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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Lauch

La commission locale de l’eau valide le projet

Vie professionnelle

Publié le 17/03/2017

Installée en mai 2013, la commission travaille régulièrement sur l’élaboration du projet du Sage de la Lauch, qui a pour objectif de préserver la ressource en eau de la vallée de Guebwiller, exploitée pour l’alimentation en eau potable de 36 000 habitants et des activités industrielles et agroalimentaires. Pour le président de la commission Alain Grappe, « il s’agit là d’un excellent travail qui vient d’être fait depuis deux ans. Il y a eu des échanges de qualité avec l’ensemble des partenaires, notamment les agriculteurs. Nous avons un bon compromis entre les différentes composantes qui nous permet d’aboutir à des propositions équilibrées pour la gestion et la qualité de l’eau potable dans notre bassin-versant. Le suivi fait par l’ensemble des participants aboutira à un projet acceptable pour tous ». Il a encore évoqué la continuité du débit pour une bonne qualité des eaux, « avec des précipitations un peu plus nombreuses actuellement, et pratiquement pas d’eau de juin dernier à février ».

Des zones humides

Les enjeux du projet ont été commentés par les ingénieurs du département, Sylvain Cuenot, Georges Walter et Nicolas Kreis. « La préservation des zones humides est l’enjeu le plus complet et a nécessité beaucoup de travail », a précisé Sylvain Cuenot. Quant à Georges Walter, il a souligné « un travail remarquable sur les zones humides, une première en France. Le Sage souhaite inclure une remise en état du barrage de la Lauch dans sa configuration ancestrale ». Sa gestion qui relève actuellement du Conseil départemental du Haut-Rhin sera bientôt transférée vers l’Epage, le futur Établissement public d’aménagement et de gestion des eaux, suite aux lois NOTRe et GEMAPI.

À l’unanimité, la commission a validé le projet. Alain Grappe envisage désormais « une approbation de notre Sage par le préfet fin 2017. Auparavant le projet sera soumis à consultation des assemblées, à l’avis du préfet sur l’évaluation environnementale du projet. La commission se réunira durant l’été prochain pour examiner les modifications éventuelles du projet, qui sera soumis à enquête publique à l’automne 2017, avant validation du Sage par la CLE ».

Association des producteurs de lait des huit cantons

Promouvoir une marque pour mieux se vendre

Élevage

Publié le 15/03/2017

Confrontés à la libéralisation du marché du lait et à la concurrence internationale, les producteurs laitiers du département subissent de plein fouet la crise laitière. Ceux de l’association des huit cantons font même partie des moins bien payés de France. Ils sont dans le dur depuis des années, avec des conditions économiques très difficiles. Leur prix de base n’était que de 271,34 € pour 1 000 litres en 2016. Les bons derniers de toutes les coopératives laitières. C’est pour cette raison que les négociations se poursuivent pour signer un nouveau contrat avec Eurial-Senagral espéré ficelé à la fin du mois de mars 2017. « Le contrat a pris fin le 31 décembre dernier. Depuis, nous avons pris le risque de ne rien signer et d’entrer dans une négociation difficile. Il faut quand même savoir que le prix moyen était encore de 377 €/1 000 l en 2014 et de 324 € en 2015. L’objectif du prochain contrat est d’obtenir un mode de fixation du prix qui reflète au plus près la valorisation de nos livraisons, mais également qui respecte la loi Sapin 2, soit une clause de sauvegarde équilibrée avec la prise en compte de l’évolution de nos charges de production. Nous avons nos entreprises à faire vivre », explique Michel Rohrbach, président de l’association des producteurs de lait des huit cantons.

L’association regroupe 28 producteurs. Ils sont essentiellement situés dans le sud du département du Haut-Rhin. Heureusement pour eux, l’année 2017 a mieux débuté avec des prix de 310,78 €/1 000 l en janvier, 305,78 € en février et 300,78 € pour le mois de mars. « Pour le reste de l’année, le prix est estimé entre 310 et 315 €. Mais ce n’est qu’une estimation. On ne sait pas si l'embellie va se poursuivre. Il y a encore une certaine fragilité », ajoute Michel Rohrbach. Et le discours des représentants de la coopérative n’incite guère à l’optimisme. Ces derniers n’ont rien d’ailleurs rien promis. « Il y a des gens qui ont leur trésorerie à sec. Nous avons besoin de plusieurs années de mieux, et surtout d’une lisibilité », conclut Michel Rohrbach. Les éleveurs de l’association ont livré l’année écoulée 15,23 Ml de lait soit 92 % de leur droit à produire.

Valoriser la production

Dans ce contexte compliqué, les producteurs cherchent des pistes de valorisation de leur production. Le bio est l’une de ces pistes. Trois des adhérents de l’association sont déjà tournés vers ce mode de production. La coopérative a rappelé qu’elle était ouverte à ces conversions et qu’elle était prête à soutenir les producteurs. Pour les trois premiers mois de l’année 2017, les prix payés étaient de 473 €/1 000 l de lait en janvier, 462 € en février et 431 € en mars. « La collecte va prendre de l’ampleur partout en France. Pour le Grand Est, elle va être transférée sur notre site de Château-Salins », indique le représentant d’Eurial-Senagral.

Une autre piste de valorisation concerne la création d’une marque avec la conception et la réalisation d’un yaourt haut de gamme, au niveau de l’organisation des producteurs de lait Senagral (OPLASE). « Le but est d’avoir un savoir-faire au cœur de l’Alsace et de la Lorraine. L’idée est d’avoir une marque authentique, qui nous appartienne et qui soit décalée par rapport à des produits qui existent déjà ailleurs », précise Michel Rohrbach, qui préside également l’OPLASE. Le projet est en cours de finalisation avec la laiterie. Il a été rappelé que l’assemblée générale de l’association aura lieu en juin 2017 en Alsace. « Ce sera alors l’occasion de faire le point sur la situation économique des producteurs et d’évoquer avec la laiterie les actions à mettre en place pour pérenniser l’avenir professionnel des producteurs. Notre association est à l’image de l’avenir des producteurs de lait. On est tous ensemble autour de la table et on avance ensemble. Depuis deux ans, les conditions économiques sont très difficiles. Or, une laiterie est heureuse si elle permet une bonne rémunération de ses producteurs », conclut Michel Rohrbach.

Coopérative agricole de céréales

Daniel Renger rejoint le marché de l’élevage

Élevage

Publié le 10/03/2017

Daniel Renger a été présenté officiellement lors de la réunion lundi 6 mars à Heiwiller. Devant une cinquantaine d’éleveurs, la Coopérative agricole de céréales souhaitait échanger sur l’organisation du marché élevage et notamment sur la nouvelle activité de ramassage de bovins. La CAC souhaite soutenir de façon pertinente l’élevage dans le Haut-Rhin, en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, pour partager, avec elle, les compétences et assurer le conseil technique. « L’idée est d’accompagner les élevages. C’est la raison pour laquelle Daniel Renger nous a rejoints. Il est désormais votre interlocuteur. Il apporte son expertise technique en bovin viande et il estime les animaux. Cela doit vous permettre d’adapter vos produits à la demande et d’annoncer vos animaux. Il est chargé de relayer les informations auprès de Cloé qui s’occupe des missions logistiques, de transports et de commercialisation des bovins à ses clients. La CAC vous réglera les animaux chargés par Cloé », ajoute Claude Wanner.

« Nous attendons de nombreuses conversions »

Cloé est la coopérative Lorraine Élevage ; elle compte actuellement 21 salariés dont 16 chauffeurs. Elle collabore avec le Comptoir agricole depuis octobre 2016 et avec la CAC depuis mars 2017. Jacques Brun, son directeur, était présent tout comme Shirley Latzer en charge du suivi technique de la qualité. Ils ont détaillé aux éleveurs le fonctionnement de la coopérative, ses missions, sa logistique, l’optimisation de sa collecte ou encore tout ce qu’elle pratiquait en matière de contractualisation et de contrats. Cloé est résolument inscrite dans des démarches de qualité. Au niveau de la collecte, le bio prend une part croissante. Avec 878 bovins et 57 éleveurs, elle concerne 5,7 % de la collecte totale. « Et nous nous attendons à de nombreuses conversions dans les mois qui viennent. On se prépare donc à un afflux supplémentaire », commente Jacques Brun. Une collecte supplémentaire qui pourrait venir des adhérents de la CAC puisque les animaux issus d’élevages biologiques peuvent être ramassés au même titre que ceux issus d’élevages conventionnels. Un échange a ensuite eu lieu avec les éleveurs sur le fonctionnement de la coopérative, la situation économique du moment, l’évolution des marchés, la communication par le biais du site extranet.

Le marché de l’élevage de la CAC, c’est aussi la nutrition animale. Une activité lancée en 2002 où trois salariés de la coopérative sont détachés : Claude Wanner, Marie Herscher et Charlotte Sorek. « Nous proposons des aliments fabriqués, du vrac, des minéraux lactoremplaceurs et des compléments alimentaires. Au 30 juin 2016, cette activité concernait un tonnage total de 11 176 t. L’activité est importante et concerne tout de même un tiers des adhérents de la CAC », précise Claude Wanner.

 

Syndicat viticole de Colmar-Houssen

Le vignoble et ses fléaux

Vigne

Publié le 07/03/2017

Après trois faibles récoltes, l’année 2016 a permis de reconstituer les stocks et de faire le plein dans les caves. Une récolte qualitative et quantitative qui fait du bien et qui doit permettre à la profession viticole de repartir de l’avant. Néanmoins, « la viticulture alsacienne a connu, entre avril et juillet 2016, la pire attaque de mildiou de ces dernières décennies. Les pluies de printemps ont favorisé l’explosion de la maladie. Certaines exploitations ont subi de lourdes pertes. Et personne n’a été épargné. Que ce soit en conventionnel ou en conduite biologique, la pression a été telle, que nous avons pratiquement dû effectuer un, voire deux traitements par semaine pour essayer de contenir ou d’enrayer la maladie. Cela a généré des angoisses, car le stress hydrique a fait son apparition avec un risque important de blocage de maturité. Qui s’est avéré dans les parcelles chargées et faibles. Par ailleurs, la flavescence dorée a fait son apparition dans le secteur de Turckheim. Mais, ce sont surtout les maladies du bois qui se sont exprimées, nous rappelant que notre vignoble est en grand danger. Certaines parcelles affichent jusqu’à 20 % de pieds morts ! », a expliqué le président du syndicat viticole de Colmar-Houssen, André Ducros, lors de l’assemblée générale mercredi 22 février à la Maison des vins d’Alsace à Colmar.

Attention au mildiou

Michel Fritsch, gérant de l’entreprise AB2F à Kientzheim, a rappelé que la forte pluviométrie des premiers mois de 2016 a eu pour conséquence une sortie précoce de mildiou dès le mois de mai. La semaine de pluie au moment de la pleine fleur n’a pas amélioré la situation. « Du coup, il y a eu une explosion des grappes touchées à partir de fin juin. Avec l’humidité permanente du mois de juillet, la maladie s’est propagée. »

« Le mildiou de 2016 n’aura aucune répercussion sur l’année à venir, » assure Michel Fritsch. « Il convient en revanche de bien surveiller les parcelles, et surtout, de toujours intervenir de manière préventive. Il faut bien traiter, dans de bonnes conditions et en respectant les bonnes pratiques agricoles », prévient-il. Sur la stratégie à mener en 2017, « pour celles et ceux qui sont en conventionnel, il faut démarrer les traitements dès l’apparition des premières tâches, avec des produits comme Éperon ou Aviso par exemple. Il faut également respecter les cadences et l’alternance des familles. Pour celles et ceux qui sont en bio, il faut tenir compte de la maturation des œufs d’hiver, des premières pluies contaminatrices, des temps d’huméfaction des feuilles, des conditions d’application et de la date d’intervention avant et après les pluies. Enfin, en règle générale, il faut toujours traiter avant les pluies, et savoir que quand on voit la tâche, elle a déjà 7 à 10 jours ».

Les professionnels se sont par ailleurs inquiétés de la valorisation des vins d’Alsace. « Le projet de l’Association des viticulteurs d’Alsace de réserve qualitative va dans le bon sens. Il s’agit de sécuriser les ventes, afin d’éviter une trop grande disparité des prix en cours de saison. Le principe est de pouvoir garder les excédents d’une récolte abondante au lieu de les détruire, pour pouvoir ensuite les réinjecter sur le marché en cas de récolte déficitaire », a souligné André Ducros.

Il s’agace par ailleurs de la circulaire de FranceAgriMer et des Douanes refusant d’ouvrir le dispositif aux viticulteurs alsaciens sinistrés par les épisodes climatiques pour acheter des raisins et du moût au motif que ce sont des aléas sanitaires. « Donc, directement liés aux démarches environnementales et à l’utilisation de produits de traitement naturels. Une belle douche froide et une démonstration éclatante du double langage de nos ministres qui autorisent en paroles, mais qui interdisent dans les faits. Ce sont surtout les entreprises engagées dans une démarche environnementale forte qui ont été lésées par cette circulaire. Et parallèlement, un arrêté préfectoral interdit l’épandage de produits phytopharmaceutiques dans les vignes à proximité d’écoles, d’un périscolaire ou d’une manifestation sportive. On nous dit que c’est l’image de la viticulture et de l’agriculture qui est en jeu. Un nouveau double langage. Où est la cohérence ? Où est la vision globale ? »

Une zone de non-droit

L’assemblée générale a également permis d’évoquer des dossiers syndicaux : Plan local d’urbanisme, lutte contre les étourneaux, hiérarchisation, irrigation et stress hydrique sans oublier les accès et les nuisances dans le vignoble colmarien. « Nous sommes au bord de l’implosion. Notre vignoble devient une zone de non-droit abritant toutes sortes de trafics et de plus en plus de filles de joie. Ces dernières drainent une clientèle de plus en plus nombreuse qui sillonne notre vignoble sans aucun respect ni règles. 2017 devra donc être l’année du changement. Avec toutes les instances concernées, nous devrons trouver et mettre en place des solutions aptes à régler définitivement ces problèmes. Le vignoble de la Harth est notre outil de travail, notre usine, notre bureau. Pouvons-nous, nous, pénétrer dans une usine et nous y promener en exigeant des ouvriers qu’ils tiennent compte de notre présence et fassent moins de bruit ? Pour notre vignoble, ce doit être exactement la même chose. C’est un lieu de travail, avec des risques. Il doit être fermé. Notre syndicat fera des propositions claires et simples à mettre en place afin de régler cette situation », conclut André Ducros. Au cours du débat, un viticulteur a suggéré l’installation d’une circulation à sens unique dans la zone concernée.

GDS Alsace

L’action sanitaire ensemble

Élevage

Publié le 26/02/2017

Les éleveurs se sont retrouvés mardi 21 février lors de l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) Alsace sous la présidence de Patrick Bastian. Sans langue de bois, ce dernier a tout d’abord dressé le bilan de l’année écoulée. « Elle va nous marquer pendant longtemps. Il faut espérer que 2017 sera plus positive. Je pense au prix du lait qui a commencé à remonter et qui doit le faire encore davantage. Je pense à la viande. Depuis tant d’années, nous connaissons des prix bas. Et il y a peu d’espoir pour que cela s’améliore. Je pense aux céréales. Du jamais vu avec des semis compliqués, des récoltes difficiles, des rendements mauvais et une météo capricieuse. Dans ces conditions, il n’est malheureusement pas étonnant qu’autant d’exploitants agricoles fassent appel à la Chambre d'agriculture d’Alsace pour tenter de trouver une solution à leur situation économique », explique Patrick Bastian.

Il fait le constat que, dans le même temps, la politique agricole gouvernementale est illisible et incompréhensible. Elle manque d’ambition. Et, à ces difficultés, s’ajoutent les actions médiatiques de lobbys anti-agricoles. « Ces films chocs font très mal aux éleveurs et à la profession agricole en général. Que l’on ne veuille pas manger de viande par choix personnel est respectable. Mais que l’on cherche à imposer cela à la société est inacceptable. Il y a des limites que ne connaissent pas certains médias qui cherchent à faire de l’audimat. Mais ces images font mal aux éleveurs qui cherchent à travailler le mieux possible et à vivre de leurs produits », s’agace Patrick Bastian. Le président du GDS Alsace n’a cependant pas éludé les difficultés internes à la profession. À commencer par le dépôt de bilan de Copvial. « Cela a posé des problèmes, il ne faut pas le cacher. Ce qui s’est passé a été un choc pour tout le monde. Je pense en premier en lieu aux employés et aux agriculteurs utilisateurs. Une solution acceptable a été trouvée pour l’abattoir et pour les éleveurs », ajoute Patrick Bastian.

L’association sanitaire régionale Grand Est

Patrick Bastian s’interroge également sur les épisodes répétés de grippe aviaire. Néanmoins, il trouve des raisons d’espérer pour l’avenir. De plus en plus de jeunes s’installent ou ont des projets pertinents. En tout, plus de 1 000 dossiers sur tout le Grand Est. Et l’action sanitaire poursuit son évolution dans une action commune sur toute la région. « Nous avions déjà un programme sanitaire en Alsace. Nous appliquons ce qui marche à l’ensemble de la nouvelle grande région. Depuis quelques semaines, l’Association sanitaire régionale (ASR) Grand Est regroupe le GDS Grand Est avec les trois Fredon d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardennes. C’est la structure régionale de la gouvernance sanitaire. L’ASR est chargée d’élaborer, de soumettre à l’approbation de l’autorité administrative, un Schéma régional des dangers sanitaires (SRMDS) et d’en coordonner sa mise en œuvre. Par ailleurs, elle est chargée d’élaborer les programmes volontaires collectifs de prévention, de surveillance et de lutte contre certains dangers sanitaires comme la BVD », précise Patrick Bastian.

Précisément, le plan de lutte contre la BDV est particulièrement efficace. Tous les départements de la région Grand Est s’impliquent pour cette éradication qui prendra encore quelques années. La lutte contre l’IBR affiche le même pragmatisme. « On arrive au terme et il convient de trouver des solutions acceptables pour les cas qui restent. Quoi qu’il en soit, il faut séparer les cas positifs de ceux qui ne le sont pas. Et, surtout, s’en donner les moyens, partout. » La tuberculose pose davantage de difficultés. La maladie progresse, notamment dans les Ardennes. « Il faut donc mettre un budget conséquent pour la maîtriser le mieux possible et être solidaire entre les départements. » Enfin, pour la FCO, il faut s’interroger sur la pertinence de vacciner ou pas les animaux, sachant que l’été va arriver et, avec lui, les transports et les déplacements d’animaux. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de cas dans le Haut-Rhin.

Qui finance quoi ?

L’assemblée générale a par ailleurs été l'occasion de se pencher sur les conséquences de la loi NOTRe avec la suppression de clauses de compétences générales pour les Départements. « À l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas qui finance quoi. Cela pose un problème pour le financement des GDS. Pour ces derniers, ces financements servent à lutter contre les maladies. C’est donc de l’investissement. Mais qu’en est-il du financement des personnels ? Qu’est-il prévu ? Il est désormais temps de savoir. Les Départements affichent leur volonté de continuer à financer la lutte contre le risque sanitaire s’ils obtiennent des moyens supplémentaires de l’État. Nous espérons que les réunions prévues au mois de mars permettront de débloquer la situation et d’en savoir davantage », conclut Patrick Bastian.

Un tour des activités du GDS Alsace a permis de constater une baisse du nombre d'élevages bovins actifs dans la région. Le 30 septembre 2016, il y en avait encore 2 193, contre 3 000 en 2006. En revanche, l’effectif moyen poursuit sa hausse : 172 337 bovins en 2016, contre 167 249 en 2014 et 163 936 en 2006. Par ailleurs, 805 exploitations avaient un cheptel qui dépassait les 80 bêtes et 785 en avaient entre 1 et 20, 339 entre 41 et 80 et 262 entre 21 et 40. La race holstein était la plus représentée (76 993) devant la charolaise (31 249), et la montbéliarde (19 145). Concernant la charte des bonnes pratiques d’élevage, les taux d’adhésion en Alsace sont en forte hausse. Les principales marges de progrès observées dans les cheptels concernent la présence du document unique de prévention des risques, la bonne tenue du carnet sanitaire et la présence d’un bilan sanitaire, d’un protocole de soin ou la conservation des ordonnances.

En fin de réunion, Isabelle Tourette, vétérinaire conseil à GDS France, et Thiébaut Fritsch, vétérinaire praticien, sont intervenus sur le thème du bon usage des antibiotiques et des enjeux sur la santé publique. C’est ensuite le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, qui a clôturé la journée. « Le risque sanitaire est l’épée de Damoclès qui plane sur nos têtes et qui s’ajoute aux difficultés actuelles. Après une année 2016 très difficile, nous cherchons tous à rebondir. La Chambre d'agriculture d’Alsace est là pour accompagner les exploitants agricoles en difficulté. La cellule Réagir est malheureusement victime de son succès. Il faut cependant profiter de ce moment pour préparer demain. Cela passe par la recherche de l’innovation et de la compétitivité. Il faut tendre vers un projet agricole Grand Est ambitieux et volontariste. Il faut créer de la valeur ajoutée, rechercher la compétitivité et l’innovation sur l’ensemble de la chaîne. Il faut continuer à travailler pour renouveler les générations et consolider nos systèmes de production. L’élevage alsacien est divers et complémentaire avec sa filière viande, laitière, sa production de montagne et de plaine. Il faut des projets dynamiques, croire en l’avenir, et continuer à œuvrer pour dynamiser ces filières agricoles tout en s’adaptant aux enjeux sociétaux. Nous avons des outils pour y parvenir et nous le ferons en communiquant davantage, notamment avec l’arrivée d’une attachée en communication. Il est important d’être présents sur les canaux de communication et de répondre à nos détracteurs. Pour le GDS, nous devons continuer à œuvrer tous ensemble au niveau du Grand Est pour la recherche de l’excellence sanitaire. »

Club Holstein 68

David Butsch, nouveau président

Élevage

Publié le 23/02/2017

Pour son dernier discours de président, Thomas Prinz a exprimé sa colère : « Même si l’année a été faste pour notre association avec l’organisation de la Confrontation Européenne en juin dernier à Colmar, elle a été très sombre pour les éleveurs et producteurs que nous sommes. Nous avons été confrontés avec une météo compliquée, à l’effondrement des prix des produits agricoles qui impactent fortement nos trésoreries, et à l’absence de perspectives. À qui profite cette situation ? À qui profite ce crime ? Quel corps de métier est aussi malmené en France que le nôtre ? Sommes-nous uniquement des vaches à lait ? Les suicides dans nos rangs se multiplient partout en France. Autour de nous, les gens compatissent. Mais, cela ne nous aide pas. Et surtout, dans le même temps, les banquiers ne prennent plus de risque. Quand ils veulent nous dire non, ils n’hésitent plus. Et les administrateurs des coopératives ne s’insurgent plus. Il est désormais urgent que les choses bougent. Nous demandons un prix pour pouvoir vivre de nos produits et de notre travail », explique Thomas Prinz, lui-même éleveur à Hausgauen. Cette colère froide, ce désarroi, cette lassitude étaient perceptibles dans toute la salle où se sont retrouvés une cinquantaine d’éleveurs qui constatent surtout qu’aucun candidat aux prochaines élections présidentielles n’évoque la question agricole. « Quand il n’y aura plus d’autonomie alimentaire, on s’apercevra trop tard de la disparition de ce qui a été le grenier de l’Europe. Aujourd’hui, on est oublié de tous les côtés. Je ne suis pas défaitiste, mais réaliste. Encore une année comme celle-ci et nous serons au bord du gouffre. Certains y tomberont, il faut arrêter cela. On meurt en silence », ajoute Thomas Prinz.

« Nous avons réussi ensemble »

Pour autant, les éleveurs restent passionnés et motivés par leur métier. Ils n’hésitent pas à promouvoir la race Holstein lors de chaque manifestation. Ils l’ont brillamment fait lors du concours européen de Colmar du 17 au 19 juin 2016. « Après trois années de travail et de préparations, nous avons réussi à organiser cette manifestation. Nous avons tenu et couvert le budget de 850 000 €. Merci à tous les bénévoles. Vous pouvez être fiers de ce que vous avez fait. Il y a eu plus de 25 000 visiteurs et plus de 5 000 repas ont été servis. Cela a été une manifestation sans égal en Europe voire dans le monde. On nous avait dit de nous prendre en main, de montrer ce que nous savons faire. Nous avons réussi ensemble », s’est félicité Thomas Prinz.

Une association dynamique

L’assemblée générale du club Holstein 68 a également permis de constater, une nouvelle fois, que l’association était particulièrement dynamique avec une participation au concours général agricole à Paris, la formation régionale des jeunes, l’école des jeunes présentateurs, une présence très importante à la foire de Habsheim, sans oublier les nombreuses participations d’éleveurs Holstein à des concours, comme Swiss Expo à Lausanne. C’est d’ailleurs lors de ce concours, en 2016, que Bruno Dietemann, éleveur à Traubach-le-Bas, féru de génétique bovine, a remporté le cinquième prix avec Coulinge Ivoire. « C’est le prix dont je suis le plus fier. J’ai commencé à concourir en 2011 et je totalise aujourd’hui une cinquantaine de prix ». C’est donc assez logiquement que la visite d’exploitation s’est faite chez ce jeune éleveur particulièrement dynamique. « En 2015, nous avons construit un nouveau bâtiment pour accueillir nos vaches laitières, avec le souci de leur bien-être », explique l’éleveur. La quarantaine d’agriculteurs présents a visité les installations, « un moment d’échange qui nous fait du bien à tous », a confié un éleveur.

Des séances de formation

Auparavant, lors de l’assemblée générale, Philippe Caussanel était intervenu au nom de la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’occasion de féliciter les éleveurs et le club Holstein 68 pour toutes les actions réalisées et notamment le concours européen à Colmar. Mais également pour rappeler toutes les actions de la Chambre dans cette période économique compliquée. « Nous sentons bien le poids de ces difficultés. L’aspect positif, c’est que dans cette période de crise, il est possible ou même nécessaire d’innover. Pour y parvenir, cela passe par la participation à des séances de formation. Cela peut permettre de remettre en cause le fonctionnement de son entreprise, d’avoir et de construire de nouveaux projets. Au niveau du service Elevage, nous avons nous-même changé notre organisation tant dans l’encadrement de la pesée et du conseil, qu’au niveau de la mutualisation des moyens. Depuis quelques mois maintenant, nous travaillons avec la Moselle et la Haute-Marne, notamment au niveau d’un seul laboratoire d’analyse laitière, mais également au niveau de l’identification. Et d’ici deux à trois ans, nous entendons aller encore plus loin en dématérialisant les passeports. L’idée est de travailler ensemble, d’économiser, de maintenir un lien de proximité », précise Philippe Caussanel.

Un nouveau conseil d’administration

La fin de l’assemblée générale a également permis l’élection du nouveau bureau qui compte pour la première fois une jeune femme, Stéphanie Oser, agricultrice à Biederthal. Elle rentre au bureau avec Lionel Helfenstein, Christophe Nass, Yves Ritzenthaler et Valentin Rué alors que six personnes le quittent : Serge Adam, Jean-Marc Litzler, Claude Nass, Bernard Oser et Bernard Tischmacher. Quelques instants plus tard, le nouveau conseil d’administration du Club Holstein 68 a porté David Butsch à la présidence. Dans son discours inaugural, le nouveau président a exprimé son désir de « faire vivre cette belle association, malgré le contexte perturbé et difficile. C’est une association qui me tient à cœur. Je suis bien entouré avec de nouvelles têtes, mais également quelques personnes expérimentées comme Thomas Prinz qui, en tant que vice-président, sera toujours présent. Son aide me sera précieuse », conclut David Butsch.

Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Arvalis-Institut du végétal, Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA Grand Est)

Le rendez-vous des irrigants

Cultures

Publié le 20/02/2017

Pour irriguer, il faut que les conditions météorologiques le nécessitent. Et, sur ce point, l’année 2016 a été particulièrement atypique. Pour le blé, après un printemps frais et humide, il n’y a pas eu besoin d’irriguer. Les rendements moyens en Alsace ont été de 51 quintaux. Pour le maïs, l’humidité pendant les semis a posé de nombreuses difficultés. Mais, après une grosse période pluvieuse, la sécheresse a nécessité, à partir de début juillet, une irrigation jusqu’au mois de septembre. Les rendements moyens ont été de 100 q tous secteurs confondus. Mais, l’irrigation a été variable selon les secteurs. Elle a souvent démarré dans les sols superficiels, puis dans les sols plus profonds. Il a fallu entre quatre et dix tours d’eau selon les secteurs géographiques. Pour le soja, la même période de sensibilité que pour le maïs, de début juillet à fin août, a requis des besoins en eau inférieurs. Pour informer les agriculteurs, le « Flash Irrigation » est désormais un outil d’aide à la décision particulièrement utile et performant. Il informe de la météo et du besoin en eau par culture (réel et prévisionnel), propose un réseau de suivi tensimétrique et donne le conseil du moment par secteur et par type de sol tout en assurant un suivi sur l’humidité du maïs en fin de saison. Pour s’abonner, il faut, au préalable, adhérer au « Pack Essentiel ».

88 % de l’irrigation vient de la nappe phréatique

Concernant la philosophie générale de l’irrigation, en Alsace, elle ne pose aucune difficulté « morale » dans la mesure où 88 % de l’approvisionnement vient de la nappe phréatique, 9 % des canaux de la Hardt alimentés par le Rhin, 3 % des rivières vosgiennes gérées par des syndicats d’eau. « Il n’y a pas de soucis de quantité d’eau en Alsace », a-t-on précisé. En revanche, les agriculteurs peuvent influer sur les coûts de leur irrigation car en moyenne, l’énergie représente 50 % de la charge d’irrigation. « Les paramètres qui influencent cette consommation énergétique concernent les caractéristiques de la station de pompage (niveau de l’eau, performances de la pompe), les canalisations d’amenée d’eau (diamètre, longueur, matériaux, coudes) et l’enrouleur (longueur, diamètre, pression au canon, débit). Le débit est donné par le diamètre de la buse et la pression de service ; l’augmentation de pression va créer des gouttelettes qui vont accentuer la sensibilité au vent. Concernant les pertes de charges ou de pression, il faut distinguer les pertes singulières (coudes, vannes) et les pertes linéaires (frottement dans les conduites) qui vont dépendre du diamètre. Plus il sera petit, plus la perte de charge sera importante. Elles vont également dépendre de la longueur d’amenée, mais également du débit », explique Jonathan Dahmani, conseiller irrigation à la CAA. Il y a une grande variabilité en fonction du système d’irrigation utilisé. La Chambre a ainsi mené une série de tests pour connaître la différence de coûts. Quatre systèmes ont été étudiés : enrouleur avec énergie thermique, enrouleur avec énergie électrique, pivot une rampe avec énergie thermique et pivot une rampe avec énergie électrique. Lorsque la ressource est non limitante comme en Alsace avec la nappe phréatique, il faut s’interroger sur le choix et le type de buse de l’enrouleur. Enfin une pompe ou un moteur fatigué a beaucoup plus d’influence sur la consommation que la cylindrée.

Redevance sur l’eau

Concernant les points réglementaires, à Ebersheim, le secrétaire général de la Fdsea du Bas-Rhin Gérard Lorber a précisé les contours réglementaires de la redevance pour l’eau. « Elle a été mise en place il y a longtemps et elle est régie par la loi sur l’eau. Un arrêté précise que toute personne qui pompe de l’eau est censé la mesurer. Il fallait donc une mesure de captage direct. Les compteurs horaire ou volumétrique sont autorisés sauf pour les rivières. Il y a également obligation pour les exploitants de tenir un registre. Les compteurs qui ont plus de neuf ans sont à changer pour la campagne 2018 ». Enfin, Patrice Denis et Jonathan Dahmani ont évoqué la directive Nitrates dans le cadre du cinquième programme, spécifiquement sur la couverture des sols.

Conseil régional du Grand Est

Pascale Gaillot en visite en Alsace

Vie professionnelle

Publié le 18/02/2017

La conseillère régionale est venue sur le terrain avec un programme dense. Au menu, la politique menée en faveur des circuits courts, les dossiers de financement des programmes d’investissement du lycée agricole de Rouffach, mais également l’évolution de l’abattoir de Cernay en lien avec les différents partenaires dont le Conseil départemental du Haut-Rhin, la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) et la Coopérative agricole de céréales (CAC). « Nous voulons montrer à Pascale Gaillot le dynamisme des filières courtes obtenu grâce à une politique volontariste qui répond aux enjeux actuels de société. Je représente la région Grand Est au lycée agricole de Rouffach. Il est désormais temps, à mes yeux, d’investir. Notamment dans une salle pour les jeunes qui suivent une formation d’œnotourisme. Mais également pour celles et ceux qui y passent régulièrement dans le cadre de leurs études agricoles. Rien de mieux que de montrer à Pascale Gaillot la qualité, les forces et les atouts du lycée, mais aussi les points qu’il faut améliorer et donc où il faut investir », explique le président de la CAA, Laurent Wendlinger qui, après la visite de l’établissement, a conduit la délégation à travers les deux fermes, agricole et viticole, du lycée.

Bilan assez satisfaisant

L’étape suivante a été le magasin Cœur Paysan à Colmar, pour une visite du site avec comme guide l’un des artisans du projet, Denis Digel. « Il y a ici 35 producteurs et il reste encore trois places. Nous avons créé une SCI pour acheter le bien et mettre en valeur le magasin. Ici, les paysans déposent leurs produits, fixent leurs prix et le transfert de propriété se fait en caisse. Après deux mois de fonctionnement, le premier bilan est assez satisfaisant. La clientèle est là, tout comme les produits des agriculteurs. Il faut encore ajuster certaines choses. C’est le temps normal d’une mise en route. Chaque entreprise doit se mettre en place. Chaque professionnel assure ici des permanences. Il y a encore une belle marge de progression », se félicite Denis Digel. Le groupe a pu constater une belle affluence et des étals bien remplis de produits du terroir.

Accueillir du tonnage supplémentaire

Pour clore ce déplacement de terrain, Pascale Gaillot a visité l’abattoir de Cernay. « Il s’agit d’un outil mis en place par le Conseil départemental du Haut-Rhin. À l’époque, nous avions un peu d’avance par rapport aux attentes sociétales. Aujourd’hui, notre outil arrive à saturation. Mais, nous avons encore des marges de progrès, notamment au niveau financier. Nous y travaillons avec la CAA et le centre de comptabilité. Il faut encore fédérer davantage les forces du monde agricole alsacien pour pouvoir lancer cette phase d’investissement et répondre aux attentes. Cet outil a en tout cas toute sa place dans le paysage agricole régional. L’abattoir doit améliorer son approvisionnement et s’attaquer à de nouveaux marchés, comme la grande distribution. Il faut donc investir en conséquence pour être en mesure de pouvoir accueillir du tonnage supplémentaire », précise le président de l’abattoir et de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. Un dossier soumis actuellement à la commission Agriculture de la région Grand Est. L’abattoir fait actuellement travailler seize salariés et dispose d'un agrément de 1 200 t avec une possibilité d’extension à 2 400 t. Son chiffre d’affaires dépasse le million d’euros.

L’agriculture départementale haut-rhinoise a présenté ses atouts et ses projets. De quoi séduire les représentants de la grande région qui doivent maintenant prendre des décisions. C’est en effet à partir du 30 juin 2017 que la nouvelle politique de la Région pour l’agriculture, comme pour tous les autres secteurs d’activité, sera mise en pratique.

FDSEA - canton d’Altkirch

« Nous cherchons à pérenniser nos exploitations »

Vie professionnelle

Publié le 17/02/2017

Le début de la réunion a été marqué par l’hommage rendu par le président du canton d’Altkirch Laurent Rimelin à trois personnalités du monde agricole récemment décédées : Jean-Marie Schappler, André Husser et Dominique Boussit. Il a ensuite, avec le secrétaire général de la FDSEA du Haut-Rhin Pascal Wittmann, fait le tour des activités du syndicat l’année écoulée. « Les prix du lait et des céréales ont été au cœur de nos préoccupations. En février 2016, nous avions rencontré les représentants des grandes et moyennes surfaces pour discuter sur ces prix. Nous avions insisté sur la nécessité de valoriser davantage nos produits. Comme d’habitude, nous avons été écoutés. Mais, dans les faits, rien n’a vraiment changé », regrette Laurent Rimelin. Les épisodes climatiques de ces derniers mois n’ont pas arrangé la profession agricole. Pas davantage que la politique agricole commune. « Enfin, il y a eu ces récoltes. Personne ne s’attendait à des résultats aussi mauvais, tant en qualité qu’en quantité ». Les agriculteurs présents à la réunion ont également évoqué d’autres maux comme les dégâts récurrents des corbeaux et des blaireaux sur les cultures.

Pascal Wittmann a ensuite invité les adhérents à s’exprimer sur leurs difficultés ou sur des demandes plus spécifiques concernant les activités du syndicat. Il en est ressorti que la « base » souhaite être davantage et mieux informée sur ces activités et les différentes manifestations organisées. L’idée d’une plus grande participation des membres à des visites de terrain du préfet en est un exemple.

« On recherche de la considération »

Dans son rapport moral, Laurent Rimelin n’a pas éludé la situation économique désastreuse pour de nombreux exploitants agricoles. « Depuis quinze ans, j’ai l’impression de me répéter. J’ai aussi l’impression que rien ne change et, surtout, que cela ne s’améliore pas. Mais, cette situation, qui en a vraiment conscience dans la société ? Car, les clichés sur l’agriculture persistent. Pour autant, la FDSEA notamment se mobilise toute l’année pour obtenir des mesures destinées à assouplir nos besoins de trésorerie. Il y a et il y a eu des avancées qui ont répondu à de vraies attentes. Par ailleurs, des outils d’aides existent comme l’assurance climat. Mais, dans le même temps, il y a ces contraintes administratives toujours plus lourdes ». Et d’expliquer que les agriculteurs ont besoin d’avoir des interlocuteurs qui ont un raisonnement économique et qui sont à leur écoute. « On recherche de la considération pour ne plus se sentir seuls sur nos exploitations. Nous cherchons également de l’aide au niveau agronomique. Car actuellement, c’est plutôt le contraire. On nous enlève des molécules qui nous aidaient jusqu’à présent à protéger nos cultures. Et enfin, nous avons besoin de nouveaux outils d’aides à la décision face à cet empilement de contraintes. Nous voulons continuer à investir pour pérenniser nos exploitations ».

Gérer et anticiper

La dernière partie de l’assemblée générale a été consacrée à un exposé de Véronique Herrscher et de Régis Heitzler du CER France Alsace portant sur le conseil de gestion en situation de volatilité des prix. Ils ont attiré l’attention des agriculteurs sur l’existence d’un plan d’actions et de conseil en trésorerie lorsque les difficultés s’accumulent (prix faibles, récoltes difficiles, aléas climatiques). « Il convient de réaliser un prévisionnel sur douze mois pour savoir comment réagir et quelle conduite adopter pour passer cette période. À court terme, il faut tout d’abord faire un état des lieux le plus précis possible pour déterminer le besoin exact de trésorerie pour passer le cap. Cela passe notamment la négociation avec ses partenaires financiers. Ensuite, à moyen terme, il faut conserver la maîtrise technique de ses ateliers, adapter les annuités au potentiel de l’excédent brut d’exploitation de plus en plus fluctuant. Il faut enfin penser à mutualiser la mécanisation », ont-ils indiqué. Dans tous les cas, l’anticipation des difficultés est primordiale. Véronique Herrscher et Régis Heitzler ont appuyé leurs propos en présentant les solutions et programmes d’aides à la décision existants au CER France Alsace.

Jeunes viticulteurs du Haut-Rhin

Ne pas céder à la facilité

Vigne

Publié le 11/02/2017

Pour les jeunes viticulteurs du Haut-Rhin, 2017 sera consacrée à la réflexion et l’ambition d’organiser l’opération Tellus pendant les vendanges afin de mieux les expliquer aux enfants. L’opération Sourire sera renouvelée à Colmar du 3 au 5 juin et une visite en Forêt Noire est programmée à la fin du mois de mars ou début avril. Le président des Jeunes viticulteurs, François Schlussel, veut pérenniser le dynamisme actuel dans la continuité de 2016. « Nous avons connu une année et un millésime où la nature a enfin été généreuse avec des « hecto » dans les cuves, malgré une année culturale difficile avec la présence de nombreux foyers de mildiou. La récolte a été étalée comme jamais. Les volumes nous permettent enfin d’aller sur nos marchés et de reconstituer une partie de nos stocks. Ne cédons cependant pas à la facilité et ne nous soumettons pas à une baisse du prix de nos raisins et de nos vins. Restons fermes sur la valeur de nos vins. Nous devons monter en gamme. C’est tout le dossier de la hiérarchisation qui doit donc être suivi avec attention. Concernant la baisse des rendements pour les grands crus, cela ne fait pas l’unanimité. Il faut avoir une attitude responsable. Soyez présents aux réunions et aux assemblées générales de vos syndicats viticoles », a rappelé François Schlussel.

En fonction depuis quelques mois, Gilles Neusch a rappelé l’histoire du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) créé en 1963. Puis il a précisé ses différentes missions, « l’objectif est la recherche et le développement liés à la qualité des vins d’Alsace. Le Civa est une interprofession qui doit être à la disposition des viticulteurs. Une force collective qui doit faciliter la valorisation des produits afin de mieux vendre les vins. Nous avons beaucoup travaillé, et avec succès, sur l’export. Il faut maintenant se concentrer et retravailler le marché français », explique Gilles Neusch. Cela commence par aller à la rencontre des restaurateurs, des cavistes, des grandes et moyennes surfaces afin que toutes ces professions valorisent davantage les vins d’Alsace. « De notre côté, nous devons également travailler la lisibilité de notre gamme, proposer des formations. Le Civa est là pour accompagner tous les consommateurs intéressés par des vins d’Alsace haut de gamme comme des vins plus accessibles », ajoute Gilles Neusch. Il a ensuite répondu aux questions des jeunes viticulteurs présents, qui l’ont notamment interrogé sur la notion de « cotisation volontaire obligatoire ».

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