Commerce
De nouveaux arguments de vente pour les vins d’Alsace
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Vigne
Publié le 18/01/2020
Le club des 5 000 ? Précisons que ce sont des hectolitres et l’on comprend qu’il s’agit des 26 opérateurs du vignoble dont l’activité annuelle dépasse les 5 000 hl. Treize coopératives, douze négociants et un vigneron indépendant satisfont ce critère. Ils forment un groupe informel, créé à l’initiative du conseil de direction du Civa. L’interprofession les a réunis deux fois en mars et en octobre 2019. Ils seront invités au moins deux nouvelles fois en 2020. « L’idée est née de la volonté de l’interprofession de se mettre au service des entreprises », explique Didier Pettermann, président du Civa. Mais leurs demandes sont différentes, assez logiquement liées à leur taille. Les membres du club des 5 000 se tournent essentiellement vers le débouché de la grande distribution. Ils sont les leviers les plus efficaces pour faire remonter rapidement les ventes à l’échelle du vignoble. Leurs collègues qui commercialisent moins de volumes ciblent davantage les cavistes, les restaurateurs et les particuliers.
La réunion d’automne 2019 du club des 5 000 n’était pas placée au hasard dans le calendrier. Elle correspond à la période qui précède le début des négociations avec les enseignes de la grande distribution, les contrats étant signés au plus tard fin février. « Les vins d’Alsace ont désormais des arguments solides à faire valoir. Le Civa a analysé pour chacune des 19 régions viticoles françaises les chiffres du marché fournis aux panels par les enseignes actives en métropole. Les ventes de vins diminuent globalement de 5 %. Les rouges sont à -8 %, les rosés à -4,8 % et les blancs à -0,8 %. Le panel IRI montre aussi que si le Bordeaux blanc perd 3 %, les vins d’Alsace blancs gagnent 3 %, le pinot noir même 8 % ! Cela signifie qu’avec un linéaire réduit, les Alsace font preuve d’une belle rotation. Ne pas travailler avec les Alsace revient pour le distributeur à perdre des parts de marché et de la marge. Pourquoi s’en priver ? Le Civa est la seule interprofession de France à avoir rencontré les acheteurs nationaux pour leur présenter ces chiffres. C’est une manière de préparer le terrain à ses opérateurs », développe Didier Pettermann.
Au carrefour des tendances
Ces bases solides chiffrées, juste un peu moins détaillées, ont resservi à la réunion de fin novembre, en soirée, à laquelle les autres metteurs en marché étaient invités. Quelque 80 s’étaient déplacés. « Le Civa veut leur donner un discours de fond destiné aux cavistes et aux restaurateurs. Pour vendre les vins d’Alsace, l’ensemble des opérateurs doit faire passer un message commun, en restant humble, en prouvant par a + b que l’Alsace permet de faire gagner des parts de marché, insiste Didier Pettermann. Le consommateur souhaite boire des vins pas trop compliqués, aromatiques, qui se servent frais, en provenance d’exploitations à taille humaine. Le mode de consommation privilégie du blanc sec, qu’on déniche dans un endroit décontracté comme dans un bar à vins. Les vins d’Alsace se situent au carrefour de ces tendances actuelles de consommation. Leur ratio qualité-prix est meilleur comparé à d’autres vignobles. C’est une carte à jouer. » De tels arguments servent finalement à redonner de la « confiance » et de la « fierté » aux opérateurs.
Dans un premier temps, le Civa s’est concentré sur le marché français parce qu’il représente les trois quarts des ventes du vignoble. Le second temps programmé sur 2020 prévoit de diriger l’attention sur le quart restant, celui des marchés export. « Le Civa travaille à l’élaboration d’un plan par pays. Les États-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne, l’Italie sont par exemple ciblés avec une analyse particulière et permanente du risque pour les deux pays anglophones de cette liste. Dans la pratique, une connaissance fine de chaque marché est indispensable. Les seules sorties de chais ne suffisent pas. L’interprofession analyse donc des critères comme le type de vins consommés, le mode de mise en marché, le positionnement prix, le potentiel de développer de la valeur, les tendances, détaille Gilles Neusch, directeur du Civa. Les échanges avec les opérateurs contribuent autant que d’autres sources d’information à amplifier notre connaissance. Le plus, c’est que toutes ces données qu’une entreprise aurait du mal à rassembler seule de son côté, avec un coût non négligeable, sont mises à disposition de tous les metteurs en marché. À eux de les intégrer efficacement dans leurs démarches commerciales. »












