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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Fermes-auberges

Le pass rentre dans les mœurs

Élevage

Publié le 09/09/2021

Ce jeudi 12 août est l’une des rares journées de l’été alsacien où le soleil et une belle douceur règnent en montagne. Forcément, cela se ressent sur la route où les motards, camping-caristes et autres automobilistes se croisent. À chaque arrêt, c’est la ruée vers les fermes-auberges. Souvent, la question est la même : Il faut le pass sanitaire ? La réponse est positive depuis le 9 août. Une étape qui a pourtant été difficilement franchie. Sous couvert d’anonymat, de nombreux professionnels veulent bien témoigner. « Fin juillet et début août, cela a été très compliqué. Notre clientèle habituelle venait moins. À la place, il y avait de nouveaux consommateurs. Surtout des gens non vaccinés qui voulaient se faire une dernière sortie », témoigne l’un d’eux situé dans la vallée de Munster. Un autre ajoute : « Ils voulaient surtout faire la fête entre amis. » Du coup, le 9 août était autant attendu que redouté. « C’est un été très mitigé. Il y a la crise sanitaire, le pass sanitaire et cette météo défavorable. Nous attendons des jours meilleurs », poursuit alors un troisième professionnel situé au-dessus de Masevaux.

Cette journée du 12 août est de celles-là. À la ferme-auberge du Grand Ballon par exemple, on a le sourire. La terrasse s’est bien remplie pour le déjeuner. Et à l’heure du thé, ils sont nombreux à s’arrêter pour trinquer et faire une pause. « Nous venons de Belgique. Nous sommes en Alsace pour quelques jours. Aujourd’hui, nous faisons la route des Crêtes. Le pass sanitaire ? Non ce n’est pas un problème. Nous étions prévenus. Nous connaissons les lieux. Nous nous arrêtons ici dès que nous sommes dans votre région », expliquent Huguette et Paul, un jeune couple de retraités. Didier Bronner, le responsable des lieux, vient à leur rencontre pour scanner leur fameux pass. « Il n’y a pas de difficultés. Les gens savent qu’il faut le présenter. Parfois, il faut juste expliquer un minimum. Le seul désagrément qui peut survenir c’est quand la machine ne marche pas. Cela prend alors un peu plus de temps », témoigne le professionnel. Il fait un autre constat, propre à cet été 2021. Pour avoir du monde, il faut surtout que la météo soit favorable. « Les rares fois où il a fait beau, nous avons eu du monde et la circulation a été beaucoup plus importante », ajoute-t-il.

Le pass et/ou le drive

Le président de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin, Serge Sifferlen, lui-même gérant au Schafert à Kruth, ne cachait pas son inquiétude à l’arrivée du pass sanitaire. Après un mois d’observation, il est rassuré. « Le public est bien de retour tout comme le soleil. On a plutôt tendance à devoir refuser du monde par manque de place plutôt que d’attendre les gens. J’ai été agréablement surpris de la résilience des clients. On était dubitatif. Mais dans l’ensemble, tout le monde accepte désormais le pass. C’est entré dans les mœurs. C’est tout juste si les clients ne s’étonnent pas qu’on ne soit pas plus rapide à leur demander à leur arrivée », explique Serge Sifferlen. Forcément, depuis le 9 août, les premiers à être revenus dans les fermes-auberges sont les retraités puisque ce sont les premiers vaccinés.

Les rares non vaccinés profitent d’un autre service issu de la crise sanitaire : le drive. « Plusieurs fermes-auberges proposent cette formule. Cela permet aux réticents du pass de venir tout de même profiter des bons produits de la montagne. Ils commandent au préalable, cherchent les produits puis s’en vont directement. Nous constatons qu’ils consomment alors un peu plus loin sur les parkings et autres aires de pique-niques. Cette formule du drive a séduit pas mal de monde. Notamment les plus jeunes », constate le président des fermiers-aubergistes du Haut-Rhin. Il a également constaté une petite baisse de l’affluence la semaine dite de « tolérance » qui a suivi le 9 août. Depuis, c’est un retour à la normale pour la majeure partie des entreprises avec qui il est en contact. « Les gens sont disciplinés et patients. Car forcément cela désorganise un peu nos habitudes. Nous n’avons évidemment pas embauché spécialement. Du coup, au moment des « coups de bourre », il faut faire un peu la queue. Vérifier le pass demande à chaque fois quinze à vingt secondes par personne. Mais, tout le monde attend dans la bonne humeur. Il faut passer par là pour se permettre ensuite ces bons moments chez nous », analyse Serge Sifferlen.

Une bonne arrière-saison ?

Aucune ferme-auberge n’a été contrainte de fermer à cause du pass. Celle du Hahenbrunnen, au-dessus de Linthal, a dû s’y résoudre quelques jours en août mais pour une autre raison, un cas de Covid-19 y avait été détecté au sein de l’équipe. « Ce n’est jamais bon de fermer à cette époque de l’année, mais ils n’avaient pas le choix. Depuis, tout est rentré dans l’ordre », se réjouit le professionnel. Au Schafert, la saison se poursuit normalement. Si la situation sanitaire ne l’empêche pas, la ferme-auberge sera ouverte jusqu’au 14 novembre. « Pour le moment, l’année est intéressante. On est dans la lignée de 2020 malgré le mauvais temps, mais encore loin de 2019. Nous espérons maintenant réaliser une bonne arrière-saison. Nous attendons beaucoup de septembre et d’octobre », observe Serge Sifferlen.

Comme un grand nombre de ses collègues, il a également revu la jauge de sa salle de restauration. « Nous sommes à 70 % de notre capacité d’accueil pour respecter la distanciation sociale et les règles sanitaires. Cela signifie que nous avons une trentaine de couverts en moins. C’est contraignant. Mais cela nous permet de travailler sereinement. Nous n’avons pas encore été contrôlés au contraire d’autres fermiers-aubergistes. Je sais que ça s’est alors bien passé. Je constate surtout, et c’est le plus important, que les gens sont heureux de ressortir, de s’aérer et de se retrouver. Il y a également beaucoup de randonneurs un peu partout dans la montagne », conclut Serge Sifferlen.

Horse Naturally à Oltingue

Les chevaux au naturel

Élevage

Publié le 30/08/2021

Si la pension pour chevaux est aujourd’hui l’activité principale de la ferme, la polyculture-élevage de moutons en est l’activité originelle. C’est la « spécialité » de Xavier Wittig qui propose ses moutons essentiellement pour leur viande. La clientèle est fidèle depuis plusieurs décennies, et le savoir-faire de l’exploitant est reconnu comme une garantie de qualité. « Les moutons sont des croisements des races Île-de-France et Suffolk. C’est une reprise du cheptel de mon père. Ils broutent les parcelles les plus sauvages et naturelles que nous possédons. Les particuliers qui viennent acheter ces moutons vivants apprécient notre mode de fonctionnement. Ils ne veulent pas passer par une boucherie. Ils apprécient nos conditions d’élevage », explique Xavier Wittig.

De plus, l’agriculteur optimise ses productions céréalières sur les terres les plus éloignées et les plus difficiles d’accès. La permaculture est sa source d’inspiration professionnelle. « Nous respectons la biodiversité des lieux et nous nous adaptons à elle. Il y a ici des haies, des ronces, des orties et des arbres dont certains sont plus que centenaires. Nous voulons que ce milieu naturel nous guide dans notre travail. Les arbres et l’Ill offrent des espaces de fraîcheur qui permettent à la végétation de se reproduire naturellement », ajoute Xavier Wittig. Les productions excédentaires de foin, regain, paille, céréales et maïs, ainsi que le bois de chauffage issu de forêts locales, sont également vendus. L’exploitant est aussi un excellent créateur-transformateur. Il recycle des matériaux auxquels il donne une seconde vie. Cette polyvalence apporte de nombreux bénéfices à l’ensemble du domaine.

Une vie en mouvement

Avec Horse Naturally, la ferme s’est diversifiée dans la pension pour chevaux, essentiellement en Paddock Paradise. Originaire de Strasbourg, Myriam Hertzog a effectué différents métiers administratifs qui l’ont amené vers la découverte, dès 2005, du coaching. Quelques années plus tard, elle rencontre son futur mari à Oltingue. « Comme moi, il apprécie les chevaux. Nous avons alors décidé de développer la pension pour chevaux. Ayant mon propre cheval, j’ai eu l’idée de développer la pension Paddock Paradise ici, à côté de la pension classique de quelques boxes d’abord. Puis, on l’a transformé en paddocks-boxes car les chevaux ont besoin de mouvement, de place. »

Elle précise le modèle : « Il est largement inspiré de celui du Paddock Paradise de Jaime Jackson. Les chevaux vivent ainsi toute l’année pieds nus, à l’extérieur 24 h/24. Ils circulent sur près de deux kilomètres de piste stabilisée (empierrée, ensablée et en terre) qui s’élargit par endroits sur de grandes aires. Ces parcours bordés d’arbres offrent des abris, du sel, de l’eau et différents filets à foin. »

Horse Naturally a ainsi pour vocation d’offrir aux chevaux en pension une vie respectant leurs besoins fondamentaux de mouvement, de vie sociale et d’intégrité. Tous les chevaux vivent à l’extérieur, en groupe. Ils ont accès à une alimentation naturelle à base de fibres variées. Ils arpentent les pistes stabilisées et ont un accès restreint à l’herbe responsable de maladies. Les litières confortables, issues de leurs céréales à paille, sont fort appréciées des chevaux.

« Plusieurs variétés de grands arbres et de haies bordent les cours d’eau qui longent les pistes. Ce sont autant d’occasions pour les chevaux de varier les plaisirs et de se soigner grâce aux plantes, bourgeons, feuilles, fruits, écorces. Leurs balades nourrissantes sont entrecoupées de temps de repos, de jeux, de toilettage mutuel et de déconnades ! L’accès à l’herbe sur les parcelles est limité. L’idée est de stimuler la vie sauvage et naturelle des chevaux. Et ainsi de limiter les maladies telles que les fourbures, coliques, et autres arthroses. Une vie en mouvement dans un espace naturel pour des chevaux bien dans leur tête et dans leurs sabots », souligne Myriam Hertzog.

Outre cette sensibilité à ne pas laisser les chevaux dans un espace fermé, la pension leur permet d’être nourris et soignés avec le moins possible de produits chimiques. « Nous proposons notamment des régulateurs parasitaires à base d’huiles essentielles bio. Nous constatons que nous obtenons des résultats probants. Cette manière de faire préserve le système immunitaire des chevaux, mais également nos sols », assure Myriam Hertzog. Une vingtaine de chevaux sont en pension l’année. Le couple est aidé dans ses tâches quotidiennes par deux personnes à temps partiel. L’une, le matin, est présente pour le nettoyage des lieux de vie. L’autre, une apprentie, complète les travaux quotidiens.

Coaching avec un cheval

La pension pour chevaux est complétée par du coaching équin. Myriam Hertzog s’adresse là principalement aux dirigeants d’entreprises de petites structures. Elle en a en effet déjà accompagné certains en coaching professionnel classique. Elle propose un accompagnement à raison de deux fois deux heures par mois sur six mois environ. Un parcours sous forme de séance à pied en présence du cheval. « L’avantage de solliciter le cheval, c’est que ce dernier ne vous juge pas. Il vous reflète à l’instant T. Le coaching est une alliance précieuse pour une personne qui ressent le besoin d’être aidée pour passer un cap difficile. Le coaching n’est ni du conseil, ni de la formation. Il favorise au contraire l’autonomie de la personne coachée en lui permettant de se (re) connecter à ses ressources propres. C’est un accompagnement individuel qui mène à la remise en question, au changement et à l’action », précise Myriam Hertzog.

Elle s’est formée au coaching professionnel en 2011. Après avoir exercé plusieurs années à son compte, elle a plus récemment choisi d’y inclure le cheval grâce à l’approche nommée Equivivencia. Il s’agit d’un parcours de formation de coach équin qui permet à des passionnés de chevaux intuitifs et attentifs au bien-être naturel du cheval, de structurer leur offre et de créer leur activité en révélant ce pour quoi ils sont faits véritablement (sans se perdre dans une méthode clés en main).

Les projets de développement de nouvelles activités complémentaires ne manquent pas. « Nous gérons le vivant et nous veillons à ce que ce vivant puisse évoluer favorablement pour les générations futures. Nous craignons simplement de ne pas avoir assez de temps pour prendre le repos nécessaire », conclut Myriam Hertzog.

 

 

Finale de labour du Haut-Rhin

Un binôme sur les planches

Vie professionnelle

Publié le 12/08/2021

Après des études agricoles, Benoit Stuber, 25 ans, a évolué quelque temps sur une exploitation qui était cependant éloignée de son domicile. Il a voulu se rapprocher. Dans un premier temps, il a donc opté pour une nouvelle activité professionnelle tout en gardant un lien fort avec le monde agricole. Il a connu Simon Kugler par l’intermédiaire d’un ami commun. Les deux compères se sont alors intéressés à divers projets à réaliser ensemble. Le concours de labour de dimanche est le dernier d’une longue série. « Nous connaissons les organisateurs. Nous nous sommes dit que le moment pouvait être agréable. Nous allons nous entraîner au dernier moment. Simon sera dans le tracteur. Pour ma part, je vais être là pour l’aider à côté, le conseiller », explique Benoit Stuber.

Il sera présent pour régler la charrue, suivre le labour et vérifier s’il est bien construit. « Un bon labour doit être régulier. Pour cela, Simon va devoir être concentré. Il faut qu’il trouve une bonne profondeur et que le labour soit droit du début à la fin du passage. Rien ne doit dépasser et surtout pas de chaume dans la terre. Il doit simplement être beau à regarder. C’est la première appréciation notée par les membres du jury », ajoute Benoit Stuber. Lui également s’inquiète des conditions de travail après une période où la météo a rendu les sols difficiles à pratiquer. « La terre risque de coller. Cela peut rendre le travail complexe. Mais, nous serons là pour nous faire plaisir », insiste Benoit Stuber. Une nouvelle expérience pour celui qui a été concurrent une seule fois. Là, le binôme est l’un des rares à s’être inscrit dans la catégorie « labour en planches ». La charrue versera donc la terre toujours du même côté par rapport à la direction d’avancement et le sens de retournement de la terre changera donc à chaque demi-tour effectué en bout de raie.

 

 

 

Gilles Ehrhart, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace

« Nous devons réussir pour avoir une production forte et unie »

Vigne

Publié le 22/07/2021

Gilles Ehrhart, vous êtes le nouveau président de l’Ava. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Gilles Ehrhart : « J’ai tout d’abord la particularité d’être coopérateur au sein de deux caves, chez Bestheim et chez Wolfberger. C’est mon histoire familiale. Mon grand-père était chez Bestheim. Mon père chez Wolfberger. Ils étaient chacun impliqués dans les deux structures. Il y a donc deux domaines. Les deux entités ont toujours vécu séparément. J’en ai repris une première en 2012 à la retraite de mon père. Puis la seconde. En tout, la surface de travail est de 13,80 hectares. Je travaille avec mon épouse, Muriel, des saisonniers, et des entreprises de prestations. Syndicalement, mon engagement date de l’époque où j’ai suivi chez les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin de nombreux amis, à commencer par David Herrscher. J’ai alors intégré le canton viticole des JA. Un an plus tard, je suis devenu secrétaire général puis président après Hubert Fleischer. J’ai occupé cette responsabilité jusqu’à mes 37 ans. J’ai également été président des Jeunes agriculteurs d’Alsace. Toujours chez les JA, j’ai pu intégrer le conseil d’administration de l’Ava. J’ai également intégré d’autres structures comme la Safer et la Chambre d’agriculture. Ma motivation et ma volonté ont toujours été d’apporter ma pierre à l’édifice. Et bien évidemment de défendre la profession viticole sur l’ensemble des dossiers. J’ai toujours cherché à aller de l’avant, à apporter des idées. Le métier est difficile, mais intéressant. Il faut qu’il soit rentable et qu’il permette le renouvellement des générations. Il faut donc que nos entreprises soient attractives. Aujourd’hui, comme hier et comme demain. »

 

Vous avez un vécu à l’Ava. Vous ne découvrez donc pas l’association et son fonctionnement…

« Oui, même si l’Association des viticulteurs d’Alsace est en constante évolution, comme notre métier, j’ai 44 ans et une certaine expérience syndicale. J’étais pendant trois ans secrétaire général adjoint, puis, trois autres années, secrétaire général du président Jérôme Bauer. Alors, oui, je ne découvre pas le milieu. J’ai évidemment réfléchi avant de postuler à la présidence. Mais j’ai été et je demeure dans l’action. Quand je souhaite quelque chose, je m’en donne les moyens. Mon parcours chez les Jeunes agriculteurs a été instructif et formateur. Là, on est chez les aînés. On porte une parole. Notre responsabilité est encore plus importante. L’Ava défend les appellations alsaciennes qui sont multiples et différentes. Et dans un schéma sur des vins de cépage, de terroir. Un système qui doit se fondre dans l’organisation viticole du pays et composer avec l’Institut national des appellations d’origines (Inao). D’où cette nécessité de reconnaissance particulière propre à l’Alsace. L’Ava est et reste un syndicat de défense de l’ensemble de la production, l’ensemble des familles professionnelles et l’ensemble des producteurs. »

 

Comment comptez-vous travailler ? Et avec qui ?

« Mon objectif demeure dans la lignée de l’équipe de Jérôme Bauer. Mon secrétaire général et mon secrétaire général adjoint sont les deux présidents des familles de la coopération et du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace, à savoir Pierre-Olivier Baffrey et Francis Backert qui, dans un premier temps, sera représenté par Hubert Fleischer. Nous avons la volonté de travailler ensemble. Mon objectif sera d’inciter au débat et au dialogue puis d’arriver au consensus sur tous les dossiers. Nous devons réussir pour avoir une production forte et unie. Surtout dans le temps présent avec cette crise sanitaire qui nous a mis un coup alors qu’on sentait les premiers frémissements d’une reprise des ventes grâce au travail important effectué sur la qualité des vins, le cahier des charges, la lisibilité. Dès que ça ira mieux, ce travail se poursuivra en lien avec les équipes de l’Ava et du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Avec Serge Fleischer, nous allons poursuivre cette collaboration car nous sommes dans la même équipe des vins d’Alsace. Nous devons tous aller dans le même sens. »

 

Des professionnels se sont exprimés ces derniers mois sur les réseaux sociaux notamment. Vous les suivez ?

« Je ne suis pas très présent sur les réseaux sociaux. J’estime que notre système de fonctionnement pyramidal à l’Ava est très démocratique. Je viens de la base. J’ai été élu chez les jeunes et ensuite dans mon syndicat viticole quand je me suis présenté. À chaque fois, j’ai pu exprimer mes idées. Quand on veut bosser et faire avancer le débat, on peut le faire à l’Ava. Il y a de la place pour tout le monde. C’est dans nos instances que nous devons nourrir les débats, s’écouter, avancer, s’entendre, avoir une synergie positive, aller dans le même sens, celui de l’intérêt général. Nous avons un vaste chantier devant nous. Il faut vendre davantage nos vins et crémants et surtout les vendre plus cher. Ce débat nécessite du travail en commun sur le cahier des charges, sur la lisibilité de notre offre. Un client doit savoir ce qu’est le vin d’Alsace. Les travaux d’Alsace 2030 se poursuivent également. On est désormais dans la finalisation du rendu. Ensuite, il faudra en débattre et prendre des décisions. Il y aura également d’autres dossiers comme, par exemple, celui de la hiérarchisation et celui de la réforme de nos cahiers des charges. Concernant les rendements, la discussion a été difficile l’an passé. Cette année également. Les discussions ont été nombreuses et nourries. Mais nous avons trouvé un consensus au sein du conseil d’administration de l’Ava. Par ailleurs, le Civa a travaillé sur un outil pour nous permettre à l’avenir de mieux analyser et expertiser ce que nous produisons et ce que nous vendons. À l’avenir, cet outil sera une aide à la prise de décision. Mais ce sont nous les professionnels qui déciderons. Les rendements doivent être générateurs de valeur. Nous sommes sur un marché global. Il y a de la place pour tout le monde. Nous sommes une appellation collective. Elle se gère donc collectivement. »

 

Vous répétez à l’envi le terme « collectif »…

« Oui car c’est le collectif qui nous fera tous avancer. Le débat est nécessaire. Mais il nous faut aussi arbitrer les dossiers en trouvant le meilleur accord satisfaisant toutes les parties. Nous devons relancer les ventes de vins d’Alsace. L’objectif est d’arriver rapidement à vendre à nouveau un million d’hectolitres. Avec ce niveau de production, tout le monde pourra vendre et dégager un revenu satisfaisant. Il y aura des nouveaux schémas de travail à créer pour la sécurisation des récoltes. Nous devons trouver un outil pour lisser la production pour qu’elle colle au plus proche de la commercialisation tout en se laissant une marge suffisante pour conquérir de nouveaux clients. L’objectif est clair : il faut développer la valorisation de nos vins. Il faut pouvoir réguler et vendre mieux et davantage. Il faut y parvenir tout en nous inscrivant dans la transition écologique et énergétique qui est face à nous. »

 

Au moment où nous échangeons, la situation sanitaire du vignoble est très compliquée.

« Cette situation suit une année déjà compliquée au niveau psychologique avec ce confinement et ce Covid-19 qui nous ont empêchés de vendre sereinement notre production. Nous nous sommes tous battus pour tenir les ventes. Puis il y a eu ce gel exceptionnel et tardif au printemps. L’Alsace a été relativement épargnée. Mais à titre individuel, je sais que certains terroirs, certains cépages ont été plus fortement touchés. Et, depuis plusieurs semaines, la pluie est présente. Il y a eu plus de 230 mm à Wettolsheim depuis un mois. Avec des pluviométries très importantes à partir du 15 juin, le mildiou s’est développé avec une pression incroyable sur toute l’Alsace. Et tout particulièrement dans le Haut-Rhin. Nous n’avons jamais connu une telle situation. Pour certains vignerons, c’est catastrophique. La famille des pinots est très touchée, mais aussi d’autres cépages. Les dégâts peuvent aller jusqu’à 100 % sur certaines parcelles. Par secteur, il y a également de l’oïdium qui vient de s’installer. Même si le soleil est revenu, les raisins malades auront disparu. Le rendement à la vigne va donc être impacté. C’est une évidence. La récolte sera beaucoup plus faible que ce qui a été annoncé à l’assemblée générale de l’Ava. Nous sommes un syndicat de défense et de gestion. Nous avons entamé les démarches administratives pour voir ce qu’il est possible de faire avec les services de l’État et tous les organismes gravitant autour de la viticulture. Nous allons donc échanger avec eux pour voir ce qui peut être fait ou aménagé. »

Provitis à Sainte-Croix-en-Plaine

Un « Top week-end » pour aller de l’avant

Vigne

Publié le 20/07/2021

La première édition l’été passé avait connu une belle réussite. « Ce bilan, je le réalise aujourd’hui. Quand j’ai interrogé nos différents partenaires 2020, ils m’ont tous répondu favorablement pour un retour cette année. Cela prouve que, même dans ce contexte particulier, la manifestation est pertinente. Cette fois encore, les gens ont envie de se revoir pour un moment professionnel et convivial. L’objectif est évidemment commercial. Tous les exposants vont à nouveau présenter leurs matériels, leurs nouveautés. L’idée est d’échanger avec nos clients, de se rencontrer en vrai », explique Didier Andelfinger, gérant de Provitis. 100 % de retour (ACS - Andelfinger, CAC - Ampelys, Viti Services, ETA Gsell, S.E. Techniques Agricoles, Roecklin, Clinique Electro Diesel, Ostermann) et deux nouveaux exposants qui viennent d’officialiser leur présence : la société Costral à Riquewihr et la société Stevial à Bennwihr-gare. Comme l’année passée, les visiteurs pourront (re) découvrir plusieurs marques de tracteurs (New Holland, Fendt, Case Ih notamment) sur chaque stand. Les tracteurs anciens seront encore une fois mis en valeur grâce à François Jecker, grand collectionneur et passionné.

 

 

Parmi les animations et les nouveautés, il faut retenir cette petite piste de karting à pédale pour les enfants avec un parcours en botte de paille au milieu de l’espace de l’entreprise. Ce qui permettra aux parents de garder un œil vigilant tout en s’occupant. Le personnel de Provitis assurera la buvette et la restauration pendant les trois journées. Un prestataire est prévu pour les tartes flambées (bbq & flam’s) et un autre pour les glaces. La manifestation se déroulera les trois journées de 10 h à 19 h avec un nocturne jusqu’à 23 h le samedi 31 juillet. À chaque fois, un DJ proposera une animation musicale. La date de la manifestation est également bien choisie. « Cette année, les travaux dans les vignes vont s’étaler jusqu’à fin juillet/début août. Alors que l’an passé, une vendange précoce était attendue. Le contexte est donc différent. Les gens seront encore là cette fois. On revient vers une situation normale. Même si les orages sont perturbants tout comme ces variations de température », ajoute Didier Andelfinger. Il s’attend donc à une affluence plus importante que l’année passée. Sauf si la météo joue à nouveau un rôle négatif.

Ne pas se replier

Tous les professionnels en conviennent : la situation est difficile pour le monde viticole. La crise sanitaire n’a fait qu’accentuer ce phénomène qui fragilise les petites et moyennes entreprises. « On rajoute le gel, une mauvaise floraison et l’incertitude qui persiste sur la sortie de la crise du Covid-19 et on a tous les ingrédients pour maintenir cette inquiétude. Mais il ne faut pas se replier. C’est l’intérêt de ce week-end. Nous faisons bénéficier à nos partenaires de notre site à Sainte-Croix-en-Plaine pour accueillir nos clients et le plus large public possible. Tout le matériel qui concerne la vigne, les tracteurs, les matériels de pulvérisation et de travail du sol seront visibles. Il n’y aura pas de conférence et de démonstrations. Mais nous serons à l’extérieur pour expliquer techniquement les choses. Comme nous le faisons à la Foire aux vins à Colmar », poursuit Didier Andelfinger. Une manifestation libre d’accès, sans inscription préalable puisque située à l’extérieur.

Concernant l’entreprise elle-même, Provitis est concernée par une baisse de son chiffre d’affaires en 2021 qui est plus prononcée sur la France que sur l’export. À l’exception de l’Alsace et de la Charente, le gel a concerné toutes les autres régions. « Par ailleurs, nous commercialisons du matériel qui n’est pas concerné par des aides de l’État. Nous restons cependant sur un chiffre d’affaires équivalent à 2018-2019 après deux années de très forte augmentation. Je ne suis pas plus inquiet que cela pour l’avenir même si 2022 sera également une année difficile et dans un contexte sanitaire toujours inconnu. Concernant notre organisation, nous nous adaptons dans une très grande souplesse avec des pièces sous-traitées à l’extérieur. Quand nous vendons moins, nous achetons moins, et inversement. Ce qui est plus inquiétant en revanche, ce sont les tensions existantes dans la filière industrielle en termes de délai d’approvisionnement. Ces délais sont toujours longs et c’est là notre plus grosse inquiétude », conclut Didier Andelfinger. Il se veut néanmoins optimiste et va de l’avant. L’organisation de cette manifestation en est le meilleur exemple.

FDSEA et Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin

« Nous voulons des solutions immédiates »

Vie professionnelle

Publié le 25/06/2021

Il est 13 h 30 quand une dizaine de tracteurs et une vingtaine d’agriculteurs se retrouvent sur le parking d’un restaurant situé peu avant Saint-Amarin. Les professionnels répondent à l’appel lancé par la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin, et notamment ceux de la vallée. Une mobilisation qui n’a pas été difficile à obtenir tant les agriculteurs en ont ras-le-bol. Les dégâts de sangliers et de cervidés sont de plus en plus nombreux et toujours plus importants. « C’est devenu invivable », témoignent plusieurs professionnels. Fin mai, un courrier avait été adressé aux maires et au préfet pour, une nouvelle fois, les alerter de cette situation.

 

 

Depuis des années, des réunions sont organisées. Aucune solution concrète et efficace n’est trouvée. Aucune action n’est réellement mise en place. Pourtant, la profession agricole a déjà proposé des solutions : la stérilisation temporaire des laies, l’expérimentation à plus grande échelle du piégeage des sangliers, l’utilisation d’appareils à visée nocturne pour la chasse comme dans certains départements, ou encore l’extension du droit de destruction toute l’année pour les agriculteurs. En outre, « nous observons que les chasseurs les moins impliqués ne semblent pas davantage inquiétés que dans le passé alors qu’ils font supporter à tous les autres le prix de leur inaction. Nous connaissons les lots défaillants où les dégâts sont colossaux. Nous vous serions reconnaissants de diligenter les mesures qui sont à votre initiative pour faire cesser ces situations », écrivent Pascal Wittmann et Christophe Rué, respectivement président de la FDSEA du Haut-Rhin et du canton de la montagne dans un courrier adressé au préfet.

« C’est la réunion de la dernière chance »

Les maires ont également été interpellés. Depuis, les échanges se sont multipliés. La fédération des chasseurs du Haut-Rhin a réagi. « Quand j’ai eu ce courrier, je n’ai pas cherché à nier le problème. J’ai estimé qu’il était nécessaire qu’on se retrouve avec les maires, les adjudicataires, les lieutenants de louveterie, le fonds d’indemnisation ou encore l’office national des forêts pour faire le point et travailler ensemble », explique au début de cette réunion Gilles Kaszuk, président des chasseurs du département. « C’est la réunion de la dernière chance ! Si aucune solution immédiate n’est trouvée et mise en place immédiatement, le monde agricole passera à l’action », lance aussitôt Pascal Wittmann. « Comment avoir envie d’exploiter des terres régulièrement saccagées ? Cela ne peut plus durer. La situation est catastrophique. À ce rythme, il sera définitivement impossible d’installer des jeunes sur des exploitations qui ne seront plus viables », poursuit Nicolas Dieterich, secrétaire général des Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin.

Vient ensuite le témoignage fort et émouvant d’un jeune éleveur, Florent Pierrel. Avec les éleveurs de son canton, il avait été à l’initiative d’une toute première action en interpellant une première fois les élus locaux. « La situation actuelle est invivable. Nous sommes à bout. Notre métier est mis à mal. Nos ressources financières diminuent et nos charges augmentent. Nous voulons des solutions immédiates car on nous balade depuis trop longtemps. » Face à des déclarations, les maires présents prennent la parole. Ils apportent bien leur soutien. D’autres reconnaissent être sans solution. C’est par exemple le cas du maire de Dolleren, Sébastien Reymann, élu en mai 2020. « Je découvre vos difficultés. Mais que peut-on faire de plus ? C’est d’autant plus difficile pour des communes comme la nôtre, car souvent le dernier loyer qui reste, c’est la chasse. Nos budgets fondent et nos administrés nous demandent toujours davantage. Il faut arriver à trouver des solutions ensemble. »

« Nous en avons assez d’attendre »

Des échanges tendus ont ensuite lieu. Le vice-président des chasseurs du Haut-Rhin, André Belzung, réclame « des états généraux sur les dégâts de sangliers après les vacances d’été. Car ce problème dépasse le monde de la chasse. Et puis je souhaite aussi rappeler que la chasse est avant tout pour moi un loisir ». Des états généraux rejetés par René Zimpfer au nom du monde agricole tout comme le calendrier proposé quelques instants plus tard par Gilles Kaszuk invitant tout le monde à se revoir en septembre-octobre.  « Je suis déçu de cette réunion. Nous en avons assez d’attendre. Il faut arrêter de tergiverser. Surtout que nous savons tous où sont les problèmes. On va donc entrer en action », prévient René Zimpfer. Il est suivi par Pascal Wittmann qui fait le même constat. « Je suis également déçu de cette réunion. On ne nous propose aucune solution. Je veux des choses concrètes. Depuis deux heures, on repousse, on repousse, on repousse ! J’ai toujours été pour le dialogue. Mais, là, ce n’est plus acceptable. Nous disons également stop au double discours des uns et des autres », s’agace le président de la FDSEA du Haut-Rhin. Et Ange Loing d’insister : « L’objectif est d’avoir un calendrier avec des solutions. Car ces solutions, elles existent et elles sont facilement applicables. Vous avez des obligations. Faites appliquer la loi. Ici, vous avez déjà perdu le textile. Ne perdez pas le monde agricole », conclut le représentant agricole.

À la sortie de la réunion, les discussions se poursuivent sous le regard de nombreux représentants des forces de l’ordre. Un vif échange a lieu entre les agriculteurs et le maire de Moosch, José Schruoffeneger, qui dit ne pas avoir apprécié le courrier qu’il a reçu et « pas davantage votre interpellation d’aujourd’hui. Je saurais m’en souvenir » sur un ton peu consensuel. Après quelques minutes de flottement, Pascal Wittmann reprend la parole pour faire le bilan de la réunion aux agriculteurs. « Nous sommes clairement déçus. Je vais prendre attache avec les responsables des autres syndicats que sont la Confédération paysanne et la Coordination rurale pour engager une action en commun. Car ce sujet concerne tout le monde. Vous pouvez vous préparer pour une nouvelle mobilisation ».

Conservation des sols

L’ortie au service du blé

Technique

Publié le 21/05/2021

Originaire d’Altkirch, Jean-François Basler, 44 ans, s’occupe de sa ferme, à Kappelen, où il exploite 14 hectares de céréales et, depuis peu, un champ de légumes. Dans le même temps, il est conducteur d’engins de travaux publics. « Mais je ne compte pas aller jusqu’à ma retraite en exerçant ces deux responsabilités professionnelles. J’ai également deux enfants. L’aîné s’intéresse de plus en plus au monde agricole. Il faut donc réfléchir à l’avenir de l’exploitation. Cet atelier de légumes peut être une source de diversification et le début d’un projet pour une installation viable dans le futur », explique Jean-François Basler.

Aidé de Martine, son épouse, il a donc installé une petite serre pour cultiver différents légumes. L’atelier existe depuis deux ans. « Nous faisons un peu de tout. Des salades, des pommes de terre nouvelles, des courgettes, des tomates, des aubergines, ou encore des poivrons. Les débuts sont encourageants même si la saison était courte l’année passée en raison des conditions météorologiques », ajoute l’agriculteur. Il propose ses produits dans des paniers qu’il écoule sur commande. Il les livre lui-même à ses clients. Il se félicite de se construire un réseau de clients de plus en plus important. Dans le même temps, ses céréales (maïs et blé essentiellement, mais également colza et soja) continuent d’être livrées à la coopérative agricole de céréales dont il est adhérent, ou chez Lucien Walch.

Ortie macérée dans de l’eau tiède

Depuis trois ans, il s’intéresse à l’agriculture de conservation. « Je travaillais de façon classique et je faisais appel à une entreprise de travaux agricole. Mais j’ai commencé à me documenter et à m’interroger sur ma façon d’exercer mon métier. J’ai souhaité évoluer, produire différemment. Un technicien de chez Walch m’a informé des techniques existantes. Et j’ai commencé à appliquer sur mes terres cette agriculture nouvelle pour moi. Depuis, j’ai le sentiment de faire davantage attention à mon sol. Je pratique désormais le semi direct. J’ai implanté un vrai couvert végétal qui fait de la biomasse en faisant un véritable suivi de culture. Pour le blé, c’est la même chose. J’applique certains principes qui existaient déjà dans le passé. J’utilise du purin d’ortie que l’on trouve en bordure des forêts », précise Jean-François Basler.

Cette ortie est ensuite macérée dans de l’eau tiède jusqu’à ce qu’elle fermente. Il faut qu’elle fasse de la mousse sans aller jusqu’à une odeur de putréfaction. Le purin d’ortie est un répulsif naturel contre les pucerons et les acariens. En effet, une macération d’orties sert aussi d’engrais naturel, car il stimule la croissance des plantes et en fortifie ainsi les défenses naturelles. Ainsi le purin d’ortie sert également en prévention de certaines maladies. « J’utilise 10 kg d’ortie pour 100 litres d’eau. C’est la base. Ensuite, je l’applique avec le pulvérisateur sur le blé en le diluant pour activer la photosynthèse du blé. Depuis que j’utilise cette technique, je constate que mon blé se porte bien. Il y a moins de maladies. La seconde étape sera ensuite le jus de luzerne. Je compte appliquer 10 kg de luzerne pour 100 litres d’eau passés au karcher pour décoller la matière active et renforcer le blé. Cela permet de diminuer la présence des ravageurs », insiste l’agriculteur.

Pas de fongicide de synthèse

Pour lui, c’est cette année un essai qui lui permet de ne pas utiliser de fongicide de synthèse. Il est convaincu que cela va également permettre l’amélioration de l’état des sols de ses parcelles. « Je tente de travailler selon les méthodes de l’agriculture de conservation. Si mes sols sont en bonne santé, mes plantes le seront également. Ce changement de pratique peut surprendre au début. Mais je constate déjà que mes sols sont plus vivants. C’est une suite logique de mon parcours. J’ai toujours été respectueux au niveau des traitements. Si je ne suis pas obligé d’en faire, je n’en fais jamais », assure Jean-François Basler.

Avec les intempéries de ces dernières semaines, il reconnaît cependant que ces nouvelles techniques sont plus difficiles à appliquer. Les résultats ne sont pas assurés. Pour autant, il compte continuer à s’intéresser à cette agriculture de conservation qui, il en est convaincu, va lui permettre à l’avenir d’évoluer encore davantage dans son travail au profit de ses sols et de ses cultures.

France Poulailler à Volgelsheim

Les poulaillers français ont la cote

Élevage

Publié le 17/05/2021

Société familiale, France Poulailler a été créée, en 2014, dans l’idée de proposer à ses clients un poulailler en bois, français et de bonne qualité. Sa croissance nécessite aujourd’hui de travailler dans des locaux plus adaptés. L’entreprise a ainsi quitté ses bâtiments historiques situés dans l’ex-caserne Abbatucci pour rejoindre la zone économique du Château d’Eau, toujours à Volgelsheim. Un investissement de 1,2 M d'€ d’euros pour acquérir et équiper les locaux de l’ancienne usine Thomann. Ce déménagement en pleine crise sanitaire lui permet de passer de 700 m² à 2 500 m² de surface afin de faire face à une demande sans cesse grandissante en poulaillers 100 % français. Ce positionnement lui a permis de se faire une place enviable sur le marché national du particulier où il n’a presque pas de concurrence. « Lors des deux premiers confinements notamment, les gens commandaient sur internet. Nous avons parfois été débordés. Nos délais de livraison ont augmenté. Néanmoins, nos 15 salariés ont pu travailler dans de bonnes conditions et nous avons honoré nos marchés », explique Nadège de Beaumont, présidente de France Poulailler depuis cet hiver et fille de Stanislas de Beaumont, fondateur de l’entreprise.

France Poulailler occupe le marché français, mais a également des revendeurs pour la Suisse, la Belgique et prochainement l’Allemagne. L’année passée, elle a écoulé pas moins de 5 000 poulaillers pour un chiffre d’affaires situé à un peu plus de 1,3 million d’euros. Cette année, les commandes ont déjà dépassé les 6 000 poulaillers. « Les gens désirent consommer davantage d’œufs. Ils veulent également avoir des poules chez eux. C’est une démarche écologique qui se complète par une réduction des déchets organiques. Les poules ont cette qualité de composteur naturel », ajoute la dirigeante. Résultat, les citoyens passent de plus en plus commandes tout comme les collectivités. « Nous avons de nombreuses communautés de communes qui font la démarche de nous appeler et de nous faire confiance. Elles sont séduites par la diversité de notre offre et de nos poulaillers », assure-t-elle.

En bois et 100 % made in France

Les poulaillers sont conçus et fabriqués en interne. Ils sont en bois. Ils sont déclinés en 14 modèles différents pour des prix allant de 200 € à 2000 € et pour des tailles permettant d’accueillir de deux à 25 poules. Le bois est issu de deux essences : l’épicéa et le douglas. À chaque fois, les poulaillers sont réalisés selon la technique du lamellé-collé, sur 19 mm d’épaisseur. « Le bois garanti PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) par nos fournisseurs, la visserie, le grillage et tous les composants utilisés pour fabriquer nos poulaillers sont achetés exclusivement en France. Nous avons choisi le bois car nous voulions quelque chose de naturel en lien avec les jardins des gens où se trouvent ces poulaillers », indique Nadège de Beaumont. Depuis quelques semaines, la situation est cependant tendue, précisément en raison du contexte sanitaire. « Les livraisons de bois, de grillage et de cartons sont de plus en plus longues. Actuellement, on ne peut plus faire de cadre. Nous ne serons livrés que dans quelques jours. Cela bloque les commandes. Nous espérons que ce n’est que temporaire. Nous devons également composer avec la maladie de certains arbres et essences comme l’épicéa. Il est possible que nous passions à du mélèze », confirme la présidente de l’entreprise.

France Poulailler va pourtant continuer à diversifier sa gamme. Avec des poulaillers traditionnels, des toits végétalisés, compacts, des pondoirs ou encore avec des portiers électroniques en option. Le montage des panneaux se fait simplement avec des clips. Les mailles de 1,9 x 1,9 cm sont en fil de 1,8 mm d’épaisseur galvanisé à chaud. Il existe quatre hauteurs de rallonge et quatre hauteurs de parcs. Chaque poulailler est garanti au moins deux années anti-prédateurs. Tous les parcs comportent six faces, y compris celle au sol. Il existe également une gamme idéale pour les étangs et/ou les mares, mais aussi une gamme étendue aux lapins, aux canards et aux tortues de terre.

 

 

 

Première levée de couleurs chez France Poulailler avec l’arrivée de nos nouveaux drapeaux ??

Publiée par France Poulailler sur Mardi 11 mai 2021

 

 

Pépinières Wadel à Ueberstrass

Une serre pour planter des essences adaptées au climat

Cultures

Publié le 12/05/2021

Grâce à cette aide financière du plan « France relance », la plus grande pépinière forestière du nord-est de la France va pouvoir investir dès cette année dans la culture d’essences adaptées au réchauffement climatique. Ces dernières sont en effet appelées dans les années à venir à remplacer en partie les parcelles d’épicéas scolytés qui font l’objet de coupes sanitaires massives depuis plusieurs mois. « Le cœur de notre projet d’investissement est une grande serre à double paroi de 2 000 m² », précise Isabelle Wininger, ex-responsable de l’entreprise familiale Wadel-Wininger (aujourd’hui cogérée par ses enfants). À elle seule, la serre, qui abritera des tables de culture en godets, coûtera 350 000 €. Soit la moitié de l’investissement nécessaire à la pépinière et à Wadel Reboisement pour acquérir le matériel nécessaire (machines pour rempoter, semoirs, tables de cultures, installations d’irrigations). « Nous allons aussi installer des chambres froides pour conserver les jeunes plants dans de bonnes conditions et prolonger la période de mise en terre, aménager des réserves d’eau supplémentaire et renforcer les dispositifs de protection contre le gel. Côté reboisement, nous préparons l’achat d’une mini-pelle supplémentaire, ainsi que de l’outillage adapté à la préparation des sols », ajoute Isabelle Wininger.

L’aide de 40 % de l’État est plafonnée à 200 000 € pour chacune des deux entreprises. La construction de la serre pourrait démarrer dès cet été pour une ouverture envisagée au printemps 2022. « Notre objectif est d’arriver à faire 400 000 plants pour démarrer. On a les terrains qui se situent juste à côté du hangar. Il faut maintenant faire les aménagements nécessaires. Il faut également de l’eau pour l’irrigation. Six mois de travaux sont à prévoir. Nous voulions démarrer à l’automne, mais ce sera certainement trop juste. Cette période aurait été idéale car les mises en culture se font au printemps ou à l’automne. Cela va nous laisser le temps de former l’ensemble du personnel », précise Isabelle Wininger.

Une nouvelle étape

La cogérance de l’entreprise est désormais entre les mains de ses trois enfants, Delphine, Sébastien et Emmanuelle. « Mais, les pépinières sont mon quatrième enfant. Alors, je suis toujours là pour aider. Mais, je vais avoir 75 ans. Je vais lever le pied, mais je ne voulais pas le faire dans le contexte sanitaire actuel. La construction de ces serres, c’est une nouvelle étape dans la vie de l’entreprise. La nouvelle génération va s’en occuper », concède Isabelle Wininger. Ce sont ses parents qui ont fondé les pépinières après la Seconde Guerre mondiale. Elle a connu une belle croissance. Elle est aujourd’hui forte de 25 salariés. « Comme partout, il y a eu des hauts et des bas. Nous avons toujours cherché à nous diversifier pour ne pas vivre sur un seul créneau. Nous avons des chantiers jusqu’en Bretagne », se félicite Isabelle Wininger. L’entreprise a par exemple développé les travaux d’entretien des rivières. Elle s’occupe de la gestion ripisylve. Les travaux sont effectués sur la taille, l’abattage sélectif et la plantation. L’entreprise a là des chantiers qui vont jusqu’en Vendée.

De la graine jusqu’à la jeune pousse

Mais, à Ueberstrass, on poursuit un travail qui ne peut pas être délocalisé. À savoir la mise en culture de nombreux végétaux. « Nous élevons nos plants de la graine jusqu’à la jeune pousse. Ceux-ci peuvent être des plants de reboisement, de feuillus comme de résineux, et nous faisons également la pousse comme la vente de haies et de brise-vent. Des plantations diverses, non destinées à des fins strictement forestières, constituent notre large choix de végétaux qui conviennent aux bordures de parcelles boisées, à la conception de haies bocagères ou brise-vent, aux aménagements de bordures de routes, autoroutes, ou autres voies ferrées. Quand on sème la graine, quand on désherbe, quand on entretient, le travail de l’homme et de la machine se marient remarquablement bien. Nous ne sommes pas nombreux sur ce secteur des travaux forestiers. Il y a de moins en moins de matériel et peu de fabricants français. Il est donc de plus en plus difficile à trouver », observe Isabelle Wininger.

Pour la deuxième année consécutive, les salariés utilisent une bineuse qui permet de réaliser un travail très précis. L’achat de matériel via les subventions du plan de relance va permettre à l’entreprise de se diversifier encore davantage. « Mais, nous avant tout de même 60 % du coût des travaux à payer par autofinancement ou grâce à des prêts. Nous investissons pour du long terme et pour pérenniser la structure », conclut Isabelle Wininger.

Alsace Destination Tourisme (ADT)

Des fleurs labellisées

Pratique

Publié le 11/05/2021

Cette convention doit notamment définir les nouvelles modalités de coopération pour la gestion du label « villes et villages fleuris » en Alsace, concernant l’accompagnement, l’attribution et le conseil pour l’obtention de ce label. Dans une recherche de rationalisation de l’action publique, le jury sera désormais composé à l’échelle de toute l’Alsace, en remplacement des jurys départementaux et régionaux. Ses missions sont définies par sections départementales au sein de la Collectivité européenne d’Alsace, pour respecter les termes du règlement national. « Une seule tournée avec ce jury unique sera ainsi organisée du 19 au 23 juillet 2021. Il visitera les communes qui démarrent dans cette démarche de labellisation et vont vers la première fleur. Il visitera également les communes déjà labellisées avec une, deux ou trois fleurs qui bénéficieront régulièrement d’une visite tous les trois ans. Les communes avec quatre fleurs continueront, elles, à être examinées par le jury national », explique Vincent Debes, conseiller d’Alsace et président délégué d’Alsace Destination Tourisme.

Les membres du jury sont des élus locaux, des conseillers régionaux, des professionnels du paysage et de l’environnement, des personnels des espaces verts municipaux ou encore des professionnels du tourisme. « En 2019, l’Alsace comptait 351 communes labellisées (187 dans le Bas-Rhin et 164 dans le Haut-Rhin) qui participent régulièrement au concours qui a été initié dans la région. L’Alsace est une terre fleurie depuis plus de 60 ans et est la destination de nombreux visiteurs. Ce label est un outil d’aide au quotidien pour les communes qui ont là une visibilité. Elles s’engagent également pour le développement durable en visant toujours à mieux intégrer le respect des ressources naturelles dans leurs aménagements paysagers et expressions florales. La protection de la faune et de la flore constitue une priorité notamment par la gestion raisonnée de l’eau, l’adaptation du choix des plantes et le zéro phyto », ajoute Marie-Reine Fischer qui co-préside avec Pierre Bihl, vice-président de la CEA, le jury de fleurissement d’Alsace.

 

En Alsace, 350 communes labellisées Villes et Villages Fleuris contribuent à : ? la réputation de notre destination,...

Publiée par Alsace Destination Tourisme - Pro sur Mardi 27 avril 2021

 

239 000 plantes sur 5 000 m2

La signature de cette convention s’est déroulée en présence du maire de Colmar, Éric Straumann et de son adjoint Christian Meistermann, en charge de la voirie, espace public, développement durable, espaces verts et milieux naturels. « Colmar est une ville aux quatre fleurs. Elle est labellisée depuis 1986. C’est un élément complémentaire à l’attractivité de la cité dans un contexte sanitaire difficile avec une fréquentation touristique actuellement en berne. Mais, nous ne baissons pas les bras et nous cherchons à garder ce haut niveau de fleurissement », précise Éric Straumann. Il en profite pour rappeler que les serres de Colmar occupent une surface couverte de 5 000 mpermettant de produire environ 239 000 plantes, en serre ou en tunnel. « Nous nous adaptons au changement climatique qui impacte ce que nous ferons demain. Cela concerne nos serres, mais également nos espaces verts et nos arbres. Ces derniers ont par exemple été touchés par la météo capricieuse de cet hiver. Ils sont 350 à être tombés ou en mauvaise santé », souligne Christian Meistermann.

« Le végétal est plébiscité »

Pour sa part, le président du groupement des horticulteurs d’Alsace Paul-André Keller a salué la signature de cette convention après plusieurs mois difficiles. « Ce caractère essentiel de nos productions végétales est important pour tous les acteurs de la filière. Le printemps 2020 a été un cauchemar avec cette crise sanitaire, mais surtout la fermeture de nos entreprises alors considérées comme « non essentielles ». Aujourd’hui, le végétal est plébiscité par les particuliers pour la qualité et l’équilibre de leur vie. Le végétal se positionne comme une réponse à des enjeux climatiques, à la qualité de l’air et au bien vivre ensemble. Le végétal joue son rôle dans la préservation de la biodiversité. Cette convention de partenariat sur le fleurissement est également un outil de promotion du végétal qui, à l’avenir, doit être au cœur des aménagements de l’ensemble des collectivités », conclut Paul-André Keller accompagné de Christian Romain, président du groupement professionnel « Fleurs et Plantes d’Alsace ».

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