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David Lefebvre

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Troisième contrôle de maturité

« Il est urgent d’attendre »

Vigne

Publié le 22/09/2016

Si les contrôles de maturité sont plus que jamais nécessaires en raison d’un millésime extrêmement hétérogène, et si des prévendanges crémant ont été utiles début septembre pour éviter à certaines parcelles de se faire doubler par les sucres comme en 2015, la suite des opérations demande en revanche de bien regarder les maturités avant de décider de récolter les raisins. À part un léger passage pluvieux dimanche soir, Méteo France prévoit une météorologie orientée sur le beau temps la semaine prochaine, avec un indice de confiance de 3/5. Excellente nouvelle ! D’autant que l’état sanitaire est bon. Les vendangeoirs des opérateurs du vignoble ont donc, dans leur ensemble, décidé de refermer les portes durant quelques jours. Sage décision.

Les données de maturités recueillies par le réseau des partenaires du Civa le 15 septembre ont de quoi surprendre. Après une véraison caniculaire, on pouvait s’attendre à une chute notoire des acidités et à quelques blocages de montée des sucres, notamment pour les vignes de sols filtrants et légers et les vignes chargées. Il résulte qu’en de nombreuses zones du vignoble, les pH sont remarquablement bas au regard des degrés potentiels déjà acquis, cependant encore bien insuffisants. Par exemple : avec entre 10 ° et 11 ° d’alcool potentiel, les rieslings s’affichent autour de pH 3. Et pH 3,1 à 3,2 pour les auxerrois aux mêmes degrés. Avec entre 11 ° et 13 ° d’alcools acquis, les pH des pinots noirs sont inférieurs ou égaux à 3,4, et souvent moins de 3,3. De même, les gewurztraminers ayant acquis entre 11 ° et 12,5 ° s’affichent avec des pH vifs à 3,2, ou 3,3. Rien à voir donc avec le millésime 2015 où les pH étaient parfois tendres.

Dans ces conditions, les raisins disposent d’une bonne défense acide par rapport aux éventuels agresseurs de fin de cycle. « Il est urgent d’attendre », disait encore ce mardi le directeur du syndicat des crémants, Olivier Sohler, à des viticulteurs pressés d’avoir la récolte rentrée et l’esprit tranquille.

Les données de pH très vif et acide apparaissent comme surprenantes dans la mesure où le millésime 2016 n’affiche pas des acidités totales exceptionnelles. Inférieures à 2008, à 2014, et bien inférieures à 2013. Et elles sont similaires à 2015, que ce soit pour le gewurztraminer, l’auxerrois, le pinot gris. Le riesling accuse en revanche un retard d’accumulation des sucres par rapport à l’acidité déjà consommée en véraison. Sans doute l’effet spectaculaire sur un cépage qui décidément n’apprécie pas la sécheresse. On ne sait pas si le retard de véraison d’une quinzaine de jours par rapport à 2015 est un avantage, la tenue de l’état sanitaire le dira, mais ce retard de maturité permettra de limiter la dégradation des acides dans les semaines à venir, puisque les risques de canicule diminuent à mesure qu’on approche de l’automne.

En conséquence, face aux pH bas, il faut songer à refréner son envie de vendanger, sachant que les prévisions météorologiques et la qualité de l’état sanitaire laissent par ailleurs la possibilité de sélectionner et d’étaler sa vendange afin d’optimiser les maturités. Comme tous les ans, et en ce millésime 2016 plus qu’en 2014 millésime pressé par la menace drosophile, la vendange à bonne maturité sera l’une des clés de la réussite de ce millésime. Elle dépend des conditions de qualité agronomique des sols, mais également du choix de la date de récolte.

En avril et mai, avec les pluies diluviennes, le vignoble aurait signé des deux mains pour une telle vendange. Mais la route est encore longue pour obtenir des maturités abouties, notamment sur les gewurztraminers bien chargés, et sur les rieslings. Pour les autres cépages, c’est bien parti.

Thierry Schoepfer, directeur général de Bestheim

Le retour à la terre

Vigne

Publié le 21/09/2016

Thierry Schoepfer n’a aujourd’hui qu’une aspiration : revenir aux sources, travailler la vigne, gratter la terre, « sentir la vigne en rentrant le soir ». Revenir sur les traces de son enfance à Eguisheim et travailler avec son frère Vincent : « Le domaine familial est une belle endormie, une belle structure disposant de Pfersigberg et de Vorbourg, et de futurs premiers crus, une cave magnifique dans une cour dîmière. Mon frère travaille seul avec mon père depuis 30 ans. J’espère que nous allons nous entendre et fusionner nos compétences. »

Retracer le parcours du futur ex. DG de Bestheim permet de comprendre son choix qui a surpris le vignoble, alors que Bestheim arrive au faîte d’un projet économique et industriel avec à ce jour 450 adhérents, 1 450 ha, réalisant 49 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires et des résultats significatifs. « Bestheim n’est dépendant d’aucune banque, et dispose d’une trésorerie capable d’envisager d’éventuelles acquisitions ou fusions… J’ai envie de changer de vie, de lui redonner un sens et de la partager avec les miens », tonne Thierry Schoepfer.

Pourquoi ce départ ?

Après un BTAO et un BTS Viti-Œno à 20 ans, Thierry Schoepfer se destine classiquement à la reprise du domaine familial : « À la base, je voulais être vigneron ». Mais son père ne l’entend pas de la sorte. Il part à l’étranger et reprend ses études en réussissant le concours des écoles de « sup de co ». Il intègre l’ESC Reims, très cotée à l’époque. Pour ensuite travailler chez les champagnes Marie Stuart, là où il rencontre son futur et fidèle œnologue collaborateur, Christophe Adam.

« Stuart » est repris par Alain Thiénot qui lui propose de poursuivre l’aventure champenoise, mais Thierry Schoepfer se voit proposer par René Amman la direction de la cave de Bennwihr en septembre 1994 : « Ça a été ficelé en 2 heures ». C’était alors une cave vinicole classique, avec 320 ha, 30 000 hl dont 10 000 hl de vrac et 2,5 millions de cols. Plusieurs objectifs lui sont assignés : « Résorber la trésorerie négative de 6 millions de francs et vendre la totalité de la production en bouteille ». Mais en jeune cadre dynamique de 27 ans, frais émoulu de sup de co, il fait remarquer aux administrateurs d’alors, que le nom cave de Bennwihr n’est pas une marque déposable. « Un nom de village est un bien commun, or on ne peut capitaliser sur un bien commun. »

La petite étoile

Conformément aux objectifs, dix-huit mois plus tard, la totalité de la production est vendue en bouteille. « J’ai eu la chance de rencontrer à l’époque les gens de Lidl qui s’implantaient en France. Personne ne voulait y aller. » Un bref calcul lui fait comprendre qu’il valorise mieux ses vins vendus chez Lidl en bouteille que de les vendre en vrac. « Dans une vie, on a une petite étoile qui nous suit. Il faut savoir saisir les opportunités. C’était peut-être critiquable d’aller dans le hard discount… J’y suis allé. Aujourd’hui, certains m’envient d’y être allé. »

Il saisit une autre opportunité lors de sa rencontre avec l’emblématique PDG de Carrefour de l’époque, Daniel Bernard : « Il m’a invité personnellement une semaine en Chine avec 100 chefs d’entreprise de l’agroalimentaire français. » Le magazine Carrefour lui dresse un portrait élogieux, dont il se sert pour gagner la confiance des acheteurs de GD. Rapidement, la cave de Bennwihr passe d’une stature de vendeur de vrac à celle de gros acheteur du vignoble. « Très vite, j’ai dit à Hubert Wagner (président de Bestheim de 1995 à 2012) qu’il nous fallait trouver un rapprochement. »

Quatre entreprises à reprendre

Il y avait quatre entreprises à reprendre dont Laugel, Dopff & Irion, Sigolsheim. « À l’époque j’avais même suggéré à Pierre Hussherr de reprendre ensemble Laugel. » Et, la cave de Westhalten, en difficultés, qui était en tractations. Il y avait alors six candidats à la reprise. Mais avec Gérard Schatz, le courant est bien passé. « Et nous avons fait affaire en huit jours », au nez et à la barbe des gros calibres du vignoble « qui négociaient depuis des mois », relate Thierry Schoepfer. « Avec Hubert Wagner, nous étions peu expérimentés en rapprochement d’entreprise, ce qui nous a amenés à faire des propositions différentes des autres et notamment respectueuses du personnel et des adhérents de la cave. »

« Personne ne nous attendait, nous devions l’annoncer à la presse, il nous fallait trouver un nom, une marque commerciale dans l’urgence ». L’idée du nom Bestheim trouvée, « nous avons anticipé la décision positive à voter en assemblée générale, en étiquetant préalablement des bouteilles de la célèbre cuvée de crémant Madame Sans gène, sous la nouvelle marque Bestheim. Nous avons essuyé des oppositions frontales de certains membres fondateurs, mais le projet a tout de même été validé. » Bestheim était née…

Il se trouve que Bennwihr, avec seulement 300 000 cols, « n’avait pas pris le tournant du crémant à temps », alors que Westhalten avait joué la carte ultra-qualitative, sans jouer celle du volume. « Très rapidement, nous avons rationalisé la production sur le site avec comme objectif de la doubler. On est finalement arrivés à 6,8 millions de cols en 2012 et tournons aujourd’hui à une vitesse de croisière de 5 millions de cols. »

La Divinal prenait l’eau

Passons à un épisode plus douloureux et qui a probablement déterminé ces choix d’aujourd’hui. Thierry Schoepfer détient la confiance de ses acheteurs de la GD, ce qui lui permet de nourrir sereinement quelques ambitions. « Bestheim, c’était 600 ha mais nous vendions l’équivalent de 1 300 ha, et donc plus que nous ne produisions. »

Son principal fournisseur était la Divinal à Obernai. Des volumes colossaux sont achetés : « Jusqu’à 45 semi-remorques la même semaine », des volumes « payés cash » à une Divinal qui en avait grand besoin. Mais « toujours négociés à des prix respectueux », précise Thierry Schoepfer. Avec Olivier Dutscher, le successeur de Patrick Gross, la Divinal s’est donnée pour ambition de tout vendre en bouteille. Elle réussit ainsi à s’ouvrir des marchés « concentrés cependant sur le hard discount ». Ajouter à cette stratégie commerciale, la reprise douloureuse et mal digérée financièrement de la cave de Sigolsheim qui avait connu auparavant un rapprochement avorté et coûteux. Et en 2012, la Divinal prenait l’eau…

Une prise de risque extrême

Thierry Schoepfer et son président engagent la fusion. « Mais nous découvrons le passif réel après la signature… La prise de risques devenait extrême pour Bestheim. Il fallait 6 M€ immédiats sur la table. J’ai alors redoublé d’énergie pour protéger Bestheim et assainir la situation, avec 1,30 M€ sur la table consacrés au plan social. Ensuite, mes choix ont été brutaux », relate Thierry Schoepfer qui se doit de « protéger Bestheim » coûte que coûte…

Changement de plan, le DG de Bestheim décide de démanteler les sites d’Obernai et de Sigolsheim, de céder Dorlisheim, vendangeoir le plus éloigné, à la cave de Béblenheim, et de rénover le vendangeoir de Barr. Si Bestheim ajoute notamment à sa carte de « superbes terroirs à riesling », et des grands crus sur Sigolsheim, en revanche le prix moral à payer est selon Thierry Schoepfer, relativement cher : « Les gens ont critiqué mon côté requin, mais personne n’a salué le sauvetage d’une coopérative dont la chute aurait pu entraîner le vignoble… Je suis passé pour un dépouilleur de boîte, un profiteur. »

Une déontologie de chef d’entreprise

La faillite d’une coopérative de 700 ha était-elle envisageable en 2012 dans un vignoble qui fête alors son centenaire en grande pompe ? « On m’a fait payer le service politique, mais j’ai agi avec une déontologie de chef d’entreprise », souligne encore Thierry Schoepfer, qui cette même année 2012, doit affronter des accusations dans l’affaire Albrecht, « en guise de jalousie ».

Plutôt « sévèrement critiqué que congratulé » au terme de multiples « sauvetages », Thierry Schoepfer dit partir « la tête haute ». Il laisse un beau trésor de guerre, permettant à Bestheim d’engager de nouveaux chantiers : « Plus aucune bouteille ne sort de chez nous en hard discount, Lidl n’étant plus un hard discounteur. C’est vrai que nous avons encore à faire le transfert de la part de marché MDD vers la marque ; bien qu’en MDD, nous ayons des marques propres comme cave de Bennwihr. S’agissant de nos paiements de raisins, nous avons décidé de donner le « la » à la viticulture alsacienne. Et en situation de récolte déficitaire, nous comblons une partie du manque de récolte. Les adhérents perçoivent en moyenne plus de 18 000 €/ha. » Cependant Thierry Schoepfer dit laisser du pain sur la planche à son successeur, et notamment le soin de « développer l’image de marque et la notoriété ».

Des liens de confiance avec la GD qui ont pesé sur le vignoble

Bestheim a abandonné l’idée, un temps susurrée, d’un site unique. Le projet de cave des grands crus à Kientzheim reste dans les cartons. Des travaux de casse d’une cuverie béton vont être engagés à Westhalten, pour être remplacée par de l’inox. Quant à Thierry Schoepfer, il poursuit de nouvelles ambitions de vigneron et n’est donc pas prêt de lâcher la viticulture alsacienne. Mais le vignoble perd assurément un de ses capitaines de filière, dont les liens de confiance tissés avec les acheteurs de la GD, ont pesé ces 20 dernières années sur la destinée du vignoble alsacien.

Construction d'un chai à Scherwiller

Peu d’énergie grise et beaucoup de matière grise

Vigne

Publié le 15/09/2016

À la sortie Scherwiller, direction Dieffenthal, difficile depuis la route des vins de ne pas voir ce spectacle d’un chai en train de sortir de terre, avec des murs en big balles de paille. Il se monte là un chai partagé entre deux domaines viticoles, premier du genre.

C’est l’architecte Christophe Köppel, d’Architecture & Paysages à Strasbourg, qui a imaginé la construction de ce bâtiment nécessitant peu d’énergie grise, car il est fait de matériaux au bilan carbone très avantageux (bois, paille), mais beaucoup de matière grise, c’est-à-dire conçu selon les connaissances modernes de régulation bioclimatique et passive des bâtiments. Il assiste au quotidien à la réalisation des travaux. Avec des murs en paille, de même sous la toiture, des charpentes de bois en lamellé-collé d’une portance de 30 mètres, le tout avec des dimensions impressionnantes, le bilan carbone global de ce chai est particulièrement favorable.

À peine construit, il va déjà abriter du vin d’Alsace dans les toutes prochaines semaines. Ces délais extrêmement réduits ont été imposés aux initiateurs de ce projet, Yves, Jean et Pierre Dietrich, Jean-Paul Schmitt et Bernd Koppenhoefer, en raison des multiples autorisations administratives qui ont tardé à venir et qui leur ont causé beaucoup de tracasseries. Ils travaillent donc d’arrache-pied pour arriver dans les temps impartis à presser et à encuver la vendange.

Modèle du genre, véritable cathédrale de paille, il rayonne déjà de ce lieu une énergie positive et une atmosphère de bien-être. Ce chai respirant abritera le premier millésime de la famille Dietrich. Quant à Jean-Paul Schmitt et Bernd Koppenhoefer, ils transféreront progressivement leurs foudres et barriques sur un sol de tomettes prêt à accueillir un nouveau millésime de Rittersberg.

Pierre Heydt-Trimbach

Consacré personnalité de l’année par le Bettane & Desseauve

Vigne

Publié le 15/09/2016

Le guide Bettane & Desseauve (B & D) vient de consacrer Pierre Heydt-Trimbach « personnalité de l’année ». Codirigeant de la célèbre maison de négoce ribeauvilloise, président des négociants alsaciens, Pierre Heydt-Trimbach est trésorier du Civa. Il est aussi membre du comité national des appellations d’origine, en qualité de représentant professionnel du négoce. Il participe à ce titre aux décisions prises par le comité national de l’Inao, pour défendre les terroirs sous appellation : (proposition de reconnaissance, examen des cahiers des charges, conformité et évaluation de la qualité).
« Avec la sagesse conférée par l’expérience, Pierre constate avec amusement que Trimbach vient progressivement aux grands crus », écrit Guillaume Puzo, journaliste du B & D, qui ajoute plus loin : « Aujourd’hui, nul ne peut rester à l’écart de cette demande forte », en pointant du doigt « les premiers grands crus revendiqués par la maison, Geisberg, Schlossberg et Mandelberg ».
Mais le guide B & D note surtout la gestion « intelligente, sur le long terme » d’un négoce qui « sait surmonter les crises » […], « dans une Alsace qui depuis une trentaine d’années fait le grand écart permanent entre les raisins récoltés pas assez mûrs et corrigés par chaptalisation, quand d’autres sont récoltés avec de hauts degrés, mais au final affichent un résiduel trop marqué ». Guillaume Puzo note, dans sa vision très personnelle du contexte viticole alsacien, que « la maison Trimbach a toujours réalisé et défendu l’idée des vins secs ».

Bestheim

Agostino Panetta succède à Thierry Schoepfer à la direction

Vigne

Publié le 14/09/2016

« Un chef d’orchestre n’est pas obligé de savoir jouer du violon, par contre il doit savoir faire en sorte que l’orchestre travaille ensemble pour jouer une belle symphonie. » Tels sont les propos du nouveau et futur directeur de Bestheim, Agostino Panetta. Rompu au pragmatisme américain, il va devoir cependant jouer de la musique dans un vignoble où les bruits de fond de journalistes prescripteurs sont souvent trop peu élogieux à l’égard du cœur de gamme des vins d’Alsace dans leur globalité, et nocifs à l’image du vignoble. Des journalistes pourtant choyés grâce aux deniers interprofessionnels…

Agostino Panetta vient de l’industrie chimique : l’américain Bell Laboratories (lire en encadré). Il n’est donc pas un spécialiste du vin. « Je salue Bestheim d’avoir fait le choix de l’audace. C’est dans l’ADN de Bestheim de ne pas faire les choses comme tout le monde. Tout comme d’ailleurs Thierry Schoepfer lorsqu’il a pris les rênes de Bestheim et qu’il n’avait pas encore 28 ans », indique le nouveau et futur directeur. La passation de pouvoir devrait être effective lors de l’assemblée générale. « Je suis spécialisé dans la gestion des hommes et des ressources. Chez Bestheim, j’observe beaucoup de belles compétences », explique aussi Agostino Panetta, dont l’expérience commerciale lui a conféré « une aisance par rapport aux différentes cultures de marché ». « J’apporte mon expérience internationale. Bestheim est une société extrêmement saine. Je ne suis pas spécialiste du vin, mais je suis très intéressé et passionné par le vin. C’est un milieu de gens passionnés. »

De nouveaux enjeux

Après l’ère Schoepfer qui a abouti à la constitution d’un outil industriel performant, rationalisé (1 450 hectares, 49,3 millions d’euros de CA en 2015), la question posée aujourd’hui au premier opérateur en vins d’Alsace consiste à construire l’image de marque, avec tous les moyens dont dispose le marketing moderne du vin : œnotourisme, réseaux sociaux, ciblage de la communication en phase avec les nouvelles connaissances neurophysiologiques sur les comportements consuméristes. « La question qui se pose est comment Bestheim doit imposer sa marque, résume Agostino Panetta. C’est ce que j’ai fait chez les laboratoires Bell qu’on a implantés sur les différents marchés. »

Le retour à la terre pour Thierry Schoepfer

Quant à Thierry Schoepfer qui donne à son successeur toutes les clés possibles pour relever ce challenge et réussir la transition, nous reviendrons ultérieurement sur son parcours dans un entretien exclusif pour L’Est Agricole et Viticole et le Paysan du Haut-Rhin. Il se destine désormais au métier de vigneron. Mais il ne dévie pour autant aucunement de ses convictions : « Un vignoble comme le nôtre passera par de belles entités à la champenoise, et des structures petites et moyennes prestigieuses, où je compte retourner. » Être soit « small is beautiful », soit « grand avec une belle assise », résume Thierry Schoepfer. « Je n’ai pas encore 50 ans et j’espère une autre vie, rebondir et tenter une nouvelle aventure », sur le domaine familial de 12 ha, où exploite son frère.

« Ça a été un crève-cœur pour moi de voir partir Thierry Schoepfer. Il préfère quitter l’entreprise au top », déclare Pierre-Olivier Baffrey, le président. « On est à l’aube de la transformation de l’entreprise. On va muer doucement », ajoute-t-il en constatant que « dans de nombreuses dégustations à l’aveugle, les vins Bestheim sont souvent bien classés.» «C’est dingue que nous n’arrivons pas à capitaliser dessus», ajoute le futur directeur.

Situation sanitaire du vignoble

Drosophile : aucune inquiétude tant qu’il fait sec

Vigne

Publié le 01/09/2016

Les vendanges approchent, et les vignerons sont venus très nombreux (500 au total) aux huit réunions proposées par la Fredon et la Chambre d’agriculture d’Alsace, mardi 30 août. Ainsi, plus d’une centaine de viticulteurs étaient présents au vendangeoir de la cave du roi Dagobert à Traenheim pour écouter Stéphanie Frey et Marie-Noëlle Lauer.

S’agissant de la drosophile, « aucune ponte n’est avérée sur raisins sur trois séries de relevés. On est sur une situation très saine, d’autant qu’aucune pluie n’est annoncée », ont réitéré les techniciennes, afin de rassurer les viticulteurs. « Nous n’avons donc à ce jour, strictement aucun intérêt à utiliser les insecticides Karaté ou Success », ont-elles souligné avec insistance. D’autant qu’avec des températures élevées et la météo sans pluies annoncées, « cela va normalement faire baisser les populations de drosophiles ».

Pourtant, les vignerons dans leur ensemble émettent des craintes en voyant les populations piégées : « Les captures sont source de stress, reconnaissent les techniciennes du réseau de surveillance, mais le piège est insuffisant pour évaluer le risque. C'était effectivement une année difficile sur les autres fruits, mais on a un bilan hydrique désormais très défavorable à la drosophile. » « Si vous avez un doute, mettez un piège, mais ce qui importe, c’est d’avoir les suivis de ponte », ont-elles souligné devant les nombreux viticulteurs, finalement rassurés d’une situation actuelle de sécheresse défavorable à la drosophile.

Un point a également été effectué sur la flavescence dorée : « Une vingtaine de communes va être prospectée sur des vignes de moins de 5 ans », a indiqué Stéphanie Frey, qui a rapporté des feuilles afin de bien identifier les symptômes de bois noir (ou flavescence dorée, c’est au laboratoire que l’on peut distinguer) et d’enroulement. « Vous êtes invités à surveiller vos parcelles dans les semaines à venir. Il en va de la pérennité du vignoble. »

Des cicadelles vectrices de la flavescence dorée ont effectivement été détectées à Turckheim : « On a mis 200 pièges autour de la parcelle, on s’est rendu compte que le foyer était limité autour de la parcelle, c’est relativement confiné », a souligné Stéphanie Frey. « Ça fait 15 ans que nous mettons des pièges dans le vignoble et nous n’en avions pas trouvé. »

La présence soudaine de la cicadelle de la flavescence dorée dans cette zone de Turckheim reste donc une énigme entomologique dans la mesure où elle n’a pas été retrouvée ailleurs dans le vignoble.

Maïsadour. Maïs en strip-till sur trèfle

Restitution de trois années d’expérimentation

Cultures

Publié le 28/07/2016

C’est Sylvain Pons, conseiller agronomie pour le groupe coopératif Maïsadour, qui présentait l’expérimentation et ses résultats le 1er juin dans le cadre du salon Agriculture de demain à Rouffach. L’idée est de répondre à plusieurs enjeux entourant la production du maïs grain irrigué sur les sols de sables forestiers de la plaine d’Aquitaine : érosion éolienne, salissement, structure du sol, dépendance en azote… Les sols forestiers sableux des landes où a lieu l’expérimentation contiennent 3,5 % de matière organique et 90 % de sable. Des sols à très faible autofertilité. Le maïs y est conduit avec un objectif de 150 q/ha. La gestion des adventices datura par désherbage y est réglementée.

L’essai débute au printemps 2012, avec un mulchage et semis en plein de trèfles à 10 kg/ha au semoir Delimbe sur rotavator. Le traçage des lignes au strip-till est effectué le 13 avril, les maïs sont semés début mai. Le désherbage sélectif pour préserver le trèfle est effectué à la bentazone et à la sulfotrione. La fertilisation est localisée à la bande de strip-till à la dose de 400 kg de triple 15, puis du sulfonitrate au semis, puis de l’urée, soit 290 unités au total. Le couvert de trèfle ne s’est finalement développé qu’en août à la faveur de l’irrigation. À la récolte, le broyage est différé à janvier pour éviter que les pailles étouffent le maïs. Le trèfle se développe bien durant l’hiver.

Au printemps 2013, climatiquement difficile, la reprise de végétation met en évidence l’importance du choix des variétés de trèfle pour obtenir une couverture pérenne. Les semis de maïs se déroulent au 1er avril, le 13 mai, il n’en est qu’au stade 3 feuilles, un démarrage lent lié aux pluies. Un désherbage sur le rang à base d’hormones s’avère nécessaire pour limiter la concurrence. Au 27 mai, le maïs au stade 4 feuilles exprime la concurrence des adventices.

En 2014, des actions correctives sont mises en place. La reprise au strip-till avant semis est effectuée deux fois pour bien nettoyer la bande de semis. Un désherbage est appliqué aux semis, localisé à la bande, avec un produit non sélectif, ce qui permet d’éviter la concurrence. Le désherbage de post-levée est fractionné en trois applications pour limiter la phytotoxicité sur le trèfle. Décision est prise de réduire l’apport d’azote de 290 à 210 unités. Au stade 10 feuilles, la levée et la couverture du maïs sont homogènes, mais un stress hydrique apparaît, lié à la concurrence du trèfle.

Les ingénieurs agronomes effectuent un profil de sol et constatent avec stupéfaction que l’enracinement du maïs descend verticalement jusqu’à 1,50 mètre de profondeur, d’où une meilleure capacité à gérer les fuites de nitrates.

Pour les semis de 2015, décision est prise de re-semer le trèfle. Ce qui est fait en octobre 2014, sur mulch, non pas au Delimbe mais avec un semoir en ligne. Au 27 mars 2015, le couvert est bien implanté. Une seule préparation de strip-till suffit, puis semis des maïs, puis désherbage sur le rang… Pour la première fois, il n’y a pas de besoin d’antilimace. Les comptages de carabes confirment qu’un équilibre biologique régule les populations de limaces. Au 6 mai, le maïs en est au stade 3 feuilles. La question du stress hydrique précoce se pose de nouveau, il faut démarrer l’irrigation plus tôt.

Pour 2016, une réflexion a porté sur l’amélioration du rappui des semis au strip-tillage avec un rouleau et une languette de semis. Avec l’observation des profils, l’apport d’engrais est mieux localisé à la ligne de semis.

Vitisphère Alsace. Journées techniques

La qualité de la couverture de pulvérisation en question

Vigne

Publié le 28/07/2016

Les journées techniques Vitisphère Alsace ont été l’occasion pour les clients vignerons - plusieurs centaines -, pour les trois coopératives d’appro, de se retrouver et de faire le point sur un printemps qui a laissé des traces dans les mémoires, tant les maladies ont été difficiles à contenir. Soucieuses de proposer des solutions à la viticulture, les équipes technico-commerciales du groupement Vitisphère Alsace ont axé la thématique des ateliers sur la qualité de pulvérisation.

Car s’il est « un peu tôt pour tirer des enseignements sur les différentes stratégies de protection chimique contre le mildiou », indique Philippe Kuntzmann, il apparaît que la qualité de la couverture des traitements a été l’un des éléments déterminants pour échapper cette année, tant bien que mal, à la maladie, dans un contexte agroclimatique très perturbé. Un point tout de même à relever sur ces différentes stratégies, les phosphites ont particulièrement bien réussi (NDLR : également en Champagne), avec un premier traitement à la dose de 1 800 g/ha diminués proportionnellement à la surface du stade foliaire.

Une technicité qui peut s’avérer payante

Un atelier avait pour propos de présenter une évaluation de la qualité d’application de pulvérisateurs à jet porté ou pneumatique, avec une disposition de buvards hydrosensibles sur les parties hautes, médianes et basses, et sur les grappes, de part et d’autre du rang traité. « Vu les pressions en maladie, la moindre erreur et le moindre problème techniques étaient cette année très chers payés », indique Christophe Poitout de Viti.com.

Point important de l’atelier : un pulvérisateur bien réglé avec un dosage liquide adapté obtient finalement une bonne couverture, également sur la face extérieure du rang non traité dans le cadre d’un traitement un rang sur deux. Ce qui serait donc suffisant, encore faut-il s’assurer de la bonne couverture avec des buvards, et de prendre en compte des paramètres techniques, tels que la bonne taille des gouttelettes, la pression, le débit, et également le vent et l’hygrométrie ambiante. L’atelier « pulvé » montrant finalement qu’il faut être précautionneux sur son pulvérisateur, la propreté des filtres, les quantités de bouillie exactement appliquées.

Enrichir ses sols en matière organique fugitive

Des années comme 2016 montrent que la technicité en matière de pulvérisation peut s’avérer très payante. Pour l’améliorer, il y a également la question de la qualité des eaux que la société Atiben, basée à Zellenberg, propose de maîtriser. C’était un autre atelier animé par Benoît Pintat. 2016 est un excellent millésime pour démontrer l’efficacité de cette approche et valider auprès des quelques utilisateurs du vignoble, l’intérêt de cette technique pour optimiser la qualité de couverture des traitements.

Lors de ces deux journées techniques, Vitisphère Alsace proposait également un atelier couverts végétaux de mélanges annuels et pluriannuels Alsamix et Wolfmischung, entre autres. À la coopérative du Piémont, Nicolas Maetz, qui pratique les couverts sur ses vignes, a insisté notamment sur la nécessité d’enrichir les sols viticoles en matière organique « fugitive », des sols qui sont par ailleurs très (ou trop) pourvus de matière organique stable.

Opaba. Réunion technique viticole

Une protection des vignes bios rendue difficile par les pluies

Vigne

Publié le 28/07/2016

Année bissextile disent les vignerons. En tout état de cause, ce printemps s’est montré extrêmement difficile à appréhender au niveau des maladies de la vigne. Jean-Jacques Muller et Martine Becker, les deux représentants vignerons à l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), ont souhaité faire un point d’étape. L’introduction était proposée par Marie-Noëlle Lauer, de la Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles (Fredon).

Mildiou, près de 40 cycles depuis le 9 mai

« On part d’un hiver hyper favorable. On savait donc très tôt que le mildiou allait contaminer, sous réserve que les conditions soient favorables. Les toutes premières pluies de mai n’ont rien donné. On a ensuite eu une première vague de pluies à partir du 9 mai au stade 3-4 feuilles. Dès les premières réunions et bulletins, nous avions lancé l’alerte, introduit Marie-Noëlle Lauer. On a lancé les traitements à partir du 17 mai, plus tôt que d’habitude, sachant que dans la stratégie Alsace nous attendons les premières tâches pour intervenir. » Les précipitations avant floraison sortent complètement des normes locales : il y a eu autant d’eau avant floraison qu’il en tombe sur une année.

Le tour de table fait état de traitements débutés très souvent à partir du 23 mai, avec des doses en cuivre métal cumulées à 3 kg/ha et une couverture un rang sur deux. Si le premier traitement a été a priori léger en quantité, ce sont surtout les pluies à répétition qui ont sévèrement limité la qualité de couverture, déterminante cette année pour contenir la maladie. « On touche du doigt les limites de la pulvérisation alsacienne un rang sur deux », indique Jérôme Attard, de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Mais au-delà, les pluies n’ont pas permis d’alterner la couverture, au risque de s’enliser. Et surtout, elles ont lessivé rapidement les produits de contact. « Une des solutions serait l’augmentation du litrage à l’hectare », cependant délicat à mettre en œuvre entre deux pluies rapprochées. Semble également se démarquer, parmi les témoignages, le facteur de la précocité de la parcelle pour diverses raisons agroclimatiques (orientation, labour, cépage) qui aurait favorisé l’installation très tôt d’un mildiou qu’il aurait donc fallu contrer très tôt.

Si au début 100 % des parcelles présentaient des symptômes, les pluies et grêles nocturnes du 24 et 25 juin ont été plus particulièrement fatales aux stratégies bios, sur des stades post-floraison fragiles, estime Marie-Noëlle Lauer. « Contre une quinzaine de cycles du mildiou en année normale, on en a enchaîné près de 40 depuis le 9 mai. » Au final, si les gewurztraminers et les rieslings s’en sortent, les pinots noirs et gris sont particulièrement pénalisés. Les vignerons en sont au traitement 7 ou 8 avec jusqu’à présent entre 2 et 3 kg de cuivre métal appliqués par hectare. « Il faut se dire que nous avons fait le maximum. Je lis sur des informations de la Fédération nationale d’agriculture biologique que des vignobles sont touchés à 85 % », rappelle Martine Becker.

Cicadelle et drosophiles

Une larve de cicadelle de la flavescence dorée a été identifiée par un organisme privé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a bien confirmé qu’il s’agit d’une cicadelle vectrice. Reste donc à valider la présence dans la vigne par des organismes indépendants. Tant que ce n’est pas acté, les techniciens conseils font preuve de prudence. Jérôme Attard a tout de même rappelé que les bois de pépinières produits dans le vignoble portent la mention ZPD4 (Zone protégée contre la flavescence dorée). Et pour les plants extérieurs, il y a la protection du traitement à l’eau chaude.

L’année climatique est favorable à la drosophile. Le réseau interfilières de piégeage suit les populations et les pontes. Un projet Interreg finance la recherche de solutions alternatives. Nous reviendrons ultérieurement sur la menace drosophile qui pèse sur ce millésime et qui sera dépendante des conditions à venir.

Journée des vignerons bios, petit bilan

La journée des vignerons bios qui se tenait au Cref, la veille du salon Millésimes Alsace, a enregistré 95 entrées. Le retour à l’ancienne formule du 1er mai au château de la confrérie Saint-Étienne est en réflexion.

Danaé Girard et Julie Ambry, les deux nouvelles salariées dédiées à la structuration filière et communication, ont présenté les projets d’événementiels : Manger bio local, l’événement du réseau Biocoop du 17 au 25 septembre prochains, et la route des vins bios d’Alsace en site internet, rappelant que les 14 % de vignerons bios constituent un maillage important du vignoble. Troisième projet : les marchés de Noël « off » de Strasbourg auxquels devrait participer l’Opaba.

Étude de filière

Marjorie Henrion a présenté une enquête sur la filière à partir de questionnaires envoyés aux vignerons. Il en ressort que la part de vente directe au domaine a clairement baissé ces dernières années, au profit des CHR et magasins spécialisés. Globalement, les prix départ cave sont de l’ordre de 25 % plus chers, tandis que le vrac valorise très mal le label bio. Au domaine, une comparaison des ETP montre sans surprise que l’approche bio demande plus de main-d’œuvre : x 2 pour le chef d’entreprise, x 5 pour les salariés et x 3 pour les saisonniers.

Flavescence dorée

La cicadelle vectrice identifiée dans le vignoble

Vigne

Publié le 20/07/2016

Qu’on se rassure : pour déclencher la lutte insecticide obligatoire, il faut la maladie déclarée sur des plants porteurs du phytoplasme responsable de la flavescence dorée (FD), et il faut l’insecte vecteur, la cicadelle au nom taxonomique de Scaphoideus titanus.

Jusqu’à présent, quelques pieds flavescents avaient été identifiés dans le vignoble alsacien, de façon très éparse, avec peut-être une introduction par des bois contaminés en pépinière provenant d’autres régions viticoles déjà touchées par la maladie. Mais le petit insecte piqueur suceur, vecteur du phytoplasme, donc susceptible de propager la maladie, n’avait jusqu’alors pas été identifié en Alsace. Quand bien même on trouvait ici ou là un pied contaminé, le vignoble bénéficiait donc d’une relative tranquillité vis-à-vis de cette maladie qui décime des vignobles plus méridionaux.
Depuis la semaine dernière, les choses semblent changer. C’est Philippe Kuntzmann, de Vitisphère-Alsace, qui « au cours d’un prélèvement pour comptage en acariens et en typhlodromes, dans une vigne à proximité de Colmar », a identifié des larves de Scaphoideus titanus. L’identification a été validée par le laboratoire d’entomologie de l’Anses.
Après avoir procédé à l’élevage des larves, il a obtenu un adulte. Et il se trouve que la cicadelle de la flavescence dorée est bel et bien installée dans la parcelle observée. « Avec une densité de sept larves pour cent feuilles. » Pas de quoi déclencher des traitements donc, puisque le phytoplasme infectieux n’est pas présent et qu’il faut les deux - l’insecte et le parasite, sorte de protoplasme informe qui obstrue les vaisseaux de sève - pour déclencher les traitements.

Plus de génotypage, de prospection…

Cependant, la présence de la cicadelle de la FD, va notablement changer la donne de la surveillance de la maladie dans le vignoble alsacien. Et il va falloir recourir à davantage d’analyses de génotypes dès lors qu’un pied présente la maladie. En effet, le simple aspect visuel d’un pied flavescent ne permet pas de distinguer s’il s’agit de FD ou de la maladie du bois noir. Et même s’il présente les symptômes, il peut aussi être atteint d’un autre phytoplasme, celui de la jaunisse de l’aulne, qui ne présente pas de risque de transmission épidémique par S. titanus. Seule une analyse poussée permet de dire si le pied malade est infesté par un phytoplasme de la FD à transmission épidémique par Scaphoideus titanus.
En tout état de cause, la présence de l’insecte vecteur ne va pas manquer de relancer le débat sur la nécessité d’obtenir une traçabilité en pépinière totalement étanche, avec des bois indemnes de phytoplasmes. Car si un pied est atteint, la présence de l’insecte vecteur fera que la lutte insecticide risque d’être rendue obligatoire par arrêté préfectoral. Par ailleurs, les campagnes de prospection rapprochée menées dans le vignoble seront également à l’ordre du jour. Celles pratiquées en Bourgogne ont montré à ce jour leur efficacité pour raisonner la lutte à la zone touchée, et pour endiguer la maladie.

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