Bière
Les nouveaux brasseurs de la Vallée
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Pratique
Publié le 14/03/2019
Martin Eck a la tête dans les travaux. Dans quelques jours, ouvrira la brasserie Taal, dans le village de Wihr-au-Val, sur la route qui relie Colmar à Munster. Bientôt, à côté du laboratoire qui abrite quatre fermenteurs se tiendra un bar, rustique et moderne. Les tables faites de palettes de récupération. Ce projet, cela fait plus d’un an qu’il le porte et le construit. Avec son grand frère Guillaume, maître brasseur et bûcheron, son père, Dominique, manutentionnaire à la retraite, et Olivier, son oncle qui travaille dans l’implantation d’entreprises. C’est sous l’impulsion de ce dernier que les quatre hommes se sont lancé dans le projet : créer une microbrasserie dans la vallée de Munster.
La bière est une passion venue sur le tard. Olivier, puis Guillaume, reçoivent un kit de brassage. De ceux que l’on offre à Noël aux amateurs de bière - qui ne sont bien souvent jamais utilisés. Et pourtant… « Petit à petit, Guillaume crée un laboratoire chez lui. Il fait des premiers brassins de 60 litres et puis participe à des concours de brasseurs amateurs, raconte Martin Eck. Je suis le premier fan des bières de mon frère. J’ai envie de les faire goûter à tout le monde. Je sais de quoi il est capable et j’ai confiance en notre réussite », affirme le jeune homme. Il devient alors le « couteau suisse » de cette entreprise. Celui qui a été pendant 13 ans souffleur de verre en Moselle, a lâché son boulot pour gérer l’entreprise, tenir le bar, s’occuper de l’embouteillage, de l’étiquetage et donner un coup de main pour le brassage. Guillaume, lui, continuera à travailler. Tous deux espèrent néanmoins à terme « créer de l’emploi et se développer au maximum », souligne Martin Eck.
Avant d’en arriver là, il a aussi fallu relever plusieurs défis : trouver le bon matériel, le local, suivre plusieurs formations obligatoires et apprendre à utiliser des machines spécifiques. « Un technicien Simatec, notre principal fournisseur, est venu nous accompagner pour les deux premiers brassins et voir si tout était bien agencé », explique l’entrepreneur.
« S’inscrire dans l’économie de la Vallée »
Pour les deux frères, il s’agit aussi de créer un lieu de rencontre dans la vallée. « L’ouverture de la brasserie est plutôt bien reçue par les voisins. Mon frère avait déjà une petite réputation et la plupart des gens en avaient déjà entendu parler », explique le gérant. Il a d’ailleurs commencé à prospecter, flyers et affiches à la main auprès des restaurateurs et ferme-auberge des alentours. « Notre premier objectif pour nos deux premières années est de s’inscrire dans l’économie de la Vallée. »
Une ambition soutenue par « les brasseurs de la Vallée », un groupe de passionnés qui se retrouvent pour parler bière. « Le but est d’échanger, de s’améliorer. Plusieurs professionnels ont pu nous aider : la brasserie de Lutterbach, la brasserie Boum’r à Wettolsheim… Il y a aussi plus près la brasserie du Marcaire à Muhlbach, détaille Martin Eck. Et il y a de la place pour tout le monde ! », conclut-il, d’autant plus que les positionnements économiques ne sont pas les mêmes.
Pour l’ouverture de la brasserie, une demande de débit temporaire de boissons alcoolisées a été faite car tout n’est pas encore prêt. Mais l’essentiel - la bière - sera là : « On commence avec une gamme de quatre bières typées « américain », sauf la Weizen, plutôt « allemand ». Il y a aura aussi une Pale Ale, « la blonde » - et je mets de gros guillemets -, une IPA, la bière qu’on aime faire et boire et une NEIPA plus douce et qui a un aspect de jus d’orange ».
À cette première gamme, viendront s’ajouter des bières de saison et des bières éphémères. « Des créations, nous en avons un paquet en tête, se réjouit Martin Eck. La première sera une Red Ale, plus forte, avec des houblons anglais. » Les produits seront disponibles à la vente directe et à la distribution, en bouteilles de 33 et 74 cl, ainsi qu’en fût. Ces bières sont fabriquées avec du houblon tchèque. « Nous ne trouvons pas les sortes que nous voulons en Alsace pour le moment », explique Martin Eck. Le malt provient des malteries françaises Soufflet et Weyermann. Pour compléter la recette, reste à ajouter la levure et une eau de bonne qualité… de la vallée de Munster.
VIDÉO : 3 questions à Martin Eck












