commercialisation

Industries agroalimentaires alsaciennes

Aria Alsace : ça déménage !

Publié le 10/07/2018

L’Aria a changé d’adresse : elle a pris ses quartiers à Strasbourg Cronenbourg, dans les locaux du Laboratoire départemental d’analyses (LDA). Le 7 juin dernier, ce déménagement a été officialisé par une petite cérémonie, à laquelle assistaient Frédéric Bierry, président du Département du Bas-Rhin, Manou Heitzmann Massenez, présidente de l’Aria Alsace, et de nombreux chefs d’entreprises agroalimentaires.

« Depuis deux ans, nous cherchions une adresse pour le Food Studio, accélérateur de l’innovation de l’industrie agroalimentaire alsacienne, explique Manou Heitzmann Massenez, présidente de l’Association régionale des industries alimentaires d’Alsace (Aria). Frédéric Bierry nous a proposé ce plateau de 300 m2. Un endroit magnifique qui offre l’avantage de la proximité avec le Laboratoire départemental d’analyses (LDA) dont nos industries ont grand besoin pour exporter, car il nous délivre des certificats d’analyses conformes aux exigences des différents pays. » Cette inauguration a servi de cadre à la signature d’une convention de partenariat visant à favoriser les synergies entre l’Aria et le Conseil départemental. Un partenariat qui affiche plusieurs objectifs. Le premier étant de garantir la sécurité sanitaire et la qualité des aliments grâce aux contrôles effectués par le LDA67. Il veut également favoriser l’accès à l’emploi des allocataires du RSA - les entreprises membres de l’Aria Alsace s’engageant à transmettre des offres d’emploi et de formations au Département, en charge de ces publics -, et l’accès aux stages pour les collégiens. Ce partenariat doit également faciliter l’accès à l’alimentation des bénéficiaires des épiceries sociales et développer la pédagogie nutritionnelle à travers des ateliers nutrition santé, des actions d’information, des séances de dégustation, des cours de cuisine. « Le Food Studio est désormais accueilli au LDA, ce qui facilite ces synergies. » L’agroalimentaire est un pôle fort de la dynamique économique alsacienne, se félicite Frédéric Bierry. « Cette convention nous permettra de renforcer nos liens pour être en soutien de votre démarche, que ce soit à l’international ou au niveau local, par exemple en développant les produits agroalimentaires alsaciens dans la restauration collective. Merci de travailler avec nous sur les enjeux de l’emploi, de lever les obstacles pour coller à la demande des entreprises. » Le président du Conseil départemental ajoute : « Vous avez porté haut les marques Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produits du terroir, qui rassemblent aujourd’hui près de 4 000 produits. »

Publié le 07/07/2018

Développer les protéines du futur, réinventer les modes de distribution, répondre à une recherche d’authenticité, de plaisirs gustatifs, ouvrir le marché de l’alimentation fonctionnelle… le champ d’investigation des start-up de la FoodTech est infini. Tour d’horizon - plutôt surprenant - avec Agathe Mathey, déléguée générale de LaFoodTech, lors de l'assemblée générale d'Alsace Qualité.

Une étude publiée par DigitalFoodLab, agence conseil spécialisée dans la FoodTech, confirme la montée en puissance de ce secteur en France : le nombre de créations de start-up a été multiplié par trois entre 2014 et 2016. On a recensé 472 créations l’an dernier, indique Agathe Mathey. LaFoodTech (www.lafoodtech.fr) est un réseau d’entrepreneurs, experts, créateurs, investisseurs, producteurs, en pointe sur les enjeux FoodTech, explique-t-elle. Elle regroupe les initiatives numériques ou technologiques, les innovations qui permettent d’optimiser la chaîne de valeur de l’alimentation : big data, impression 3D, intelligence artificielle, drones, objets connectés, robots, applications mobiles. Tonneaux connectés et protéines alternatives Tous les domaines sont concernés, à commencer par l’agriculture. « Son but est, par exemple, d’optimiser les productions agricoles et la gestion des exploitations » : agriculture de précision (drones), assistance aux agriculteurs (robots connectés), market places agricoles (plateformes collaboratives, comme WeFarmUp), agriculture urbaine, outils d’aide à la vinification (tonneaux connectés). La FoodTech participe au développement des ferments et protéines du futur, en lançant des protéines alternatives (à base de végétaux ou d’insectes) et en misant sur les biotechnologies (algues). Elle veut aussi garantir la qualité, la sécurité et la traçabilité des aliments et des boissons : « Novolyze fait des germes modèles pour garantir la sécurité des aliments, IBM développe la blockchain ». Les modes de distribution sont en train de se réinventer, poursuit Agathe Mathey. FoodTech delivery, drive, last mile delivery, market places… sous des noms parfois barbares, les innovations pleuvent. Ainsi, Epicery est une start-up parisienne qui propose la livraison des meilleurs commerçants de quartier dans l’heure. Pratique pour les citadins qui n’ont pas le temps d’aller faire leurs courses en semaine ! Ses fondateurs se sont appuyés sur leur propre expérience de consommateurs exigeants pour concevoir ce marché-caviste-crèmerie-primeurs-pâtisserie en ligne du troisième millénaire, indiquent-ils sur leur site. Quelle différence y a-t-il entre FoodTech delivery et full-stack delivery ? L’un est une société de livraison de plats cuisinés, l’autre s’apparente davantage à un restaurant virtuel. C’est le cas de foodcheri.com qui veut « court-circuiter les intermédiaires en mettant en place des partenariats avec les producteurs et les coopératives » et, accessoirement, prône une consommation raisonnée de viande. Épicerie automatique, catalogue numérique des aliments Outre les circuits courts désormais bien implantés, comme la Ruche qui dit oui, d’autres modes de commercialisation font leur apparition, comme l’e-commerce ou le retail. Amazon Go est un concept d’épicerie automatique, développé par le géant du commerce en ligne Amazon, explique Agathe Mathey. Comment ça marche ? En entrant dans le magasin, le client passe par un portique où il scanne le QR code fourni par l’application Amazon Go. Ses produits sont ajoutés à son « panier virtuel » et, pour régler, il lui suffit de quitter le magasin, la carte bancaire associée au compte Amazon du client est débitée automatiquement. Plus besoin de faire la queue aux caisses enregistreuses ! Les innovations font également une entrée remarquée dans le secteur de la restauration, avec les menus sur tablettes, la gestion des approvisionnements en back-office, etc. Et elles sont mises au service d’une alimentation plus saine, plus respectueuse. L’application Too Good To Go est née d’un constat, le gaspillage alimentaire. Grâce à elle, un commerçant peut éviter la poubelle à ses produits en les signalant aux habitants de son quartier. Des tonnes de nourriture sont ainsi sauvées… Un autre domaine d’investigation du réseau FoodTech consiste à ouvrir le marché de l’alimentation fonctionnelle, développer la cuisine personnalisée, voire la cuisine qui soigne, et ajuster son alimentation à ses besoins nutritionnels. L’Ania prépare un catalogue numérique des aliments qui permettra aux consommateurs, en scannant un produit, d’obtenir une foule d’informations sur sa composition, ses valeurs nutritionnelles, les allergènes, l’origine des ingrédients, l’éthique des modes de production, son impact environnemental, etc. D’autres avancées voient le jour, comme, les objets connectés en cuisine (livre de recettes) ou la commande vocale (google). Gadgets ou réelles avancées ? Dans cette avalanche d’innovations, quelques tendances émergent. « L’e-commerce alimentaire, les produits locaux, les produits bios, le flexitarisme, les produits à base de protéines végétales vont se renforcer et se généraliser. Certaines tendances resteront limitées à des catégories de population : livraison de repas, circuits courts, digitalisation de la nutrition, digitalisation de la cuisine, digitalisation des restaurants. » Des incertitudes planent sur d’autres tendances, comme l’agriculture urbaine high-tech, les aliments de synthèse, les produits à base d’insectes, la personnalisation de l’alimentation en fonction du profil génétique. Le but de la FoodTech est aussi de faire travailler ensemble les start-up et les grands groupes. « La collaboration avec les start-up permet aux grands groupes de trouver de nouveaux usages et expériences utilisateurs, de gagner en termes d’image, de faire accélérer le projet, de trouver de nouveaux clients, d’optimiser les coûts », indique Agathe Mathey.

Publié le 26/04/2018

Depuis leur lancement en septembre 2017, les dîners des Grandes maisons d’Alsace font un tabac. Zoom sur celui qui a lieu début avril au restaurant l’Ami Fritz à Ottrott.

Les dix places de chacune des cinq tables dressées sous le tableau où le légendaire Ami Fritz est lui-même attablé, sont occupées. Les vins de la soirée, débouchés pour une dégustation de sécurité, attendent dans de grands seaux remplis de glaçons. Marie-Paule Sturm-Gilardoni, secrétaire générale du Groupement des producteurs-négociants du vignoble alsacien (GPNVA), accueille les convives. Joël Spiess enchaîne. La consigne est d’être succinct et surtout pas « trop technique ». Il a cinq minutes pour se présenter, lui, la maison Jean Hauller de Dambach-la-Ville qu’il dirige, et le crémant haut de gamme Le Quatre qu’il produit et qui est servi ce soir-là en guise d’apéritif. « Quatre ans d’élevage pour un effervescent, c’est particulier » lance avec une moue admirative vers son épouse l’un des convives assis en tête de l’une des tablées. Patrick Fritz, le chef de l’Ami Fritz, intervient à la suite pour détailler les plats. Pascal Leonetti, ex-sommelier désormais reconverti dans le conseil en vins, anime la soirée. Il est le dernier de ce trio qui se succédera avant chaque service tout au long des presque trois heures que va durer ce dîner. Il promet à chacun qu’il va « découvrir le vin d’Alsace sous un profil qu’il ne connaissait pas ». Le premier plat arrive. L’escalope de saumon à la crème de ciboulette est associée à un muscat 2016 que la maison Klipfel fait naître au clos Zisser dans le Kirchberg de Barr et à un riesling Kaefferkopf 2012 de la maison Kuehn d’Ammerschwihr. Ce mariage ne doit rien au hasard. Mandaté par le groupement, Pascal Leonetti a travaillé bien en amont de la soirée. Il a commencé par le choix des vins. Il a visité les trente-deux adhérents du GPNVA pour goûter leur production. « Toute la cave lui était ouverte. J’ai aussi proposé des vins. Il se projetait déjà dans les accords » raconte Olivier Raffin, gérant de la maison Kuentz-Bas à Husseren-les-Châteaux. « J’ai ma liste de tables réputées pour leur cuisine et leur carte des vins. Je retiens des bouteilles. Je suggère au chef les ingrédients qui vont avec et je lui laisse carte blanche pour créer le plat » explique Pascal. Un dîner test avec les producteurs négociants précède chaque jour J afin de décider d’éventuels ajustements. « L’objectif est d’obtenir des accords d’un haut niveau de réussite sur la base du profil d’un vin, de son équilibre, de sa définition minérale, sans oublier de tenir compte de la saisonnalité des produits » poursuit-il. Au-delà, il entend « montrer l’extrême diversité des Alsace et en jouer pour prouver leur grandeur ». Un dîner par mois, dix par an Entre producteurs et participants les discussions vont bon train. Elles abordent les grands crus, les cépages, les techniques de production de la vigne et du vin. Deux pinots gris, l’un né dans le Kirchberg en 2008, l’autre dans l’Eichberg en 2007, illustrent le prochain accord avec un mignon de porc laqué au miel et sa polenta crémeuse. « Vins et cuisine sont complémentaires. Les participants à de tels dîners dégustent des choses un peu hors normes. Tant mieux si ça peut faire découvrir et amener de nouveaux clients aux uns comme aux autres » commente Patrick Fritz. Marc acquiesce. Ce Strasbourgeois amateur de vins est un peu tombé sur la soirée « par hasard » en surfant sur la toile. De savoir qu’il y aurait des professionnels l’a « intéressé ». « Lors d’une visite de cave, je ne vois pas une pareille concentration de spécialistes. C’est une belle soirée conviviale qui m’a permis d’approfondir mes connaissances » dit-il. Assise à côté de son mari, Virginie goûte elle aussi ce moment. « Les producteurs viennent parler de leurs vins. Ils s’impliquent. Cela donne envie d’aller les voir chez eux » juge-t-elle. Le couple est déjà inscrit pour la prochaine soirée, début mai, à Barr. « Ces dîners ont adopté un rythme mensuel (1) depuis janvier dernier pour satisfaire l’engouement du public. Ce n’est pas le succès lui-même que sa rapidité qui est étonnante. Les gens sont curieux. La diversité des vins surprend. Chaque soirée fait le plein. Le GPNA les annonce sur les réseaux sociaux. Mais le bouche-à-oreille joue à fond. Certaines personnes reviennent. L’effet d’aubaine n’est pas à exclure, mais l’essentiel est que cela serve l’image des vins d’Alsace et celle des producteurs-négociants » commente Marie-Paule Sturm-Gilardoni avant le service d’un comté et d’un Bertschwiller accompagnés d’un riesling Pfersigberg 2001 et d’un auxerrois 2015 légèrement passé en fût de chêne. Les retombées sont difficiles à estimer, mais à table ce soir-là, des cartes de visite s’échangent. Un gewurztraminer sélection de grains nobles 2011 servi sur un tatin de mangue assure le bouquet final. La brigade de cuisine et l’équipe de salle se font applaudir à tout rompre. Des sourires éclairent tous les visages. La mission de promotion des vins d’Alsace associés à la gastronomie régionale est une nouvelle fois accomplie. La prochaine étape sera vraisemblablement de décliner dès l’an prochain la formule à Paris, Lyon ou ailleurs.

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