Pratique

Folle choucroute d’Alsace

Deux semaines de créativité gastronomique

Publié le 20/01/2018

Mardi dernier, une poignée de restaurateurs, entourés de leurs partenaires, ont donné le top départ de la cinquième édition de l’opération Folle choucroute d’Alsace. Durant deux semaines, rendez-vous dans les établissements participants pour découvrir les dernières créations de ces chefs talentueux et déguster ce légume sain, qui se cuisine à toutes les sauces.

Qui a eu cette idée folle, un jour de lancer la quinzaine de la folle choucroute d’Alsace ? Casser les codes de la choucroute traditionnelle, c’est un projet que la profession choucroutière caresse depuis longtemps, avec le succès que l’on connaît. La célèbre choucroute au poisson lancée par Guy-Pierre Baumann dans les années 1960 a nettement contribué à « alléger » la perception de ce plat, fort succulent au demeurant ! Les professionnels de la filière ne cessent de le répéter, la choucroute est avant tout un légume, peu calorique, riche en nutriments et facile à utiliser pour un cuisinier. « Pas besoin de l’éplucher, ni de la ciseler. Il suffit d’ouvrir le seau, elle est prête à l’emploi », souligne Jacques Eber, président des Chefs d’Alsace. Ensuite, il suffit de lâcher la bride à son imagination, ce que les 28 chefs partenaires de l’opération Folle choucroute d’Alsace savent si bien faire… Mardi dernier, lors de la conférence de presse de lancement de l’opération, c’était l’heure de la mise en bouche. Jugez-en plutôt : purée de patate douce avec choucroute et cèpes, salade de choucroute aux noix, minitourte à la choucroute et au munster, foie gras poêlé d’Alsace avec choucroute cuite et crème de topinambour, entre autres délices. Du 19 janvier au 4 février, ces chefs renommés, répartis dans toute l’Alsace, vous attendent dans leur établissement pour vous faire découvrir leurs dernières créations. Pour connaître la liste des participants, il suffit de se rendre sur le site www.folle-choucroute-alsace.fr. Pour allécher les consommateurs, des spots publicitaires seront diffusés sur France Bleu. Par ailleurs, un partenariat a été noué avec Top Music, pour séduire le public jeune : du 22 janvier au 2 février, la radio proposera des interviews de chefs participant à l’opération et fera gagner des bons repas dans leur établissement. « Un légume détox » Après les agapes de fin d’année, quoi de mieux qu’un légume aussi peu calorique que la choucroute, de surcroît riche en vitamines, minéraux et autres nutriments bénéfiques, pour se remettre en selle ? C’est en tout cas ce que prône Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, partenaire de l’opération Folle choucroute d’Alsace. En s’associant aux restaurateurs pour promouvoir la choucroute d’Alsace, base de nouvelles créations culinaires, l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, présidée par Sébastien Muller, veut mettre en lumière les valeurs nutritives et la « modernité » de ce légume. Les actions de communication qu’elle mène tout au long de l’année, lors de la Foire européenne de Strasbourg, du Salon de l’agriculture à Paris ou dans la grande distribution vont dans ce sens. « L’AVCA est engagée depuis plusieurs années dans une démarche de reconnaissance de la choucroute d’Alsace en IGP, ce qui permettra de protéger la dénomination dans l’Union européenne et ainsi de maintenir la production en Alsace », souligne quant à elle Bénédicte Dubois, directrice d’Alsace Qualité. En Alsace, douze choucroutiers transforment ce légume emblématique, pour un volume de 25 000 à 27 000 tonnes, ce qui représente 70 % de la production française.

Tempête Eleanor

Des images impressionnantes

Publié le 10/01/2018

L’est de la France n’a pas été épargné par la tempête Eleanor. Mercredi 3 janvier, des vents violents ont balayé notre région, semant la destruction sur leur passage. Et une fois le calme revenu, ce sont les rivières qui sont sorties de leur lit, envahissant routes et champs. Petit tour d’horizon, en ce début d’année mouvementé.

Pas mal d’arbres déracinés, en forêt ou dans les vergers vieillissants. Localement, la tempête a fait rage. En témoignent les arbres abattus entremêlés, davantage stigmates d’une tornade que d’un coup de vent. Dans le Pays de Hanau, la tempête a atteint son paroxysme mercredi de 7 h 30 à 8 h environ, avec des seaux d’eau, voire de la grêle et de fortes rafales de vent. Les dégâts, nombreux, restent sans gravité : de nombreuses poubelles renversées, des branches d’arbres arrachées, parfois sur la chaussée… Ailleurs, les serres maraîchères les plus anciennes n’ont pas résisté. Un petit tour sur le site internet de la ferme Diemer, à Kolbsheim, permet de mieux se rendre compte de la violence de cette tempête. Thibaut Diemer raconte : « Dans les tunnels en place depuis vingt ans, les pignons se sont envolés, les arceaux ont plié et les plastiques se sont déchirés. Je vais devoir tout débâcher pour les remplacer. Les nouvelles serres ont été endommagées au niveau des entrées : les pignons avant et arrière ont cédé. Ils sont conçus pour être roulés afin de permettre le passage du tracteur. » Les avaries se sont produites dans la journée, précise l’agriculteur. L’heure est à la remise en état : « Je suis en train de démonter les arceaux. J’attends le passage du monteur qui doit établir un devis des réparations, ainsi que celui de l’expert de Groupama. Ensuite, il faudra voir ce que l’assurance prend en charge, en fonction de la vétusté. » En attendant, Thibaut Diemer n’est pas vraiment inquiet : « Les cultures d’hiver - mâche, épinard, salade - ne craignent pas trop le froid. S’il ne gèle pas, cela devrait bien se passer. » À Meistratzheim, la tempête Eleanor n’a pas fait trop de dégâts, d’après le maire. Elle a quand même emporté des tuiles de l’église, couché des panneaux de signalisation et quelques arbres dans le Bruch, emporté un hangar métallique… et le plastique des serres du jeune maraîcher qui s’est installé l’année dernière. Évelyne Metz, exploitante agricole à Erstein, rapporte elle aussi des dégâts dans les serres, avec des entrées d’air et des déchirures. Résultat, 30 à 35 % des serres tunnel à pied droit sont débâchées. Si les structures en arceaux sont intactes, il va falloir les rebâcher avant le printemps. « Un peu plus d’entretien hivernal à prévoir » Comme lors de la tempête Lothar en 1999, les vergers ont relativement bien résisté. « En cette saison, les arbres n’ont pas de feuilles, donc peu de prise au vent », explique Hervé Bentz, responsable du Verger expérimental d’Alsace. Un peu de casse tout de même dans certains vergers, mais sans cas extrêmes. Quelques branches arrachées, quelques arbres déjà fragilisés achevés, des structures de palissage abîmées, des filets paragrêles libérés de leurs chaînes et éparpillés dans les vergers… Bref, rien de catastrophique, mais « un peu plus d’entretien hivernal à prévoir que d’habitude », philosophe Hervé Bentz. Côté élevage, les bâtiments n’ont pas été épargnés. Partout, on signale des tôles de toiture envolées, des portes de granges anciennes abîmées. Mais surtout, des coupures de courant de plusieurs heures ont perturbé la traite des vaches laitières. Ceux qui s’étaient équipés de groupes électrogènes suite à la tempête Lothar ne l’ont pas regretté. À Zœbersdorf, Daniel Staath, du Gaec des Lilas, raconte : « Notre exploitation est située à la sortie du village. À 7 h 30, un gros coup de vent a emporté les trois quarts de la toiture de notre hangar de stockage, un bâtiment bois rond datant de 1994. Nous avons fait la déclaration à notre assureur et dès que l’expert sera passé, nous commanderons de nouvelles plaques pour réparer les dégâts. En attendant, nous avons déplacé le stock de foin pour le mettre à l’abri. » Dans les champs, ce sont surtout les précipitations intenses qui ont suivi le passage d’Eleanor qui marquent les esprits. Conséquence : des crues parfois impressionnantes ont inondé des prairies. Mais aussi, de manière générale, des sols gorgés d’eau, qui devraient le rester longtemps. Quel en sera l’impact sur les cultures en place, dont le système racinaire risque l’anoxie si la situation perdure, et sur les prochains travaux de préparation du sol ? Réponse dans quelques mois. Tuiles, arbres et inondations Dans le Haut-Rhin, de nombreuses tuiles de maisons d’habitation ont volé sous le vent. « Dans le village, c’est impressionnant. On ne compte pas les toitures qui ont perdu au moins l’une ou l’autre tuile. De nombreux arbres ont été déracinés et des branches se trouvent un peu partout, constate le maire de Gommersdorf, Denis Nass. Mais nous nous en sortons bien. En 1999, la tempête avait été pire. » Quelques bâtiments ont également souffert. C’est le cas à Balgau, à Ueberstrass ou encore à Heimersdorf par exemple. Des pylônes électriques en béton d’une hauteur de 5 mètres ont été étêtés. À Rimbach, la forêt a payé un lourd tribut. Des sapins ont été déracinés, cassés, entraînant dans leur chute les poteaux électriques, ce qui a occasionné des coupures de courant. Les fermes du Riesenwald et du Ruchberg ont dû être secourues avec la mise en place de groupes électrogènes, de générateurs, de citernes fioul. Les coupures de courant ont été nombreuses pendant les trois jours qui ont suivi la tempête. Les inondations ont ensuite donné des sueurs froides à la population. Comme souvent, c’est le secteur d’Illhaeusern qui a été fortement impacté. Les riverains de l’Ill n’avaient plus connu une crue de cette ampleur depuis plusieurs années. Si à Ostheim et à Guémar, les digues ont joué leur rôle, à Illhaeusern, cela a été bien plus compliqué. Les champs ont été largement inondés et de nombreuses rues ont été interdites à la circulation dans le village. Les rivières sont également sorties de leur lit du côté de Meyenheim, dans la banlieue de Mulhouse ou encore dans le Sundgau. Là également, les agriculteurs sont inquiets de l’impact de cet épisode sur les cultures. Retrouvez les inondations en images :  

Publié le 05/01/2018

Le séchoir à tabac de Lipsheim, au sud de Strasbourg, a évité de peu la destruction. Vendredi 15 décembre, la Fondation du patrimoine et l’Écomusée d’Alsace ont lancé un appel aux dons pour financer une opération un peu spéciale. La restauration et le déménagement du bâtiment à Ungersheim, dans le Haut-Rhin.

Le séchoir à tabac se dresse, branlant, dans le centre-ville de Lipsheim. Inutilisé depuis 1958, trop cher à entretenir, l’édifice à colombage tombe en ruine. « Je ne pense pas qu’il tiendrait dix ans de plus », lâche Jean-Marc Weber, le propriétaire. Une planche de bois gît dans la ruelle voisine. La structure de trois étages est devenue un danger public. Condamné à la démolition, il vient pourtant de sauver sa peau. Vendredi 15 décembre, l’Écomusée d’Alsace et la Fondation du patrimoine ont lancé une souscription pour déménager le bâtiment vers le village-musée haut-rhinois. Une opération complexe du fait de l’état de la grange. « Près de 20 % des bois sont à refaire », illustre Dominique Tomasini, secrétaire de l’association Patrimoine et Emploi, en charge des travaux. Et cela a un coût. Environ 75 000 €. La fondation pour la préservation du patrimoine s’est engagée à financer presque la moitié de la somme. Reste à collecter 40 000 € auprès des particuliers et d’entreprises mécènes. Ambitieux. « On a de bons espoirs d’atteindre nos objectifs courant 2018, assure Pierre Goetz, délégué régional de la fondation. En douze ans d’activité en Alsace et 400 projets soutenus, je n’ai pas souvenir d’un seul échec dans nos souscriptions. » Le bâtiment a frôlé la démolition D’ailleurs, le chantier est d’ores et déjà programmé pour début avril. Une besogne estimée à trois mois de travail. « On remontera le bâtiment en mai et juin à l’Écomusée devant les visiteurs », se réjouit Dominique Tomasini. Mais au fait, pourquoi l’Écomusée d’Alsace ? Tout commence en 2012. À bout d’idées pour sauvegarder son bien familial, Jean-Marc Weber se résout à demander l’autorisation de le démolir. Refus de la mairie. « Le séchoir est situé à moins de 500 m du Jeu de quille, classé monument historique, expose Jean-Pierre Raynaud, premier adjoint au maire de Lipsheim. Les Bâtiments de France se sont opposés à sa démolition. » Mais pas à son déplacement. En 2014, le propriétaire entre en contact avec l’Écomusée d’Alsace. Miracle, le village traditionnel ne dispose pas de séchoir à feuilles de tabac. Marché conclu. La bâtisse voyagera jusque dans le Haut-Rhin. Une opération exceptionnelle. « Notre collection est complète, signale Éric Jacob, directeur du musée en plein air. Nous n’avons pas déplacé de bâtiment aussi grand depuis vingt ans. » L’emplacement final n’est pas encore défini, mais le responsable se félicite déjà des possibilités offertes par le nouveau venu. Une maison alsacienne disparaît chaque jour « Nous sécherons notre petite production de tabac sur place et nous installerons un séchoir à houblon au rez-de-chaussée. » Les bénévoles du musée vont aussi agencer un parcours pédagogique sur l’histoire et les techniques de culture du tabac dans la région. Presque un travail de mémoire face à la baisse du nombre de cultivateurs et la mécanisation du séchage. Mais les séchoirs sont loin d’être les seuls menacés par la décrépitude. Une maison alsacienne serait détruite chaque jour, d’après des rumeurs qui courent dans le milieu de la protection du patrimoine. « Et l’Écomusée n’a pas vocation à accueillir tous les bâtiments menacés », prévient son directeur. Le patrimoine alsacien se meurt. Éric Jacob tire la sonnette d’alarme. « Il faut trouver des solutions pour maintenir les édifices historiques là où ils ont été érigés. » Sous peine de les voir disparaître. Un sort que Jean-Marc Weber a réussi à éviter à son séchoir, témoin d’un siècle d’histoire familiale. « Cela m’aurait fait mal au cœur de le détruire, confie-t-il un brin ému. Je lui souhaite de vivre encore 50 ou 100 ans au moins. »

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