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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Domaine Bott Frères à Ribeauvillé

Nicole Bott, chevalier du Mérite agricole

Vigne

Publié le 24/11/2016

C’est entourée de sa famille, des employés du domaine, de nombreux amis et personnalités, parmi lesquelles le président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Éric Straumann, le conseiller régional Jacques Cattin et le conseiller départemental Pierre Bihl dont elle a été la suppléante, que Nicole Bott s’est vue remettre cette médaille honorifique. Son époux, Laurent, a été le premier à lui rendre hommage. « Son premier métier a été banquière. Puis, elle a appris le métier de viticulteur. C’est elle qui a assuré le développement commercial du domaine Bott et l’export de nos vins dans plus de vingt pays dans le monde. »

C’est ensuite une de ses amies, Martine Stoffel-Casterot, de la chocolaterie Stoffel à Haguenau et à Ribeauvillé, qui a témoigné. « Nous nous sommes rencontrées en 2007 et Nicole Bott a été la première personne de Ribeauvillé avec qui j’ai échangé. J’ai immédiatement été impressionnée par son énergie, son empathie, sa disponibilité et surtout sa vision positive du monde lui permettant de développer le domaine viticole. Cette distinction honore ce parcours professionnel et privé. »

Pierre Bihl a retracé l’histoire du Mérite agricole, une des plus anciennes distinctions en France puisqu’elle date de 1883. 300 000 personnes en ont été honorées, comme Louis Pasteur, Catherine Deneuve et bien entendu Marc Haeberlin. Il a ensuite rappelé son parcours commun avec Nicole Bott. « Elle m’a rejoint en 1998 au CIAL ici à Ribeauvillé. Elle disposait déjà d’un excellent relationnel. Dix ans plus tard, en 2008, elle a été ma suppléante. Pendant sept années, elle s’est engagée à mes côtés et a été mon « oreille » partout dans le canton. Ces moments ont été très agréables. »

Pierre Bott n’a pas voulu manquer cette soirée en l’honneur de sa belle-fille. « Je suis fier de pouvoir participer à cette cérémonie vu mon âge. Nicole est une personne réfléchie, une femme d’affaires, souriante, généreuse, dynamique et toujours prête à rendre service. Elle ne cesse de parcourir le monde pour l’évolution positive de la maison Bott. »

« Ma vie professionnelle n’était pas tracée d’avance »

C’est naturellement Marc Haeberlin qui a évoqué l’ensemble du parcours de Nicole Bott. « Elle est née le 26 avril 1961 à Colmar. Nous étions presque voisins à Illhaeusern où nous avons grandi. Moi, près des cuisines, elle au sein de l’exploitation agricole familiale. Elle a épousé Laurent en 1983. De cette union sont nés deux enfants : Claire en 1985 et Paul en 1987. Depuis, Nicole Bott fait rayonner les vins d’Alsace dans la région et dans monde. Les vins Bott sont présents sur les plus grandes tables de la République et des tables de restaurants étoilés. Elle défend également les intérêts des vignerons alsaciens et du vignoble au sein du conseil d’administration du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Elle a été adjointe au maire de Ribeauvillé en charge de l’organisation du marché du printemps, du fleurissement, du tourisme, du marché médiéval, de la foire aux vins et des personnes en difficulté. Un parcours remarquable qui est aujourd’hui honoré. »

Émue et fière, Nicole Bott a ensuite pris la parole. « Ma vie professionnelle n’était pas tracée d’avance. L’eau d’Illhaeusern s’est transformée pour moi en vins de Ribeauvillé. J’adore les challenges. Les vins d’Alsace méritent la reconnaissance et c’est la raison pour laquelle je m’investis ici au domaine, mais également au Civa, à Ribeauvillé, à l’office de tourisme ou encore à la confrérie Saint-Étienne. J’essaie de faire bouger les choses pour rendre les lettres de noblesse à nos inimitables vins d’Alsace. Le domaine Bott a 181 ans. Merci à Pierre Bott, lui-même commandeur dans l’ordre du Mérite agricole, qui est un exemple à suivre, mais également à l’ensemble des employés. Cette médaille, je la partage avec vous tous. » La soirée s’est poursuivie dans la convivialité en présence de nombreux chefs et professionnels qui ont fait déguster aux invités leurs excellents mets et vins.

515e foire Sainte Catherine à Altkirch

Une tradition qui marque la fin des travaux de récolte

Vie professionnelle

Publié le 18/11/2016

Les concessionnaires, entreprises, organismes et institutions agricoles seront nombreux à se rendre à Altkirch ce jeudi 24 novembre pour la foire Sainte Catherine. Une présence nécessaire à leurs yeux, même dans un contexte économique toujours difficile. Pour les Ets Feuerstein de Durmenach « c’est une évidence d’être présent à cette manifestation. C’est historique. Nous avons notre stand avenue Clémenceau depuis plus de 30 ans. C’est l’occasion de rencontrer, en toute convivialité, nos clients qui viennent de partout. Du département évidemment, mais également du territoire de Belfort et de Suisse. Il est important d’être présent pour répondre aux questions de nos clients. Toute l’équipe de Feuerstein sera là avec des fournisseurs qui pourront leur parler dans un langage technique. Pour le reste, nous aurons notre vin chaud qui est le meilleur, ce jour-là, de toute la foire », explique l’un des dirigeants de l’entreprise, Alexis Feuerstein. La philosophie est la même du côté des établissements Walch dont le siège n’est pas loin, à Burnhaupt-le-Bas. « Nous n’abordons pas cette journée à Altkirch comme une foire commerciale, mais comme un moment de communication. Nous nous devons d’être présents à Altkirch. C’est la vitrine de notre entreprise que nous mettons en valeur toute la journée. Nous en profitons pour discuter avec nos clients. Personnellement, je viens à Altkirch depuis plus de quinze années », explique Jean-Luc Walch, responsable de l’entreprise. Il ajoute néanmoins que le contexte économique actuel ne facilite pas les choses. « Les agriculteurs sont très inquiets. L’ambiance est à la morosité. Les récoltes n’ont pas été extraordinaires et les prix sont à la baisse. Il y a un manque de lisibilité sur l’avenir de leur métier, de leur exploitation. On sent que les gens sont saturés. Ils nous en parlent. L’inquiétude est grande dans la campagne ». Pour autant, Jean-Luc Walch ne veut pas manquer ce rendez-vous traditionnel. « Nous serons comme chaque année avenue Clémenceau. Nous allons présenter toutes les activités de la société avec des flyers. Nous allons également montrer nos produits et des nouveautés. Mais, la foire reste avant tout un moment d’échanges et non de vente. Ce n’est pas notre premier objectif ce jour-là », conclut Jean-Luc Walch.

Pour une foire de deux journées

Jean-François Gross, responsable de l’entreprise JF Agri à Schlierbach vient, lui aussi, à la foire Sainte Catherine à Altkirch depuis quelques années. « C’est même une nécessité. Si nous ne venons pas, les gens sont capables de s’interroger sur une telle absence. Mais, de toute façon, la question ne se pose pas. C’est la foire de fin d’année. Les travaux agricoles sont terminés. Les gens prennent le temps pour venir à Altkirch et échanger avec nous. Je pense même que cette foire devrait durer deux journées comme à Habsheim. C’est difficile sur une seule journée de parler avec tout le monde », observe le concessionnaire. Il présentera, avec son équipe, une partie du matériel Claas, et notamment les tracteurs 400, 500, 600 et 800, mais également les moissonneuses-batteuses, les nouveaux épandeurs Amazone et des pulvérisateurs. « Nous essayons de montrer un peu de tout. Certes, à Altkirch, ce sont surtout des rencontres et des échanges. Mais, nous avons déjà réalisé des ventes à ce moment-là ou pris des rendez-vous en situation de finalisation des ventes. La manifestation demande une longue préparation car toute la semaine qui précède la foire, il faut préparer le matériel, l’acheminer à Altkirch et enfin le faire revenir le lendemain à Schlierbach », conclut Jean-François Gross. Pas question non plus de manquer la manifestation pour Nicolas Soehnlen, inspecteur commercial chez Lemken. « Nous serons présents toute la journée pour exposer quelques machines qui ont été présentées sur les salons ces deux dernières années. Il y aura une charrue, un combiné de semis et le combiné de lit de semences Korund de Lemken avec de nouvelles options. Un matériel distribué en Alsace par le groupe Haag. Localement, cette foire reste très importante. Tous les agriculteurs du département viennent même si la conjoncture reste difficile. Pour nous, c’est une foire incontournable. Elle nous permet d’effectuer un travail sur le terrain, d’échanger avec nos clients. Il y a à Altkirch beaucoup de prises de contacts, mais également des gens qui attendent la foire pour se laisser définitivement convaincre par l’achat de matériel », explique Nicolas Soehnlen.

Le PHR, la Chambre d'agriculture d’Alsace, les organisations professionnelles

La plus ancienne manifestation agricole d’Alsace demeure, malgré le poids des ans, une institution, même si son caractère rural n’a plus aujourd’hui la même force que dans le passé. On retrouvera, avenue Clémenceau, quelques professionnels qui viennent avec leurs lapins, poules, et autres animaux de basse-cour. Sur cette même artère, le chaland croisera les stands des organisations professionnelles agricoles, les laiteries, les organismes stockeurs ou encore différents entrepreneurs et partenaires du monde agricole.

Le Paysan du Haut-Rhin sera évidemment présent en tenant un stand commun avec Isagri, place Xavier Jourdain. L’occasion de présenter le journal, mais également ses nouveaux produits comme le site internet, les comptes Facebook et Twitter, la chaîne You Tube EAV PHR et ses reportages vidéos. La Chambre d'agriculture d’Alsace sera elle aussi fidèle au rendez-vous. « Les conseillers de l’antenne d’Altkirch seront présents pour rappeler nos missions et proposer aux agriculteurs nos services. Il y aura également du vin chaud et du jus de pomme de chaud. Enfin, nous proposerons un jeu concours par le biais d’un questionnaire avec trois questions. Parmi les bonnes réponses, un bulletin sera tiré au sort pour gagner un abonnement d’un an à notre outil internet « Mes P@rcelles ». La Chambre se doit d’être présente pour être, comme tout le reste de l’année, aux côtés des agriculteurs quelles que soient les circonstances, afin de les accompagner économiquement et techniquement », rappelle Jean-François Strehler, responsable de l’antenne d’Altkirch et conseiller grande cultures à la Caa.

Les autres rues sont prises d’assaut par les marchands de la région, mais aussi de tout l’Est de la France, avec des produits insolites qui font le charme des foires commerciales. Les locaux profitent également de l’événement : les associations sportives et culturelles locales, les commerçants de la capitale du Sundgau, les bars et les restaurants avec leur menu « foire » seront sur le pied de guerre ce jeudi. Rappelons enfin que de nombreuses administrations, établissements publics et écoles seront fermés pour cette journée exceptionnelle dans la capitale sundgauvienne et que la tradition impose aux jeunes filles de 25 ans de porter le chapeau…

 

Jeunes Agriculteurs

Pour une Europe et une Politique agricole commune cohérentes

Vie professionnelle

Publié le 14/11/2016

« La Politique agricole commune 2015 à l’échelle européenne, si je voulais être un peu mordant, ressemble presque déjà à un champ de ruines, du moins dans ce qu’elle avait de « commun ». Nous avons l’impression qu’elle est aujourd’hui davantage une somme d’intérêts nationaux ou sectoriels. Nous devons nous doter d’une stratégie commune européenne pour l’agriculture. L’exercice de simplification engagé par le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, en est un bon exemple : chacun y va de « sa » simplification, ce qui aboutit à encore plus de subsidiarité : chacun fait un peu ce qu’il veut… Je ne dis pas qu’il faille renier les spécificités des territoires, des productions, je dis qu’il n’y a plus de stratégie commune européenne pour l’agriculture. Or, nous ne voulons plus d’une Pac pansement qui remplace les politiques sociales ou qui engraisse les grands propriétaires. Nous voulons d’une Pac qui se donne pour priorité le renouvellement des générations », explique Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs.

Des propositions

Parmi les propositions concrètes, les responsables syndicaux ont affirmé plusieurs chantiers prioritaires. La priorité n° 1 est que la Pac puisse répondre aux enjeux de l’emploi et du renouvellement des générations en agriculture sur des exploitations de type familial, viables, vivables et transmissibles. Pour cela, le syndicat demande la mise en place d’une définition contraignante de l’agriculteur actif au niveau européen, pour un meilleur ciblage des aides. Cette définition doit être basée sur des critères de revenu, de temps de travail et exclure les personnes percevant une pension de retraite.

En outre, les Jeunes Agriculteurs estiment que la Pac doit prémunir les agriculteurs de la volatilité des prix auxquels ils sont exposés. Pour cela, il faut envisager la mise en place d'aides variant en fonction des prix, et développer les outils assurantiels.

Enfin, la troisième priorité est la mise en place d’un nouveau pacte alimentaire européen pour protéger les ressources et favoriser la sécurité, la diversité et la qualité alimentaire. Pour cela, les Jeunes Agriculteurs prônent la mise en place d’une politique basée sur des objectifs de résultats et non de moyens. « Des fermes ! Pas des firmes ! », insiste Jérémy Decerle. « Nous sommes convaincus que les fermes, héritées du modèle familial, qui mettent les chefs d’exploitations à la fois à la tête du capital, des décisions et des pratiques, sont les plus résilientes, les mieux à même de relever ces défis nombreux qui sont posés à l’agriculture. La base de la stratégie agricole européenne doit reposer sur les hommes et les femmes qui font ce métier », ajoute-t-il.

Un projet commun et partagé

Pendant trois jours à Sainte-Croix-en-Plaine, les Jeunes Agriculteurs de l’hexagone ont donc cherché à construire un projet commun, à l’échelle de l’Europe. L’occasion de regretter l’absence du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et de nombreux autres élus pour une session nationale inscrite dans le calendrier depuis très longtemps. « Pour autant, dans les moments difficiles que nous traversons sur nos exploitations, dans nos réseaux, nous avons montré depuis mercredi, vous nous avez démontré malgré tout que JA s’engage toujours pour construire l’avenir, qu’il est urgent d’y croire et de poser les jalons de l’agriculture de demain et d’après-demain, dès aujourd’hui ! Loin des querelles de territoires, de filières, nous avons montré qu’il était de notre devoir de construire ce projet commun et partagé, pour l’agriculture, et pourquoi pas un nouveau pacte alimentaire européen. Pas seulement commun au réseau JA, pas seulement commun à l’échelle du territoire national, mais commun à l’échelle de l’Europe », précise encore Jérémy Decerle, qui a remercié les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin pour leur accueil.

Vincent Touzot, membre du bureau national de JA, a ensuite dressé le futur portrait de ce que pourrait être une agriculture européenne « équitable », forte d’une stratégie cohérente faisant la part belle aux jeunes exploitants. Les JA ont insisté : « Le renouvellement de générations (6,5 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans), bref le soutien à l’installation. Il faut préserver nos capacités d’entreprendre, donner plus de latitude aux régions, favoriser les investissements sur les énergies renouvelables », poursuit Vincent Touzot.

Pour sa part, le président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, Christophe Bitsch, s’est félicité de la tenue de cette session nationale dans le département. « Il n’y a pas de meilleur endroit que le centre de l’Europe pour réfléchir à l’avenir de la Pac. Une réflexion d’autant plus importante que 2020, c’est demain. »

Des interventions et des travaux qui ont été salués par la Chambre d'agriculture d’Alsace et par Anne Sander, député européenne. « Je vais intégrer vos propositions dans les travaux parlementaires. Vous proposez des solutions nouvelles. À l’heure où les agriculteurs ne peuvent plus vivre dignement de leur métier, nous devons réfléchir tous ensemble, nous écouter et avancer. Il faut absolument que l’Europe arrête de se mettre des boulets au pied et s’affranchisse de ses propres barrières. Le monde évolue, l’agriculture évolue et l’Europe doit également évoluer », a-t-elle expliqué.

Foire Simon et Jude à Habsheim

La fierté

Élevage

Publié le 03/11/2016

Démarrage en douceur lundi à la foire Simon et Jude. Le brouillard couvre la manifestation. Mais, sous le chapiteau, les éleveurs et les vaches sont prêts. Les éleveurs gardent la fierté de ce qui est bien plus qu’un métier : une passion voire un sacerdoce. En dépit de la situation économique actuelle. C’est aussi un moment de partage : avec le public mais aussi avec les collègues.

Au milieu du ring, le concours du meilleur présentateur en race Montbéliarde débute. « Présenter un animal ici à Habsheim, c’est l’aboutissement d’une année de formation. Pour ces jeunes passionnés, c’est aussi un tremplin vers d’autres concours et surtout vers un avenir professionnel », explique Alexandre Wintzenrieth, l’un des professionnels en charge de ladite formation. Pendant plusieurs minutes, les jeunes participants défilent sur le ring avec leur vache devant l’œil vigilant du juge, le suisse Stefan Widmer. Et c’est finalement Florine Wira du Gaec Gutzwiller à la ferme du Neuhof à Michelbach-le-Haut qui l’emporte. Puis, vient l’heure de la finale du concours de jugement de bétail.

Oser le changement

La matinée se poursuit par la présentation des races avec une prédominance pour la Prim’Holstein, star de cette journée. La présentation est effectuée par Armand Mathieu, un fidèle parmi les fidèles. « J’ai eu la chance dans ma vie d’exercer un métier que l’on ne peut pas exercer sans être passionné. Personnellement, j’ai une attirance toute particulière pour les petites races. Celles qui sont souvent ignorées et qui, pour survivre, doivent être élevées par, précisément, des passionnés. C’est par exemple le cas pour la Jersiaise ou la Vosgienne. Cela fait 40 ans que je suis dans le métier de l’insémination et je découvre encore des choses cette année. Cette manifestation ose le changement. Il n’y a plus ici de chevaux de trait, mais on a la Salers. C’est une bonne chose. Il ne faut pas s’attacher à vouloir rester absolument avec des recettes qui ont réussi par le passé. Il faut évoluer. C’est ce que font les éleveurs alsaciens ». À ses côtés, Antoine Franck de Goldbach qui avec son épouse Anne-Marie élève une cinquantaine de vaches. La veille, il a été récompensé de deux premiers prix pour ses Salers. Âgé de 63 ans, même si l’heure de la retraite approche, il vient pourtant toujours à Habsheim. « C’est important de venir ici. Mes parents venaient déjà. Nous présentons des salers pour la seconde année. Nous voulons montrer que la vache Salers n’est pas une sauvageonne ».

Une manifestation de haute tenue

Le moment attendu du concours et du championnat de la race Holstein arrive. Par section, les vaches défilent avec les éleveurs devant Stefan Widmer. On devine cette grande fierté d’être présent, cet honneur de présenter la race Holstein, ce privilège d’être au côté d’une vache bien préparée. Au final, le Gaec Wilt situé à Dachstein dans le Bas-Rhin remporte le premier prix, mais également celui du meilleur lot. Olivier Wilt, 35 ans, ne cache pas son émotion. « C’est magnifique. J’ai l’habitude des concours, c’est ma passion. Mais là, c’est un moment particulier. Et cette vache est exceptionnelle. Nous en avons déjà eu de belles, mais, elle, elle est vraiment particulière. Notamment au niveau morphologique. Je suis fier d’avoir réussi à convaincre le jury. Et pour le lot, c’est une belle surprise. Oui, c’est une belle journée. Nous étions invités dans le Haut-Rhin pour la seconde fois. Nous n’avons pas à le regretter, d’autant que cette manifestation est de haute tenue », se réjouit Olivier Wilt. C’est également la conclusion d’une foire Simon et Jude réussie. Au micro, Thomas Prinz, l’une des chevilles ouvrières de la manifestation, ne cache pas sa satisfaction. « Merci tout d’abord au juge pour son déplacement de Suisse. Stefan Widmer est une référence. C’est lui qui était aux commandes du concours Prim’Holstein au Space cette année. L’avoir à nos côtés est une fierté pour nous. Merci également à l’ensemble de nos partenaires de ce week-end, au public, et bien évidemment à vous toutes et tous les éleveurs alsaciens qui ont fourni un gros travail. Nous avons vu des vaches bien préparées. Vous pouvez être fiers. Vous avez donné et vous donnez une image d’un élevage alsacien dynamique ».

Caves de Turckheim et de Traenheim

Les crémants rosés bios avec les chefs d’Alsace

Vigne

Publié le 20/10/2016

Alors que les professionnels de la viticulture sont actuellement occupés par les vendanges, les équipes commerciales sont déjà tournées vers les fêtes de fin d’année. Les caves de Turckheim et de Traenheim communiquent en conséquence sur leurs crémants rosés bios. « Des vins qui se veulent festifs, avec beaucoup de fraîcheur. Ce sont des crémants de fête. On revient sur un vin apéritif avec une couleur tendance, un rosé avec une couleur assez pâle, qui fait plaisir en bouche », rappelle Catherine Tison qui est, avec Florence Brond, responsable CHR (Cafés, hôtels, restaurants) pour les caves de Turckheim et de Traenheim.

Pour communiquer et lancer officiellement ces produits, les responsables des deux caves se sont retrouvés à Turckheim en présence des chefs d’Alsace associés au lancement et à la promotion de ces vins bios. Le macaron des chefs d’Alsace a en effet été apposé sur les bouteilles. « Nous en sommes honorés. Tout comme nous sommes ravis d’être partenaires de cette opération. L’Alsace pétille et nous en sommes fiers », se félicite Jacques Cher, président de la Fédération des chefs de cuisine restaurateurs « Chefs d’Alsace ». Son homologue, Joseph Leiser, président départemental haut-rhinois et chef à l’auberge Au Zahnacker à Ribeauvillé, est du même avis. « Ces crémants ont été sélectionnés pour leur qualité. Ce partenariat avec les deux caves existe de longue date. Nous sommes ravis d’être toujours présents et associés à vos différentes manifestations. » Présent pour ce lancement officiel, le directeur de la cave de Turckheim, Lionel Lécuyer, a rappelé que ces produits d’excellence « doivent séduire nos clients qui vont trouver du plaisir dans ce vin apéritif de qualité ».

Récolte du maïs grain

Les rendements ne suffiront pas à rétablir l’équilibre économique 

Cultures

Publié le 20/10/2016

Cela fait plusieurs jours maintenant que les céréaliers récoltent le maïs. Ils espèrent tous que la plante « phare » de la région va sauver une année agricole bien morose. La météorologie est favorable. « Ces derniers jours, les conditions de travail sont bonnes. Nous avançons. Nous estimons qu’un tiers des surfaces est désormais récolté dans le nord du Haut-Rhin. Nous espérons que ces conditions de récolte vont perdurer », explique Thomas Obrecht, président de l’Association des producteurs de céréales et d’oléagineux (Apco).

Ceci dit, les raisons de se réjouir sont maigres. « La baisse des rendements est une réalité pour beaucoup de monde. Dans les bons secteurs irrigués et à fort potentiel, cette baisse est d’environ 10 %. Mais elle peut aller jusqu’à 25 - 30 % dans les secteurs les moins favorables, et notamment ceux qui étaient inondés le printemps dernier. Dans le Sundgau et les collines sous-vosgiennes, il est encore trop tôt pour se prononcer. La récolte vient à peine de débuter. « Sur mon exploitation, à Illhaeusern, les champs de maïs ont souffert des inondations du printemps. Un tiers des maïs n’a pas levé. Pour le reste, les rendements ne sont pas au rendez-vous. À Holtzwihr, c’est plus encourageant. Nous récoltons une variété précoce, semée début mai, après les pluies. Cette parcelle est intéressante en termes d’humidité et de potentiel de rendement. Mais, en règle générale, je pense que la baisse de rendement de ma propre exploitation sera de 10 à 15 % », estime Thomas Obrecht. « Selon moi, le rendement départemental moyen sera en baisse de 20 % pour le Haut-Rhin », ajoute-t-il. Or les prix sont toujours aussi bas. « Cette situation, qui fait suite à trois années difficiles, ne permet plus d’assurer l’équilibre économique de nombreuses exploitations. Après ces quatre années de vache maigre, je pense qu’à l’automne prochain, il risque d’y avoir des problèmes de trésorerie. Aussi nous nous attendons et nous nous préparons à mettre en place des politiques de soutien et d’aide identiques à ce qui a été mis en place pour les éleveurs avec, par exemple, des charges d’annuité en moins pour donner un ballon d’oxygène ». Heureusement la qualité semble être au rendez-vous grâce à la météo des dernières semaines.

« Il faut parler »

Thomas Obrecht appelle les agriculteurs à ne pas faire preuve de trop de pudeur, à ne pas rester seuls dans leur coin et à dire ce qui ne va pas. « Les gens doivent parler car il y a des solutions pour les accompagner. Qu’ils ne s’isolent pas. On a vu dans l’élevage l’année passée que, quand toute la filière se mobilise, il y a moyen de trouver des solutions au cas par cas. Les céréaliers ne doivent donc pas hésiter à partager leurs problèmes », insiste-t-il.

Il s’agace en revanche des nouveaux projets de normes (ZNT de 20 m, par exemple) : « Les paysans ne supportent plus ces nouvelles contraintes. Nous acceptons les années difficiles, liées à la météo. Mais si on y ajoute des dogmes comme cela, nous serons encore davantage impactés. Surtout dans le Haut-Rhin. On fera tout pour se défendre contre ce projet », conclut Thomas Obrecht.

Ferme Pulvermühle à Volgelsheim

Savourons les fruits et légumes bios d’Alsace

Cultures

Publié le 13/10/2016

Cette première journée destinée aux professionnels avait pour objectif de mettre en avant la marque « Fruits et légumes bios d’Alsace » auprès des acheteurs de tous les circuits de distribution implantés dans la région : magasins 100 % bios, grossistes spécialisés bios, grossistes mixtes, grande et moyenne distribution. L’objectif était de présenter la filière fruitière et légumière bio alsacienne, ses spécificités, ses contraintes et ses dynamiques de développement. La marque a pour objectif d’aider les consommateurs à retrouver rapidement les fruits et légumes de la région grâce à un visuel qui date de 2005 et qui est désormais bien connu. Elle se démarque de son homologue rouge par sa couleur verte et la présence du logo bio européen (« eurofeuille ») et du logo AB (logo bio français). On peut ainsi la retrouver sur les cartons d’emballage des producteurs partenaires (les fameux cartons « verts »), mais également sur divers supports de communication, comme des jupes de palettes et des guirlandes.

« On sème, on plante, on récolte »

Cette journée s’est déroulée dans un contexte où les produits bios, dans la production comme dans les ventes, semblent susciter un enthousiasme croissant. Que de chemin parcouru depuis la fin des années 1960 ! À l’époque, la ferme Pulvermühle à Volgelsheim était pionnière en la matière. Pas étonnant que cette journée se soit déroulée sur le site de la famille Schmidt. « Mon père, victime des produits de traitement, a pris conscience de l’intérêt de changer sa façon de travailler. Au début, le bio concernait l’arboriculture, la polyculture et l’élevage. Il n’y avait « que » 13 hectares. Je me suis installé en 1984 et l’entreprise a poursuivi son développement. Aujourd’hui, nous sommes quatre associés et nous travaillons sur 97 ha, dont 45 ha de légumes, 45 ha de grandes cultures et 7 ha avec des arbres et des haies. Nos parcelles sont en effet entourées d’arbres. C’est notre ADN », explique Dany Schmidt. La ferme travaille avec un grossiste distributeur allemand depuis 35 ans. Une façon d’écouler 50 % de la production. Les autres 50 % sont vendus localement. 98 % de la production sont destinés à l’alimentation humaine dans un circuit le plus court possible. La ferme propose des produits toute l’année grâce aux serres sous abri, notamment un bâtiment qui fonctionne depuis le mois d’août dernier. « En production légumière, le travail est désormais perpétuel. On sème, on plante, on récolte. Il n’y a plus de temps mort. Là, cette parcelle de courgettes a été semée après le 15 août. Nous avons pu le faire grâce aux conditions météorologiques. Les récoltes se font tous les jours, sauf le dimanche. Nous écoulons les produits sur des marchés spécifiques. Nous allons travailler jusqu’à ce qu’il gèle », ajoute Dany Schmidt qui emploie quinze salariés à temps plein, mais également dix à vingt saisonniers suivant les années.

Une dynamique de conversion régulière

Produire toute l’année est nécessaire pour répondre à une demande croissante. À l’image de la ferme Pulvermühle, il y a aujourd’hui plus de 600 fermes bios en Alsace. Elles représentent 7 % de la surface agricole utile (SAU). Et des filières sont à la pointe. 20 % des vergers sont conduits en bio dans la région, 13 % des légumes. « Nous connaissons une dynamique de conversion régulière et un peu plus soutenue depuis deux années. La production biologique est désormais présente sur une grande diversité des circuits de distribution : la vente directe, les magasins spécialisés, les grandes et moyennes surfaces ou encore les artisans et commerçants. Cela permet de répondre à une augmentation de la demande. Cette augmentation a été de 15 % en 2015 et nous suivons la même courbe en 2016. Il y a une attente forte et une demande sociétale pour des produits bios, mais surtout des produits bios et locaux », assure Julien Scharsch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba).

Les professionnels engagés dans la production biologique veulent répondre à cette demande et aux attentes des consommateurs en privilégiant une production de haute qualité. Pour y parvenir, ils comptent proposer à leurs interlocuteurs (grossistes, distributeurs) un partenariat durable et sur du long terme pour continuer à progresser tant dans la qualité que dans la quantité. Ils comptent également s’appuyer sur leurs premiers partenaires, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et l’Opaba. « Nos relations sont très bonnes comme en témoigne la visite d’essais effectuée cet été ici même où une cinquantaine de producteurs, des bios et des conventionnels, ont échangé et travaillé ensemble. Nous avons une image à défendre et à promouvoir. La réussite des uns sera la réussite des autres. Le développement du bio est dans l’air du temps. Il doit répondre à des attentes fortes. En Alsace, notre organisation commune entre producteurs, grossistes et distributeurs permet de le faire. Tout le monde joue le jeu avec le soutien des collectivités ».

Doris Burger, arboricultrice bio à Steinseltz et responsable de la commission « fruits » à l’Opaba, a également témoigné positivement. « Il y a actuellement 124 fermes en production fruitière bio en Alsace sur 248 ha et 7 ha en conversion, soit 20 % des vergers de la région. Nous sommes très attachés à la marque « Alsace ». Cette lisibilité permet de repérer nos produits et de faciliter leur écoulement auprès des consommateurs. Après une année 2015 difficile à cause de la sécheresse, 2016 est également compliquée avec toute cette pluie. Pour autant, nous proposons une variété de fruits incomparable. À l’image de nos pommes, dont les variétés ne sont pas forcément connues, mais plus faciles à produire en bio. Quoi qu’il en soit, la demande est là, il faut s’adapter. » D’autant plus que des conversions sont en cours et seront réalisées en 2017.

Distillerie de Sigolsheim

Cherche volume

Vigne

Publié le 13/10/2016

L’accident est survenu un dimanche soir. « Nous avons une pompe qui ne s’est pas mise en route et nous avons eu un débordement d’une cuve sur le silo qui récupère tous les jus de marc. Du lundi au samedi, nous sommes ouverts et nous vérifions le bon fonctionnement des installations plusieurs fois par jour. Le dimanche, il y a une fréquence de visite moins régulière. Une le matin et une autre le soir. L’incident est vraisemblablement survenu en fin de matinée. Il y a donc eu effectivement un écoulement vers la rivière. Il a été limité. Nous avons été prévenus par la gendarmerie et la mairie. L’incident a été corrigé et nous avons pris les mesures pour répondre à ce problème exceptionnel. Nous avons doublé les fréquences de visite le dimanche et une deuxième pompe a été mise en place. Dans le même temps, la première a été révisée. Il faut rappeler que c’est un problème ponctuel qui s’est déroulé pendant les vendanges. Le reste de l’année, il n’y a pas d’écoulement de jus », explique Erwin Brouard, directeur depuis quatre ans de la distillerie de Sigolsheim. À la suite de cet incident, il a rencontré le directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) pour lui faire part de ces mesures correctives et une réunion a eu lieu avec la société de pêche locale. Pour compenser la mortalité des poissons lors de cet incident, l’entreprise prendra en charge l’alevinage de la rivière Weiss sur trois années.

Différentes sources de valorisation

Depuis son arrivée à la direction de la distillerie de Sigolsheim Erwin Brouard cherche à pérenniser l’activité de la distillerie en collectant l’ensemble des coproduits de la viticulture. « Nous voulons traiter des volumes encore plus importants. Sur les trois dernières campagnes, nous nous situons à un traitement moyen de 15 000 à 16 000 tonnes de marcs et environ 50 000 hl de liquides dont une partie vient de Champagne. Nous avons un point d’équilibre qui se situe autour de 18 000 tonnes. Nous avons la confiance de nombreux professionnels alsaciens. Nous ne faisons plus payer le traitement des marcs et il y a une prise en charge pour les transports. Nous rémunérons également les vins à l’hectolitre d’alcool pour rentrer un volume conséquent. D’où cette ouverture vers d’autres vignobles. Dans le même temps, nous avons une politique dynamique qui nous incite à multiplier les sources de valorisation comme, par exemple, les pépins en huilerie afin de bien valoriser les liquides qui restent en distillerie », précise Erwin Brouard. Il ne cache cependant pas qu’il espère arriver rapidement aux 18 000 tonnes de marc. « Nous n’allons pas revenir sur le passé. La situation est claire avec l’arrêté de 2012 sur la collecte et le traitement des marcs. On a également le sentiment qu’avec l’association des viticulteurs d’Alsace (Ava), on a retrouvé une relation saine et correcte. Un dialogue serein existe et nous respectons tous les professionnels qui cherchent une autre voie que celle de la distillerie. Nous cherchons évidemment à avoir leur confiance à l’avenir car, notre distillerie est une entreprise locale qui valorise localement les coproduits de la viticulture alsacienne », rappelle Erwin Brouard. Une distillerie qui a gardé la confiance du groupe Grap’Sud. « Le groupe, qui a réalisé en mars 2016 une augmentation de capital de 850 000 euros, veut pérenniser la distillerie et rester sur le vignoble alsacien ». Une augmentation de capital qui est arrivé après la réalisation d’importants investissements sur le site comme, par exemple, une station d’épuration, une tour aéroréfrigérante ou encore une nouvelle colonne. L’atelier tartrique a également été modifié. « À l’avenir, nous comptons également changer notre chaufferie au fuel lourd pour passer au gaz naturel et faciliter la montée en puissance de notre chaudière biomasse », conclut Erwin Brouard. Rappelons enfin, qu’en pleine saison, la distillerie compte jusqu’à 22 salariés dont 13 à temps plein.

 

Concours du meilleur caviste de France

Fabrice Renner finaliste

Vigne

Publié le 12/10/2016

Originaire de Blodelsheim, rien ne destinait Fabrice Renner au milieu de la viticulture. Surtout pas après avoir fait des études de droit. C'est donc en total autodidacte, et avec l'aide de connaissances, qu'il a commencé à s'y intéresser. Au début des années 1990, Olivier Meyer et André Thomann, alors respectivement directeur commercial et oenologue à la cave de Sigolsheim, lui font déguster des vins et lui font découvrir le travail technique qui entoure les vins. Pour Fabrice Renner, c'est le déclic. « J'ai voulu en savoir davantage et je me suis inscrit dans une formation, un BTS Commerce de vins et spiritueux à Rouffach. J'ai ensuite rencontré Matthieu Boesch et son père Gérard. Cette rencontre a été décisive. Une fois par semaine, après les cours, j'allais chez eux à Soultzmatt pour compléter ma formation, faire des dégustations à l'aveugle ou encore avoir de nouvelles connaissances. Cette période a été très formatrice », explique Fabrice Renner.

A la fin de son BTS en 1998, pendant tout l'été, il fait un tour de la France viticole pour rencontrer des vignerons. A son retour, il s'installe à son propre compte. Un petit point de vente appelé « Le Vinophile» à Blodelsheim. Deux ans après, il n'arrive cependant pas à en vivre et décide de rejoindre un groupe à Mulhouse : « La cave du vinophile ». C'est là qu'il rencontre Benoît Imhoff originaire de Dessenheim et alors patron de « Jardins d'Alsace » à Algolsheim. « Depuis 1995, il était également propriétaire de la boutique « Au monde du vin » ici à Saint-Louis. Il m'a proposé de le rejoindre. Notre collaboration a bien fonctionné et, au bout de trois années, j'ai pris des parts dans la société. Il m'a donné carte blanche sur les sélections et les choix des vins. Actuellement, nous avons en stock plus de 60 000 bouteilles de vin et pas moins de 3 083 références différentes en vins, spiritueux et en épicerie fine. Je m'occupe des sélections des vins et Benoît Imhoff des finances et de l'administratif. Nous sommes désormais cinq salariés. 70 % de nos ventes et de notre activité se situent ici à Saint-Louis. Ce travail de caviste est réalisé auprès des particuliers et des entreprises. Les 30 % du reste de l'activité concerne nos livraisons à des restaurateurs ou à des associations », ajoute Fabrice Renner qui est également, depuis huit ans, le président des commerçants de Saint-Louis où il est domicilié depuis 2003.

Un défenseur des vins d'Alsace

Âgé de 43 ans, Fabrice Renner est un vrai passionné. Il est constamment à la recherche de nouvelles informations sur le monde viticole. Jean-Philippe Venck, troisième de l'épreuve en 2014, l'a motivé à s'inscrire à ce concours du meilleur caviste de France. C'est ce qu'il fait au début de cette année. Il passe une première sélection en mars. Une pré-sélection par informatique où il doit répondre à un questionnaire sur le vin et les régions viticoles de l'hexagone. Il y a plus de 500 participants. Ses (bonnes) réponses lui permettent d'être l'un des quarante demi-finalistes avec quatre autres alsaciens dont Philippe Schlick (le futur vainqueur). Ces demi-finales se sont déroulées le 12 septembre dernier à Châlons-en-Champagne dans les caves Joseph Perrier. « Il y a eu plusieurs épreuves. Un questionnaire à choix multiples sur les vins et spiritueux de France et du monde, des questions sur des mets associés à des vins, mais également une dégustation de trois produits à l'aveugle pour laquelle nous avions 10 minutes pour faire un commentaire, donner un prix de vente et un accord met/vin », précise Fabrice Renner.

Visiblement, ses réponses ont été satisfaisantes. Une semaine plus tard, un e-mail  arrive lui annonçant sa qualification pour la finale nationale à Paris. Les huit finalistes sont soumis à plusieurs épreuves techniques, de connaissances et de dégustations. Fabrice Renner a finalement terminé à la septième place. « C'est déjà bien d'être arrivé à ce niveau. Autour de moi, il y avait une sévère concurrence avec notamment des anciens sommeliers. Philippe Schlick, par exemple, avait été meilleur jeune sommelier d'Alsace. Je me suis pris au jeu, surtout après les demi-finales. C'est une belle expérience. Il y avait une superbe ambiance. Nous avons échangé entre nous sur notre métier», se félicite Fabrice Renner, grand défenseur des vins d'Alsace.

« Je travaille avec une quinzaine de vignerons alsaciens. Nous expliquons aux gens au magasin que les vins d'Alsace font partie des grands vins de France. J'ai toujours des bouteilles de vins d'Alsace avec moi lors de mes déplacements. Il y a un excellent rapport qualité/prix. Mais encore faut-il l'expliquer, car pendant des années nos vins étaient considérés comme des « vins sympas ». Cela a changé. Notamment chez les consommateurs qui ont la trentaine », conclut le caviste.

56e journées d’octobre de Mulhouse

La filière du paysage à l’honneur

Pratique

Publié le 12/10/2016

« Les Journées d’octobre sont l’une des manifestations, voire la manifestation la plus importante de l’année à Mulhouse. D’année en année, la magie de Folie’Flore attire de plus en plus de monde », se félicite Maryvonne Buchert, adjointe au maire de Mulhouse et vice-présidente des Journées d’octobre. Jusqu’à dimanche, le Parc-Expo accueille des dizaines de milliers de visiteurs. Les journées d’octobre se composent de quatre villages à thème (créateurs, habitat, gourmand et jardin), avec Folie’Flore en fil conducteur. « Chaque année, on essaie de faire entrer un peu plus Folie’Flore dans les villages », précise Laurent Grain. Ainsi, cette année, les scènes créées par la corporation des fleuristes, à savoir quatre arbres de trois mètres de haut sur le thème des saisons, sont installées à l’entrée du village de l’habitat. Le village du jardin a été agrandi, de même que la boutique de Folie’Flore, où l’on trouve des compositions florales et des produits dérivés estampillés Folie’Flore, mais aussi des Lapi’Flores en chocolat, spécialement créés par la chocolaterie Abtey. Grande nouveauté au village gourmand : un espace animé par le groupement d’intérêt économique Alsace authentique, créé en 2010 par une dizaine d’entreprises et qui en compte aujourd’hui 18. « Ce sont des entreprises non délocalisables qui ont fait le pari de rester et produire en Alsace », souligne Hervé Laforêt, son vice-président.

« La vie débute le jour où l’on commence un jardin »

Après les fruits et légumes l’an dernier, ce sont les jardins qui occupent cette année le devant de la scène avec comme partenaire principal l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep). Onze entreprises haut-rhinoises ont planché sur l’aménagement de quelque 850 m². Baptisés « post-apocalyptique », « éco-bio esthétique » ou « nature sublimée », les jardins des paysagistes proposent une vision parfois décalée, qui fait appel aux émotions des visiteurs. Ils mêlent végétal et minéral, œuvres d’art, eau, bois… et cherchent à mettre en exergue le lien primaire qui unit l’humain à la nature. Que ce soit à la campagne, en milieu « sauvage », ou en ville. L’entrée à Folie’Flore se fait par le jardin des fleuristes en folie, qui ont imaginé l’Arbrevoir, un arbre imposant dont les branches se terminent par des arrosoirs laissant s’échapper des cascades d’eau. Les jardins éphémères des communes sont au rendez-vous, avec une place privilégiée pour Bâle, invitée d’honneur sur 600 m². Le chapiteau de cirque est le terrier des Lapi’Flores, avec des murs végétaux, des jets d’eau et arbres à sucreries… Un jardin à la française accueille les créations des participants au concours de la Coupe espoir Interflora. « La vie débute le jour où l’on commence un jardin », a rappelé la présidente des journées d’octobre de Mulhouse Betty Muller lors de l’inauguration.

L’agriculture omniprésente

Le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger a rappelé lors de l’inauguration, la chance pour l’agriculture d’être présente aux journées d’octobre pour notamment expliquer ses métiers dans cette période économique difficile. « 2016 est une année préoccupante pour la quasi-totalité de nos filières. Aux difficultés économiques, s’ajoutent une météo compliquée et une asphyxie administrative avec des normes franco-françaises toujours plus contraignantes. Nous sommes au bord de l’overdose normative. Pour autant, nous menons des politiques dynamiques pour trouver des solutions pour sauver le plus grand nombre d’exploitations. Nous sommes ici aux journées d’octobre pour montrer notre savoir-faire et pour communiquer auprès du grand public. Cette année, nous valorisons le monde du paysage et des paysagistes et les formations y afférentes avec nos lycées de Wintzenheim et Rouffach qui proposent une filière paysage allant du CAP au BTS. Ils représentent l’avenir car les entreprises du paysage sont une véritable richesse économique pour notre région ». Et de saluer l’action de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace et de Flhoreal qui, cette année encore, sont présentes aux journées d’octobre. Laurent Wendlinger a également rappelé que « les JO ont toujours été la rencontre de la ville et de la campagne, des producteurs et des consommateurs, des commerçants et de leurs clients ». Et de conclure en rendant hommage à Patrick Stehlin qui, en tant que directeur de la fédération des coopératives, a toujours œuvré pour promouvoir « cette Alsace authentique, notamment ici à Mulhouse, aux journées d’octobre ».

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