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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Les 21, 22 et 23 juillet à Ribeauvillé

On fête le vin et la gastronomie

Vigne

Publié le 12/07/2017

La plus ancienne fête du vin d’Alsace célèbre également les dix ans de l’association entre la fête du vin et de la gastronomie. Dix années déjà que les vignerons, distillateurs, restaurateurs, pâtissiers et fromagers de Ribeauvillé et des alentours se sont associés pour faire naître des accords mets et vins. 255 vins AOC, Grands Crus et Crémants d’Alsace seront proposés à la dégustation dans la salle du Parc, principalement issus du millésime 2016. 23 vignerons, un distillateur, huit restaurateurs, deux pâtissiers et un fromager feront vivre aux visiteurs trois jours durant une expérience gourmande atypique, dans un cadre festif et convivial. Serge Dubs, le bien connu chef sommelier de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, animera une dégustation commentée sur le Riesling, un cépage de prédilection des Grands Crus de Ribeauvillé et de ses environs.

Une formule qui plaît

À noter également que de nombreuses animations sont également prévues pendant ces trois journées. Des soirées musicales avec des orchestres folkloriques, une fête foraine, sans oublier les « Cook Show » en présence de Daniel Zenner (chroniqueur gastronomique), Joseph Leiser (auberge Au Zahnacker), Jacky Danner (restaurant La Bacchante) et Philippe Traber (maison distillerie Metté). « Nous proposons un programme diversifié qui attire toujours davantage de monde. Il y a dix ans, cette foire et cette fête de la gastronomie se déroulaient à la salle de la mairie. C’était une foire aux vins classique, touristique essentiellement. Depuis, des vignerons ont œuvré pour promouvoir leurs produits. Nous proposons désormais une formule qui plaît », se félicite Francis Fischer, président du syndicat viticole de Ribeauvillé qui organise la manifestation. L’inauguration de la manifestation se déroulera le vendredi 21 juillet à 17 h en présence d’André Reichardt, président de l’agence de l’attractivité de l’Alsace.

Des contacts positifs

L’année passée, le syndicat viticole de Ribeauvillé avait enregistré la participation de 1 200 personnes aux dégustations. « C’est d’autant plus intéressant que ces dégustations, ce n’est pas simplement boire du vin. Il y a un dialogue avec les vignerons. Ces derniers parlent de leurs vins, de leur métier. Ils ne sont pas seulement là pour servir. Ce dialogue permet de nouer des relations. Deux tiers des gens qui viennent déguster découvrent les produits. Ce sont des amateurs intéressés. On constate dans les semaines et les mois suivants qu’ils sont nombreux à reprendre contact avec les viticulteurs pour leur acheter du vin, et passer des commandes. C’est aussi cela l’intérêt de cette manifestation qui reste un lieu de promotion, de qualité, de convivialité », observe Nicole Bott du syndicat viticole de Ribeauvillé et membre du bureau du Civa.

Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA)

Être au plus près de ses territoires

Vie professionnelle

Publié le 08/07/2017

L’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA) est régie par un bureau et un conseil d’administration. Une fois par an, il est décidé de se retrouver et de se réunir dans une région française. « Pendant 48 heures, les élus se retrouvent pour participer à ce conseil d’administration, mais également pour découvrir le territoire. C’est ce que nous avons fait en invitant nos élus à découvrir le territoire agricole alsacien et l’unité de méthanisation à Ribeauvillé. Pour ce conseil d’administration, tous les représentants de l’ensemble des régions de l’hexagone sont présents. Ils représentent l’ensemble des filières agricoles. Nous les avons conviés à l’Écomusée pour qu’ils puissent également découvrir la culture et les traditions alsaciennes », explique le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger.

Élu à la présidence de l’APCA en novembre 2016, Claude Cochonneau, originaire de la Sarthe, est également le président de la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire. Ce conseil d’administration était le premier à se tenir depuis la formation du nouveau gouvernement.

Renouer les contacts

L’actualité politique a d’ailleurs fait l’objet du premier point à l’ordre du jour de cette réunion. « Ce nouveau gouvernement et l’installation du nouveau ministre de l'Agriculture sont des moments forts et importants. D’autant plus qu’en quelques semaines, il y a eu un double changement au ministère. Renouer les contacts avec le nouveau ministre et ses conseillers implique un gros travail. Nous utilisons notre réseau. C’est la même chose pour les députés. Il y a eu un fort renouvellement à l’Assemblée nationale. Nous avons listé les parlementaires de sensibilité agricole. Nous observons qu’il y en a davantage que par le passé. Nous souhaitons les rencontrer pour échanger avec eux. Nous voulons leur présenter nos priorités », précise Claude Cochonneau.

Et parmi, les priorités du moment, il y a évidemment la Politique agricole commune dont la réforme à l’horizon 2020 s’envisage dès maintenant. L’APCA prépare également la mise en place des États généraux de l’alimentation voulue par le président de la République Emmanuel Macron. Les premières réunions sont fixées dans les jours à venir. « Nous réunissons nos experts pour être en mesure de peser dans les débats. Nous savons déjà que nous serons minoritaires, car il y aura tous les autres acteurs de l’agroalimentaire. Notre présence est donc indispensable pour faire entendre la voix du monde agricole », insiste Claude Cochonneau.

Réorganisation du réseau

Les membres du conseil d’administration de l’APCA s’inquiètent par ailleurs du poids du ministre de l'Agriculture par rapport à celui de son homologue de l’Environnement. Ce dernier, Nicolas Hulot, étant bien plus médiatique. « Nous constatons cependant une évolution positive. L’écologie est devenue un fait de société et plus un simple mouvement politique. C’est intéressant pour l’avenir. Nous sommes pragmatiques et nous jugerons des faits. Nous attendons de voir », observe le président de l’APCA qui tient les mêmes propos concernant la politique européenne.

Enfin, l’APCA a évoqué lors de cette réunion la réorganisation de son réseau dans le cadre de la réforme des régions. « Notre objectif est de pouvoir présenter, d’ici la fin du mandat, en 2018, un état d’avancement qui puisse être significatif. Nous devons pouvoir évoluer par rapport à notre environnement politique et administratif. Cette réforme territoriale a compliqué la tâche de tout le monde. Nous avons changé de périmètre, de zone géographique. Nous devons nous réorganiser pour continuer à accompagner le réseau », conclut Claude Cochonneau. Une série de débats dans les régions sur des thématiques allant de la qualité alimentaire à la préservation de certaines filières locales vont ainsi être organisés prochainement pour être au plus proche de ces territoires.

Fredon Alsace

Surveiller et prévenir dans l’action sanitaire

Cultures

Publié le 04/07/2017

L’objectif de la Fredon est d’assurer la protection sanitaire des végétaux dans le respect de l’environnement et de la santé humaine. « Nos actions répondent à trois objectifs. Le premier concerne la surveillance. Nous menons des inspections déléguées par le ministère de l’Agriculture et nos techniciens parcourent le territoire pour assurer une surveillance sanitaire sur le végétal. Cette surveillance s’applique autant en zones agricoles que dans les espaces urbains. Le second concerne la prévention. Nous accompagnons les arboriculteurs, les viticulteurs et les gestionnaires d’espaces verts dans l’amélioration de leurs pratiques phytosanitaires. L’objectif étant de reconquérir la qualité des eaux souterraines et de surface, via une meilleure identification des maladies, des insectes ravageurs et auxiliaires, et la diffusion de techniques alternatives d’entretien. Enfin, le troisième concerne la lutte. Nous assurons notamment la coordination et l’animation de luttes collectives contre les organismes et espèces invasifs », explique Albert Elbel, président de la Fredon Alsace. Il est intervenu lors de l’assemblée générale de l’organisme qui s’est déroulée vendredi 16 juin à Sainte-Croix-en-Plaine.

Une réunion qui a également permis à la nouvelle directrice, Sylvie Spoerry, en poste depuis le 5 décembre 2016, de se présenter. Domiciliée à Colmar et âgée de 33 ans, elle est ingénieure agronome de formation. Elle a travaillé deux ans et demi, de 2008 à 2010, dans le développement agricole au Maroc où elle a conseillé de très petits exploitants agricoles pour développer une activité économique dans une zone oasienne en maraîchage, en olive ou encore en petit élevage ovin. « Après cette expérience très intéressante, j’ai travaillé pendant cinq ans, de 2011 à 2016, à Colmar, dans la formation professionnelle pour adultes en tant que responsable d’équipe et responsable qualité au Fongecif Alsace. Mais, je voulais retourner dans le monde agricole avec lequel j’ai toujours gardé des liens. Je fais d’ailleurs partie d’une association, les agronomes d’Alsace, qui réunit des personnes de tous les milieux. Nous organisons des conférences et des visites d’entreprises pour garder cette culture agro-agricole. Concernant la Fredon, j’ai toujours été plus intéressée par les plantes que par les animaux. La protection des plantes passe par une meilleure identification des problèmes. J’apprécie ces techniques alternatives qui sont aujourd’hui proposées et qui sont en accord avec mes valeurs. Je cherchais une responsabilité proche de mes sensibilités. Ici, à la Fredon, c’est le cas. Nous sommes une équipe de 17 salariés, basés à Sélestat, et nous avons vocation à travailler sur toute l’Alsace », précise Sylvie Spoerry.

Un budget contraint

L’assemblée générale a donné l’occasion de rappeler toutes les actions menées par la Fredon en 2016. Pour la surveillance du territoire, trois Bulletins de santé végétal ont été validés tout comme les suivis de 58 parcelles en arboriculture, en viticulture, en grandes cultures, en houblon ou encore en zones non agricoles. Il y a eu des surveillances toutes particulières pour la cicadelle de la flavescence dorée (lire encadré), le frelon asiatique, le cynips du châtaignier ou encore les ravageurs émergents.

En matière de prévention, seize études destinées aux collectivités ont été menées. Elles ont porté sur des plans de désherbage communaux, des aides aux changements de pratiques de désherbage ou d’entretien, à des plans de gestion différenciée. Des conférences ont été données pour sensibiliser à la démarche « zéro pesticide ». 36 réunions « Bout de parcelle » ont été organisées en arboriculture et 164 « Rais’Alsace » en viticulture, coanimées avec la Chambre d'agriculture d’Alsace. Des « labo vert » ont été mis en place en viticulture, en arboriculture et en zone non agricole. Par ailleurs, 335 collectivités ont participé à au moins une action d’accompagnement à la démarche « zéro pesticide ». Enfin, 43 enseignes de jardinerie ont été signataires de la charte « Vos jardineries vous conseillent pour jardiner au naturel ».

Pour la lutte « nous avons mené trois expérimentations sur houblon et deux autres sur houblon et buis. Nous avons également procédé à un comptage et à une localisation des dortoirs à corbeaux dans le Bas-Rhin », rapporte Sylvie Spoerry. Bien entendu, tout ce travail engendre des frais. Le bilan financier de l’exercice écoulé s’est soldé par un déficit d’un peu moins de 25 000 €. « Au vu de ces pertes financières, le conseil d’administration de la Fredon Alsace a décidé de ne plus bénéficier de la certification Bonnes pratiques d’expérimentation (BPE) à partir de 2017. Ainsi, les expérimentations conduites jusqu’à présent sous BPE s’arrêtent et seuls les essais ne nécessitant pas le BPE pourront encore être menés. Du coup, l’équipe de la Fredon Alsace impliquée jusque-là dans les essais autour de l’antenne de Wiwersheim vient renforcer l’inspection et la lutte », ajoute Sylvie Spoerry.

Une structure Grand Est

D’autres changements sont prévus pour cette année 2017 et les suivantes. À commencer par la mise en place d’une lutte collective contre les corvidés dans certaines communes du Bas-Rhin, en partenariat avec la profession agricole et la FDSEA 67, la Fédération départementale des chasseurs du Bas-Rhin, l’association des piégeurs agréés et gardes-chasse, les lieutenants de louveterie, la Chambre d'agriculture d’Alsace et la direction départementale des territoires. Il va également y avoir une conception de plans d’actions régionaux concernant le campagnol et le frelon asiatique, en collaboration avec les partenaires du Grand Est.

Précisément, au sein de cette nouvelle grande région, l’association sanitaire régionale se constitue. Il s’agit d’une structure régionale qui a pour objet la prévention, la surveillance et la maîtrise de l’ensemble des dangers sanitaires. Elle rassemble les trois Fredon du Grand Est et les trois fédérations régionales des groupements de défense sanitaire en charge de la protection sanitaire des animaux. « La Fredon Alsace qui collabore depuis quelques années avec les Fredon de Champagne-Ardenne et de Lorraine va désormais accroître ce rapprochement pour concevoir la structure reconnue « organisme à vocation sanitaire » en charge de la protection sanitaire des végétaux à l’échelle du Grand Est à l’horizon 2020 », conclut Albert Elbel.

Ampelys, groupe CAC

La pulvérisation au bon endroit, au bon moment, à la bonne dose

Vigne

Publié le 02/07/2017

Cette soirée s’est déroulée sur le domaine Koeberle-Bleger à Saint Hippolyte auprès des clients d’Ampelys du Centre Alsace. La société organise chaque année cette manifestation sur une zone géographique différente afin de toucher l’ensemble de sa clientèle. L’idée est de l’informer, mais également de l’intéresser à l’évolution des techniques de travail. « Nous considérons que nous ne sommes pas de simples technico-commerciaux. Nous sommes là pour expliquer à nos clients comment appliquer les produits, à quel moment et à quel endroit. Nous sommes une coopérative au service de nos adhérents. Ces soirées permettent d’apporter de l’intelligence mutuelle. Ce sont des moments privilégiés qui créent des liens et apportent des informations techniques servant à tout le monde au niveau professionnel », explique Emmanuel Kippelen, animateur des ventes chez Ampelys.

Cette année, trois ateliers étaient proposés. Les clients agriculteurs, divisés en trois groupes, se sont retrouvés sur chaque atelier pendant une demi-heure. Le premier, consacré au poudrage, était animé par les entreprises Siegwald et Getade. La première a présenté une nouvelle technique de poudreuse de la marque Hervé. Ces poudreuses ont un groupe d’air avec un monobloc qui apporte une vraie robustesse, un système de turbine de diamètre 400 qui est simple, une enveloppe de lignes aérodynamique en polyéthylène, un distributeur d’air avec des sorties proportionnelles et une grille de protection aux normes européennes. La cuve est également en polyéthylène, le châssis coupé au laser et peint au four, la commande est manuelle par câble depuis le tracteur avec ouverture et fermeture individuelles pour chaque sortie. Ces poudreuses ont une précision de réglage, une simplicité d’utilisation pour toutes les poudres (soufre trituré ou fluido, argile, chaux, etc.) et un excellent rapport qualité-prix. La seconde propose, elle, des poudreuses avec un concept de système de diffusion de volet qui fait contre-pression. Cela permet de baisser les doses et de poudrer avec une juste dose au bon endroit.

Différentes compétences

Dans le second atelier, la société Syngenta a pris le temps d’expliquer l’importance du soufre dans tout ce travail qu’est la pulvérisation. Et, dans le troisième atelier, animé par la société De Sangosse à l’aide d’une remorque de démonstration, différents modèles de buses ont été mis en valeurs. La qualité de la pulvérisation et des adjuvants ont été différents selon les buses, tout comme la taille des gouttelettes sur les feuilles. « Nous sommes sur cette opération comme un chef d’orchestre. Nous montrons que notre métier est un rouage de différentes compétences, de répartition des rôles. Nous prenons le temps d’expliquer avec l’aide de nos partenaires et par le biais de démonstrations », précise Emmanuel Kippelen. Des propos complétés par Jean-Marc Muller, responsable technique chez Ampelys. « L’idée est de montrer qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais agriculteur, mais qu’il est nécessaire de bien connaître son matériel et de savoir l’utiliser au bon endroit, au bon moment. C’est un sujet porteur car les professionnels ont soif d’acquérir de nouvelles connaissances. »

Après un repas champêtre convivial pris en commun, la soirée s’est poursuivie avec l’observation nocturne de la qualité de la pulvérisation par fluorescence.

Salon interprofessionnel des fruits et légumes d’Alsace à Sélestat

Le commerce dans la convivialité

Vie professionnelle

Publié le 24/06/2017

Producteurs, grandes et moyennes surfaces (GMS), grossistes, restauration hors domicile (RHD), ils étaient tous présents. L’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a mis à leur disposition un espace privilégié de dialogue, les Tanzmatten à Sélestat.

L’idée est simple : faire se rencontrer tous les professionnels l’espace d’une journée, sans ordre du jour précis. « La journée est axée sur le commerce et la convivialité. Les professionnels exposent leur production. Les GMS, grossistes et autres interlocuteurs échangent avec eux. Le format est le même que l’année passée, car cela avait bien marché. Une trentaine de producteurs sont là. Ils viennent de toute la région. Cette année, il y a une belle présence du bio. Les onze enseignes de la distribution sont également présentes. Ce sont même elles qui ont demandé d’institutionnaliser cet événement lors du dernier conseil d’administration de l’interprofession », souligne Yannick Wir, animateur de l’Ifla.

C’est donc dans ce contexte que s’est déroulée cette journée où les échanges ont été nombreux dans une situation économique toujours compliquée. Les gelées du mois d’avril laissent encore des traces avec des productions en baisse. L’impact est évident.

Échanges et partage

Producteur d’ails, d’échalotes ou encore d’oignons, Arnaud Metzger, professionnel à Stattmatten dans le Bas-Rhin, se félicite de l’organisation de cette journée. « Il faut y être présent pour être vu. Je cherche à me développer. Or, tout au long de l’année, ces échanges se font le plus souvent par téléphone. C’est bien plus difficile d’accéder à certains magasins ou lieux de vente et d’achat. Ici, les contacts sont directs. L’année passée, j’étais déjà présent. Il y a eu des retombées les jours qui ont suivi, des marchés qui se sont concrétisés. Aujourd’hui, les premiers contacts sont également positifs », constate avec satisfaction le jeune professionnel.

L’état d’esprit est le même pour Gilles Dumont, directeur de Cora Houssen, et son responsable produits frais, Sébastien Vaxelaire. « Cora fait déjà travailler les producteurs locaux. Du moment qu’il y a une production locale ou régionale, nous la vendons. Mais, le consommateur cherche certains fruits et légumes tout au long de l’année. C’est là, que certains produits viennent alors d’ailleurs. Mais, je me répète, tant qu’il y a une production alsacienne, nous la valorisons. Cette manifestation est une très bonne initiative. Nous rencontrons les producteurs qui, le reste de l’année, sont plus ou moins éloignés de nous. Ce salon est un excellent moment d’échanges et de partage », affirme Gilles Dumont.

Un peu plus loin, Claude Keller, qui gère l’entreprise légumière ID3A à Balgau, multiplie lui aussi les échanges directs. « C’est d’autant plus important cette année après le gel du mois d’avril. Ces événements climatiques font partie de notre métier. Mais, nous devons communiquer avec nos interlocuteurs pour leur parler production et qualité. Ce salon est un endroit idéal, car toute la chaîne de production est présente. »

Un salon unique dans tout le Grand Est comme partout en France, comme le précisent Pierre Lammert et Fabien Digel, respectivement président et directeur de l’Ifla. Pierre Lammert était d’ailleurs ravi de recevoir Pascale Gaillot, conseillère régionale et présidente de la commission agriculture et forêt du Grand Est, ainsi que Patrick Bastian, vice-président de cette même commission. « Je viens pour découvrir cette manifestation, son originalité, ce savoir-faire, et pour rencontrer l’ensemble des professionnels. Ce type d’action est soutenu par la Région », rappelle Pascale Gaillot. Dans l’après-midi, après un déjeuner pris en commun, les échanges commerciaux se sont poursuivis. Un salon de proximité réussi.

Au lycée agricole du Pflixbourg à Wintzenheim

Le projet SEFerSol se poursuit

Cultures

Publié le 31/05/2017

Le maraîchage biologique diversifié en Alsace a souvent recours à des pratiques intensives d’utilisation du sol, notamment par des interventions répétées de travail du sol, des apports de fertilisants organiques rapidement dégradés, une faible couverture du sol notamment l’hiver. Ces pratiques présentent des risques de diminution de la fertilité du sol dans la durée et de dégradation de la qualité de l’eau. Il existe de nombreuses possibilités pour entretenir la fertilité des sols et les stratégies appropriées font autant appel aux connaissances techniques et scientifiques éprouvées qu’à de nouvelles pratiques à expérimenter.

Les leviers techniques mobilisables peuvent se regrouper en différentes catégories : le choix des successions culturales, les apports de matière organique, l’adaptation du travail du sol, l’utilisation des engrais verts et couverts végétaux, la couverture des sols. Les maraîchers disposent de nombreuses références sur ces techniques (outils de pilotage, tables de référence), toutefois celles-ci sont décrites indépendamment les unes des autres. Or c’est la combinaison cohérente et efficace d’un ensemble de techniques traduites en une logique globale (stratégie ou système de culture) qui permet le mieux l’entretien de la fertilité du sol.

La mise en œuvre de ces stratégies est complexe en maraîchage biologique diversifié car elles doivent s’adapter à une grande diversité de cultures dans une dimension spatiale (assolement) et temporelle (successions de cultures). Dans ce contexte de nouvelles références, opérationnelles, sont nécessaires pour aider les maraîchers à améliorer leurs pratiques d’entretien de la fertilité du sol.

« L’objectif du projet est de produire des références utiles pour les maraîchers et d’accompagner ceux désirant améliorer leurs pratiques d’entretien de la fertilité du sol. Ce travail s’effectue par la mise en œuvre de deux volets d’actions interdépendants : la recherche et l’expérimentation tout d’abord. Il s’agit de tester et d’évaluer des stratégies innovantes d’entretien de la fertilité en maraîchage biologique. Des études et des enquêtes ensuite, pour étudier les pratiques actuelles des maraîchers en matière d’entretien de la fertilité du sol », explique Guillaume Delaunay, chef de projet à Wintzenheim.

La démarche repose sur une vision systémique (expérimentation système), la mobilisation de compétences pluridisciplinaires (projet multipartenarial) et un cadre participatif (co-conception de système de culture). Elle vise à favoriser l’intégration des innovations dans les systèmes agricoles. Le projet est piloté par l’EPLEFPA Les Sillons de Haute Alsace et son pôle maraîchage. Il réunit sept autres partenaires qui interviennent de manière complémentaire pour la mise en œuvre des différents volets : l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), l’Atelier Paysan, la Chambre d'agriculture d’Alsace, Rittmo, l’Association pour la relance agronomique en Alsace (Araa), Alsace Vitae et Planète Légumes.

Les pratiques sur l’entretien des sols

Sur l’atelier de production maraîchère des Jardins du Pflixbourg à Wintzenheim, deux systèmes de culture innovants sont testés en comparaison à un système de référence. Ils combinent des techniques innovantes et des pratiques intéressantes, pour les principaux leviers d’entretien de la fertilité du sol suivants : utilisation renforcée des engrais verts et couverts végétaux (nutrition, protection et structuration du sol), limitation forte et simplification du travail du sol (horizons du sol moins ou non perturbés) et couverture du sol (protection du sol contre les facteurs climatiques préjudiciables à son activité biologique).

Ils ont pour objectif une meilleure fertilité du sol, tout en préservant la qualité de l’eau, en maintenant une bonne autonomie vis-à-vis des intrants et en préservant les résultats technico-économiques (rendements, qualité des cultures, marges). « Ce n’est pas que de l’expérimentation. L’idée est de transférer les résultats obtenus dans d’autres systèmes et de mener ensuite des actions et des animations. C’est un travail collectif mené avec les maraîchers », précise Guillaume Delaunay.

Une étude des pratiques de l’entretien des sols a été menée depuis 2015. Les résultats de cette étude ont été présentés. Ils ont été menés sur une base de 56 maraîchers bios en Alsace, orientés principalement en légumes. Et ils sont finalement 18 à avoir été suivis et enquêtés. « Nous avons étudié leurs pratiques, essayé de savoir quels étaient leurs besoins, mais également leur volonté de s’impliquer, de chercher les innovations et de les identifier. Nous constatons qu’il y a une diversité d’ancienneté dans le bio. La moitié des exploitations comptent par ailleurs des ateliers secondaires. Et la majorité des maraîchers cultivent entre 40 et 60 espèces différentes de légumes. Enfin, 100 % des producteurs pratiquent la vente en circuit de proximité, en direct ou dans des magasins spécialisés », explique-t-on à l’Opaba.

Concernant la fertilité des sols, plusieurs idées fortes sont évoquées. À commencer par la rotation des cultures : des successions de cultures diversifiées, dans lesquelles l’alternance des cultures est raisonnée, qui concourent à une bonne nutrition des cultures et permettent de garder un sol sain (limitation des maladies et de l’enherbement spontané). Les apports de matière organique jouent un rôle important dans le fonctionnement global du sol. Ils interviennent sur ses propriétés physiques, avec l’amélioration de la structure et de la porosité, biologiques, avec la stimulation de l’activité biologique, et chimiques, avec le stockage et la fourniture des éléments nutritifs.

En ce qui concerne les engrais verts, leur utilisation optimisée permet d’agir simultanément sur la fixation des éléments nutritifs du sol, sur la restitution de matière organique, sur la structuration du sol par le travail des systèmes racinaires, sur la protection du sol vis-à-vis des risques climatiques tels que la battance ou l’érosion, et aussi de rompre les successions d’espèces légumières, de contenir le développement des espèces adventices. Enfin, sur le travail du sol, le labour reste préconisé pour la gestion de l’enherbement. Des outils à dents sont nécessaires pour éviter de perturber les sols ou le tassement.

La présentation a également permis d’évoquer les éléments de biodiversité, le paillage et la couverture du sol, l’irrigation (l’impact sur la fertilité des sols est rarement pris en considération), ou encore le matériel. Il existe des spécificités sous-abri comme la succession continue de légumes, la présence continue de racines vivantes de différentes espèces ou la présence problématiques de nombreux foyers de limaces et de rongeurs.

ŒnoFrance, groupe Sofralab

Un bâtiment pour le crémant à Colmar

Vigne

Publié le 27/05/2017

Le service s’adresse à des professionnels qui aimeraient produire davantage de crémant, mais qui n’ont pas forcément la place chez eux et/ou le savoir-faire, en apportant une solution complète et personnalisée. « L’élaboration du crémant est très technique. Elle nécessite du matériel spécifique et de l’espace pour le stockage. Les vignerons ont parfois des caves inadaptées pour faire ce type de produit », explique Nicolas François, responsable Région Alsace d’ŒnoFrance.

ŒnoFrance a loué un hall de 1 500 m2 entièrement climatisé à une température stable (entre 15 et 18 °C), rue Denis Papin en zone industrielle à Colmar. Le bâtiment est équipé d’une cuverie et d’un système de gyropalettes pour remuer le crémant. Mis à disposition du viticulteur, l’outil permet à celui-ci d’externaliser sa production, tout en restant propriétaire de son vin. Le prestataire prend en charge tout le processus d’élaboration, de l’enlèvement du vin de base à l’embouteillage, et restitue au vigneron ses bouteilles de crémant dégorgées, dosées, prêtes à être commercialisées. Avantage de la formule : « La traçabilité du produit est garantie grâce à un numéro de lot. Chaque caisse, chaque bouteille est ainsi identifiée et le viticulteur est assuré de récupérer son propre crémant », ajoute Nicolas François.

Une prestation clé en main

Détail important, un œnologue-conseil référent suit le vin de la vendange jusqu’à la commercialisation. « Il est important d’avoir un spécialiste qui a la mémoire du produit », fait valoir le représentant d’ŒnoFrance. Le contrat entre le professionnel et la société prévoit le nombre de cuvées, les volumes, le type et le format de flacon. En 2016, les premiers tirages ont eu lieu en juin et juillet. Soit environ 45 000 bouteilles. Pour 2017, l’entreprise a prévu de faire environ 100 000 bouteilles, avec l’objectif d’arriver à 500 000 cols en 2020-2021.

« Nous pouvons faire des petits volumes de 1 400 bouteilles jusqu’à un travail plus important allant autour de 20 000 bouteilles. Ici, la capacité maximale du bâtiment est de 600 000 bouteilles. Mais, il existe des possibilités d’extension ». ŒnoFrance est certifié Ecocert ce qui permet de gérer des vins bios précisément grâce au suivi et à la traçabilité du travail effectué. Jeudi 18 mai, ŒnoFrance a organisé une journée « portes ouvertes » à l’attention de ses clients viticulteurs. « L’idée est de leur présenter notre bâtiment et de leur rappeler notre travail et nos services. Notre objectif n’est pas de faire des millions de bouteilles, mais d’aider les professionnels à compléter leur gamme. Deux personnes gèrent ce site. Notre métier est le conseil et la distribution de produits œnologiques. Ici, c’est de la prestation clé en mains. C’est nouveau en Alsace. Mais, cela existe déjà dans le Val de Loire et cela marche très bien », conclut Nicolas François.

Provitis à Sainte-Croix-en-Plaine

Installée dans de nouveaux locaux

Technique

Publié le 16/05/2017

Après avoir terminé ses études de commerce, Didier Andelfinger a repris l’entreprise familiale de machinisme agricole et l’a spécialisée dans les machines viticoles. Provitis fabrique désormais plus de 600 machines par an. Elles sont distribuées dans le monde entier. La société affiche un chiffre d’affaires annuel de 6 millions d’euros et compte 19 salariés. Les nouveaux bâtiments se situent juste à côté de l’ancien, dans la zone industrielle de Sainte-Croix-en-Plaine.

« Nous étions en location et nous ne pouvions pas faire d’aménagement. Nous avons saisi l’opportunité de racheter le site de la société Colas que nous avons réaménagé en ajoutant deux constructions de 1 200 m2 chacune. Cela nous a permis d’aménager le site comme on le souhaitait, pour une surface totale de 3 500 m2 », se félicite Didier Andelfinger. Un showroom a été créé. Il sépare l’atelier de montage de la salle de stockage. Cela a permis d’améliorer le flux de production, de rationaliser et de sécuriser les lieux. Aujourd’hui, le site présente une capacité de stockage de 2 550 palettes et compte plus de 10 000 références en pièces détachées. « C’était vraiment une aubaine que les deux structures soient voisines. En termes de déménagement, c’était un gain de temps conséquent. Nous n’avons pas eu besoin de faire appel à un prestataire extérieur pour tout transborder d’un site vers l’autre », ajoute Didier Andelfinger.

Au Sitevi

L’entreprise est appréciée pour la qualité de ses fabrications comme en témoigne sa citation au Sitevi 2013 pour sa machine à tirer les sarments, la Provitis VSE 430. Elle est également devenue le premier constructeur mondial de machine à vendanger. En novembre 2017, elle sera à nouveau présente au Sitevi à Montpellier où elle exposera ses nouveautés. Ce travail et ces nouveaux locaux ont été mis en valeur vendredi 5 mai lors de l’inauguration qui s’est déroulée en présence de nombreux clients, fournisseurs et élus locaux.

Le président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Éric Straumann, a salué « la réussite de cette entreprise familiale typique qui s’est bien développée et qui est un fleuron de l’agroalimentaire alsacien », alors que le maire de Sainte-Croix-en-Plaine, François Heymann, n’a pas caché son plaisir. « Pour un maire, inaugurer une entreprise sur son ban, c’est formidable. Cette zone industrielle poursuit son développement. Il y a ici 1 600 emplois et une activité soutenue dont vous êtes une illustration concrète. » Enfin, le Conseiller régional, Jacques Cattin, a salué « le rayonnement régional et international de Provitis qui vend et qui innove avec le soutien de la région ». L’entreprise a ensuite profité du week-end pour organiser des portes ouvertes qui ont connu un grand succès.

Manque d’eau en montagne

Une situation critique

Cultures

Publié le 11/05/2017

Dans le calme et le silence de la montagne, l’agriculture souffre. Aux difficultés économiques s’ajoute depuis deux ans un souci d’ordre climatique. Il pleut de moins en moins souvent. Il neige essentiellement sur les sommets et sur de courtes durées. Il fait toujours plus chaud et sec. Et, phénomène nouveau, un vent d’Est récurrent se fait sentir quasiment tous les jours. Les réserves d’eau diminuent. « Nous rencontrons des problèmes pour nous approvisionner en eau. Cela concerne les exploitants agricoles évidemment, mais également les fermes-auberges, les communes, les privés. Nous sommes ici au-dessus d’Orbey, à 840 m d’altitude. Il n’y a pas eu de grosse neige cet hiver. Les pluies sont rares et peu importantes. Sans oublier ce vent qui sèche les terrains. Or, les éleveurs doivent nourrir leurs bêtes et les fermes-auberges doivent travailler. Nous souhaitons que nos réseaux nous approvisionnent en eau. Ou alors, nous souhaitons pouvoir faire des forages. Mais, jusqu’à présent, il nous faut une autorisation préalable. La demande est à faire en préfecture », explique Patrick Chaize, responsable « montagne » à la FDSEA du Haut-Rhin.

Des sources taries

Partout dans la montagne, les sources d’eau sont taries ou pas loin de l’être. Et les professionnels constatent que leurs difficultés ne sont pas reconnues. « Actuellement, le seul dialogue avec la police de l’eau, c’est une visite et un procès-verbal en cas de problème. Mais, personne ne vient à notre rencontre pour discuter, nous écouter et comprendre. Pendant ce temps, les agriculteurs se battent au quotidien avec la nature. Nous faisons, par exemple, des rigoles pour entretenir nos terrains car la politique agricole commune nous impose de les entretenir. Sinon, nous sommes pénalisés. Mais, dans le même temps, nous ne sommes pas autorisés par l’administration à les faire dans certaines zones, comme celles classées Natura 2000. La situation devient critique », ajoute Patrick Chaize.

Un exemple concret : la ferme-auberge du Pré Bracot, au lieu-dit Prébracot sur les hauteurs d’Orbey. La famille Siffert gère les lieux depuis 32 ans. Elle sert en moyenne une centaine de repas quotidiennement, possède des gîtes et une trentaine de vaches. L’exploitation occupe une surface de 60 ha et l’auberge est ouverte toute l’année, sauf au mois de janvier. « Mon père qui est aujourd’hui âgé de 89 ans n’a jamais vu le niveau des sources aussi bas que cette année. Nous partageons cette source avec une ferme voisine. Ce manque d’eau pose de nombreuses difficultés. Pour le fourrage car l’herbe pousse très peu. Ensuite, nous faisons de la viande et du lait. Nous allons d’ailleurs passer en bio. Toute cette production nécessite de travailler dans de bonnes conditions. Et puis, à l’auberge, si nous voulons la laisser ouverte et accueillir nos clients, nous devons pouvoir leur servir de l’eau notamment. C’est un problème récent. Pour le moment, nous arrivons à le gérer. Il n’y a pas encore de grosses conséquences. Mais, c’est inquiétant pour l’avenir », estime Claudine Siffert qui travaille avec ses deux fils David et Thierry, et sa petite fille, Emmanuelle. Elle regrette aussi le manque de compréhension et d’écoute des pouvoirs publics. « Ici, personne ne vient nous voir. Et dans les débats que nous écoutons à la radio ou que nous regardons à la télévision, l’agriculture est clairement mise de côté. On ne parle pas de nous. Pas étonnant dès lors que personne ne comprenne vraiment la réalité de notre profession », ajoute-t-elle.

Quatre mois de fermeture

Un peu plus loin, sur le ban de Soultzeren, la ferme auberge Le Musmiss est gérée par Thierry Baumgart, son épouse Florence. Julien, leur fils de 19 ans, est en formation au lycée agricole de Rouffach et il compte bien s’installer sur cette ferme où travaillait déjà sont arrière-arrière-grand-père… L’exploitation occupe une centaine d’hectares, avec une trentaine de vaches laitières et autant de génisses. La famille fait de la transformation, du fromage et voudrait pérenniser l’auberge. « Ici, il y a toujours eu de l’eau, mais pas de grande source. Ce n’est plus le cas depuis 2015. Cette année-là, nous avons eu de l’eau pendant quatre mois et pendant sept mois en 2016. Nous avons deux sources pour la ferme et l’auberge. Elles sont au plus bas. Nous n’arrivons plus à faire face », regrette Thierry Baumgart. Une situation extrême qui l’a contraint à fermer l’auberge, depuis deux ans, de fin novembre à début avril. Cela a évidemment pour conséquence des pertes économiques. « Fort heureusement, pour le reste de l’année, nous avons la chance d’avoir un maire sympa qui nous permet d’aller chercher de l’eau sur le réseau communal, cinq kilomètres plus bas, en tracteur. Chaque dimanche, nous cherchons 4 m3 d’eau pour la fromagerie et l’auberge. Mais, ces transports représentent un coût financier et un risque sanitaire. Du coup, on ne peut plus garantir la potabilité de l’eau », précise l’agriculteur. La solution serait de faire un nouveau captage. Il y a quelques mois, il a fait des fouilles et des travaux sans autorisation préalable. Les écologistes et la police de l’eau sont intervenus. Il a fait la « une » de la presse locale. Et, depuis, le chantier est arrêté. « Mais, nos difficultés persistent. Et là, face à nous, il n’y a pas la même réactivité. Depuis deux ans, mes questions sont restées sans réponse. Il faudrait davantage de compréhension de l’administration, qu’elle comprenne notre métier, qu’il y ait un véritable dialogue. Or, j’ai un impératif économique. Cette situation est regrettable », conclut Thierry Baumgart.

Un devis de 35 000 euros

À Fréland, Francis Henry connaît les mêmes problèmes. Depuis 2001, il gère l’exploitation familiale sur une surface de 55 ha, avec un cheptel de 35 vaches de races Montbéliarde et Holstein. Il produit 229 000 litres de lait en bio… avec des prairies naturelles en bio. « Le bio, ici en montagne, c’est une évidence pour moi. Mais, il faut l’expliquer. Le bio, c’est aussi des contraintes supplémentaires, notamment pour le fourrage et l’alimentation des animaux. Pour l’eau, la situation est extrême. D’août 2016 à fin janvier 2017, j’ai cherché de l’eau dans un ruisseau tous les jours avec des citernes de 3 000 et 6 000 tonnes. Les deux sources proches de l’exploitation sont en effet quasiment taries depuis près de trois ans. Et ce sont tous les éleveurs du secteur qui sont concernés. Cela nécessite de circuler dans et autour du village. Et cela commence à faire parler et râler les gens », constate l’éleveur. Il a bien tenté de trouver une solution : celui de forer. Mais, le coût est très important. « J’ai un devis de 35 000 € pour forer à 65 m de profondeur et à 35 m de mon bâtiment ! ». Un investissement financier trop important. En attendant, les vaches souffrent comme en témoigne la baisse de production de lait constatée ces dernières semaines. Ajoutée à la crise du prix du lait, cette sécheresse se mesure au plan économique. « Il faudrait un mois de vraie pluie, pas 2 mm par jour, pour reconstituer les sources. Nous attendons cela depuis de longs mois. En attendant nous comptons sur la compréhension de l’administration et l’aide des communes si elles veulent maintenir une agriculture de montagne à l’avenir », conclut Francis Henry.

Fraises

En pleine floraison, les fraises ont gelé

Cultures

Publié le 28/04/2017

La SCEA Boetsch-Wolf produit des légumes, des asperges et des fraises. Son magasin de vente directe situé en plein centre d’Illfurth reçoit chaque jour plusieurs dizaines de clients friands de cette filière courte et du professionnalisme des agriculteurs. Le gel a touché les cinquante ares de pommes de terre précoces, les dix hectares d’asperges et les cinq hectares de fraise. La première nuit, la température est descendue jusqu’à - 5 °C et la seconde nuit jusqu’à - 3 °C. C’est arrivé au plus mauvais moment. « Avec le soleil, la sécheresse et les températures de début avril, nous avions pris de l’avance. De quinze jours à trois semaines selon les productions. On ne pouvait rien faire. Si on peut forcer pour avoir de la précocité, retarder la croissance est impossible. Là, nous étions en pleine floraison des fraises. Pour les asperges, les dégâts sont minimes car il n’y a que les têtes qui sortent. Le gel ramollit la pointe de l’asperge qui n’est plus commercialisable. Mais, c’est journalier. L’asperge présente cet avantage », explique Benoît Wolf.

La récolte est en jeu

L’agriculteur et ses associés se sont relayés les deux nuits pour suivre l’évolution des températures, aller dans les parcelles concernées et assurer l’irrigation des champs de fraises. La première nuit, il a gelé vers 2 h 30 du matin, la nuit suivante dès minuit. « Ce gel était annoncé. Nous avons donc tenté de nous préparer. La récolte est en jeu. Il fallait à tout prix éviter que les cultures ne soient détruites par le gel, sinon les fleurs sont grillées », raconte Ludovic Boetsch. Mais les fraises ont tout de même pris un sacré un coup. « Nous estimons que nous avons 60 % de perte. Il y a beaucoup de fleurs qui sont noires. Et les parcelles qui ne sont pas irriguées sont touchées à 100 %. Maintenant, nous ne pouvons rien faire. Nous allons attendre, voir comment cela va évoluer. Et, dans certains cas, nous allons essayer de sauver ce qui est encore possible de l’être », ajoute Benoît Wolf. Il est toujours inquiet puisque les températures peuvent encore descendre dans les jours qui viennent. Reste à savoir comment les fruits vont désormais réagir.

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