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Nicolas Bernard

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États généraux de l’alimentation

Des synergies à trouver

Vie professionnelle

Publié le 15/09/2017

Quelle alimentation demain dans les assiettes des Français ? Comment sera-t-elle - ou devra-t-elle - être produite ? Quid de la commercialisation des denrées alimentaires ? Vente directe ? Amap ? Grandes surfaces ? Beaucoup de questions et encore plus de réponses en face qui sont loin d’être toujours consensuelles. Il y a le consommateur, lassé par les scandales alimentaires à répétition, qui est de plus en plus intransigeant sur la qualité de ce qu’il achète, mais a encore du mal à payer le prix qui va avec. Il y a le producteur, alourdi par des charges et des normes à n’en plus finir, qui voudrait avant tout pouvoir vivre de son travail. Entre les deux, il y a la distribution, cible de nombreuses critiques, surtout quand il s’agit des marges sur les produits agricoles. Il y a les défenseurs de l’environnement, soucieux de préserver les ressources naturelles fragilisées par certaines pratiques, agricoles et autres… Il y a un juste milieu à trouver et des débats à mener pour que chacun y trouve son compte. C’est dans cet état d’esprit qu’ont été lancés les États généraux de l’alimentation le 20 juillet dernier par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Jusqu’au 20 octobre, les citoyens sont ainsi invités à participer à une grande consultation publique afin de donner leurs points de vue - ou leurs solutions — pour répondre à ces enjeux. Dans le Haut-Rhin, la candidate En Marche ! à la dernière élection législative dans la première circonscription, Stéphanie Villemin, a souhaité organiser une table ronde sur cette thématique afin de donner « une dimension plus locale » à ces états généraux. Le débat, animé par Franck Buchy, journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace, s’est déroulé le 8 septembre dans les locaux de la Maison de l’Agriculture à Sainte-Croix en Plaine. Avant de rentrer dans le vif du sujet, quelques éléments clés ont été rappelés : en 2015, la moitié des agriculteurs alsaciens vivaient avec 354 euros par mois ; les ménages ne consacrent plus que 20 % de leur budget pour l’achat de l’alimentation contre 35 % en 1960 ; la consommation de viande et de fruits et légumes a baissé au détriment des plats préparés ; on observe une importante importation de pommes de terre et de courgettes dans la région Grand Est ; les produits vendus au rayon bio sont 70 % plus chers que ceux issus de l’agriculture conventionnelle ; les prix des céréales sont soumis aux cours mondiaux et spéculateurs ; sur 100 euros payés en grande surface par un consommateur, 6 euros seulement vont à l’exploitation.

Faire évoluer l’agriculture en l’accompagnant

Le prix payé à l’agriculteur a justement été le premier point abordé au cours de cette soirée. Pour le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher, la question du prix passe d’abord par un vrai dialogue entre la production, l’industrie et la distribution. « Pour trouver une porte de sortie, il va falloir que tout le monde soit transparent sur ce qu’il gagne réellement. » Quand le secrétaire général de la Confédération Paysanne d’Alsace, Franz Baumann, lui fait remarquer qu’avec les circuits courts, les producteurs laitiers n’ont pas ces problèmes de prix, David Herrscher souligne qu’on ne pourra pas distribuer en direct toute la production laitière au niveau français. Il estime néanmoins nécessaire de développer tout ce qui peut l’être en circuits courts. Le président des magasins Système U de Colmar, Georges Tischmacher, se demande si les agriculteurs ne pourraient pas imposer leurs prix, à l’image de ce qui se pratique au Canada. « L’idée a existé avec l’interprofession laitière. Mais cette dernière a été interdite par l’Union Européenne qui considérait que c’était anticoncurrentiel », lui rappelle David Herrscher.

Le directeur de la FDSEA du Haut-Rhin, Michel Busch, reconnaît que les filières courtes sont l’une des solutions - à l’image du magasin Cœur Paysan à Colmar ou l’abattoir départemental de Cernay - mais pas LA solution évoquée par de nombreux observateurs. « Il faut quand même savoir que ceux qui ont le plus de difficultés cette année, ce sont les maraîchers en vente directe. En cas de mauvaise année, ils vont directement au casse-pipe. » Franz Baumann ne voit quant à lui que des bons côtés à ce lien direct qui unit producteur et consommateur. « Quand on est face à lui, un dialogue et une sorte collaboration se créent. Sur le marché mondial, l’agriculteur se trouve comme une entreprise avec des choses qu’il ne maîtrise plus. De l’autre côté, si l’on maîtrise ses coûts de production du début à la fin, ça fonctionne », ajoute le représentant syndical. Pour sa part, le président d’Alsace Nature, Daniel Reininger, estime qu’il faut revoir tout le modèle de l’agriculture. « On a dévoyé le modèle qui était sympathique pendant les Trente Glorieuses mais qui a un peu perdu la boule depuis. Tout a été fait pour produire toujours plus alors que nous devrions aujourd’hui produire de manière plus responsable. » Franz Baumann parle, lui, de « dérive » de l’agriculture qui « suit le même modèle que l’industrie ». « Malheureusement, le paysan n’est plus moteur de son propre développement. Et si l’on veut encore être nombreux demain, il faut s’éloigner de ce modèle industriel. »

Si le modèle doit changer, encore faut-il qu’il soit accompagné et structuré. « Si l’agriculture doit évoluer, elle ne pourra pas le faire toute seule. Si on veut développer les filières courtes, il faut structurer. Idem pour le bio. Les pouvoirs publics doivent être là pour structurer et aider pour une vraie transparence des prix. » Daniel Reininger fait ainsi remarquer que l’État n’a pas pu honorer les budgets prévus pour les conversions en bio. « Pourtant, la demande du consommateur est là. L’État doit être là pour accompagner ceux qui veulent rentrer dans une autre filière, c’est sa responsabilité. » L’agriculture biologique est en effet souvent évoquée comme l’autre grande solution à tous les maux que connaît l’agriculture, du moins dans la société civile. Du côté des professionnels, plus proches des réalités du terrain, la vision est un peu plus nuancée. « Déjà, il faut rappeler que tous les types d’agriculture, dont la bio, ont besoin de traitement. D’autre part, il faut quand même avoir à l’esprit qu’en 2016, des gens ont dû abandonner leur mode de production bio à cause des conditions climatiques. En Bourgogne, des viticulteurs ont dû revenir à un mode conventionnel parce qu’ils ne pouvaient pas amener un produit sanitairement acceptable. Après, l’agriculture est plurielle avec des demandes plurielles et des éléments qualitatifs différenciés. Tout le monde a sa place », nuance le directeur de la FDSEA du Haut-Rhin.

Un nouvel état d’esprit chez le consommateur

Le président de la MSA cible aussi les consommateurs qui devront accepter de changer leurs comportements et habitudes. « Il faut déjà qu’ils fassent un acte citoyen en achetant du lait français aujourd’hui. Sinon, ça sera du lait polonais dans cinq ans et du lait chinois dans dix ans. Ensuite, il va falloir que la société comprenne que manger mieux, ça coûte plus. Plus vert, c’est plus cher. Il va falloir accepter de sacrifier peut-être deux week-ends dans l’année pour au final se payer une alimentation de meilleure qualité. Le consommateur doit accepter que les évolutions attendues le concernent aussi. Ce n’est pas au producteur de tout faire. » Au-delà du consommateur, le citoyen a aussi un rôle à jouer dans le développement d’une agriculture « plus proche », mieux tracée et plus qualitative. Pour avoir des filières courtes, encore faut-il accepter que les agriculteurs fassent partie du paysage. Ce qui est loin d’être toujours acquis, notamment dans une région aussi périurbaine que l’Alsace. « Il faut savoir que la grande majorité des charcuteries faites en Alsace sont issues de porcs qui ne sont pas d’Alsace. On a essayé de relancer la production dans nos deux départements afin d’avoir une meilleure homogénéité du produit. Mais à chaque fois qu’on essaie de monter une exploitation, on se prend les résidents des villages en pleine figure. Idem pour les élevages de volaille en plein air. Aucun maire ou préfet n’ose signer un permis de construire à cause des réactions que cela suscite », explique Michel Busch.

Quand ce n’est pas les élevages qui sont visés, c’est la culture maïsicole qui fait débat dans le public. Certains lui reprochant de « boucher le paysage » quand d’autres ne la voient que comme une « pompe à flotte ». Outre l’impact économique conséquent que possède le maïs en Alsace (plusieurs milliers d’emplois en découlent), la culture reste la plus « écologique » comparée à des cultures comme le blé ou le colza. Éléments dont le grand public n’a pas toujours connaissance et que Michel Busch a tenus à rappeler. « Grâce au maïs, le département du Haut-Rhin est certainement celui qui consomme le moins de produits phytosanitaires. Si on le compare au blé ou au colza, c’est une échelle d’un à cinq jusqu’à un à dix. De plus, le taux de matière organique dans les sols augmente plus grâce au maïs. Cela permet de créer des puits à carbone très efficaces qui captent le CO2 présent dans l’air. » Si la qualité du sol s’est grandement améliorée dans le Haut-Rhin au cours de ces vingt dernières années grâce au travail concerté des exploitants, des syndicats d’eau potable et de l’Administration, c’est loin d’être le cas partout. Pour le président d’Alsace Nature, il est ainsi urgent de créer une « directive du sol » au même titre que celle sur l’eau par exemple. « Le sol n’a jamais été défendu. Il est de plus en plus stérile. Si on veut repartir de la base, il faut repartir de la base. De plus, il faut conserver une vigilance particulière sur les nouveaux produits qui arrivent sur le marché et qui ne sont pas forcément mieux que les anciens. » Utiliser des alternatives crédibles, économiques, et plus écologiques aux produits phytosanitaires est un souhait partagé par de nombreux professionnels de l’agriculture. Des solutions émergent, certaines sont prometteuses, d’autres un peu moins. Mais là encore, la société devra faire preuve d’une certaine ouverture d’esprit. « On parle beaucoup de chimie verte. On ajoute des produits à base d’algue à des fongicides. L’efficacité est élevée. Il y a aussi la robotisation qui va offrir des alternatives très intéressantes, notamment dans le désherbage. Par contre, la société devra l’accepter. Il ne faudra pas nous dire que ce n’est pas joli », prévient David Herrscher.

Une communication tournée vers la qualité et la santé

Reste un sujet essentiel lié à l’alimentation et la manière dont elle est produite : la communication. Un secteur que le monde agricole n’a pas investi pendant longtemps et qui lui fait défaut aujourd’hui. Résultat, des personnes « guidées par la peur » qui ont perdu la confiance de ce qu’elles avaient dans leur assiette. Chaque semaine, la nutritionniste Angelina Di Marco voit passer des patients « inquiets » dans son cabinet. « Les gens sont inondés d’informations anxiogènes. Ne pas manger ci, ne pas manger ça, etc. Résultat, les personnes qui suivent un régime vegan se perdent et deviennent complètement carencées. Le problème est qu’on part d’extrêmes : on mange trop gras, trop sucré, trop salé. On prend des modèles alimentaires d’ailleurs sans tenir compte des contextes génétiques et culturels qui vont avec. Si on doit parler santé, on recommande moins de sel, mois se sucre, mois de gras et bien s’hydrater. Après, comment ces recommandations sont compatibles avec ce qu’on produit ? Cela veut dire moins de charcuterie, moins d’acides gras saturés, plus d’oméga 3 et plus de poissons. » Cela veut-il dire qu’il faut supprimer tous les élevages de porcs pour les remplacer par des élevages de truites arc-en-ciel. « Tout est dans la mesure », précise Daniel Reininger. « Il faut user de tout mais n’abuser de rien. »

Si les consommateurs ont peur, il faut donc qu’ils retrouvent la confiance dans ce qu’ils achètent. Si les circuits courts permettent en effet de répondre à cette problématique, la donne est quelque peu différente dans les grandes surfaces où seul l’étiquetage est vecteur d’informations sur le contenu. D’où l’idée de Georges Tischmacher de miser en premier lieu sur la « grande image qualitative » dont jouissent encore les produits français. « C’est un formidable levier qu’ils ont par rapport à la concurrence. Le label France a de la valeur et il faut s’en servir. » Il suggère également aux producteurs d’aller plus loin dans leur communication en parlant davantage de qualité et de nutrition. « Il faut parler de produits sains, d’alicaments. Un terme en vogue qui rappelle que notre premier médicament est ce qu’il y a dans notre assiette. » Un concept loin d’être farfelu : on trouve aux Pays-Bas des nouveaux rayons dans les supermarchés d’aliments « bons pour la santé ». Autre exemple : la Suède. Là-bas, l’étiquetage est clair et identifie clairement la viande suédoise. « Elle est vendue plus cher que celle qui vient d’ailleurs, et pourtant elle se vend mieux. Les gens ont confiance », note Daniel Reininger. « Ce qui est fou, c’est qu’on arrive à faire croire aux gens qu’il y a un danger alors qu’on est le pays qui dispose du meilleur système de surveillance sanitaire. Cela n’existe dans aucun autre pays européen », se désole Michel Busch. L’agriculture française a donc une belle carte à jouer. Mais le débat est encore long. Quid de la recherche de l’innovation ? Quid de la restauration hors domicile (RHD) de plus en plus présente dans le quotidien des Français ? Quid des distorsions de concurrence qui subsistent avec les autres pays de l’Union Européenne ? Ces États généraux de l’alimentation ont encore beaucoup de réponses à apporter.

Zones non-traitées (ZNT)

Un arrêté pour clarifier les choses

Cultures

Publié le 14/09/2017

« Les agriculteurs pourront enfin faire la différence entre un cours d’eau et un fossé ! » Le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, ne cache pas sa satisfaction à la vue de l’arrêté relatif à la définition des points d’eau signé le 8 septembre par le préfet du département, Laurent Touvet. Finies les approximations des cartes IGN qui « ne constituaient pas une référence parfaite en la matière ». D’ici quelques mois, chaque commune du Haut-Rhin disposera d’une cartographie très précise, réalisée au plus près du terrain, par celles et ceux qui l’arpentent au quotidien. Cet arrêté préfectoral - rendu possible par l’arrêté ministériel du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants - est le fruit d’un consensus entre les organisations professionnelles agricoles (FDSEA, Ava), l’association Alsace Nature et l’État. Le public a également été consulté en amont sur le projet d’arrêté. Une quarantaine d’observations ont été formulées et « examinées avec soin ».

« Il y a une volonté commune de travailler ensemble en écoutant l’opinion de l’autre », se félicite Laurent Touvet. Denis Nass voit dans ce travail collectif la validation des efforts entrepris par le monde agricole envers la protection de l’eau. « Viticulteurs et agriculteurs ont fait beaucoup de choses dans notre département. Cela montre que nous sommes sérieux dans ce dossier et nous continuerons à l’être pour le bénéfice de tous. » Un état d’esprit dont se félicite le président d’Alsace Nature, Daniel Reininger, qui souligne le fort « taux d’acceptation » des exploitants de l’arrêté de 2006 (annulé en juillet 2016 par le Conseil d’État pour vice de procédure) qui interdisait tout traitement à moins de cinq mètres d’un plan d’eau ou d’un cours d’eau. « À partir de maintenant, nous allons pouvoir mettre l’accent sur les zones les plus sensibles, là où la menace sur la qualité de l’eau est plus forte », poursuit-il. Bien sûr, certains secteurs susciteront davantage de débats que d’autres, notamment en montagne. Denis Nass en est conscient et compte bien faire le tour du département pour expliquer aux exploitants le rôle essentiel qu’ils ont à jouer dans ce travail d’identification. « Le plus important est que nous aboutissions à un document qui soit accepté de tous, à un outil qui permettra de savoir ce qu’on peut faire et ne pas faire », complète Daniel Reininger.

Cette nouvelle cartographie va prolonger et valoriser un travail collectif - démarré il y a deux ans et bientôt terminé - de définition partagée des cours d’eau. Plus de 2 200 km (sur un total de 3 000 km) ont déjà été examinés par les équipes de la DDT et l’Agence française de la biodiversité. L’ensemble des partenaires du domaine de l’eau a été associé aux réunions d’examen de ce travail qui a abouti à la publication - sur le site internet de la préfecture du Haut-Rhin - de cartes représentant un linéaire de plus de 1 400 km. « Des expertises partagées complémentaires seront donc nécessaires pour évaluer le risque de transfert de pollution vers le milieu naturel depuis de simples fossés qui peuvent, à certaines périodes de l’année, contenir et entraîner de l’eau », développe Laurent Touvet. Cette nouvelle cartographie va également permettre de simplifier l’application de la réglementation. Ainsi, en chaque point du réseau hydrographique, l’agriculteur ou le viticulteur pourra savoir à quelles réglementations il est soumis : Loi sur l’eau, Zones Non Traitées, règles de « bonnes conditions agricoles et environnementales ».

Electro Concept Énergie - Photovoltaïque

Des appels d’offres intéressants mais exigeants

Pratique

Publié le 09/09/2017

Ça continue de bouger dans la filière photovoltaïque. Depuis le début de l’année, le marché s’est ouvert pour les centrales de plus de 100 kWc destinées à l’injection réseau. « Concrètement, un agriculteur qui dispose d’une surface de 3 000 m2 peut mettre en place une centrale de 500 kWc avec un chiffre d’affaires potentiel de 50 000 à 60 000 euros par an », résume Pascal Tran, le directeur commercial d’Electro Concept Énergie (ECE). Pour bénéficier de cette nouvelle opportunité, il faut répondre aux conditions des appels d’offres qui se termineront à la fin de l’année 2019. Neuf périodes (à raison de trois périodes par an) de quinze jours ont été établies jusqu’à cette échéance pour déposer son dossier. Pour chaque période, 75 MW sont allouées sur tout le territoire national. Pour espérer voir son projet retenu par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), il faut que son dossier obtienne les meilleures notes possible sur deux critères : le bilan carbone des panneaux, et le prix d’achat proposé. « De période en période, le tarif d’achat est tiré vers le bas », avertit Pascal Tran. Du coup, la personne intéressée par un tel projet ne doit pas traîner. D’autant plus qu’il s’agit d’une « démarche assez longue » prévient le directeur technique d’ECE, Philippe Soret. « Il ne s’agit pas d’envoyer une lettre pour faire part de sa candidature. Avant toute chose, il faut déjà s’assurer d’avoir une surface adaptée sur un bâtiment en bon état. Ensuite, il faut avoir une bonne discussion avec son banquier pour s’assurer de la disponibilité des crédits. Enfin, il faut avoir dans les mains un permis de construire validé, faisant mention du projet photovoltaïque. Tout cela est peut-être un peu lourd, mais c’est surtout indispensable et payant pour nous. Lors de la première période d’appels d’offres, ECE a déposé quatre projets (trois agriculteurs et un supermarché) qui ont tous été retenus par la Commission régionale de l’énergie », énonce le directeur technique d’ECE. Il faut ajouter également qu’à partir de la prochaine période d’appel d’offres prévue au mois d’octobre, les installateurs qui s’occuperont des demandes et/ou réaliseront les projets, devront être certifiés Iso 9001 (qualité) et Iso 14 0001 (environnement). Ce sera le cas d’Electro Concept Énergie.

Une prime à l’installation pour l’autoconsommation

Autre évolution de ces derniers mois, la publication d’un arrêté le 9 mai dernier. Cet arrêté relatif aux installations de 0 à 100 kWc fixe les tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque en revente totale, et instaure une prime à l’investissement pour les installations en autoconsommation avec revente de surplus. Désormais, le kWh en surplus est racheté à 10 cts pour les installations inférieures ou égales à 9kWc et 6 cts pour les installations jusqu’à 100kWc. La prime à l’investissement (payée par EDF sur cinq années) est fixée à 400 euros/kWc pour une installation inférieure à 3 kWc, 300 euros pour une installation entre 3 et 9 kWc, 200 euros pour une installation entre 9 et 36 kWc, et 100 euros pour une installation entre 36 et 100 kWc.

En parallèle, l’obligation d’intégration au bâti a été supprimée. Désormais, on peut poser les panneaux sur une couverture existante ou sur un toit plat, ce qui a pour effet mécanique de faire baisser le coût de l’installation. La durée du contrat pour une vente au surplus reste fixée à vingt ans. Derrière cette énième évolution du marché photovoltaïque français, il y a la volonté du gouvernement de développer l’autoconsommation avec la vente de surplus. « Et vu que les tarifs d’installation sont quasiment toujours les mêmes qu’il y a dix mois, la rentabilité est toujours au rendez-vous », fait remarquer Pascal Tran. « En revanche, il est toujours possible de revendre en totalité sa production et de bénéficier de primes d’intégration pour les petites installations : 20,40 cts/kWh pour les installations de 3 à 9 kWc, et 23,20 cts/kWh pour les installations de 0 à 3 kWc », 12,08 cts/kWh pour les installations de 9 à 36 kWc et 11,50 cts/kWh de 36 à 100 kWc, indique Philippe Soret.

Dégustation d’attribution du Sigille

« Un trésor sans fin »

Vigne

Publié le 09/08/2017

Elles vont toujours par deux. Chaque année, les Sigilles d’Alsace ont droit à une dégustation au creux de l’hiver et une autre dans le courant de l’été. Une « tradition ancienne » de la confrérie Saint-Étienne qui s’explique par la volonté de n’avoir que des vins déjà mis en bouteille au moment de la dégustation. Ainsi, si les vins jugés et départagés le 19 janvier étaient des millésimes 2015 et antérieurs, ceux présentés à la dernière dégustation du 20 juillet étaient en grande majorité issus du millésime 2016.

À l’image des précédentes éditions, les organisateurs ont pu constater une nouvelle fois que la « clé d’entrée » terroir, instaurée en 2014, suscitait un intérêt manifeste chez les participants. Si l’on cumule la dégustation de janvier avec celle qui a eu lieu la semaine passée, on constate que le nombre d’échantillons en compétition est supérieur à ceux présentés aux concours des années 2016 et 2015. « Quatre maisons nous ont rejoints cette année », se félicite le chancelier-receveur de la confrérie Saint-Étienne, Jean-Paul Goulby. Pour lui, cette dimension plus marquée du terroir est « dans l’air du temps ». « Même si nous sommes les garants de traditions liées aux vins d’Alsace, nous devons aussi être en mesure d’évoluer pour être en phase avec notre époque. »

C’est avec cet état d’esprit que la confrérie a abordé la foire aux vins d’Alsace cette année. Trois ateliers étaient au programme : dégustation de vieux millésimes, dégustation des millésimes en 7, dégustation vins et fromages. À chaque fois, une autre porte d’entrée dans les vins d’Alsace, à chaque fois, de potentielles trouvailles et découvertes, même pour les plus expérimentés des dégustateurs. « Les vins d’Alsace, c’est en quelque sorte un trésor sans fin entre la diversité des terroirs, des sols, des cépages, les grands crus ou les façons de vinifier. On démontre aujourd’hui que les vins d’Alsace savent très bien vieillir. Grâce à notre œnothèque de 65 000 bouteilles, toutes sigillées, nous avons une vraie richesse qui profite à tous les amoureux du vin », ajoute le chancelier-receveur de la confrérie.

Concours général agricole 2017

Les médaillés alsaciens récompensés

Vie professionnelle

Publié le 09/08/2017

Après avoir décroché 236 médailles lors du Concours général agricole (CGA) de Paris au mois de février, les producteurs alsaciens lauréats ont reçu leurs diplômes lors d’une cérémonie organisée le 10 août sur le stand PHR/EAV - Groupama - Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Un concours qui a lieu tous les ans, au mois de février, lors du Salon de l’agriculture, et qui est piloté en Alsace par les équipes de l’AVA, de la Chambre d'agriculture et de Jean Deffinis, commissaire régional du CGA.

Les 236 médailles obtenues cette année (soit 61 % des médailles récoltées dans la région Grand Est) sont réparties entre 22 entreprises viticoles, 25 agriculteurs et artisans et 6 distillateurs. Ce sont encore les vins, avec 186 médailles, qui représentent la plus grosse proportion de médailles (95 en or, 70 en argent et 21 en bronze). Dans cette catégorie, ce sont la Maison Cattin (19 médailles), la cave de Beblenheim (16 médailles), la cave vinicole les Faîtières d’Orschwiller et les vins Henri Ehrhart d’Ammerschwihr (15 médailles chacun) ont été les plus récompensés. « Mais au regard de la taille de ces entreprises et de la difficulté d’être primé lors de ce concours, chacun d’entre vous est honoré par le même mérite », tient à préciser le président de la CAA, Laurent Wendlinger. Chez les distillateurs, le palmarès est en baisse par rapport à 2016 avec 15 médailles (contre 26 l’an passé). Le premier lauréat est la distillerie artisanale Hepp avec 5 médailles (4 en or et 1 argent). Le whisky alsacien a été primé par trois médailles d’or. À noter que pour le concours 2017, les IGP kirsch, quetsche, framboise, mirabelle et whisky apparaissent pour la deuxième fois dans le règlement national. Il faut aussi saluer la performance des « autres produits transformés » qui ont obtenu 35 médailles, soit 8 de moins qu’en 2016. Ils représentent 21 % des médaillés de cette cuvée 2017, avec une augmentation du nombre de médailles pour les knacks.

Cette année, deux lauréats (la cave vinicole les Faîtières d’Orschwiller et la brasserie Matten à Mattzenheim) ont été honorés par le Prix d’excellence remis en janvier 2017 par le ministère de l’Agriculture. « À la différence des médailles qui récompensent le niveau qualitatif d’un produit, le Prix d’excellence distingue la régularité dans l’excellence d’un producteur ou d’une entreprise. À travers ces deux entreprises, c’est aussi la bière alsacienne et le vin alsacien, deux breuvages essentiels, qui sont honorés », souligne Laurent Wendlinger.

Établissements Balthazard

Des nouveautés pour tous les besoins

Technique

Publié le 04/08/2017

Le stand des établissements Balthazard est cette année riche en nouveautés. La plus significative est le tracteur Frutteto S/V ActiveDrive de Same. Une gamme de tracteurs de 80 à 105 cv dédiée aux travaux dans les vignes et vergers qui se distingue en premier lieu par son nouveau pont avant à roues indépendantes. Cette solution consiste en une suspension indépendante avec un dispositif à double triangle. L’ensemble est géré par un système électrohydraulique qui travaille en synergie avec le système DTC (differential traction control) : un package exclusif et unique que Same a su installer sur un tracteur compact et étroit. « Jusqu’à aujourd’hui, toutes les solutions similaires ont été développées seulement pour des tracteurs de fortes puissances », souligne Patrick Balthazard. La géométrie de la suspension ActiveDrive a la capacité d’absorber totalement le mouvement vertical causé par le passage d’un obstacle. Sans oublier le système Anti-Dive qui empêche le tracteur de plonger. Cette fonction permet d’éviter l’effet inconfortable de la fin de course du vérin et assure une meilleure stabilité quand le conducteur freine. Ainsi, lors d’un freinage, le tracteur reste droit sur la route et les quatre roues ont le plus de contact possible avec la surface du sol. « Ainsi, les manœuvres deviennent très simples avec des outils lourds dans les pentes, sur les terrains accidentés, et dans les tournières étroites. Résultat : moins de vibrations et moins de fatigue pour le conducteur à la fin de sa journée de travail », ajoute Patrick Balthazard.

Aux côtés de ce prétendant au Trophée de l’innovation 2017, les établissements Balthazard présentent sur leur stand le tracteur Deutz Fahr 6165 TTV à variation continue qui bénéficie d’un moteur Tier 4 Final de 160 chevaux, d’un pont avant suspendu et d’un capot dissocié de la cabine. Le tracteur 5105 de Deutz-Fahr qui bénéficie aussi d’un pont avant suspendu, d’une cabine suspendue et d’un moteur de 105 chevaux. Ce tracteur est très bien adapté pour les travaux de polyculture élevage en montagne et autres. Le porte-outil Aebi TT281, idéal pour les travaux d’entretien du paysage ou d’élevage ; et enfin le valet de ferme Schäffer qui est équipé d’un bras télescopique pour décharger bien plus facilement les balles de foin dans les mélangeuses.

Eglinsdoerfer-Pfohl

130 années de confiance et de fidélité

Technique

Publié le 04/08/2017

L’histoire se souviendra que c’est à l’occasion des 70 ans de la Foire aux vins d’Alsace que l’entreprise Eglinsdoerfer-Pfohl a fêté ses 130 ans. Créée en 1887 par Charles Auguste Eglinsdoerfer et son épouse, l’entreprise est aujourd’hui l’une des plus anciennes de Colmar à avoir gardé sa spécialité : la fourniture industrielle en caoutchouc et plastique. La société compte aujourd’hui une vingtaine de salariés, plus de 3 000 m2 de stockage au sol et plus de 6 000 références. « Cette réussite est d’abord le résultat de l’engagement de l’ensemble des salariés qui ont permis de conforter les atouts de notre entreprise : des prix compétitifs, un stock important, un savoir-faire technique et une réactivité exemplaire », fait savoir le dirigeant d’Eglinsdoerfer-Pfohl, Thomas Pfohl. Ce dernier représente actuellement la quatrième génération à la tête de l’entreprise familiale. Mais si cette dernière peut aujourd’hui fêter ses 130 ans, c’est surtout grâce à la fidélité et à la confiance témoignées par les fournisseurs et les clients au cours des dernières décennies. « Aujourd’hui, nous tenons à les remercier chaleureusement, et nous espérons que cette collaboration mutuelle nous permettra de poursuivre de nombreux et fructueux échanges », ajoute Thomas Pfohl.

Serma - Euro Agrar - Fendt

Une marque, cinq concessionnaires

Technique

Publié le 03/08/2017

À la Foire aux vins, ce ne sont pas moins de deux concessions (Serma pour le Bas-Rhin et Euro-Agrar pour le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort) et trois agents (Durmann, Schnell et Ostermann dans le Bas-Rhin) qui sont à même d’accueillir les clients pour leur présenter le dernier tracteur 4 cylindres de Fendt : le 312 Profi + et son équipement GPS. Grâce à ce système de guidage totalement intégré, la précision du travail peut aller de 30 cm (gratuit) jusqu’à 2 cm (sur abonnement). Le système est intégré à l’écran du tracteur et permet ainsi de faire des économies de semences et d’intrants.

Euro Agrar

Un nouveau stand pour trois marques

Technique

Publié le 03/08/2017

Déjà présente au travers des tracteurs Fendt, la concession Euro Agrar a monté cette année un deuxième petit stand dédié aux marques Bednar, Grimme et Kramer. « On vient juste de les ajouter à notre catalogue. Nous sommes le concessionnaire exclusif pour toute l’Alsace et le Territoire de Belfort. Du coup, il nous est paru évident de faire un stand spécifique », justifie Sébastien Brand, commercial chez Euro-Agrar pour la partie sud du Haut-Rhin. Parmi ces trois marques, Kramer est la dernière à avoir rejoint le giron d’Euro-Agrar. « Auparavant, leur matériel était uniquement vendu sous la marque Claas. Puis ils ont décidé il y a quelques mois de s’en dissocier pour commercialiser leurs produits en leur nom propre », explique Loïc Britschu, commercial pour le nord du Haut-Rhin chez Euro-Agrar. Kramer fabrique des chargeuses à pneu standard, des chargeuses télescopiques, ainsi qu’une gamme de télescopiques agricoles. La marque Grimme est, elle, spécialisée dans les cultures betteraves de pommes de terre et de betteraves. Elle propose des matériels pour la préparation des sols, la plantation et la récolte. Grimme possède également dans son catalogue des trieuses et des arracheuses de légumes issues du rachat du fabricant Asa-Lift. « Grâce à ces deux marques, on est en mesure de proposer un large panel de produits adaptés aux maraîchers », souligne Sébastien Brand. À noter que Grimme est considéré le fabricant leader dans son secteur. Enfin, la marque Bednar est connue pour ses matériels de travail de sol, de semis, et de techniques de non-labour à destination des grandes cultures. « Ça, c’est une gamme de produits qu’on n’avait pas. Du coup, avec l’ensemble des produits vendus par Euro-Agrar, nous pouvons répondre à tous les besoins des céréaliers et de betteraviers », ajoute Loïc Britschu.

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