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Nicolas Bernard

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After Wine

La « noblesse » au cœur de la foire

Vie professionnelle

Publié le 03/08/2017

Créé en 2015, l’After Wine continue de séduire les amateurs de vins d’Alsace. Organisé à trois reprises durant la Foire aux vins, il permet aux personnes inscrites de déguster une dizaine de vins minutieusement sélectionnés et généreusement commentés par un spécialiste en la matière. Le premier à avoir fait profiter de son expertise est Eric Zweibel, un sommelier originaire de Ribeauvillé, qui a terminé troisième au concours de meilleur sommelier d’Europe en 2006 et 2008, second au concours du meilleur sommelier du monde en 2007 et quatrième en 2013. Depuis 2004, il est maître de chai au Summer Lodge, un hôtel cinq étoiles situé au nord de Londres. Là-bas, il a pu constater l’engouement croissant de nos voisins anglais pour les vins d’Alsace. « Là-bas, il y a de tout en matière de gastronomie. Il y a un fort potentiel pour les alsaces », reconnaît-il. C’est un peu la raison d’être de l’After Wine : remettre des impressions de noblesse au cœur de la Foire aux vins.

Stand collectif du Civa dans le hall 4

De la diversité à déguster

Vigne

Publié le 03/08/2017

« Avec tout ce choix, chacun finit par trouver ce qui lui plaît. » Sur stand collectif du Civa qui regroupe les vignerons indépendants, les coopératives et les négociants, l’amateur de vins qu’il soit néophyte ou un peu plus expert, n’a que l’embarras du choix pour régaler ses papilles. Cette année, ce ne sont pas moins de 200 références de vins alsaciens qui sont disponibles à la dégustation sur le stand rénové et bien mieux placé de l’interprofession alsacienne. Chaque famille professionnelle dispose d’un côté du stand pour communiquer librement autour de ses produits. Mais ici, pas de politique, seulement l’amour partagé du vignoble alsacien et des terroirs qui le composent. Entre lieux-dits, appellations communales ou grands crus, il y a en effet de quoi faire. Un choix qui pourrait de prime abord déboussoler le moins averti des dégustateurs. « C’est vrai qu’avec la diversité des terroirs et des appellations, il y a de quoi se perdre », reconnaît Jérôme Buecher, viticulteur à Wettolsheim, qui assure la permanence de la partie « Vignerons Indépendants ». Du coup, les professionnels qui sont présents sur le stand pendant toute la durée de la Foire aux vins jouent les pédagogues avec les visiteurs qui prennent le temps de s’arrêter. Avec la formule à cinq euros par exemple, ces derniers peuvent découvrir un verre de vin de terroir, un lieu-dit et un grand cru. Et avec le même cépage à chaque fois s’ils le souhaitent, histoire de mieux cerner encore la typicité de chaque vin. Parmi les dégustateurs, il y en a de tous les âges, même si la jeune génération est pas mal représentée en fonction des créneaux horaires. « Certains viennent nous voir en nous expliquant qu’ils ne savent pas où acheter des vins d’Alsace. D’autres se demandent comment choisir ou par quoi commencer. Alors, on tâche de démocratiser tout ça », explique Jérôme Buecher. Pour y parvenir, rien de mieux que de reprendre certains codes de bars comme l’Happy Hour, ou le Speed Tasting, une dégustation « accélérée » inspirée des speed dating, ces rendez-vous où on a quelques minutes pour éventuellement trouver le grand amour parmi des dizaines de prétendant (e) s. Faut-il encore trouver ce qui nous plaît…

Atelier de dégustation millésimes anciens

De 1967 à 2017

Vigne

Publié le 01/08/2017

1947, 2017. Voilà 70 ans que la Confrérie Saint-Étienne est ressortie de l’oubli pour faire perdurer, à nouveau, la mémoire et les traditions liées aux vins d’Alsace. Une longue période pendant laquelle la confrérie a accumulé des « trésors » dans son impressionnante œnothèque constituée aujourd’hui de 65 000 bouteilles. Une richesse qu’elle partage chaque année pendant la Foire aux vins à travers ses ateliers de dégustation de millésimes anciens. Le premier de cette édition 2017 a eu lieu le samedi 29 juillet autour des années en sept. Une dégustation qui a fait remonter les 25 participants dans le temps, en partant d’un pinot auxerrois de 2007 pour terminer sur un tokay de 1967. Le millésime 1947, pourtant reconnu comme un très grand millésime de XXe siècle, n’était pas présent à cet atelier. « On n’a malheureusement plus assez de bouteilles en réserve », explique le chancelier-receveur de la Confrérie Saint-Étienne, Jean-Paul Goulby.

Peu importe, les belles surprises étaient de tout de même au rendez-vous au cours de cette dégustation commentée par Christian Beyer, major 2017 de la Confrérie Saint-Étienne, et Jean-Marc Bentzinger. En premier lieu, ce dernier a rappelé les rudiments d’une bonne dégustation entre la vue, le nez, le deuxième nez et la prise en bouche. Pour cette première « découverte », les participants ont pu évaluer le pinot auxerrois 2007 produit au lycée agricole de Rouffach. « Un vin aux senteurs un peu fumées qui s’explique par la belle maturité du raisin utilisé », commente Jean-Marc Bentzinger. Au second nez, on retrouve des notes de noix de muscade apportées par le terroir argilo-calcaire de la parcelle. En bouche, on retrouve des notes de pêche et d’abricot. « C’est un vin encore adolescent qui n’a pas dévoilé toutes ses richesses », poursuit Jean-Marc Bentzinger. C’est ensuite un muscat 1997 issu du terroir d’Eguisheim qui est proposé. « C’est un cépage très délicat qu’on pense qu’il faut boire très vite. Ici, on a la preuve qu’un vin d’Alsace bien né, sur un bon terroir, peut être de haute qualité pendant une longue durée. »

Collaboration entre Haag et Idrofoglia

Une « opportunité » pour plus de proximité

Pratique

Publié le 01/08/2017

Le groupe Haag renforce son service de proximité. Le 1er septembre, l’entreprise dirigée par Emmanuel Nebout va grandement se rapprocher de son distributeur en systèmes d’irrigation agricoles, la marque italienne Idrofoglia. À compter de cette date, le constructeur transalpin disposera enfin de sa première filiale française - Epta Distribution France - dans les locaux d’Agri 68 à Hattsatt, propriété du groupe Haag. « Cette filiale est le fruit d’une collaboration entre notre entreprise et Idrofoglia qui disposait seulement d’un réseau de concessionnaires dans notre pays. L’objectif d’Epta Distribution France est clair : devenir numéro un en France », explique le futur directeur de la filiale et actuel directeur commercial de Haag, Alexandre Studer. Il sera accompagné dans cette nouvelle aventure par Marc Ritzenthaler qui aura la charge de la partie pièces et services d’Epta Distribution France. Chez Haag, c’est Emmanuel Nebout et Aurélien Savio qui occuperont conjointement la fonction de directeur commercial laissée vacante par Alexandre Studer. Le poste de responsable commercial irrigation sera assuré par Julien Obert, et deux commerciaux seront embauchés en septembre - dont un spécialisé en irrigation - pour renforcer l’équipe. Une évolution qu’Emmanuel Nebout considère comme une « opportunité » pour Haag. « On disposera du matériel ou des pièces de rechange rapidement, et on pourra emmener nos clients voir le matériel qui sera exposé dans le show room », se félicite-t-il. L’ensemble des systèmes d’irrigation Idrofoglia continuera à être fabriqué en Italie. « La seule différence c’est qu’ils disposeront désormais d’un vrai pied à terre en Alsace et en France », complète Alexandre Studer. Ce dernier sera présent pendant toute la durée de la Foire aux vins sur le stand du groupe Haag pour donner davantage de détails sur cette collaboration ambitieuse avec Idrofoglia.

6e Nocturne du pro Armbruster

Protéger l’utilisateur et l’environnement

Technique

Publié le 20/07/2017

Rendez-vous incontournable depuis sept ans, la Nocturne du pro d’Armbruster a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Bien aidée par une météo peu propice aux travaux dans les champs, la manifestation organisée le 11 juillet au magasin Armbruster Vignes de Saint-Hippolyte a attiré pas loin de 500 agriculteurs et viticulteurs. Avec toujours la même formule : une soirée conviviale permettant aux invités de rencontrer les partenaires et fournisseurs du Groupe Armbruster, avec ateliers et démonstrations sur des nouvelles techniques ou des matériels innovants.

Cette année, le focus a été porté sur la thématique de l’environnement et de la protection utilisateur. Un sujet « fondamental » pour les organisateurs qui estiment nécessaire de faire des rappels réguliers sur la question, tant les enjeux sont importants. « Les produits phytosanitaires véhiculent une image négative dans la société. D’autre part, il y a eu une prise de conscience chez les fabricants sur la nécessité de mieux protéger les utilisateurs. Enfin, c’est l’occasion de rappeler aux exploitants les bonnes pratiques à avoir pour se protéger soi et l’environnement dans lequel on travaille », indique Cyril Rolling, responsable développement Libre Service Agricole (Lisa) chez Armbruster.

Une pulvérisation hyper précise

En matière de matériel « sécurisant », le système EasyFlowtm développé par Bayer et Agrotop a fait forte impression. Il permet le transfert sécurisé des produits phytosanitaires du bidon au pulvérisateur. « On verse le produit à formulation liquide dans la cuve du pulvérisateur en toute sécurité : il n’entre en contact ni avec l’utilisateur, ni avec l’air. Il n’y a donc aucune émission d’effluent et donc aucun risque pour l’utilisateur. De plus, le bidon est prêt à être recyclé », souligne le représentant de Bayer.

Un peu plus loin, la société Syngenta faisait des démonstrations de son Qualidrop, un outil « simple, pratique et léger » qui permet d’évaluer la répartition verticale de la pulvérisation en vigne et arboriculture. Le dispositif se compose d’un kit comportant des plaques noires à monter sur un support rigide. La pulvérisation d’un mélange d’eau et d’argile blanche ou de talc sur les plaques permet de visualiser les impacts des gouttelettes. Ceci permet de détecter les défauts de pulvérisation et facilite le contrôle du réglage en renouvelant l’opération autant de fois que nécessaire. Le dispositif est réglable en hauteur pour une utilisation sur cultures hautes et bascule à l’horizontale pour un nettoyage facilité. Le Qualidrop est proposé sous forme de service par Syngenta. Dans le cas présent, c’est un technicien d’Armbruster - spécialement formé pour l’occasion - qui se déplace chez l’exploitant pour réaliser l’opération et lui remettre ensuite un rapport permettant d’évaluer l’incidence de ses différents réglages. Des notices permettent d’interpréter les résultats. « C’est une technique qui n’est pas encore assez développée mais qui est amenée à l’être. Avec elle, 99,9 % du produit va sur sa cible et non plus à côté », assure Marc Alavoine, ingénieur conseil agriculture chez Syngenta.

Dans le même ordre d’idée, la société De Sangosse organisait un atelier « Pulvérisation et fluométrie » pour constater de visu où vont les projections lors d’une pulvérisation grâce à des gouttes fluorescentes projetées sur des bâches noires. Parmi les autres stands, le public pouvait être sensibilisé à la collecte des déchets agricoles, l’état de la nappe phréatique d’Alsace, ou à la reconnaissance des maladies et ravageurs de la vigne. À noter enfin la présence d’un grand déstockage de vêtements de travail et accessoires, d’un château gonflable pour les enfants et de démonstrations en plein champ.

Contrat de partenariat entre Carrefour et l’exploitation maraîchère ID3A

Des volumes et des prix garantis

Vie professionnelle

Publié le 12/07/2017

« S’engager sur des volumes et des prix, c’est une première. » Le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) s’enthousiasme pour le contrat de partenariat signé le 5 juillet entre l’enseigne de grande distribution Carrefour et l’exploitation maraîchère ID3A-Fraîcheur d’Alsace située à Balgau. Valable jusqu’à la fin de l’année 2017, ce contrat engage les deux partenaires sur un volume de commande de production de 900 000 salades (350 000 batavias blondes, 150 000 feuilles de chêne rouges, 220 000 feuilles de chêne blondes, et 150 000 laitues) ainsi que des prix « objectifs » garantis. De quoi sécuriser 15 % du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise gérée par Claude Keller. « De notre côté, on s’engage chaque semaine à livrer les volumes prévus. Cela nous permet d’optimiser notre taux de récolte et ainsi améliorer notre coût de revient », témoigne l’exploitant. Cela fait trois ans que sa société est partenaire de l’enseigne Carrefour. Progressivement, une relation de confiance s’est établie entre les parties, toutes deux présentes au conseil d’administration de l’Ifla. « C’est cette relation de confiance qui nous amène ici », souligne Fabrice Grandjean, responsable achats Pool Est fruits et légumes chez Carrefour. « Cela prouve qu’on peut aussi vivre avec la grande distribution et, de ce fait, toute l’importance de l’interprofession », complète Claude Keller. Concrètement, ID3A-Fraîcheur d’Alsace livre tous les matins le volume de salade demandé. La production est ensuite acheminée à la centrale de distribution de Lunéville. À partir de là, ce sont plus de 500 magasins de la région Grand Est qui sont approvisionnés dans les heures qui suivent. « Nous sommes ainsi en mesure de garantir le volume, mais aussi la fraîcheur et la proximité du produit. Cela répond à la demande croissante des consommateurs pour des produits locaux », explique Fabrice Grandjean. Ce contrat de partenariat s’inscrit dans la politique soutenue par la Région Grand Est en matière d’agriculture et de consommation. Outre les enjeux environnementaux, il y a un enjeu économique fort ; les entreprises agricoles étant de grandes pourvoyeuses de main-d’œuvre. ID3A-Fraîcheur d’Alsace s’appuie par exemple sur 48 salariés à temps plein tout au long de l’année, et plus de 70 dans les périodes plus intensives.

Mini-foire aux vins de Colmar du 7 juillet au 26 août

Les « fans » sont attendus au Koïfhus

Vigne

Publié le 07/07/2017

Après 43 années d’existence, la mini-foire aux vins de Colmar part à l’assaut des réseaux sociaux. À l’occasion de la prochaine édition, qui se déroulera sous le porche du Koïfhus du 7 juillet au 26 août, les organisateurs (le domaine viticole de la Ville de Colmar, les domaines Jund, Schoffit, Karcher et Jux) ont donné un coup de neuf à la communication de l’événement.

Depuis plusieurs semaines, la manifestation s’est dotée d’une page Facebook afin de s’ouvrir à « une autre catégorie de gens ». « Cela doit nous permettre de toucher plus de monde, surtout des locaux », souligne André Ducros, gérant de la maison Jund. Pendant toute la durée de la foire, les cinq domaines vont se relayer pour animer cette page et la rendre « attractive ». « L’idée est de montrer qu’on est là, qu’on a un beau cadre », indique Jean-Cyril Alafaci, du domaine Jux. La mini-foire aux vins de Colmar voit sa communication « classique » également renforcée avec la création d’affiches et de flyers réalisés en partenariat avec l’office de tourisme de la ville. Avec ces supports, l’objectif est d’attirer les touristes de passage dans le coin, et les clients qui viennent aux caveaux des différents domaines.

Quelle que soit leur origine, les curieux qui se rendront au Koïfhus ne devraient pas regretter leur déplacement. Comme chaque année, les cinq domaines qui ont « pignon sur rue à Colmar » se relaieront pendant dix jours pour faire déguster leurs vins. Tous les cépages seront servis, ainsi que plusieurs grands crus cultivés sur les coteaux des communes alentour. De quoi ravir les nombreux aficionados qui se pressent chaque année à cette manifestation. Des touristes bien sûr, mais aussi des festivaliers qui viennent se mettre en jambe avant d’aller aux concerts de la « grande » foire aux vins, et surtout des locaux. « On est vraiment très satisfaits car, avec le temps, nous avons réussi à créer un rendez-vous incontournable pour les Colmariens. C’est un vrai moment de convivialité qui plaît chaque année un peu plus », commente André Ducros. Les dégustations de vins seront accompagnées tous les mardis soir par un bal dansant de musique folklorique. L’été va être animé au pied de la Nouvelle Douane de Colmar.

Projet Innov.AR

Des solutions agroécologiques pour le Rhin supérieur

Technique

Publié le 29/06/2017

Quel sera demain le visage de l’agriculture dans le Rhin supérieur ? Parmi les différentes voies à explorer, celle de l’agroécologie fait de plus en plus parler d’elle. Mais au-delà des volontés politiques, c’est surtout les applications pratiques qui intéressent les exploitants agricoles. Et pour obtenir des solutions pérennes et efficaces, rien ne remplace l’expérimentation scientifique. C’est dans ce cadre qu’est né le projet transfrontalier « Innov.AR : Innovations agroécologiques pour le Rhin supérieur » qui prendra fin en 2020.

Son objectif est de mettre à disposition du monde agricole des méthodes agroécologiques adaptées au sol et au climat de la plaine rhénane pour les cultures de blé, de maïs et de pommes de terre. « Nous devons être en mesure d’assurer notre suffisance alimentaire tout en tenant compte des attentes sociétales sur les aspects environnementaux », souligne Laurent Wendlinger, conseiller régional Grand Est. Il estime qu’il est temps de sortir du « clivage » qui oppose agriculture conventionnelle et biologique en créant un lien entre les deux. « L’agroécologie est un bon moyen pour y parvenir. »

Le projet Innov.AR bénéficie du programme européen Interreg Rhin supérieur à travers une subvention de 942 000 €, et d’un soutien de la Région Grand Est de 38 250 € sur un budget total de 1,88 million d’euros. Il s’inscrit également dans le cadre de la campagne « Avec l’Europe, c’est possible ». Cette initiative émane de Bärbel Schäfer, Regierungspräsidentin de Fribourg et présidente du comité de suivi du programme Interreg, pour montrer ce que l’Europe fait au quotidien pour les citoyens.

La fusariose, la septoriose, le taupin et la chrysomèle dans le viseur

Concrètement, ce projet porte sur la fertilisation et la protection contre les bioagresseurs des cultures majeures dans la plaine rhénane. La grosse innovation est que le monde agricole est directement impliqué dans le projet. L’Apco, le groupe CAC, le Comptoir agricole ou encore Kuhn font partie des 18 organismes associés. Au total, ce projet porté par Arvalis-Institut du végétal s’appuiera sur les orientations d’un groupe mixte transfrontalier composé d’une soixantaine d’entreprises agricoles et d’une vingtaine d’organismes de recherche appliquée. Une co-création plus que bénéfique pour Laurent Wendlinger : « Quand les agriculteurs expérimentent eux-mêmes, ça les dynamise. On va pouvoir diffuser ce savoir beaucoup plus rapidement grâce à cela. Idem pour le matériel agricole qui pourra être conçu rapidement grâce à la présence de fabricants ».

Un premier aperçu de ces expérimentations a eu lieu le 23 juin lors d’une visite d’une parcelle d’essai située à quelques centaines de mètres de l’Inra de Colmar. Une parcelle de blé qui a été brumisée du 22 mai au 6 juin, à raison de deux fois quatre heures par jour, afin de provoquer l’apparition de la Fusarium graminearum, la fusariose responsable des mycotoxines. « Notre idée est de faire apparaître la maladie pour ensuite comparer différentes méthodes de traitement : des fongicides à pleine dose d’un côté, et des fongicides à moindre dose accompagnés d’un biocontrôle, le polyversum dans le cas présent. C’est un champignon capable de tuer d’autres champignons. La difficulté est de trouver le fongicide qui le tolère sans le tuer. Le souci est que les biocontrôles ne sont pas suffisamment efficaces tout seuls. C’est pour cela qu’on doit les associer à des produits plus conventionnels », explique Didier Lasserre, ingénieur chez Arvalis. Cette parcelle de blé a été semée en direct sur des cannes de maïs par Rémi Heim, agriculteur et entrepreneur. La raison est simple : les résidus du précédent sont l’un des trois facteurs favorisant l’apparition de la fusariose avec la sensibilité de la variété et la pluviométrie au moment de la floraison.

D’autres essais de lutte « agroécologiques » seront menés au cours des deux prochaines années sur le taupin, la septoriose et la chrysomèle du maïs. L’optimisation des apports d’azote sera aussi finement étudiée afin d’assurer, demain, une meilleure qualité de l’air et de l’eau. L’objectif est de ne plus avoir d’émission d’ammoniac et de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires de 20 %. En parallèle, le projet inclut une enquête menée auprès des agriculteurs afin de connaître leurs freins ou leurs motivations liés à l’adoption de techniques agroécologiques. Pour le président de l’Apco, Thomas Obrecht, l’intérêt du projet Innov.AR est « multiple » pour la profession agricole. « Il y a déjà la rencontre entre deux pays, on peut échanger sur nos pratiques et la gestion des réglementations en vigueur. Pour nous, les réponses doivent venir par l’innovation, par la performance et l’amélioration des pratiques, et non pas par des interdictions administratives à répétition. »

Journée des chefs

La gastronomie à la cantine

Pratique

Publié le 25/06/2017

Le 9 juin, les élèves du pensionnat Sainte-Marie de Ribeauvillé ont eu droit à quelques étoiles lors de leur repas de midi. Comme il est de tradition depuis plusieurs années, l’établissement et l’Alsacienne de restauration - qui fournit les repas - ont souhaité offrir aux élèves un repas un peu plus gastronomique qu’à l’accoutumée. Cette année, ce sont les chefs du restaurant du Casino Barrière de Ribeauvillé, Alexandre Bouchain et David Meyer, qui ont relevé le challenge. Au menu : escalope de volaille d’Alsace façon tex-mex et sa brochette du soleil, verrine de salade de fruits revisitée avec quelques légumes, et buffet de crudités plaisirs gourmands réalisé le chef de cuisine du pensionnat, Jean-Yves Gadet.

« L’idée est de faire preuve d’un peu de créativité pour amener les enfants à manger plus de légumes. » Un credo que Jean-Yves Gadet applique au quotidien depuis son arrivée dans l’établissement en 2014. Et ça marche. En trois ans, la consommation de légumes a doublé, faisant le régal des 260 élèves qui fréquentent la cantine le midi (120 le soir). « Je peux faire des cakes aux carottes et des salades mélangeant fruits et légumes », explique-t-il. Le tout réalisé en très grande majorité avec des produits locaux. « C’est inscrit dans notre ADN », commente Vincent Vu Cong, directeur de restaurant à l’Alsacienne de restauration. Présente dans de nombreuses entreprises et collectivités, la société de restauration gère aujourd’hui 17 des 33 établissements scolaires privés d’Alsace. « Tous les jours, nous servons des produits frais, légumes ou viandes dans les cantines que nous gérons. On y mange davantage au rythme des saisons », continue Vincent Vu Cong.

Au pensionnat Sainte-Marie, les élèves ont aussi droit à du fromage à la coupe deux à trois fois par semaine. Le munster, la tomme ou le bleu ont notamment la cote. Toute la charcuterie est issue d’animaux élevés et transformés en Alsace, tandis que la volaille vient de chez Bruno Siebert, à Ergersheim. « On veut casser cette image de la cantine où la nourriture n’est pas bonne. Même avec un budget limité, on prouve qu’on peut faire de très bonnes choses. Tout dépend de la volonté du chef », témoigne Jean-Yves Gadet. Ce dernier n’hésite à mettre des légumes dans des salades de fruits ou à créer des tartes tatin aux navets. Au début, les enfants essaient par curiosité. Ensuite, ils en redemandent. Un retour forcément motivant pour le chef de cuisine. « Certains enfants ne connaissent pas certains fruits et légumes. Ça me touche. Alors j’essaie de faire ce qu’il faut pour qu’ils y prennent goût. Et les résultats sont là : les enfants sont heureux d’aller à la cantine. »

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