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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Les 28, 29 et 30 avril à Ammerschwihr

89e foire aux vins

Vigne

Publié le 27/04/2017

Le public pourra participer à une dégustation commentée par François Lhermitte, jeune talent sommelier de l’année du Gault & Millau, en accord avec des bouchées préparées par Julien Binz qui vient de décrocher une étoile Michelin. De nombreuses animations sont également au programme avec la découverte de la distillation, un tour du vignoble d’Ammerschwihr en gyropode, des animations musicales, une structure gonflable pour les enfants, une exposition de matériels vitivinicoles et le marché paysan qui se déroulera le dimanche de 10 h à 18 h Pour la restauration, Christelle Richert, originaire d’Ammerschwihr et Masterchef 2012 a concocté un menu « Alambic » et un menu « Kæfferkopf ». Les boulangeries Arnaud et Fred et au Champ de blé comme l’amicale des sapeurs pompiers et ses tartes flambées répondront à toutes les faims.

Mais la foire est surtout l’occasion de découvrir le millésime 2016 et vins de réserves des vignerons du village. « Cet événement Festi’Vins est le rendez-vous de l’année », souligne Romuald Bohn, président du syndicat viticole d’Ammerschwihr. Les domaines participants : Colon Pierre, Ehrart Henri, Heitzmann Alphonse & Fils, Heitzmann Léon, Kappler Jean-Pierre, Kuehn Vin d’Alsace, Meyer Théo & Fils, Schiélé Paul et Denis, Schneider Bernard, Schneider-Noll, Sick-Dreyer, Simonis Jean-Paul & Fils, Tempé André et Fils, Tempé Jessel, Thomas JB et Fils.

Coopérative agricole de céréales

Des semis innovants avec la modulation intraparcellaire

Cultures

Publié le 19/04/2017

Responsable adjointe du service innovation de la Cac depuis 2015, Florence Brayé, agronome spécialisée en science du sol, travaille en étroite collaboration avec Christian Jenn, spécialiste des expérimentations de cultures depuis 33 ans. Le binôme s’occupe de ce dossier à la coopérative qui s’intéresse de près à la montée en puissance des nouvelles technologies dans le monde agricole. L’apparition du guidage par GPS et de nouveaux services aident les agriculteurs à mieux appréhender leurs travaux au quotidien. Après plusieurs années de recherche agronomique et d’expérimentation de terrain, la Cac a souhaité s’investir pour mieux conseiller les professionnels en modulant la densité du semis au sein de la parcelle de maïs. « Nous avons des sols très hétérogènes en Alsace. C’est historique du fait d’une géologie riche dans la région associée aux nombreuses divagations des chenaux du Rhin. » explique Florence Brayé. La parcelle d’essai de Munchhouse présente trois types de sols et on en recense une cinquantaine sur la région.

La modulation intraparcellaire apporte une réponse à la problématique de la diversité des sols. Cette première nationale a motivé cinq agriculteurs haut-rhinois à semer en condition réelle des parcelles complètes en modulant le nombre de grains de maïs selon le potentiel de l’environnement. Environ quinze parcelles d’essais, sur une centaine d'hectares, avec une connaissance parfaite des sols, sont testées cette année dans le département. « Il s’agit d’étudier le comportement d’une plante, le maïs dans le cas présent, sur chaque type de sols présents dans la parcelle, pour donner un conseil agronomique au plus proche de l’environnement et des ressources disponibles. » Pour identifier la localisation des différentes zones de sol, une carte de conductivité électrique est réalisée sur la parcelle. Elle se base sur l’impulsion d’un courant électrique dans le sol, dont on mesure le temps de réponse. En classifiant les réponses, les zones de sol homogène sont déterminées sur la parcelle. « Les types de sols sont ensuite qualifiés grâce à un travail d’analyses et de mesures de terrain géolocalisées », ajoute Florence Brayé.

Un pari sur l’avenir

L’objectif est d’être le plus proche possible de son sol et de ses ressources naturelles, et de gagner en compétitivité. Une carte de conseil agronomique est éditée à partir de la carte des sols et de l’échange entre l’expertise de la coopérative et l’expérience de l’agriculteur. L’agriculteur peut ainsi adapter ses pratiques aux différences environnementales intraparcellaires et être au plus près des capacités de ses sols.

Dans ce projet, la Cac a investi, il y a deux ans, dans un logiciel de traitement et un pénétromètre électronique. Il s’agit d’un instrument de mesure utilisé en géotechnique pour établir la résistance de pointe et la contrainte maximum admissible. « La modulation des pratiques agricoles existe déjà depuis quelques années pour le blé grâce à des drones spécialisés. Il n’y avait rien d’équivalent jusqu’à présent pour le maïs. Nous sommes les premiers dans cette innovation. Nous espérons maintenant que, d’ici dix ans, tous les nouveaux matériels seront équipés de série. Nous faisons un pari sur l’avenir et sur le développement de l’agriculture de précision », insiste Florence Brayé. Cette innovation a été présentée en décembre dernier aux agriculteurs potentiellement intéressés. L’idée est d’aller encore plus loin, avec, pour la prochaine campagne, la modulation de fertilisation.

Se rapprocher au plus près

Pascal Franck, exploitant agricole à Logelheim et propriétaire de la parcelle d’essai de Munchhouse est l’un des cinq agriculteurs « avant-gardiste ». Adhérent à la Cac, son exploitation occupe une surface de 225 hectares dont 165 de maïs. La parcelle d’essais couvre huit hectares. Sa motivation ? « J’ai toujours observé mes parcelles. Or, à chaque réunion technique, on travaille sur des moyennes. Pourtant, je me suis rendu compte que lorsque l’on réglait différemment nos machines, il pouvait y avoir de grosses variations. J’ai voulu me rapprocher au plus près. Par le passé, nos anciens travaillaient sur des petites parcelles. Il y avait peu de zones très hétérogènes. Aujourd’hui, nos parcelles sont plus grandes. Il peut donc y avoir des structures du sol qui ne se ressemblent pas. Et ces différences peuvent être très importantes. Avant la modulation intraparcellaire, j’avais bien identifié deux zones différentes. Mais, j’étais incapable de les déterminer avec précision et de les travailler en conséquence. Ce travail collectif et innovant m’a beaucoup aidé. Il y a ici des sols argileux, calcaires et avec du loess. Il y a des zones très superficielles avec des cailloux et, au milieu, une autre zone beaucoup plus lourde. J’ai désormais un œil différent sur mes terres. Je suis persuadé que dans les dix années qui viennent, de nombreux agriculteurs vont adopter de telles techniques de travail afin d’avoir le bon conseil, au bon moment, au bon endroit », estime Pascal Franck. Un travail collectif qui place l’innovation au cœur de l’avenir de l’agriculture et de ses professionnels. Il s’agit d’une solution innovante, performante, durable, respectueuse des ressources, et qui apporte un gain de compétitivité significatif. « Nous avons mis en évidence des gains économiques importants, entre 90 et 160 € à l’hectare », conclut Florence Brayé.

 

Fédération des arboriculteurs du Haut-Rhin

François Kempf quitte la présidence

Vie professionnelle

Publié le 18/04/2017

Après douze années à la présidence de la fédération, François Kempf a fait savoir qu’il quittait ses responsabilités tout en souhaitant rester dans le bureau directeur. Il a retracé ce parcours. « Parmi toutes les actions, je vais retenir ces formations de pressage de jus auprès des écoliers. Pas moins de 426 classes ont été rencontrées. Cela représente 8 650 élèves et 35 660 litres de jus de pomme. J’ai également organisé et animé quatre sessions de moniteurs où 142 personnes ont été formées. J’ai toujours été aidé de collègues moniteurs. Merci à toutes et à tous », explique François Kempf. Il a ensuite effectué son rapport moral et d’activités sur l’année écoulée. Pas moins de 287 démonstrations de taille pratique ont été réalisées, mais également quatre stages théoriques, 18 séances d’informations diverses, 97 activités envers les écoliers, trois stages de distillation, 22 expositions fruitières, soit un total de 431 activités. À l’Écomusée, 28 plaques explicatives sur différentes variétés de pommes ont été mises en place dans le Kappaweg et accrochées aux arbres. « Une vingtaine de pommiers a été replantée à la place des arbres manquants. Une soixantaine de variétés de pommes est présentée », ajoute François Kempf. À noter qu’en 2016, la fédération des arboriculteurs du Haut-Rhin a encore formé 57 moniteurs lors d’une journée de perfectionnement. Et, à l’Écomusée, il y a eu 697 heures de travail dont 257 heures consacrées aux animations. Les présidents des commissions ont ensuite effectué leur propre rapport. Pierre Bader, pour la commission technique a précisé qu’une « fiche d’identification sur la Sharka a été envoyée aux associations en avril 2016 ainsi qu’une fiche d’identification sur la Drosophila Suzuki de plus en plus présente dans le monde arboricole. La commission a décidé d’élaborer des supports pédagogiques et d’informations techniques pour les moniteurs sur ces thèmes », a précisé Pierre Bader. Après l’approbation du rapport financier et le renouvellement partiel du comité, plusieurs arboriculteurs ont été récompensés d’une pomme d’or, d’argent ou d’encouragement.

 

Concours de la race Montbéliarde

Java, championne Espoir

Élevage

Publié le 14/04/2017

La dernière journée d’Eurogénétique, samedi 8 avril, a été consacrée au concours Montbéliard, au challenge de l’école des jeunes et enfin au concours des Vosgiennes (lire ci-contre). Pour le concours Montbéliard regroupant de superbes animaux, cinq vaches du Haut-Rhin issues de quatre élevages avaient fait le déplacement.

Impériale (Urocher X Papayou) de Serge Stimpfling à Aspach a fait sixième sur huit en catégorie espoir, vaches en 1re lactation. Dans la catégorie jeunes vaches, Holly (Ulemo X Tonnage) de l’Earl Hatstatt de Muespach a terminé cinquième de section. Horloge (Afene X Piazzetta) de l’Earl Peter de Saint-Bernard a terminé sixième et Girolle (Vercel X Ugostar) du Gaec du Blochmont a pris la septième place. Enfin en catégorie « vaches adultes », Georgette (Urbaniste X Oxalin) également de l’Earl Peter, en quatrième lactation, finie quatrième de sa section.

Mais, la grande performance est venue de l’Esat du Sonnenhof à Bischwiller dans le Bas-Rhin qui faisant concourir quatre vaches : Java (Fusionnel X Urbaniste), Josée (Goldoni X Oriel), Huitre (Ulcoto X Papayou), Haida (Urbaniste X Micmac). La Montbéliarde Java présentée par Jean-Marie Schoenel a été désignée championne Espoir. Née le 2 juillet 2014, son premier vêlage date du 1er mars 2017. « C’est effectivement une belle vache. Et nos jeunes s’en occupent très bien. L’Esat du Sonnenhof dont je suis le responsable de l’exploitation a vocation d’accompagner les jeunes dans le monde agricole et de leur trouver un travail. En attendant, ils sont chez nous et participent, au quotidien, à la vie de l’exploitation. La fondation date de 1876 et l’Esat fête cette année son quarantième anniversaire. Nous sommes là dans une belle lignée puisque la mère de Java a été championne à deux reprises à Paris. Et Java est sa première fille », précise Jean-Marie Schoenel.

 

Coopérative des sylviculteurs d’Alsace (Cosylval)

Transmettre des forêts d’avenir

Vie professionnelle

Publié le 14/04/2017

Les coopérateurs alsaciens se sont vu remettre une fiche synthétisant les chiffres clés de l’exercice 2015-2016 de la coopérative. Malgré un chiffre d’affaires légèrement en baisse, le volume d’activité est en constante augmentation. Par ailleurs, à l’issue des assemblées de section du matin qui se tenaient à Châtenois et à Sainte-Croix-en-Plaine, une présentation des projets d’appel à manifestation d’intérêt (Ami) Dynamic bois a été proposée aux coopérateurs. Le projet FibAlsace au Nord a été présenté par Pascal Ancel, du Centre national de la propriété forestière (CNPF). Les deux projets « Ami Dynamic Bois 2015 » ont ensuite été détaillés au Sud. Le projet de l’énergie du reboisement Franche-Comté Alsace (Erfcal), a été présenté par Julio Boutry, de Cosylval. Le projet FibAlsace sur le Haut-Rhin avec les actions de mobilisation concertées a été expliqué par Thierry Bouchheid, du CNPF.

Les ambitions du projet Erfcal sont de convertir ou d’améliorer les peuplements pauvres ou malades, de dynamiser la sylviculture, d’inciter les agriculteurs à gérer leurs boisements linéaires ou accrus forestiers naturels. Les animations visent à la réalisation de documents de gestion durable, à la certification des entreprises, à la hiérarchie des usages et à la traçabilité des bois. Les objectifs sont d’améliorer pas moins de 90 hectares, de reboiser 70 ha, de traiter 120 ha d’accrus forestiers et de valoriser des bois des grands réseaux d’infrastructure. Tous ces projets et cette politique forestière ont un seul objectif : transmettre des forêts d’avenir.

25 hectares de peupliers

Dans l’après-midi, les coopérateurs ont pu découvrir et apprécier la populiculture à travers l’expérience de Michel Rolli grâce à une visite commentée de sa propriété située dans la plaine de l’Ill. « Les premières plantations de peupliers ont été réalisées dans les années 1980 après transformation de taillis d’aulne ou en boisement de terre agricole », explique Michel Rolli. L’objectif de gestion de la propriété est la production de bois d’œuvre de qualité déroulage. Le cultivar dominant est le koster qui est élagué de 6 à 10 mètres grâce à l’utilisation d’une nacelle.

La première parcelle visitée a permis d’expliquer le déroulement d’une plantation de peupliers sur zone inondable. « Les plançons ont été installés sur des ados afin de surélever le système racinaire et permettre au peuplier de ne pas se noyer. Un fossé a été ouvert une ligne sur deux afin de drainer au maximum la parcelle et permettre une meilleure reprise des plants », précise Michel Rolli. La deuxième parcelle présentait un essai comparatif de peupliers (six cultivars) réalisé au cours de l’hiver 2002-2003.

Enfin, la troisième et dernière parcelle a été l’occasion de voir l’aboutissement de la gestion populicole de la famille Rolli. À savoir, une parcelle exploitée cet hiver. Les bois ont été commercialisés via le cahier de vente peuplier de l’hiver 2016-2017 réalisé par la coopérative. Le bois d’œuvre qualité déroulage a été vendu en bloc et sur pied, tandis que la qualité palette l’a été bord de route. Les houppiers ont été triés en bord de parcelle puis broyés directement dans des camions à fonds mouvants. Au total, cette forêt de peupliers occupait une surface de 25 ha et se trouvait, en grande partie, en zone Natura 2000.

En fin d’après-midi, les délégués des assemblées de section se sont réunis en assemblée plénière. En présence du commissaire aux comptes, ils ont définitivement validé le résultat financier de l’exercice 2015-2016, procédé au renouvellement du conseil d’administration et honoré trois salariés de la médaille d’honneur agricole en vermeil pour trente années de vie professionnelle, essentiellement chez Cosylval.

Concours de la race Vosgienne

Esmeralda, grande championne

Élevage

Publié le 13/04/2017

Les éleveurs de vosgiennes haut-rhinois sont fidèles au rendez-vous d’Eurogénétique. Le Gaec des Hautes Huttes à Orbey est venu avec Idylle, une vache en première lactation, et Frida, en quatrième lactation. L’EARL Deybach à Mittlach présentait Issa en première lactation. Yvan Pierrez de Sondernach proposait deux vaches : Iris, en deuxième lactation, et Déesse, en cinquième lactation. Le Gaec des Trois Fours à Muhlbach-sur-Munster présentait Fara, en quatrième lactation. L’EARL Jean Wehrey à Breitenbach avait fait le déplacement avec Flora et Carmen, deux vaches en cinquième lactation. Et le Gaec Schubnel proposait Esmeralda en quatrième lactation.

Neuf vaches parmi vingt-huit concurrentes réparties en quatre sections étaient en lice pour le concours de la race vosgienne, présidé par le juge Florent Campello de Mittlach, président de l’association des éleveurs de la race vosgienne du Haut-Rhin. Il n’a pas caché son enthousiasme et sa satisfaction de voir un concours d’une telle qualité. Dans la première section, Imelle du Gaec Saint Ajol de Saint-Bresson en Haute-Saône, a été sacrée meilleure mamelle Jeune puis championne Jeune. Une belle satisfaction pour l’éleveur de cette vache née le 11 novembre 2013 dont le premier vêlage est survenu le 17 juin 2016.

Triplé haut-rhinois

Dans la troisième section, celle des vaches en troisième et quatrième lactation, le Haut-Rhin a placé ses trois vaches aux trois premières places. À savoir : Esmeralda devant Frida et Fara. Une nouvelle reconnaissance pour le département et la qualité de ses élevages. Pour Esmeralda, c’était le début d’une belle série. Le jeune Clément n’en était qu’à ses premiers tours de piste quand sa vosgienne préférée a été sacrée meilleure mamelle Adulte, puis championne Adulte. Quelques instants plus tard, c’est encore Esmeralda qui a été sacrée grande championne.

Pour Florent Campello, la satisfaction est entière. « Cela a été un magnifique concours avec de superbes animaux dans toutes les catégories. Pour les vosgiennes, il y avait de tout. De la mixité, de la longévité, de la mamelle, des aplombs. On a vu tout ce que l’on aimait dans la vosgienne. Et cette grande championne, c’est exactement le standard de la race. On a envie de l’avoir sur son exploitation. » Une belle conclusion pour cette édition d’Eurogénétique. Rendez-vous est pris l’an prochain, à Colmar cette fois.

Association des viticulteurs d'Alsace

En mode premier cru

Vigne

Publié le 05/04/2017

En faisant le tour des sous-régions avant l’assemblée générale, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), Jérôme Bauer, a constaté que les viticulteurs alsaciens étaient divisés au sujet de la hiérarchisation et de cette strate premier cru. « Il est maintenant temps d’arbitrer, de décider. Il faut prendre ce virage historique. Fin décembre, la commission nationale de l’Inao a bien accueilli ce projet. À nous de saisir cette opportunité qui ne se représentera pas avant plusieurs décennies. Nous avons l’occasion de corriger l’erreur historique de positionnement des grands crus ; les rendements autorisés lors de leur création à partir de 1975 avaient été fixés généreusement à 70 hl/ha contre 50 à 55 hl/ha aujourd’hui. Il ne faut pas refuser ce dossier de peur de perdre quelques hectolitres de rendements ».

Les premiers crus sont convoités par toute la France viticole. Dans la hiérarchie des appellations, les premiers crus s’intercaleront entre les 51 grands crus et les dénominations géographiques, à savoir les lieux-dits et les 13 « communales », contraintes de tailler plus court. Le cahier des charges de l’appellation premier cru prévoit notamment l’obligation de limiter les volumes à 55 hl pour les blancs, 45 hl pour les rouges, d’élever le vin au minimum jusqu’au 1er juin de l’année suivant la récolte, au 1er octobre au moins pour les pinots noirs. Autre petite révolution : la mention « sec » fera son apparition sur les étiquettes, selon les règles fixées par l’Union européenne. L’objectif pour l’Alsace est de se hisser dans l’élite des vignobles français ; les premiers crus étant notamment une dénomination de la Bourgogne. « Notre vignoble a toutes les cartes en main pour asseoir les terroirs. Soyons responsables de notre avenir. Vous avez les clés de notre futur en main », ajoute Jérôme Bauer.

Un enjeu considérable

Le président du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), Pierre Bernhard, considère cette réforme comme intéressante, mais il émet quelques réserves : « Il faudrait que la modification des rendements s’effectue progressivement, par étapes, et que la petite famille des communales s’élargisse. Il faut en effet construire un projet communal qui tienne la route ».

À Ottrott, l’inquiétude est palpable pour le célèbre vin rouge de la commune viticole. « La baisse de rendement demandée est considérable. Si on demandait une telle baisse dans « l’océan » du vin blanc en Alsace, il y aurait les mêmes réactions négatives. J’ajoute que cette réforme oublie un point important. À aucun moment, elle ne parle de typicité de nos vins », s’agacent de concert Bernard Schmitt et Stéphane Vonville, viticulteurs à Ottrott. Jérôme Bauer reconnaît le cas particulier d’Ottrott : « Ça risque de piquer en effet mais, la porte est ouverte. Je veux bien défendre annuellement l’idée d’un rendement butoir de 10 %, en fonction de chaque millésime. Je ne fais la leçon à personne. Mais, nous devons avancer. »

La coopération, qui s’est réunie sur ce sujet, a pour sa part marqué sa désapprobation. Jean-Luc Hanauer, président de la cave de Pfaffenheim, a rappelé que la coopération était le « premier metteur en marché de grands crus. La majorité souhaite le maintien des grands crus à 55 hl, et les 60 hl. » Immédiatement, Jérôme Bauer réagit. « OK, mais ce n’est pas vendable à la commission d’enquête ».

« Augmenter de 3 € le prix d’une bouteille d’un grand cru ne doit pas poser de problème. Les vins salins, profonds, les vins de terroir qui procurent de l’émotion se paient. Ces efforts supplémentaires demandés sont nécessaires, vu l’enjeu. Nous ne sommes pas assez fiers de notre travail. La qualité est dans la bouteille et elle se paie au niveau mondial. Pour moi, ce projet semble cohérent », argumente Pierre Gassmann, viticulteur à Rohrschwihr. Jean-Michel Deiss est du même avis. « Nous ne produirons plus de 50 hl/ha. La commission n’a pas dix années d’avance. Elle constate simplement la réalité. Je regrette simplement que vous n’alliez pas assez loin pour les communales ». Olivier Humbrecht, viticulteur à Turckheim qui porte le dossier « premier cru » à l’AVA, estime, pour sa part, que les professionnels qui veulent des premiers crus à 60 hl sont des opportunistes. « La question est de savoir comment je peux faire pour multiplier par deux ou trois nos prix de vente. Quel est le prix moyen des rouges d’Ottrott ? L’important est de se concentrer sur la valorisation, et accessoirement d’éviter de faire du tort aux régions viticoles. Car si l’Alsace rejoint la prestigieuse famille des vignobles à la hiérarchie des crus bien établie, elle devra aussi tenir son rang face aux consommateurs. »

Après débat, le président propose de passer au vote. Il innove en demandant aux adhérents de voter avec des bulletins rouges (opposés), verts (favorables) et blanc (abstention). Un vote à bulletins levés donne un vert majoritaire dans la salle du Cref de Colmar.

Pour un juste prix

À propos des prix et la valorisation des vins d’Alsace, si des progrès ont été constatés, il reste « du chemin à parcourir ». Les vins bradés « donnent une image négative, destructrice. Nous venons d’avoir une belle récolte 2016, tant en quantité qu’en qualité. L’Alsace est la seule région productrice à pouvoir approvisionner les marchés. Nous devons arrêter de vouloir nous vendre au prix le plus bas. Ce n’est pas acceptable », estime Jérôme Bauer.

Le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, Jean-Louis Vézien, donne les derniers chiffres. La dernière récolte a été conforme à la moyenne historique de la région : 1 176 353 hl, soit une hausse de 19 % par rapport à 2015 et une hausse de 12 % par rapport à la moyenne quinquennale. « Nos disponibilités, de l’ordre de 2 637 630 hl, sont également en hausse de 7,4 %. » Pour le vrac, le gewurztraminer est à 3,51 €/l, le riesling à 2,82 €/l, le sylvaner à 1,83 €/l, le pinot noir à 3,08 €/l, le pinot gris à 2,82 €/l et le pinot blanc à 2,18 €/l. Enfin, le marché en bouteille a connu une baisse de 6 % en 2016. Cette baisse est plus importante à l’export (- 11 %) avec 244 441 hl qu’en métropole (- 4 %) avec 715 460 hl. Les ventes dans les pays tiers ont triplé ces vingt dernières années. Par ailleurs, la baisse des ventes de vins d’Alsace constatée en 2016 se poursuit sur les deux premiers mois de l’année 2017. « C’est lié à une insuffisance de l’offre consécutive aux trois petites récoltes 2013, 2014 et 2015. Le fléchissement étant plus important sur nos premiers marchés qui sont aussi les plus sensibles aux prix. » En 2016, 4 005 déclarants sont enregistrés soit une baisse de 13 % (851 déclarants) sur ces cinq dernières années. « Il ne faut pas interpréter cela comme un signe de déprise, mais comme une preuve supplémentaire de la professionnalisation du vignoble alsacien », ajoute Jean-Louis Vézien.

L’assemblée générale s’est terminée avec un rappel des orientations pour le millésime 2016 et quelques points d’actualités, comme la lutte préventive contre la flavescence dorée.

Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Haut-Rhin

La force d’un réseau

Vie professionnelle

Publié le 30/03/2017

L’assemblée générale de la Fdsea s’est tenue en présence de nombreux représentants des organisations professionnelles agricoles, d’élus dont le président du Conseil départemental, Éric Straumann, et d’agriculteurs. Pour Denis Nass, il appartient au syndicalisme agricole de définir la feuille de route de demain pour une agriculture performante, productive et rémunératrice. « La crise que nous supportons depuis deux ans est un scandale économique et moral. Moral car on se cache derrière des clichés, des suspicions, pour faire culpabiliser l’agriculteur. À croire que lorsque l’on travaille dans notre pays, on est considéré comme un vulgaire voyou, destructeur de tout. Il faudra pourtant bien tout mettre sur la table, oser un programme ambitieux pour la politique agricole commune, avec des mesures concrètes en France ! Aujourd’hui, nous devons nourrir. Et pour y parvenir, on ne peut pas tergiverser et confondre stratégie avec politique de bobos. L’Europe doit donc réaffirmer le rôle moteur de la Pac. Oser une politique du premier pilier avec une gestion des marchés. Et surtout, réfléchir pour mettre en œuvre un dispositif assurantiel novateur couvrant le risque climat et le risque marché. Il nous faut plus d’Europe. Plutôt que nous concurrencer entre pays européens, nous ferions mieux de nous entendre et de protéger nos outils de production au lieu de les exposer au libre-échange ». Le monde agricole entend s’organiser et investir dans ses filières pour avoir de la valeur ajoutée, être ferme sur les prix des produits versés aux producteurs afin qu’ils soient en lien direct avec leurs coûts. Cette politique se fera en réseau. Il est et doit rester une force de propositions et de négociations. Dès à présent, le fil conducteur de cette politique doit se construire en trois points : une production de qualité, soucieuse de l’environnement et durable ; une ruralité forte ; une agriculture compétitive sans surenchère administrative.

30 mois d’attente

Et l’État français n’aide pas la profession au niveau des règlements de la PAC. « Notre ministre de l'Agriculture n’a toujours pas trouvé la solution pour Isis et Osiris, ces fameux logiciels servant à instruire les dossiers d’investissement ou les mesures agrienvironnementales réalisées par les agriculteurs en 2015, et toujours pas payés. Nous sommes en crise économique et nous attendons depuis 30 mois le solde de notre dû. Nous sommes trop gentils dans ce contexte incroyable. Car dans le même temps, nos détracteurs n’hésitent pas à nous diffamer et à monter des dossiers populistes, à charge bien évidemment », s’agace Denis Nass.

Les agriculteurs pestent contre les temps de traitement qui s’allongent, les imbroglios administratifs qui accentuent l’impact de la crise économique. « Fort heureusement, ces derniers peuvent compter sur le soutien du réseau de la Fnsea, mais également sur nos partenaires. Je pense à la MSA qui a été réactive pour accompagner les familles d’exploitants afin d’éviter des drames. Elle a été attentive aux demandes exprimées pour un réaménagement des paiements. Elle a été à l’écoute pour flécher les enveloppes « agriculteurs en difficultés et actions sociales », sans oublier leur implication au sein de la cellule « Réagir » avec la Chambre d'agriculture d’Alsace notamment. Lorsque la situation va mal, il est primordial de compter sur des partenaires. Cela correspond à la définition de ce que l’on appelle la famille agricole », précise Pascal Wittmann. Concernant les plans locaux d’urbanisme (Plu) et autres schéma de cohérence territoriale (Scot), il a précisé que la profession agricole n’était évidemment pas opposée au développement économique. « Mais, de là à oublier de réaliser un réel état des lieux des disponibilités et autres friches industrielles, il y a un pas à ne pas franchir. Qu’on arrête de nous prendre pour des moutons à pâturage ! Le terroir et son développement supposent une réelle approche concertée et non pas de l’opportunisme pour mettre à mal le foncier à vocation agricole ».

Dans son rapport moral, le président de la FDSEA du Haut-Rhin a évoqué de nombreux autres dossiers d’actualité : les produits phyto, la biodiversité, Natura 2000, la réforme territoriale, les plans locaux d’urbanisme, le réchauffement climatique, les scandales sanitaires. Sans oublier le bio et les circuits courts (lire encadré).

Une clause Molière

Malgré ces difficultés, les agriculteurs entendent tracer une nouvelle feuille de route pour construire, demain, une agriculture performante, productive et rémunératrice. « Productivité ne veut pas dire plus de produits. Juste un peu plus d’efficience pour que l’on puisse avoir un peu de temps pour nous, nos familles, nos proches. Et dans ce labyrinthe européen, il va falloir une politique avec une gestion des marchés. Faute de quoi, la bouée ne nous supportera pas. Nous continuerons à nous battre car nos métiers le méritent. Nous devons aussi continuer à nous investir dans les filières et réaliser un travail de fond. À l’image de ce qu’a effectué notre regretté Président Xavier Beulin. Oui, nous investir pour éviter que l’on nous confisque la valeur ajoutée. À ce titre, nous avons vu que cela peut être efficace au travers de l’action vis-à-vis de Lactalis, entreprise emblématique, qui considère le laitier comme simple apporteur de minerais. Continuons ensemble à donner du temps aux organisations de producteurs car par l’effet conjugué du syndicalisme et d’une organisation réelle de producteurs, la notion de contrat pourra enfin porter ses fruits. Face aux GMS, il faut oser la fermeté pour que le prix versé aux producteurs soit en lien direct avec ses coûts. À l’image d’un autre débat national, nous réclamons pour notre profession, la clause Molière : pas de produits qui ne respectent pas notre cahier de charges et 100 % de produits de France dans nos cantines par exemple », ajoute Denis Nass.

Un syndicalisme de solutions

Le monde agricole, à l’heure des élections présidentielles et législatives à venir, entend faire parler de lui et que l’on parle de lui. Afin qu’une vraie agriculture européenne, sans distorsion de concurrence, soit portée. Mais également pour redonner de la compétitivité à l’agriculture. Le tout, adossé à une stratégie financière de responsabilité à long terme. « L’acte de production est noble, et le revenu pour les agriculteurs ne peut pas rimer avec aides sociales. Notre réseau sera force de propositions et de négociations. Notre réseau est, et n’en déplaise, la seule vraie solution car des femmes et des hommes s’engagent chaque jour. Demain, comme hier, et aujourd’hui plus que jamais, nous voulons continuer à apporter cette richesse à notre pays. L’agriculture est à un tournant fort, à la croisée des chemins, pour le renouvellement de ses générations. Ce renouvellement ne se fera qu’avec de réelles perspectives économiques. Notre fil conducteur sera simple : oui à une production agricole de qualité, soucieuse de l’environnement et durable. Oui à la ruralité forte. Oui à une agriculture compétitive sans surenchère administrative », conclut Denis Nass.

Pac 2017

Informer et sensibiliser

Pratique

Publié le 25/03/2017

Que ce soit à Fessenheim, à Altkirch ou à Schlierbach, les quatre réunions ont connu une belle affluence. Il y a cependant peu d’évolutions réglementaires par rapport à l’année dernière, simplement quelques ajustements. Le calendrier de paiement des aides de la politique agricole commune demeure une difficulté majeure. « Il n’est pas satisfaisant. Il faut cependant rappeler que nous revenons de loin. La France avait sévèrement été sanctionnée en 2012 par l’Europe avec une pénalité de trois millions d’euros. Cela a entraîné une refonte totale des modalités d’admissions de ces aides puis ces retards », explique Jean Deffinis de la DDT du Haut-Rhin. Le premier pilier des aides 2015 est un dossier enfin soldé depuis la fin de l’année 2016. Il concernait les aides couplées végétales, les aides découplées, les aides animales, ou encore l’assurance-récolte. Mais, au milieu du mois de mars, l’instruction était toujours en cours pour les aides du second pilier, celui des mesures agri-environnementales (MAE) et de l’agriculture biologique. « Pour la région Grand Est et notre département, des paiements ont toutefois été effectués au titre des avances de trésorerie. Le solde restant est prévu pour juin 2017 », précise Jean Deffinis. Pour la Pac 2016, les paiements ont été effectués pour les aides ovines et caprines, pour les aides bovines, les aides découplées et les indemnités compensatoires de handicap naturel (ICHN). 90 % des aides payées l’ont été au titre d’une avance de trésorerie entre le 17 octobre 2016 et fin janvier 2017, soit 33 millions d’euros pour 2 245 bénéficiaires. La CAA, la DDT, la FDSEA et les JA constatent qu’environ 350 exploitants agricoles n’ont rien demandé. Par arrêt d’activité ou par oubli. Il reste désormais à payer le solde des aides découplées (certainement en mai 2017), le transfert des droits à paiement de base (DPB), les aides couplées végétales, l’assurance récolte et les ICHN. Tous ces paiements devraient intervenir entre mai et juillet 2017.

Bien tenir ses déclarations

Pour les mesures agri-environnementales 2016 du second pilier, « nous avons mis en place un système d’avance dont l’instruction vient de débuter avec une revalorisation des montants forfaitaires. Les paiements doivent arriver à la fin de ce mois de mars. Le solde est prévu pour cet automne » prévient Jean Deffinis. Ce calendrier prévisionnel n’a inspiré aucun commentaire dans la salle lors de la réunion à Altkirch. Au mieux, quelques soupirs d’agacement ou de lassitude. La suite de la réunion a permis de donner les explications nécessaires sur les documents à remplir et les procédures à respecter pour les nouveaux demandeurs, pour le calcul de la surface admissible, pour les valeurs des DPB, pour l’admissibilité des surfaces. Il a également été rappelé aux exploitants agricoles de veiller à la bonne tenue de leurs déclarations. « Pour les aides 2016, des anomalies ont été constatées pour une exploitation sur trois. Individuellement, cela peut représenter des pertes financières. Et collectivement, cela peut avoir pour conséquence un durcissement de la réglementation », rappelle Yves Jauss de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Enfin, le directeur de la FDSEA du Haut-Rhin, Michel Busch, a sensibilisé les agriculteurs sur le respect des normes environnementales dans les zones renforcées comme, par exemple, les captages de Blotzheim et de Spechbach-le-Bas.

Fdsea du Haut-Rhin, canton de Dannemarie

Du mieux, mais…

Vie professionnelle

Publié le 24/03/2017

La réunion a débuté par un hommage rendu à Xavier Beulin et Jean-Marie Schappler, deux personnalités que le président départemental et du canton, Denis Nass, a eu la chance de côtoyer comme il l’a rappelé visiblement ému. Ensuite, il est revenu sur les difficultés que traversent toutes les filières agricoles ces dernières années. « La situation est très compliquée. Même si nous n’avons pas beaucoup manifesté, nous avons travaillé pour chercher à nous en sortir, pour trouver des solutions à chaque exploitation et donc pour préparer l’avenir. Actuellement, il y a léger mieux. Mais, cela reste tendu ». Une vingtaine d’agriculteurs sont présents. Gilles Schnoebelen de Bretten réagit immédiatement. « Faisons attention ce que nous disons. La crise est encore là. Nous étions en « super-crise ». Aujourd’hui, on est toujours en crise. Nous arrivons juste à boucler le budget. La crise ne va pas partir avec l’arrivée du beau temps », souligne l’éleveur. Et Pascal Claude, gérant de la choucrouterie du même nom à Chavannes-sur-l’Étang, d’ajouter. « Ce qui a été perdu financièrement en 2016, et les années précédentes, il va falloir le récupérer. Et de nombreux agriculteurs en sont encore très loin ». Les éleveurs, même s’ils ne sont pas touts logés à la même enseigne, s’agacent de la communication dans les médias nationaux qui laissent penser que la crise fait désormais partie du passé. « Nos produits ne sont toujours pas valorisés au juste prix. Et nos charges n’ont pas baissé, elles », argumente un autre professionnel présent à cette assemblée générale.

Gagner en compétitivité

Une situation économique toujours difficile. Et d’autant plus que les paiements provenant de la politique agricole commune tardent à arriver. « Le dossier concernant le paiement des mesures agrienvironnementales (MAE) 2015 n’est en effet toujours pas soldé. Pour autant, il ne faut pas se décourager et construire des solutions, ensemble. La première priorité est de créer une solidarité, de trouver de la trésorerie avec les banques. Il faut pouvoir financer ces retards. Ensuite, si des gens sont en difficulté au niveau de leur moral, il faut les soutenir. Le réseau de la FNSEA est là tout comme la cellule « Réagir » en lien avec la Chambre d'agriculture d’Alsace et la Mutualité sociale agricole notamment. Sachez simplement que le syndicat est là pour trouver des solutions, mais ne peut pas tout faire. Il n’est pas responsable de tous les maux », a prévenu Denis Nass.

Au sujet de l’abattoir de Cernay, il a répété que la profession agricole continuait à travailler sur le développement de filières courtes. « Nous cherchons à renforcer le fonctionnement de notre outil qu’est cet abattoir départemental. Nous avons gagné en compétitivité. À tel point que nous sommes désormais dans une situation où le volume travaillé arrive à saturation. Et les frigos sont à leur maximum de capacité. Nous montons actuellement un dossier pour investir, en lien avec le Conseil régional du Grand Est, le Conseil départemental du Haut-Rhin et l’agence de l’eau, pour pouvoir augmenter notre tonnage de travail. Ce dossier a un coût qui représente le million d’euros », précise Denis Nass. Le conseiller départemental Rémy With a précisé que le dossier était en attente de la réponse de la région, qui avec la réforme territoriale, est désormais en charge de l'outil. Le Conseil départemental du Haut-Rhin reste néanmoins le propriétaire de l’abattoir. Mais, il ne veut pas et ne peut pas être le seul financeur de ces travaux. « L’abattoir est un outil sérieux qui apporte de vraies réponses, notamment en matière de filière courte et de proximité avec les consommateurs. Si la région suit, et avec l’agence de l’eau, le Conseil départemental pourrait alors financer un tiers du budget demandé pour ce projet », estime Rémy With. Ensuite, l’idée est d’aller encore plus loin dans la transformation en proposant de nouveaux produits plus élaborés et en retravaillant le cahier des charges pour préserver l’élevage et la présence de l’herbe sur le territoire.

Une eau de qualité grâce aux agriculteurs

Dany Dietmann, maire de Manspach et président du syndicat mixte pour l’aménagement et la renaturation de la Largue, a souligné le travail de la profession. « La qualité de la ressource en eau s’améliore. Merci à la profession agricole. Nous sommes sortis de la zone de vulnérabilité. De nombreuses communes ici dans le secteur de la Largue bénéficient désormais d’une eau de qualité. Il faut continuer ce travail en commun. Et pour le réussir, il faut que l’agriculture et les agriculteurs soient considérés comme de véritables prestataires de services. Et être rémunérés comme tels ». Vincent Dietemann de Traubach-le-Bas s'est exprimé sur le fonctionnement de la coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) du secteur. « Nous mutualisons les outils de travaux et nous nous entendons sur leur utilisation, mais également sur les charges. Cela nous permet de travailler sereinement, d’être performant et de gagner en compétitivité ». Un exemple à suivre selon l’avis de Denis Nass.

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