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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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JA du Sundgau

La ferme Schweitzer ouvre ses portes

Vie professionnelle

Publié le 11/08/2016

Les jeunes agriculteurs comptent profiter de cette journée pour promouvoir leur métier et le faire découvrir au grand public. Cette journée sera aussi l’occasion de casser quelques préjugés sur l’agriculture d’aujourd’hui et de resserrer le lien entre producteurs et consommateurs. L’objectif de cette ferme ouverte est d’être un moment propice aux échanges sur la ferme de la famille Schweitzer. Le père, Rémy, est le responsable d’une première EARL située à Vieux-Ferrette. Il a repris au milieu des années 1980, hors cadre familial, l’exploitation de la famille Gerster. Aujourd’hui, elle occupe une surface de 85 hectares, avec un élevage de 240 bêtes en moyenne. Le fils, Émile, qui a été président des jeunes agriculteurs du Sundgau et qui en est aujourd’hui le secrétaire, gère une seconde EARL appelée « Le Noyer ». En 2008, il s’est également installé hors cadre familial. «M’installer avec mon père à l’époque, n’était pas possible car la surface de travail ne suffisait pas pour permettre mon installation. J’ai repris une exploitation céréalière située à Diefmatten. Sur 120 hectares, avec mon beau-père qui me donne encore un coup de main, nous y produisons notamment du maïs, du blé et de l’orge», explique Émile. Dans cinq ans, son père Rémy partira à la retraite. Le jeune agriculteur compte alors regrouper les activités, et faire évoluer sa production. « Nous allons arrêter le lait, car sur la totalité du quota de 300 000 litres, nous en produisons encore 200 000. Cela fait des années qu’on en parle. Là, cela va être le moment. Le lait ne rapporte plus rien. Afin de valoriser la surface en herbe, je compte reconvertir le troupeau en vaches allaitantes. Il y en aura une quarantaine. Pour le moment, le cheptel est constitué de croisées limousines. À terme, il n’y aura que des limousines. J’ai opté pour cette race car l’élevage est facile, elle est rustique et produit de la viande de qualité. Ce printemps, mon père a acheté une quarantaine de broutards de race limousine dans le berceau de la race», ajoute Émile.

« Il faut arrêter les effets d’annonces »

Les graves difficultés auxquelles sont confrontés à l’heure actuelle les éleveurs et le monde agricole tout entier, les jeunes agriculteurs du Sundgau comptent bien profiter de cette ferme ouverte pour en parler avec le grand public, mais aussi avec les officiels qui répondront présents. « Le Sundgau reste un secteur d’élevage. Mais, c’est cependant très compliqué. Le prix du lait se situe actuellement autour de 260 euros les 1 000 litres. Et depuis 18 mois, la baisse est continue. Nous perdons de l’argent, nous travaillons à perte. Ce n’est plus possible. 300 euros seraient le minimum du minimum. Et surtout, l’État ne cesse de faire des effets d’annonces que les médias retranscrivent. L’État a annoncé un déblocage pour les éleveurs de plusieurs millions d’euros. Mais, nous, on ne voit rien venir, ou si peu. Ces effets d’annonces font croire à la population que nous sommes écoutés. Nous allons donc expliquer aux gens que ce n’est pas le cas », explique Sébastien Hell, président des jeunes agriculteurs du Sundgau. Pour autant, les deux professionnels sont toujours passionnés par leur métier. Et, avec leurs collègues JA, ils comptent bien promouvoir l’agriculture lors de cette ferme ouverte. Une journée qui débutera avec la présentation du silo de la Coopérative Agricole de Céréales qui se trouve sur le site de la ferme. Le vin d’honneur et la partie officielle auront lieu à 10 h 30. Les visiteurs pourront ensuite partir à la découverte de l’ensemble de l’exploitation, les bâtiments, les taurillons et les vaches. À partir de 11 h 30, il sera possible de se restaurer sur place. Un marché paysan avec des producteurs locaux, diverses animations comme des structures gonflables pour les enfants, une tombola, une exposition de matériel agricole et enfin, en soirée, la possibilité de déguster des tartes flambées sont encore prévus au programme. Une journée chargée pour les jeunes agriculteurs du Sundgau qui ne manquent pas de dynamisme tout au long de l’année avec l’organisation de l’opération Tellus, une soirée tarte flambée à Riespach et, à venir, des réunions à thèmes cet hiver pour évoquer l’actualité agricole. Ils parleront certainement de la récolte de blé qui n’est guère réjouissante. « Cela fait effectivement des années qu’on n’a pas vu cela. Nous sommes installés depuis 2008 et nous n’avons, nous, jamais eu de tels rendements. Nous espérons maintenant que le maïs va sauver tous ces résultats. Il faut être optimiste pour l’avenir », conclut Sébastien Hell.

69e foire aux vins d’Alsace de Colmar

Si le vin manque, il manque tout

Vigne

Publié le 10/08/2016

Invité d’honneur de l’inauguration de la 69e foire aux vins d’Alsace, le chef trois étoiles de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, Marc Haeberlin, a souligné l’importance de l’événement « pendant cette période sombre ». Avec un élan d’optimisme, tandis que des signes d’embellie pointent dans l’horizon économique. Plus à l’aise, de son propre aveu, derrière les fourneaux que devant un micro, Marc Haeberlin a rendu un hommage émouvant et sincère à la manifestation et à l’art de vivre à la française.

« L’obscurantisme ne triomphera pas, au pays de la gastronomie, de la table et des vins. Nous avons encore plus besoin de nous retrouver et de faire la fête, pour prouver à ces lâches et à ces abrutis que la vie est belle, et qu’elle continue. Cette foire aux vins rassemble tout ce qu’il y a de plus beau dans le terroir alsacien, et bien sûr tous les grands vignerons : nos cépages alsaciens peuvent s’allier à toutes les cuisines, traditionnelles, contemporaines ou exotiques. Oui, la foire aux vins est comme un restaurant, qu’elle soit belle et festive, alors bon appétit et large soif ! Mais avec modération. » Des propos enthousiastes qui ont évidemment ravi l’assemblée.

Une méthode d’élaboration rigoureuse

Le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Didier Pettermann, a profité de cette inauguration pour faire un tour d’horizon de l’actualité viticole. Il a salué le 40e anniversaire de l’AOC crémant d’Alsace, une appellation qui a profondément bouleversé la physionomie de la filière. « Dans les années 1970, l’Institut national de l’appellation d’origine (Inao) souhaitait clarifier l’offre des vins effervescents pour faciliter l’émergence des productions d’AOC. Le choix s’est porté sur le terme « crémant » pour qualifier l’ensemble des AOC qui accepteraient de se ranger sur une méthode d’élaboration rigoureuse, comprenant à la fois le pressurage du raisin entier, la limitation du taux d’extraction de la vendange, et la deuxième fermentation en bouteille. Il se trouve qu’à cette époque, l’Alsace faisait preuve d’une belle antériorité dans le domaine des effervescents, puisqu’une maison célèbre s’était lancée dans cette belle aventure dès l’aube du 20e siècle ». Les volumes représentent désormais 27 % de l’ensemble de la production régionale. Ce qui assure au crémant d’Alsace une position de leader incontesté dans la famille des crémants.

Le président du Civa a également évoqué la clarification de la loi Évin au cours de cette année 2016 et la réussite de nombreux événements qui témoignent de l’attractivité du vignoble alsacien comme, par exemple, le slowUp du dimanche 5 juin, le salon Millésimes Alsace le 13 juin ou encore le Marathon du vignoble d’Alsace qui, petit à petit, devient une référence. Concernant la situation économique, Didier Pettermann se veut optimiste malgré les difficultés. « Durant ces trois dernières années, la nature n’a pas été très généreuse avec notre vignoble avec trois petites récoltes très en dessous des besoins de nos marchés. Nous connaissons les prévisions de récolte 2016. Elles nous laissent espérer le retour à la normale. Mais, la saison viticole n’est pas terminée et certains secteurs ont souffert de l’excès d’eau durant ce début d’année. Et comme disait mon grand-père, nous ne pourrons nous faire une idée de la récolte que lorsque nous l’aurons en cave. » Il a également relevé la qualité du millésime 2015 que certains n’hésitent pas à qualifier de « millésime du siècle ». Parallèlement, les ventes à l’export progressent (+ 6,7 %) depuis le 1er janvier sur l’ensemble des pays tiers. « Cette évolution positive sur les marchés lointains mérite d’être soulignée car s’ils représentent encore des volumes relativement modérés, ils montrent un intérêt croissant pour les vins d’Alsace qui sont d’ailleurs mieux respectés et valorisés sur ces marchés. Cela doit nous encourager à poursuivre l’effort de communication engagé dans ces pays avec le soutien du budget européen depuis 2009 », a ajouté Didier Pettermann.

Une meilleure valorisation des vins d’Alsace

Le président du Civa a profité de la tribune pour insister une nouvelle fois sur la nécessité de repenser la stratégie collective de la filière viticole. Il avait déjà tenu ces propos lors de son élection, en appelant les professionnels à être unis pour faire progresser les vins d’Alsace. « Cela doit nous permettre d’avancer sur différents sujets de préoccupation comme, par exemple, la recherche d’une meilleure valorisation des vins d’Alsace. Pour y parvenir, nous devons définir, ensemble, notre identité, améliorer la lisibilité de notre gamme extraordinairement riche de diversité, créer de la valeur en promouvant la qualité des vins et leur image. Nous devons également conforter la recherche et le développement pour la mettre au service de nos préoccupations prioritaires : préserver la santé du vignoble, préparer l’avenir avec du matériel végétal parfaitement adapté, poursuivre notre orientation de développement qualitatif des vins d’Alsace. Nous devons également nous engager sur le plan national pour mettre nos moyens en synergie avec ceux des autres vignobles comme nous le faisons avec le Comité national des interprofessions vinicoles (CNIV) et avec le soutien de FranceAgriMer sur le plan national de lutte contre les dépérissements ! »

Et d’insister sur la nécessité de renforcer l’accompagnement des entreprises dans leurs choix économiques, faciliter la dynamique de mise en marché, et notamment d’export, et redynamiser le marketing et la communication autour des vins d’Alsace. « Il faut partir de notre ADN, de ce que nous sommes et surtout de ce que nous voulons être. Ce message doit être perceptible dans chaque affiche, dans chaque encart presse. Il doit être une vraie ligne conductrice de notre stratégie à long terme. Et nos metteurs en marché doivent se l’approprier sur leurs propres outils. Le vin d’Alsace est le fleuron de notre patrimoine régional. Il est une composante majeure de notre économie, créateur de richesse et d’attractivité pour le territoire alsacien », a-t-il conclu.

Promouvoir une filière ambitieuse

La foire aux vins d’Alsace de Colmar peut aider la profession viticole et agricole à se promouvoir. Une filière qui est au cœur de l’activité économique de la région comme l’a rappelé Christiane Roth, présidente de Colmar Expo et de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Centre Alsace. « Ce rendez-nous revêt cette année une importance particulière, car il témoigne également, dans le contexte sécuritaire national, de notre volonté de maintenir des événements festifs et de continuer nos activités sociales et économiques, en prenant toutes les mesures de sécurité nécessaires. Certes, le chômage reste trop élevé en Alsace, à plus de 9 %, malgré une stabilisation ces douze derniers mois. Mais les tendances pour les prochains mois sont plutôt positives, tant sur le chiffre d’affaires que sur le carnet de commandes ou l’emploi. Les créations d’entreprise ont rebondi de manière significative au cours du premier trimestre 2016 : + 10 % dans le Haut-Rhin et + 26 % dans le Bas-Rhin, grâce au plan de revitalisation à Colmar et dans ses environs, 34 entreprises ont été soutenues et 400 emplois sont en passe d’être créés. Mais, seuls les investissements ne suivent pas ces tendances car les chefs d’entreprise se montrent encore prudents même si les projets sont nombreux dans le Centre Alsace ». De son côté, le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a salué ces améliorations économiques, et notamment sur Colmar. Il a estimé que « si la foire aux vins pouvait paraître en décalage par rapport aux attentats ailleurs en France, il faut continuer à aller de l’avant. Car oui, c’est toujours un grand moment d’être présent ici. Il faut continuer de promouvoir cette filière viticole ambitieuse, d’excellence, dans une démarche collective, de proximité et d’authenticité ».

350 exposants et une nouvelle reine des vins d’Alsace

Sur cette note d’optimisme, la 69e foire aux vins d’Alsace a été inaugurée après la traditionnelle passation de « pouvoir » du trio royal. La cape a été remise à la nouvelle reine des vins d’Alsace, Mathilde Fleith, de Beblenheim. Près de 350 exposants et presque autant d’animations attendent les visiteurs en onze jours d’ouverture. Une bonne trentaine d’entre eux sont présents pour la première fois comme le viticulteur Damien Schueller d’Husseren-les-Châteaux. Les vins d’Alsace restent les « stars » de l’événement tout comme les entreprises agricoles qui sont présentes au cœur d’un parc agricole toujours plus agréable. Et comme l’a souligné, Christophe Crupi, directeur des foires et salons, « si le vin manque, il manque tout ».

Fête du vin et de la gastronomie à Ribeauvillé

Sous le signe du saké

Vigne

Publié le 08/08/2016

La 88e édition de la foire aux vins de Ribeauvillé s’est voulue diversifiée et ouverte à toutes les sensibilités. Samedi 23 juillet après-midi, Romain Iltis, meilleur sommelier de France en 2012 et chef sommelier à la Villa Lalique à Wingen-sur-Moder, a proposé une dégustation commentée de vins, intitulée « Les rouges d’Alsace ». Dégustation très suivie par le public. « Il me tenait à cœur de parler des vrais vins rouges d’Alsace, qui sont à l’image de l’évolution d’un vignoble. On revient ainsi vers un passé qui fut très riche », a-t-il expliqué.

Et après les vins, les sakés. En début de soirée, huit producteurs japonais ont fait découvrir leurs produits. « La principale matière première du saké est le riz. Dans notre pays, il est considéré comme le produit agricole le plus important, il constitue l’aliment de base et occupe une place fondamentale dans notre culture. Le saké est, lui, apprécié depuis plus d’un millénaire. La façon dont on le consomme varie selon les saisons et les coutumes locales. La production du saké débute après la récolte de riz en automne et se poursuit par la fermentation pendant les jours froids d’hiver. De sorte à être prêt pour célébrer l’arrivée des fleurs de cerisiers au printemps », a précisé un producteur japonais lors de cette dégustation.

Cook show

Dimanche, après l’apéritif concert animé par l’orchestre folklorique Les Wiemeckla, la journée s’est poursuivie avec un cook show sur le thème du Japon, présenté par la chef japonaise, Asako Hattori, et l’Alsacien Daniel Zenner. Ces démonstrations s’inscrivaient parfaitement dans cette édition 2016 placée sous le signe du Japon. Les produits ont été servis avec des sushis préparés par Asako Hattori, venue de Paris pour montrer comment l’on en prépare de bons. « Tout réside dans la qualité des produits et dans la cuisson du riz », a-t-elle souligné. Daniel Zenner a, pour sa part, traité du mariage entre gastronomie et plantes sauvages.

« Nos différences sont nos richesses »

Vendredi 22 juillet, cette 88e édition de la foire aux vins de Ribeauvillé, 9e associée à la fête de la gastronomie, avait été ouverte par le président du Syndicat viticole de Ribeauvillé, Francis Fischer. « Notre objectif est clair : vous faire découvrir, déguster et apprécier les vins et eaux-de-vie de nos terroirs, mais aussi les marier avec les plats minutieusement concoctés par les restaurateurs, pâtissiers et fromagers de Ribeauvillé. Le tout, avec quelques nouveautés. Cette année, nous proposons de faire découvrir le Japon, ses produits, sa culture », a expliqué Francis Fischer.

Il s’est exprimé en présence M. Shimizu, consul général du Japon, qui a présidé la cérémonie d’inauguration à la salle du Parc. Le diplomate a salué les bonnes relations entre son pays, la France et surtout l’Alsace. « C’est un grand honneur pour mon pays d’être l’invité d’honneur de cette foire aux vins et de la gastronomie de Ribeauvillé, la plus ancienne foire aux vins d’Alsace. Merci aux organisateurs pour cette invitation, mais surtout de nous permettre de présenter nos produits et de vous faire découvrir toutes leurs spécificités. »

Peu avant, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace, Jérôme Bauer, avait salué la tenue de cette manifestation qui se déroule dans une période économique difficile. « Nos marchés ne sont pas au beau fixe après trois petites récoltes consécutives. Nous manquons de disponibilités et nos vins subissent une concurrence d’autant plus rude que d’autres produits ont été travestis en vins d’Alsace. Nous avons donc un défi à relever. Nous sommes Alsaciens et nous devons l’assumer et l’afficher. Assumons ce que nous sommes pour éviter de nous faire usurper. » Jérôme Bauer a également insisté sur la nécessité de valoriser les vins d’Alsace en termes de prix, mais également au niveau de la communication globale.

Le député-maire de Ribeauvillé, Jean-Louis Christ, a pour sa part salué cette manifestation et ces liens avec le Japon. « Que ce soit au Japon ou en Alsace, il y a cette même passion des producteurs. Nous allons tous ensemble tisser des liens d’amitié à travers ces dégustations communes. Nos différences sont nos richesses », s’est-il félicité. La manifestation a ensuite été officiellement ouverte après quelques mots de la reine des vins d’Alsace, Lætitia Pantzer.

Du 5 au 15 août au Parc des expositions de Colmar

Onze jours de fête autour des vins d’Alsace

Vigne

Publié le 03/08/2016

Après avoir attiré 278 658 visiteurs en dix jours l’an dernier, soit un peu moins que le record de 2014 (285 206 visiteurs), les organisateurs de la 69e foire aux vins d’Alsace espèrent « environ 280 000 visiteurs » en onze jours, « même si on n’est pas dans la course aux chiffres », explique le directeur de la foire, Christophe Crupi. Le public sera attendu par près de 350 exposants, avec 74 % d’Alsaciens et 10 % de nouveaux venus, dont un viticulteur : Damien Schueller de Husseren-les-Châteaux. Car, une nouvelle fois, le vin d’Alsace sera bien à l’honneur de la manifestation. Avec, au programme, des dégustations et des animations autour des différents cépages alsaciens avec les apéro-vino et le stand collectif du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Mais, également, des conférences et des initiations à la dégustation animées par des spécialistes passionnés. Sans oublier, les after-wine, et l’intronisation de la reine des vins d’Alsace lors de l’inauguration ce vendredi 5 août.

Dans la Halle aux vins, le stand de la Feuille de vigne, qui a été totalement repensé et réaménagé, proposera quelque 66 vins et crémants issus de 66 domaines alsaciens à la dégustation. Dans le hall 4, on retrouvera le stand collectif du Civa avec l’ensemble des familles professionnelles. Là, plus de 500 vins seront proposés à la dégustation, parmi lesquels les vins primés lors du 45e concours des vins d’Alsace de Colmar. Tous les jours, de 18 h 30 à 19 h 30 à la halle aux vins, les apéro-vino seront proposés par les confréries viniques d’Alsace, l’association des sommeliers d’Alsace et le comité des reines des vins d’Alsace. Enfin, Pascal Léonetti et Serge Dubs commenteront huit à dix vins, respectivement les vendredis 5 et 12 août, de 19 h 30 à 21 h à l’espace congrès salle crémant, (il convient de réserver préalablement sur www.foire-colmar.com).

Conférences, dégustations, cook shows

Les verres en verre étaient déjà interdits l’an dernier à partir de 21 h, y compris pour le vin. Mais celui-ci était parfois servi dans des verres en plastique jetable, ou réutilisable mais dans des contenants trop grands. La société Ecocup a conçu spécialement cette année un verre lavable en plastique dur de 15 centilitres. Quelques stands (Wolfberger, Ruhlmann, Hauller) proposeront une flûte en plastique dur de type polycarbonate, tandis que la Feuille de Vigne, le Civa et la cave de Beblenheim ont opté, eux, pour ce qu’on appelle communément un « verre de sécurité », qui ne produit pas d’éclats s’il se brise.

Côté conférences, une séance solennelle de dégustation appelée « le cérémonial des vins d’Alsace » sera organisée dimanche 7 août de 15 h 30 à 18 h au château de la confrérie Saint-Étienne à Kientzheim avec un départ en bus du Parc des expositions de Colmar (à réserver préalablement). Une dégustation de millésimes anciens sera proposée les samedis 6 et 13 août et le lundi 15 août, de 15 h à 16 h 30 à l’espace congrès, salle riesling (sur réservation). Le samedi 6 août sera consacré aux années en 6 (1996, 1986, 1976, 1966), le samedi 13 août aux influences du terroir sur le riesling et le lundi 15 août à une balade dans les allées de l’œnothèque ou la découverte des pépites connues et moins connues du vignoble alsacien. Il y aura également des conférences et des initiations à la dégustation des vins d’Alsace lundi 8, mercredi 10 et vendredi 12 août de 17 h à 18 h 30 à l’espace congrès, salle riesling. Sans oublier les conférences professionnelles, les cook shows à la Halle aux vins les après-midi de 14 h 30 à 17 h, les animations diverses telles que de la danse, du cabaret, un loto ou encore un rallye cyclo.

Parc agricole et festival

Bien évidemment, la foire aux vins ne serait pas ce qu’elle est sans son parc agricole. C’est d’ailleurs la particularité de la manifestation. Les 350 exposants proposent des produits très ciblés pour les professions viticoles et agricoles. « C’est un rendez-vous professionnel de référence sur le Grand Est. Il est possible de découvrir les dernières nouveautés au niveau des tracteurs, des remorques viticoles, des cuves en inox, des appareils de remuage, des lignes d’embouteillage, des bouchons et capsules ou encore des machines à vendanger, des pressoirs et des produits œnologiques. Pour le grand public, c’est aussi une manière de comprendre l’évolution des différents métiers liés à la viticulture, de ses techniques, et d’offrir un regard résolument moderne sur cette activité professionnelle », assure Christophe Crupi. Bien entendu, comme chaque année, vous pourrez retrouver l’Est Agricole et Viticole et le Paysan du Haut-Rhin sur un stand commun avec Groupama et la Chambre d'agriculture d’Alsace (lire aussi en page 18). Tous les jours, de 13 h à 21 h, il sera possible de venir à notre rencontre et de découvrir nos animations. Et notamment le mercredi 19 août lors de la journée « Le Parc agricole fait sa foire ».

Bien entendu, la foire aux vins d’Alsace, c’est également tous ces autres exposants dans les différents halls et à l’extérieur du Parc des expositions. Et c’est le trop fameux festival avec des concerts très attendus comme celui des Insus (ex-Téléphone, le samedi 6 août), de Louane et LEJ (le 11 août), de Manu Chao et Teacher Jekyll (le 8 août), des Cranberries et Amy MacDonald (le 12), la Nuit Blanche (le 13), ou encore Alain Souchon et Laurent Voulzy (le 9 août). Sans oublier, tous les jours (sauf du 8 au 10 août), la « scène off » de 19 h à 20 h au stand DSP Poisson Rouge, également au parc agricole.

Pour terminer, de nombreux espaces de restauration seront ouverts tous les jours un peu partout. Il y en aura pour tous les goûts.

JA - canton de Saint-Amarin/Masevaux

Ferme ouverte le 24 juillet chez Guillaume Bissler

Élevage

Publié le 22/07/2016

Après en avoir été le vice-président pendant six années, Guillaume Bissler est depuis le début de cette année, le président des jeunes agriculteurs du canton de Sain-Amarin/Masevaux. Âgé de 29 ans, Guillaume Bissler, éleveur ovin et bovin est installé hors cadre familial, depuis 2009. Il possède un cheptel de 600 brebis et des agneaux de reproduction, un héritage de son grand-père, mais aussi une quinzaine de vache Highland. « Les brebis pâturent dès le début du printemps dans toute la vallée de la Doller, mais également à Vieux-Thann, à Cernay et au Ballon d’Alsace. Les agneaux, eux, vivent dans leurs cases d’agnelage avec leur mère pendant deux à trois jours, puis ils rejoignent des box collectifs en aire paillée », explique Guillaume Bissler. Le jeune agriculteur a également été le premier dans sa vallée à faire confiance à la race Highland, une race très ancienne. « Elle est très rustique, capable de vivre dans des conditions les plus difficiles mais’adapte également aux climats plus chauds. Elle est capable d’exploiter des pâturages pauvres et peut consommer une grande variété de végétaux de type arbustifs. Ce qui en fait une excellente débroussailleuse », ajoute Guillaume Bissler. Ses vaches Highland sont ainsi au pâturage toute l’année et se nourrissent d’herbe, de ronces et de broussailles. En hiver, elles reçoivent un complément de foin. Au niveau de la commercialisation, le jeune agriculteur pratique la vente directe. Il propose à ses clients des caissettes de viande d’agneau et/ou de bovins sur différents marchés paysans et approvisionne également certains bouchers et magasins de producteurs.

Communiquer sur le métier

Guillaume Bissler travaille seul sur son exploitation. C’est la raison pour laquelle il cherche à optimiser la gestion de son emploi du temps en ramenant l’ensemble de son cheptel sur un seul site contre trois aujourd’hui. « J’ai pour projet de construire un nouveau bâtiment pour l’ensemble de la bergerie et tout avoir ainsi au même endroit. Ce sera plus facile pour moi et cela optimisera mon travail », précise le jeune éleveur. Cette ferme ouverte permettra au public de découvrir l’ensemble de son cheptel, mais également d’autres animaux que présenteront les jeunes agriculteurs du canton. Il y aura également des chiens de troupeaux, et de nombreuses animations comme des démonstrations de tonte, des promenades en calèches, ou encore des contes pour les enfants. Sans oublier un marché du terroir avec de nombreux produits de la vallée. « Nous voulons communiquer sur notre métier, ses contraintes, ses atouts. Nous voulons également promouvoir notre savoir-faire à travers nos produits. Le monde agricole connaît une période difficile, mais ceux qui ont la chance de pouvoir travailler en vente directe trouvent des débouchés. D’autres arrivent à se démarquer avec des fermes pédagogiques, des gîtes à la ferme, des entreprises agricoles ou encore d’autres activités. Pour ma part, j’ai choisi d’être membre du réseau « Bienvenue à la ferme ». J’ai trouvé une clientèle avec mes caissettes de viande. Il faut maintenant pérenniser le tout pour assurer l’avenir », conclut Guillaume Bissler. Lui et les jeunes agriculteurs du canton de Saint-Amarin/Masevaux invitent le public à venir nombreux, découvrir la réalité agricole lors de cette ferme ouverte qui débutera dès 10 h le matin et se poursuivra toute la journée avec possibilité de restauration sur place.

 

Les 22, 23 et 24 juillet à Ribeauvillé
 

Fête du vin et de la gastronomie

Vigne

Publié le 21/07/2016

La plus ancienne foire aux vins d’Alsace s’annonce de haute tenue cette année encore. Le public aura une nouvelle fois l’occasion de découvrir la richesse des accords mets et vins avec la dégustation de 240 vins AOC, grands crus et crémants d’Alsace qui seront présentés dans la salle du Parc à Ribeauvillé en présence de 21 vignerons, sept restaurateurs, deux pâtissiers, un fromager et un distillateur. Cette année, Romain Iltis, meilleur sommelier de France 2012 et meilleur ouvrier de France 2015 en sommellerie sera le « parrain » de la fête. À ce titre, il animera une dégustation commentée sur « Les Rouges d’Alsace » samedi 23 juillet de 15 h à 16 h 30. La dégustation de vins sera suivie d’une dégustation de sakés, proposée par huit producteurs japonais venus spécialement pour l’événement. Le Japon étant l’invité d’honneur de cette 88e foire aux vins de Ribeauvillé. « Nous n’avons jamais eu d’invité d’honneur à cette manifestation. Mais, nos relations commerciales et amicales avec le Japon sont réelles. En discutant avec le consul du Japon, nous avons constaté qu’il était intéressé par la foire aux vins. Il faut rappeler que la route des vins d’Alsace est jumelée à la route du Saké. Les discussions ont permis d’organiser cet événement ensemble », se félicite Nicole Bott, membre du syndicat viticole en charge de la foire aux vins. La salle de dégustation des vins, à l’intérieur de la salle du Parc, se composera de trois îlots qui se suivront dans un ordre logique pour une dégustation optimale en lien avec la gastronomie.

Saké, vins d’Alsace, exposition d’art

Le public pourra profiter d’un stand de cuisine japonaise qui sera animé par Daniel Zenner et la chef japonaise Asao Hattori. Ils proposeront le « Chirashizuchi de Shizuoka » accompagné d’un verre de saké ou d’un verre de gewurztraminer. Il y aura également une exposition d’art du Centre européen d’études japonaises d’Alsace (CEEJA) dans la salle du Parc pendant les trois journées de la manifestation. Un espace coloriage « Manga » sera prévu pour les enfants. Sans oublier le Saké : « Les producteurs japonais vont venir avec 16 références différentes. Ils seront servis avec des mets japonais et alsaciens. De nombreuses autres animations sont prévues tout le week-end comme le vendredi soir, avec Pascal Lacom, le samedi soir avec l’orchestre Jean Chrispal et le dimanche, pour l’apéritif, à 11 h, avec la présence de l’orchestre folklorique « Les Wiemeckla » jusqu’à 15 h puis à nouveau Pascal Lacom tout l’après-midi. La fête foraine au jardin de ville et le bar à vins et crémant sous le chapiteau ponctueront ces trois jours festifs et gourmands », ajoute Nicole Bott.

Le syndicat viticole de Ribeauvillé, présidé par Francis Fischer peut de son côté se féliciter de pouvoir compter sur la participation de trois professionnels supplémentaires par rapport à l’année passée : le domaine Mittnacht frères à Hunawihr, la grange de l’oncle Charles à Ostheim et le domaine Jean-Paul Schmitt à Scherwiller, qui rejoignent les autres domaines fidèles de l’événement.

Après la confrontation européenne à Colmar

La holstein a créé de l’émotion

Élevage

Publié le 12/07/2016

Avec plus de 30 000 entrées réalisées en trois journées, un concours magnifique et des bénévoles présents en très grand nombre, Thomas Prinz est évidemment ravi. D’autant plus qu’il faut remonter quelques années en arrière. Lors de son arrivée à la présidence du Club Holstein 68. Ce jour-là, il l’avait bien expliqué. Il n’acceptait pas cette responsabilité juste pour être président, mais pour faire bouger les gens et organiser quelque chose de grand. Les objectifs sont donc atteints.

« Nous avons en effet réussi à dynamiser l’élevage alsacien, l’élevage haut-rhinois, mais surtout l’élevage du Sundgau. Les professionnels sont venus de partout, de tous les élevages, de toutes les races d’élevage. Au total, plus de 280 personnes ont participé à cet événement. Nous pouvons être fiers de cela. On nous avait dit que c’était impossible d’organiser une manifestation de cette ampleur, de mobiliser autant de monde. Nous l’avons fait. Le pari est gagné. Tout le monde a compris que c’était important d’être là. C’est une belle reconnaissance pour notre profession, pour l’élevage, pour la race holstein », se félicite Thomas Prinz.

Et les retours des professionnels européens sont également positifs. « Nous avons eu de nombreux messages de félicitations des participants, des juges, des responsables des différents pays présents. Le concours a été une grande réussite. La soirée des éleveurs également. Nos partenaires et nos sponsors se sont montrés surpris de l’ampleur de ce concours. Nous, au Club Holstein 68, nous le savions. Mais, sinon, personne ne semblait imaginer ce que ce rassemblement allait représenter. Il n’y avait que des passionnés », ajoute Thomas Prinz.

Communication difficile auprès du grand public

Il faut dire que ce concours a été de grande qualité. Avec une préparation des animaux exceptionnelle, un déroulement des différentes sections minuté, des écrans géants qui ont permis à l’ensemble du public de suivre en temps réel la manifestation. « J’en profite pour saluer le travail de notre régisseur, Luc Wendling. Nous lui avons expliqué pendant des mois avant le concours ce que nous voulions et ce que nous attendions de lui. Il a très bien compris. Résultat : il a fait cela comme un vrai spécialiste du monde de l’élevage, avec la musique qui allait, le jeu de lumière adapté, le son, les images. De leurs côtés, les juges étaient tellement pris par l’événement qu’ils étaient dans l’émotion, la beauté des choses », souligne Thomas Prinz.

Un regret cependant : la communication réalisée auprès du grand public. « C’est vrai que le message n’est pas très bien passé. Un événement professionnel auquel on ajoute une partie grand public, c’est quelque chose de délicat. Les tarifs ont été mal expliqués. Les 15 euros d’entrée par exemple. C’était pour les trois jours. La journée grand public représentait un coût de 5 euros et était gratuite pour les moins de 13 ans. Avec nos partenaires, nous n’avons pas réussi à bien présenter les choses, à mieux faire passer ce message », constate Thomas Prinz.

Surfer sur cette vague

Et maintenant ? Pour les responsables du Club Holstein 68, la porte est grande ouverte. Les éleveurs du département et du Sundgau ont montré qu’ils savaient se mobiliser, qu’on pouvait compter sur eux pour de telles manifestations et pour défendre et promouvoir la profession. De son côté, Thomas Prinz, président depuis bientôt neuf années, estime que son objectif est désormais atteint. « Merci à mon équipe, et notamment à Franck, Claude, Philippe et à Valérie qui a géré les bénévoles de main de maître. Tous les feux sont désormais au vert. Le Sundgau doit pouvoir en profiter et surfer sur cette vague, toutes races de vaches confondues. Chacun peut utiliser cette manifestation sur sa carte de visite. Personnellement, j’ai atteint le but que je m’étais fixé. Je pense qu’il est temps de passer la main. L’hiver prochain, je vais passer le relais à quelqu’un de plus jeune que moi tout aussi motivé et qui aura compris notre rôle, qui n’est pas uniquement politique, mais de défendre l’élevage laitier en général. Pour ma part, je compte continuer à aider, donner mon avis si on me le demande. Il faut maintenant développer des idées nouvelles. Depuis trois ans, cette manifestation a utilisé mon énergie. Merci à toutes et à tous », conclut Thomas Prinz.

Du 8 juillet au 27 août au Koïfhus à Colmar

41e mini-foire aux vins

Vigne

Publié le 08/07/2016

Du 8 au 18 juillet, le domaine Karcher sera le premier à proposer ses vins. La maison Jund suivra du 19 au 28 juillet, puis le domaine Jux (Wolfberger) du 29 juillet au 7 août, le domaine Schoffit du 8 au 17 août et enfin le domaine viticole de la ville de Colmar du 18 au 27 août. « Au départ, cette mini-foire était destinée à se créer une nouvelle clientèle, les vins ne se vendant pas trop à l’extérieur. Aujourd’hui, elle nous offre une belle lisibilité. C’est l’occasion de promouvoir la viticulture colmarienne qui se revendique capitale des vins d’Alsace. Le ban de Colmar totalisant plus de 500 hectares de vignes. Cette mini-foire aux vins est un moyen fantastique pour mieux faire connaître nos vins », explique André Ducros, de la maison Jund.

Pour y parvenir, les cinq domaines colmariens accueilleront le public tous les jours de la semaine sur la place du Koïfhus (ancienne douane) sous le préau et en partie sur la place où seront installés quelques tables et bancs. Les horaires d’ouverture ? De 10 h à 19 h les dimanches et lundis, de 10 h à 23 h les mardis, mercredis et jeudis, et de 10 h à minuit les vendredis et samedis. « Nous terminerons peut-être plus tard le dimanche 10 juillet si la France est en finale », ironise Georges Karcher du domaine du même nom, en faisant allusion à l’Euro de football. Une manifestation importante et qui prend du temps. « Nous sommes en effet en pleine période de palissage et il faut faire marcher le caveau pour accueillir les touristes. Mais, nous devons être présents », assure Jean-Cyril Alafaci, du domaine Jux. Chaque mardi soir, de 20 h 30 à 22 h, il y aura également une animation folklorique proposée par différents groupes de la région, en lien avec l’office de tourisme.

Une promotion importante

Une promotion d’autant plus importante que la situation économique du milieu viticole est tendue après quatre années de récoltes difficiles où les rendements n’ont pas été au rendez-vous. « Les volumes disponibles sont en net recul. Nous comptons nos bouteilles. Nous avons de moins en moins de vins en cave », soupirent les vignerons. « 50 % de mes auxerrois et pinots gris sont déjà partis », souligne pour sa part Georges Karcher. Fabienne Schoffit n’est, elle, pas certaine de présenter cette année du muscat. « C’est le cépage du vignoble qui est le plus sensible. C’est donc lui qui souffre le plus de tous ces aléas climatiques. Nous allons sans doute le garder pour nos fidèles clients ».

Et les dernières intempéries ont pour conséquence l’apparition de maladies dans les vignes. Le mildiou bien entendu, mais également l’oïdium et les problèmes de coulure lors de l’inflorescence. Mais, les vignerons gardent leur (bonne) énergie. « La mini-foire aux vins est un événement important et attendu. Elle connaît chaque année une belle réussite. À nous cette fois encore de séduire ceux qui viendront nous rendre visite », conclut Aurélie Schneider, du domaine viticole de la ville de Colmar.

Cuma des quatre saisons à Galfingue

L’aire de lavage inaugurée

Vie professionnelle

Publié le 06/07/2016

Une centaine de personnes a répondu à l’invitation de la Cuma des quatre saisons de Galfingue pour l’inauguration de la nouvelle aire de lavage et de rinçage des pulvérisateurs et des matériels agricoles. Le président de la Cuma, Paul-Albert Deguille a tout d’abord retracé l’historique de la structure agricole qui a vu le jour au printemps 1996. Le directeur, Henri Perroy, a ensuite détaillé, les différents matériels acquis par la coopérative. « On a pu mettre nos idées au service du bien collectif. C’est en effet le 3 juillet 1996 qu’est née cette Cuma fondée par des agriculteurs de Froeningen et de Galfingue. À l’époque, nous voulions pouvoir répondre à une question essentielle pour nous : comment assurer l’entretien du paysage dans nos communes tout en développant l’activité agricole. Au fil des années, nous avons acheté du matériel pour faciliter les échanges entre les adhérents, mais également pour faciliter nos travaux quotidiens », explique Paul-Albert Deguille. Et le dernier projet est la construction d’une aire de lavage avec Phytobac. Un projet qui date de 2011. « Nous avons tous pris conscience que nous ne pouvions plus laver notre matériel dans n’importe quelles conditions. 18 des 27 adhérents actuels de la Cuma ont adhéré à ce projet qui rentre dans le cadre d’un Plan végétal pour l’environnement », ajoute Henri Perroy.

Deux aires séparées

François Alves et Olivier Bischoff de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) ont détaillé le projet. Il s’agit de limiter les risques de pollution du milieu en sécurisant le lavage du matériel par le biais de deux aires séparées. La première concerne les phytosanitaires avec un Phytobac qui permet de dégrader les résidus de produits. La seconde est une aire de lavage pour le reste du matériel à l’exception du pulvérisateur. Chaque adhérent possède un code pour accéder à un petit coffret personnalisé avec un automate. On trouve également sur les lieux un bassin d’infiltration des eaux et une réserve d’alimentation en eau avec une fosse de 90 m3. Il a ensuite fallu installer la cuve de stockage des eaux chargées en produits phytosanitaires, les deux débourbeurs et la station de pompage puis mettre en place les différents réseaux de conduites et alimentations électriques. Les travaux ont débuté fin 2015 pour se terminer début 2016 grâce à une météo alors favorable.

Innovation et passion

La troisième partie de la matinée a été consacrée à honorer Paul-Albert Deguille et Henri Perroy. Ces derniers avaient respectivement choisi comme « parrains » le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger et le maire de Mulhouse et vice-président du conseil régional Jean Rottner. Paul-Albert Deguille a été le premier à être épinglé du Mérite agricole. C’est Laurent Wendlinger qui s’en est chargé après avoir félicité les adhérents de la Cuma « pour l’innovation dont vous avez fait preuve en périphérie de Mulhouse. Vous avez toujours eu une longueur d’avance par rapport aux politiques qui sont en vigueur actuellement. Vous avez su allier efficience économique et efficacité technique ». Le président de la CAA a enchaîné avec un portrait de Paul-Albert Deguille, qui exploite 140 hectares à Galfingue, essentiellement en production céréalière. « Instinct collectif », « sens du partage », « passion pour la gestion », « sens des responsabilités », « courtoisie méticuleuse », « pragmatisme », « engagement », « vision d’avenir » sont autant de qualités du récipiendaire détaillées par Laurent Wendlinger qui a rappelé qu’en « cette période de crise que subit le monde agricole, il est d’autant plus important d’avoir, comme vous, un temps d’avance dans la gestion de nos entreprises ». « Passion » : le terme est aussi employé par Jean Rottner dans son discours consacré à Henri Perroy, avant qu’il n’épingle à son tour le Mérite agricole au « dernier agriculteur de Mulhouse coincé entre ville et campagne ». Exploitant 34 hectares à l’entrée ouest de la cité du Bollwerk, le récipiendaire gère un total 300 hectares de terres agricoles via la société Olagri dont il est salarié gérant. Il gère également le domaine agricole de Heimsbrunn. C’est à « l’ami » que le maire de Mulhouse s’adresse quand il souligne « son côté bonhomme, qui inspire confiance, qui est intéressé par tout ». Pour le vice-président du conseil régional, « Henri Perroy est un diversificateur né, c’est quelqu’un qui a su créer des liens entre la ruralité alsacienne et sundgauvienne, et la réalité de la ville ».

À l’issue de cette sympathique cérémonie, les invités et les responsables de la Cuma des quatre saisons ont officiellement inauguré cette aire de lavage qui témoigne une nouvelle fois du bon sens paysan.

Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace

Didier Pettermann, nouveau président

Vigne

Publié le 01/07/2016

Seul candidat, le producteur de Dambach-la-Ville a été élu par douze voix favorables et quatre abstentions issues de la coopération. Il sera entouré pour les trois années à venir de trois vice-présidents : Georges Lorentz (pour le négoce à Bergheim), Christian Kohser (pour la production à Wangen) et Robert Dietrich (président sortant, pour le négoce à Wettolsheim) ; d'un secrétaire général : Pierre Heydt-Trimbach (pour le négoce à Ribeauvillé) ; et d'un trésorier : Pierre-Olivier Baffrey (pour la production à Bennwihr). Les autres membres complétant le bureau du conseil de direction sont Nicole Bott (pour le négoce à Ribeauvillé), Pierre-Étienne Dopff (pour le négoce à Riquewihr), Erwin Moser (pour le négoce à Barr), Jérôme Bauer (pour la production à Herrlisheim), Pierre Bernhard (pour la production à Châtenois) et Georges Wespiser (pour la production à Hunawihr).

En préambule, le président sortant du Civa, Robert Dietrich a fait un bilan de son action lors de ces trois dernières années. Il a rappelé qu'à son arrivée, il avait trouvé une situation inédite avec un conseil de direction remis en cause et la nécessité de faire trois assemblées générales pour arriver à faire accepter un comité directeur. À ses yeux, son action a permis au Civa de stabiliser son fonctionnement. « Notre décret exécutif date cependant de 1963. Il faut le réviser, le faire évoluer. Des solutions seront certainement proposées dans les mois qui viennent », a expliqué Robert Dietrich pour qui le Civa repose sur trois pôles opérationnels : technique (renforcé récemment pour la création variétale avec l'Inra), économique (ressources et intelligence économique) et communication ; mais également sur trois pôles fonctionnels : le conseil de direction, les moyens généraux et le service administratif et financier qui seront renforcés avec l'arrivée de Gilles Neusch, en tant que directeur adjoint, à partir du 1er octobre.

Robert Dietrich constate par ailleurs que la santé économique du vignoble demeure toujours et encore fragile. Une situation qui est aggravée par « une tension sur les prix avec comme conséquence une baisse des ventes. En l'occurrence, moins 10 %. Les efforts réalisés dans l’Union européenne et les pays tiers se font fort heureusement ressentir. Sur les quatre premiers mois de l’année, les ventes progressent de 10,9 %. C’est une évolution positive. Dans ces pays, on assiste à un intérêt croissant pour les alsaces, d’ailleurs bien mieux respectés et valorisés sur ces marchés. Maintenant, il y a une autre réalité. Pendant ces trois années, la nature n'a pas été généreuse avec le vignoble. Nous avons tous besoin d'une belle récolte 2016 pour reconstituer nos stocks ». Et de conclure en insistant sur la nécessité de mettre la priorité sur l'image et la valeur des produits avec une amélioration de la lisibilité de la gamme, une meilleure compréhension pour les consommateurs et une visibilité plus claire.

« Définir ensemble l'identité des vins d'Alsace »

Le directeur du Civa, Jean-Louis Vézien, a ensuite présenté le rapport d'activité. Un document de synthèse constitue la mémoire et les archives de l'interprofession. Néanmoins, cette communication évolue. « Nous sommes tous conscients qu'avec le développement d'internet, des réseaux sociaux, l'information se diffuse largement et rapidement. Nous allons donc également proposer le développement de la communication du Civa dans la Revue des vins d'Alsace pour que tout le monde puisse suivre, chaque mois, en temps réel, nos actions. » Une nécessité qui doit répondre à l'attente des différentes composantes de l'interprofession.

Après une tournée politique des sous-régions viticoles, le nouveau président du Civa, Didier Petterman, veut « revoir les fondamentaux des budgets. Il faut que nous définissions tous ensemble un projet stratégique du Civa pour les trois à six années à venir. » Et de préciser que « le projet sera défini collégialement avec toutes les forces vives du vignoble alsacien. Le premier point concernera la valorisation des vins. Nous devons définir ensemble l’identité des vins d’Alsace et leur ADN, la lisibilité de notre gamme. Nous devons augmenter la valeur ajoutée, pour pouvoir continuer à la partager de façon équitable au lieu de vouloir prendre la place ou la part du voisin. Ce défi est à relever collectivement et je compte sur l’implication de toutes les sensibilités. Le second point doit nous inciter à faire face aux évolutions que connaît notre vignoble. Il faut mieux répondre aux préoccupations des viticulteurs (santé du vignoble, recherche sur le matériel végétal), mais aussi à l’évolution qualitative des vins d’Alsace et son inscription dans le moyen et long terme. En matière d'intelligence économique, il faut aider les producteurs dans les prises de décision, les viticulteurs à l’export. Le Civa doit aider à ouvrir ou consolider des marchés pour les opérateurs alsaciens. Enfin, il faut revoir la communication et le marketing autour de nos vins. Il faut partir de notre ADN, de ce que nous sommes, et surtout de ce que nous voulons être ».

Dans ces perspectives, Didier Pettermann souhaite travailler en confiance avec les services de l'État, les partenaires du Civa, et bien évidemment, les entreprises du vignoble alsacien. « Nous avons six mois pour écrire une feuille de route politique et redéfinir les priorités d’actions de notre Interprofession. Je souhaite que nous ayons des échanges francs et constructifs pour reconsidérer certaines activités historiques, en créer des nouvelles en phase avec les attentes des opérateurs sur le terrain », a-t-il conclu.

Un avenant problématique

Si l'approbation du rapport financier de l'exercice 2015 et celui concernant un avenant complétant l'accord interprofessionnel 2016-2019 n'ont pas trouvé matière à discussion et ont été approuvés à l'unanimité, cela n'a pas été le cas pour un autre avenant portant sur les contrats de vente. Suite à des abus, le législateur a en effet modifié le plafond légal régissant les délais de paiement entre acheteurs et vendeurs de raisins ou de vrac. Cet avenant prévoit le raccourcissement du délai (un plafond fixé entre 45 jours fin de mois ou 60 jours calendaires) pour éviter les chevauchements de récolte. Il précise par exemple que ces délais de paiement s'établissent au 15 septembre (au lieu du 15 décembre) dans le cadre d’un contrat pluriannuel, et entre le 15 janvier et le 15 septembre dans le cadre d’un paiement en quatre tranches.

Cette disposition a provoqué la colère des négociants. « C’est un scandale. Le négoce paie les pratiques d'entreprises qui ne se situent pas dans la région. C'est irrespectueux par rapport à la profession viticole », s'agace Jacques Cattin de Vœgtlinshoffen. Un premier vote des élus du Civa décide alors de ne pas valider l’avenant n° 2 de cet accord interprofessionnel. Mais cela pose problème. D'abord pour l'administration qui ne fait qu'appliquer la loi, mais également pour la profession. « On ne peut pas aller à un règlement à soixante jours en nous opposant ainsi. La seule solution est d'approuver pour l'instant et d'aller prochainement à Paris pour demander de modifier le cycle de paiement. Nous approuvons, que ce soit clair, contraints et forcés, précise Pierre Heydt-Trimbach. Avec toutefois l’assurance d’une renégociation sur un retour aux conditions qui ont satisfait tout le monde ces 30 dernières années. » Ce deuxième vote est finalement approuvé à l'unanimité, moins une abstention.

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