Association des viticulteurs d'Alsace
Des vendanges amicales pour le nouveau préfet du Haut-Rhin
Association des viticulteurs d'Alsace
Vigne
Publié le 11/10/2016
Originaire de Bourgogne, le monde viticole n’est pas inconnu pour le nouveau préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, qui a accepté avec plaisir de vendanger une parcelle de pinot auxerrois située à Obermorschwihr en compagnie du député-maire de Ribeauvillé, Jean-Louis Christ, d’élus de la Chambre d'agriculture d’Alsace, et de représentants du monde viticole alsacien.
« Cette année, nous avons le sourire. Après trois millésimes difficiles qui ont fait fondre nos stocks, la quantité est là tout comme la qualité qui nous a toujours été fidèle. Regardez ces belles grappes bien chargées. La difficulté cependant qui nous préoccupe reste cette maladie cryptogamique du bois, l’esca. Elle nous inquiète car, regardez ces trous dans nos rangées. Nous devons couper et replanter. À l’avenir, il va falloir intensifier la recherche, sinon nous allons avoir de gros problèmes. Il faut un programme de recherche ambitieux pour faire face à cette épidémie qui pourrait se révéler aussi dévastatrice que le phylloxera il y a un siècle. Dans certaines parcelles, le taux de mortalité des ceps peut atteindre 10 % », explique Jérôme Bauer. Puis, pendant une heure, le préfet du Haut-Rhin donne des coups de sécateurs.
« Je serai votre partenaire »
Au terme de ces vendanges de l’amitié, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) convie ses invités à visiter l’exploitation familiale. L’occasion de présenter au préfet les missions de l’association. « L’AVA est le syndicat de défense des vignerons. Il accompagne les vignerons dans leurs démarches. Il joue, en premier lieu, un rôle syndical. Sa seconde mission est d’être un organisme de gestion des appellations. Nous traitons tout ce qui concerne le cahier des charges, les contrôles et le respect de la production. L’AVA est l’autorité de la viticulture alsacienne au sein de la production pendant que le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) s’occupe de la promotion, de la commercialisation et de la communication », souligne Jérôme Bauer.
Le président de l’AVA évoque ensuite les sujets d’actualité. À commencer par l’affaire Albrecht qui n’avance toujours pas sur le plan judiciaire. « Je ne sais pas si l’AVA va pouvoir contenir encore longtemps la colère des viticulteurs lésés. Je compte sur votre soutien. La séparation des pouvoirs n’interdit pas au préfet que vous êtes de parler avec le nouveau procureur de Colmar pour essayer d’accélérer la procédure judiciaire », affirme Jérôme Bauer. « Je m’entretiendrai avec le procureur pour qu’il m’éclaire sur le dossier, et pour avoir un calendrier sur le règlement de cette affaire », répond Laurent Touvet.
Jérôme Bauer s’intéresse ensuite à un autre sujet : la future réglementation nationale sur l’épandage de produits phytosanitaires dans les vignes. « Avec l’élargissement des zones de non-traitement (à 200 mètres des habitations), 3 000 hectares de vignes pourraient être condamnés en Alsace. Ce plan est inapplicable », estime le président de l’AVA qui souhaite que la profession et les pouvoirs publics travaillent ensemble sur une solution adaptée. Il met en avant le sens des responsabilités des viticulteurs en matière de sécurité des habitants et de l’environnement. Laurent Touvet indique avoir transmis un rapport à Paris, pour prévenir des difficultés de mise en œuvre et de contrôle de cette réglementation. « Je serai votre partenaire pour essayer d’obtenir une atténuation du futur dispositif et des règles plus raisonnables », promet le préfet du Haut-Rhin. De manière plus générale, la viticulture dénonce l’excès de contraintes réglementaires qui est en train d’étouffer les entreprises.
La matinée s’est terminée par le verre de l’amitié puis un déjeuner commun avec au menu un baeckeoffe.












