Auteur
Image

Nicolas Bernard

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Coopérative agricole de céréales

« Nous vivons un moment charnière »

Cultures

Publié le 06/12/2017

L’agriculture vivrait-elle un moment charnière de sa longue existence ? Pour le président de la Coopérative Agricole de Céréales (CAC), Thomas Thuet, c’est une certitude. Lors de la dernière assemblée générale du groupe coopératif qui s’est tenue mardi à Colmar, ce dernier a souhaité mettre en avant les défis qui attendent les jeunes générations d’agriculteurs. « À une mécanisation maîtrisée par vos aînés, vous devrez rajouter toutes les techniques dues aux innovations numériques, comprendre et adapter les connaissances nouvelles concernant les végétaux. » Une évolution inévitable des pratiques agricoles à laquelle la CAC espère bien contribuer de manière proactive, comme elle l’a finalement toujours fait depuis ses débuts en 1947. « C’est parce que la coopérative a su s’adapter et saisir les opportunités qu’elle a pu grandir pour être aujourd’hui une entreprise incontournable dans le paysage haut-rhinois », souligne Thomas Thuet. En 70 années d’existence, la CAC a évolué au gré des révolutions successives qu’a connues l’agriculture : le début de la mécanisation puis sa confirmation, les évolutions agronomiques, la multiplication des rendements, la construction d’une filière maïsicole « performante » et génératrice de nombreux emplois.

Un « nouveau souffle » pour la CAC

Mais les modèles d’hier ne seront pas ceux de demain. Avec l’apport des nouvelles technologies (guidage, drones, capteurs, algorithmes, etc.), l’agriculteur haut-rhinois de 2030 à 2040 aura sans nul doute un quotidien bien différent que celui de ses parents et grands-parents. « C’est justement pour toucher du doigt ces évolutions que nous avons organisé la journée « Cultivons l’agriculture du futur » [N.D.L.R. : voir PHR du 15 septembre 2017] », poursuit-il. Un rendez-vous riche d’enseignements qui a mis en lumière l’investissement de la CAC pour toutes ces nouvelles façons de faire de l’agriculture. En tête de liste, on retrouve la modulation intra-parcellaire de semis de maïs concrétisé au printemps dernier. « C’est une première », se félicite le directeur général de la CAC, Jean-Marc Shacherer. « Mettre la quantité de semis adéquat en fonction de l’endroit où l’on se trouve n’avait jamais été fait sur du maïs jusqu’alors. Nous sommes en avance là-dessus, mais nous devons vite en faire quelque chose. Car c’est le rôle d’une coop comme la nôtre de vulgariser ce genre d’outils auprès de ses adhérents afin de leur permettre d’évoluer. » Reste à savoir dans quel type d’agriculture. Conventionnelle ? Biologique ? Agro-écologique ? Agroforesterie ? De conservation des sols ? En permaculture ? La liste à la Prévert présentée par Thomas Thuet illustre les multiples chemins qui se présentent aux agriculteurs de 2017. Le président de la CAC les voit comme des « défis passionnants » à relever. « Espérons juste que le monde politique sache redéfinir les cadres de notre activité, définir une commande publique claire entre les différents types d’agriculture, et éviter les débats sectaires pour nous permettre d’exercer notre métier sereinement. » En parallèle, la Coopérative Agricole de Céréales devra également mener à bien de nombreux défis dans les années à venir. Elle aussi est dans une « étape charnière » de son existence estime Thomas Thuet. Le renouvellement et le rajeunissement important du conseil d’administration (dont le président) ainsi que le changement de directeur (en poste depuis le 1er août dernier) vont « donner un nouveau souffle à notre coopérative ». Dans les prochaines années, la nouvelle équipe dirigeante de la CAC devra terminer et maîtriser la mise en place - déjà bien avancée - du nouveau système informatique, ajuster le fonctionnement des équipes opérationnelles pour « plus d’efficacité », maintenir l’outil au « meilleur de ses performances », et « prendre le temps de la réflexion face à un monde en pleine évolution » et face à des politiques agricoles européenne et française qui se « cherchent ».

Distillerie Romann à Sigolsheim

« On veut se développer avec le vignoble alsacien »

Vigne

Publié le 30/11/2017

« On est ici pour longtemps. » À Sigolsheim, le directeur de la distillerie Romann, Erwin Brouard, affiche clairement les ambitions de son entreprise spécialisée dans la collecte et la valorisation des coproduits issus de la viticulture, filiale du groupe Grap’Sud depuis 2008. Après avoir déjà réalisé de nombreux investissements par le passé (station d’épuration, tour aéroréfrigérante, récupérateurs de chaleur sur la plupart des installations, chaudière biomasse, colonne, etc.), la distillerie vient de mettre en service sa nouvelle chaufferie gaz, en remplacement de ses trois chaudières au fioul lourd devenues « anachroniques ».

Un investissement de 800 000 euros qui a pu voir le jour grâce au soutien financier de la Région Grand Est, et d’un partenariat étroit avec Engie Cofely, la filiale du groupe Engie spécialisée dans l’efficacité énergétique et environnementale. Cette dernière s’est occupée des travaux et a à charge la maintenance et l’exploitation de l’installation.

Efficacité énergétique et performance écologique

En consentant un tel investissement, la distillerie Romann - et par ricochet le groupe Grap’Sud - entend démontrer sa volonté de s’inscrire durablement dans le vignoble alsacien. « Une chaudière comme celle-là, c’est 20 ou 30 ans. Nous montrons que nous souhaitons pérenniser ce site », souligne Erwin Brouard. C’est aussi l’occasion de réduire la facture énergétique annuelle de 25 %, ainsi que l’impact environnemental avec une diminution de 44 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 1 350 tonnes de CO2 par an. La distillerie de Sigolsheim a en effet de gros besoins énergétiques, puisque tout son process fonctionne avec de la vapeur, à raison de 6 tonnes par heure. Auparavant, c’était trois chaudières au fioul lourd à 2 tonnes/heure chacune qui permettaient d’y répondre. Désormais, cette seule chaudière gaz est capable de délivrer une performance similaire. Une « première » se félicite Erwin Brouard.

Dans cet investissement de 800 000 €, il faut compter aussi plusieurs « périphériques » qui ont permis d’obtenir le soutien financier de la Région : un brûleur automodulant, une pompe avec un variateur de vitesse, une bâche sous vide pour économiser du traitement d’eau, ou encore la récupération de chaleur sur la fumée pour chauffer l’eau alimentaire. « Tout cela nous permet d’avoir une installation d’une grande efficacité énergétique et d’une grande performance écologique », explique Erwin Brouard. Autre atout de cette nouvelle chaudière : une stabilité de la production de vapeur qui permet d’améliorer les différents process, ainsi que des économies substantielles sur la consommation d’eau.

Recherche DPLC made in Alsace

Si la distillerie Romann souhaite s’ancrer durablement dans le vignoble alsacien, elle ne pourra pas le faire sans les viticulteurs du cru, notamment lors des années de faible récolte, comme c’est le cas cette année. « Sur les marcs et lies, nous suivons l’effet récolte. Cette année, nous savons que nous ferons 27 à 30 % de moins. Nous savons que dans le vignoble alsacien, certains volumes de marcs ne peuvent pas être amenés à la distillerie Romann. La situation est claire et sans ambiguïté pour nous. En revanche, nous sommes toujours à la recherche de liquides avant le 15 décembre, date limite de livraison des DPLC*. Il y aurait environ 30 000 hl de vin disponibles dans le vignoble, majoritairement des DPLC. Avec ce volume, nous pourrions espérer avoir une activité à l’équilibre malgré la faible récolte du millésime 2017. Ces trois dernières années, on a dû compenser les faibles volumes récoltés en Alsace en cherchant du liquide en Champagne et en Allemagne. Grâce à la récolte 2016, il y a cette année plus de DPLC en Alsace. Dans le cadre du développement de Romann, on souhaiterait qu’une grande majorité de viticulteurs nous suivent et nous amènent leur liquide », ajoute Erwin Brouard, avant de conclure : « Nous sommes une distillerie alsacienne qui veut se développer avec le vignoble alsacien ».

L’essentiel pour démarrer un atelier poules pondeuses en bio

« Si vous construisez mal votre projet, vous allez au casse-pipe »

Élevage

Publié le 30/11/2017

Parmi toutes les productions bios qui se développent aujourd’hui en France, celle de l’œuf est certainement la plus dynamique. Selon des études récentes, 49 % des consommateurs n’achètent que des œufs bios, soit plus que le lait. Et un tiers d’entre eux envisagent d’augmenter leur consommation à plus ou moins brève échéance. Des perspectives qui, chaque année, séduisent un nombre grandissant d’agriculteurs ou non, d’agriculteurs désireux de créer leur élevage biologique de volailles. En Alsace, seules 4,8 % des poules sont élevées selon ce mode de production. Un chiffre qu’Emmanuel Rieffel, chef de projet structuration aval des filières à l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), tient à relativiser : « L’Alsace reste une petite région de production de volailles sur le territoire national. Nous sommes loin de la Bretagne ou des Pays de la Loire qui sont les plus gros producteurs. »

Mais quelle que soit la région, les contraintes - drastiques - à respecter sont nombreuses pour quiconque souhaiterait franchir le pas de l’élevage de volaille bio. Comme le rappelle très justement Emmanuel Rieffel, « si vous construisez mal votre projet, vous allez au casse-pipe ». C’est pour éviter d’éventuelles mésaventures que la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) et l’Opaba ont organisé récemment un atelier pour connaître « l’essentiel pour démarrer un atelier poules pondeuses en bio ».

Étudier soigneusement son projet avant de se lancer

En introduction, Emmanuel Rieffel souligne un élément important : être capable de prendre en compte l’ensemble de l’écosystème qui gravite autour de l’élevage. « Il faut par exemple réfléchir au mode de commercialisation souhaité. Pour les œufs bios, il faut savoir qu’aujourd’hui 57 % des achats se font dans les grandes surfaces, 12 % à la ferme, 10 % au marché, et 8 % en magasin bio. Ensuite, il faut s’interroger sur les possibilités de contractualisation, les différents metteurs en marché, etc. Il y a autant de niveaux d’interrogation qu’il y a de filières d’œufs bios en France. » Avant de se lancer, il conseille à chaque porteur de projet de bien connaître les finalités sur sa propre ferme : quid des possibilités techniques, économiques, écologiques et territoriales ? Quel est le partenariat proposé par le conditionneur ? « Il faut que vous sachiez ce que vous voulez faire. De la vente directe ? Un gros chiffre d’affaires ? Étudiez toutes les pistes. Est-ce que dans cinq ans par exemple, vous voudrez toujours travailler dans un petit bâtiment ? Il est vraiment essentiel de se renseigner auprès de conseillers indépendants, de faire une étude de marché, surtout pour un projet de vente directe. Il faut aussi se demander si, tôt ou tard, je pourrais alimenter mes volailles uniquement avec ce que je produis sur la ferme ? Il faut calculer son prix de revient avant de se lancer, et non pas s’arrêter à l’attrait économique de l’agriculture biologique. »

L’autre point essentiel avant de se lancer dans une telle aventure est bien évidemment l’aspect réglementaire forcément important, agriculture biologique oblige. Avant de rentrer dans les détails, Sophie Delattre, chargée de mission agriculture biologique à la CAA, rappelle les grands principes de l’AB : l’interdiction de l’élevage hors sol, une autonomie alimentaire minimale et une obligation de parcours. « Il faut convertir une surface équivalente à 20 % de la ration annuelle des poules en plus du parcours », précise-t-elle. Pour 4 000 poules qui consomment chacune 41 kg d’alimentation par an, c’est une notion à « bien calculer ». Une alimentation qui doit être en théorie à 100 % bio, et issue principalement de l’exploitation. En cas d’indisponibilité en bio, il est possible de recourir à 5 % d’alimentation non bio et garantie sans OGM. « C’est une dérogation valable jusqu’à la fin de l’année. Pour le moment, on ne sait pas si elle va être reconduite », prévient Sophie Delattre. En plus de bien manger, les volailles doivent avoir accès à un parcours « facile d’accès » et abrité, et bénéficier d’une surface de 4 m2 chacune. Le bâtiment ne doit pas héberger plus de 3 000 poules et doit être éclairé au maximum pendant 16 heures afin de laisser un repos nocturne de 8 heures aux animaux.

Une production « technique » et exigeante

Chez José Pflieger, à Spechbach-le-Bas, les 2 000 poules bios sont hébergées dans un bâtiment divisé en deux espaces de 1 000 poules. Installé depuis 1989 et converti à la bio en 2011, José Pflieger décide d’augmenter sa production d’œufs bios en 2013 lors de l’installation de son fils Jérémy. « On voulait avoir la possibilité de proposer des œufs à nos clients tout au long de l’année. » 80 % sont écoulés en vente directe à la ferme ou sur des marchés à raison de 30 centimes par œuf, le reste est commercialisé en grandes surfaces à 26 centimes par œuf. L’alimentation des volailles est automatisée, contrairement au ramassage et au conditionnement qui se fait entièrement à la main, à raison de deux à trois heures par jour. Pour nourrir les poules, ils ont fait le choix d’acheter des rations prêtes à l’emploi plutôt que de les élaborer eux-mêmes. « C’est très compliqué à faire. On n’a pas assez de protéines. Du coup, on préfère passer acheter ce qu’il nous faut directement à la minoterie Dornier, située dans le Doubs. »

Concernant l’achat des poulettes, José Pflieger conseille d’y penser au moins un an à l’avance. « C’est le temps qu’il faut à des poules pour être prêtes à pondre. » Il faut bien anticiper le moment où l’on va recevoir son nouveau lot. En effet, comme le souligne Christian Schleiffer, qui élève 9 000 volailles bios à Uhrwiller, il faut avoir des œufs quand la demande est là. « Si on prévoit son nouveau lot avant les grandes vacances, c’est mort. La vente d’œufs est basse pendant cette période. En revanche, il ne faut pas manquer des périodes comme Pâques et Noël où la consommation d’œufs est très forte. »

L’éleveur bas-rhinois pratique l’agriculture biologique depuis 2014. Enfin, en partie seulement, puisque l’autre part de son activité est consacrée à l’engraissement de bovins en conventionnel. Son bâtiment est divisé en salles qui hébergent chacune 2 750 volailles environ. Ceci génère une très grosse production livrée à 95 % à un collecteur. « Nous avons un contrat de plusieurs années pendant lesquelles nous nous engageons à livrer un certain volume. » De ce fait, Christian Schleiffer a comme projet d’ajouter 6 000 volailles supplémentaires en 2018 pour répondre à la demande croissante en œufs bios. Malgré les contraintes réglementaires et les investissements consentis, il ne regrette en rien le fait de s’être lancé dans l’élevage de poules pondeuses bio. « C’est une production très technique et du coup très intéressante », témoigne-t-il. En revanche, il tient à attirer l’attention sur un élément essentiel : le vide sanitaire et le nettoyage. « Il ne faut pas les prendre à la légère. Ils nécessitent du temps et doivent être faits au bon moment. Dans notre cas, il faut dix à quatorze jours à trois pour effectuer ces opérations, entre le nettoyage intégral de tous les éléments du bâtiment et la désinfection réalisée par une entreprise spécialisée. »

Gaec des collines à Roderen

Le mystère du « troupeau décimé » reste entier

Élevage

Publié le 16/11/2017

La résolution du mystère devra encore attendre. Trois ans plus tard, Pascal Wolfersperger, agriculteur à Roderen, ne sait toujours pas ce qui est arrivé à son cheptel de vaches laitières quasiment entièrement décimé par un mal non identifié à ce jour (voir encadré). Pourtant, de nouveaux « éléments de réponse » étaient présentés le 10 novembre lors d’une conférence de presse organisée par l’association Pingwin Planet, la Confédération Paysanne d’Alsace et l’association ACCES (Actions Citoyennes pour une Consommation Écologique et Solidaire). Le journaliste indépendant allemand - et chimiste de formation - Michael Loeckx a résumé deux années de recherche et d’investigation qu’il a menées parallèlement aux analyses régulières réalisées sur la ferme par différents organismes (CAC, Chambre d'agriculture, services de l’État…). Selon les résultats obtenus par des scientifiques suisses qui se sont penchés sur la question, d’importantes quantités de nanoparticules de titane auraient été retrouvées dans tous les échantillons de lait, d’herbe et de foin. « Au vu de tous ces résultats, on peut avancer qu’au cours de cette période d’observation, une contamination continue en dioxyde de titane a été présente », révèle Michael Loeckx. Pour corroborer cette hypothèse, le journaliste allemand rappelle les résultats d’une analyse supplémentaire du sol entreprise en 2016 par la CAC. Comme le révèle le rapport d’analyse, 2,558 g titane/kg de terre ont été retrouvés. Le maire de Roderen, Christophe Kippelen, relativise : « C’est une analyse qui n’a eu lieu qu’une seule fois à un endroit donné. Elle n’a pas été faite ailleurs. Cette quantité de titane observée est si forte que, si elle était due à une pollution atmosphérique, on retrouverait dans le sol autour de Thann tout le titane émis par l’usine Cristal depuis 1926. » Dans le cas présent, l’usine chimique aurait tout du responsable parfait aux yeux des associations ACCESS et Pingwin Planet. Ce dont elle se défend au travers d’un communiqué diffusé en début de semaine. Elle rappelle que « l’usine répond à l’ensemble des normes environnementales et de sécurité en vigueur » et conteste « formellement les accusations engageant sa responsabilité dans le décès de bovins à proximité ». Cristal se dit également « particulièrement surpris qu’aucun autre cas de décès d’animaux ne soit connu à proximité du site ».

Rien de « significatif » pour l’Ineris

Même si les suppositions vis-à-vis de la responsabilité de Cristal sont fortes, Michael Loeckx tient tout de même à tempérer le bilan de ces deux années de recherche. « Ces résultats ne prouvent rien à l’heure actuelle. On est incapable de dire si ce sont ces nanoparticules de titane qui ont tué les vaches. D’autres analyses sont en cours pour aller plus loin encore dans l’élucidation de ce problème. » De ce fait, la réunion prévue - de longue date - lundi dernier dans les locaux de la sous-préfecture de Thann en présence des services de l’État était fortement attendue. En effet, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), avait été mandaté en juillet dernier pour analyser de son côté les niveaux de nanoparticules de titane présentes sur l’exploitation de Pascal Wolfersperger. Comme le souligne le journaliste d’investigation allemand, « en chimie, si on ne recherche pas quelque chose précisément, on ne le trouvera pas ». Et l’Ineris n’a rien trouvé de significatif comme le révèle le communiqué diffusé mardi par la préfecture du Haut-Rhin : « les analyses d’air, d’eau, de sols, les autopsies vétérinaires, les recherches sur les fourrages et l’alimentation en eau n’ont pas mis en évidence des concentrations susceptibles d’être la cause des symptômes observés ». Présent à cette réunion, Christophe Kippelen souligne également que les concentrations retrouvées sont « à peu près équivalentes » à celles relevés sur le Gaec Reber, l’élevage laitier le plus proche situé à Aspach-le-Haut. Élevage qui n’a pas eu à déplorer de morts mystérieuses de ses bovins… Du coup, l’enquête continue. L’Ineris a demandé à confronter les résultats obtenus par Michael Loeckx afin d’étudier la méthodologie utilisée (par qui et avec quels moyens), ainsi que les chiffres obtenus. Les conclusions de cette nouvelle investigation devraient être connues lors de la prochaine réunion prévue début 2018 à la sous-préfecture de Thann.

Ets Balthazard - Same

Le Frutteto en démo

Technique

Publié le 15/11/2017

Présentés pour la première lors de la dernière Foire aux vins de Colmar, les tracteurs Frutetto S (Fruitier)/V (Vigneron) avec ou sans ActiveDrive de Same étaient récemment à l’épreuve du terrain lors de démonstrations organisées par les établissements Balthazard d’Orbey, en collaboration avec les Ets Thorr, de Sigolsheim, et les Ets Roecklin Benoît de Wettolsheim. Comme l’explique Xavier Debenath, commercial chez Balthazard, ce partenariat permet aux acquéreurs de bénéficier du savoir-faire de ces concessions en matière de tracteurs viticoles. « Historiquement, nous ne sommes pas spécialisés dans les vignes. Du coup, nous nous sommes rapprochés des établissements Thorr et Roecklin afin qu’ils s’occupent du SAV sur ces tracteurs Same », précise-t-il. Parmi les modèles présentés (V80 GS, V90 GS, S105 GS) de 1,08 m à 1,35 m, la concession Balthazard était fière de présenter son « modèle Alsace » caractérisé par une largeur de 1, 08 mètres. De quoi réjouir Yves Spannagel, viticulteur à Katzenthal, et propriétaire de l’une des parcelles de démonstration. « J’ai encore quelques vignes étroites. Du coup, ce gabarit est idéal », témoigne-t-il après plusieurs allers-retours entre les rangs de vigne. Il est aussi séduit par la possibilité de monter des roues de 20 et 24 pouces à l’arrière et ce, quel que soit le modèle choisi. « C’est vraiment un atout pour la motricité et la préservation du sol. » Autre bon point à ses yeux en faveur du Same Frutteto : son rayon de braquage de 55°, « idéal pour manœuvrer en bout de rang ». « Le modèle Same Frutteto V90 GS DT peut disposer en option de l’ActiveDrive » indique Xavier Debenath. Il s’agit d’une suspension indépendante avec un dispositif à double triangle, une technologie brevetée par Same. La géométrie de cette suspension permet ainsi d’absorber totalement le mouvement vertical causé par le passage d’un obstacle. Lors d’un freinage, le tracteur reste droit sur la route et les quatre roues ont le plus de contact possible avec la surface du sol, ce qui empêche le tracteur de plonger. Des qualités qui ont suscité pas mal d’intérêt de la part des viticulteurs au cours de ces deux journées de démonstration. « Le constructeur Same conçoit de A à Z la fabrication et l’assemblage de la gamme Frutteto. Doté d’un nouveau moteur Farmotion du groupe Same sans adblue 3 et 4 cylindres moins bruyant et plus économique. Ainsi qu’une transmission avec tripleur sous charge (45 vit. avant et 45 vit. arrière). De plus, le système Stop and Go permet de s’arrêter par le biais de la pédale de frein sans solliciter l’embrayage. Et pour finir, l’hydraulique pourvue de 3 pompes pour un débit total de 96 l/min », argumente Patrick Balthazard, gérant des Ets Balthazard.

CAAA du Haut-Rhin

La manipulation « tout en douceur » des bovins

Élevage

Publié le 10/11/2017

Dans le box tapissé de paille, les vaches ont l’air bien circonspectes. Alors qu’elles broutaient tranquillement leur ration matinale, un visiteur imprévu a décidé de se coucher à quelques centimètres d’elles. Les yeux fermés, celui-ci ne bouge pas. Intriguées, les habitantes du lieu s’approchent de lui pour le renifler et le lécher. Baptisée la technique du « veau mort », cette approche en douceur permet de construire une confiance réciproque entre l’animal et celui ou celle qui va être amené à le manipuler. Un « truc » qu’une dizaine de conseillers en prévention et de formateurs allemands et autrichiens ont pu apprendre lors de leur formation à la manipulation et la contention des bovins organisée pendant deux semaines, au mois d’octobre, dans plusieurs élevages du Sundgau. Elle a été mise en place par le Service de Prévention des Accidents en Agriculture (SPAA) suisse et le Beratungsstelle für Unfallverhütung in der Landwirtschaft (BUL), en collaboration avec la Caisse d’Assurance Accidents Agricoles (CAAA) du Haut-Rhin et l’Institut de l’élevage. « L’idée est de former nos homologues allemands à toutes ces techniques pour qu’ils puissent à leur tour former les agriculteurs dans leur pays », explique Anthony Metzger, conseiller en prévention à la CAAA 68. Pourquoi venir jusqu’en France pour cela ? « C’est un savoir-faire français », souligne Jean-Marie Davoine, formateur au sein de l’Institut de l’élevage. « On a plus de trente ans de d’expérience sur la question. En Allemagne, on commence seulement à s’y intéresser tandis qu’en Suisse, cela n’existe que depuis 2007. » La CAAA du Haut-Rhin s’occupe de la gestion logistique, tandis que l’Institut de l’élevage, le SPAA et le BUL mettent à disposition des formateurs.

Apprendre à « lire » l’animal

La formation a vu le jour en 2011 pour être ensuite reconduite en 2014, 2015 et 2017. Un succès croissant qui s’explique, selon Étienne Junod, responsable Romandie au SPAA, par l’intérêt manifeste des techniques apprises lors de ces sessions « intensives ». « C’est une question de sécurité. Les élevages sont de plus en plus grands et il y a de moins en moins de temps pour s’occuper de chacun des animaux. Du coup, ces derniers adaptent leur comportement et deviennent en quelque sorte un peu plus sauvages. Du coup, il est essentiel de maîtriser les techniques de base qui permettent de les approcher sans danger pour ensuite les maîtriser en toute tranquillité, que ce soit au sein d’un box ou d’une prairie. » Ainsi, les participants apprennent à ne pas se comporter comme un prédateur afin que la vache ne se sente pas comme une proie. « Par défaut, c’est comme ça que les vaches nous voient », précise Étienne Junod. Du coup, celui ou celle qui souhaite approcher l’animal doit d’abord apprendre à le « lire ». « Certains sont sur le qui-vive tandis que d’autres sont plus détendus. Il faut savoir qu’il y a pour la vache une zone de sûreté et une zone d’observation. Après, il faut s’approcher d’elle sans la regarder directement dans les yeux. C’est une étape sensible. Si on la rate, ça devient très difficile après. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne faut pas avoir peur de lui tourner le dos. C’est une idée reçue qui n’a pas lieu d’être. Il ne faut pas oublier que la vache est un animal fondamentalement très pacifique, elle n’attaque que si elle raison valable de le faire. » Une fois le contact avec la vache établi, il convient de la toucher de différentes manières pour créer un climat de détente : on peut lui toucher l’oreille, lui fermer l’œil ou poser sa main sur l’épi… « Ce qui est intéressant, c’est que chaque animal est capable d’apprendre. Du coup, cela devient un peu un jeu pour celles et ceux qui se forment à ces techniques. » Comme faire le « veau mort » finalement.

 

 

Euro Agrar

Les gammes Fendt et Pöttinger en démonstration

Technique

Publié le 08/11/2017

Cette démonstration de plein champ organisé par la concession Euro Agrar a eu lieu sur une parcelle située non loin d’Heimsbrunn. Elle a permis de découvrir notamment la série 1000 de Fendt pour la première fois en conditions réelles d’utilisation. À ses côtés, les agriculteurs, invités par la concession de Muespach-le-Haut et Sainte-Croix en Plaine, ont pu découvrir ou redécouvrir les autres séries éprouvées de Fendt, des petits 200 aux 800 affichant 240 chevaux sous le capot. Les participants à cette journée ont également pu mettre la main sur la moissonneuse-batteuse 6335 de Fendt. Là aussi, c’était la première fois que la machine était manipulable après avoir été présentée lors des dernières portes ouvertes. Même s’il n’y avait plus de maïs à récolter, il était tout de même possible d’apprécier ses qualités. Un avant-goût de ce que le constructeur allemand entend commercialiser dans les années à venir. « Fendt a une forte envie de proposer des moissonneuses-batteuses d’aussi bonne qualité que ses tracteurs », explique Guillaume Koenig, chef des ventes chez Euro Agrar. Ainsi, les visiteurs du prochain Agritechnica de Hanovre auront le plaisir de découvrir la dernière Fendt Idéal 9T, une moissonneuse-batteuse équipée d’un ou deux rotors. Elle sera pourvue d’une trémie de 17 000 litres, la « plus grosse sur le marché » annonce Guillaume Koenig. Ce modèle sera disponible en pré série en 2018 et commercialisé en série en 2019.

ACS Andelfinger

Une « Revelation » made in New Holland

Technique

Publié le 06/11/2017

Voilà un peu plus de dix jours que la concession ACS Andeflinger, de Waldighoffen, fait découvrir la dernière référence de moissonneuse-batteuse de New Holland, la 8.80 de la série CR Revelation. Le 26 octobre, c’est Joseph Pflieger, exploitant à l’EARL de Walheim, qui a découvert les bénéfices de cette nouvelle machine sur l’une de ses parcelles. Il a pu mesurer les évolutions apportées par rapport à la CX8070 qu’il possède depuis trois ans. « La qualité de grain est plus propre et il y a moins de casse. Et le débit de chantier est plus important », constate-t-il après plusieurs allers-retours dans sa parcelle de 24,80 ha. La CR8.80 proposée à la démonstration par Fabrice Rusti, mécanicien et spécialiste des moissonneuses-batteuses chez les ACS Andelfinger, est l’une des « plus petites machines » de la série CR Révélation. Pourtant, avec un moteur de 517 chevaux et une capacité de trémie de 12 500 litres, la 8.80 propose déjà des caractéristiques alléchantes. Sans oublier une consommation de carburant (23,1 litres/heure) moins importante que celle de la CX8070, observe Joseph Pflieger.

Avec la série CR Révélation, New Holland revendique « 10 % de productivité en plus » avec un meilleur contrôle du débit de récolte et des rotors Twin Pitch Plus. Ainsi, les nouveaux rotors sont réglables à distance depuis la cabine, dont la position peut varier infiniment entre lent et rapide, assurent le meilleur contrôle du débit de récolte de la catégorie et une meilleure efficacité énergétique. Cette fonctionnalité est disponible en option sur les quatre modèles haut de gamme de 22 pouces (modèles CR10.XX et CR9.XX). La CR8.80 est le plus gros modèle de la gamme 17 pouces. Elle est présentée par le constructeur américain comme la moissonneuse-batteuse à châssis « la plus puissante du marché ». Elle bénéficie de capots de rotor plus hauts et, comme ses grandes sœurs, dispose du DFR (qui permet d’alimenter les rotors plus régulièrement), d’une optimisation de la puissance ainsi que d’une nouvelle cabine bien mieux insonorisée que les modèles précédents.

Du 27 au 29 octobre

Un 4e week-end « palpitant » au cœur de l’Alsace

Pratique

Publié le 26/10/2017

La destination labellisée Vignobles & Découvertes « Cœur d’Alsace » organise du 27 au 29 octobre la quatrième édition de l’événement « Le Palpitant week-end du cœur d’Alsace ». Un rendez-vous œnotouristique à ne pas manquer pour tous les gourmands et amateurs de vins d’Alsace. Créé en 2017 par les offices de tourisme du Mont Sainte-Odile, d’Obernai, du Pays de Barr et de Sélestat Haut-Koenigsbourg Tourisme, « Le Palpitant week-end du cœur d’Alsace » a comme objectif de faire découvrir 36 adresses labellisées Vignobles & Découvertes choisies pour leur plaisir d’accueillir, leur envie de partager leur passion du monde du vin et leur appartenance à une démarche qualité. « L’idée est que chacun propose ce qu’il a de meilleur », explique Anne Meyer, directrice de l’office de tourisme du Pays de Barr. Au programme de ces trois journées de gourmandises et de découvertes : des dégustations à l’aveugle dans des caves, des petits concerts, des menus accords mets vins ou cuisinés au vin dans les restaurants, des cadeaux d’accueil et des réductions (avec le code COEUR2017) dans les hébergements, des dégustations scénarisées sous forme de jeu de piste Da WINEci code aux Ateliers de la Seigneurie, des visites elfiques accompagnées par des créatures des bois au château du Haut-Koenigsbourg… Chaque adresse peut aussi offrir un « petit plus » pour toutes celles et ceux qui se mettraient en scène en prenant une photo « artistique », « humoristique » ou « palpitante » avec le cadre-cœur en bois.

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du développement de l’œnotourisme mené par le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). « C’est une occasion formidable de promouvoir les vins d’Alsace », rappelle Nicole Bott, en charge de l’œnotourisme au sein du Civa. Mais il ne suffit pas d’ouvrir la porte de sa cave, loin s’en faut. « L’œnotourisme demande beaucoup d’investissement, d’imagination, de créativité, et plein de petites choses. Cela requiert beaucoup d’énergie, mais ça en vaut la peine au final. Et il faut beaucoup semer pour avoir des retombées avec le temps. L’œnotourisme est vraiment quelque chose d’exceptionnel, car on peut voyager tout en restant dans son caveau avec la multitude de personnes et de nationalités qui viennent à notre rencontre. » C’est dans cet esprit que les quatre offices de tourisme à l’initiative de ce week-end se mobilisent depuis 2010 pour en mettre en avant les richesses œnotouristiques de leurs territoires respectifs. « Notre idée est simple : faciliter les expériences pour les gens qui aiment le vin mais qui ne sont pas des spécialistes. Par le biais de courts séjours, nous leur permettons de vivre une expérience », souligne Anne Meyer. Organisé chaque fin du mois d’octobre depuis 2014, « Le Palpitant week-end du cœur d’Alsace » représente un peu le moment fort de cette mobilisation collective.

Les vidéos