Depuis le mois de juin dernier, un magasin de producteurs a ouvert ses portes à Hirsingue dans un bâtiment de 680 m2 dont 289 m2 de surface de vente. 3 000 produits y sont référencés. Le succès est au rendez-vous pour ces premières semaines d’ouverture avec une centaine de clients par jour et un panier moyen important, de l’ordre de 32 à 33 €.
L’îlot Fermier, c’est d’abord la volonté d’un chef d’entreprise de Hirsingue, Alain Seginger, de vouloir donner une nouvelle vie au bâtiment dans lequel se trouvait son entreprise, juste à l’arrière d’une grande surface. Début 2016, il prend contact avec des éleveurs du secteur. Après plusieurs semaines de discussions, il est décidé de créer une société par actions simplifiée (SAS). Alain Seginger s’associe avec huit producteurs. Leur but : vendre des produits fermiers en direct, sans intermédiaires, réaménager le bâtiment et créer ce magasin de vente dénommé L’îlot Fermier. Le bâtiment est alors totalement transformé. Le bardage extérieur comme les étals à l’intérieur sont en bois, avec une charpente apparente. La surface de vente de 289 m2 accueille une boucherie (avec un laboratoire, une plonge et trois chambres froides) et une fromagerie sur 100 m2. Le reste de l’espace est consacré aux étals de fruits, légumes, aux étagères de bières artisanales, vins, eaux, jus de fruits, et à l’épicerie en vrac : farine, café, légumes secs… « Il y a 250 produits en vrac, vendus sans emballage. Parce que notre slogan, c’est aussi le zéro déchet ! Au total, il y a 68 producteurs qui livrent ici. Ce sont essentiellement des producteurs agricoles mais aussi quelques artisans. En tout, nous avons 3 000 produits en référence, essentiellement en bio. C’est par exemple le cas des fruits où les producteurs du coin sont quasiment tous en production biologique », explique Frédéric Schwab, producteur de fruits et légumes à Muespach et président de la SAS. Au sous-sol, se trouvent les bureaux, la salle de pause, les vestiaires, les sanitaires et le local technique. À l’extérieur, un quai de déchargement ainsi qu’une rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite ont été aménagés. Le bâtiment occupe une surface totale de 680 m2.
Mettre en avant la production locale
Les huit producteurs approvisionnent le magasin, avec une quarantaine d’autres fournisseurs agricoles, viticoles ou artisans. Mais ils ne sont pas présents en permanence. « Ce n’est pas notre métier ! Nous faisons des permanences en alternance. Mais, surtout, il y a ici un directeur en la personne d’Eric Monmarché et de cinq salariés qui sont au contact de la clientèle toute la semaine. La philosophie de départ était de mettre la production locale en avant, et notamment le lait et la viande qui sont les deux productions les plus importantes dans le Sundgau. Personnellement, je me suis laissé prendre au jeu. Cela m’apporte une expérience supplémentaire. Je ne regrette rien même si nous sommes allés un peu vite au départ. Le démarrage a été tonitruant. Cela va maintenant se calmer un peu et nous allons trouver notre rythme. J’estime qu’il faut deux d’années d’exploitation avant de faire un premier bilan », ajoute Frédéric Schwab. L’îlot Fermier a ouvert le 6 juin dernier et a été officiellement inauguré le 30 septembre. Concernant les prix, les producteurs trouvent un débouché économique intéressant même s’ils estiment qu’ils sont moins chers, sur la gamme bio, que leur plus proche voisin. Pour le reste, ils sont dans les prix moyens. « Nous faisons là une expérimentation. C’est un des premiers magasins qui existe en zone rurale. Contrairement, par exemple, à « Cœur Paysan » qui se trouve à Colmar. Ici, nous avons une zone de 7 500 habitants à dix kilomètres autour du magasin. Une telle structure ouvre avec une moyenne de 10 000 habitants. Nous sommes néanmoins confiants. Nous avons pour objectifs d’arriver à 200 clients par jour. Nous n’en sommes plus très loin. Et, chose intéressante, le panier moyen est important par rapport à la moyenne nationale, de l’ordre de 32 à 33 €. Il y a des clients qui achètent exclusivement chez nous », se félicite Frédéric Schwab.