Haut-Rhin
Rendre service à la collectivité
Haut-Rhin
Pratique
Publié le 21/01/2021
Maraîcher et exploitant agricole à Illhaeusern, Philippe Uhl n’avait plus été mobilisé depuis 2010. « L’ancienne municipalité avait acheté une lame à neige qu’il est possible de modifier pour nettoyer les chemins. Nous avons passé une convention pour intervenir en cas de grosses intempéries sur ordre du maire. L’arrivée de la nouvelle équipe municipale n’a rien changé à cette bonne entente. De notre côté, mon père (Germain) et moi, nous sommes disponibles. C’est notre souhait d’aider les habitants quand il le faut », explique Philippe Uhl. Précisément, vendredi matin 15 janvier, il le fallait. « Nous avons démarré à 4 h du matin et nous n’avons pas arrêté jusqu’à 13 h. Nous avons commencé par les rues principales évidemment avant de faire tout le reste du village et notamment les petites ruelles. Nous sommes même allés jusqu’à Guémar où un autre exploitant était lui-même bloqué. Ensuite, les gens nous ont appelés pour des interventions plus spécifiques », ajoute Philippe Uhl.
L’état d’esprit était le même à Weckolsheim pour Alfred Biller, double actif, installé sur l’exploitation familiale depuis 2013. Là, l’association foncière a acheté un chasse-neige d’occasion avec un relevage avant qui n’était adapté à l’époque que sur son tracteur. Mais jamais il n’avait eu besoin d’intervenir à l’exception d'une année pour déneiger la cour d’école du village. Cette fois, il a pris le temps nécessaire. « Dès jeudi soir, je suis intervenu pour enlever la neige des rues principales pour permettre aux gens de rentrer sereinement chez eux de leur journée de travail. J’ai commencé à 17 h pour m’arrêter à minuit. J’ai ensuite repris à 4 h du matin vendredi, jusqu’à 14 h. J’ai commencé par les parkings d’entreprises puis toutes les rues. Le plus compliqué, ce sont les impasses avec les voitures garées et la difficulté pour manœuvrer », précise Alfred Biller.
Malgré le froid, nous sommes bien présents au marché de Ribeauville ce matin ! A tout de suite !
Publiée par Ferme Uhl Philippe sur Vendredi 15 janvier 2021
« Une activité qui redore l'image du métier »
La quasi-totalité des habitants rencontrés se sont montrés satisfaits. À l’exception d’une personne âgée perturbée par le fait que la neige se soit retrouvée en masse plus importante sur son trottoir. « Nous avons alors discuté et j’ai dégagé la neige en trop. Dans ces moments-là, il faut aussi se montrer compréhensif », avoue l’agriculteur qui n’a pas fait de formation spécifique pour un tel travail. « Il faut quand même reconnaître que cela nécessite de la logistique et de la réflexion. Il faut savoir bien orienter la neige et ne pas faire n’importe quoi. Mais, j’ai apprécié de le faire. C’est une activité qui redore l'image du métier. C’est du bon sens. Le prolongement naturel de notre profession », conclut Alfred Biller. Il précise qu’il est intervenu après le déclenchement de l’alerte lancée par la municipalité.
En montagne, secteur plus habitué à la neige, le phénomène météorologique a également surpris. « Il n’avait pas neigé suffisamment l’année passée pour intervenir et on sortait peu depuis cinq-six ans. Les hivers sont beaucoup moins rigoureux que par le passé. Mais, cette fois, c’était vraiment impressionnant. J’ai commencé à déneiger avant jeudi. Avec mon frère François, nous avons ensuite utilisé deux tracteurs vendredi dès 4 h du matin, jusqu’à 23 h. Nous avons poursuivi jusqu’à dimanche. Ce matin (mercredi 20 janvier), je suis passé au salage car il y a du verglas », explique Yvan Gaudel du Gaec des Merelles à Lapoutroie. Il intervient depuis 1988. « Nous intervenons sur le secteur gauche de la nationale du village. Soit sur 40 kilomètres de chemin. Notre secteur s’est agrandi sur une partie d’Orbey. Nous sommes équipés par la commune. Notre ferme se situe à 800 mètres d’altitude. Il est tombé 80 cm de neige. Plus haut, autour du lac blanc, c’était encore plus intense. Jusqu’à 1,50 m en quelques heures », ajoute l’agriculteur. La difficulté est de travailler quand il y a de la circulation. Car, même dans ce secteur, à cette époque de l’année, il y a des automobilistes qui ne sont pas équipés. Autre problème : les nombreuses chutes d’arbres. « Il a fallu être bûcheron cette année. La neige était très lourde. Les arbres se sont vite cassés. C’était moins une réalité plus en altitude où la neige était plus molle. Nous avons eu de la chance. Il n’y avait pas de vent et donc pas de congères », conclut Yvan Gaudel.
Rendre service à la collectivité, c’est la devise d’un autre habitué de l'exercice. L’éleveur Gérard Claudepierre intervient au-dessus du Bonhomme et dans les secteurs de Sainte-Marie-aux-Mines et du Val d’Argent. Cela fait 23 ans. Il utilise son propre matériel. Et notamment un gros tracteur John Deer de 125 ch. « Depuis 2005-2006, je n’avais plus observé une telle quantité de neige. À cette hauteur, il y avait des contraintes avec cette fois du vent et par endroits une véritable tempête de neige. Cela a été du non-stop pendant plusieurs heures. Mais j’apprécie de travailler ainsi. C’est ma passion. J’interviens également à la station de ski du col des Bagenelles. On m’a délégué le damage des 30 kilomètres de ski de fond et de piste. C’est un travail intéressant », précise Gérard Claudepierre.












