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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Établissements Fuchs à Rantzwiller

Portes ouvertes sur la gamme Deutz

Technique

Publié le 22/09/2017

La société existe depuis 120 ans et est présente à Ranztwiller depuis 1964 dans un bâtiment de 2 500 m2. La force de cette entreprise familiale ? Sa proximité avec ses clients. « Il est cependant nécessaire d’entretenir ces liens en les rencontrant régulièrement et en leur présentant notre matériel. Nous avons donc décidé d’organiser à nouveau ces portes ouvertes. Lors de ces deux journées, nous présentons l’ensemble de la gamme Deutz. Nous proposons également une buvette et un service de petite restauration. Enfin, certains partenaires sont présents pour promouvoir également leurs produits », explique Fabien Fuchs, technico-commercial de l’entreprise. Son père, Thierry Fuchs en est le gérant depuis vingt ans. Les établissements Fuchs comptent actuellement treize salariés pour un chiffre d’affaires d’environ trois millions d’euros. Lors de ces portes ouvertes, l’ensemble du matériel a été mis en valeur. À commencer par les tracteurs Deutz. « La marque a sorti une nouvelle gamme de tracteurs avec une forte évolution. Elle montre là son dynamisme. Celle des 6000 TTV est particulièrement intéressante. Les tracteurs ont une variation continue et une boîte de vitesses qui a évolué et qui est désormais très esthétique. La puissance de ces tracteurs va de 100 à 215 CV. Ils conviennent parfaitement aux travaux du sol et en grandes cultures en règle générale. C’est actuellement la gamme de tracteurs qui se vend le plus », ajoute Fabien Fuchs. L’entreprise se félicite de pouvoir commercialiser chaque année une trentaine de ces tracteurs. Elle fidélise des clients sur une zone géographique de plus en plus large. « Le Sundgau évidemment, mais également la Hardt et le Territoire de Belfort. Le marché est toujours plus important », se félicite Fabien Fuchs. Lors de ces deux journées portes ouvertes, les établissements Fuchs ont également fait la promotion de leur matériel de sol, de fenaison, de broyage pour le bois, sans oublier toute la gamme pour les espaces verts. « Nous travaillons avec les communes et les collectivités. Nous leur vendons, par exemple, des tondeuses, des tronçonneuses ou encore du matériel de la marque japonaise Iseki-Kioti. Du matériel qui convient également parfaitement aux particuliers », conclut Fabien Fuchs.

Chez Jean-Luc Galliath à Bergholtz

Encore hébergés chez le viticulteur

Vigne

Publié le 17/09/2017

Il s’agit de sa 41e vendange chez le viticulteur haut-rhinois. Il n’a jamais vendangé ailleurs. Et surtout pas chez lui où il n’y a pas de vignoble. Philippe Laurent habite à Grandvillers, une petite commune non loin d’Épinal dans les Vosges. À 57 ans, il est en fin de carrière et travaille dans le pompage de béton. Et c’est au tout début de sa carrière professionnelle qu’il rencontre Jean-Luc Galliath. « Je bossais pour mon entreprise dans un hôtel non loin de Bergholtz. J’ai croisé quelqu’un qui vendangeait chez lui et qui m’a demandé si cela pouvait m’intéresser. J’ai eu envie d’essayer. Cela s’est très bien passé. Depuis, je reviens chaque année », raconte Philippe Laurent.

À l’époque, partout dans le vignoble, la plupart des vendangeurs étaient hébergés. Cela se déroulait dans la convivialité. Le travail était prenant en journée. Et le soir venu, c’était la fête. Petit à petit, les contraintes administratives, l’évolution sociétale, mais également les disponibilités des potentiels vendangeurs ont fait que ce qui était la règle est devenu une exception. Philippe Laurent est ravi de poursuivre l’aventure. « Avec mon employeur, c’est très clair. Il sait que pendant trois semaines, je suis ici. J’ai commencé comme simple coupeur avant de pouvoir assumer quelques responsabilités », se félicite le Vosgien. En réalité, Philippe Laurent est devenu son bras droit, son homme de confiance. « Il connaît toutes mes parcelles. Après toutes ces années, il a également bien compris ma philosophie de travail. Une relation amicale et professionnelle existe désormais entre nous. Du coup, je lui fais entièrement confiance. C’est lui qui s’occupe des vendangeurs en tant que « chef d’équipe ». Quand je ne suis pas là pour une raison ou une autre, je sais qu’il est là et que cela va bien se passer », précise Jean-Luc Galliath.

Depuis neuf vendanges, Philippe Laurent est accompagné d’Alain Crépin. Domicilié à Épinal, ce jeune retraité de La Poste, âgé de 63 ans, n’a pas hésité à suivre son ami. « Quand j’étais en activité, c’était impossible de me libérer. Dès la retraite, j’ai suivi Philippe qui me parlait des vendanges depuis de nombreuses années. Cela me permet d’être actif. J’apprécie cette période. Ici, on bosse dans la convivialité. Cela change du « train-train » quotidien. Et, du coup, cela me permet de mieux comprendre comment on fait le vin. Pour ma part, je coupe, je vide les seaux. Et puis je prépare la caisse de boisson », ironise Alain Crépin. Les deux Vosgiens sont arrivés sur l’exploitation samedi 28 août. Ils sont hébergés au sein même du domaine, dans la maison de la maman de Jean-Luc. « Héberger davantage de monde, c’est trop difficile car je n’ai pas de locaux disponibles pour le faire. Il y a 40 ans, c’était plus facile. Les vendanges duraient une dizaine de jours. Aujourd’hui, entre le crémant, l’AOC Alsace, les vendanges tardives, les vendanges sont très étalées. Avec Philippe et Alain, c’est simple et clair », ajoute le viticulteur.

Rester ensemble

Pour l’équipe de vendangeurs, une dizaine de personnes au total, la journée démarre avec un petit-déjeuner en commun à 7 h du matin, puis direction les vignes dès 8 h et jusqu’à 17 h environ. Le repas de midi est pris dans les vignes. Les journées peuvent être raccourcies par la pluie ou les grosses chaleurs. Ou encore, comme cette année, si le millésime est pingre en quantité. « Nous respectons un strict planning des vendanges. Je suis coopérateur chez Wolfberger. Je procède par étapes bien définies. On a débuté par les crémants qui représentent 50 % de la surface totale chez moi. Ensuite, pour l’AOC, on a commencé à vendanger les parcelles de pinot blanc. Je pense terminer vers le 13 septembre, sans compter mon grand cru Spiegel. Pour les vendanges tardives, on verra. C’est un millésime très atypique », note Jean-Luc Galliath. Après chaque journée de vendange, l’équipe de vendangeurs prend l’apéro. « C’est très important de rester ensemble. Il y a un temps pour tout. Le travail évidemment, mais la convivialité également. Cela permet d’entretenir les relations, l’amitié ». Un apéro qui se prolonge en soirée pour Philippe et Laurent avec le dîner et d’autres moments festifs. Des moments qui permettent aux Vosgiens de l’affirmer sans détour. « Nous serons encore là l’an prochain ».

JF Agri à Schlierbach

15 ans de toute beauté

Pratique

Publié le 15/09/2017

« Vous y étiez également ? Oui, vraiment incroyable cette soirée. D’ailleurs, nous avons prévu d’y retourner ce dimanche ». Cette phrase a été entendue dans tout le Sundgau le week-end passé, au marché paysan d’Altkirch, à « l’Altaburafascht » de Bernwiller ou encore à la fête des rues de Dannemarie. Il faut dire que, vendredi, la soirée festive proposée par Jean-François Gross a été particulièrement impressionnante avec un show de machines agricoles suivi d'un feu d'artifice. « C’est vrai que nos invités étaient ravis. Nous leur avons proposé un dîner convivial suivi d’un spectacle. Les participants sont restés jusque très tard et nous ont remerciés pour l’organisation de cette manifestation », explique ravi et ému le patron de JF Agri. Samedi et dimanche, l’entreprise était prête pour des « portes ouvertes » cette fois plus traditionnelles. L’occasion pour le public, très nombreux, de découvrir le nouveau libre-service avec plus de 1000 références, les produits axés sur les nouvelles technologies, l’impressionnant parc matériel à l’extérieur, sans oublier les offres sur la gamme Claas. « Il y a eu du monde pendant trois jours. C’est une belle réussite. A nous maintenant de continuer à satisfaire cette clientèle en proposant un matériel de qualité et des prestations qui font notre réputation », conclut Jean-François Gross.

À l’initiative de la Chambre d'agriculture Alsace, de la Fdsea et des JA 68

Le préfet du Haut-Rhin prend de la hauteur

Élevage

Publié le 14/09/2017

Avec une surface de 120 630 hectares répartis sur deux massifs (Vosgien et Jura Alsacien), le territoire de montagne haut-rhinois représente pas moins de 34 % de la surface du département et regroupe 16 % de sa population. Les filières courtes et la mise en valeur de la production d’herbe sont deux secteurs d’importance pour le monde agricole, mais également pour l’activité économique. Un secteur géographique concerné par les mesures agro-environnementales et climatiques dites « Pour une montagne vivante » où plus de 10 700 hectares ont été contractualisés dans le Haut-Rhin. Cette politique dynamique est pourtant freinée par le retard des paiements. « Trois années de trésorerie manquent dans les budgets des exploitations. C’est un manque total de respect envers la profession agricole. Peu de métiers accepteraient une telle situation. Il faut trouver, maintenant, rapidement, une solution », explique le président de la Fdsea 68 Denis Nass. « Cette situation n’a que trop duré et les professionnels sont en droit de s’inquiéter. À cela s’ajoute aussi la fiscalité concernant la forêt. Pour la première fois, on oriente l’impôt forestier ailleurs qu’en Alsace. Un propriétaire forestier de Haute-Marne, par exemple, pourrait bénéficier plus facilement de la dotation de l’État qu’un alsacien qui paie pourtant davantage. Si une telle mesure est réellement appliquée, nos propres moyens financiers diminueraient. Cette situation est ubuesque. L’impôt collecté sur notre territoire pourrait se perdre. J’ai déjà alerté les services de l’État et je suis toujours dans l’attente d’une réponse claire », explique le président de la Chambre d'agriculture Alsace et conseiller régional Laurent Wendlinger. Un nouveau sujet problématique qui s’ajoute…

Une vraie impatience

Travailler en montagne est difficile. La sécheresse et le manque d’eau de cet été n’ont rien arrangé. « Nous tentons de faire évoluer les choses. Nous n’avons pas attendu les assises de l’alimentation. L’abattoir départemental à Cernay est un outil indispensable pour la profession agricole et ses filières courtes. Il faut le préserver et continuer à le faire évoluer. Nous cherchons à obtenir des agréments dans le cadre de la transformation pour être en mesure de pouvoir proposer des produits à la restauration collective, et répondre à des appels d’offres, sans dévaloriser nos produits », précise Denis Nass.

Les professionnels agricoles s’inquiètent d’un prix de leurs produits qui pourrait tendre vers le bas. « On nous parle de bio, de qualité. Mais, tout cela à un coût de production. Et ce coût doit se répercuter sur les prix. Un produit de qualité doit se vendre au juste prix car, derrière, les producteurs doivent pouvoir en vivre. C’est la seule solution pour pérenniser les exploitations à l’avenir et avoir des jeunes qui s’installent. Or, de nombreux éleveurs gagnent aujourd’hui moins de 400 € par mois. Ce n’est pas un projet d’avenir et ce n’est pas acceptable », s’agace le président de la FDSEA 68. Des propos complétés par Ange Loing, vice-président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin et lui-même éleveur à Lapoutroie. « Nous attendons tous avec une vraie impatience les paiements de ces mesures agro-environnementales. Sans cela, quelles perspectives d’avenir pouvons nous espérer ? L’agriculture a besoin de résultats », prévient-il.

Claude Schoeffel, élu à la Chambre d'agriculture Alsace et éleveur à Fellering, soulève d’autres problématiques. « On s’engage dans les mesures agro-environnementales. Or, ces surfaces sont utilisées par les chasseurs ou plutôt par les sangliers qui provoquent des dégâts toujours plus importants. Les dossiers d’améliorations pastorales, que ce soient les projets comme les financements, sont bloqués par l’administration en raison d’une taxe de défrichement que les professionnels devraient payer. Sans oublier, la problématique de la Vosgienne où nous attendons également trois années de versement d’aides promises sur le dossier des races menacées. Et là, nous n’avons pas eu d’avance de trésorerie ».

Autant de dossiers difficiles et compliqués relevés par le vice-président du Conseil départemental du Haut-Rhin Rémy With. « L’institution départementale reste un partenaire important du monde agricole. Elle adapte sa politique en fonction de la problématique de chacun de ses territoires. Les Gerplan sont des exemples concrets. Depuis 2015, 600 000 € sont ainsi été versés. Pour l’abattoir, c’est la même chose depuis 2006 avec une aide annuelle de 100 000 €. En revanche, pour les mesures agro-environnementales, nous sommes malheureux de ne plus pouvoir verser notre quote-part depuis deux ans. Le trésorier-payeur bloque car il n’y a pas d’appel de fonds. C’est d’autant plus ennuyeux que tenons à préserver cette proximité avec vous », annonce Rémy With.

« On impose nos prix »

Le préfet Laurent Touvet s’est félicité de ces échanges sur « le terrain ». « Nous avons le même souci de réussite et de contribuer au développement du monde agricole, ici et ailleurs. Vous m’avez rendu attentif de l’agacement de la profession agricole concernant ce retard de paiement des aides européennes. J’ai déjà eu l’occasion de rappeler qu’il était essentiel de revenir à un rythme normal de ces règlements financiers car c’est important pour vous professionnels, d’avoir une visibilité économique et un retour du travail effectué. Pour le reste, je suis venu vous écouter et voir votre travail », souligne Laurent Touvet.

Une bonne occasion pour Marie-Cécile et Gérard Claudepierre de présenter leur exploitation. Cette dernière occupe une surface agricole utile de 72 hectares de prairies productives, dont 36 ha de prairies de fauches et 36 ha, autour de la ferme, de prairies pâturées dont 50 % nécessitant du matériel de montagne. En production animale, le cheptel moyen est de 50 bovins dont 26 vaches laitières et 24 génisses pour le renouvellement du troupeau. La production laitière est de 175 000 litres de lait transformés. « Je suis âgé de 58 ans et je suis parti de pas grand-chose. J’ai repris l’exploitation en 1986 avec dix vaches et 30 000 l. Ensuite, nous nous sommes régulièrement agrandis en construisant des bâtiments d’élevage, une maison d’habitation, une nouvelle fromagerie en 2000 ou encore une maison pour le personnel en 2007 (l’exploitation compte deux salariés et un apprenti, mais également régulièrement des stagiaires). Depuis 2010, nous ne bénéficions de plus aucune aide financière. Nous avons pourtant construit cette année-là un nouveau bâtiment pour les génisses et le stockage de fourrage. De nouveaux terrains, sans oublier du matériel de montagne pour un budget de 250 000 € », explique Gérard Claudepierre. Parallèlement, il a créé deux nouvelles activités complémentaires : une première de déneigement des routes pour les communes du secteur de Lapoutroie, Le Bonhomme ou encore Sainte-Marie-aux-Mines. La seconde de damage à la station de ski au col des Bagenelles.

S’il agace également du non-paiement des mesures agro-environnementales, il ne manque pas de projet comme la création d’un local de vente de produits locaux au col des Bagenelles. « Actuellement, 10 % de notre fromage est vendu ici à la ferme, 10 à 20 % sur les marchés et 70 à 80 % en livraison dans des magasins. Nous sommes présents dans 20 magasins à Paris, mais également en Allemagne, en Belgique, au Japon ou plus près à Toulouse, Strasbourg et Mulhouse. Cela permet de valoriser nos efforts sur la qualité de notre travail. Et surtout d’imposer notre prix. C’est important de ne jamais le baisser car c’est une preuve de qualité de nos produits ».

L’éleveur a interpellé le préfet sur le problème des mises aux normes. « Aujourd’hui, on ne parle plus que de normes. Depuis mon installation en 1986, le coût des machines a été multiplié par cinq du fait de ces mises aux normes. Pour les fromageries, les bâtiments, les maisons, pour tout, c’est la même chose. Cela devient très difficile et problématique. Car, nous, on ne peut pas répercuter ce coût supplémentaire sur le prix de vente de nos produits. Il faut se calmer avec ces mises aux normes. On ne peut plus suivre. Et surtout, moi, je suis installé. Mais, les jeunes qui arrivent, vous croyez que nous allons les attirer avec ces mises aux normes incessantes ? Mon fils et ma fille s’interrogent », constate Gérard Claudepierre. Après la visite de l’exploitation, le préfet s’est rendu à la ferme-auberge du Pré Bracot à Orbey où, cette fois, un état des lieux et les perspectives d’évolutions des fermes auberges ont été présentés.

Portes ouvertes au Gaec Petitdemange

Montrer le contraire de ce que nous entendons dans les médias !

Élevage

Publié le 08/09/2017

C’est en 1997 que Laurent Petitdemange reprend l’exploitation familiale. Il est rejoint par son épouse, Maud, en 1999, en tant que conjoint collaborateur. Un statut qui change en 2013 quand elle s’installe officiellement pour seconder son mari. « Un choix mûrement réfléchi. D’un côté, nous avions payé nos dettes et réalisé la mise aux normes de l’exploitation. Nous étions également en réflexion pour nous doter d’un robot de traite. De l’autre côté, je voulais avoir mon propre statut. Nous avions fait nos preuves ensemble. Nous voulions améliorer notre qualité de vie et avoir moins de contraintes horaires en profitant notamment de nos trois enfants », explique Maud Petitdemange.

À partir de 2014 le bâtiment principal de l’exploitation est rénové. Un chantier de 18 mois qui permet de créer 60 logettes pour les vaches, une quarantaine pour les génisses et d’élargir le couloir principal à 3 et 4 mètre, une largeur suffisante pour le passage d’un tracteur. Les poteaux porteurs du bâtiment sont déplacés. Le bâtiment, d’une surface de 1 400 m2 avec la laiterie, est entièrement bardé en bois dans le cadre d’une intégration paysagère demandée par le plan bâtiment soutenu par la Chambre d'agriculture d’Alsace. Le bâtiment est entièrement fermé en raison du climat local. Les hivers sont généralement très froids. Et les lieux sont souvent exposés au vent. « Aujourd’hui, le bâtiment abrite dans les meilleures conditions le cheptel de l’exploitation. À savoir, une centaine de vaches, essentiellement des Holstein, mais également une dizaine de Montbéliardes, et les génisses. Nous avons un contrat de production avec notre laiterie, Sodiaal, pour produire 600 000 litres. Un niveau de production que nous n’avons pas encore atteint. Le lait est la seule production de l’exploitation. Nous faisons, pour les vaches, du maïs sur dix hectares et nous avons encore 70 ha de prairies. L’essentiel de la collecte de lait va à la laiterie. Nous faisons un peu de vente directe avec des sachets d’un litre. Je fais trois tournées par semaine comme ma belle-mère à l’époque. Ce sont les mêmes clients depuis des années », constate Maud Petitdemange.

Libérée de trois heures de travail par jour

Malgré quelques difficultés administratives, Maud et Laurent Petitdemange, qui ont toujours été soutenus par la municipalité de Lièpvre, ont pu se doter d’un robot de traite de la marque Lely. Ainsi, les conditions de travail se sont effectivement améliorées. « Je me suis libérée trois heures de travail par jour. Et les vaches se sont rapidement adaptées. Elles étaient moins stressées que nous qui devions nous réorganiser en conséquence. Il faut cependant toujours être présent car il y a quand même des pics comme à 17 h où les vaches se présentent ensemble pour la traite. Mais, désormais, nous avons davantage de temps pour faire autre chose », se félicite Maud Petitdemange. Seul hic persistant, c’est le prix du lait. Descendu l’année passée à 270 €/1 000 litres, il est aujourd’hui à 330 €. « C’est mieux évidemment, mais cela ne rattrape pas les années passées. Nous arrivons simplement à nous en sortir. C’est frustrant. On se serre les coudes ensemble. Mais, j’arrive facilement à comprendre, les éleveurs isolés, qui décident d’arrêter », ajoute Maud Petitdemange qui s’occupe de toute la partie administrative de l’exploitation, des veaux et de l’étable.

Désormais posés et lancés dans la poursuite de leur aventure professionnelle, Maud et Laurent Petitdemange ont donc décidé d’organiser leur première « portes ouvertes » ce dimanche 10 septembre. « L’idée est de montrer le robot de traite. On nous pose de nombreuses questions sur le sujet. Nous voulons également présenter l’ensemble de la ferme en proposant une visite guidée du bâtiment d’élevage. L’année passée, c’était encore un peu juste pour organiser une telle journée. Nous n’étions pas prêts. Nous n’avons rien à cacher. Au contraire, nous voulons montrer le contraire de ce que nous entendons régulièrement dans les médias nationaux. Ces polémiques sur le bien-être animal. Sur le travail des agriculteurs. Nous voulons montrer qu’ici, les vaches sont bien. Nous voulons aussi renvoyer aux gens l’image de la réalité du métier d’éleveur et d’agriculteur. Nous faisons un travail de qualité. À nous de communiquer, d’expliquer », souligne l’agricultrice.

Outre la visite de l’élevage, agrémentés de panneaux pédagogiques de la Chambre d’agriculture d’Alsace et la présentation du robot de traite par un représentant de la marque qui sera spécialement présent, de nombreuses autres animations seront proposées. Il y aura une petite exposition de matériel agricole préparée par la société Schillinger de Neuve-Église, un marché paysan dans le verger familial avec des produits locaux. Le centre équestre d’Albé proposera une mini-ferme et des balades en poney. Un passionné de chevaux de traits et deux marchands de vins compléteront le dispositif. « Comme nous n’avons rien à vendre ici à la ferme, j’ai pensé à proposer toutes ces animations. Nous en profiterons pour proposer des burgers avec la buvette. Sans oublier un bar à lait où il sera possible de déguster du lait avec des sirops », conclut Maud Petitdemange.

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

Une maigre récolte

Cultures

Publié le 08/09/2017

L’exploitation de fruits Bernhard à Sigolsheim date des années 1970. Mirabelles, quetsches, pommes, pêches font partie des vergers de l’exploitation familiale, qui embauche pour la récolte quatre permanents et une trentaine de saisonniers. 20 hectares sont consacrés aux mirabelles et une dizaine d’autres aux quetsches. Actuellement, le personnel est mobilisé pour la récolte de la quetsche. « Nous avons un chantier qui nécessite la présence de dix personnes. Avec l’aide d’engins mécaniques, on fait tomber les quetsches des arbres sur un tapis au sol. Ensuite, on fait le tri en enlevant les feuilles et autres branches. Les quetsches vont alors sur la chaîne, sont calibrées puis mises dans des caisses », explique Yves Claudepierre qui gère l’exploitation avec son épouse Danielle. Cette dernière réceptionne ensuite les caisses au bâtiment de conditionnement. « Ici, nous réceptionnons toutes les commandes des centrales d’achat. Nous faisons cela le matin. On démarre souvent dès 4 h jusqu’à 12 h 30 environ. Ensuite, les camions arrivent et prennent la marchandise pour l’acheminer chez nos clients. Nous avons des machines spécifiques pour les mirabelles et les quetsches, qui ne fonctionnent que cinq semaines dans l’année », précise Danielle Claudepierre.

2017 restera pour eux une année difficile. La grêle de la mi-avril, suivie du gel, le même mois, sont passés par là. « Nous estimons que la perte de rendement est de 70 % pour l’ensemble de l’exploitation. Nous avons donc un énorme manque à gagner. Nous n’avons pu récolter que 20 % de mirabelles et de pommes et la moitié des quetsches. Pour les cerises et les pêches, nous avons perdu la totalité de la production. Je n’ai jamais vu cela. » Danielle Claudepierre a été contrainte de reporter ses cotisations à la Mutualité sociale agricole, ainsi que ses investissements, et a dû se résoudre à recourir au chômage partiel. « J’attends l’indemnisation pour catastrophe naturelle », précise-t-elle. Elle estime sa production à 130 tonnes au lieu de 300 t environ pour les quetsches, et 80 t au lieu de 300 t pour les mirabelles. « 90 % de notre production partent vers les centrales d’achats. Les 10 % restant sont en vente directement ici au magasin. Avec une si petite récolte, c’est évidemment difficile de le développer. Néanmoins, nous cherchons d’autres voies de distribution. Nous avons, par exemple, adhéré à Cœur Paysan à Colmar. Là-bas, les ventes sont intéressantes », constate Danielle Claudepierre.

Les atouts de la quetsche d’Alsace

Les responsables de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), de l’Association des producteurs de fruits à noyau d’Alsace (Apfna) et de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace (PFI) constatent que, sur la région, les pertes sont très importantes. Notamment dans le Haut-Rhin. Tout avait pourtant bien commencé avec la récolte de la cerise. « Les vergers sont principalement situés dans le Bas-Rhin. Nous avons réalisé une belle campagne avec des cerises de joli calibre. Les volumes étaient là. En revanche, pour la cerise à kirsch, cela a été catastrophique. Avec une récolte proche de zéro », souligne Jacques Philippe, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace.

La récolte des mirabelles s’est terminée vers le 20 août. « Sur l’ensemble de l’Alsace, les producteurs ont fait une demi-récolte, soit 7 à 8 tonnes/hectare. Nous avions de beaux calibres et la récolte s’est bien déroulée. Il y a davantage de mirabelles dans le Bas-Rhin, notamment sur les secteurs de Westhoffen et de Traenheim qui bénéficient de terres argileuses parfaitement adaptées à ce fruit », ajoute Jacques Philippe.

Mais, la production phare en Alsace est évidemment la quetsche. « Même si nous avons du mal à la valoriser, nous communiquons au maximum sur ses qualités et ses atouts. Nous avons ainsi lancé un visuel appelé « Quetsche alsacienne de tradition ». L’idée est de la promouvoir sur cette courte période de production et donc de vente », note Joël Reisz, président de l’Apfna qui regroupe une vingtaine de producteurs en Alsace. Commencée il y a une quinzaine de jours, la récolte de quetsche touche actuellement à sa fin. Les professionnels constatent que la quetsche est le fruit à noyau le moins touché par les épisodes climatiques successifs. 70 % de la récolte habituelle devrait pouvoir être assurée avec une belle qualité, soit environ 600 à 700 t de fruits de bouche et d’industrie. Néanmoins, il y a des secteurs bien plus difficiles comme, précisément, la région de Sigolsheim. « Nous avons des quetsches magnifiques avec un taux de sucre très élevé, qui sont très fermes, et sans pointe d’acidité », se félicite Jacques Philippe.

Univers des fruits et légumes du Grand Est

Quant aux pommes, elles ont commencé à être cueillies la semaine écoulée. « C’est toujours le Haut-Rhin qui subit les pertes les plus importantes. Entre 80 et 90 %, quasiment 100 % dans les vergers bios du Sundgau. Il n’est pas improbable que le prix des fruits augmente suite à ces aléas. Dans le Bas-Rhin, la récolte de pommes n’atteint que 50 % de la normale », souligne Daniel Dettling, président de PFI, association forte de 28 membres, qui recommande l’emploi de pare-gel sur les cultures. Il annonce que d’ici deux ans une nouvelle variété de pommes devrait arriver. « On a envie de redonner une dynamique à la pomme alsacienne. C’est une pomme légèrement acidulée qui existe déjà en Italie. Elle est plus résistante à la tavelure », ajoute Pierre Barth, vice-président de PFI.

« Septembre est un mois important pour les producteurs de fruits et de légumes, souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. Avec nos partenaires, nous mettons en avant les fruits et légumes d’Alsace dans les rayons des enseignes de la région. Une communication importante est en cours. Elle va se voir, notamment lors de la prochaine édition de Saveurs et soleil d’automne à Sélestat les 21, 22 et 23 septembre prochains. Ce salon sera l’occasion de signer le contrat des fruits et légumes au niveau de toute la région Grand Est au niveau d’une nouvelle entité appelée « Univers des fruits et légumes du Grand Est ». Nous avons réussi à fédérer l’ensemble des producteurs dans cette grande région et ce contrat va définitivement entrer en vigueur à l’automne prochain. Il s’agit de faire face à de nouveaux enjeux et d’être encore plus compétitifs », se félicite Pierre Lammert. Sans oublier le désormais traditionnel concours au niveau des magasins du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace. « Ce fonctionnement est unique en France pour une interprofession désormais territoriale. La Région nous soutient et nous allons continuer à communiquer sur l’ensemble de nos terroirs et de nos territoires ».

Conseil départemental du Haut-Rhin

Brigitte Klinkert élue présidente

Vie professionnelle

Publié le 06/09/2017

En 1994, Brigitte Klinkert était la première femme et la benjamine du conseil général du Haut-Rhin de l’époque. Vendredi dernier, 23 ans après, elle était la seule candidate, présentée par l’intergroupe majoritaire (LR-UDI-DVD). Sans surprise, Brigitte Klinkert a rassemblé et a fait l’unanimité avec 33 voix en sa faveur et un bulletin blanc. À 61 ans, la petite-fille de l’ancien maire de Colmar et conseiller général Joseph Rey (qu’elle a cité dans son discours) est ainsi devenue la première femme présidente du conseil haut-rhinois et la onzième femme actuellement présidente de département dans l’hexagone. Après avoir salué l’action d’Eric Straumann, elle a listé sa « feuille de route » qui doit mener le département à 2021. « L’emploi doit constituer la première de nos priorités. Cette problématique est transversale à toutes nos compétences. Nous devrons constamment évoluer et réinterroger nos décisions en référence à cet objectif fondamental. Nous pourrons alors jouer un rôle moteur dans ce domaine. Seront évidemment concernées, en premier lieu, nos politiques en faveur de l’insertion professionnelle. Mais également, par exemple, nos interventions en faveur du bénévolat et du multibilinguisme qui sont autant de facteurs d’employabilité pour nos concitoyens ». Brigitte Klinkert a également insisté sur la jeunesse, sur la mise en convergence des politiques éducatives, culturelles, sportives et sociales. « D’autres initiatives nous permettront, bien entendu, de rester des acteurs déterminés et engagés en matière de développement durable, d’aménagement équilibré de nos territoires, et surtout de solidarité qui sera toujours au cœur de notre mission », a ajouté la présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. D'ici 2021, elle entend également, en concertation avec les parlementaires et en collaboration étroite avec le Conseil départemental du Bas-Rhin, convaincre le gouvernement de l’opportunité de rendre à l’Alsace sa capacité à être maîtresse de son destin. « En obtenant de sa part, le droit pour l’Alsace d’expérimenter une nouvelle organisation politique. Dans cette perspective, nous allons accélérer le rapprochement de nos politiques avec celles de nos voisins bas-rhinois », a-t-elle conclu.

À noter que Brigitte Klinkert sera entourée de dix vice-présidents dont Rémy With, Josiane Mehlen et Michel Habig, respectivement premier, deuxième et troisième vice-présidents. Pour les commissions, la deuxième consacrée à l’aménagement du territoire et au tourisme est présidée par Nicolas Jander, la sixième, celle de l’agriculture, de l’environnement et du cadre de vie par Michel Habig.

Établissements Schaechtelin

La gamme fenaison en démonstration

Pratique

Publié le 06/09/2017

Le site choisi était situé peu avant Wasserbourg. La manifestation proposée depuis trois ans permet aux établissements Schaechtelin d’inviter leurs clients et amis. « Nous montrons le matériel traditionnel de Claas, mais également des nouveautés.

A commencer par ce tracteur, l’Arion 400. Il convient parfaitement à l’agriculture de montagne. Il est confortable, moderne et a tous les équipements nécessaires pour un travail de qualité. Son gabarit convient parfaitement au secteur », explique Marc Misbach, commercial chez Schaechtelin. Les dernières presses à balles rondes, les Variant 485 ont également été mises en valeur lors de cet après-midi de démonstration. « Ce sont des machines haut de gamme pour faire des balles rondes à 1,80 m. La nouvelle gamme est sortie cette année et les premières sont actuellement livrées », ajoute Marc Misbach. Quelques clients sont également venus avec leur propre matériel tels que des combinés de fauche ou des presses andaineurs.

Autre matériel présenté, l’épandeur Hélix, une gamme spécialement conçue pour la polyculture et l’élevage, qui convient particulièrement aux régions accidentées. Ces épandeurs sont fiables, robustes et sont prévus pour une utilisation intensive dans des conditions difficiles. « C’est l’occasion de tester le matériel, d’expliquer les spécificités de telle ou telle machine, d’améliorer leur utilisation. L’idée est de dialoguer en toute convivialité. Nous avons également prévu un espace buvette et petite restauration », conclut Marc Misbach.

Récolte 2017

Précocité, qualité, hétérogénéité

Vigne

Publié le 01/09/2017

À Pfaffenheim, Jean-Claude Rieflé a débuté mardi 29 août. Une première dans sa carrière professionnelle. « En 2015 et en 2011, j’étais sorti dans les vignes le tout dernier jour du mois d’août. Là, il n’y avait pas le choix. Je dois reconnaître que ce n’est pas ce qui est le plus agréable. Il y a un temps pour tout. Nous n’avions même pas encore terminé les mises en bouteille du millésime précédent ! Cela étant, comme la récolte est petite, nous n’allons pas avoir de problème de place », explique Jean-Claude Rieflé. Le viticulteur est cependant contrarié dans son emploi du temps. « Début septembre, depuis longtemps, nos importateurs organisent des présentations de gamme. Nous nous déplaçons du coup beaucoup à l’étranger à cette époque de l’année. Malgré les vendanges, nous n’allons pas changer cette habitude professionnelle. Le week-end à venir, je suis au Danemark. Mon fils Paul, lui, va se rendre dans les tout prochains jours deux semaines aux États-Unis ». Le domaine familial est certifié en bio depuis le millésime 2014. Il consacre entre 25 et 30 % de sa production totale au crémant. Un pourcentage qui ne change pas depuis des années. La moitié de cette production est exportée.

7 à 8 jours de récolte

En cette première matinée de travail, la récolte est intéressante. « La pluie il y a quelques semaines qui nous a apporté 25 mm a été une bénédiction. Du coup, les raisins sont beaux et de qualité. Bien évidemment, les grappes ne sont pas très chargées. Mais, nous le savions. Nous nous étions préparés depuis longtemps à cette petite récolte. Là, nous sommes tout de même satisfaits, avec un degré de 11,5. Cela passe bien ici. Nous insistons beaucoup au domaine sur la générosité de nos vins, leur puissance. Nous cherchons des vins murs avec cette acidité qui reste présente du fait de nos sols où il y a du calcaire », insiste Jean-Claude Rieflé. La première parcelle vendangée, grande de 70 ares, se situe au lieu-dit du Drotfeld où se trouve le pressoir de l’entreprise. Les Rieflé prévoient 7 à 8 jours de récolte pour le crémant. La baisse de température annoncée pour la fin de la semaine est considérée comme une bonne nouvelle si, par la suite, le temps ne devient pas « pourri ». La famille Rieflé fait appel à l’association Cap-Vers pour les vendanges, mais aussi d’autres travaux manuels tout au long de l’année. « Nous procédons ainsi depuis la vendange 2008. On est quasiment à deux postes équivalents temps complets réservés à l’association. Ses membres travaillent bien et nous avons la même philosophie. Nous sommes attachés à notre terroir », précise Jean-Claude Rieflé. Ce même mardi 29 août, le viticulteur venait de recevoir deux œnologues de l’entreprise « Duo Œnologie » dont le siège est à Châtenois. Jean-Claude Rieflé apprécie leur service. « Ils sont une approche intéressante sur le bio et la biodynamie. Comme eux, je n’aime pas trop les vins dessinés pour rentrer dans des cases. Ici, on aime bien laisser du temps, faire des efforts qualitatifs dans la vinification, mais également dans l’élevage avec des fermentations longues. Au domaine, les dernières fermentations ont été réalisées il y a deux semaines. Et le Steinert 2016 fermente encore. Cette notion d’élevage n’est pas suffisamment prise en compte dans le vignoble alsacien selon moi. L’inconvénient, c’est que je ne peux plus participer aux concours régionaux car mes vins ne sont pas terminés », conclut Jean-Claude Rieflé. Le viticulteur, en revanche, est bien présent avec ses vins dans les palmarès de concours internationaux.

 

Association des viticulteurs d'Alsace

Millésime précoce, minimaliste mais d'anthologie

Vigne

Publié le 31/08/2017

Laurent Touvet, préfet du Haut-Rhin, est longuement intervenu sur les incidents climatiques du printemps. Les dégâts du gel d’avril ayant été particulièrement importants dans certains secteurs viticoles et arboricoles, les services de l’État en ont pris la mesure. Laurent Touvet a précisé les dispositifs pour surmonter les conséquences de ces difficultés climatiques. Il a rappelé l’intérêt de l’assurance récolte, « subventionnée par la politique agricole commune et qui se déclenche dès 20 % de perte de récolte ». Les pertes de récolte ne rentrent pas dans le dispositif des calamités agricoles, sauf pour les jeunes pieds. Les vignerons ont la possibilité d’acheter du raisin, du moût et du vin, à hauteur de 5 % de leur production, « sans perte de leur statut ». Une mesure mise en place suite à la récolte 2016. Un fond d’allégement des charges a été ouvert aux viticulteurs, « une année blanche bancaire » qui s’accompagne aussi d’une autre mesure immédiate de dégrèvement « jusqu’à 30 % de la taxe foncière non bâtie ». Une « procédure simplifiée » a déjà été lancée dans le Haut-Rhin. Laurent Touvet a ensuite répondu aux interrogations des viticulteurs et a rappelé que l’État était avant tout solidaire de la profession en lui souhaitant de belles vendanges. Une intervention appréciée par les professionnels qui, le matin même, avaient manifesté dans les rues de Colmar. Une mobilisation saluée par le président de l’association des viticulteurs d’Alsace, Jérôme Bauer. « Merci pour cette solidarité. Nous étions plus de 300. Cette mobilisation montre à quel point nous sommes exaspérés par les lenteurs de la justice dans cette affaire Albrecht. Nous espérons, maintenant, être rapidement entendus », a commenté Jérôme Bauer.

5 hl en plus

Cette assemblée générale se tient « à l’aube des vendanges et à l’aube d’un millésime d’anthologie ». Le président de l’Ava s’est appuyé sur les commentaires des responsables des sous-régions viticoles et des relevés de maturité menés sous l’égide de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) et du Civa. Ce que confirme le directeur de l’IFV, Eric Meistermann : « Il s’agit d’un millésime chaud sauf en avril, l’un des cinq millésimes les plus précoces depuis 40 ans, avec 2015, 2011, 2009. Cette année s’avère plus chaude en température que 2011. Et les prévisions météo annoncent encore une période chaude dans les jours qui viennent. Ce qui aura des conséquences sur les maturités. Le niveau des acidités apparaît pour l’heure très intéressant. C’est le point positif de ce millésime atypique. Entre les contrôles de maturité du 16 et du 21 août, nous avons gagné 1 degré d’alcool. En cinq jours, c’est incroyable. Et cela explique la faible charge des grappes ». Les présidents des sous-régions relèvent dans certaines parcelles une suractivité des abeilles qui « évident les baies », et surtout les conséquences négatives du gel d’avril. Les secteurs de Châtenois, Scherwiller, Kaysersberg et Wintzenheim sont particulièrement « sinistrés » : il n’y aura pas de récolte dans certaines parcelles d’auxerrois et de gewurztraminer. Des viticulteurs présents dans la salle se sont alors interrogés sur le niveau des rendements. Jérôme Bauer a rappelé que « le volume complémentaire individuel était un outil de régulation permettant de produire davantage en cas de souci ». Sachant que l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) est favorable pour la mise en œuvre d’un VCI de 5 hl pour les AOP Alsace. Le syndicat de défense attend encore la publication d’un décret ouvrant la porte à une « expérimentation » d’un VCI dédié à l’AOP crémant.

Optimiser la valorisation des vins d’Alsace

Une nécessité, avec une estimation de vendanges 2017 à 855 000 hl soit une faible récolte en quantité qui s’inscrit dans un contexte économique tendu comme l’a rappelé le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace Gilles Neusch. « En 2016, les vins d’Alsace ont été écoulés à raison de 959 901 hl, soit une baisse de 10 % sur trois années. Cela représente 244 441 hl à l’export et 715 460 hl en métropole. Le crémant représente 27 % des volumes des vins d’Alsace. Nous avons perdu des volumes importants sur des marchés extérieurs qui n’ont pas été compensés par les prix. C’est vrai pour les vins tranquilles comme pour le crémant. Les premiers mois de 2017 ont également été difficiles. Il y a une remontée progressive actuellement. Il va donc falloir stimuler la demande, et surtout travailler notre offre », prévient Gilles Neusch. Il y a quand même des bonnes nouvelles comme le révèle, notamment, l’analyse des parts de marché : les Alsaces blancs sont « leader » à 26 % devant leurs concurrents de la Loire et de la Bourgogne. Et en métropole, le crémant caracole en tête avec une part de marché de 34 %. Les disponibilités, elles, sont identiques à celles de 2011 et de 2013. De l’ordre de 2 637 630 hl. Il y a pourtant une tension sur les volumes disponibles. « D’où la nécessité de bien valoriser nos vins et de repérer les marchés et les circuits les plus rémunérateurs », insiste Gilles Neusch. Le Civa travaille également sur son projet de communication pour favoriser la valorisation, « une vraie stratégie de marque dynamique basée sur une réelle identité des vins d’Alsace. Il s’agit d’innover dans nos approches de l’offre et de la demande. Il faut donc s’adresser aux bons groupes de consommateurs, sur les bons circuits. Et avec les bons messages. Une étude est donc en cours pour mieux connaître notre potentiel de consommateurs ».

 

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