énergies renouvelables

Publié le 26/04/2022

La famille Rothan s’est lancée avec succès dans la vente directe en 2005. Avec 28 salariés, la ferme familiale est devenue une petite PME agroalimentaire, qui consomme pas mal d’électricité. Il y a un an, Damien Rothan a investi dans deux trackers solaires. Objectifs : réduire la facture d’électricité, et faire un geste pour l’environnement.

Stratégiquement sise au Rond-Point des Trois Croix, entre Batzendorf, Berstheim, Wittersheim et Hochstett, dans le Bas-Rhin, la Ferme gourmande fait, depuis 17 ans maintenant, le bonheur des gourmets de la région. Leur petit local de vente directe est devenu une boutique achalandée en une vaste gamme de viandes et de charcuteries. Chaque année, environ 150 génisses limousines et 2 500 porcs passent directement de l’élevage à l’étal. La ferme, devenue une entreprise, emploi 28 salariés. Élevage, fabrique d’aliment, transformation (fours, cellules de cuisson, machines à laver, réfrigérateurs…), magasin de vente et respect de la chaîne du froid… l’activité engendre certes des emplois, mais aussi une facture d’électricité assez salée. Deux trackers pour 100 000 € Aussi, durant l’été 2021, Damien Rothan a fait installer deux trackers solaires sur le site de l’exploitation, avec pour objectif de réduire la facture d’électricité, et de participer à la lutte contre le changement climatique. « Au cours d’un voyage en Normandie, nous avons vu une ferme équipée de trackers solaires par l’entreprise OKwind, dont le siège se situe en Bretagne. » L’idée d’installer des panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments d’élevage ne les séduit pas, notamment par crainte d’un éventuel impact des installations sur la santé des animaux situés en dessous. Ils préfèrent donc investir dans deux trackers solaires, pour la somme de 100 000 €. Une production aléatoire L’électricité produite par les panneaux photovoltaïques qui couvrent les trackers est entièrement autoconsommée. Donc, si l’entreprise n’utilise pas d’électricité, les trackers s’arrêtent. « La nuit, ils se mettent à plat, et au lever du jour ils s’orientent vers le soleil, qu’ils vont suivre toute la journée avant de se recoucher le soir », décrivent les agriculteurs. Équipés d’anémomètre, les trackers se couchent aussi lorsque la vitesse du vent dépasse un certain seuil. Après presque un an de fonctionnement, ils constatent : « La production d’électricité est vraiment très dépendante de l’ensoleillement. » Et des aléas météorologiques en général : au mois d’août, un orage a engendré une panne à la suite de l’impact de la foudre dans l’installation électrique de l’exploitation. Les trackers se sont arrêtés de produire de l’électricité le 21 août, et n’ont recommencé à en produire qu’en septembre, après réparation. Pour donner un ordre de grandeur de leur production, Damien Rothan parcourt l’historique. Résultat : 5 742 kWh en octobre, 3 500 kWh en février 2022… Mais mieux que rien ! L’objectif de réduire la facture d’électricité n’est que partiellement atteint. « Au démarrage, avec un mois très ensoleillé, nous avons réussi à réduire notre facture d’électricité de 4 500 € à 3 500 €. Aujourd’hui, nous sommes à 7 500 € d’électricité le mois dernier, malgré les trackers, en raison de la hausse du coût de l’électricité et du peu d’ensoleillement. » Si les deux trackers de la ferme gourmande peinent à réduire la facture d’électricité qui s’envole, ils constituent tout de même le gage d’une certaine autonomie qui, si modeste soit elle, a le mérite d’exister, dans un contexte de grande insécurité énergétique.

Publié le 25/04/2022

Éleveur de limousines à Schleithal, Laurent Lengert a installé quatre centrales de 100 kWc sur ses différents bâtiments Système Wolf, en faisant confiance à l’entreprise France Solar. Un duo gagnant qu’il ne regrette pas.

La ferme de Laurent Lengert, à Schleithal dans le Bas-Rhin, ressemble à une carte postale, ou à un prospectus qui vanterait les mérites d’une agriculture durable, respectueuse de l’environnement et du bien-être des animaux. Devant deux bâtiments disposés en L paissent tranquillement des limousines, des veaux avec leurs mères, un taureau placide. Sur les toits brillent des panneaux photovoltaïques. Et lorsqu’on félicite le propriétaire pour son sens de l’esthétique, il ne boude pas son plaisir : « Tout le monde le dit, que c’est beau chez nous », acquiesce-t-il, le visage fendu d’un large sourire. Cette carte postale cache une réalité moins souriante. Il y a quelques années, Laurent Lengert a bien failli arrêter l’élevage. Mais il s’est accroché. En 2002, il avait réalisé une sortie d’exploitation, avec en ligne de mire la future reprise de la ferme par son fils Thomas. Les bâtiments, situés dans le village continuent d’accueillir les mères et leurs veaux. Le nouveau site accueille l’atelier d’engraissement de taurillons pour la filière longue. Mais le système n’est pas rentable. Aussi, en 2014, l’éleveur arrête l’engraissement de taurillons et se réoriente vers l’élevage d’animaux de plus de 30 mois, valorisés en circuits courts (lire encadré). Comme les animaux restent plus longtemps à la ferme, et même s’ils pâturent le plus possible, il faut davantage de places. Aussi en 2020, un second bâtiment vient former le deuxième bras du L. Le premier abrite les bœufs, le second les génisses et les vaches de réforme. Éleveur et capteur de photons Parallèlement, Laurent Lengert se lance dans la production d’électricité photovoltaïque. Fin 2019, il installe une première centrale sur les bâtiments situés dans le village. En mars 2020 une deuxième suit, sur les toits du nouveau site. Puis, en 2021, les deux dernières, une dans le village et une sur le site extérieur. En 2022, une cinquième centrale sera installée sur le bâtiment de stockage, d’une puissance de 250 kWatt. Une évolution qui s’accompagne de la création d’une société, baptisée TASS Énergie, en référence aux prénoms des enfants de Laurent et de leurs conjoints, Thomas, Adeline, Sophie et Steeve. Dans la perspective de l’installation de cette centrale, le bâtiment de stockage va être agrandi. Puis, Laurent Lengert le louera à TASS Énergie. L’agrandissement du bâtiment a aussi pour but de stocker toute la paille et le foin au même endroit, ce qui n’est pas le cas pour le moment. Et ça, ça chipote Laurent Lengert. Devant des bottes de pailles bien empilées du sol au plafond, il déclare : « Je suis rigoureux. J’aime quand les choses sont propres et bien rangées. C’est pour ça, aussi, que j’ai construit tout ça. Parce qu’il y a le bien-être des animaux, mais aussi celui de l’éleveur, qui passe notamment par un bâtiment fonctionnel, qui permet d’optimiser le temps de travail. » En tout, Laurent Lengert a donc investi dans quatre centrales de 100 kWc, « pour anticiper ma petite retraite d’agriculteur, et pour agir pour l’environnement », précise-t-il, pas peu fier de pouvoir annoncer que sa ferme affiche « un très bon bilan carbone ». À noter que, sur ces quatre centrales, celle qui produit le plus d’électricité est celle orientée à l’Est. « Sans doute parce qu’elle bénéficie du soleil du matin tout en étant préservée de la chaleur de l’après-midi. » Des entreprises locales et performantes Pour ériger ses bâtiments, y compris les plus anciens, situés dans le village, qui datent de 1993, Laurent Lengert a fait confiance à Système Wolf, un choix dont il se félicite : « La qualité et la robustesse des bâtiments ont permis d’y installer les panneaux photovoltaïques avec une descente de charge optimale, sans aménagement coûteux. En plus, c’est une entreprise locale. » Tout comme France Solar, basée à Hoerdt, qui a installé les centrales photovoltaïques. « C’est une entreprise spécialisée dans les installations chez les particuliers. Nous avons été leur premier client professionnel, en 2019. Je les ai choisis parce que leur commercial a été honnête, transparent, et n’a pas essayé de marchander. Il m’a dit que leurs panneaux étaient fabriqués en Chine. Les autres avaient tendance à esquiver la question. Alors que quasiment tous les panneaux sont encore fabriqués en Chine », rapporte Laurent Lengert. Il ne regrette pas de s’être laissé guider par la confiance et l’honnêteté. Depuis que les installations tournent, elles produisent plus que ce que l’étude projetait. « Même en 2021, qui a été l’année la plus mauvaise, les objectifs ont été remplis. Pas dépassés. Mais remplis. » Autre point positif : « L’entreprise a tenu les délais annoncés. » Sous les panneaux photovoltaïques, disposés sur les versants sud et est des toitures, les animaux ne sont pas perturbés : « Nous avions quelques réticences, mais nous n’avons observé ni perte de productivité, ni dégradation en reproduction. Nous avons toujours de bonnes croissances », se félicite Laurent Lengert, qui attribue ces bons résultats au « respect du cycle naturel des animaux, qui ne sont pas poussés. Avec notre débouché, nous n’avons pas le choix : il faut de la viande de qualité, donc des bêtes bien engraissées mais pas poussées, qui donnent des carcasses notées U ». Les éleveurs veillent aussi à l’ambiance qui règne dans les bâtiments. Le faîtage des toits a par exemple été rehaussé pour permettre une bonne ventilation. Encore des projets Pour l’instant, toute l’électricité produite par les centrales va dans le réseau. Mais Laurent Lengert envisage d’installer encore une centrale avant sa retraite, destinée cette fois à l’autoconsommation. Son projet : automatiser l’alimentation et le paillage avec un robot. « Avec toutes les bêtes à nourrir, la mélangeuse tourne 5 h par jour. Et nous paillons quotidiennement. Donc, vu l’évolution du prix du gasoil, ça me semble plus prudent de chercher à maximiser notre autonomie », détaille-t-il. Ses deux silos d’alimentation, situés à l’arrière des bâtiments, côté ouest, ont été conçus pour que les jus s’écoulent dans une fosse située sous les bâtiments. Ici aussi, tout est propre et bien rangé. « Je nourris ce projet d’automatisation depuis un moment, donc les installations ont été conçues pour permettre à un robot guidé par GPS de se déplacer. Tout est prêt », sourit-il. Il ne lui manque plus que la technologie qui coche toutes les cases de ses attentes. « J’ai failli me lancer avec Trioliet. Mais le fait que le fourrage reste huit jours dans la cuisine, avec un risque d’échauffement, m’a retenu », témoigne-t-il. À plus court terme, Laurent Lengert envisage de protéger les côtés ouverts de ses bâtiments par des murets équipés de filets brise-vent, et de planter des haies. « Il y a de plus en plus de vent, il faut donc davantage protéger les couloirs d’alimentation, car le fourrage risque de se dégrader », explique-t-il. Les aménagements intérieurs seront aussi finalisés et optimisés, notamment le système de contention. Car si Laurent Lengert se déplace actuellement avec des béquilles, c’est suite à un accident lors de la manipulation des bovins. « On a beau avoir de l’expérience, on n’est jamais à l’abri », constate-t-il. Mais pour l’instant, face à la flambée des cours des céréales et des matières premières, Laurent Lengert constate : « À court terme, l’objectif va être de tenir l’exploitation à flot. »

Inauguration des unités de méthanisation de Gommersdorf et Traubach-le-Bas le 14 mars

« C’est un complément à nos activités, pas une concurrence »

Publié le 11/03/2022

Lundi, les unités de méthanisation Hopla Gaz et Métha Gaz de Gommersdorf et Traubach-le-Bas seront enfin inaugurées, quelques mois après leur mise en service. La concrétisation d’un projet porté par un collectif d’agriculteurs motivés. Vincent Dietemann en fait partie. Il retrace avec nous les grandes étapes de cette aventure commune, mais aussi les perspectives apportées par cette production de biogaz agricole pour leurs exploitations.

Vous organisez lundi des portes ouvertes du méthaniseur de Gommersdorf, en plus de l’inauguration officielle prévue de longue date, mais repoussée à cause de la crise sanitaire. Pour quelles raisons ? Vincent Dietemann : « La méthanisation pose toujours des problèmes dans certains secteurs du Haut-Rhin, notamment dans le monde agricole où des réticences subsistent toujours. On n’arrive pas à convaincre car il y a encore un gros déficit d’informations sur le sujet. En accueillant les élus, les agriculteurs et l’ensemble des personnes intéressées, on veut simplement montrer la réalité de ce qu’est réellement un méthaniseur agricole, son intérêt pour les éleveurs, mais aussi ce que cela implique concrètement en termes d’investissement et d’engagement de la part des uns et des autres. »   Pouvez-vous nous rappeler comment ces projets, « Hopla-Gaz » à Gommersdorf et « Métha-Gaz » à Traubach-le-Bas, ont vu le jour ? « Tout a démarré à l’hiver 2018. Nous étions plusieurs agriculteurs à réfléchir à la méthanisation depuis quelques années. Nous avons eu la chance de tomber sur le bureau d’études Opale, qui évaluait, à ce moment-là, la faisabilité d’une centrale de méthanisation dans le secteur. Quand ils sont venus me voir, je leur ai dit qu’on était prêt à s’engager mais qu’on n’arrivait pas à concrétiser le projet. La dynamique collective était là, mais il fallait la cadrer. »   Quelles étaient vos motivations initiales ? « L’idée était de valoriser nos effluents d’élevage qui posent de plus en plus problème vis-à-vis des riverains, et aussi de diminuer la facture de notre fertilisation, avec des engrais qui coûtent de plus en plus chers. »   Combien d’agriculteurs ont pris part au projet ? « Au départ, une vingtaine de fermes étaient intéressées. Au fil des discussions, certaines se sont retirées pour diverses raisons. Dans le collectif, tout ne se décide pas du jour au lendemain, il y a beaucoup de discussions, d’échanges. Et puis il faut savoir accepter les compromis, ne pas penser qu’à soi. Au final, quinze fermes se sont engagées : sept sur le site de Traubach-le-Bas et huit à Gommersdorf. »   Justement, comment faire pour qu’un tel collectif fonctionne et accepte d’œuvrer dans une direction commune ? « Nous avons créé une SAS et un GIE pour gérer ces deux sites. Nos fermes restent autonomes. Les revenus de chaque agriculteur sont proportionnels aux capitaux propres qu’il a investis au départ. Mais si la forme juridique est importante, le plus compliqué à gérer reste l’humain. C’est un peu comme une équipe de foot remplie de stars : si elles ne jouent pas ensemble, cela ne donne rien. Dans notre cas, c’est le bureau d’études qui a fait office d’entraîneur. Il a apporté un regard neutre sur le projet, permis aux uns et aux autres de s’exprimer. C’est là qu’on voit l’importance de se faire aider par des personnes extérieures quand on se lance dans un projet collectif d’ampleur comme celui-là. »     Comment se passe la gestion quotidienne de vos méthaniseurs ? « On a commencé par embaucher un salarié à temps plein, Arthur Szymkowiak, via notre GIE pour s’occuper des deux sites. Il est toujours en binôme avec un agriculteur qui intervient en cas de problème un peu compliqué. Nous avons établi un planning sur six semaines avec des rotations entre nous. Vu la nature du site, nous devons assurer une astreinte 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. »   Vous évoquiez des réticences qui subsistent à l’encontre de la méthanisation, notamment dans le monde agricole. Qu’est-ce qui explique ce phénomène selon vous ? « La méthanisation conserve une image négative à cause de ceux qui la pratiquent de manière intensive, comme on peut le voir dans le nord de l’Allemagne. Là-bas, ce sont des investisseurs qui sont derrière les projets. Leur objectif est de faire le maximum de bénéfices. Certains arrêtent même l’élevage juste pour faire ça car cela devient plus rentable. Ces exemples sont souvent cités pour décrédibiliser la méthanisation. Or, ce qui est fait en France n’a absolument rien à voir. La réglementation n’est pas la même, la philosophie non plus. Ici, ce sont des collectifs d’agriculteurs qui se mettent ensemble pour valoriser leurs effluents d’élevage, ce ne sont pas des investisseurs en quête de matière première. C’est un complément à nos activités, pas une concurrence. »   Quel est le gain pour vos exploitations ? « Il est tout d’abord économique et agronomique. Avec ces méthaniseurs, on assure 80 % de nos besoins en engrais. Avec la méthanisation, nous obtenons un digestat qui est actif plus rapidement et plus facilement qu’un simple engrais de ferme. Cela nous permet ainsi d’alléger considérablement la facture d’engrais de synthèse que nous aurions mis à la place. La matière organique est toujours présente dans le digestat, mais sous une forme différente, plus noble. Cela nécessite un peu de technicité pour la valoriser au maximum, mais cela vaut vraiment le coup au final. Il y a ensuite un aspect environnemental qui est non négligeable. Le biogaz qu’on produit est plus vertueux que le gaz naturel classique. Dans notre cas, il sert à alimenter, entre autres, les bus de la ville de Mulhouse par l’intermédiaire d’Alsen Énergies, fournisseur local de gaz et d’électricité. Le gros avantage de ce partenariat est que cela nous permet d’avoir un prix d’achat garanti pendant quinze ans. »   Cela a également permis de rapprocher le monde rural et le monde citadin… « En effet. Aujourd’hui, tout le monde veut rouler plus vert. Le gaz est une bonne solution, mais il faut bien le produire quelque part. Alors, autant aller le chercher là où il y a la matière première. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde. Les grands groupes cherchent plutôt à s’approcher au plus près des villes, et aller chercher la matière première plus loin. Ce n’est pas la vision du monde agricole. Nous voulons recréer du lien entre ville et campagne, pas noyer la campagne dans la ville. »     Pour en arriver là, il a également fallu convaincre les communes et leurs habitants du bien-fondé et des atouts de vos méthaniseurs. Vous n’avez pas rencontré d’oppositions ? « On a eu quelques retours négatifs, mais ce sont des communes ou des personnes qui ne nous ont jamais laissé la possibilité de venir les voir pour présenter le projet. Avec eux, la discussion est impossible. À part ces quelques réfractaires, nous avons pu rencontrer la plupart des communes du secteur. Pour cela, je tiens à remercier Denis Nass qui, en tant que maire de Gommersdorf et élu à la Chambre d’agriculture, a facilité les prises de contact et de rendez-vous. À chaque fois, nous avons pris le temps de répondre à toutes les questions qui nous étaient posées. On a fait preuve de beaucoup de pédagogie, on a rassuré les inquiétudes. Nous avons rencontré des opposants pendant ces réunions. Et finalement, une bonne partie d’entre eux a changé de position, voyant bien que nos méthaniseurs agricoles n’avaient rien à avoir avec des structures plus industrielles qu’on peut voir ici et là. C’est aussi pour cela que nous avons décidé de créer deux petites unités au lieu d’une seule plus grosse. Non seulement, cela permet de réduire les déplacements pour amener les effluents, mais cela favorise l’acceptabilité par le public. Après, il reste toujours des gens à convaincre de l’intérêt de telles structures, leur montrer que cela ne porte aucun préjudice à l’environnement. Au contraire, cela peut apporter un plus. »   Est-ce que ces méthaniseurs permettent d’assurer l’avenir de vos fermes ? « Je ne dirais pas ça comme ça. Je pense sincèrement que c’est dommage d’en arriver là pour sauver nos exploitations. Par contre, cela nous apporte une visibilité à moyen terme qui est rassurante. C’est un revenu complémentaire bienvenu, et aussi un argument supplémentaire pour donner envie à nos jeunes de se maintenir sur les fermes. »   Pensez-vous que le contexte géopolitique actuel, avec la hausse vertigineuse des cours du gaz, puisse jouer en faveur de centrales de méthanisation comme les vôtres, plus « vertes » et locales ? « De prime abord, on pourrait dire oui. Mais je préfère me méfier de la première approche. Il y a toujours un revers de la médaille. Certes, le prix du gaz importé va augmenter, mais les engrais aussi. Il faut tout prendre en compte dans le calcul. Après, c’est toujours un atout d’être moins dépendant de l’extérieur. Sauf que bien souvent, les gens veulent du local, mais pas produit à côté de chez eux. C’est un paradoxe, mais une réalité quand même. Il y a encore beaucoup de travail pour faire évoluer les mentalités. »     Pour finir, quels conseils donneriez-vous à des agriculteurs qui voudraient se lancer dans un projet de méthanisation collectif ? « Dès le début, il faut que chacun joue carte sur table. La communication est essentielle. Il faut aussi s’imprégner de son projet, y croire vraiment. Dans ce cas, on peut l’expliquer, on peut convaincre. Il y a un vrai potentiel de méthanisation à développer dans notre pays. C’est à nous agriculteurs de montrer qu’on sait faire, et surtout bien faire. »

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