Stratégie
Quatre exploitations, un assolement
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Cultures
Publié le 21/11/2017
Les liens entre Dominique Daul, Laurent Boime et Nicolas Lechner à Pfettisheim, Dominique Wicker à Neugartheim-Ittlenheim et Eric Burger à Rumersheim sont anciens et leurs échanges ont toujours été réguliers. « Il y a quatre ans, nous avons commencé à nous demander comment rationaliser notre fonctionnement. Nous en avions assez d’atteler, de nettoyer chacun de notre côté. Nous voulions nous simplifier la vie » expliquent Dominique Wicker et Dominique Daul. Ils prennent la décision de travailler plus étroitement ensemble pour les différents chantiers culturaux de l’année. « Il est par exemple plus sensé qu’un seul d’entre nous se charge de traiter toutes les betteraves » lance Dominique Wicker. C’est ainsi que les semis de maïs sont confiés à Nicolas, les traitements céréales à Eric et Dominique Wicker, le suivi des betteraves à Dominique Daul. L’assolement commun constitue le pas suivant. Il est décidé lors d’une réunion collective et tient compte des contraintes existantes : Nicolas a besoin de maïs grain pour gaver ses 2 200 canards et ses 200 oies ; Dominique Daul est demandeur de variétés de maïs ensilage et de luzerne pour ses 700 taurillons.
Les cinq exploitants testent leur formule à blanc en 2015. Ils l’officialisent en 2016 en créant la Société en participation (SEP) des champs. Ils attribuent un pourcentage de parts à chacun selon le foncier apporté au départ. « Cette clé de calcul qui détermine également la distribution du résultat dégagé par l’atelier, est la base de tout » insiste Dominique Daul. « Cela a été la décision la plus importante. Nous sommes partis des marges financières par culture. Nous avons retenu une base d’équivalence de un pour un pour chaque hectare de céréales qu’il soit localisé sur Pfettisheim ou Neugartheim comme les trois quarts des surfaces, mais aussi sur les six autres bans communaux où exploite l’un des membres du groupe. Nous avons fait une exception pour l’hectare de betterave qui vaut 2 au lieu de 1 ». Dans la foulée, les membres de la SEP créent la Cuma des Champs. Celle-ci s’endette sur sept ans afin de pouvoir racheter à la valeur comptable tout le train de cultures, tracteurs compris, matériel spécifique excepté, des quatre exploitations. « C’était la manière la plus réaliste de démarrer » commente Laurent. Désormais, chaque utilisateur renseigne un cahier d’enregistrement qui précise entre autres le temps passé, la consommation de gazole, s’il s’est servi du matériel pour la SEP ou à titre privé. Et les deux tracteurs de tête tournent maintenant 700 h dans l’année.
De trois à un pulvérisateur
« Nous n’avons pas changé grand-chose » estime Dominique Wicker. Pourtant, la sole maïs a été concentrée dans les terres qui s’y prêtent le mieux. Le labour vient à la rescousse de sols où les techniques simplifiées peinent à venir à bout de toutes les mauvaises herbes. Et inversement. Le nombre de pulvérisateurs est passé de trois de 12, 18 et 12 m, à un seul, un modèle traîné de 2 500 l avec 24 m de rampe. « Les dépenses de structure sont les seules sur lesquelles nous pouvons encore agir. « Nous avons comprimé nos charges de mécanisation à 235 €/ha » analysent les agriculteurs. Le fumier et les fientes de volailles profitent à toute la surface. Ces effluents sont pesés et valorisés pour les deux éleveurs du groupe selon la référence que constitue la tonne de paille en andain. La SEP commande les intrants. Elle vend sa production à la récolte. Elle cède au prix du marché du blé à un tiers, du maïs au Gaec Daul et à Nicolas. Le surplus est vendu à un organisme stockeur.
« L’assolement et le financement sont les gros choix que nous faisons tous ensemble durant l’année » annonce Laurent. La SEP finance ses charges opérationnelles, les seules qu’elle ait, par un prêt de campagne. Elle rembourse au fur et à mesure de ses rentrées de l’année. Elle verse également deux avances à ses membres, l’été et en début d’hiver. Elle répartit en début d’année au prorata des parts de chaque membre le résultat de la campagne passée. « L’entente est la clé de tout » soulignent les membres de la SEP. Dans l’absolu, celle-ci n’est pas fermée à d’autres adhésions, la Cuma d’ailleurs non plus « s’il y a un intérêt pour un matériel précis ». Cette dernière se tâte aussi pour embaucher un salarié ou lancer un groupement d’employeurs.












