« Nous communiquons au public la magie de Noël »
Vigne
Publié le 12/12/2018
Sept cépages, sept foudres, sept sapins : voilà un rapide raccourci du temps de Noël comme Benjamin et Valérie Zirgel le mettent en scène à Mittelwihr. « Nous avons tracé un circuit à la cave » explique Nicole Zirgel, la maman de Benjamin. Un sapin décoré par des objets de l’artisanat régional comme des étoiles en paille, des cœurs en tissu de lin, des petites poteries, du pain d’épices… trône devant chaque fût, un par cépage. Le riesling étant le cépage roi alsacien, il a droit à un sapin un peu plus grand. Il est embelli par les étiquettes des vins du domaine collées sur des panneaux de bois. « Le sapin permet de parler de l’Alsace, de sa tradition de Noël avec les veillées à la bougie qui étaient autrefois l’occasion de retrouvailles, d’échanges, voire le moment de faire la paix entre voisins » relève Nicole. Chaque sapin correspond à une halte. Elle est ponctuée par la dégustation d’un vin. Un mets lui est associé. Depuis les débuts de la formule, le domaine reste fidèle à la mousse d’asperge, au toast à l’anguille ou à la truite fumée, à la tarte flambée, au pain d’épices et au foie gras, à la mini-choucroute. « C’est très apprécié » glisse Valérie.
La formule s’est mise en place à la demande de l’office de tourisme du pays de Colmar qui souhaitait rallonger les séjours des touristes en créant une animation en dehors du week-end. Voilà pourquoi « Noël et la magie des 7 » est programmé chaque lundi à 11 h précises depuis le 26 novembre dernier et prend date durant tout décembre. « Comme nous sommes en retrait de la route des vins, nous y avons vu le moyen d’attirer du monde au domaine. Le lundi ne nous dérange pas car nous sommes déjà pris durant les samedis et dimanches du mois par nos actions commerciales. Enfin, c’est l’office de tourisme qui fait la promotion de notre offre » souligne Nicole. La formule remplit un double objectif : étoffer l’offre touristique sur le secteur et agrémenter l’accueil des vacanciers qui occupent les gîtes du domaine. « En décembre, c’est complet. Les vacanciers sont invités gracieusement. Nous avons décidé de demander une participation aux frais de 7 € en 2013, pour rentrer dans nos frais. Aujourd’hui les personnes qui réservent via l’office du tourisme règlent 14 €/personne. La moitié de la somme leur est déduite en cas d’achat d’au moins six bouteilles » précise Nicole.
De sept à quatre vins
La « magie des 7 » mobilise le plus souvent Valérie et Nicole, et parfois Julie, la fille de Nicole. En amont, il faut ranger préparer la cave et les canapés servis avec les vins. Le jour J, une personne se charge de saluer les participants et se renseigne sur la région ou le pays dont ils sont originaires. Elle assure le service et gère le point de vente à l’issue de la visite pendant que la seconde commente les cépages et Noël en Alsace. La séance proprement dite est prévue pour durer une heure trente, mais peut aussi se prolonger. « La prestation comporte sept vins. Mais il nous arrive de rajouter un autre vin sur demande » précise Nicole. La formule a été déclinée en 2015. La « Magie de Noël alsacien chez le vigneron » est programmée le vendredi à 17 h. Elle demande une heure, mais se contente de quatre gourmandises et de quatre (parfois cinq) vins. Il s’agit le plus souvent d’un riesling, d’un pinot gris, d’un gewurztraminer et d’une vendange tardives. L’inscription est souhaitée mais il y a régulièrement des candidats de dernière minute. Il en coûte 5 €/personne. Les occupants des gîtes n’y sont pas conviés.
Le nombre de participants à l’une comme à l’autre formule est aléatoire, mais peut facilement aller à quarante et monter au plus haut à l’approche de Noël. Les ventes sont tout aussi variables. « Un lundi, un groupe de six personnes est reparti avec soixante bouteilles ! Mais cela demeure l’exception. Le plus souvent, c’est quelques bouteilles, fréquemment du riesling, car les participants découvrent qu’il s’accorde bien aux mets qu’ils ont goûtés, mais aussi du pinot gris qui se marie bien au foie gras. Parfois, on n’achète rien, comme l’autre jour deux Américains. Leur manière de voyager ne facilite pas toujours le transport de bouteilles. Les occupants de nos gîtes sont encore nos plus fidèles clients en fin de circuit. Ils sauvent le panier moyen ! » analyse Nicole. Selon elle, l’essentiel est ailleurs. « Nous aimons partager et présenter nos vins. Et les gens viennent pour s’en mettre plein les yeux. Nous voulons leur faire passer un moment inoubliable qui donne envie de revenir. Notre plus belle récompense est d’être visité sur un salon, comme l’autre fois à Lille, par des personnes qui sont passées par notre cave ou nos gîtes ».












