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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Collectif « Les.9 »

Neuf jéroboams vendus aux enchères

Vigne

Publié le 18/12/2017

L’art et l’étiquette de vin, une histoire qui s'écrit depuis plusieurs mois. Ils sont une poignée de vignerons dans le vignoble à avoir ressenti une communauté d’esprit avec des artistes, à l’image de Jean Meyer (domaine Josmeyer) associant certaines de ses cuvées aux œuvres existantes d’artistes régionaux. Le projet du collectif « Les.9 » pousse cette relation encore plus loin. « Les.9 » - à savoir les artistes Guy Buchheit, Yves Carrey, Cheni, Daniel Dyminski, Philippe Hillenweck, Christophe Hohler, Justin Hug, Bernard Latuner et Hervé Spycher - sont en principe unis jusqu’en 2034 pour créer tous les trois ans avec un même vigneron trois étiquettes dédiées à un grand format de bouteille, le jéroboam.

En 2016 naît une première étiquette ; elle est accolée sur une bouteille de pinot gris 2015 de la maison Gustave Lorentz à Bergheim (voir nos éditions du 9 janvier 2015). L’étiquette en toile, « la surface d’expression », a été subdivisée en neuf parties, histoire de « loger » le travail original de chacun des artistes. Pour le millésime 2016, il s’agit d’un riesling grand cru Altenberg, édité également à 234 exemplaires, toujours avec la complicité de la maison Lorentz. Les neuf premiers exemplaires de cette série ont été soigneusement mis de côté pour la bonne cause et emballés dans des caissettes en bois. Ces artistes se proclament « épicuriens » certes, mais aussi « humanistes ». Ces jéroboams signés ont été mis à prix mercredi 6 décembre, avec la complicité des services du musée Unterlinden, à Colmar, de Pascal Léonetti, sommelier, et de la galerie mulhousienne Courant d’art.

Art, terroir, humanisme

« Cette vente aux enchères ne faisait pas partie du projet initial. Mais, nous voulons aller au-delà de la démarche artistique et faire un geste supplémentaire », explique le viticulteur Georges Lorentz. La recette de cette vente a été affectée aux œuvres de Familles Solidaires, une association qui développe des projets d’habitat partagé et accompagné, en mobilisant par ailleurs de l’épargne solidaire. « Il y a la dimension artiste, certes, mais aussi la solidarité entre les hommes qui nous tient à cœur », précise Philippe Hillenweck, l’un des neuf artistes impliqué.

« Chaque année, le collectif conçoit une étiquette spécifique et toujours originale pour un jéroboam de vin d’Alsace dont l’édition est limitée à 234 exemplaires. Le collectif est aussi invité en résidence pour créer des jéroboams et laisser une empreinte hors Alsace ». Ce travail a donc trouvé un prolongement en dehors du vignoble alsacien dans la vallée du Rhône cette année, en Corse en 2018, puis dans le Beaujolais en 2019.

Fin mai, les artistes s’étaient réunis au restaurant Hug à Mulhouse pour faire le point sur l’avancée de leurs travaux. Pascal Léonetti en avait profité pour présenter des bouteilles du domaine Orenga de Gaffory, à Patrimonio, en Corse. Et s’il avait trouvé un intérêt particulier à l’exercice, c’est que le professionnel, qu’il soit viticulteur ou artiste plasticien, est « en phase totale de compréhension de sa matière première ». La dégustation des productions de ce domaine enraciné dans « un sol argilo-calcaire » n’était que la première étape de leur travail.  Que ce « cérémonial » se soit tenu au restaurant Hug n’était pas non plus un hasard. « Pour moi, l’aventure humaine est indissociable des aventures de table. D’ailleurs, en servant jusqu’à 1 heure du matin, nous avons régulièrement accueilli des artistes, sortant d’un concert ou d’un vernissage. Ça s’est parfois terminé en bœuf », précise Mathieu Calligaro, propriétaire du restaurant depuis 30 ans. Cette rencontre «a pour but de favoriser l’échange, le partage et la camaraderie, mais également de proposer un lubrifiant et du lien social entre des personnes d’horizons divers », explique Philippe Hillenweck. « Les.9 » synthétisent précisément ces trois points fondamentaux : l’art, le terroir, et l’humanisme. Mercredi 6 décembre, au musée Unterlinden, cela s’est une nouvelle fois vérifié. L’aventure se poursuit…

Rencontre avec Pascal Kury, journaliste

« La foire Sainte-Catherine fait partie du patrimoine de la ville »

Pratique

Publié le 02/12/2017

Journaliste à la radio depuis 1985 et en charge de l’information locale pour les deux stations depuis 1995, Pascal Kury est bien connu en Alsace. À 52 ans, l’homme, passionné de chemin de fer, de théâtre, d’histoire, de cuisine et des métiers de la bouche en général, délivre ses messages et aide ses auditeurs à mieux apprécier la pertinence de l’actualité. « J’aurai pu être boulanger ou boucher. Je suis finalement entré à la radio car elle m’a appelé. Cela s’est fait naturellement. Comme tout ce que j’ai pu faire dans ma vie. À travers les infos, je délivre des messages. J’aide les auditeurs à mieux comprendre certains sujets, à comprendre certaines causes », explique Pascal Kury. L’actualité agricole et viticole n’est jamais oubliée. Elle fait régulièrement l’objet des sujets mis en avant. « Les agriculteurs sont en souffrance, mais n’ont que très peu de moyens pour le dire et l’expliquer. Ils me semblent lasser de cette situation. En tant que journaliste, j’ai un regard admiratif et attristé pour eux. Car ils bossent tout le temps, mais pas au juste prix. Or, ils nous nourrissent. Alors, oui, j’estime qu’il faut parler d’eux. Le problème, c’est que la campagne vient difficilement à la ville. Ils n’ont pas comme premier réflexe d’utiliser la radio pour témoigner. Or, la radio permet pourtant d’être écoutée partout et facilement », ajoute Pascal Kury.

« La foire a perdu son cachet agricole »

La campagne, le journaliste est pourtant bien placé pour en parler. Il habite Altkirch. « Je suis un paysan du Sundgau. Je suis attaché à ce terroir, ces terres, ces saisons et ces traditions. Parmi elles, la foire de la Sainte-Catherine évidemment ». Il juge son évolution sans complaisance. « Je suis dans l’événement puisque j’habite place de la Réunion qui se trouve au cœur de la manifestation. Par le passé, j’adorais cette excitation la veille et la nuit, pour l’installation des marchands. Ce bruit, ces voix de la vie dans la nuit. Il se passait quelque chose. Aujourd’hui, les gens viennent le jour même et le plus tard possible. Cette frénésie a perdu son cachet historique. Tout comme son caractère agricole. Il ne reste plus que la place Xavier Jourdain et l’avenue Clémenceau. Pour le reste, c’est un fourre-tout commercial », estime Pascal Kury. Pour autant, et comme chaque année, le citoyen qu’il est se rendra sans aucun doute à la manifestation et le journaliste fera son reportage annuel. « L’année passée, j’avais réalisé l’interview d’un éleveur. Malheureusement, ils ne sont plus très nombreux. C’est dommage car je suis très attaché aux animaux de la ferme. Malgré tout, je compte continuer à axer mes reportages sur ce monde agricole. Car cette foire reste le grand rendez-vous de l’agriculture en ville », ajoute Pascal Kury. Il est convaincu qu’il faut faire perdurer cette manifestation. À l’image de la foire Simon et Jude à Habsheim où, à travers les concours de races d’animaux, l’élevage est mis en valeur. « La foire de la Sainte-Catherine doit être dans le même état d’esprit. Elle fait partie du patrimoine de la ville comme, par exemple et la tour de l’Europe et les journées d’octobre à Mulhouse », conclut Pascal Kury.

Foire de la Sainte-Catherine à Altkirch

Tradition respectée

Pratique

Publié le 02/12/2017

Une douceur qui s’est tout d’abord vérifiée dans la philosophie de certains exposants, majoritairement des associations locales. À l’image de ce stand où des bénévoles ont en effet profité de cette journée pour distribuer gratuitement des gobelets de soupe afin de sensibiliser le public au gaspillage alimentaire. Les différents potages en dégustation étaient préparés à partir de légumes invendus, récupérés dans les magasins du secteur. « C’est une soupe quasiment bio, puisqu’une grande partie des légumes proviennent de magasins comme Biocoop », explique Anne-Sophie Parant, coprésidente du SEL du Sundgau (Service d’Echange Local). Le collectif présent réunissait six associations : le SEL du Sundgau, les Jardins partagés de Heidwiller, Forum +, le mouvement des Incroyables comestibles, la Maison de la nature d’Altenach et les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). « Les gens ont envie de faire autre chose, d’innover, d’être solidaires. Ici, ils peuvent discuter tranquillement, poser des questions, et déguster les soupes. Toutes nos animations ont pour thème le gaspillage alimentaire », précise Jean-Yves Leroide, coordinateur de ce collectif. Bien qu’à l’étroit, les cuistots bénévoles ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans la préparation de ces potages. Venue avec ses platines et ses vinyles, la DJette Céline B. installée depuis peu à Hirtzbach, a assuré l’animation musicale du stand en mixant des morceaux éclectiques qui invitaient les badauds à danser, avec leur gobelet de soupe à la main.

«Expliquer notre démarche»

Ambiance également militante avenue Clémenceau sur le stand de la laiterie Eurial. Comme prévu, des producteurs de lait sont présents pour faire déguster le désormais bien connu yaourt « A Güeter ! ». Parmi ces professionnels, Michel Rohrbach. « Je suis venu dès la fin de la traite. Nous profitons de cette journée pour faire découvrir aux gens nos yaourts et expliquer notre démarche. Visiblement, ces yaourts sont appréciés. La démarche semble être comprise. Il faut maintenant que les gens demeurent fidèles à long terme », ajoute le professionnel enthousiaste mais également prudent. Dans cette même avenue, les partenaires du monde l’agriculture étaient tous présents, comme chaque année. Tout comme les concessionnaires agricoles, place de la Halle au Blé. Dans la douceur de cette journée d’automne, les gens ont tendance à discuter plus sereinement. Un peu plus loin, le marchand originaire de Savoie est venu avec ses poules, ânes et autres volailles. Tout comme son voisin du Doubs présent avec ses chevaux. Une habitude prise depuis quelques années.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Une politique identitaire

Vigne

Publié le 30/11/2017

Alors qu’il arrive bientôt à mi-mandat, Didier Pettermann a précipité l’assemblée générale du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), dans la droite ligne de la politique qu’il mène depuis son élection à la présidence. Elle a été convoquée six mois avant la date habituelle. « Le rythme des assemblées générales, l’une au mois d’avril pour le budget, l’autre fin juin pour les élections et les comptes financiers, ne convenait plus. Nous voulons davantage d’interaction entre les élus et les services pour assurer une meilleure contribution des entreprises du vignoble à la définition des actions de l’interprofession. Et une plus grande anticipation dans les orientations annuelles est nécessaire, que ce soit dans les domaines du marketing, de la technique ou de l’économie. La validation d’un budget prévisionnel alors que quatre mois de l’année sont déjà écoulés n’était pas cohérente avec ce besoin », explique le président du Civa.

Les deux assemblées générales qui séquençaient l’exercice budgétaire ont donc été repositionnées dans un nouveau calendrier : celle actant le budget prévisionnel en novembre de l’année n - 1 (au lieu d’avril de l’année n) et l’assemblée statutaire et d’approbation du bilan financier de l’exercice n - 1 en juin de l’année n (cela reste inchangé).

Un budget contraint

Approuvé lors de cette assemblée générale, le budget prévisionnel 2018 est bien plus contraint que les années passées, dans le contexte d’une nouvelle petite récolte en volume pour les vins d’Alsace, qui implique une baisse des recettes de l’ordre de 6,3 % par rapport à 2016. « Les déclarations de récoltes étant en cours, il n’est pas possible de dresser un estimatif plus précis que celui des 855 000 hectolitres relevés cet été. Soit une baisse de l’ordre de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale qui totalise désormais quatre petites récoltes. Cette première ébauche du budget pourra cependant être modifiée en fonction de l’évolution des ventes au cours des six premiers mois de 2018. » Didier Pettermann rappelle que 2017 est un budget de transition : « Bon nombre des actions ayant été engagées auront encore des répercussions budgétaires sur 2018. L’exercice 2019 sera le premier pleinement en adéquation avec notre nouvelle stratégie. »

Les charges sont en progression avec le lancement d’une nouvelle politique marketing et 25 projets visant à améliorer le système d’information. Ce budget intègre quelques arbitrages et marque clairement le souhait des élus du conseil de direction de focaliser les moyens sur les actions les plus efficientes pour la valorisation des vins d’Alsace. Les élus du Civa ont approuvé ce budget prévisionnel 2018, qui laisse apparaître un résultat négatif global de 508 000 € qui sera comblé par un prélèvement sur les réserves.

Le chantier MarCom

Les petites récoltes successives ont des effets, globalement négatifs, mais variables selon les entreprises du vignoble alsacien. Certaines perdent des marchés en raison des augmentations tarifaires induites par les faibles volumes, d’autres du fait de la rareté du produit. « Cette situation doit nous interpeller collectivement. Avec nos petits volumes et la très belle qualité de nos derniers millésimes, notamment celui de 2017, nous devons mieux valoriser économiquement le fruit de notre travail, générer de la richesse à travers la valeur du produit, plutôt que par le biais artificiel de l’augmentation des prix du fait du manque de volumes », insiste Didier Pettermann.

Pour y parvenir, le Civa opère des changements dans son fonctionnement avec le renforcement et la réorganisation de ses services et le développement de nouvelles actions de communication. Comme le chantier MarCom, présenté par Thierry Fritsch. Il a insisté sur la nécessité de reprendre un temps d’avance sur les concurrents du vignoble alsacien en matière de marketing et communication. Et de réunir toutes les forces collectives, les compétences et savoir-faire pour plus de dynamisme et réactivité dans le pilotage des programmes.

Ainsi l’équipe MarCom travaille sur l’identité de marque. Une enquête, dont les résultats seront connus prochainement, a été réalisée auprès des entreprises du vignoble pour définir les caractéristiques de la personnalité de la marque à construire. La stratégie marketing mise en place pour la période 2018-2021 privilégie les régions et pays où l’Alsace a une légitimité, afin de les reconquérir, ainsi que les régions de conquête à forts potentiels de croissance. Elle vise aussi à augmenter la présence des vins d’Alsace sur internet, à favoriser l’exportation par la mise en place d’un « kit exportation » ou encore à rendre incontournable l’Alsace sur la scène nationale et internationale. L’objectif est de construire l’image des vins d’Alsace grâce à son territoire, en améliorant notamment leur connaissance auprès des prescripteurs, et de communiquer en priorité sur trois produits clés du vignoble : le riesling, le gewurztraminer et le crémant. La nouvelle campagne de communication sera l’aboutissement de ces travaux. Elle sera relayée par une présence plus importante sur les foires et salons.

Autre chantier en cours d’exploration, le Story Telling (marketing de contenu). « Une bonne stratégie de contenu marketing permettra aux vins d’Alsace d’augmenter le trafic du site internet, de séduire de nouveaux consommateurs, d’améliorer le référencement du site vins d’Alsace, de devenir reconnu dans son domaine, d’interagir avec les consommateurs ou encore de gagner en confiance et donc de valoriser les vins d’Alsace. Il faut sortir d’une stratégie de publicité et rechercher des consommateurs plus actifs, afin qu’ils deviennent les meilleurs relais des vins d’Alsace », argumente Thierry Fritsch. Last but not the least*, le Civa veut mieux communiquer vers le vignoble. « Les 900 metteurs en marchés et les 4 000 viticulteurs sont les groupes cibles prioritaires. Les autres acteurs comme la presse, les syndicats, les élus et bien évidemment les Alsaciens ne doivent pas être oubliés », complète Thierry Fritsch.

« Ouvert aux autres »

Le Civa s’attache à construire et valoriser l’identité des vins d’Alsace. Après avoir identifié les piliers de son positionnement par rapport aux autres vignobles du monde, la conceptualisation de son identité est en cours. Les six agences de création sollicitées doivent rendre leurs propositions d’ici le mois de janvier. Et la nouvelle campagne de communication devrait être lancée lors du salon Millésimes Alsace.

Didier Pettermann s’est félicité de la dynamique actuelle du Civa, du travail effectué par les différentes commissions, des partenariats engagés, actuels et futurs. « Je voulais un Civa ouvert aux autres. Cet objectif est en passe de se mettre en œuvre. » Il a cité en exemple la feuille de route recherche-développement-innovation, corédigée avec l’Association des viticulteurs d’Alsace, le Comité interprofessionnel du vin Champagne (CIVC), le Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) et des appellations lorraines. « Nous avons réussi à nous concerter à l’échelle de ces trois vignobles, tous très différents, pour déposer un programme pluriannuel commun qui a reçu un très bon accueil de la part de la région Grand Est, commanditaire de ce travail. »

Le président a rendu hommage à ses collaborateurs et salariés pour le travail effectué ces derniers mois. « 2017 a été une année très compliquée, car il fallait faire cohabiter deux modèles, l’ancien et le nouveau Civa. L’année a été consacrée à du cadrage, des actions notamment. Je souhaite que 2018 soit au service de la libération des énergies, de la créativité, du travailler ensemble. Le tout dans une année riche en événements, comme les salons Millésimes Alsace, Prowein ou VinoVision. Nous préparons l’avenir du vignoble. Nous y arriverons si nous travaillons tous ensemble. Le Civa, qui pensait être en phase avec les attentes du terrain, ne l’était pas en réalité et a fini par se retrouver isolé et décrié. Nous prendrons des initiatives, avec nos partenaires, pour promouvoir l’engagement professionnel au sein de notre vignoble », conclut Didier Pettermann.

Élitest

Accompagner la reproduction

Élevage

Publié le 24/11/2017

Comme d’autres secteurs d’activité, l’élevage est en pleine mutation. Pour répondre aux demandes de ses adhérents, notamment en matière de transformation, la coopérative Élitest propose de nouvelles offres et de nouveaux services, tout en restant dans son cœur de métier : la reproduction. Élitest constate cependant une baisse de ses activités inséminations qui se pratiquent sur des taureaux de races très variées. « Nous observons une demande de plus en plus forte sur des petites races comme, par exemple, la brune, la normande ou encore la jersiaise pour les taureaux laitiers, la blanc bleu, la limousine ou encore des croisés pour les taureaux allaitants. Depuis notre première année d’activité en 2010-2011, nous nous sommes adaptés génétiquement à ces fortes transformations et ce développement des petites races en adhérant à « Brune Génétiques Services », en proposant des offres spéciales pour la jersiaise et la normande, ou encore en répondant aux attentes de la filière viande en accompagnant les démarches des éleveurs. Nous avons segmenté nos offres, nous les avons renouvelées en développant de nouveaux caractères, et nous nous sommes intéressés à la semence sexée et au croisement industriel. Enfin, nous avons misé sur de nouveaux services pour accompagner fortement cette reproduction. Je pense notamment au suivi reproduction, aux outils de monitoring, au programme sanitaire d’élevage (PSE) pour la maîtrise des cycles, au génotypage ou encore au sexage », explique Jean-Louis Lacroix, vice-président d’Élitest. Le suivi reproduction a concerné pour 2016-2017 pas moins de 19 654 femelles dans 203 élevages. Cette expertise au service des éleveurs s’appuie sur l’ensemble des services proposés (PSE, monitoring, nutral, échos, palpers), et renforce la technicité et le savoir-faire des inséminateurs formés.

Un schéma pour la vosgienne

Sur le schéma de la race vosgienne, 1 163 génotypages ont été effectués en 2016-2017, ce qui constitue un doublement de la population de référence. 133 mères à taureaux ont été retenues et 46 pères à taureaux différents. L’objectif est d’arriver à 60 veaux mâles génotypés en sachant que huit ont été rentrés à Brumath et quatre retenus et diffusés en semences sexées. Le génotypage de toutes les femelles vosgiennes est pris en charge par l’organisme de sélection (OS). « Il faut insister sur le fait que la génomique sert à trier. C’est un indicateur, pas un index. Un indicateur qui complète la gamme des index. On a évolué en passant d’un modèle de testage il y a dix ans à un génotypage des génisses que l’on repère pour les rentrer en station pour des embryons. Cette création génétique est aussi le fruit d’un partenariat étroit avec les éleveurs », indique Luc Voidey, directeur technique d’Élitest.

Il a également insisté sur les nouveaux besoins à fournir pour la filière viande. Les consommateurs veulent des portions de viande régulières, de taille réduite, rouges, tendres, goûteuses et issues d’animaux élevés à l’herbe. « Nous devons répondre à toutes ces demandes. Celles des consommateurs, et celles de nos adhérents éleveurs. Car, ces deux dernières années, l’insémination a baissé de 5,8 %, notamment sur les mises en place. Nous avons donc décidé de les augmenter de 0,80 €/IAP alors qu’elles étaient stables depuis le 1er novembre 2011. Nous avons également décidé, pour cette campagne 2017-2018, de maintenir nos tarifs génétiques et de faire des remises pour la fidélité de nos adhérents. Ces derniers sont au nombre de 4 437 à être actifs et 3 770 ont une remise de 1 à 25 », ajoute Luc Voidey.

La compétitivité de l’élevage dépend des efforts d’adaptation des professionnels et de la stratégie mise en place pour la reproduction. Une politique et des orientations qui seront débattues lors de la prochaine assemblée générale d’Élitest qui se déroulera le 8 décembre.

Dans le cadre du « Mois de la bio » en Grand Est

La conversion doit être un projet professionnel réfléchi

Élevage

Publié le 22/11/2017

Se convertir en bio. Certains le font. D’autres y pensent, mais ne savent pas toujours comment réaliser leur conversion. Cette journée technique avait pour objectif de répondre à leurs questions. Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), a ouvert cette journée. Elle est bien placée pour témoigner. Agricultrice en Alsace Bossue, elle fait partie d’un petit groupe qui, il y a 25 ans, a opté pour le bio. À l’époque, il s’agissait d’une véritable « révolution » dans la campagne alsacienne. « Aujourd’hui, dans mon secteur, une exploitation sur trois est en bio. Et de nombreux autres professionnels nous observent, regardent ce que nous faisons, comment nous évoluons », témoigne Véronique Klein. Elle est convaincue que le bio a sa place partout, à partir du moment où le projet de conversion est réfléchi et a un sens économique au côté d’un idéal de vie. « Comme en Alsace Bossue, l’agriculture biologique a bien évidemment sa place dans le Sundgau. D’autant plus que la demande de lait bio est là. Et qu’elle répond à des enjeux importants comme la qualité de l’eau. »

En 2016, le chiffre d’affaires du bio était de 7 milliards d’euros avec une croissance qui dépassait les 20 %. Une croissance qui s’explique par une demande toujours plus importante des consommateurs en quête de sécurité alimentaire, de respect de l’environnement, ou encore de bien-être animal. En Alsace, on dénombre ainsi 656 fermes bios pour 22 660 hectares, soit 6,7 % de la surface agricole utile (SAU) en janvier 2017. « Nous pouvons encore progresser et atteindre rapidement les 10 %. Mais, cette augmentation doit se réaliser dans le respect de chacun. Nous ne sommes pas là pour opposer les agricultures. Nous avons tous été en conventionnel. Certains ont simplement passé un cap. D’autres ne l’ont pas fait. Et d’autres ne pourront peut-être pas le faire pour des raisons économiques, philosophiques ou géographiques. L’agriculture biologique ne dénigre personne. Nous allons construire ensemble, évoluer ensemble sur des techniques nouvelles qui sont déjà connues ou qui vont arriver », a précisé l’élue.

Les nouvelles conversions concernent principalement les grandes cultures et l’élevage. « Cette dynamique s’est poursuivie en 2017 avec plus de 60 nouveaux engagements recensés entre janvier et août 2017. Dans ce contexte porteur pour l’agriculture biologique, il est essentiel de travailler ensemble. C’est aussi pour cela que nous organisons de nombreuses communications comme le « Mois de la bio ». C’est la première action commune, à l’échelle du Grand Est, du réseau des Chambres d’agriculture et des groupements de producteurs bios, explique Camille Fonteny, de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba).

Des collectes qui offrent des débouchés

Après une matinée en salle, les participants ont visité l’exploitation de la famille Schmitt, la ferme de La Petite Prairie à Ranspach-le-Haut. Installé sur la ferme familiale depuis 1982, Pierre Schmitt a expliqué son parcours. « J’ai toujours travaillé en construisant un projet cohérent au niveau du territoire. Mais, c’est vrai que depuis dix ans, je réfléchissais à une autre façon de faire. Je ne me satisfaisais plus de mon système de travail. Peu à peu, je me suis renseigné. J’ai également beaucoup écouté, observé mes collègues, pris des renseignements ici et là. Avant de passer en bio, il faut en effet se poser les bonnes questions. L’installation de ma fille, Émilie, en 2012, conjointe à la construction de l’atelier de transformation, a été importante dans ce parcours. Et, début 2016, il y a eu la première collecte de lait par Biolait. C’est cette possibilité de valoriser notre lait en bio qui nous a poussés définitivement à convertir notre exploitation entièrement en bio », précise Pierre Schmitt.

Une exploitation qui compte 40 vaches laitières montbéliardes pour 420 000 litres de lait, soit une moyenne laitière de 7 500 l. « En bio, je compte me maintenir entre 6 et 7 000 tonnes », ajoute aussitôt l’éleveur. La SAU de 58 ha se compose d’une grande partie de prairies permanentes et temporaires. Le reste des cultures se répartit entre du méteil (12 %), du blé ou soja en culture de vente (10 %), du maïs ensilage (7 %) ou encore de l’avoine (3 %). « Nous avons choisi d’être autonomes en alimentation pour le troupeau en axant sur l’herbe et la pâture. Avec d’autres agriculteurs du village, nous avons également réaménagé le territoire grâce à des échanges parcellaires. Et, l’opportunité d’une subvention de l’Agence de l’eau, nous a décidé d’optimiser et de sécuriser la conduite du système fourrager avec le séchage en grange », poursuit Pierre. 90 % du lait est livré en laiterie. Les 10 % restants sont transformés à la ferme en yaourt et en fromage blanc, vendus en direct sur les marchés ou à la ferme. Une activité lancée lors de l’installation d’Émilie qui a investi récemment dans une nouvelle yaourtière pour travailler plus sereinement tout en préservant sa qualité de vie.

Ce parcours professionnel de 35 années satisfait Pierre. « Il y a désormais moins de travail au champ, moins de frais de gasoil et moins de stress au quotidien. Je ne pratique plus aucun traitement phytosanitaire et j’ai des variétés de cultures que je trouve plus résistantes aux maladies. Et en bio, les charges en achat de produits sont moins importantes. Je n’ai pas encore suffisamment de recul pour dresser un bilan définitif. D’autant que dans le secteur, et dans ma filière, personne ne travaille de cette façon. Mais je suis désormais davantage à l’aise dans mon métier d’agriculteur », conclut l’exploitant.

Préparer, construire, laisser mûrir

L’exploitation de la famille Schmitt termine cette période de conversion en janvier prochain. Un exemple parmi d’autres qui est suivi avec attention par la CAA et l’Opaba. Au nom de cette dernière, Julie Gall a profité de cette journée pour rappeler qu’en Alsace, la sensibilisation à la bio a été organisée dès 2010 par le pôle conversion des deux entités. « Et depuis cette année, des sessions de formation sont organisées pour aider les producteurs à mieux s’informer. Les porteurs de projet y voient les bases de l’agriculture biologique avec l’intervention d’un organisme certificateur, puis les dispositifs d’accompagnement, les démarches administratives et l’état des filières bios en local. La prochaine session de formation est prévue le 11 décembre prochain. L’accompagnement se poursuit ensuite de façon individualisée. Il peut aller jusqu’à la réalisation d’une étude technico-économique simulant l’impact du passage en bio sur le système et ses résultats économiques », plaide Julie Gall, qui coordonne ce pôle conversion.

Elle insiste sur le temps de réflexion de chaque professionnel souhaitant se convertir. « Il peut aller de un à dix ans. Il faut sentir la chose, puis construire un projet mûr et le porter ensuite. Il y a certes des aides à la conversion, mais le projet professionnel doit être bien préparé », ajoute-t-elle. Alain Marcillet et Pascale Knepfler, de la CAA, ont ensuite évoqué les impacts possibles sur les systèmes d’exploitation après une conversion en bio en répondant aux questions des éleveurs présents.

Foire de la Sainte Catherine à Altkirch

La tradition demeure, les procédures changent

Pratique

Publié le 17/11/2017

C’est une tradition. Chaque année, exposants agricoles, artisans et producteurs de la région prennent leurs aises dans les rues devenues piétonnes de la capitale du Sundgau. « Au départ, c’était un marché aux bestiaux. Au fil des années, la manifestation a évolué. Mais, le secteur agricole est resté en cœur de foire. On retrouvera une nouvelle fois les concessionnaires agricoles place Xavier Jourdain (Halle au Blé) et avenue Clémenceau. C’est un secteur qui reste très actif. Il y a toujours autant de demandes. Dans le contexte économique, c’est déjà beaucoup », souligne Sébastien Murer, responsable de la police municipale d’Altkirch. Aucune demande d’éleveur n’a été relevée pour un retour des vaches et autres cheptels. Les contextes sanitaires et sécuritaires ne le permettent plus. « En revanche, nous avons toujours les mêmes marchands qui comptent venir avec quelques chevaux, poneys et autres animaux de basse-cour d’élevage », ajoute Sébastien Murer. Généralement, ils sont toujours installés aux mêmes endroits : à l’arrière de la place Xavier Jourdain et au début de l’avenue Clémenceau. Une avenue où l’on retrouvera également les organisations professionnelles agricoles et leurs partenaires.

Paiement à l’avance

Les autres secteurs de la foire de la Sainte-Catherine d’Altkirch seront pris d’assauts par les marchands et artisans d’autres secteurs d’activités. Cette année, ils ont constaté une évolution concernant la préparation de la manifestation. « Nous leur avons demandé de s’enregistrer il y a quelques semaines et de procéder à l’avance au paiement de leurs stands. Et non plus le jour même. Cela signifie que nous pouvons partir sur le principe qu’ils vont venir effectivement. Du coup, nous avons constaté une baisse des demandes. Environ 90 stands en moins pour un total actuel de 390 commerçants inscrits. Cela facilite l’organisation. La rue du 7 Août est actuellement vide sur le plan. Les autres artères sont pleines ou quasi pleines », constate Sébastien Murer. Bien évidemment, le jour même de la foire de la Sainte-Catherine, il sera encore possible de venir installer son stand. « Nous ne refuserons personne. Mais, celles et ceux qui viendront au dernier moment seront dirigés vers des endroits précis et imposés comme, par exemple, la rue de France. Il n’y aura pas de réattribution de place. Nous procédons ainsi pour nous faciliter le travail et pour des questions de sécurité », ajoute Sébastien Murer. À noter que le prix d’installation est de 25 € à l’inscription et de 3 € supplémentaires le mètre linéaire. Concernant la sécurité, et comme l’année dernière, trois rues ne verront s’installer que d’un seul côté des marchands. Il s’agit des rues Jean-Jacques Henner, De Gaulle et de Ferrette. « On peut penser qu’il en sera ainsi à l’avenir définitivement », conclut Sébastien Murer.

L’îlot Fermier à Hirsingue

Du producteur au consommateur

Pratique

Publié le 16/11/2017

L’îlot Fermier, c’est d’abord la volonté d’un chef d’entreprise de Hirsingue, Alain Seginger, de vouloir donner une nouvelle vie au bâtiment dans lequel se trouvait son entreprise, juste à l’arrière d’une grande surface. Début 2016, il prend contact avec des éleveurs du secteur. Après plusieurs semaines de discussions, il est décidé de créer une société par actions simplifiée (SAS). Alain Seginger s’associe avec huit producteurs. Leur but : vendre des produits fermiers en direct, sans intermédiaires, réaménager le bâtiment et créer ce magasin de vente dénommé L’îlot Fermier. Le bâtiment est alors totalement transformé. Le bardage extérieur comme les étals à l’intérieur sont en bois, avec une charpente apparente. La surface de vente de 289 m2 accueille une boucherie (avec un laboratoire, une plonge et trois chambres froides) et une fromagerie sur 100 m2. Le reste de l’espace est consacré aux étals de fruits, légumes, aux étagères de bières artisanales, vins, eaux, jus de fruits, et à l’épicerie en vrac : farine, café, légumes secs… « Il y a 250 produits en vrac, vendus sans emballage. Parce que notre slogan, c’est aussi le zéro déchet ! Au total, il y a 68 producteurs qui livrent ici. Ce sont essentiellement des producteurs agricoles mais aussi quelques artisans. En tout, nous avons 3 000 produits en référence, essentiellement en bio. C’est par exemple le cas des fruits où les producteurs du coin sont quasiment tous en production biologique », explique Frédéric Schwab, producteur de fruits et légumes à Muespach et président de la SAS. Au sous-sol, se trouvent les bureaux, la salle de pause, les vestiaires, les sanitaires et le local technique. À l’extérieur, un quai de déchargement ainsi qu’une rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite ont été aménagés. Le bâtiment occupe une surface totale de 680 m2.

Mettre en avant la production locale

Les huit producteurs approvisionnent le magasin, avec une quarantaine d’autres fournisseurs agricoles, viticoles ou artisans. Mais ils ne sont pas présents en permanence. « Ce n’est pas notre métier ! Nous faisons des permanences en alternance. Mais, surtout, il y a ici un directeur en la personne d’Eric Monmarché et de cinq salariés qui sont au contact de la clientèle toute la semaine. La philosophie de départ était de mettre la production locale en avant, et notamment le lait et la viande qui sont les deux productions les plus importantes dans le Sundgau. Personnellement, je me suis laissé prendre au jeu. Cela m’apporte une expérience supplémentaire. Je ne regrette rien même si nous sommes allés un peu vite au départ. Le démarrage a été tonitruant. Cela va maintenant se calmer un peu et nous allons trouver notre rythme. J’estime qu’il faut deux d’années d’exploitation avant de faire un premier bilan », ajoute Frédéric Schwab. L’îlot Fermier a ouvert le 6 juin dernier et a été officiellement inauguré le 30 septembre. Concernant les prix, les producteurs trouvent un débouché économique intéressant même s’ils estiment qu’ils sont moins chers, sur la gamme bio, que leur plus proche voisin. Pour le reste, ils sont dans les prix moyens. « Nous faisons là une expérimentation. C’est un des premiers magasins qui existe en zone rurale. Contrairement, par exemple, à « Cœur Paysan » qui se trouve à Colmar. Ici, nous avons une zone de 7 500 habitants à dix kilomètres autour du magasin. Une telle structure ouvre avec une moyenne de 10 000 habitants. Nous sommes néanmoins confiants. Nous avons pour objectifs d’arriver à 200 clients par jour. Nous n’en sommes plus très loin. Et, chose intéressante, le panier moyen est important par rapport à la moyenne nationale, de l’ordre de 32 à 33 €. Il y a des clients qui achètent exclusivement chez nous », se félicite Frédéric Schwab.

 

Producteurs de lait de l’association des huit cantons

Les yaourts « A Güeter ! » font leur foire

Élevage

Publié le 15/11/2017

L’histoire démarre en mars 2016. Lors de l’assemblée générale des producteurs de lait des huit cantons, les éleveurs cherchent de nouvelles pistes de valorisation pour leur lait. Ils sont confrontés à la crise économique du secteur et entendent pérenniser leur activité, prendre leur destin en main. Le président de l’association, Michel Rohrbach, du Gaec de Wittelsheim, vient devant ses adhérents avec une idée. Plus exactement avec un pot de yaourt où le logo de l’association est posé dessus. Les discussions démarrent. « Nous avons échangé et beaucoup travaillé. Nous avons monté un projet : celui de lancer notre propre yaourt. Nous avons réalisé des études de faisabilité, mais également des études économiques et techniques. Nous avons travaillé avec la centrale Système U et notre coopérative de lait, Eurial qui est située entre Metz et Nancy. Cela a eu une première conséquence positive. Toute la filière était réunie et a discuté ensemble », explique Michel Rohrbach. Des discussions qui ont permis d’avancer en commun et de faire mûrir le projet. À tel point que les adhérents de deux associations de producteurs, celle des huit cantons et celle de Vézelise en Meurthe-et-Moselle, ont finalement déposé leur propre marque « A Güeter ! ». Une marque, un produit qui se différencie de tous les autres. « Nous avons établi un cahier des charges : un pot en verre, très peu d’emballage et surtout un produit de qualité avec du vrai lait, de la crème, pas de conservateur. Du coup, le yaourt est très onctueux. C’est un produit très solide qui ne ressemble à aucun autre. Son nom, nous l’avons choisi pour valoriser notre terroir, notre histoire, nos racines », ajoute Michel Rohrbach.

50 000 pots de yaourts vendus en octobre

Ce yaourt régional « Grand Est » a vocation à se développer sur cette zone géographique. « Il y a ici le même type de consommation. C’est notre territoire. Nous avons choisi de nous intéresser en premier lieu aux grandes et moyennes surfaces (GMS). Trois d’entre elles ont accepté dès le départ : Super U, Cora et Leclerc. Depuis, nous avons eu de nouveaux contacts. Ici dans le Grand Est, mais également jusqu’à Paris. Dans ce premier temps, nous allons tout d’abord travailler sur notre bassin et nous ferons le point en 2018 où nous aurons une stabilité de nos produits », avance Michel Rohrbach. Pour le moment, le succès est réel. Les consommateurs sont au rendez-vous. Pour le seul mois d’octobre, 50 000 pots de yaourts ont été vendus. Essentiellement sur le Haut-Rhin. « Nous commençons seulement à communiquer et à mener des actions dans le Bas-Rhin et en Lorraine. Jusqu’à présent, les consommateurs nous suivent. Et ils le font car ils sont satisfaits de la qualité de nos yaourts. Nous recevons même des cartes postales de remerciements. À la date d’aujourd’hui, nous sommes capables de répondre à la demande. Après, nous allons voir dans le temps si le succès reste de cette importance », complète Michel Rohrbach.

Des dégustations

Outre le produit, les producteurs laitiers complètent leur offre par une démarche atypique dans le secteur laitier : celle d’aller au contact des consommateurs. À cet effet, ils ont suivi deux jours de formation spécifique sur l’animation de stands. Depuis, ils proposent chaque semaine des animations dans différentes grandes surfaces afin de présenter leur démarche aux consommateurs. Pour les repérer, rien de plus simple car les tabliers roses flashy ne passent pas inaperçus ! À chaque fois, les éleveurs sont là, en duo. « Nous voulons créer une relation sincère entre producteurs et consommateurs. Nous comptons d’ailleurs sur ces animations pour que les gens nous indiquent quel parfum ils souhaiteraient que nous lancions à l’avenir… », relève Michel Rohrbach, qui défend le circuit court, mais aussi la qualité haut de gamme de ces yaourts constitués de lait, de crème et de fruits.

Les producteurs sont présents, souvent le samedi, dans les GMS de la région, mais également sur différents événements agricoles ou non. On les a retrouvés récemment à la foire Simon et Jude à Habsheim. Et ils seront présents jeudi 23 novembre à la foire de la Sainte-Catherine d’Altkirch. « Nous y serons avec notre laiterie. Nous avons choisi d’agrandir notre stand pour l’occasion, juste en dessous du parc matériel. Nous ferons déguster toute la journée au public nos yaourts. Évidemment nous serons équipés de nos tabliers roses. C’est nécessaire d’être là », complète Michel Rohrbach. Une aventure professionnelle et humaine qui soude les éleveurs, qui leur permet de sortir de leur travail quotidien et qui, en définitive, et ils l’espèrent tous, leur permettra d’obtenir un retour économique intéressant.

Des nouveaux produits en 2018

Les producteurs ont également créé une page Facebook pour une communication virale. Sur cette page, ils donnent rendez-vous à leurs clients le 2 décembre prochain. Ce jour-là, ils mettront en avant trois magasins dans le Haut-Rhin où il sera possible de déguster en avant-première cinq nouveaux produits : un yaourt nature et les autres fruités. « Nous souhaitons que les consommateurs nous aident à trouver celui qu’ils veulent que nous produisions. De ce sondage, nous en sortirons deux en 2018. Cette démarche est nécessaire. Les consommateurs sont demandeurs. Ils veulent être impliqués et associés dans ce projet. Dans le même temps, nous n’oublions nos valeurs agricoles », conclut Michel Rohrbach.

Bouchers charcutiers du Haut-Rhin

Promouvoir la filière viande bovine régionale

Élevage

Publié le 26/10/2017

Les bouchers charcutiers du Haut-Rhin, en partenariat avec des éleveurs alsaciens, ont créé il y a quelques mois leur propre marque : « Goûtez l’Alsace, s’esch güat ». L’aboutissement d’un travail en commun entre des éleveurs et l’association des bouchers charcutiers que préside Bernard Jauss. « Le but de ce projet est d’apporter dans l’assiette du consommateur un produit de qualité, issu d’animaux élevés dans la région. Le groupe à l’origine de cette démarche est composé d’éleveurs basés aux quatre coins de l’Alsace. Ils fournissent les bouchers. Socobeval se charge ensuite de transporter et de sélectionner les animaux. L’Apal pour sa part, a été chargée d’élaborer le cahier des charges pour que chaque maillon de la chaîne y trouve son compte », explique Daniel Dreyfuss, président des marchands de bestiaux d’Alsace. La plus-value obtenue est ensuite distribuée directement aux éleveurs respectant le cahier de charge et adhérents de l’Apal. « Il faut saluer l’engagement de tous les partenaires dans cette démarche. Surtout, celui des bouchers qui apportent ainsi un appui financier et permettent aux éleveurs de valoriser les prairies et la viande alsacienne. « S’esch güat » a un avenir prometteur », ajoute Daniel Dreyfuss.

Lancement officiel de « Goûtez l’Alsace, s’esch güat »

Parmi les éleveurs adhérents, Michaël Oechsel du Gaec des Acacias à Muttersholtz. Il engraisse chaque année une centaine de génisses majoritairement de races Charolaise et Limousine. « Les génisses permettent de valoriser l’herbe autour de l’exploitation. Nous rentrons des animaux qui ont entre 15 et 24 mois. Nous les sortons entre 24 et 36 mois. Elles sont nourries principalement d’herbe enrubannée, des pulpes de betteraves et de regain. J’ai choisi d’adhérer à l’Apal pour une raison de proximité. Je sais que les animaux élevés ici restent ensuite au niveau régional. Et financièrement, c’est intéressant pour moi », précise l’éleveur.

Cette politique et cette filière seront présentées et expliquées sur le stand commun des bouchers, de l’Apal et la Socobeval. « Nous allons en profiter pour lancer officiellement la marque. Bien évidemment, nous allons faire la promotion de la viande, de la production régionale, de l’association des éleveurs, du métier des bouchers charcutiers pendant toute la durée de la foire. Une vidéo présentera en continu ce que nous faisons. Nous allons également exposer une dizaine de génisses d’adhérents de l’Apal. Et bien évidemment nous allons mettre en valeur la viande du circuit « s’esch güat » avec des dégustations à l’heure des repas », indique Daniel Dreyfuss. Des bouchers seront présents pour expliquer leur métier. « Habsheim est l’occasion pour nous de rencontrer le grand public. Nous souhaitons échanger avec eux et avec les agriculteurs sur ces notions de proximité, de viande régionale, de qualité, de respect du bien être animal », conclut Daniel Dreyfuss.

Les vidéos