Démonstrations
Chaud derrière avec le défaneur thermique, le scalpeur avec rotor, les herses étrilles de précision
Démonstrations
Technique
Publié le 19/05/2021
La Cuma Terre et Prés souhaite investir dans une herse étrille de précision très polyvalente, puisqu’elle compte 24 membres, aux productions variées. La semaine avant la plantation des choux et céleris, les deux herses étrille, Treffler et Agrifarm, qui ont déjà été essayés fin avril et début mai, sur pommes de terre, en présence de nombreux agriculteurs, dans des champs proches de la ferme Saint-Blaise, à Valff, seront éprouvées. « La Treffler est plus légère et plus spécialisée », observe déjà Maurice Meyer, président de la Cuma Terre et Prés. L’avantage de la herse étrille Agrifarm est qu’ « elle ne bouge pas, une fois posée » et semble plus universelle. La Cuma se donne un mois pour choisir entre l’une et l’autre. Les deux concessionnaires, la SARL Stecomat pour Treffler et la SAS Agrosoil pour Agrifarm, lui prêtent le matériel. Les deux herses ont un point commun, qui intéresse particulièrement Maurice Meyer : la dureté des dents est réglée depuis le tracteur, en cabine. « Les dents bougent moins latéralement, relève le président de la Cuma. Les buttes de pommes de terre, par exemple, vont être moins défaites, après le passage de la herse de précision. » Sus aux adventices ! Et vive les tubercules qui commencent déjà à sortir. La Treffler peut s’utiliser en 3, 6 et 9 mètres. La herse Agrifarm peut travailler deux, cinq ou huit rangs de pommes de terre, par passage.
??? En direct de la démonstration de matériel de la Cuma Terre et Prés à la Ferme Saint Blaise à Valff (67) En images :...
Publiée par Frcuma Grand Est sur Mardi 27 avril 2021
Du tout cuit
Le défaneur thermique de Felden Industrie s’attaque aussi aux végétaux… Ce n’est plus du désherbage mécanique qu’il est ici question mais de la destruction des fanes de pommes de terre par le feu ! « C’est plus efficace qu’un broyage », assure Maurice Meyer. Mardi 27 avril, l’engin acquis il y a peu par la Cuma Terre et Prés, a été le premier matériel présenté. Le but était de rappeler quelques consignes de sécurité, puisque « le gaz d’une citerne de 300 kg, avec huit brûleurs en fonction, permet de traiter pendant deux heures une surface d’environ 2 ha », en roulant à 3 km/h, et avec une pression de 3 barres. C’est bien du gaz liquide, du propane liquide, plus exactement, que les adhérents de la Cuma manipulent. « Le gaz liquide, s’il vous touche, il vous brûle, prévient Jean-Marie Felden, ancien gérant de la société Felden Industrie. Pour le manipuler, il faut mettre des gants, des lunettes, une visière. Si vous avez une combinaison que le gaz ne peut pas transpercer, c’est mieux ».
L’homme sait d’autant plus de quoi il parle que Felden Industrie crée et produit, depuis la fin des années 1990, des outils de défoliation thermique du houblon. Elle a élargi sa gamme à la viticulture, à l’arboriculture et au maraîchage. « Avant d’ouvrir la citerne de gaz, tous les robinets doivent être fermés. On les déverrouille ensuite, toujours avec deux clés », pointe-t-il. Jean-Marie arrose généreusement les raccordements avec une bombe anti-fuites. « S’il y a une fuite, il faut fermer les vannes et surtout ne pas démarrer le tracteur, insiste-t-il. Le gaz vous englobe. » D’ailleurs, il faut stocker le gaz à l’extérieur : dans un bâtiment, si fuite il y a, il se dépose au sol. La Cuma ne fournit pas les citernes. Chaque adhérent doit commander la sienne. Elle est placée à l’avant du tracteur, mais pourrait être attelée entre le tracteur et la rampe… Il est interdit de circuler sur les routes avec une bonbonne de gaz à l’avant d’un véhicule, relève Jean-Marie Felden. Chez Primagaz, il y a trois mois d’attente avant la livraison d’une bouteille car ils n’en ont plus en stock, sait Maurice Meyer. Il y a donc le temps de réfléchir à une solution de transport entre la ferme et le champ.
Le 27 avril, le défaneur thermique de Felden Industrie a été utilisé dans un champ d’oignon. L’air s’est troublé et instantanément réchauffé sous le feu de la rampe. Les dards des flammes atteignent 140 °C. Les adventices ont « cuit ou bouilli », dixit les participants à la démonstration. « Comme la matière est très fine, la chaleur rentre instantanément dans la feuille », note Jean-Marie Felden. Les mauvaises herbes s’enflamment brièvement et se couchent. Toute l’eau remonte à la surface des végétaux ramollis. Le plant cultivé, lui, est plus épais et encore protégé par la terre : il est indemne. Les brûleurs, qui crachent le feu, sont orientables à 360 degrés. Deux réglages en hauteur sont possibles, sur la machine dédiée au maraîchage. Une pluie fine n’altérera pas l’efficacité du défanage thermique mais le vent doit souffler à moins de 20 km/h pour un résultat satisfaisant. Au moins six adhérents de la Cuma expérimentent l’équipement, actuellement, qui coûte entre 9 000 et 10 000 euros. Denis Jung, conseiller pommes de terre à Planète Légumes, est ravi.
Tout envoyer en l’air
Avant la herse étrille Treffler, une « vraie mise en route » du scalpeur avec rotor KvickFinn (marque finlandaise) a été réalisée. Le matériel, acheté à Agrosoil, est dans la Cuma depuis février 2021, et les agriculteurs doivent encore se l’approprier. Pas simple de trouver les bons réglages pour se débarrasser efficacement et durablement du chardon, du rumex, du chiendent. « Le rotor reprend tout ce qui a été scalpé, explique Jean-Frédéric Martin, agriculteur en non-labour et couvert permanent, qui commercialise le scalpeur. La matière est envoyée en l’air et l’élément le plus lourd, la terre, retombe en premier au sol, gravité oblige. La matière organique reste au-dessus. Elle sèche. » Lorsque la terre se tasse au passage de l’engin, il faut « descendre » un peu l’outil, insiste Jean-Frédéric. Un adhérent de la Cuma, sceptique au départ, se dit optimiste, aujourd’hui. Il avait testé la machine, il y a deux ans. « Je pensais que le rotor qui tourne, c’était juste pour faire de la poussière. Mais je n’ai pas eu de rumex pendant deux années », se souvient-il. « Ce n’est pas une fraise », souligne Jean-Frédéric Martin. Le rotor effleure la surface. Il ne pénètre surtout pas la terre profondément. « Au printemps, comme le sol est dur, le tracteur commencerait vite à chauffer. Et ce n’est pas l’objectif », détaille-t-il. Les dents du scalpeur doivent travailler plus bas que le rotor derrière. S’il y a des stries dans le sol, c’est l’inverse : facile à détecter !












