Coopérative agricole de céréales
« Nous vivons un moment charnière »
Coopérative agricole de céréales
Cultures
Publié le 06/12/2017
L’agriculture vivrait-elle un moment charnière de sa longue existence ? Pour le président de la Coopérative Agricole de Céréales (CAC), Thomas Thuet, c’est une certitude. Lors de la dernière assemblée générale du groupe coopératif qui s’est tenue mardi à Colmar, ce dernier a souhaité mettre en avant les défis qui attendent les jeunes générations d’agriculteurs. « À une mécanisation maîtrisée par vos aînés, vous devrez rajouter toutes les techniques dues aux innovations numériques, comprendre et adapter les connaissances nouvelles concernant les végétaux. » Une évolution inévitable des pratiques agricoles à laquelle la CAC espère bien contribuer de manière proactive, comme elle l’a finalement toujours fait depuis ses débuts en 1947. « C’est parce que la coopérative a su s’adapter et saisir les opportunités qu’elle a pu grandir pour être aujourd’hui une entreprise incontournable dans le paysage haut-rhinois », souligne Thomas Thuet. En 70 années d’existence, la CAC a évolué au gré des révolutions successives qu’a connues l’agriculture : le début de la mécanisation puis sa confirmation, les évolutions agronomiques, la multiplication des rendements, la construction d’une filière maïsicole « performante » et génératrice de nombreux emplois.
Un « nouveau souffle » pour la CAC
Mais les modèles d’hier ne seront pas ceux de demain. Avec l’apport des nouvelles technologies (guidage, drones, capteurs, algorithmes, etc.), l’agriculteur haut-rhinois de 2030 à 2040 aura sans nul doute un quotidien bien différent que celui de ses parents et grands-parents. « C’est justement pour toucher du doigt ces évolutions que nous avons organisé la journée « Cultivons l’agriculture du futur » [N.D.L.R. : voir PHR du 15 septembre 2017] », poursuit-il. Un rendez-vous riche d’enseignements qui a mis en lumière l’investissement de la CAC pour toutes ces nouvelles façons de faire de l’agriculture. En tête de liste, on retrouve la modulation intra-parcellaire de semis de maïs concrétisé au printemps dernier. « C’est une première », se félicite le directeur général de la CAC, Jean-Marc Shacherer. « Mettre la quantité de semis adéquat en fonction de l’endroit où l’on se trouve n’avait jamais été fait sur du maïs jusqu’alors. Nous sommes en avance là-dessus, mais nous devons vite en faire quelque chose. Car c’est le rôle d’une coop comme la nôtre de vulgariser ce genre d’outils auprès de ses adhérents afin de leur permettre d’évoluer. » Reste à savoir dans quel type d’agriculture. Conventionnelle ? Biologique ? Agro-écologique ? Agroforesterie ? De conservation des sols ? En permaculture ? La liste à la Prévert présentée par Thomas Thuet illustre les multiples chemins qui se présentent aux agriculteurs de 2017. Le président de la CAC les voit comme des « défis passionnants » à relever. « Espérons juste que le monde politique sache redéfinir les cadres de notre activité, définir une commande publique claire entre les différents types d’agriculture, et éviter les débats sectaires pour nous permettre d’exercer notre métier sereinement. » En parallèle, la Coopérative Agricole de Céréales devra également mener à bien de nombreux défis dans les années à venir. Elle aussi est dans une « étape charnière » de son existence estime Thomas Thuet. Le renouvellement et le rajeunissement important du conseil d’administration (dont le président) ainsi que le changement de directeur (en poste depuis le 1er août dernier) vont « donner un nouveau souffle à notre coopérative ». Dans les prochaines années, la nouvelle équipe dirigeante de la CAC devra terminer et maîtriser la mise en place - déjà bien avancée - du nouveau système informatique, ajuster le fonctionnement des équipes opérationnelles pour « plus d’efficacité », maintenir l’outil au « meilleur de ses performances », et « prendre le temps de la réflexion face à un monde en pleine évolution » et face à des politiques agricoles européenne et française qui se « cherchent ».












