commercialisation

Publié le 20/09/2018

Le salon Passion de nos terroirs s’inscrit dans la continuité des Assises régionales de l’alimentation. Cette série de débats organisée au premier semestre 2017 a abouti à une feuille de route pour augmenter la part de produits régionaux dans les rayons et dans les assiettes alsaciennes.

« Nous l’avons demandé, vous l’avez fait », a lancé Pascale Gaillot. Mardi, la vice-présidente à la Région a inauguré le premier salon Passion de nos terroirs, un an après les Assises régionales de l’alimentation et la feuille de route qui en découle. Petit retour en arrière. L’an dernier, après six mois de réunions publiques, la Région publie un état des lieux du marché alimentaire régional. Elle y ajoute un plan pour booster la part de produits locaux dans les magasins. Cela doit permettre de « reconquérir les consommateurs du Grand Est », selon l’élue en charge de l’agriculture. Parmi les mesures évoquées, la nécessité de faciliter les contacts entre producteurs et acheteurs. À ce titre, les salons professionnels s’imposent comme des outils de premier choix. Un grand nombre de professionnels se retrouvent dans un espace réduit. Des liens se créent. Pas de contrat mais des contacts Ce type de rencontre n’assure pas de retombées économiques directes. Mais il permet de discuter et de se connaître. « On est là pour faire du business, assume Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Mais avant il faut se mettre d’accord sur le prix, les volumes, la qualité… » Des détails plus faciles à aborder en face-à-face que par téléphone. Mais les volumes semblent être l’élément le plus difficile à respecter. « Nous devons être en mesure d’assurer l’approvisionnement de toutes les demandes. » Qu’elles soient en bio, conventionnel, grande distribution ou circuits courts. Avec Passion de nos terroirs, la Chambre d'agriculture et le Conseil régional font un pas vers la reconquête des clients du Grand Est. D’ailleurs, le salon va aussi poser ses valises à Pont-à-Mousson (54) en octobre et à Châlons-en-Champagne l’an prochain.

Publié le 19/09/2018

Les domaines viticoles alsaciens pétillent chaque été d’initiatives diverses et variées pour s’animer et attirer un public éclectique. Petit tour d’horizon (non exhaustif) de quelques-uns de ces rendez-vous estivaux 2018.

À Reichsfeld, le domaine Borès n’en est plus à son coup d’essai. Il a accueilli du 18 au 22 août pour la troisième année consécutive le festival de théâtre itinérant « Soirs à pressoirs ». Cette année, ses rieslings et ses sylvaners issus du Schifferberg, ont trouvé leur place entre les pièces, les contes, les concerts, les poèmes et le cabaret qui s’installent le temps des représentations dans les généreux espaces de la cave. Ils sont servis en dégustation lors des intermèdes avec des produits locaux, parfois inattendus comme des tartes flambées aux légumes. « C’est un projet au départ culturel. Le vin s’y est naturellement greffé, même s’il faut s’investir à trois pendant deux bonnes journées pour la préparation et une pour ranger » constate Marie-Claire Borès. « Nous communiquons beaucoup autour de nous. Le festival nous permet de faire faire le détour à Reichsfeld. Les gens se disent : « tiens, du théâtre chez un vigneron indépendant, c’est original ! Ils sont satisfaits du spectacle, de l’ambiance, du vin. L’attraction est différente, authentique ». À la différence du pique-nique du vigneron qui capte 800 personnes enfants compris sur deux jours, le festival rassemble une soixantaine de participants par après-midi et soirée. « C’est très bien comme ça » poursuit Marie-Claire. « Il faut conserver la proximité, le côté intime, où l’on est là pour prendre son temps ». La plupart des participants achètent des vins. « Il s’agit pour l’essentiel de nouveaux clients » se félicite Marie-Claire. De son côté, le domaine Spannagel à Katzenthal a sauté sur l’occasion d’être une étape du tour de France dans lequel se sont lancés les associés du domaine Orgâmic, dans le Vaucluse. Cette « bande de copains » passionnés par le vin (même s’ils n’en ont pas fait leur métier principal) s’est posée ici et là cet été pour proposer ses « vins gourmands, sur le fruit, faciles à boire » dans un J9 aménagé en point de vente temporaire. Marie Spannagel a fait relayer leur passage à Katzenthal par l’office du tourisme. Deux cents personnes se sont déplacées au domaine entre 16 h 30 et 21 h 30. « Nous nous orientons de plus en plus vers ce type d’événement ponctuel qui est facile à mettre en place » rebondit Marie. « Là, il m’a suffi d’ouvrir les portes et de les laisser s’installer. Inviter des collègues chez soi permet d’échanger des idées entre nous et ne vous enlève pas de clients. Toute la gamme de la vingtaine des vins figurant sur la carte du domaine était offerte à la dégustation. Orgâmic comme nous-mêmes avons réalisé un chiffre d’affaires similaire. Sans cette offre complémentaire, une partie du public présent ne serait pas venu ». « Dire ce qu’il y a derrière une bouteille » « Il devient de plus en plus difficile d’exercer de l’attractivité sur le client de passage » constate Dominique Schoenheitz, du domaine éponyme à Wihr-au-Val. « Nous déployons davantage nos activités sur l’hiver, un peu moins sur l’été ». Mais pas question de garder les bras croisés. Le domaine propose gratuitement et sans réservation chaque jeudi matin en juillet-août une heure trente de randonnée pédestre facile sur les coteaux de Wihr‑au‑Val afin d’expliquer l’histoire du vignoble, ses terroirs, le cycle végétatif et les travaux de la vigne. La balade s’achève à l’heure de l’apéritif (ou presque) par la dégustation de plusieurs vins : sec, doux, effervescent ou rouge. Une autre version de ces sorties est labellisée « écotourisme » par la région Grand Est. Elle obéit un cahier des charges comme le questionnaire de satisfaction distribué à la fin. Elle met l’accent sur la découverte de la biodiversité présente dans le vignoble. Un jeu de questions-réponses en français ou en anglais rythme le parcours. La prestation est payante à hauteur de 10 € par adulte, 5 € par enfant et 25 € par famille. « Le domaine pratique un niveau de prix qui demande de montrer au public comment nous travaillons. L’objectif de ces balades est donc de faire comprendre la qualité de nos vins. Il faut dire ce qu’il y a derrière une bouteille, quelle est la vraie valeur d’un verre de vin » justifie Dominique. La randonnée pédestre annoncée par l’office de tourisme concerne de vingt à soixante-dix participants qui « montrent du répondant » la plupart du temps. La sortie écotouristique est limitée à trente personnes. « Là, le public est souvent urbain. Le faire participer n’est pas toujours évident tant les gens sont très éloignés de la nature. Les échanges sont maigres, alors que je ne veux pas juste tenir un monologue. En outre, la dégustation vins et fromages suppose une intendance assez lourde et du temps alors que le retour en achat reste faible. Les gens apprécient, mais il n’est pas certain que je continue ».  

Tour d’horizon des crémants à l’échelle nationale

Un marché en pleine effervescence

Publié le 14/09/2018

Toutes les appellations de crémants s’attendent à une bonne vendange 2018, de quoi satisfaire leurs ambitions commerciales. Tour d’horizon, région par région, à l’occasion d’une présentation par la Fédération nationale des élaborateurs de crémant, qui a attiré beaucoup d’observateurs et de prescripteurs de la place parisienne.

C’est au Chai parisien, nouveau caviste branché du 9e arrondissement, que se tenait le 5 septembre dernier une présentation des crémants des huit appellations détentrices. L’occasion de faire un point d’actualité avec un tour d’horizon région par région. Il en ressort que le secteur des crémants continue de progresser significativement, tant d’ailleurs sur le marché intérieur qu’à l’exportation, à l’exception des crémants d’Alsace impactés par un manque de disponibilités ces dernières années, explique le directeur de la Fédération nationale des élaborateurs de crémant, Olivier Sohler. Mais les chiffres de début 2018 indiquent que les ventes repartent à la hausse, ajoute-t-il. Les crémants d’Alsace devraient donc renouer avec la croissance, à l’instar de toutes les autres régions viticoles productrices qui sont sur des progressions à deux chiffres. En Bourgogne, 2 800 hectares ont été engagés pour ce millésime, contre 2 500 ha en 2017. 37 % des crémants y sont exportés. Ils pèsent un peu plus de 10 % en volumes des bourgognes. Bordeaux passe subitement de 800 ha élaborés en 2017 à 1 200 ha en 2018. Un engouement porté par la volonté des opérateurs de s’offrir un complément de gamme avec de la bulle, mais également par les promesses de valorisation que constitue le crémant et par l’arrivée de nouveaux gros opérateurs sur le marché. Après un printemps pluvieux qui a causé une pression en mildiou jamais connue jusqu’alors de mémoire de vigneron bordelais, les vendanges ont débuté le 20 août par le sémillon. Suivront le merlot pour les rosés qui pèsent tout de même la moitié de l’appellation crémant de Bordeaux, et le carbernet franc pour les blancs de noir. Vraisemblablement, le record de 63 000 hl en 2016 sera largement dépassé. Un volume qui dépassera même peut-être les 111 000 hl du Jura en 2011. Franck Vichet, président de la fédération nationale, s’attend tout de même pour sa région à de beaux volumes, après les seulement 20 000 hl de 2017, de quoi regonfler les trésoreries jurassiennes à sec. Loire : 50 % de crémants exportés Après l’Alsace et ses 300 000 hl espérés, la Loire est l’autre poids lourd des régions de crémant. Avec 16 millions de cols élaborés en 2017, la Loire a fait un bond de 34 % en 5 ans, avec cette singularité : elle exporte plus de 50 % de ses crémants, notamment sur le marché allemand. Dynamique, la Savoie l’est aussi en affirmant ses ambitions. À peine est-elle arrivée dans le giron des appellations à crémant, qu’elle envisage rapidement de doubler sa production confidentielle, il est de vrai, de 2 000 à 4 000 hl. Ceci en raison de « gros faiseurs » qui lorgnent désormais sur ce marché porté par les typicités de la jacquère en bulle, assemblée au minimum à 40 %. Le débat en 2019 sera cependant orienté par une étude de marché interprofessionnelle. L’objectif étant d’éviter des replis et de dédier plus sérieusement des parcelles à cette production. Enfin, le crémant est aussi élaboré à Die et à Limoux où il s’intègre parfaitement aux côtés d’autres vins à bulles, respectivement la clairette et la blanquette, mais dans des volumes plutôt confidentiels. Vers les 100 millions de cols Avec un peu plus de 80 millions de cols, les crémants de France devraient rapidement atteindre la barre fatidique et symbolique des 100 millions, estime Olivier Sohler. Fatidique parce qu’à ces volumes mis en marché, l’approche marketing change d’échelle. Et se pose désormais fortement la question de segmenter et de hiérarchiser l’offre en crémants. Plusieurs tentatives ont déja eu lieu ou sont en cours : la marque Émotion, l’excellence du crémant d’Alsace, les segments Éminent et Grand Éminent en Bourgogne. Pour trouver des sources d’inspirations, une délégation de producteurs-élaborateurs de la fédération s’est rendue cet été en Catalogne pour découvrir l’appellation Cava qui pèse 250 millions de cols, proche des 330 millions de cols champenois, avec cependant un géant local, Freixenet, qui élabore à lui seul plus de 100 millions de cols. Là, les représentants ont visité entre autres les maisons Juve y Camps et Gramona. Le temps : un produit œnologique inimitable En Catalogne, on pratique allègrement le vieillissement sur lattes avec des vins de plus de 10 ans d’âge et même beaucoup plus avec le vieillissement en cuve selon la méthode solera pour le dosage au dégorgement. Et comme le temps a un effet œnologique qu’aucun autre produit n’arrive à reproduire, les cavas atteignent des valeurs de mise en marché insoupçonnées. « Quelle ne fut pas notre surprise de voir des vins souvent vendus à plus de 13 €, excepté peut-être pour Freixenet », témoigne Olivier Sohler, une marque que l’on retrouve tout de même aux alentours de 5-7 €/col sur les linéaires européens. Les producteurs de cava ont déjà segmenté leur offre avec les réserves et grandes réserves. L’engagement sur des élevages longs nécessite cependant des disponibilités et de l’investissement, et également peut-être une fiscalité adaptée sur les stocks…

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