses », indique Francis Backert.

Les jeunes planchent sur la comm'

Le groupe des jeunes vignerons, créé en 2016, a noué un partenariat avec les Étoilés d’Alsace avec le développement de la « formule jeunes ». L’année 2017 a été axée sur des conférences-débats une fois par mois portant sur le marketing des étiquettes, les successions et passations des patrimoines, la comptabilité, la vie des sols ou encore la communication. « Pour 2018, nous nous rendrons à l’assemblée générale des Étoilés d’Alsace à Val d’Isère en ce mois d’avril et nous préparons le salon « Millésime Alsace » du mois de juin. Sans oublier le voyage de presse en juillet et la dégustation pour les professionnels avant les vendanges. En 2019, nous compter organiser un événement grand public pour attirer les jeunes consommateurs », indique Hélène Huttard, responsable du groupe des jeunes vignerons au Synvira.

Marie-Eve Schnoebelen a détaillé, pour la mutualité sociale agricole (MSA) les modalités pratiques pour mettre en place le nouveau titre emploi simplifié agricole (TESA). Gilles Neusch, directeur du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA) a, comme à l’assemblée générale de l’association des viticulteurs d’Alsace, présenté le travail de communication du CIVA auprès des consommateurs sur les vins d’Alsace. Enfin, Laurent Simon, nouveau responsable de l’antenne de Strasbourg de FranceAgriMer et successeur d’Agnès Hardy, a rappelé le programme national viticole qui gère une enveloppe de 1,4 Md€ sur quatre ans pour des mesures d’aides aux viticulteurs concernant l’investissement, la restructuration ou encore la promotion des vins dans les pays tiers.

Section des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin

« Non à l'isolement, oui à la revalorisation de nos retraites »

Vie professionnelle

Publié le 05/04/2018

« Nous avons péniblement obtenu 75 % du Smic, nous attendons toujours les 85 %. Qui accepterait aujourd'hui de vivre avec de telles retraites? Une nouvelle fois, les retraités agricoles passent après tout le monde  », s'agace le président de la section des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin Jean-Paul Obrecht. Il s'est exprimé devant une belle assistance mardi 27 mars lors de l'assemblée générale à Sainte-Croix-en-Plaine. L'occasion de revenir sur une année 2017 difficile comme l'ont rappelé dans leurs rapports d'activités, les vice-présidents Gabrielle Rolli et René Quintlé.

Le dossier du moment reste celui de la loi de finances 2018 adoptée le 21 décembre 2017. « Nous vivons avec une moyenne de 760 € de retraite par mois et nous sommes 1,4 millions de retraité agricoles. Dans le même temps, l'Etat se permet de voter des budgets déficitaires depuis 1974. Celui de 2017 dépasse les 69 milliards. La dette est de 2 170 Md€ soit 98,4 % du produit intérieur brut (PIB) », constate Jean-Paul Obrecht. Le projet de loi finances 2018 part cependant sur une croissance de 1,7 % avec comme objectifs, le redressement durable des comptes publics par la baisse de la dépense publique, l'amélioration de la sincérité du budget et la transformation en profondeur des politiques publiques. « Il est évoqué le fait de redonner du pouvoir d'achat, de valoriser le travail, de lutter efficacement contre le chômage, mais rien sur les retraites. Par contre, l'Etat veut supprimer l'impôt sur la fortune (ISF) et créer un impôt sur la fortune immobilière (IFI) ».

Initiation à l'informatique

Dans une société en mouvement, les retraités ne restent pas immobiles. Ils constatent que l'Etat dématérialise ses services (déclaration d'impôt) et de nouveaux services se développent spécifiquement sur Internet (MSA, assurances et banques en lignes, TéléPac, achats, etc...). « Comme nous ne voulons pas dépendre de l'aide de nos enfants ou de nos familles et surtout, garder notre indépendance, il est primordial de savoir utiliser ces nouveaux outils. Nous entendons proposer, avec nos partenaires, des formations d'initiation à l'informatique, mais également à des outils comme des tablettes spécifiques au public des retraités », précise Gabrielle Rolli. « FACILOTAB », une tablette facile d'accès avec une ergonomie et une taille de caractères adaptées pour faciliter la lecture et la vision est présentée. Il est possible d'y installer différentes applications, d'avoir un accès facile aux messages (mails), de stocker des photos et de se divertir avec des jeux. Des demies journées de formations ouvertes au plus grand nombre sont prévues.

L'autonomie, c'était également le sujet de l'intervention de Daniel Rebert, représentant du conseil départemental de la citoyenneté et de l'autonomie (CDCA). Il s'agit d'une instance consultative chargée, dans le Haut-Rhin, de participer à l'élaboration et à la mise en oeuvre des politiques liées à l'autonomie et à la citoyenneté des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Perte d'autonomie, accès aux soins, accessibilité des logements, transport, activité physique ou encore le soutien des proches sont autant d'enjeux majeurs avec l'avancée dans l'âge.

 

JA's Day à Mulhouse

L'agriculture est en ville

Vie professionnelle

Publié le 04/04/2018

Des vaches, des tracteurs, des chèvres, un cochon, des produits du terroir, des organisations professionnelles et surtout des jeunes agriculteurs. Le monde agricole a profité, l'espace d'une journée, pour communiquer sur la réalité du métier. Pas celle, volontairement imagée et très souvent négativement, présentée dans les médias nationaux. Pas celle des lobbies anti-tout et surtout anti-agriculture qui se nourrissent des peurs et des méconnaissances pour promouvoir un « agri-bashing » toujours plus consternant. Mais, celle d'un monde paysan qui produit, qui travaille, qui entretient les paysages, qui respecte l'environnement et qui participe, positivement, à l'évolution de la société.

Une belle occasion pour le public, à commencer par de nombreux parents, de se faire expliquer le lien entre la vache et le lait. « Au fait, elle a combien de mamelle la vache ? », demande l'animateur. Quatre ? Cinq ? Six ? En fait, elle a une seule mamelle, le pis, divisée en quatre quartiers qu'on appelle aussi des trayons » poursuit-t-il. De nombreux visiteurs apprennent également que la vache de race Salers est la seule qui a besoin d'avoir son veau à ses côtés pour donner du lait et dont les cornes sont en forme de lyre. « Et avec le lait, qu'est-ce qu'on fabrique ? », questionne encore l'animateur. Du fromage et du beurre bien sûr, que l'on retrouve au marché paysan tenu par les jeunes agriculteurs. « C'est bon, c'est quoi ? Du munster ? Ah, d'habitude j'aime pas trop mais celui-là, il est bon », s'étonne une passante face aux cinq variétés de munster issues d'exploitations différentes. « La vallée de Munster est dynamique, il y a une grande variété de produits et beaucoup de transformateurs à partir de lait de vache et de chèvre. Les gens sont surpris de voir qu'on fait du si bon fromage », confirme Gilles Lochert, secrétaire des JA du canton de Munster. Carré de Hachimette, bleu des Vosges, mais aussi saucisson et terrine de chèvre, miels, confitures et coulis de fruits, les consommateurs mulhousiens ont pu apprécier la richesse et la diversité de l'agriculture alsacienne.

Une manifestation positive

Lors de l'inauguration officielle, le président des JA 68, Ange Loing s'est félicité de l'organisation de cette journée. « C'est une belle opportunité de pouvoir venir ici sur ce marché de Pâques. Nous sommes là pour parler de l'agriculture. Il est important de montrer au public, aux consommateurs, les facettes positives de notre métier. Nous sommes souvent attaqués. Il est désormais temps de répondre et d'expliquer la réalité agricole. Cet agri-bashing a trop duré. Nous proposons des produits de qualité. Nous travaillons dans le respect de toutes et de tous, et surtout de notre environnement. Merci à la municipalité, aux « Vitrines de Mulhouse », à la Chambre d'agriculture Alsace et à nos différents partenaires de nous permettre d'organiser une telle journée. Car, oui, notre agriculture est belle dans toute sa diversité ».

Des propos complétés par le député Raphaël Schellenberger : « Nous sommes dans une société où on a un retour vers une recherche de la qualité, de l'équilibre alimentaire. Et, en même temps, on tape sur les agriculteurs. Or, ce sont bien eux qui nourrissent la population et entretiennent les paysages. La polémique est toujours plus facile que la réflexion. Cette manifestation est positive. Elle permet de s'intéresser à la réalité de votre vie. Les agriculteurs sont des gens passionnés et engagés. Ils proposent tout au long de l'année, comme sur ces JA's Day, une agriculture riche et diversifiée. Bravo ».

Le président de la Chambre d'agriculture Alsace, Laurent Wendlinger, a salué la présence du monde rural en ville. « Nous avons besoin de parler, d'échanger avec le monde urbain. Le contact en direct, sans intermédiaires, est important. Il permet d'expliquer, d'informer. Cette manifestation en est un exemple parfait. Elle présente la multiplicité des filières en Alsace. A l'avenir, nous allons continuer à évoluer, dans le respect de toutes et de tous, en développant les filières courtes, en dynamisant encore davantage ces filières qui ont été créées par nos grands-parents et nos parents. Oui, demain, l'avenir de l'agriculture passera par ces circuits courts. Nous devons y travailler en préservant, évidemment, toutes les formes d'agriculture ».

Enfin, la maire de Mulhouse, Michèle Lutz a salué l'intérêt de la manifestation. « Nous ne le disons pas assez et nous ne le montrons pas assez. Votre métier est extraordinaire. C'est magnifique d'avoir une ferme au centre-ville de Mulhouse. Elle permet de découvrir votre métier, de promouvoir le bien manger et le bien vivre. Il faudra réitérer à l'avenir une telle journée ».

Association des producteurs de lait des 8 cantons

Valoriser la production, mais à quel prix ?

Élevage

Publié le 04/04/2018

Les producteurs se sont retrouvés jeudi 22 mars en assemblée générale à Illfurth en présence de Marc Grandjean, directeur de l'usine de Château-Salin pour le groupe Eurial Ultra Frais depuis 2016. Un groupe qui a évolué ces derniers mois comme l'a rappelé le président de l'association des producteurs de lait des 8 cantons Michel Rohrbach. « Une page s'est tournée. Après un moment de flottement, nous ressentons aujourd'hui une certaine stabilité. Nous en avons profité pour créer de nouveaux liens professionnels. Notre objectif, désormais, est de trouver de la plus-value pour nos produits avec une politique « gagnant/gagnant ». Nous avons de besoin de vous certes. Mais, vous avez besoin de nous, producteurs. C'est important de le dire, pas seulement de le penser. Nous sommes votre base. Sans nous, vous n'êtes rien. Et l'inverse aussi. Or, jusqu'à présent, nous, on le dit. Pas vous ».

Directement interpellé, Marc Grandjean confirme : « Vous faites partie du projet ». Tout comme Yves Le Lan, responsable du lait chez Eurial Ultrais Frais, il constate la communication réussie et le travail collectif réalisé par les producteurs pour « A Güeter ». Une belle satisfaction que ne cache pas Michel Rohrbach. « Au départ, c'est un projet un peu fou. Nous avions envie de retrouver un produit fait par des hommes et des femmes qui fabriquent eux-mêmes leur propre produit, le propose à la vente ensuite. C'est une belle aventure humaine, un travail collectif qui porte ses fruits même si, nous en sommes tous conscients, l'année 2018 sera difficile économiquement ». Une réussite qui permet d'écouler 50 000 yaourts par mois. « Depuis le mois de janvier, nous vendons entre 300 et 400 produits de deux pots par mois. Il y a 100 points de vente dans le Grand Est. Ce premier bilan, au bout de cinq mois de commercialisation, est très encourageant. Il faut maintenant pérenniser dans le temps ces ventes. Nous allons le faire en proposant, à compter de ce mois d'avril, deux nouveautés : les yaourts nature et à la châtaigne. Nous étudions d'autres variétés pour l'avenir. Et, pour promouvoir tout cela, nous allons continuer à communiquer sur les réseaux sociaux ».

De nouveaux marchés

La consommation annuelle mondiale est de 71 kg de produits laitiers par habitant avec une croissance annuelle de 2,4 %. Géographiquement, l'Asie, l'Amérique du Nord et l'Afrique sont des cibles intéressantes à travailler. En 2018, Eurial Ultrais Frais compte précisément aller sur ces marchés avec la préoccupation de la valeur ajoutée. L'entreprise recherche de la croissance. Elle souhaite valoriser ses marques, créer de nouveaux partenariats et avoir ainsi de nouvelles perspectives commerciales.

Dans ce contexte, que peuvent espérer les producteurs de lait ? Et notamment quel prix du lait, ? Cette question a été posée plusieurs fois. « Cela va être difficile d'avoir le même niveau de prix qu'en 2017. Vous dire combien exactement, c'est difficile à dire exactement », prévient Yves Le Lan. Devant les murmures qui se font entendre dans la salle, Michel Rohrbach reprend immédiatement le responsable d'Eurial. « Nous voulons, au moins, que le prix de 2018 soit le prix de 2017. Nous connaissons la conjoncture actuelle. Chacun à ses difficultés. Mais, une partie de votre job est de valoriser les produits, nos produits ». « Si on se base sur 2015, 2016, ou 2017, et si on redescend encore ce prix, on est fini. Il faut au moins se baser sur le prix d'une année comme 2014 », s'agace un producteur.

En 2017, le groupe Eurial Ultrais Frais s'est fait livrer 14,9 millions de litres de lait, soit 300 000 litres de moins qu'en 2016, pour un prix moyen payé de 340,359 €. La qualité de la production a souligné et à ce titre, le Gaec des Tourterelles à Bernwiller a été honoré.

Association des viticulteurs d'Alsace (AVA)

Communiquer sur un métier respectueux de son environnement

Vigne

Publié le 03/04/2018

Le sujet a été présenté par Christian Kohser, rapporteur de la commission « Riverains et protection phyto ». Comme d’autres professionnels, il constate tout d’abord que les viticulteurs sont confrontés à une pression sociétale de plus en plus forte. Cette pression véhicule, dans les médias, dans les réactions d’associations ou tout simplement dans l’esprit de simples citoyens, des contre-vérités. « Nous sommes tous touchés. Nous sommes dans l’obligation de réagir. Aujourd’hui, nous devons expliquer nos pratiques prouver notre bonne foi, dire les choses. Le vignoble est notre outil de travail. Notre objectif est de pouvoir continuer à travailler et conserver de bonnes relations avec la population. Cela nécessite, notamment, de gérer au mieux les vignes riveraines d’habitations. »

L’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) prend les choses en main avec un « triple objectif ». Tout d’abord, elle souhaite mettre en place une communication vers les viticulteurs pas toujours au fait des dispositions de l’arrêté de mai 2017 précisant les conditions de mise sur le marché et d’utilisation des produits phytosanitaires et autres adjuvants. Ils sont invités à développer des alternatives aux traitements lorsqu’ils sont envisageables. L’AVA veut également renforcer la responsabilité des viticulteurs en éditant un guide des bonnes pratiques. Et encourager le développement des alternatives comme la confusion sexuelle, l’arrêt de l’utilisation des herbicides et des produits les plus toxiques.

Il est important et nécessaire d’avoir des solutions de remplacement. « Il faut bannir le mot pesticide de notre vocabulaire et le remplacer par des produits pharmaceutiques ou des produits de protection des plantes », ajoute Christian Kohser. Le syndicat viticole de Bennwihr est présenté comme site pilote dans la relation avec les riverains. « Chaque syndicat viticole doit lancer une réflexion pour identifier sur sa commune les secteurs problématiques. Le vignoble doit se prendre en main et les syndicats viticoles doivent être des forces de propositions. Nous devons intensifier notre dialogue avec les communes et les riverains même si nous sommes également conscients que la configuration du vignoble peut parfois être difficile. Dans tous les cas, nous voulons conserver notre image respectueuse de l’environnement. »

Pour Jérôme Bauer, « l’arrêté phyto concernant les établissements recevant du public existe et il faut le respecter. Si l’un d’entre nous ne devait pas le respecter, je me porterais partie civile contre lui », prévient le président de l’AVA. Il est rappelé que l’arrêté préfectoral régissant les zones non traitées (ZNT) a été signé en septembre 2017. « Une cartographie est en cours de réalisation, à partir de la matrice IGN où figureront certains fossés jouant un rôle hydraulique et écologique important. Une « zone tampon » variant de 5 à 50 mètres devra être respectée, en fonction de la nature des molécules chimiques employées. C’est un dossier à ne pas prendre à la légère », ajoute Jérôme Bauer. Il rappelle au passage que la viticulture a, jusqu’à maintenant, échappé aux contrôles administratifs. Il existe des solutions alternatives au désherbage (désherbages thermique, mécanique), et pour lutter contre certains insectes (confusion sexuelle). Mais quid de l’oïdium et du mildiou, principaux ennemis de la vigne ? « On aura des crevettes dans les fossés, mais plus de vignes ! », ironise Yvan Engel. « On ne pourra plus dire que l’on ne savait pas. Il faut simplement accepter le fait de faire évoluer certaines pratiques tout en sachant, qu’en Alsace, on a l’un des vignobles les plus verts de France », conclut le président.

Pas d’entente sur les prix

Une communication sur les pratiques viticoles est d’autant plus importante que la situation économique du vignoble alsacien reste fragile. La production du millésime 2017 a été finalement de 907 269 hectolitres, soit une baisse de 23 % par rapport à l’année précédente et de 14 % sur une moyenne quinquennale. C’est même le volume net le plus bas depuis 1986. La diminution est de 25 % pour l’AOC alsace (628 093 hl), de 18 % pour le crémant d’Alsace (240 935 hl) et 8 % pour les grands crus (38 241 hl). Les cépages gewurztraminer et riesling ont connu le plus fort recul ; les secteurs de Kaysersberg et de Wintzenheim ont perdu un tiers de la récolte.

« La commercialisation est, elle, encourageante avec 942 374 hl, soit une baisse de 2 % sur un an et de 9 % sur cinq ans. 74 % représentent les vins tranquilles et 26 % le crémant. 38 % des volumes d’alsace tranquilles commercialisés en France en 2017 ont été vendus en hyper et supermarchés. L’export représente 241 949 hl. Nous observons une belle valorisation économique de nos vins depuis quatre ans avec des marchés porteurs comme la Belgique, le Canada, les États-Unis, la Suède et les Pays-Bas. Pour les crémants, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis restent nos pays phares. Enfin, concernant les ventes en bouteilles, l’année 2018 a bien débuté avec une hausse de 15 % en janvier. Nous sommes sur de bons rails », assure Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa).

Une incitation à l’optimisme alors que sur ces cinq dernières années, seul le millésime 2016 a été généreux. En réaction, Yvan Engel s’agace du prix de vente des vins d’Alsace toujours bien trop bas à ses yeux. Une intervention qui permet à Jérôme Bauer de préciser que l’AVA « a fait l’objet d’une enquête de l’autorité de la concurrence. On nous a conseillé de ne plus faire de recommandation syndicale. En revanche, les prix constatés, on peut en parler. C’est en tout cas l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas d’entente sur les prix. Nous constatons simplement les prix du marché actuel. L’objectif pour nous est d’être sur la ligne la plus haute possible. Le Smic a augmenté de 1,234 % en début d’année. A minima, j’estime que pour le prix des vins, ce doit être la même chose. »

Se préparer à la flavescence dorée

L’assemblée générale a ensuite approuvé le résultat financier de l’année écoulée avec un excédent de 93 238 €, puis le budget prévisionnel 2018 excédentaire de 14 000 €. Une situation financière saine qui permet de reconduire à l’identique les tarifs de la cotisation 2019, à l’exception du point sur la flavescence dorée, qui passe de 2 à 4 € par hectare. Une flavescence dorée qui n’est pas présente en Alsace, comme le rappelle Yvan Engel venu évoquer le sujet en tant que président de la commission technique du vignoble. « En 2018, 2 202 hectares seront prospectés partout en Alsace. Ce budget supplémentaire va nous permettre de poursuivre notre travail de prévention et d’avoir un matelas financier pour le jour où la flavescence dorée sera détectée dans la région. Il faut se préparer. » La commission technique du vignoble s’intéresse en outre aux maladies du bois.

Race bovine vosgienne

Un organisme de sélection fort et proche de ses adhérents

Élevage

Publié le 28/03/2018

Qu’ils soient installés en Alsace, en Lorraine ou en Franche-Comté, ils sont venus en nombre assister à cette assemblée générale. Un moment fort pour les adhérents. Un moment d’émotions également puisque les premiers mots du président de l’organisme de sélection (OS) vosgienne, Florent Campello, ont été pour Marc Spenlé, éleveur décédé en 2017. « Il aura donné énormément de temps pour notre race qui lui tenait à cœur ». L’année 2017 a vu une forte volonté de l’OS de poursuivre dans la voie du progrès génétique. « Près de 150 000 € ont été injectés depuis le début de la génomique pour un avenir et un patrimoine génétique renforcés. Cet instrument, mis en place il y a deux ans, nous a permis d’évoluer de plus de dix points d’Isu sur la moyenne des taureaux en dix ans. Quelques calages sont à apporter, mais la voie femelle nous procure de réelles opportunités, reflétant bien sa valeur », indique Florent Campello. Le travail ne manque pas au sein des différentes commissions de l’organisme. Mélanie Gutzwiller a la responsabilité de la commission génétique : « Nous avons validé 133 mères supports. Nous avons mis en place le « génotypage éleveur » et sélectionné de nouveaux taureaux à mettre au catalogue. Techniquement, nous nous sommes penchés sur le calcul des pondérations de chaque poste dans les notes globales et sur le calcul de ces notes. Nous avons fait le choix des taureaux de la future série en doses sexées. Nous avons ajusté le règlement intérieur. Enfin, nous avons pris diverses décisions sur les règles d’admission au concours et effectué le choix des juges. ».

Sécuriser la vente

La production et le développement du fromage Cœur de Massif continue d’évoluer et de séduire toujours plus d’éleveurs, et surtout davantage de consommateurs. « La communication sur ce point est positive et encourageante. Elle permet d’avoir une vision pour les exploitations en race vosgienne et pour celles en conversion. Cœur de Massif reflète la politique menée au sein de l’OS : une envie d’avancer, d’évoluer, et de se renforcer dans un massif qui ne demande qu’à respirer la vosgienne », plaide Florent Campello. Face à ce succès grandissant, les professionnels estiment qu’il est nécessaire d’organiser une plateforme de distribution. « L’OS va la prendre en charge en milieu d’année. Nous devons pouvoir accueillir les nouveaux éleveurs qui veulent produire du Cœur de Massif. Il y a la production certes, mais également la vente. Et on ne vend pas de nouveaux produits comme ça. Il faut trouver des débouchés pour un fromage qui est bien installé et apprécié. Il s’agit de sécuriser la vente », prévient le directeur de l’OS vosgienne, Philippe Caussanel.

Évoluer ensemble

Le président de l’OS vosgienne Florent Campello a évoqué l’arrivée du nouveau règlement zootechnique européen. « Il nous oblige à évoluer, à nous poser les bonnes questions et à mener un combat racial au service de son territoire et de ses éleveurs. C’est ce qui explique toutes ces réunions et ces échanges tout au long de l’année. Ce débat doit nous permettre de nous éclairer vers un projet ambitieux et serein pour l’avenir de nos jeunes à travers leur race. Un OS fort et proche de ses adhérents doit rester le cœur de notre action. Nous devons continuer à faire évoluer la race sur son territoire, tout en pesant sur une politique agricole en constante évolution. Les races locales de montagne doivent être en avance pour influencer et construire les choix nationaux d’avenir. Enfin, nous devons continuer à être les acteurs de cet équilibre, à être les moteurs de cette authenticité chaleureuse d’histoires humaines. Soyez fiers d’appartenir à un OS qui sait ce dont il a besoin et où il veut aller. Soyez des relais d’espérance pour les agriculteurs en difficultés financières. Portez une voix positive dans l’ambition qui est la nôtre. Et, surtout, soyons unis vers un avenir de cohésion, serein et identitaire de notre monde paysan », conclut Florent Campello.

Conditions d’adhésion

Le rapport financier 2017 et la nouvelle composition du conseil d’administration ont été approuvés. Les conditions d’adhésion ont été précisées : le respect du certificat de la parenté bovine (CPB) avec un minimum de 80 % de veaux par an nés avec une filiation connue et certifiée et le respect du règlement intérieur. Dans ce dernier, il est indiqué la nécessité d’avoir 90 % d’insémination artificielle (IA) en insémination artificielle première (IAP) et 25 % d’IAP en doses sexées dans les élevages au contrôle laitier. Pour les élevages allaitants adhérant au contrôle de performance et bénéficiant du programme de sélection de taureaux de monte naturelle, il faut 30 % d’IA en IAP. Concernant les mesures agro environnementales (MAE) « races menacées vosgiennes », il a été rappelé les difficultés administratives rencontrées pour les paiements. Ils ont été versés en 2017, tout du moins en Alsace. Enfin, l’OS a modifié ses cotisations en les augmentant à 40 € par élevage (contre 30 € auparavant) et 3 € de cotisation par femelle de plus de six mois pure vosgienne. « On le fait pour permettre à l’OS d’avoir une lisibilité. Les subventions vont diminuer à l’avenir. Nous avons attendu deux ans pour le faire. Les MAE ayant été versées, nous pouvons nous le permettre désormais », précise le trésorier de l’OS, Roger Trommenschlager. Par ailleurs, Laurine Spieser a présenté les travaux de la commission « fromage » dont elle est responsable.

L’allaitante se développe

La commission « allaitante » poursuit son développement au sein de l’OS vosgienne. Pour la première fois, elle a participé au concours allaitant au Salon international de l’agriculture à Paris en 2017 avec quatre vaches. Et surtout, une pépinière de taureaux a été mise en place. Ils vont être achetés par la pépinière et élevés jusqu’au sevrage. Ils seront ensuite pointés et pesés pour une première sélection à l’âge de trois mois. Ils seront ensuite vendus comme futurs taureaux reproducteurs aux éleveurs ayant intégré le programme de sélection de taureaux de monte naturelle ou destinés à la boucherie s’ils ne conviennent pas. La mise en place de cette pépinière se fait en lien avec l’Esat des Tournesols à Sainte-Marie-aux-Mines. Après une année 2017 prometteuse pour l’allaitante, les professionnels entendent diriger leurs efforts sur la valorisation de la viande.

Chambre d'agriculture Alsace - FDSEA du Haut-Rhin - JA - DDT

Tout sur la Pac

Vie professionnelle

Publié le 28/03/2018

Expliquer aux professionnels les évolutions de la Pac, les nouveautés, mais également rappeler le contexte réglementaire plus ancien. Tels étaient les objectifs de ces quatre réunions organisées en mars à Fessenheim, à Schlierbach, à Altkirch et à Jebsheim. « L’idée est de faire de la pédagogie. Nous voulons également répondre à toutes les interrogations des exploitants agricoles, à toutes leurs angoisses. Tout en sachant, qu’après ces réunions, nous continuerons à répondre à leurs questions. Il est nécessaire de faire de telles réunions, elles permettent de faire un état des lieux des évolutions de la Pac », explique Yves Jauss, sous-directeur de la Chambre d'agriculture Alsace. En préambule, il a tout d’abord été rappelé ce qu’était un nouveau demandeur. « Vous êtes un nouveau demandeur si votre situation a changé depuis le 31 mai 2017. Changé, cela signifie qu’il a eu, par exemple, reprise de l’exploitation de mon conjoint, de mes parents ou d’une autre personne, un changement de statut juridique des associés exploitants, une transformation de forme juridique de l’exploitation. Dans tous les cas, il vous faut un nouveau numéro « PACAGE » qui est obligatoire pour bénéficier de toute aide publique. Sachez également que vous avez la possibilité, dans Télépac, d’informer l’administration de ces changements », explique Jean Deffinis de la DDT en précisant que Télépac ouvre sur Internet le 1er avril.

Calendrier de paiement

Jean Deffinis a ensuite eu le rôle difficile, de rappeler le calendrier des paiements Pac 2015, 2016 et 2017. « Nous le faisons ici en toute transparence, malgré les difficultés rencontrées. Des difficultés qui font suite aux réserves européennes formulées en 2015. Cela a entraîné des retards de traitement de vos dossiers », précise Jean Deffinis. Si l’année 2015 est désormais traitée même s’il reste une trentaine de dossiers, notamment en montagne Vosgienne, ce n’est pas le cas pour 2016 avec le deuxième pilier de la Pac. Pour les mesures agro environnementales (MAE) et le bio, il est question d’un paiement à la fin du premier trimestre 2018. Pour l’année 2017, 6,5 milliards d'€ ont été payés le 16 octobre dernier. Une journée historique en la matière. Là encore, il y a encore des paiements sur le second pilier à régler. Elles concernent encore une fois les MAE et le bio, mais également l’assurance récolte. « Nous sommes conscients que vous subissez ces retards. La situation s’améliore. Nous espérons que l’année 2018 permettra un retour à la normale. Nous pouvons également comprendre que vous avez du mal à vous retrouver dans tous ces paiements qui arrivent en différé. N’hésitez pas à consulter Télépac où tout est indiqué clairement », ajoute Jean Deffinis.

Aides découplées et couplées

Yves Jauss a fait ensuite le point concernant les aides découplées avec les droits à paiement de base (DPB) puis sur les aides couplées. Jean Deffinis précise une modalité concernant les Gaec avec la mise en place d’un dispositif renforcé pour répondre aux demandes de la communauté européenne. Il s’agit de contrôler l’organisation et le fonctionnement des Gaec. Quant à la conditionnalité des aides Pac, elle concerne de nombreux domaines. Sophie Barleon pour la FDSEA du Haut-Rhin précise quelques points qui sont souvent sujets à des crispations : la définition d’un cours d’eau, les zones vulnérables avec, notamment, le respect de périodes d’épandages, le maintien de particularités topographiques tels que les bosquets et les haies, les Cipan en lien avec la directive Nitrates, les couverts SIE, l’interdiction de traitement phytosanitaire, l’identification bovine et ovine ou encore le bien-être animal. Le dernier point de l’ordre du jour concerne le verdissement de la Pac. « Il regroupe les différentes mesures à respecter pour obtenir l’aide verte. À savoir : une diversité d’assolement, une surface d’intérêt écologique (SIE), et le maintien des prairies permanentes », conclut Sophie Barleon.

Samedi 31 mars

La JA’s Day s’installe à Mulhouse

Pratique

Publié le 26/03/2018

Après une première édition réussie l’année passée à Colmar, les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin ont décidé de la reconduire, en prenant cette fois la direction de Mulhouse. « Nous allons certainement alterner entre les deux villes à l’avenir. L’objectif est de toucher un maximum de monde, de communiquer, d’affirmer notre présence », explique Pauline Plessy, animatrice chez les JA 68. Les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin ont en effet décidé de recentrer leur communication sur un seul message : manger local et de saison. « Nous constatons que les consommateurs sont de plus en plus déconnectés de la production. Or, manger local est un acte plein de bon sens. Cela favorise une qualité alimentaire supérieure et encourage l’économie locale, en soutenant les agriculteurs près de chez soi et en créant des emplois. En effet, les structures agricoles sont pourvoyeuses d’emplois, que ce soit sur l’exploitation, ou dans les ateliers de transformation. Nous voulons également communiquer sur la profession agricole, sur nos filières, sur la réalité de notre métier », précise Patrick Meyer, secrétaire général des JA 68. « Et puis, on parle beaucoup de nous un peu partout. On entend beaucoup de choses. Il est temps d'informer les gens de la réalité de notre métier. En tant que producteur de viande, je souhaite par exemple présenter les spécificités de ma filière, de mon métier », ajoute Nicolas Dieterich, responsable « viande bovine » chez les JA 68.

Communiquer avant tout

Le samedi 31 mars, les jeunes Agriculteurs débarquent en ville et organisent leur JA’s Day. Ils mettront en place une véritable ferme Place de la réunion, pendant le Marché de Pâques organisé par les Vitrines de Mulhouse. Un marché paysan proposera des spécialités régionales. « Nous n’allons pas mettre un seul producteur en avant, mais tous les présents. Sur un seul stand d’environ 12 mètres linéaires, tous les professionnels y proposeront leurs spécialités. L’idée est de promouvoir la production locale », insiste Patrick Meyer. Et pour mettre encore davantage en avant la qualité de leur terroir, les JA serviront toute la journée des tartes flambées. Les enfants ne seront pas en reste, puisque différents jeux sont prévus, notamment un circuit en tracteurs à pédales et un atelier de maquillage. Ils pourront également être au plus près des animaux de la ferme. Côté élevage, Interbev, l’interprofession qui regroupe tous les acteurs de la filière viande, proposera des dégustations et des recettes novatrices pour apprécier les viandes racées. Une nutritionniste répondra aux interrogations des gens de passage et les conseillera dans leurs habitudes culinaires. Côté production laitière, l’interprofession laitière (Cniel) fera des démonstrations de traite et servira des cocktails à base de lait. Les JA souhaitent également emmener les gens à la découverte de la richesse de leurs cultures locales, dans un espace interactif et pédagogique. Avec les organismes de stockage, Armbruster et la Coopérative Agricole de Céréales (CAC), ils ont ainsi imaginé un petit parcours au cours duquel il sera possible de partir à la découverte de l’agriculture alsacienne et de ses céréales. L’Afdi 68 sera également présente pour parler de l’agriculture familiale au Mali et au Cambodge. Toute la journée, il sera également possible de déguster une sélection de vins d’Alsace, produits exclusivement par des jeunes viticulteurs du département. Des jeunes maraîchers prépareront des smoothies à base de fruits et légumes d’Alsace. Des cocktails plein de vitamines pour recharger les batteries après cet hiver froid et humide, une bonne occasion d’expliquer à ceux qui l’auraient oublié, qu’il y a une saison pour chaque fruit et légume, en lien avec l’interprofession des fruits et légumes d'Alsace.

Chambre d'agriculture Alsace

L’innovation, un enjeu majeur pour l’agriculture

Vie professionnelle

Publié le 22/03/2018

Le président de la CAA Laurent Wendlinger fixe les objectifs : « A l’heure de la réforme de la politique agricole commune, nous devons avoir le premier objectif de protéger notre modèle agricole et alimentaire. C’est la seule politique européenne vraiment commune. Elle doit le rester. Que ce soit la question du glyphosate, celle de la qualité de l’eau souterraine, ou encore celle de l’usage des produits phytosanitaires, nous devons continuer, avec nos partenaires, à trouver des solutions pérennes et préparer une feuille de route et un plan d’action. Ce ne sera pas forcément avec les solutions d’hier que l’on relèvera les défis de demain. C’est, au contraire, avec de nouvelles techniques, de nouvelles pratiques, avec de l’innovation, que nous pourrons promouvoir des solutions qui permettront de concilier durablement production et préservation des ressources ». L’innovation concerne toutes les productions agricoles, toutes les filières ; elle est présente partout. Le monde agricole doit l’intégrer dans son fonctionnement de tous les jours pour préparer son avenir et assurer sa pérennité.

« Construire, ensemble, des perspectives »

Maximin Charpentier, président de la Chambre d'agriculture de la Marne, en charge de l’innovation, de la recherche et du développement (SC IRD) à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage) a présenté les axes du projet stratégique des Chambres d’agriculture : assurer le renouvellement des générations, le développement de l’emploi et des compétences ; développer la recherche et le développement, l’innovation et la bio économie au service de la compétitivité et de la préservation des ressources naturelles ; développer le potentiel technique et économique des filières existantes, et accompagner l’émergence de nouvelles filières ; promouvoir une agriculture au service de la dynamique des territoires, facteur d’attractivité de la région.

Pour y parvenir, les Chambres d’agriculture ont revu leur organisation et rassemblé les compétences de façon transversale. Des prestations telles que le conseil, la formation, l’animation, certaines études sont développées en commun. Les métiers du réseau sont nombreux et variés : les chambres comptent 573 ingénieurs et techniciens autour de 50 groupes de métiers nationaux qui vont des grandes cultures à l’élevage en passant par le contrôle de performance, l’agro environnement, l’installation, le conseil d’entreprise ou encore l’économie, l’urbanisme, la viticulture, les légumes. Le plus gros poste concerne les grandes cultures. « Les Chambres y consacrent 113 ingénieurs et techniciens pour la production de 180 essais analytiques. On y trouve également deux fermes pilotes, des « essais bandes », des flashs et guides techniques, des conseils collectifs, de la formation. Les thématiques sont nombreuses. Elles concernent l’économie évidemment, mais également les sols, le climat, l’eau, l’énergie, l’air, la biodiversité, l’agriculture biologique. À travers nos expertises, nous optimisons le travail des agriculteurs en animant notre réseau et en proposant des bases de données ouvertes au plus grand nombre », précise Maximin Charpentier. L’élevage et la viticulture sont également deux autres secteurs d’activité très importants. Le conseil d’entreprise et l’installation mobilisent 74 conseillers dont trois spécialisés en macroéconomie.

« Nos objectifs sont clairs pour cette feuille de route. Nous voulons construire ensemble des perspectives à moyen terme pour nos métiers, nos activités et nos mandants. Nous voulons également bénéficier de la taille du Grand Est pour construire une stratégie de développement et créer des alliances. Nous souhaitons nous appuyer sur la puissance du réseau pour soutenir l’innovation ascendante et descendante tout en rendant lisibles et visibles nos actions. À court terme, il s’agit de monter des projets ensemble, de construire des services, d’apporter de nouvelles méthodes de travail. Ensuite, il s’agira de coordonner le réseau, de le structurer et de le rendre fiable. Il permettra, à terme de préparer le futur de nos domaines de travail. Nous devons également nous appuyer sur l’agriculture numérique par le biais d’une agriculture de précision avec des outils tels que les capteurs, les guideurs, « Mes Parcelles ». Le tout, dans une méthode de gouvernance claire et partagée où le Bureau de la Chambre pilote l’ensemble du projet, le directoire et son comité de gestion fixent les orientations et valident le budget. Où des commissions régionales proposent des projets et remontent des besoins. Où des Chambres départementales remontent ces besoins et ces projets en les préparant et en manageant les équipes. Ce plan d’action doit permettre de mobiliser le plus grand nombre pour, au final, proposer des stratégies d’ensemble de nos Chambres » conclut Maximin Charpentier.

Des outils numériques, des opportunités énergétiques

Danielle Bras, présidente de la commission « grandes cultures », a détaillé les ambitions de la CAA en matière d’agriculture numérique comme le « réseau de stations météo connectées alsacien, en partenariat avec les principaux opérateurs que sont la Coopérative Agricole de Céréales, le Comptoir agricole, Armbruster, la sucrerie d’Erstein ou encore l’Agaja. Il s’agit de proposer une offre commune pour l’équipement des agriculteurs. Une base qui serait utilisable part tous pour proposer des services dans le cadre d’une gestion globale animée par la CAA ».

Des outils d’aide à la décision seront également développés pour la protection des cultures. Dès ce printemps, la Chambre va utiliser « Prévi-LIS/OptiProtect » d’Arvalis, qui calcule chaque jour une prévision des stades et des risques de maladies sur les blés tendres. La Chambre compte également aider les agriculteurs à anticiper les conséquences du changement climatique avec l’outil informatique « CliA-XXI ». Il simule les effets probables du changement climatique sur les principaux indicateurs pour l’agriculture (pluviométrie, températures, jours de gel, etc.) à vingt et cinq ans. Cet outil permet de préparer des stratégies d’adaptation. « À l’automne 2018, nous comptons constituer un groupe d’agriculteurs pour réfléchir et tester des solutions d’adaptation et d’atténuation possibles. La Chambre participe également à une étude sur les adaptations spontanées des éleveurs laitiers à ce changement climatique. Et, en complément, nous avons un outil appelé « Oracle », géré par la Crage, qui mesure les effets actuels du changement climatique ».

La chambre entend également se positionner sur les nouvelles énergies, en renforçant les actions tant dans la production que dans la gestion des déchets. « Nous voulons valoriser en agriculture les projets de géothermie profonde. Il y a des opportunités en Alsace et des études sont en cours. De grandes quantités d’eau à basse température sont disponibles pour valoriser les serres chauffées, la production de microalgues, la pisciculture ou encore la production d’insectes. Nous voulons également mieux soutenir la méthanisation agricole en favorisant les initiatives de porteurs de projets. Enfin, nous voulons relancer le photovoltaïque agricole. La Chambre d'agriculture diffuse pour cela des références objectives et indépendantes. Elle anime un observatoire où 122 installations sont référencées. Elle accompagne les projets innovants et elle aide les producteurs pour les appels d’offres », conclut Danielle Bras.

Ils ont dit

« Nous avons besoin d’innovation »

Vie professionnelle

Publié le 22/03/2018

Denis Ramspacher, vice-président de la CAA. « Nous avons besoin d’innovation pour avoir des arguments dans les discussions et les attaques dont nous sommes l’objet. Nous sommes confrontés à une problématique sur les prix. Nous devons préparer l’avenir sachant que 50 % de la production laitière, demain, va changer de main. Si nous voulons continuer à produire, il va falloir accompagner les agriculteurs et qu’ils investissent. Or, avec les prix d’aujourd’hui, cela va être difficile. L’innovation est une évidence. Mais, elle doit s’accompagner avec la réalité économique du monde agricole ».

Daniel Starck, Confédération Paysanne, dresse « un parallèle entre l’agriculture et le nucléaire qui est aujourd’hui dans une impasse. Nous faisons la même chose avec l’agriculture. Nous sommes allés trop loin. Je propose donc d’autres innovations que celles que vous venez de présenter. La première est l’innovation mentale. Nous devons changer de mentalité. La deuxième est d’innover en renouant avec le vivant, le sol vivant, l’agronomie. La troisième innovation est que nous ne restions plus seuls dans notre coin, mais que nous retrouvions les consommateurs et les gens qui habitent dans les territoires ».

Christian Schott, référent Ecophyto Alsace. « L’innovation ne date pas d’aujourd’hui. On travaille depuis toujours pour favoriser le revenu des agriculteurs tout en préservant l’environnement et la sécurité des consommateurs. Notre préoccupation de tous les jours est de faire augmenter la production tout en minimisant son impact sur l’environnement pour le bien de la santé des agriculteurs et des consommateurs ».

Jean-Michel Habig, président de la Coopérative Agricole de Céréales. « Nous avons des compétences sur le terrain, il faut les valoriser. À nous de les mettre en commun. Nous avons des exploitations agricoles qui fonctionnent également. L’innovation, nous la proposons à la CAC par le biais du pilotage azoté sur blé ou colza, l’épandage de trichogrammes, la modulation intraparcellaire, les outils d’aides à la décision, la bonne dose au bon endroit. L’idée est d’être le plus efficace possible et d’aller encore plus loin dans l’expertise ».

Maximin Charpentier. « Je ne suis pas là pour opposer les systèmes agricoles. Je souhaite faire de l’innovation pour que le potentiel sol/soleil soit le meilleur possible. Le vrai sujet, c’est que la planète est ronde et que ses ressources sont limitées. Jusque dans les années 1990, on pensait le contraire. Il y a eu, depuis, une prise de conscience. La question est de s’interroger sur comment être innovant en agriculture tout en cumulant la durabilité du sol et la production. Le seul fait de vivre pollue. Nous serons bientôt neuf milliards d’habitants sur cette planète. Le pari à réussir ensemble sera de pouvoir les nourrir durablement. Pour avoir cette solution environnementale, il faut donner des moyens à l’agriculture. Une approche globale est nécessaire ».

 

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