Élevage

Publié le 09/02/2021

La Bergerie de la Doller propose exclusivement en vente directe de la viande et de la charcuterie issues d’élevages de moutons (races Mourérous, Limousine et Mérinos) et de vaches écossaises (Highland Cattle).

Petit-fils d’éleveur, Guillaume Bissler, 32 ans, a déjà une belle expérience professionnelle. Il a géré son premier troupeau dès 2008 avant d’en faire son activité principale en 2012. Il est aujourd’hui installé sur sa ferme : la bergerie de la Doller, à Sentheim. On y retrouve six cents brebis, une dizaine de béliers pour la reproduction et, bien sûr, des agneaux. Les bovins, des vaches Highlands, sont une vingtaine. Les bêtes sont abattues à Cernay avant de revenir à Sentheim pour être transformées. « J’ai engagé depuis mai 2019 un boucher, Patrick Eisele. Il me seconde pour la découpe, la préparation de la viande et la vente. J’ai moi-même suivi une formation pour participer à cette tâche. La viande est ensuite commercialisée en détail ou en caissettes à des particuliers ou des professionnels », explique Guillaume Bissler. Ses clients viennent des vallées de la Thur et de la Doller, mais également du Territoire de Belfort et de la plaine d’Alsace. Le jeune éleveur a compris la pertinence de la vente directe bien avant son installation. « Dès l’école et lors de mes formations, en observant les différents parcours des uns et des autres, j’ai estimé qu’il fallait le moins d’intermédiaires possible entre nous, les producteurs, et les consommateurs. Depuis le début de mon activité, j’ai une demande grandissante, notamment du côté des particuliers. Les gens sont de plus en plus désireux de venir acheter directement à la ferme ou sur les marchés. La viande est un peu plus chère mais la qualité est supérieure. Et les clients le savent bien. Ils peuvent venir vérifier par eux-mêmes. Et nous pouvons échanger directement », ajoute-t-il. Il propose des merguez, des chipolatas, des brochettes, des gendarmes à l’agneau, du saucisson de brebis ou encore du gigot fumé à sa clientèle.   Merguez et saucisses indiennes disponible demain matin à la ferme de 10 heures à 12 heures le 04/04/20 Il a encore possibilité de commender votre viande pour Pâques. N'hésitez à nous contacter Publiée par Bergerie De La Doller sur Vendredi 3 avril 2020   Un nouveau laboratoire dans les cartons La viande est transformée dans le laboratoire à Sentheim. Ce bâtiment de 60 m2, ouvert depuis 2016, est déjà trop petit face à une activité toujours plus importante. La variété de sa production peut expliquer ce succès : 200 brebis limousines de petite taille, 200 Mourérous plus « rustiques », et 200 Mérinos. En été, les bêtes sont dans les pâturages de la vallée de la Doller et vont jusqu’au Ballon d’Alsace ainsi qu’entre Vieux-Thann et Cernay. Les agneaux sont allaités par leur mère, puis ils se nourrissent d’herbe lorsqu’ils sont sevrés . En hiver, les ovins rentrent au chaud. De leurs côtés, les bovins profitent de la belle saison autour du lac de Sewen. En hiver, ils restent dans la nature à Sentheim et Guewenheim. « Au total, les bêtes profitent d’environ 70 hectares de champs et de prairies », précise Guillaume Bissler. Le travail ne manque pas. Jusqu’à il y a deux ans, il était seul avant de faire appel à Patrick Eisele pour le seconder. « Mon emploi du temps est très chargé, mais je ne reviendrais pas en arrière. La ferme a évolué et je suis au contact de mes clients. Il y a des échanges et des retours intéressants sur les produits. Ces remarques me permettent de faire évoluer la gamme. À long terme, j’ai comme projet de développer davantage cette vente directe en prenant de nouveaux créneaux de produits transformés comme le foie d’agneau pour le pâté en croûte, ou faire de la terrine. Pour cela, il faudra agrandir le laboratoire ou l’installer dans un nouveau bâtiment. »   Rendez vous mercredi 4 Avril au Café Rapp à Colmar Le chef vous proposera son menu élaboré à partir des produits de la... Publiée par Bergerie De La Doller sur Lundi 2 avril 2018  

Élevage du Sud Alsace

Une marque collective à trouver

Publié le 05/02/2021

Une dizaine d’éleveurs a participé, vendredi 29 janvier, à un atelier de travail portant sur la création d’une marque valorisant les productions et pratiques de l’élevage du Sud Alsace. Cette marque, qui doit être lancée en 2022, est l’un des objectifs du contrat de territoire eau et climat mené par les communautés de communes Sundgau et Largue, avec l’agence de l’eau Rhin-Meuse.

Ce projet fédérateur est une des actions qui doit être mise en place dans le cadre d’une série d’actions en faveur de la qualité de l’eau et de la biodiversité dans le Sud Alsace. Ce sont 7 millions d’euros (M€) qui doivent être ainsi investis sur quatre années, dont 2,80 M€ financés par l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « L’eau, l’agriculture, les circuits courts, les paysages sont essentiels. Vous allez bâtir la première pierre du cahier des charges de cette action collective en parallèle de l’étude de marché. Nous avons besoin de vous. L’herbe est essentielle pour la préservation de l’eau. Et pour conserver des espaces prairiaux, on a besoin d’éleveurs. On doit donc pouvoir trouver les moyens de faire des choses en commun », explique en préambule le directeur de l’agence de l’eau Rhin-Meuse, Marc Hoeltzel. Des propos complétés par les présidents des deux communautés de communes du secteur, Sundgau et Largue, respectivement présidées par Gilles Fremiot et Benoît Gassmann. « Il faut que vous puissiez vendre au bon prix. Nous y travaillons à travers les circuits courts qui prennent une place de plus en plus importante dans la restauration de nos établissements scolaires par exemple. Le manger local me tient cœur », précise le premier. « Vous êtes un maillon de cette dynamique globale. La viande, le lait, nos paysages sont nos valeurs communes », ajoute le second. L’objectif est de développer une logique de filières agricoles respectueuses de la ressource en eau et viables économiquement, accompagnées d’une recherche de label. Ce travail doit se concrétiser par la création d’une marque collective valorisant les productions et pratiques de l’élevage du Sud Alsace. Douze éleveurs ont répondu présents. Ils ont été répartis sur deux tables de travail distinctes. Il leur a été demandé de répondre à la question introductive qui doit permettre d’élaborer le futur cahier des charges de production : qu’attendent-ils de cette future marque ? Leurs réponses devaient prendre en compte l’aspect économique, mais également les plans technique, social et personnel. « Nous attendons avant tout une pérennité économique permettant de trouver facilement et rapidement des débouchés qui eux, seront sécurisés. En complément, il nous faudra de la visibilité, des prix rémunérateurs, des marges et donc un revenu », insiste l’un des éleveurs présents. Deux outils sont cités pour réussir : la prise en compte des coûts de production et des aides aux investissements pour l’entretien des prairies.   ?[Contrat de territoire Eau et Climat (CTEC) Action axe 1] Création d’une marque collective valorisant les productions... Publiée par Communauté de communes Sud Alsace Largue sur Vendredi 29 janvier 2021   Mieux valoriser les productions Que le lait ou la viande soient la production dominante de leurs exploitations n’y change rien. Il est vital que leur prix de vente soit valorisé avec un volume de vente suffisant. Sans cela, adhérer à une telle démarche n’a pas de sens au niveau économique. En amont, les professionnels ressentent un nécessaire besoin d’accompagnement dans la gestion de cette nouvelle charge de travail et un accompagnement sur les changements à mettre en place liés au futur cahier des charges. En aval, il faudra de la logistique afin de pouvoir maîtriser la production en sortie de ferme. Un débat a lieu entre les producteurs présents. L’un s’agace : « Me concernant, j’ai ma façon de travailler et de produire. Si elle ne correspond pas à cette marque, je vais laisser tomber car je ne compte pas changer mes pratiques et prendre le risque de perdre mes débouchés. » Un autre est plus optimiste : « Si économiquement le projet est bien ficelé et s’il nous donne de la visibilité à long terme, il n’y aura aucun problème. Nous sommes habitués à évoluer. » Dans tous les cas, les éleveurs attendent un minimum de contraintes supplémentaires et encore moins de surcharges de travail. « Il faut que cette démarche soit techniquement simple à mettre en place », insiste Christophe Bitsch, éleveur à Obermorschwiller et président de l’abattoir départemental de Cernay. Comme d’autres de ses collègues, il s’inquiète en s’adressant au personnel de l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « On n’a encore rien posé. Et déjà on parle de contrôle. C’est oppressant. » Une marque a des avantages mais également des contraintes lui répond-on. « Notre objectif, et Marc Hoeltzel l’a expliqué au début de cette réunion, c’est qu’il y ait de l’herbe sur ce territoire. C’est dans ce cadre que ce projet est financé par l’agence. Maintenant, il faut que vous puissiez valoriser les productions qui découlent de cette herbe. » Ce que font déjà de nombreux professionnels. « On est déjà beaucoup d’éleveurs à avoir mis davantage d’herbe. Mais, effectivement, il faut que ce soit mieux valorisé derrière », complète Sébastien Stoessel éleveur à Feldbach. Reconnaître le savoir-faire des éleveurs Au niveau social, les agriculteurs attendent beaucoup. « Il est vraiment nécessaire que la complexité de notre métier soit entendue, comprise et expliquée, à nos interlocuteurs et aux consommateurs. Cette reconnaissance sociale est nécessaire car les agriculteurs sont constamment montrés du doigt dans tous les débats de la société. Nous attendons une vraie reconnaissance du métier de producteur », insiste Vincent Dietemann éleveur à Traubach-le-Bas. D’autant plus que le métier a évolué. Les agriculteurs ne sont plus déconnectés. Bien au contraire. Ils sont également employés et employeurs. « Cette labellisation doit déboucher sur des créations supplémentaires d’emplois. Nous devons également revoir les liens entre nous et les collectivités. Cette démarche doit y aider », se félicite un professionnel de Gommersdorf. Sur un plan personnel, les éleveurs présents veulent se reconnaître dans cette future marque. « Elle doit nous appartenir. Et pour cela, elle doit reconnaître notre savoir-faire et valoriser notre travail », notent les professionnels. Il leur a ensuite été demandé de choisir les critères à intégrer dans les futurs cahiers des charges de production de cette marque. Sans surprise, le lieu d’implantation de l’exploitation agricole (Sud Alsace), le respect de la charte des bonnes pratiques d’élevage, l’origine des fourrages (avec un pourcentage précis en autoproduction), la part d’herbe dans l’alimentation, le lieu de transformation (Sud Alsace), la traçabilité des produits de la ferme au produit fini, la qualité de la carcasse ou encore la couverture du sol ont été les critères principaux choisis. Le travail va désormais se poursuivre. D’autres ateliers suivront pour pérenniser la création de cette nouvelle marque.    

Solidarité alsaco-bretonne

Un jumelage qui part en fromage

Publié le 12/01/2021

Confronté à de grandes difficultés pour écouler sa production de munsters depuis le début de la crise sanitaire, Mathieu Hunzinger a vu sa situation s’apaiser grâce au jumelage de sa commune, Muhlbach-sur-Munster, avec celle de Kermaria-Sulard en Bretagne. Ses habitants lui ont acheté depuis le mois de mars plus d’un millier de fromages.

Le jeune éleveur de 30 ans, installé sur l’exploitation familiale à la suite de ses beaux-parents, n’a pas vu arriver le premier confinement au mois de mars. Sa cave était remplie de fromages : munster, saint-grégoire, bargkass, tomme. « Du jour au lendemain, mes revendeurs ont tous fermé. Malgré quelques ventes avec la clientèle locale, il a donc fallu jeter du fromage. Jusqu’au jour où j’ai pu échanger avec le maire de Muhlbach-sur-Munster, Patrick Althusser, lors du week-end pascal quand il est précisément venu s’approvisionner à la ferme. Je ne lui ai pas caché mes difficultés. Il a alors informé de ma situation le comité de jumelage. Tout est ensuite allé très vite. Des mails, des appels téléphoniques, de la pub dans les journaux bretons. Je pensais que 200 à 300 fromages allaient trouver preneur. Ce qui était déjà bien. Finalement, ce sont plus de 1 500 munsters et saint-grégoire qui ont été commandés. Nous avons fait deux livraisons fin mars et fin mai. Il y a encore eu des commandes par la suite », se félicite Mathieu Hunzinger. La belle histoire se répète lors du second confinement. Là, ce sont 850 fromages (moitié munsters et saint-grégoire) qui partent en Bretagne. « D’après ce que j’ai compris, 90 % des habitants de Kermaria-Sulard ont au moins fait une commande. Ce soutien fait chaud au cœur. Pour Noël 2020, une nouvelle opération a été menée, plus habituelle. Nous avons fait l’échange avec les huîtres. 200 bourriches ont été commandées », note le jeune éleveur. Son stock a donc baissé et ses pertes financières se sont atténuées. Une autre bonne nouvelle : le retour de la clientèle locale. Le deuxième confinement a en effet eu un côté vertueux. « Les gens ont pris conscience de l’importance de soutenir les commerces locaux. Proximité et solidarité vont bien ensemble. J’espère que, désormais, ces bonnes habitudes perdureront. En attendant, ces échanges avec la Bretagne m’ont permis de sauver les meubles pour l’année 2020 », précise Mathieu Hunzinger. En revanche, l’incertitude demeure pour l’avenir. « Il faut que les entreprises soient réellement aidées et soutenues. Il ne faut pas seulement des effets d’annonces du gouvernement. Je ne compte pas faire de prêt pour continuer mon activité car je n’ai pas envie de m’endetter alors que c’est encore l’inconnu au niveau sanitaire pour ces prochains mois. Du coup, j’ai tari les vaches en fin de lactation pour avoir moins de lait », conclut l’éleveur.   Le comité des fêtes et de jumelage de Muhlbach sur Munster organise à nouveau une commande groupée d'huîtres de Bretagne... Publiée par Patrick Althusser sur Vendredi 27 novembre 2020   Tout de même 25 000 € de pertes Installé sur l’exploitation familiale depuis quatre ans, Mathieu Hunzinger n’est pas arrivé au bon moment. La sécheresse tout d’abord, puis la crise sanitaire l’ont obligé à revoir sa stratégie. Il a réduit à une vingtaine de vaches son cheptel. On y trouve historiquement des vosgiennes, mais également des brunes des Alpes. « Les premières ont un tempérament bien marqué et elles sont évidemment adaptées à notre relief. Les secondes sont dociles, productives avec une bonne richesse du lait. Néanmoins, avec le nouveau cahier des charges pour le munster, cela va me poser des difficultés. J’ai aussi quelques aubrac pour la viande que je propose en colis. Tout est vendu en direct ici. La viande donc et le fromage », explique Mathieu Hunzinger. Il y a encore cinq à dix ans, les vaches pouvaient pâturer jusqu’au milieu du mois d’octobre et les coupes d’herbe étaient suffisantes pour passer tranquillement l’hiver. « On arrive désormais à la moitié de ce que nous avons besoin. On entame les stocks d’hiver dès la fin du mois d’août. Il n’y a donc plus le choix. Soit il faut acheter du foin et de la paille ailleurs, soit il faut réduire le cheptel. Et puis, le Covid-19 est arrivé. Nous avons une clientèle de locaux et de touristes. Ces derniers ne sont plus là. On peut donc estimer la perte des ventes de fromages à 25 000 €. J’ai été contraint de jeter une des huit tonnes de ma production annuelle », ajoute Mathieu Hunzinger. S’il est encore aidé par ses beaux-parents retraités, il est néanmoins le seul actif de la ferme. Une situation d’autant plus complexe qu’outre la sécheresse et la crise sanitaire, il déplore aussi des dégâts de sangliers toujours plus importants. Le troisième fléau de cette année 2020 décidément bien compliquée.

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