Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace
« Ne pas subir pour continuer à exister »
Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace
Publié le 16/12/2017
Si la question des enjeux des nouveaux modes de consommations a émaillé le rapport moral du président de l’Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace (Uphoral), ce sont les interrogations des adhérents sur leur place au sein du Grand Est et d’Est Horticole qui ont animé la fin de l’assemblée générale.
« On ne peut plus attendre le client comme on le faisait avant, déclare Paul-André Keller, président de l’Uphoral. Le marché de la Toussaint reste une tradition incontournable, mais nous devons nous interroger sur son avenir. Selon l’Office hollandais des fleurs, 64 % des personnes se rendant au cimetière ont plus de 60 ans. La majorité des moins de 35 ans ne respectent plus cette tradition. Pour eux, il faut créer des événements. Pourquoi ne pas s’inspirer de la fête traditionnelle mexicaine par exemple ? D’autres fêtes sont à réinventer pour en faire des moteurs de croissance. Il cite le 8 mars, la journée internationale des femmes, le 21 mars, arrivée du printemps, la fête des voisins, la Sainte-Catherine, le premier dimanche de l’Avent pour les couronnes et la Sainte-Lucie pour l’étoile de Noël, et bien d’autres. « Il faut se remettre en question si nous voulons faire face à la profonde mutation sociétale qui est en marche ». « Il ne faut pas tout jeter des anciennes organisations » Le débat sur la place de l’Uphoral dans le cadre du Grand Est est ouvert par Paul-André Keller : « La restructuration remet en cause plus de 20 ans de travail et d’investissement humain, deux décennies pour construire un syndicat dynamique et représentatif qui définit la stratégie de la filière. La taille de la grande région implique de nombreux déplacements, des absences de l’exploitation et l’appauvrissement des structures sur le terrain. Notre défi est de ne pas subir afin de continuer à exister et préparer l’avenir de notre profession ». François Félix, président de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières (FNPHP) et rosiériste en Isère, apporte son expertise : « L’enjeu est de mettre autour de la table les bons acteurs pour être efficace. Il ne faut pas tout jeter des anciennes organisations. Nous menons cette réflexion à la FNPHP depuis plusieurs années. Nous avons ainsi décidé que les présidents régionaux ou départementaux se réuniront une fois par an. » C’est un des aspects du changement de dynamique du syndicat (lire en encadré). « Est Horticole sans l’Alsace n’a pas de sens » La dizaine d’adhérents sur les 30 que compte le syndicat exprime ses craintes quant à l’avenir de leur communication : « L’Alsace est une terre d’horticulteurs détaillants, ce qui n’est pas le cas dans les autres départements. Nous avons entamé une dynamique forte de communication, notamment avec les pots Fleurs et plantes d’Alsace. Aujourd’hui, nous n’avons pas de réponse précise d’Est Horticole sur cette question, sur le montant des cotisations ou la possibilité de maintenir le contrat de travail de l’animatrice. » « On a forcément moins de liberté lorsqu’on entre dans un groupe plus grand, mais c’est le prix à payer pour être écouté et entendu, répond le président national. Il faut trouver des solutions pour faire fonctionner votre marque et vos spécificités au sein de la grande structure. Car Est Horticole sans l’Alsace n’a pas de sens. » Il propose un « coup de main pour que cela se passe bien ». Paul-André Keller conclut, fataliste : « Nous aurons la place que nous mériterons ».












