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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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FDSEA du Haut-Rhin - Canton des collines sous Vosgiennes

Communiquer et être présent sur les réseaux sociaux

Vie professionnelle

Publié le 08/02/2018

Le reportage télévisé « Cash Investigation » est passé par là. Tout comme la prolifération des commentaires sur les réseaux sociaux. Il s’agit de « communication ». Et cette dernière doit être davantage maîtrisée par le monde agricole. Pour la première fois en assemblée générale syndicale, ce sujet spécifique de la communication et des réseaux sociaux a été abordée dans le détail. L’occasion, pour certains professionnels, de faire connaissance avec facebook, twitter, instragram et autre snapchat. Et, pour d’autres, d’expliquer leur présence sur ces réseaux. « On peut penser ce qu’on veut, mais celles et ceux qui critiquent les agriculteurs sont présents sur ces réseaux sociaux. Et à force de répéter leurs messages, ils finissent par être écoutés. À nous de faire la même chose », réagit un éleveur présent dans la salle. « Les portes de nos exploitations doivent rester ouvertes, mais de nouvelles batailles se jouent sur les nouveaux supports de communication », renchérit le secrétaire général du canton Laurent Haegelen.

Dans son rapport moral, le président du canton des collines sous Vosgiennes Frédéric Meyer a poursuivi. « L’année agricole écoulée a été difficile et laisse un goût amer. Mais, dans tous les cas, soyons fiers de nous car nous exerçons un des plus vieux métiers du monde. Ce début d’année 2018 a débuté de la pire des façons avec cette tempête et cette météo capricieuse. Mais, continuons à nous battre tous ensemble et défendons notre métier et nos valeurs. Notamment sur les réseaux sociaux », a expliqué Frédéric Meyer. Après avoir rendu hommage à l’action du président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass, il s’est intéressé à l’avenir. Il constate que la météo qui passe de la tempête à la sécheresse de plus en plus souvent contraint la profession agricole non seulement à s’adapter, mais aussi et à anticiper. « Ici, nous manquons le plus souvent d’eau. Nous devons réfléchir à mutualiser nos réseaux d’irrigation avec l’aide de la région Grand Est. Nous devons nous organiser collectivement, notamment sur les points d’eau et les zones de non-traitement », précise Frédéric Meyer. Le lac de Kruth-Wildenstein va bientôt être en travaux. « Les expertises vont commencer à la fin de l’année. Ensuite, ces travaux seront engagés sur plusieurs mois. Il faut donc se préparer, anticiper », prévient le directeur de la Fdsea Michel Busch.

Le statut du fermage

Dans son rapport d’activité, le directeur a rappelé les difficultés climatiques de l’année 2017. Même si les dégâts ont été fort heureusement limités dans le secteur, les rendements en blé et en maïs ont été impactés. Représentant la direction départementale des territoires (DDT), Philippe Schott a précisé les contours de la prochaine politique agricole commune. Il a invité les agriculteurs à se rendre aux réunions d’information qui se tiendront en mars à Fessenheim, à Altkirch ou encore à Schlierbach.

Michel Busch a insisté sur la nécessité de défendre le statut du fermage : « Il nous préserve et cela a toujours été le cas » avant de passer en revue les dossiers d’actualité tels que les cours d’eau, les surfaces d’intérêt écologique (Sie), le plan d’accompagnement avec la cellule « Réagir » de la Chambre d'agriculture Alsace et la Mutualité Sociale Agricole d’Alsace, ou encore la filière luzerne en cours de montage.

Le secrétaire général de la Fdsea Pascal Wittmann a incité les professionnels à positiver. « Bien évidemment, ce n’est pas simple d’être d’agriculteur aujourd’hui. Mais, si on s’organise, des choses peuvent se faire. Il y a des opportunités. Restons un minimum optimistes. La vente directe marche plutôt bien. L’abattoir départemental à Cernay joue son rôle de proximité. Défendons également nos grandes filières que sont les céréales et le lait ».

Confrérie Saint-Étienne à Kientzheim

Un ouvrage de référence

Vigne

Publié le 02/02/2018

Quatre chapitres fournis et bien illustrés font de cette publication, réalisée par les éditions Rebert de Riquewihr, un ouvrage de référence. Un grand nombre d’invités se sont retrouvés vendredi 19 janvier au château de Kientzheim pour impulser le coup d’envoi de cette publication, dont le dernier chapitre, est une superbe rétrospective illustrée, préfacée par Pascal Schultz, Grand Maître 2017. Un ouvrage qui ne laisse rien ignorer de l’historique et de la pérennité de la confrérie, du XIVe siècle à nos jours, et qui a sa place dans toutes les bonnes bibliothèques et autres lieux d’histoire. Il est disponible au siège du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), évidemment à la confrérie Saint-Étienne et chez l’éditeur à Riquewihr, pour la somme de 35 euros.

« La dernière édition était parue en 2003. Nous avons considéré qu’il était important de rajouter ces quinze dernières années afin de se souvenir de ces 70 années de la vie confrérie Saint-Étienne. Nous avons gardé la même présentation, en y ajoutant davantage de photos couleur. Au total, six volumes sont désormais disponibles, ils concernent les XVIe, XVIIe, XVIIIe, XIXe, XXe siècles, en tomes I et II. Je travaille actuellement sur un nouveau livre qui concerne les étiquettes de vin avec les publicités réalisées sur les vins d’Alsace », précise Jean-Daniel Rebert.

Pour sa part, Pascal Schultz n’a pas caché son émotion. « Je suis le 71e Grand Maître de la confrérie Saint-Étienne. En écrivant la préface de votre ouvrage, je voulais manifester mon soutien à ce travail historique. » Et Francis Lichtlé de conclure : « J’ai eu beaucoup de plaisir à rédiger cette nouvelle partie historique qui permet, dans cet ouvrage, de fournir aux lecteurs l’histoire complète de la confrérie. Nous passons, mais nos écrits resteront. » Un ouvrage qui a été édité à 250 exemplaires et dont le stock devrait rapidement être épuisé.

FDSEA du Haut-Rhin - cantons de Sierentz-Huningue

« Engagez-vous ! »

Vie professionnelle

Publié le 01/02/2018

Le président du canton de Sierentz Alain Rosenblatt n’a pas caché son agacement devant l’évolution de la politique gouvernementale : « Passée la surprise de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, nous avons découvert notre nouveau ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert. Il était inconnu et le demeure aujourd’hui. Force est de constater que les enjeux agricoles ne sont pas la priorité de l’État français. Nos difficultés demeurent. Et si les prix ne reviennent pas rapidement, je me demande vraiment où nous allons. On nous parle de l’évolution de la politique agricole commune et des nouvelles directives. Or, nous sommes nombreux à ne pas avoir reçu le paiement de nos mesures agro-environnementales climatiques (Maec). Ils finissent seulement de contrôler les dossiers de l’année 2015. Et, dans le même temps, nous ne pouvons que constater que le Ministère de l’écologie prend de plus en plus de poids avec un Ministre, Nicolas Hulot, qui, lui, est connu ». Le responsable syndical constate également qu’il est de plus en plus difficile de travailler avec les services de l’État et un Président de la République qui, sur de nombreux dossiers, passent en force. Plus localement, il constate qu’avec le développement de la communauté d’agglomération de Saint-Louis, le monde agricole est, là également, souvent oublié. « Nous sommes pourtant dans des commissions. Mais, nous ne sommes pas invités aux réunions ». Les sujets sont pourtant nombreux : la définition exacte des cours d’eau, l’opération « Ferti Mieux », l’entretien des prairies après les récentes intempéries ou encore la préservation de l’élevage…

La luzerne, un challenge à saisir

Claude Butsch, président du canton de Huningue, a fait le tour de l’année agricole 2017. « Une année sèche qui a facilité les travaux aux champs au printemps et permettant des rendements corrects pour le maïs et le blé. En revanche, les prix ont chuté. Pour l’herbe, la récolte a également été de qualité avec cependant peu de volume. Il a donc fallu acheter du fourrage. Un gros problème sur le secteur comme sur bien d’autres : la propreté des routes. Elles sont devenues de vrais dépotoirs. Tout le monde vient déverser ses déchets. Cela a des conséquences pour nos troupeaux qui ne trouvent plus seulement de l’herbe dans les champs. Pour le lait, les cours du beurre se sont envolés, mais nos prix n’ont, eux, toujours pas vu d’augmentation. Nous subissons là des méthodes peu scrupuleuses de certaines de nos laiteries. Et, avec les récentes émissions télévisées, cela ne va pas s’arranger. Les consommateurs risquent de réagir et de nous boycotter. Et c’est encore nous, les éleveurs, qui en feront les frais. Pour la viande c’est la même chose. Les prix ne sont pas à la hauteur », s’énerve Claude Butsch. Dans ces conditions, il est vital de trouver de nouvelles sources de diversification. Le projet d’une filière luzerne dans le Haut-Rhin peut-être une piste de réflexion comme l’a précisé le directeur de la Fdsea du Haut-Rhin, Michel Busch. Pour y parvenir, il faudra 3 000 hectares. « C’est un challenge à saisir car les fonds européens se terminent dans deux ans. Le temps nécessaire pour monter un nouveau dossier. Il faut anticiper plutôt que de subir les événements », a-t-il prévenu.

Il en a profité pour inviter les agriculteurs présents à s’investir syndicalement, mais également localement dans les conseils municipaux ou les différents organismes où le monde agricole se doit d’être présent. Et d’évoquer le statut du fermage, les tribunaux paritaires des baux ruraux, la Safer, ou encore les plans locaux d’urbanisme qui sont consultables dans les mairies. Michel Busch compte également optimiser les services de la Fdsea du Haut-Rhin en réorganisant son accueil, et en pérennisant ses services. « L’objectif étant d’être le plus efficace possible, toujours plus rapide et précis. Et à votre service évidemment. Pour y parvenir, nous comptons également sur votre investissement. N’hésitez pas à participer à la vie du syndicat en étant présents sur les dossiers, en faisant remonter les informations, en prenant à bras-le-corps certains sujets dans vos communes », a conclu Michel Busch.

Ferme Béatrice et Maurice Heim à Spechbach-le-Haut

En système de paillage automatisé

Élevage

Publié le 31/01/2018

L’exploitation familiale située au centre du village est actuellement gérée par Maurice Heim. Il était en Gaec avec ses parents dès 1989. Il gère désormais seul, depuis 2005, la ferme, aidé de son épouse, Béatrice. Cette dernière s’occupe du magasin de vente. Tous les quinze jours, elle propose à ses fidèles clients de la viande de bœuf et, une fois par mois, du veau. Une vente directe et en circuit court puisque la ferme a un atelier de transformation. Pour les veaux, Béatrice Heim travaille en GIE avec Bernard Martin, éleveur à Eglingen, un village voisin. La famille Heim élève en moyenne 45 vaches allaitantes de race charolaise. Une race présente depuis toujours. « Les charolaises sont dociles et faciles à élever. Leur viande est excellente et appréciée par nos clients qui viennent à notre point de vente depuis 2005. Nous vendons ce que nous produisons. Ni plus, ni moins », explique Maurice Heim. Sur les 145 hectares de surface agricole utile, la famille Heim a 40 hectares d’herbe et 100 hectares de cultures. Du blé, du maïs et surtout de la betterave à sucre sur 20 hectares. « Je suis le producteur le plus éloigné de l’usine. J’ai toujours aimé en produire. D’autant plus qu’ici, nos terres se prêtent à cette culture », se félicite Maurice Heim.

Aire paillée intégrale

En 2017, le couple d’éleveur a voulu revoir le fonctionnement de la ferme. Il a donc décidé de rénover le bâtiment d’élevage, mais également de changer sa façon de travailler en conjuguant bien-être animal et bien-être humain. Les travaux ont démarré en avril et se sont terminés en octobre dernier. Ce nouveau bâtiment rénové a une surface de 870 m2. Son bardage est en bois avec des poteaux en ferraille et des porteurs également en bois. Les vaches ne sont plus séparées par des lots en entravé, mais se retrouvent dans un système en aire paillée intégrale.

« La facilité du travail est évidente, tout comme le bien-être animal. Je trouve que les vaches sont bien plus dociles. J’avais peur de passer de l’attache à la stabulation libre. Mais je dois faire le constat que les vaches se sont bien adaptées, et très rapidement. Leur comportement n’a pas changé. Je trouve simplement qu’elles sont bien plus calmes. De notre côté, on a moins de travail. On cure deux fois par an. Nous avons également installé une caméra de surveillance pour pouvoir intervenir rapidement. Le bâtiment est bien plus lumineux qu’auparavant, avec des lumières adaptées aux lieux et des panneaux isolés », précise Maurice Heim.

70 répartiteurs

Concernant la pailleuse, de la marque autrichienne Schauer, l’éleveur voulait un système qui ne provoque pas de poussière lors de son utilisation. Cela, pour éviter des problèmes de respiration aux vaches, d’éventuelles pneumonies, et préserver les bonnes relations avec le voisinage dans la mesure où la ferme n’est pas à l’extérieur du village. L’objectif a été atteint. « La paille passe dans un démêleur, puis elle est broyée. Ensuite, il y a une unité de transformation qui sépare la paille et la poussière via un tube et un système de galets en plastique avec une unité centrale. Ensuite, cela tombe dans des répartiteurs de paille qui sont suspendus au plafond. Il y a 70 répartiteurs. »

45 machines de ce type sont actuellement en fonctionnement en France, 250 dans le monde. « C’est un principe qui existe depuis 2013. Je l’ai découvert sur internet. Ensuite, je me suis rendu sur une exploitation dans le Doubs qui possédait déjà un tel équipement. J’ai immédiatement été séduit. Ce système permet de dégager du temps et est très efficace. On paille de cette façon trente minutes le matin et trente minutes le soir. Les vaches ne sont pas perturbées. Au contraire, je trouve même qu’elles sont bien plus propres qu’auparavant. On est bien dans ce bâtiment. Il y a également beaucoup moins d’odeurs », précise Maurice Heim qui a investi entre 50 000 € et 60 000 € dans l’opération. Il a été conseillé, notamment dans le cadre de l’intégration paysagère, par Léon Léonard, de la Chambre d'agriculture Alsace.

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Des équipes performantes au service des adhérents

Vie professionnelle

Publié le 25/01/2018

Le cadre n’a pas été choisi au hasard. Il se voulait convivial et feutré. L’hôtel Europe a donc accueilli 250 salariés de la Mutualité sociale agricole (MSA). Des salariés tout d’abord invités à déguster les mets et les vins présentés sous forme de buffet. Puis est venu le moment, plus solennel, de l’échange avec Christelle Jamot et David Herrscher. Après la projection d’une vidéo sur les activités annuelles de la MSA, les deux responsables ont répondu aux questions d’une animatrice.

« Ce rendez-vous est l’occasion de rappeler notre action au quotidien concernant les familles, la santé, les cotisations et les retraites. Nous avons une mission de service public. Nous sommes là pour répondre rapidement, efficacement et de façon cadrée. Quand un de nos adhérents contacte la MSA, il doit avoir une réponse à ses interrogations quand il raccroche le téléphone ou quand il quitte nos bureaux », explique David Herrscher. « Cette vidéo met nos actions en lumière. Il s’agit souvent d’un travail peu visible et pourtant énorme. Ce travail, c’est celui de vous, toutes et tous, salarié(e)s de la MSA. Vous avez de nombreuses compétences. Elles sont diversifiées. Et c’est ce qui fait notre richesse, notre esprit de coopération, notre complémentarité. Continuons ainsi. Ne montons pas de murs entre les services. Au contraire, privilégions le dialogue », insiste, pour sa part, Christelle Jamot.

Évolution du métier

Un travail d’autant plus important qu’à l’heure de la réforme des collectivités, les territoires ruraux les plus reculés se sentent oubliés et/ou abandonnés. Bien souvent, la MSA est désormais le seul interlocuteur des populations locales. « La conséquence, parfois, se retrouve dans les isoloirs avec le vote extrême », estime David Herrscher. « Nous avons des zones de fragilité. C’est pourquoi il est primordial que nous donnions des réponses claires et rapides à nos interlocuteurs. Nos adhérents doivent être satisfaits du service qu’on leur rend, de l’accueil qu’on leur réserve, notamment au téléphone. C’est cela qui garantit la pérennité de la MSA, et donc de nos emplois », précise Christelle Jamot.

Dans ces conditions, que peut-on attendre de 2018 ? De se baser sur le mieux de 2017 ? Avec des prix du lait, de la viande, du porc à la hausse. « J’ai une pensée pour les viticulteurs touchés par le gel en avril, puis par la grêle. Mais également pour les arboriculteurs, dont certains ont tout perdu. La MSA était au rendez-vous pour trouver des solutions avec des budgets conséquents », constate David Herrscher.

Avec Christelle Jamot, le président est également revenu sur l’évolution de la MSA, qui mutualise ses services depuis quelques mois. « 40 % de nos salariés ont déjà changé de métier en interne. Cette évolution va se poursuivre. Elle se fera dans le respect de tous les salariés envers qui nous devons être à l’écoute », assure David Herrscher. La première vague de mutualisation s’est réalisée avec la formation des équipes. Une seconde va arriver. Elle doit être acceptée par toutes et tous. « Soyons 250 à construire des moulins plutôt que des murailles. Adaptons-nous. Ne cédez pas aux rumeurs, mais posez-vous les bonnes questions. Oui, avançons collectivement », ajoute Christelle Jamot.

Un outil informatique performant

Enfin, David Herrscher rappelle que l’équipe dirigeante arrive à mi-mandat après trois années de travail. « Je suis serein pour la MSA. Il faut continuer à être compétitif et réactif. Merci pour votre écoute, votre patience, le travail effectué. Continuons à occuper le terrain. » L’occasion pour lui de donner rendez-vous à l’assemblée générale de 2018, qui se déroulera en présence du premier vice-président de la Caisse centrale, et aura pour thème l’animation des territoires. « Nous présenterons le bilan de mi-mandat, qui est déjà très satisfaisant. À nous désormais d’être encore plus proches, et notamment des plus jeunes. Que ce soit les salariés et les exploitants. Je formule le vœu que, lors des prochaines élections, nous puissions avoir des délégués jeunes, dynamiques, engagés. C’est toute la philosophie du plan stratégique national 2018-2028 », conclut-il. Avant d’être chaudement applaudi lorsqu’il évoque la nécessité pour la MSA d’avoir un outil informatique performant et calibré au bon niveau. L’après-midi a été consacrée à un jeu de rôles ludique qui a permis aux membres du personnel de resserrer les liens entre eux.

Reportage sur les produits laitiers dans l’émission télévisée « Cash Investigation »

« Nous n’avons rien à cacher »

Élevage

Publié le 25/01/2018

Depuis la diffusion de cette émission, les commentaires sont nombreux. Sur les réseaux sociaux, des éleveurs ne cachent pas leur agacement et leurs griefs. Contre l’émission, la journaliste présentatrice, mais également contre le fonctionnement des coopératives laitières. Plus inquiétant encore, les responsables professionnels ont eu écho de la volonté de certains agriculteurs d’abandonner leur production pour se reconvertir dans d’autres secteurs d’activité. Il est question de « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Le soir même de la diffusion de l’émission, puis les jours suivants, les coopératives et le monde agricole ont réagi.

La première concernée, Sodiaal, l’a fait officiellement le 17 janvier en rappelant que « la priorité de la coopérative, c’est le revenu de ses adhérents. Sodiaal s’est toujours battue et continue à se battre chaque jour pour valoriser le lait de ses producteurs au meilleur prix possible. » La coopérative explique, en outre, n’avoir rien à cacher et répond sur tous les points diffusés lors de l’émission. « Au vu du niveau exceptionnel de la crise laitière, Sodiaal a redistribué en 2017 un montant équivalant à 106 % du résultat 2016 à ses producteurs adhérents, soit 25 millions d’euros, et non 3,50 M€ comme prétendu dans l’émission. Il y est par ailleurs véhiculé une confusion technique entre les comptes sociaux d’une seule entité, Sodiaal International, et les comptes consolidés de l’ensemble de la coopérative. En particulier, le montant de 526 M€ indûment qualifié de « trésor de guerre » qui ne correspond qu’à un actif au bilan social de Sodiaal International, et non à de la trésorerie » (lire encadré). Et de rappeler que le « seul trésor de guerre » de la coopérative est le lait de ses producteurs. « Le valoriser au mieux, c’est la mission permanente de Sodiaal, qui l’exerce en totale transparence. » L’entreprise a répondu sur l’analyse financière, le prix du lait, la mécanique des prix A et B, son organigramme ou encore sa filiale Liberté Marque au Luxembourg.

Rétablir la vérité

Thomas Ritzenthaler, éleveur à Holtzwihr et administrateur de la région Centre Est de Sodiaal, a regardé l’émission. Il reconnaît qu’il a appris des choses ce soir-là. « Pour le Luxembourg, je ne savais pas. Je savais que c’était une marque, mais pas une société. Je regarde régulièrement Cash Investigation, c’est souvent une émission « à charge », réalisée pour faire du « sensationnel ». Sur d’autres points que je maîtrise davantage, il y avait ou un manque de précisions, plus ou moins volontaire, ou des incohérences. Un exemple. Dans l’affaire Lactalis, on parle toujours de lait contaminé. Or, c’est de la poudre de lait dont il est vraiment question. Alors, forcément, cela fait parler. Mais, il faut raison garder », estime l’éleveur.

Jean-Daniel Steib, éleveur à Horbourg-Wihr et président de la section Est de Sodiaal, ne cache pas son agacement. « Ce reportage a été réalisé au printemps dernier. Les responsables de l’émission ont reçu à ce moment-là tous les documents nécessaires pour les éclairer. Ils n’en ont gardé et diffusé qu’une partie. Certaines des informations, qui ont été données, ont été volontairement détournées. Nous voulons désormais simplement rétablir la vérité. » Jean-Daniel Steib estime qu’en France, on veut en quelque sorte s’autodétruire. « J’ai l’impression que la vache laitière est devenue depuis quelques mois ce qu’est le maïs aux yeux des écologistes. Une vache laitière qui est dans toutes les communications négatives aujourd’hui : nitrates, gaz à effet de serre, maltraitance animale. Je trouve dommage et incompréhensible que l’on torpille de cette façon notre propre filière laitière. À l’étranger, tout le monde rigole et profite de cet état d’esprit à la française. »

Comme Thomas Ritzenthaler, Jean-Daniel Steib invite les éleveurs adhérents à Sodiaal à la prochaine assemblée générale, mais aussi aux réunions techniques de sections qui démarrent à compter du 31 janvier. « Il y en a une vingtaine dans tout le Grand Est. Tous les adhérents peuvent venir librement et poser leurs questions. Ils y trouveront des réponses. Sodiaal n’a rien à cacher. Nous n’avons rien à cacher ».

Davantage et mieux communiquer

Éleveur à Wittelsheim et président du groupe lait à la FDSEA du Haut-Rhin, Michel Rohrbach, qui n’est pas adhérent Sodiaal, a regardé l’émission le 16 janvier. « Je le fais à chaque diffusion de Cash Investigation. Je n’ai pas été choqué car je sais que la philosophie de l’émission fait partie de sa recette pour faire de l’audience. J’ai, par contre, été surpris des réactions. D’habitude, on considère la presse généraliste nationale comme « anti-paysan ». Là, bizarrement, on l’aime. » Il a trouvé dérangeant « cette façon de tout généraliser ». Par ailleurs, et c’est vrai dans le cas présent comme sur de nombreux autres sujets, il estime qu’il faut davantage et mieux communiquer. « Lors de la diffusion de l’émission, j’ai trouvé que le président de Sodiaal, Damien Lacombe, n’était pas à la hauteur, pas à l’aise. Il a été pris à son propre jeu. Quand tu sais que tu participes à une émission comme Cash Investigation, tu dois être prêt. Ce n’était pas le cas. Or, quand tu représentes un ensemble de producteurs, tu dois avoir du répondant », constate Michel Rohrbach.

Plus globalement, l’éleveur insiste sur la nécessité pour la filière laitière d’avoir un véritable plan stratégique pour pérenniser son avenir. « Cette nécessaire stratégie doit, par exemple, être développée dans les négociations à venir avec les GMS. Il faudra réussir à faire passer des hausses de prix pour nos produits et sur nos coûts de production. On est en janvier. Tout le monde attend ces négociations avec une certaine impatience. On ne peut plus communiquer sur les redistributions des résultats des coopératives. De nombreux éleveurs ne voient, eux, qu’une seule chose : la fin du mois, avec quasiment rien pour vivre », conclut Michel Rohrbach.

Planète Légumes - Chambre d'agriculture Alsace

Produire et protéger au mieux la pomme de terre

Cultures

Publié le 11/01/2018

Le déficit pluviométrique des huit premiers mois de 2017 a été particulièrement marqué dans certains départements du Grand Est, et notamment dans le Haut-Rhin (- 22 %) et ce, malgré les précipitations du mois de juillet. La faible pluviométrie du mois d’août n’a ensuite pas permis de combler ce déficit, de 13 % sur la région de Strasbourg et 26 % sur celle de Mulhouse. Les températures, elles, ont été légèrement supérieures à la normale en juillet-août ; en septembre, elles sont revenues dans la moyenne. Conséquences pour les pommes de terre : beaucoup de parcelles étaient sèches au moment de la récolte.

La campagne écoulée a également été marquée par des dégâts de gel. Toutes les parcelles levées ou en cours de levée (2-3 cm sous la butte) ont été touchées, plus ou moins, en fonction de la présence ou non de bâche, de la durée de l’épisode et de la qualité de l’irrigation antigel. Les pertes ont été fortes dans les parcelles ayant levé sans protection, accusant un retard de développement de deux à trois semaines, une levée hétérogène avec formation de nouvelles tiges (souvent meilleure tubérisation et calibres moyens).

Côté maladie, l’alternariose a fait son apparition dès le 10 juin dans le nord de la région. Elle a toutefois été ralentie avec l’arrivée des pluies. L’alternariose se développe de préférence sur les feuilles « âgées » (feuilles du bas), abîmées (par le vent ou la grêle) et sur les plantes stressées ou carencées. Les années sèches sont favorables à la maladie. Il y a peu de formation de nouvelles feuilles car la minéralisation est moins bonne. Dans les parcelles de variétés sensibles, ayant souffert du sec et de stress - hydrique, rotations courtes, carence minérale, etc. -, on a pu voir des symptômes d’Alternaria alternata. Alternaria alternata est un parasite de faiblesse moins virulent que Alternaria solani, considéré comme le pathogène (il faut 10 à 100 fois moins de spores de solani que d’alternata pour générer une infection). Alternata émet moins de toxines que solani, et son impact sur le rendement est moindre. À signaler également, la maladie de la jambe noire, apparue suite à des excès de pluies au printemps et des attaques de rhizoctone. Peu de lots ont présenté des pourritures bactériennes sur des tubercules à la récolte.

Les doryphores, quant à eux, sont apparus début mai à mi-mai en secteur précoce, puis à la fin du mois dans les secteurs plus tardifs, malgré la fraîcheur. Leur développement a été plus ou moins contrôlé en conventionnel. En bio, les populations, très importantes, ont causé des dégâts. Fin juin, de nouvelles attaques ont provoqué des dégâts sur des foyers mal contrôlés. Enfin, une troisième série d’attaques a été constatée à la fin du mois d’août. Les populations de pucerons sont restées faibles et contrôlées.

Des produits de traitement en moins

Sur la campagne 2017-2018, la production française de pommes de terre de conservation 2017 a connu une forte hausse par rapport à la saison précédente. En Alsace, elle progresse de 28,4 %, avec 74 200 tonnes récoltées sur 1 650 hectares et un rendement de 45 t/ha (contre 35 t/ha en 2016). Cette augmentation est la plus importante de l’hexagone. Les grandes régions productrices restent le Nord-Pas-de-Calais (2 408 800 t) et la Picardie (1 512 200 t).

Les producteurs de pommes de terre sont accompagnés par les conseillers de Planète Légumes et de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Cette dernière a rappelé les aides qu’elle propose pour l’achat de matériel de traitement des plants et la sécurité de l’utilisateur. « La commission prévention de la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA) a décidé, lors de sa réunion du 19 juin dernier, de renouveler pour cinq ans, dans les mêmes conditions, le contrat de prévention signé le 17 janvier 2012 à partir du 1er janvier 2017. La procédure d’application de ce nouveau contrat exige que le planteur dépose un devis estimatif des travaux auprès de l’Association pour la promotion de la pomme de terre d’Alsace (APPDTA) qui contrôle alors le devis, émet un avis favorable qu’elle soumet pour approbation à la CAAA concernée. Sans avis défavorable dans un délai de deux semaines après le dépôt de la demande, le planteur peut faire l’achat et bénéficier de l’aide. Il présente la facture acquittée et le relevé d’identité bancaire à l’APPDTA qui transmet à la CAAA concernée pour paiement », explique Denis Jung, conseiller spécialisé pomme de terre.

Pour finir, il a rappelé aux producteurs la liste des produits de traitement subissant actuellement des évolutions de leur autorisation ou interdiction, et les éventuels produits de substitution. Pour le défanage par exemple, Basta F1 a été retiré. Or, il s’agissait du seul produit à base de glufosinate autorisé en France. « L’agence sanitaire a également retiré les permis d’importation des produits en contenant. Ce qui entraînera la disparition de tous les produits phytosanitaires à base de glufosinate du marché français. Le délai d’utilisation est fixé jusqu’au 24 octobre 2018. Cela nécessitera une remise à plat des techniques de défanage pour la pomme de terre. »

Dans ces conditions, la profession s’interroge : le « zéro pesticide » est-il (déjà) possible pour protéger la culture de la pomme de terre ? Le projet Dephy Expe 2018-2022 va dans ce sens. Il a pour objectif de réduire, sur cinq ans, l’utilisation des produits phytosanitaires et de mettre en place des solutions alternatives (filets, biocontrôle). Un essai sera mis en place dans le secteur de Krautergersheim à compter de mars 2018. La rotation choisie concerne la pomme de terre, le chou, la patate douce, le blé et le maïs (voir document ci-contre).

La réunion s’est poursuivie avec les interventions de Mélanie Krauth, conseillère énergie chargée de présenter les projets liés aux économies d’énergies, et Yannick Wir, de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), qui a détaillé le nouveau programme d’aides de la Région Grand Est destinées aux producteurs pour l’irrigation, le matériel ou encore le stockage.

Élitest

Innover et travailler ensemble

Élevage

Publié le 27/12/2017

Génosanté : au-delà d’indexer plus facilement mâles et femmes, cette approche permet de sélectionner de nouveaux critères, notamment sur la santé des vaches laitières. L’enjeu pour les éleveurs est de s’assurer de l’intérêt économique et technique du critère sélectionné et de la fiabilité de résultat qu’il apporte avant d’utiliser ces nouvelles informations. « Le programme Génosanté propose de véritables index, validés par un protocole scientifique rigoureux. Il mise sur des compétences collectives pour reproduire à titre privé la même chaîne d’indexation que les index publics. Cela va de la collecte de données à l’édition de véritables index, caractérisés par un coefficient de détermination et une héritabilité mesurés. Les index de résistance aux lésions infectieuses et ceux résistants aux lésions non infectieuses proposés aujourd’hui respectent cette philosophie pour apporter un progrès génétique maîtrisé et une capacité fine de conseil en élevage pour diagnostiquer les causes de boiteries et y remédier », explique Philippe Sibille, directeur d’Élitest.

En données de base, ce sont 126 772 performances et 11 459 génotypages qui ont déjà été effectués avec ce programme. Sept lésions ont pu être caractérisées, dont trois infectieuses (dermatite digitée, limace, érosion de la corne du talon) et quatre non infectieuses (bleime circonscrite, bleime diffuse, ouverture de la ligne blanche, ulcère de la sole). Des corrélations légèrement négatives ont cependant été observées entre les deux groupes de caractères.

Élitest s’est également engagé dans deux démarches : Rians, permettant une augmentation de la matière grasse en deuxième année ; et Herbo Pack, avec des partenaires comme Charal pour le croisement sur laitières, la valorisation du produit et un cahier des charges génétique pour cinq races. Avec la Chambre régionale d’agriculture Grand Est et l’Association de production animale de l’Est (Apal), une réflexion est en cours sur l’avenir de la production de la viande dans la région.

Proposer de nouvelles offres

Damien Tiha, président d’Élitest, a insisté sur la nécessité de faire évoluer la coopérative, à l’image de l’élevage qui est en pleine mutation. Pour répondre aux demandes de ses adhérents, notamment en matière de transformation, il y a une véritable nécessité de proposer de nouvelles offres et de nouveaux services, tout en restant dans le cœur de métier : la reproduction. « Nous observons une demande toujours plus forte sur des races comme la brune, la normande ou encore la jersiaise pour les taureaux laitiers, la blanc bleu, la limousine ou encore des croisés pour les taureaux allaitants. Nous devons répondre à ces demandes car, dans le même temps, nous avons constaté une baisse d’activité. Les inséminations artificielles premières (IAP) ont reculé de près de 5 % sur l’exercice écoulé. Depuis 2010-2011, année de fusion de notre coopérative, la baisse moyenne est de 0,15 % par an. Elle concerne aussi bien les allaitantes (- 8,3 %) que les laitières (- 4,2 %). En Alsace, la diminution est cependant moins importante (- 3,7 %) que dans d’autres départements du Grand Est. Par ailleurs, nous constatons une baisse du nombre d’adhérents et du nombre moyen d’IAP par adhérent sur cette même période. Il faut réagir. Proposer de nouveaux services, s’adapter à toutes les demandes, innover », insiste Damien Tiha.

Élitest a adhéré à Brune Génétique Services et propose des offres spéciales pour la jersiaise et la normande, ou répond aux attentes de la filière viande en accompagnant les démarches des éleveurs. « Nous avons segmenté nos offres, nous les avons renouvelées en développant de nouveaux caractères, et nous nous sommes intéressés à la semence sexée et au croisement industriel. Enfin, nous avons misé sur de nouveaux services pour accompagner fortement cette reproduction. Je pense notamment au suivi reproduction, aux outils de monitoring, au programme sanitaire d’élevage (PSE) pour la maîtrise des cycles, au génotypage ou encore au sexage », ajoute Damien Tiha. Le suivi reproduction a concerné pour 2016-2017 pas moins de 19 654 femelles dans 203 élevages. Cette expertise au service des éleveurs s’appuie sur l’ensemble des services proposés (PSE, monitoring, Nutral, échos, palpers), et renforce la technicité et le savoir-faire des inséminateurs formés. De nouveaux développements sont à prévoir, comme le sexage de l’embryon, la caractérisation génétique simple ou encore le génotypage de l’embryon. Pour la race prim’holstein, ce travail a permis de placer quatre nouveaux taureaux dans la gamme.

Xavier Wagner, directeur de l’application Applifarm, a présenté les fonctionnalités de ce service qui vise à valoriser les données en services pour améliorer la performance de l’élevage et la qualité de vie de l’éleveur. L’application sera officiellement lancée au courant du mois de janvier 2018.

Société d’exploitation de l’abattoir de proximité du Haut-Rhin

Efficacité, réactivité, vigilance

Élevage

Publié le 20/12/2017

Le travail ne manque pas à l’abattoir départemental à Cernay. Une bonne nouvelle pour ses seize salariés. Mais également pour les éleveurs qui lui sont fidèles et pour les actionnaires et partenaires tels que le Conseil départemental du Haut-Rhin et la Chambre d'agriculture Alsace. Néanmoins, cette hausse de l’activité engendre des contraintes. Les utilisateurs doivent respecter le fonctionnement des lieux pour le rendre plus efficace. C’est en substance le premier message lancé lors de cette réunion par Denis Nass, président de la société d’exploitation. « Il faut que les utilisateurs soient plus rigoureux dans leurs déclarations pour venir faire abattre à Cernay. C’est en effet compliqué d’organiser le travail. La moitié des usagers ne réservent toujours pas, malgré tous nos appels et efforts de communication. Nous allons donc changer les règles de fonctionnement », explique Denis Nass. Aussitôt dit, aussitôt fait. L’assemblée générale a approuvé le principe d’instaurer une taxe de 20 € par animal non réservé. Une pénalité qui doit aider à faire comprendre à tout le monde que la réussite passe par la cohérence. D’autant que l’activité devrait poursuivre sa croissance. « L’abattoir est un outil indispensable pour les éleveurs et pour le développement de la filière courte. Nous devons continuer à pouvoir installer des jeunes et préserver l'élevage dans le département. Face aux demandes et exigences sociétales, nous devons également évoluer avec elles. Nous allons pouvoir et devoir répondre à de nouveaux appels d’offres dans les cantines des établissements scolaires notamment. Le bio va prendre de l’importance tout comme les produits de proximité. Nous voulons proposer, par exemple, une forme de steaks hachés car il y a de nouveaux marchés à prendre. Pour y parvenir, il faut que nous soyons structurés. 2018 sera l’année du changement dans l’intérêt de l’abattoir, de nos territoires et des consommateurs », ajoute le président.

Désendettement en cours

Une efficacité nécessaire pour rendre également optimale le fonctionnement financier de l’abattoir. Les comptes, arrêtés au 31 décembre 2016, laissent apparaître une gestion saine, mais toujours difficile à appréhender. L’abattoir a terminé avec une trésorerie de 6 000 €. La société d’exploitation est à 45 jours de délai de paiement et doit composer avec 100 000 € de créances qui étaient encore réceptionnées. « Nous sommes raisonnablement optimistes, mais prudents. Le chiffre d’affaires a progressé de 2 %, soit 1 055 000 € de chiffre d’affaires en 2016 contre 1 030 000 € en 2015. Le résultat d’exploitation est de 16 000 €. Nous avons donc gagné de l’argent sur cet exercice comptable alors que nous en avions perdu (18 000 €) sur l’exercice précédent. Ce résultat a servi pour rembourser un peu de la dette. Le résultat net est positif à 2 334 €. Et pour 2017, l’outil est également en équilibre. À la fin du mois de novembre, le tonnage de produits abattus est en augmentation tout comme le chiffre d’affaires à 862 000 €. Le mois de décembre sera donc du bonus », poursuit Denis Nass. Prudent, il a néanmoins fait approuver par l’assemblée générale une augmentation des tarifs aux usagers de l’ordre de 2 % pour améliorer la rentabilité. « À partir de maintenant, les utilisateurs doivent savoir que nous demandons un paiement comptant. Dans le même temps, nous avons rappelé au personnel la nécessité d’un travail de qualité. Les usagers doivent être satisfaits en quittant l’abattoir », précise Denis Nass.

La CAC dans le capital ?

Pour accélérer le désendettement, la société d’exploitation de l’abattoir de proximité du Haut-Rhin cherche de nouveaux partenaires pour entrer dans son capital. La coopérative agricole de céréales (CAC) pourrait le devenir. Présent à l’assemblée générale, le nouveau président de la CAC, Jean-Michel Habig, s’est montré ouvert au dialogue. « L’abattoir, c’est un dossier dont on parle depuis un moment. J’ai bien entendu votre appel. Nous l’étudions. Mais nous voulons des éléments complémentaires. Pour la coopérative agricole de céréales, il ne serait pas possible d’entrer au capital juste pour éponger une dette. Ce n’est pas une solution. Il faut donc se donner les moyens pour travailler ensemble et que vous soyez convaincus par l’arrivée de la CAC pour aller dans une gestion commune », a réagi Jean-Michel Habig. Pour sa part, le vice-président du Conseil départemental du Haut-Rhin Rémy With, présent avec son collègue Daniel Adrian, a rappelé son soutien aux éleveurs, au monde agricole en général et à l’abattoir de Cernay. « Le département va continuer à être votre partenaire concernant la partie immobilière de l’outil », a précisé Rémy With. La fin de l’assemblée générale a permis au président Denis Nass de remercier tous les partenaires de l’entreprise. « À commencer par AS Compta qui a accepté d’abandonner pour plus de 20 000 € de créances et qui nous a toujours été fidèle ».

Jeunes Viticulteurs du Haut-Rhin

Quentin Blanck, nouveau président

Vigne

Publié le 18/12/2017

C’est lors de l’assemblée générale du canton des Jeunes Viticulteurs du Haut-Rhin (JA Viti 68), le 14 décembre, qu’a eu lieu le renouvellement du conseil d’administration. Avant l’élection, François Schlussel a expliqué sa décision : « Je viens d’effectuer six années de présidence. Gilles Ehrhart m’avait fait rentrer à l’époque au sein de l’équipe dirigeante. L’expérience a été enrichissante. Mais au bout d’un moment, il faut que ça change. » Prêt à épauler son successeur le temps nécessaire, il a remercié ses pairs pour leur soutien et souhaité bonne chance à la nouvelle équipe et au nouveau président.

Un conseil d’administration renouvelé

Quentin Blanck a été élu président de ce nouveau conseil d’administration (lire encadré). « J’exerçais déjà des responsabilités au sein du groupe des jeunes des vignerons indépendants. Nous avons beaucoup travaillé sur la communication et sur la formation. Ces deux axes sont très importants. Je compte œuvrer en équipe, de la même façon chez les JA Viti 68. Je suis leurs discussions depuis déjà deux ans car j’avais été coopté au conseil d’administration », précise Quentin Blanck. Parmi les autres pistes de travail, il cite le rapprochement avec les Jeunes Viticulteurs du Bas-Rhin, dans les deux années à venir. « Cela doit se faire naturellement. Nous exerçons toutes et tous le même métier sur le même vignoble. »

Pour 2018, les JA Viti 68 comptent poursuivre les actions engagées, comme « l’afterwork » des Jeunes Agriculteurs en mars à Colmar ou le JA’s Day en juin à Mulhouse. Ils seront également actifs sur les opérations Sourire du 19 au 21 mai à Colmar et souhaitent organiser une opération Tellus dans une exploitation viticole. Enfin, il est question de pérenniser la sortie cantonale permettant la découverte d’une région viticole.

Une application pour surveiller le vignoble

Marie Fagot, de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles en Alsace (Fredon), est venue présenter son institution. La Fredon avec ses quinze salariés répartis sur ses deux sites à Sélestat et à Wiwersheim, est reconnue comme organisme à vocation sanitaire (OVS). Depuis 30 ans, elle assure une surveillance biologique du territoire, fait de la prévention, mais également de la lutte et des expérimentations, sans oublier de l’inspection puisqu’elle est accréditée Cofrac. Marie Fagot a notamment détaillé le plan de lutte contre la flavescence dorée. En Alsace, il n’y a pas de phytoplasme de la flavescence dorée détecté jusqu’à présent, mais plus ponctuellement des cas de jaunisse de l’aulne. « Un premier signalement de cicadelle vectrice a cependant été fait en juillet 2016 à Turckheim. Une soixantaine de pièges ont alors été mis en place pour faire un état des lieux plus efficace que les observations aléatoires et pour définir la présence d’un foyer éventuel dans un rayon géographique très précis de 500 mètres. Par mesure de précaution, un traitement insecticide a été effectué sur cette zone pour limiter la propagation du vecteur ». Marie Fagot a ensuite rendu les jeunes viticulteurs attentifs sur les symptômes communs entre la jaunisse de l’aulne et la maladie du bois noir. Elle a invité les jeunes professionnels à télécharger l’application « Vigi-AvA », disponible sur App Store, dédiée à la surveillance du vignoble alsacien.

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