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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Association des viticulteurs d'Alsace

Des vendanges amicales pour le nouveau préfet du Haut-Rhin

Vigne

Publié le 11/10/2016

Originaire de Bourgogne, le monde viticole n’est pas inconnu pour le nouveau préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, qui a accepté avec plaisir de vendanger une parcelle de pinot auxerrois située à Obermorschwihr en compagnie du député-maire de Ribeauvillé, Jean-Louis Christ, d’élus de la Chambre d'agriculture d’Alsace, et de représentants du monde viticole alsacien.

« Cette année, nous avons le sourire. Après trois millésimes difficiles qui ont fait fondre nos stocks, la quantité est là tout comme la qualité qui nous a toujours été fidèle. Regardez ces belles grappes bien chargées. La difficulté cependant qui nous préoccupe reste cette maladie cryptogamique du bois, l’esca. Elle nous inquiète car, regardez ces trous dans nos rangées. Nous devons couper et replanter. À l’avenir, il va falloir intensifier la recherche, sinon nous allons avoir de gros problèmes. Il faut un programme de recherche ambitieux pour faire face à cette épidémie qui pourrait se révéler aussi dévastatrice que le phylloxera il y a un siècle. Dans certaines parcelles, le taux de mortalité des ceps peut atteindre 10 % », explique Jérôme Bauer. Puis, pendant une heure, le préfet du Haut-Rhin donne des coups de sécateurs.

« Je serai votre partenaire »

Au terme de ces vendanges de l’amitié, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) convie ses invités à visiter l’exploitation familiale. L’occasion de présenter au préfet les missions de l’association. « L’AVA est le syndicat de défense des vignerons. Il accompagne les vignerons dans leurs démarches. Il joue, en premier lieu, un rôle syndical. Sa seconde mission est d’être un organisme de gestion des appellations. Nous traitons tout ce qui concerne le cahier des charges, les contrôles et le respect de la production. L’AVA est l’autorité de la viticulture alsacienne au sein de la production pendant que le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) s’occupe de la promotion, de la commercialisation et de la communication », souligne Jérôme Bauer.

Le président de l’AVA évoque ensuite les sujets d’actualité. À commencer par l’affaire Albrecht qui n’avance toujours pas sur le plan judiciaire. « Je ne sais pas si l’AVA va pouvoir contenir encore longtemps la colère des viticulteurs lésés. Je compte sur votre soutien. La séparation des pouvoirs n’interdit pas au préfet que vous êtes de parler avec le nouveau procureur de Colmar pour essayer d’accélérer la procédure judiciaire », affirme Jérôme Bauer. « Je m’entretiendrai avec le procureur pour qu’il m’éclaire sur le dossier, et pour avoir un calendrier sur le règlement de cette affaire », répond Laurent Touvet.

Jérôme Bauer s’intéresse ensuite à un autre sujet : la future réglementation nationale sur l’épandage de produits phytosanitaires dans les vignes. « Avec l’élargissement des zones de non-traitement (à 200 mètres des habitations), 3 000 hectares de vignes pourraient être condamnés en Alsace. Ce plan est inapplicable », estime le président de l’AVA qui souhaite que la profession et les pouvoirs publics travaillent ensemble sur une solution adaptée. Il met en avant le sens des responsabilités des viticulteurs en matière de sécurité des habitants et de l’environnement. Laurent Touvet indique avoir transmis un rapport à Paris, pour prévenir des difficultés de mise en œuvre et de contrôle de cette réglementation. « Je serai votre partenaire pour essayer d’obtenir une atténuation du futur dispositif et des règles plus raisonnables », promet le préfet du Haut-Rhin. De manière plus générale, la viticulture dénonce l’excès de contraintes réglementaires qui est en train d’étouffer les entreprises.

La matinée s’est terminée par le verre de l’amitié puis un déjeuner commun avec au menu un baeckeoffe.

Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace (Uphoral)

Une filière qui cherche sa place

Vie professionnelle

Publié le 06/10/2016

Ils étaient peu nombreux, les pépiniéristes et horticulteurs alsaciens à l’assemblée générale de leur groupement, l’Uphoral, jeudi 22 septembre à Sainte-Croix-en-Plaine. Le président, Paul-André Keller, l’a d’ailleurs regretté. Il est pourtant le premier à les comprendre. Le climat social et économique actuel n’incite guère à l’optimisme. Pour autant, à l’Uphoral, on se veut une force de propositions et un interlocuteur sérieux. La preuve. Avec la fédération nationale, l’Uphoral a déposé le 7 juin dernier une motion interpellant les pouvoirs publics et exigeant des engagements du ministre de l'Agriculture sur plusieurs points urgents : l’aide à l’investissement, le financement de l’expérimentation, les problèmes phytosanitaires et les problèmes de trésorerie des entreprises face à la baisse de la consommation consécutive à un printemps calamiteux.

Une situation économique qui arrive après une année 2015 consacrée pour la filière horticole et pépinière alsacienne à un audit demandé par la Région et porté par la Chambre d'agriculture d’Alsace afin de faire le diagnostic du secteur et de trouver des solutions pour redynamiser la profession. Une synthèse qui a cependant été bouleversée avec l’incidence de la loi NOTRe et la nouvelle organisation territoriale. « Face à ce nouveau millefeuille, il s’agit de s’adapter, de trouver, voire d’inventer, de nouveaux modes de fonctionnement, se regrouper ou fusionner afin de continuer à exister. En ce qui concerne le développement et l’expérimentation, la filière horticole alsacienne, à travers Fleurs et Plantes d’Alsace (Flhoreal), devra trouver sa place dans ce schéma avec ou sans Arexhor (Association régionale d’expérimentation horticole) entre Besançon, Roville-aux-Chênes et Sainte-Croix-en-Plaine. Il s’agit de se poser les bonnes questions quant au devenir de notre structure. Face à ce contexte compliqué, il ne faut cependant pas baisser les bras et demeurer une force de propositions. Mais, nous sommes bien engagés et noyés dans ce « machin » sans identité de méga région via une réforme territoriale dessinée et validée entre fromage et dessert par nos énarques parisiens », s’est agacé Paul-André Keller.

Pour autant, le président de l’Uphoral réfléchi, avec d’autres, à l’avenir. « La signature prochaine d’une convention de partenariat avec Alsace Destination Tourisme et la filière horticole est un bel exemple de travail de lobbying, mais également de force positive. Il ne s’agit pas de refuser de voir les difficultés, mais de les appréhender de manière positive et active », a ajouté Paul-André Keller qui invite les professionnels à se mobiliser dans l’action syndicale.

Promouvoir l’apprentissage

Cette action passe par le soutien et la promotion de l’apprentissage dans la filière horticole. Un état des lieux a été effectué lors de cette assemblée générale sur la période 2000 à 2016. Il apparaît que les apprentis alsaciens représentent un tiers des apprentis de la région Grand Est. « Malgré la présence de nombreux centres de formation, il apparaît tout de même qu’en seize années, il y a une baisse du nombre d’apprentis dans l’horticulture, mais également des entreprises qui prennent des apprentis. Il y a pourtant en Alsace une volonté de développer l’apprentissage », observe Paul-André Keller. En 2015-2016, les contrats d’apprentissage en horticulture représentaient 15 % du total contre 14,5 % en 2016-2017, soit 532 contrats.

Les filières, diplômes et formations existants en Alsace ont ensuite été présentés, tout comme les incidences de la loi travail. Un bilan a également été réalisé, sur l’année 2015, pour le fonds de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE). « Il compte une section horticulture-pépinière depuis 2015 grâce à la mobilisation de la fédération nationale. Il permet ainsi une mutualisation de fonds professionnels et publics pour indemniser des pertes liées à des risques sanitaires et environnementaux. Et sans attendre, la section s’est mise au travail et a permis l’indemnisation de plusieurs producteurs impactés par des pertes en 2014 », a précisé Paul-André Keller. L’assemblée générale s’est ensuite poursuivie avec des informations sur les pôles de la fédération nationale en matière d’environnement et de protection des végétaux, sur le guide de la vente directe et sur la formation.

Fruits et légumes d’Alsace

Plus près, plus frais, plus vrai

Cultures

Publié le 23/09/2016

L’idée est simple : proposer dans un même lieu, un espace d’exposition permettant à tous les acteurs du commerce des fruits et des légumes que sont les producteurs, les grossistes et les distributeurs, de se rencontrer pour échanger sur leur métier. « L’origine locale des produits, le raccourcissement des circuits de distribution, la démarche qualité engagée par les producteurs sont autant de déclencheurs d’actes d’achat demandés par les consommateurs. Nous avons donc pensé qu’il était pertinent de compléter notre action au quotidien en proposant une telle manifestation. Il y a ici une cinquantaine de producteurs régionaux qui présentent leur production et qui peuvent échanger, dialoguer et mieux se faire connaître auprès des distributeurs et des grossistes. Ce salon interprofessionnel complète d’autres manifestations comme, par exemple, le salon « Saveurs et soleil d’automne » dont la huitième édition aura lieu en 2017, vraisemblablement une nouvelle fois ici à Sélestat », explique le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert.

Une initiative de la profession saluée par le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Laurent Wendlinger. « La filière des fruits et des légumes en Alsace est une petite filière qui est cependant riche par la qualité de ses professionnels. Ce relationnel entre les producteurs, les commerçants et les distributeurs, c’est la marque de l’interprofession. Elle est une vraie réussite. Un exemple qui doit être suivi pour toute la région Grand Est. Il y a encore de la place en Alsace pour développer cette filière. Il y a un potentiel de consommateurs importants. Ce type de salon doit servir à l’avenir. Au niveau de notre nouvelle grande région, cela a été bien compris. La filière fruits et légumes fait l’unanimité au niveau des décisions politiques. Un budget de 400 000 euros doit ainsi être validé par la commission permanente pour vous soutenir afin de préserver cette dynamique. »

Des contacts directs

Dans les allées des Tanzmatten, Boris Wendling, chef de groupe chez Auchan, vice-président de l’interprofession et président de l’Association de la grande distribution qui regroupe onze enseignes, n’a pas caché sa satisfaction de la réussite de cette journée. « Elle nous engage et nous permet d’être avec les producteurs pour échanger en amont par rapport à tout ce que la production réalise. Cela permet de construire avec eux une relation commerciale pérenne, de nous ouvrir, de construire des liens, de conforter nos relations et de préparer l’avenir. Cela conforte également les efforts réalisés pour mettre en avant les fruits et les légumes alsaciens dans les rayons de nos magasins. Cela montre aux consommateurs un savoir-faire régional et favorise un circuit court. Il y a actuellement une vraie volonté des enseignes de faire profiter des produits locaux. D’autant plus qu’il y a de plus en plus de consommateurs qui veulent acheter local. L’Alsace est une réponse à cette attente. »

Toute la journée, les professionnels se sont donc rencontrés pour échanger dans un cadre convivial et tisser des liens. Des échanges commerciaux qui ont permis de découvrir des produits et le savoir-faire des professionnels autour des stands des producteurs de fruits et légumes d’Alsace, mais également de mieux comprendre les demandes des distributeurs et des grossistes. Au cœur des Tanzmatten, le stand de Dany Schmidt, producteur bio à Volgelsheim, a été bien mis en valeur. « Je suis tout d’abord là car je suis membre de l’interprofession. Ensuite, nous cherchons évidemment à développer encore davantage l’agriculture biologique en Alsace et donc la commercialisation de nos produits dans les différentes enseignes. Il est donc logique d’être présent. Cette manifestation est très intéressante. Les contacts sont bons et les gens sont intéressés. » Joël Reisz, de l’EARL du même nom à Traenheim, partage le même point de vue. « Je suis venu pour présenter ma production et pour voir les acheteurs. Cette manifestation est pertinente pour moi car elle me permet de rencontrer des gens que j’ai d’habitude au téléphone. Le contact direct, c’est important et, souvent, bien plus décisif dans les échanges commerciaux. »

Un cas unique

Un salon réussi également pour Christian Frauel, commercial pour la France de la coopérative fruitière d’Oberkirch en Allemagne. « Nous tenions à être présents car huit de nos adhérents sont Alsaciens et l’un d’entre eux est au conseil d’administration de la coopérative. Nous faisons 50 000 tonnes de fruits dont 2 000 t viennent d’Alsace. Actuellement, les échanges commerciaux évoluent. Il faut être toujours plus réactif. On reçoit, par exemple, des commandes à 13 h et il faut être en capacité de les livrer le lendemain matin. Il est donc important de rencontrer nos clients et distributeurs pour qu’ils comprennent notre mode de fonctionnement. »

Dans l’après-midi, Jean Harzig, rédacteur en chef de la revue Végétable a tenu une conférence. Il a salué l’organisation de la filière des fruits et légumes en Alsace. « Un cas unique qui marche alors que tous nos métiers sont bousculés dans leurs relations économiques et commerciales. » Jean Harzig a insisté sur la nécessité de relocaliser la filière alimentaire française car la proximité est une valeur en pleine croissance. « Tous les circuits courts sont demandeurs. Pour y parvenir, il faut donner des compétences accrues aux régions administratives et relier agriculture, alimentation et culture. Il faut apporter de vraies garanties en matière de qualité et de sécurité sanitaire, et surtout répondre aux demandes des consommateurs localement. Il faut sortir des logiques de masse et apporter du professionnalisme dans ces échanges commerciaux. Cela passe par de la formation, mais aussi par l’innovation. » Jean Harzig évoque la nécessité d’aller vers une agriculture plus solaire et de s’intéresser au « Agtech » qui intègre le numérique et les automates. Sans oublier l’innovation commerciale avec l’essor du bio, des enseignes de circuit court comme La Ruche qui dit Oui, des magasins paysans et pourquoi pas, dans le futur, le recours à des entreprises électroniques comme Amazon ou Uber. « En conclusion, il faut sortir l’agriculture et l’alimentation de leur image minière et industrielle. Il faut également revaloriser le rôle nourricier d’une agriculture porteuse de sens. »

La dernière partie de la journée a été consacrée à la remise des prix du concours d’étalage en présence de Delphine Wespiser. L’occasion d’honorer notamment le U Express Greif à Strasbourg dans la catégorie des superettes, le Simply d’Obernai pour les supermarchés, le Leclerc d’Erstein pour les hypermarchés et Verexal d’Obernai pour les magasins de producteurs.

Michel Rohrbach, président de la section lait à la FDSEA du Haut-Rhin

« Méfions-nous des effets d’annonces »

Élevage

Publié le 15/09/2016

Des chiffres à la hausse et des prix du lait plus intéressants sont annoncés certes. Mais, pour l’heure, rien n’est figé, rien n’est clair. C’est en tout cas le constat que fait Michel Rohrbach. « Il faut avoir conscience que si, suite à ces annonces et ces prix, il y a trop de demandes, il y aura automatiquement des abattements qui seront réalisés. Ensuite, l’État n’a pas répondu à toutes les questions. Quid, par exemple, des mesures pour les jeunes agriculteurs ? Le ministre de l'Agriculture n’a pas encore répondu. Avec ces mesures, il y a certainement des opportunités. Mais, je répète à tous les éleveurs, qu’ils fassent attention. S’ils rentrent naturellement dans le processus, alors qu’ils n’hésitent pas à faire leur demande. Mais si ce n’est pas le cas, qu’ils ne fassent pas de demande. Tout le monde doit se méfier et réagir avec réflexion », explique Michel Rohrbach. D’autant plus que le marché se retourne actuellement et les responsables professionnels espèrent que les prix du lait vont réellement augmenter à partir du début de l’année prochaine.

Remplir le formulaire de FranceAgrimer

Michel Rohrbach invite également les éleveurs à faire attention par rapport à leur propre système de travail. « Celles et ceux qui font du C ou D chez Sodiaal ont effectivement intérêt à rentrer dans cette démarche. Pour les autres, les gens doivent faire attention par rapport à leur système de production. Personnellement, je ne rentre pas dans ce cadre », ajoute le président de la section lait de la Fdsea du Haut-Rhin. Il attire l’attention des professionnels sur la démarche à faire pour obtenir une aide (lire encadré). Pour cela, ils doivent remplir un formulaire qui est disponible sur le site internet de FranceAgrimer. Une démarche à réaliser avant le 21 septembre ! Un délai de réponse qui laisse Michel Rohrbach dubitatif. « La façon de procéder est incroyable. Mais, si ce budget est disponible, il faut le prendre car, sinon, il sera redistribué à d’autres pays ». Concernant la conjoncture, sur la première partie de l’année (janvier à juin), il n’a pas été constaté d'« explosion » des cessations d’activités laitières, mais c’est beaucoup plus difficile depuis le début du mois d’août. « La récolte décevante du blé a accentué la crise actuelle. Les problèmes économiques sont réels pour de nombreuses exploitations qui touchent actuellement le fond au niveau de leurs trésoreries. La dernière chance en Alsace, c’est le maïs », affirme Michel Rohrbach. En conclusion, ceux qui font moins de lait, ne doivent pas hésiter à solliciter l’aide. Pour les autres, une réflexion plus poussée s’impose (cheptel, équilibre alimentaire…). Rendez-vous en fin d’année, après les travaux, pour partager une expertise sur le lait. De son côté, le président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass est dubitatif par rapport à la méthode employée. « On demande aux agriculteurs de télécharger et de remplir un document en quelques jours seulement. Cette façon de procéder est méprisante. Une fois de plus, ce dossier est géré de manière technocratique depuis des bureaux parisiens. Quoi qu’il en soit, j’encourage les agriculteurs à bien réfléchir et à individualiser leurs dossiers. N’hésitez pas à faire vos demandes ou à nous demander conseil ».

Vendanges 2016

Le crémant pour commencer

Vigne

Publié le 14/09/2016

L’entreprise s’est lancée dans la production de crémant en 1981. « À l’époque, mon père avait fait des stages en Champagne où nous avons de la famille. Nous avons observé cette manière de travailler et de faire des bulles. C’est de là qu’est venue l’idée de faire du crémant », explique Étienne Dreyer. La production stagne jusqu’au début des années 1990 où les ventes et la production prennent davantage d’ampleur au fil des ans. À partir du début des années 2000, le crémant devient un produit important avec de fortes ventes. « Nous avons profité de la notoriété grandissante du crémant d’Alsace. Nous avons également proposé un produit de qualité. Et nous avons su innover. Depuis l’année passée, notre crémant issu de raisins récoltés sur le Kaefferkopf est un assemblage de quatre cépages autorisés, le gewurztraminer, le riesling, le pinot gris et le muscat. Aujourd’hui, le crémant représente environ 15 % de la production totale de l’entreprise. Le crémant d’Alsace est devenu un produit anti crise », ajoute Étienne Dreyer.

Environ 2 700 bouteilles de crémant rosé

Que ce soit pour le crémant ou l’ensemble de l’appellation Alsace, les trois dernières vendanges ont été difficiles. Les stocks ont baissé. « L’année passée, j’ai vendangé le 31 août. Mais, les premiers relevés indiquaient plus de 12 °. C’était trop tard pour faire du crémant rosé. Du coup, mon stock va me permettre de tenir jusqu’à Noël. Pour le crémant blanc, la situation est plus favorable. Je compte sur cette récolte 2016 pour inverser la tendance », note Étienne Dreyer. Depuis quelques jours, le viticulteur est bien plus serein. Avec un professionnel de Dorlisheim et un autre de Bergheim, il a pu vendanger son pinot noir dédié au crémant rosé dès le mercredi 7 septembre. « Les mesures fin août indiquaient déjà 10,6 ° et je l’ai finalement vendangé à 10,9 °. Au début, j’étais sceptique sur la qualité. J’ai rapidement été rassuré. J’ai fait un rendement de 76 hl/ha, tout proche du taquet. C’est donc de bon augure pour la suite. La qualité est là. Certes, c’est sec. Mais le fait qu’il fasse beau empêche le développement de la pourriture. Mes raisins sont ultra-sains », observe Étienne Dreyer qui se souvient que l’année passée, l’ensemble de la production du domaine atteignait un rendement moyen de 45 hl/ha. Les débuts sont donc positifs. La récolte du 7 septembre va lui permettre de réaliser environ 2 700 bouteilles de crémant rosé.

Reconstituer les stocks

Pour le crémant blanc, la récolte devait démarrer mercredi 14 septembre sur deux demi-journées. « Hier, mardi 12 septembre, j’ai mesuré les raisins à 10,3 °. J’estime donc que ce sera vendangé à 10,5 °. Je vais travailler avec mon équipe de douze vendangeurs mercredi après-midi et jeudi matin, juste avant l’arrivée de la pluie annoncée jeudi après-midi. Mon objectif est d’arriver à faire 7 200 bouteilles. Cela va me permettre de reconstituer mes stocks et de faire une belle récolte. Cela va faire du bien financièrement à l’entreprise et nous permettre d’investir à nouveau », indique Étienne Dreyer qui vend également un peu de raisin et, s’il le faut, du vrac. Concernant les vendanges pour le reste de l’appellation Alsace fixées au 22 septembre, il se donne un moment de réflexion. « Après le crémant, je vais laisser passer le week-end avant certainement de faire des prévendanges pour le pinot noir trois ou quatre jours avant la date officielle. Je sais que ce cépage est bien en avance. Pour l’heure, l’état sanitaire de mes parcelles est bon », conclut Étienne Dreyer.

Association des viticulteurs d'Alsace

Les vendanges dès le 12 septembre

Vigne

Publié le 07/09/2016

Outre les maladies du bois et la détection de la cicadelle Scaphoideus titanus, vecteur de la flavescence dorée à Turckheim (lire en encadré), le président de l’Ava, Jérôme Bauer, a rappelé les difficultés auxquelles doivent faire face les professionnels depuis quelques mois. Des difficultés liées aux conditions météorologiques avec, notamment, la pluie du printemps jusqu’à mi-juillet. « Certaines exploitations ont subi de lourdes pertes. Les attaques de mildiou ont été très fortes. Cela nous a amenés à demander une reconnaissance du vignoble en catastrophe naturelle. Non pas pour bénéficier de soutien financier, mais pour ouvrir la possibilité d’achat de raisin par les vignerons récoltants lourdement touchés ».

Si la recherche scientifique en matière de protection de la vigne est importante, Jérôme Bauer estime également qu’une partie des solutions doit venir de la base, de la viticulture elle-même, qui détient une véritable expertise du terrain. « Cette approche, différente de la recherche scientifique pure, avec une remontée des savoirs des vignerons, en collaboration étroite avec des méthodes scientifiques, serait un plus au niveau régional », souligne le président de l’Ava qui cite en exemple le projet « Repère » (lire en encadré). Et d’insister. « La viticulture alsacienne ne doit pas rester en attente de solutions toutes faites, clefs en main. Nous devons nous prendre en main. Nous, vignerons, sommes les techniciens qui devons diriger la manœuvre. Pas n’importe comment, mais en suivant une démarche scientifique. Ce travail doit se faire en complément de ce qui se fait actuellement en termes de recherche et de développement. La production doit être pilote des opérations. J’estime que c’est elle la plus légitime. Mais ce travail doit se faire en collaboration étroite avec toutes les forces vives qui possèdent des compétences (Civa, Chambre d'agriculture, IFV, Inra, universités…). Nous avons besoin d’une reconnaissance de nos travaux et d’un accompagnement financier de la région. Il nous faut des réponses et des concrétisations rapides ».

« Restons raisonnables »

Après trois petites récoltes, les viticulteurs alsaciens fondent tous leurs espoirs sur le millésime 2016. Pour l’heure, les situations dans le vignoble sont assez disparates. L’estimation de récolte (900 000 hl en Alsace tranquilles et 280 000 hl en crémant, soit une hausse qui dépasse les 19 % par rapport à l’an passé), malgré les pertes liées au mildiou et aux maladies du bois est, pour l’heure, plutôt favorable. « Le conseil d’administration de l’Ava a donc décidé de proposer à l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) une augmentation de rendement à 83 hl, moyenne d’exploitation en blancs et en crémant. Le souhait du conseil est de laisser les butoirs des gewurztraminers, pinot gris et riesling à 80 hl. Mais restons raisonnables dans notre demande afin qu’elle soit acceptée par le Crinao et par le comité national de l’Inao. N’allons pas trop loin », a insisté Jérôme Bauer. Il a également prévenu que cette augmentation de rendement ne devait pas être assortie par les entreprises d’une baisse du prix du raisin ou d’une baisse significative du cours des vins en vrac. Un tel cas de figure rendrait compliqué de reproposer une éventuelle augmentation de rendement. Il a évoqué le cas du riesling. « Son rendement maximum possible ne doit plus être traité en mesure conjoncturelle. Il y va du statut de ce cépage en tant que cépage noble et de son prix. Il ne pourra pas être considéré et payé comme tel s’il continue de servir de variable d’ajustement. Que sont 3,5 % en volume au regard d’un risque de ratatinement du prix de 30 % ? », s’interroge Jérôme Bauer. Un peu plus tard, l’assemblée générale a approuvé les conditions de productions proposées par le conseil d’administration de l’Ava, en augmentant, à une large majorité des membres présents l’enrichissement de 1,5 ° (au lieu de 1 °) pour le chasselas, le sylvaner, le pinot blanc, le pinot, l’auxerrois, le muscat et le riesling et de 1 ° (au lieu de 0,5°) pour le pinot gris et le gewurztraminer. Pour les propositions syndicales des prix des raisins, il a été approuvé une augmentation de 4 %, sauf pour le riesling où il a été proposé une hausse de 6 %.

Ras-le-bol de l’affaire Albrecht

Jérôme Bauer a profité de l’assemblée générale pour évoquer l’affaire Albrecht. L’occasion de pousser un véritable cri de colère. « Je suis très agacé par l’avancée, si toutefois on peut considérer qu’il y ait une avancée, de cette affaire. Depuis 2012, toujours rien de concret. De report en report. On nous a promis début 2016, puis juillet, et maintenant décembre. Je vais vous donner le fond de ma pensée. Le temps passe et j’ai la vague impression que l’on souhaite enterrer cette affaire. Le notable bénéficierait-il d’une quelconque immunité ? Serions-nous traités de la même manière ? La justice serait-elle défaillante ? Des questions qu’il est légitime de se poser. J’en ai ras-le-bol ! Je vous ai promis de porter ce dossier jusqu’au bout et c’est ce que je compte faire. Si nous devons en passer par une action « coup de poing », à la manifestation publique forte ou autre, nous le ferons. J’ai toujours appelé au calme les vignerons lésés. Mais, sans avancées concrètes avant la fin de l’année, peut-être devrons-nous changer de stratégie, et monter le ton. Nous ne laisserons pas tomber tant que la lumière ne sera pas faite sur cette affaire. Nous restons déterminés. Si nous devons muscler notre action, nous le ferons ! J’en appelle donc au bon sens du procureur pour activer les choses et mettre les moyens nécessaires sur ce dossier qui devrait être prioritaire au vu de son ampleur et du nombre de victimes. Rappelons que dans l’affaire Albrecht, la mise en examen concerne les faits de banqueroute, dissimulations, manœuvre frauduleuses, tromperie, et j’en passe, pour 130 entreprises viticoles concernées et 15 millions d’euros (M€) ».

Pré-vendanges sur Ammerschwihr, Bergheim et Châtenois

Le point principal de l’assemblée générale a concerné l’ouverture des vendanges 2016. Un tour des sous-régions a été effectué. Dans le secteur de Wintzenheim, on constate, par exemple, du stress hydrique sur certains terroirs et une mortalité importante des pieds de vignes, mais également, sur d’autres terroirs, des raisins bien gonflés et juteux. Cette forte disparité est la même du côté de Colmar et de Kaysersberg. La région de Barr a, elle, beaucoup souffert avec un gros déficit qui s’explique par le gel et le mildiou. Le phénomène est encore plus important du côté de Molsheim avec un cumul de gel, de grêle, de brûlure, de mildiou et maintenant de sécheresse. Chacun des représentants des sous-régions a proposé des dates. Et, comme chaque année, Jérôme Bauer en a fait une synthèse. Cette dernière l’a conduit à proposer la date du lundi 12 septembre pour ouvrir les vendanges du crémant. Un vote unanime a suivi. Le débat a été plus important sur la date de vendange pour l’ensemble de l’appellation. Ce sera finalement le jeudi 22 septembre. Mais dès le jour de l’assemblée générale, il y avait déjà des demandes de pré-vendanges. À commencer par les communes d’Ammerschwihr, de Bergheim et de Châtenois.

Concernant les vendanges tardives, suite aux dysfonctionnements observés l’an passé, une remise à plat a été effectuée. La procédure à suivre a été rappelée : « Nous vous demandons de faire constater quand vous êtes certains de vous, afin d’éviter de déplacer les agents pour rien. Quoi qu’il en soit, le coût des constats est désormais de 50 € et non plus 50 € pour cinq constats comme avant », annonce le responsable de l’opération, Pierre Heydt-Trimbach.

CAAA du Haut-Rhin et Fédération Alsace Groupama Grand Est

Circuler en toute sécurité

Vie professionnelle

Publié le 25/08/2016

Cette convention de partenariat a été signée par Jean-Michel Habig et Joseph Ehrhart, respectivement président de la CAAA 68 et vice-président de la fédération Alsace de Groupama Grand Est, en présence du directeur de l’entreprise Est-Signalisation, partenaire de la CAAA, en charge de la fabrication et de la commercialisation de l’équipement de sécurité. Cela fait quelques années déjà que le monde agricole en général réfléchissait à une telle action. Il faut dire que le manque de ralentissement des automobilistes et des chauffeurs de poids lourds, à l’approche des véhicules agricoles, occasionne trop souvent des chocs à l’arrière des attelages. C’est notamment le cas sur la RN 83 entre l’échangeur de Burnhaupt et l’arrivée sur Colmar où, entre 2008 et 2016, plus de cinquante accidents, dont certains mortels, ont été constatés. « Nous pouvons enfin présenter ce projet finalisé après huit années de réflexions et d’échanges avec l’Etat. Huit années qui ont été longues. Il a fallu travailler ensemble et tout mettre en point pour être dans les clous. On espère désormais que ce dispositif évitera des drames », explique Jean-Michel Habig. « Ce projet, initié au départ par la Chambre d'agriculture, voit enfin son aboutissement. Il voit le jour au moment même du 60e anniversaire du centre national de prévention et de protection. Nous ne pouvons qu’inviter et inciter le monde agricole à s’équiper », ajoute Joseph Ehrhart.

Une solution lumineuse

Il a ainsi été élaboré un dispositif complémentaire aux gyrophares et autres équipements de signalisation. Une solution lumineuse amovible venant se fixer à l’arrière des attelages agricoles (bennes, remorques, tonnes, bétaillères…). Il s’agit d’une bâche amovible en polyester étanche et souple de 600 x 600 mm de 1,2 kg dotée d’un visuel avec un triangle rouge AK 14 sur fond jaune portant la mention « véhicule lent » et doté de 3 x 4 diodes lumineuses clignotantes de couleur orange. Le système de fixation se fait par aimants et/ou huit œillets pour un coût de 150 euros. Une aide financière, d’un montant de 25 € allouée par la CAAA 68 et de 25 € supplémentaires attribués par la fédération Alsace de Groupama Grand Est, est accordée dans la limite des 200 premières bâches vendues aux exploitations et entreprises du Haut-Rhin à jour de leurs cotisations à la CAAA et/ou sociétaires à Groupama Grand Est. Présent lors de cette signature, Jacky Cattin, conseiller régional qui représentait à cette occasion le président de l’Association des Viticulteurs d’Alsace (Ava) a salué cette action. « Elle répond à une véritable demande. On n’est jamais assez prudent, notamment sur cet axe de la RN 83 très utilisé par le monde agricole. Avec cette solution, on avance vers davantage de sécurité, notamment celle de nos salariés agricoles et de nos agriculteurs et viticulteurs. Je me félicite par ailleurs que ce soit un fabricant alsacien qui soit présent dans cette action », souligne Jacques Cattin. Des propos complétés par le secrétaire général de la FDSEA du Haut-Rhin Pascal Wittmann. « Cet équipement va être utile. Il va surtout permettre les déplacements, en toute sécurité, sur la RN 83. Un axe très fréquenté par la profession agricole qui l’utilise notamment pour se rendre à l’abattoir de Cernay. Il y a donc tout lieu d’être satisfait ».

Concours départemental de labour du Haut-Rhin

Pierre Heymann et Alexandre Tempé en finale régionale Grand Est

Vie professionnelle

Publié le 25/08/2016

Les organisateurs avaient choisi de nommer cette grande fête de l’agriculture « Céré’Alsace 2016 ». Car, en plus du concours de labour, le public a également pu profiter d’un espace dédié à la promotion de l’agriculture en général et des céréales en particulier. Un choix pertinent dans ce canton situé dans une zone géographique entre le vignoble alsacien et la frontière allemande. « Le canton Hardt/Plaine de l’Ill s’étend de Niffer à Sainte-Croix-en-Plaine. Il a la particularité d’être spécialisé dans la production de céréales. Nous sommes une quarantaine d’adhérents qui produisons du maïs bien évidemment, mais également du blé, du soja, du tournesol et bien d’autres oléoprotéagineux. On croise également quelques éleveurs bovins ou porcins qui valorisent les céréales directement sur leurs exploitations. Et depuis quelques années, certains agriculteurs ont fait le choix de se diversifier et produisent maintenant des betteraves, des asperges ou encore d’autres fruits et légumes », explique Emeric Bendele, président des JA du canton Hardt/Plaine de l’Ill. Cette vision globale, les jeunes agriculteurs ont tenu à la présenter au public lors de cette journée. Il a donc été possible de découvrir les stands de différents partenaires des jeunes agriculteurs, de profiter de la présence d’un marché paysan et d’une exposition de matériels agricoles d’hier et d’aujourd’hui, de visiter la ferme du lycée agricole de Rouffach toute proche, la Judenmatt. Les enfants n’ont pas été oubliés avec un stand de maquillage des balades en poney, des structures gonflables, ou encore des tours en tracteurs à pédales. Plusieurs centaines de repas du terroir « Made in Alsace » ont également été servis à l’heure du déjeuner ainsi que des tartes flambées en soirée.

Direction Villers

Concernant le concours de labour, il n’a rassemblé cette année que huit participants : quatre dans la catégorie labour à plat et quatre pour celle du labour en planches. Comme chaque année, l’épreuve s’est déroulée en deux temps. Le matin avec le tracé d’ouverture et l’après-midi avec le reste du labour. Les commissaires et membres du jury placés sous la présidence de Claude Gretter devaient noter et surveiller le tracé d’ouverture qui devait être rectiligne et propre, les bandes de terre de l’ados droites et uniformes, la raie de labour nette et bien dégagée, d’une profondeur régulière, l’apparence générale du labour et la parcelle piquetée entièrement labourée avec une dérayure finale propre, droite et peu profonde. Les premiers de chaque catégorie (plat et planches) représenteront le Haut-Rhin à la finale régionale Grand Est qui se déroulera ce dimanche 28 août à Villers près de Mirecourt dans les Vosges. Ce jour-là, tous les vainqueurs des dix départements d’Alsace, de Champagne-Ardenne et de Lorraine se disputeront la qualification pour la finale nationale fixée du 9 au 11 septembre à Landevieille en Vendée.

Pour la catégorie labour à planches, c’est Pierre Heymann, 20 ans de Sainte-Croix-en-Plaine qui s’est imposé avec 194 points devant Damien Zwingelstein de Wolfgantzen (188 points), Luc Brickert de Guémar (166 points) et Laurent Kuentz de Kembs (155 points). Pour le labour à plat, l’épreuve a été nettement dominée par Alexandre Tempé qui a obtenu 239 points. Il devance Raoul Happel de Sausheim (182 points), Jonathan Gerum de Friesen (169 points) et Lilian Baschung de Burnhaupt-le-Bas (156 points). Agé de 30 ans et neveu d’exploitant agricole, Alexandre Tempé est bien connu dans le monde agricole. « Je travaille à la coopérative agricole de céréales à Colmar. J’habite Ensisheim. C’était aujourd’hui ma troisième participation. J’avais terminé deuxième l’an passé et quatrième il y a deux ans. Je me suis entraîné pour obtenir ce résultat. Mon objectif pour la finale régionale ? Y participer, c’est déjà bien », conclut Alexandre Tempé.

Aucune filière n’est épargnée

La remise des prix s’est déroulée en présence du président du Conseil départemental du Haut-Rhin et député Éric Straumann, du président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger et du président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin Christophe Bitsch. Ce dernier, après avoir félicité les participants, n’a pas caché que cette manifestation se déroulait dans un contexte économique compliqué. « En cette période difficile, on ne peut même plus parler d’année car la situation dure depuis plus d’un an, rien ne va ! Aucune filière n’est épargnée : la météo a été néfaste aux céréales, aux vignes, aux productions maraîchères, mais ça nous pouvons l’accepter. Le problème, c’est que ces difficultés se sont combinées à des marchés totalement dégradés par la spéculation et le ralentissement de l’économie mondiale. Résultat : l’ensemble des filières céréales, le lait, la viande sont dans le rouge, et ce marasme pourrait en décourager plus d’un et ce serait légitime. Mais, chez les jeunes agriculteurs, quoi qu’il arrive, nous ne renoncerons jamais à nos valeurs. On se battra. Notre raison d’être est là ! L’avenir nous voulons le construire grâce à notre dynamisme. Cet été nous en avons donné la preuve au travers de trois soirées tartes flambées, quatre fermes ouvertes, des opérations sourires et en apothéose, cette finale de labour. Sans oublier nos engagements solidaires, aux côtés de l’AFDI depuis des années, mais aussi pour des opérations ponctuelles telles que les 24 h du football du FC Balschwiller dont les bénéfices ont été reversés à une association qui s’occupe d’hospitalisation à domicile... Nombre de JA ont participé à l’opération « plastique rose » pour financer la recherche contre le cancer du sein. La solidarité nous tient à cœur ».

Revenant sur la manifestation du jour, Christophe Bitsch a rappelé l’importance du travail de labour. « Un jour, un monsieur m’a dit : « si tu veux que ton sillon soit droit, accroche ta charrue aux étoiles ». L’activité agricole est sans doute le plus bel accomplissement pour un homme ici-bas. Quelle activité est plus utile ? Aucune ! Depuis la nuit des temps, l’agriculture est sublimée par les hommes et les femmes qui la pratiquent. En regardant autour de vous partout dans la campagne alsacienne, vous constaterez par vous-même la beauté des paysages dessinés par l’agriculture. Et tout cela a démarré un jour par cette activité millénaire qu’est le labour. Alors aujourd’hui ce concours est bien celui de l’excellence de la jeunesse, une compétition où le sillon est droit, où malgré tout l’entraide, la solidarité et la convivialité s’imposent d’elles-mêmes. Je vois dans ces jeunes laboureurs un avenir radieux de notre métier, et dans ces parcelles où la terre vient d’être retournée, des messages d’espoir, retournés comme on tourne la page d’un livre », a-t-il conclu. Pour sa part, le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger s’est félicité du bon déroulement de la manifestation, mais a lui également constaté la morosité des filières agricoles. « Que ce soit le lait, la viande et maintenant le blé avec des rendements au plus bas et des prix qui ne compensent pas les charges de production. On espère maintenant des jours meilleurs, notamment avec la récolte de maïs. Le 5 septembre prochain, avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, nous allons rencontrer les organisations professionnelles alsaciennes pour savoir comment passer ce cap difficile. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas baisser les bras et continuer à croire en notre métier. En Alsace, on produit de la qualité avec une jeune génération bien formée. Gardons espoir pour passer ce cap et, comme aujourd’hui, traçons notre sillon ». Le mot de la fin est revenu au président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Éric Straumann qui, dans une allocution a salué la profession agricole. « Même en ayant moins de pouvoirs que par le passé, le département est toujours à vos côtés. Félicitations aux organisateurs, aux jeunes agriculteurs et aux participants pour cette belle journée qui montre que vous ne baissez pas les bras ».

Le bilan

272 511 visiteurs en onze jours

Vigne

Publié le 18/08/2016

Compte tenu du contexte économique et surtout sécuritaire vécu actuellement en France, Christiane Roth, présidente de Colmar Expo SA et présidente de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Colmar et du Centre Alsace, et Christophe Crupi, directeur des foires et salons de Colmar Expo, n’ont pas caché leur soulagement mardi 16 août au moment de faire un bilan de cette 69e foire aux vins d’Alsace de Colmar. « Ces onze jours de foire se sont très bien passés. Il faut dire que, de notre côté, il n’y a jamais eu d’ambiguïté dans l’organisation de la manifestation. Il n’a jamais été question de ne pas l’organiser. Contrairement à ce que certaines rumeurs ont pu affirmer. Nous sommes toujours allés de l’avant », explique Christiane Roth. Néanmoins, la sécurité était au cœur du dispositif de l’organisation. « Il y en avait davantage certes, mais rien d’extraordinaire. Juste ce qui était nécessaire compte tenu du contexte national. Concernant nos relations avec les autorités, elles ont été très bonnes. Nous avons répondu à toutes les demandes », ajoute la présidente de Colmar Expo SA. Une bonne édition même si, elle le reconnaît, des interrogations sont évidentes sur la fréquentation en journée. « Jusqu’à 16 h 30, 17 h, les allées étaient effectivement plutôt clairsemées. Ensuite, le public était bien présent. Il n’y pas a eu non plus d’effet sur le jour férié du 15 août ou sur les week-ends où il a fait chaud, mais sans canicule. Enfin, toutes nos animations ont connu un vrai succès », se félicite, en conclusion, Christiane Roth.

« Colmar reste très prisé »

Le soulagement est le même pour Christophe Crupi. « Nous sommes heureux du bon déroulement de cette foire aux vins. Au début, c’est vrai, on a senti une petite tension suite au climat général que l’on vit actuellement en France. Mais, ensuite, cela s’est rapidement détendu. Nous tenons à remercier toute l’équipe de Colmar Expo, mais également les services de sécurité qui ont facilité notre tâche. Il y a d’ailleurs eu moins d’interventions sanitaires. Un grand merci également à la Croix Rouge sur qui nous pouvons compter chaque année », poursuit le directeur des foires et salons de Colmar Expo SA. Il a ensuite donné les chiffres de fréquentation de cette 69e édition. Les organisateurs ont comptabilisé 272 511 visiteurs, soit une baisse de 2,2 % par rapport à 2015. Le festival a lui enregistré 80 436 visiteurs, soit une hausse de 6,5 %. La répartition globale du public est de 71 % pour la foire et de 29 % pour le festival. « Là également, nous sommes satisfaits. Le festival a connu un succès intéressant qui s’explique par des concerts et une programmation éclectique, et une adhésion forte du public. Cette augmentation des festivaliers atténue la baisse des entrées de la foire », observe Christophe Crupi. Concernant les exposants, au nombre de 352, il estime que la manifestation reste une plate-forme économique de première importance qui assure aux exposants une promotion, une visibilité et une vitrine commerciale pendant onze jours. « Après, il est évident que le bilan est mitigé selon les secteurs d’activité. Ce que l’on sait, c’est que des commandes ont été réalisées et que le onzième jour a apporté un petit « plus » par rapport à l’année précédente. Certes, des exposants ont souffert. Mais, Colmar reste très prisé », constate encore Christophe Crupi.

« On travaille sur le 70e anniversaire »

Une autre réussite de cette foire aux vins, ce sont ces plus de 500 heures d’animations un peu partout dans le parc-expo. « La feuille de vigne, mais également les apéros vinos et les dégustations de vins ont connu un véritable succès », conclut Christophe Crupi. Avec son équipe, il travaille déjà sur le 70e anniversaire de cette foire aux vins, du jeudi 27 juillet au dimanche 6 août 2017. « Nous proposerons des nouveautés et moments inédits. Nous sommes actuellement en train de finaliser l’affiche de cette prochaine manifestation. Nous collaborons avec le musée Hansi de Colmar qui, il faut la rappeler, avait réalisé l’affiche de la première édition en 1947. Ensuite, nous pouvons déjà affirmer que ce sera un rendez-vous important et festif. Nous voulons poursuivre la dynamique insufflée, être toujours aussi attractif et demeurer un lieu de rencontres, d’émotions et de découvertes », conclut Christophe Crupi. En revanche, au lendemain de cette 69e édition de la foire aux vins d’Alsace de Colmar, aucune grosse annonce n’a été faite pour 2017. Pas même l’éventuelle présence d’une grande tête d’affiche, de renommée internationale, au festival qui, selon les rumeurs, expliquerait en partie le changement de date de cette manifestation.

Comité des reines des vins d’Alsace

Rencontre royale

Vigne

Publié le 13/08/2016

La journée a débuté par la visite de la foire aux vins puis par un déjeuner au restaurant de Patrick Fulgraff dans la halle aux vins. Une trentaine de Reines des vins d’Alsace et de dauphines se sont retrouvées. Parmi elles, la fidèle Marguerite Binner-Bannwarth, première Reine des vins d’Alsace en 1954-1955 qui vient de fêter son 80e anniversaire, Marie-Odile Goefft-Weiss jeune mariée depuis le 18 juin et à l’origine des premières retrouvailles, Martine Guth l’actuelle présidente du comité des reines des vins d’Alsace, sans oublier le nouveau trio royal 2016. Lors de l’assemblée générale, une rétrospective des actions menées l’année écoulée a été présentée. Des réunions de travail du bureau du comité ont lieu tous les deux à trois mois au conseil interprofessionnel des vins d’Alsace à Colmar. Et puis, il y a les visites sur « le terrain » : celle du Rangen à Thann, au domaine Becht à Dorlisheim, à la confrérie St Urbain à Kintzheim, à celle de l’ordre des oenophiles à Marlenheim et à la confrérie Saint-Etienne à Kientzheim pour une dégustation de vieux millésimes. Des réunions régulières ont également lieu avec Christophe Crupi pour préparer déjà l’organisation de la rencontre de 2017 à l’occasion du 70e anniversaire de la foire aux vins et l’élaboration en commun de la future nouvelle affiche.

Etre davantage associé à l’élection

Lors de cette réunion, l’évolution du règlement de l’élection de la reine des vins d’Alsace a également été évoqué. Et notamment le fait que les candidates étaient pour la première fois, invitées à postuler sur le site du Civa où 54 candidatures avaient été enregistrées. Les candidates retenues après une première sélection devant ensuite faire « campagne » sur les réseaux sociaux. Le comité des reines des vins d’Alsace s’est interrogé sur les conditions et les critères de cette présélection. Le comité compte faire savoir aux organisateurs qu’il souhaite, à l’avenir, être davantage associé à l’organisation de cette élection. De nombreuses reines et dauphines présentes ont rappelé qu’elles ont été, en leur temps, des « Reines des Vins d’Alsace et non pas des Miss. Cette philosophie doit se poursuivre ».

La fin de l’assemblée générale a été consacrée aux projets pour les mois à venir. À savoir : la poursuite des sorties « sur le terrain », la création d’une oriflamme, l’élaboration d’une nouvelle cuvée, la préparation de la soirée de gala des reines et dauphines lors de la 70e foire aux vins. Cette soirée de gala a été fixée le soir de la journée d’ouverture, le jeudi 27 juillet 2017. Enfin, il est question de créer une œnothèque des cuvées des reines et des dauphines.

Le dernier rendez-vous de la journée de cette sixième rencontre royale a été l’animation en soirée de « l’apéro vino » dédié cette année uniquement et spécifiquement au comité des reines des vins d’Alsace.

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