Pratique

Betterave sucrière

Le marché ne peut que remonter

Publié le 11/03/2018

Le prix mondial du sucre est en chute libre. Conséquence de la fin des quotas sucriers et des augmentations de surface betteravière, notamment en Europe ? Pas que. Timothé Masson, du service économique de la CGB, a fait le point sur la situation d’un marché… qui ne peut que remonter !

« Heureusement que le prix que nous touchons est garanti sur trois ans », constate Franck Sander. Car le prix mondial du sucre est… désespérément bas. Qu’en sera-t-il à l’issue de la période de prix garanti par la contractualisation ? Difficile, voire impossible à dire. Mais Timothé Masson, du service économique de la CGB, est tout de même en mesure de dégager quelques éléments qui permettent d’expliquer l’état actuel du marché. Donc ses possibles évolutions. 6,3 Mt de sucre ont été produites en France cette année, soit 1,7 Mt de plus que lors de la précédente campagne (voire graphique). C’est vrai en France, et dans d’autres pays, qui ont aussi enregistré de bons rendements, combinés à une hausse des surfaces. En face, la consommation française de sucre est stable. « La taxe soda, le développement des édulcorants peuvent éroder la consommation. Mais pour l’instant, les volumes consommés sont stables », précise Timothé Masson. Le volume de sucre exporté en Europe a aussi augmenté (+ 400 000 t), principalement (à 75 %) vers l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. La dépendance de la France à ces marchés lui fait courir deux risques. Dans le cadre des accords de libre-échange du Mercosur, du sucre brésilien pourrait prendre des parts de marché en France. Selon Timothé Masson, c’est peu probable, contrairement à la prise de parts du marché espagnol par les mêmes brésiliens. Et puis il y a le Brexit. « 8 % de la surface betteravière française approvisionne le marché britannique, qui pourrait se tourner vers d’autres origines une fois le Brexit consommé », prévient Timothé Masson. Les 1,3 Mt de sucre français exportées vers les pays tiers (hors Europe) le sont principalement vers la Suisse, les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, et l’Afrique de l’Ouest. C’est un volume important (20 % du sucre produit en France) et en augmentation. « Nous sommes donc de plus en plus dépendants du marché mondial », constate Timothé Masson, qui illustre : « Nous avons quasiment atteint la parité de sucre exporté vers l’Italie et Israël ». D’où l’importance de suivre ce marché mondial. Actuellement, le niveau de prix du sucre y est très bas. Après conversion en prix betterave, il atteint 15,40 €/t de betterave, quand celui de la betterave à sucre à destination de l’Europe atteint 21 à 26 €/t. Des fondamentaux lourds. Et aussi… Un prix bas qui trouve son origine dans la conjonction de plusieurs éléments négatifs. Avec 190 Mt de sucre produites contre 184 Mt de sucres consommées, il y a un surplus de sucre sur le marché mondial, « dont l’annonce a poussé les cours vers le bas ». À cela s’ajoute un euro fort qui pénalise les exportations. L’impact de la spéculation, qui fait dégringoler les marchés, la position des investisseurs étant surtout orientée à la vente comme pour toutes les denrées agricoles. La lutte des différents pays producteurs pour gagner des parts de marché. La faiblesse généralisée des cours des matières premières. La situation financière et politique au Brésil. Et le fait que cette tendance baissière soit bien enclenchée. Mais Timothé Masson identifie aussi des éléments qui pourraient conduire à une hausse des cours. Certes il y a un surplus de sucre, mais les stocks mondiaux sont bas. Les perspectives d’évolution qui sont établies le sont sans accident climatique. Et tous les éléments baissiers sont déjà à l’œuvre dans le marché. Reste que le prix mondial actuel de 15-16 €/t ne permet pas de couvrir le prix de la betterave qui a été contractualisé entre les producteurs de betterave et les fabricants de sucre. René Schotter, président de la section d’Erstein à Cristal Union s’est néanmoins voulu rassurant : « Ce sera dur pour Cristal Union, mais les prix annoncés seront tenus. » Il a appelé à rester optimiste : « Les prix ne peuvent qu’augmenter. J’en suis convaincu. »

Domaine de l’École à Rouffach

Premiers certificats de taille

Publié le 28/02/2018

Le Domaine du Lycée Agricole et viticole de Rouffach a proposé une option taille de la vigne à des élèves volontaires issus du BTSA viti-œnologie et de 1ère Pro Viti. Une première qui s’est soldée par la remise de treize certificats de taille.

Sous la conduite de Christine Klein, sa directrice, avec l’appui d’Isabelle Bureau et de Liza Munsch, enseignantes et de Jean-Marc Bentzinger, chef de culture, 27 jeunes volontaires issus du BTSA viti-oenologie et de 1ère pro viti ont pris part à cette première. Tous les participants se sont récemment retrouvés pour la remise d’un certificat de taille en présence notamment de Christophe Bannwarth, adjoint à la ville de Rouffach et de Jérôme Fontaine, directeur adjoint du lycée. Ce dernier les a accueillis tout en remerciant les responsables de cette initiative. Christine Klein, pour sa part, a surtout insisté sur la valorisation de cet exercice de taille, fruit d’une réflexion concertée menée durant trois ans, pour arriver progressivement à tailler sur mesure. Ce travail spécifique est pour elle la base essentielle pour mieux maîtriser la taille et l’adapter à la souche. Cette option est le fruit d’une réflexion menée durant trois ans. Une première qui a réuni des jeunes alsaciens, mais également bourguignons, jurassien et champenois.

Salon international de l’agriculture 2018

Nouvelle organisation pour le Grand Est et ses territoires

Publié le 22/02/2018

Les responsables agricoles et Jean Rottner ont présenté les animations et exposants du Grand Est au Salon international de l’agriculture, lors d’une conférence de presse à la brasserie Meteor lundi soir. Cette année, le Grand Est renforce sa présence mais tâche de ne pas effacer les marques des anciennes régions.

Oublié, le couac du Salon international de l’agriculture 2017. L’année dernière, participants et visiteurs ont critiqué la communication floue du stand Grand Est. Difficulté d’identifier la provenance des produits, marques des terroirs noyées sous la bannière Grand Est. Promis, la Région a appris de ses erreurs passées. « Tous les territoires font partie de la grande région mais chacun a ses particularités », résume Marie-Reine Fischer, de l’Agence d’attractivité d’Alsace, lors du point presse de la Région sur le Salon international de l’agriculture qui ouvre ses portes samedi 24 février à Paris. D’accord, mais quel équilibre entre région et terroirs ? D’abord, le stand principal situé dans le hall des régions. Cinq allées aux couleurs de la Lorraine, l’Alsace, la Champagne, les Ardennes et le massif des Vosges convergent vers un îlot central dédié au Grand Est. Comme un village et ses cinq quartiers, selon l’image du président de Région, Jean Rottner. Le long des cinq rues, 45 boutiques régionales proposeront leurs produits et un restaurant diffusera des parfums de l’Est. La place du village sera réservée aux animations promotionnelles et touristiques de la Région. Car le tourisme investit la Porte de Versailles pour la première fois. Et il entre avec fracas. Le village régional s’est même donné pour mission de promouvoir la destination Grand Est. « L’agriculture fait partie du paysage, de la carte postale » que les agences de promotion touristique s’attachent à vendre, selon un responsable de l’Agence d’attractivité d’Alsace. Ainsi, les curieux auront droit à une visite de la région en réalité virtuelle et des films publicitaires seront projetés. Chaque jour, les meilleurs produits d’une destination seront exposés. Quiz, dégustation, préparation d’un repas par un chef ou un lycée hôtelier. De quoi satisfaire les goûts des Parisiens. Un nouveau stand au pavillon élevage Mais qui dit Salon international de l’agriculture dit forcément animaux. La Région a bien saisi l’importance de marquer sa présence au pavillon de l’élevage, épicentre de l’événement. Elle a donc passé des accords inédits avec l’organisme de sélection de la race vosgienne et le collectif des races locales de massifs. La Région monte un chalet pour mettre en lumière les productions bovines régionales avec le premier. Elle partage une mezzanine privatisée avec le second. « Cet espace est consacré aux rendez-vous professionnels, politiques et institutionnels », explique Patrick Bastian, président de la commission agriculture et forêt à la Région et qui a œuvré en coulisses sur la participation du Grand Est à la grand-messe parisienne. Au final, la Région s’affiche dans deux halls mais avec la volonté de ne faire de l’ombre à personne. « La priorité absolue était que tous les exposants s’y retrouvent », souligne Patrick Bastian. Hors de question de retomber dans ses vieux travers. Surtout « qu’on ne vend pas l’Alsace comme les Vosges ou la Lorraine », appuie Jean Rottner. Pour preuve, lundi soir, dans ses valises, deux producteurs un peu spéciaux. Pour sa 25e participation au salon, la fromagerie de l’Ermitage, à Bulgnéville (Vosges), présentera un marcaire de 25 kg et 81 cm de diamètre. Osé. Le Gaec du fumé lorrain, basé à Montigny (Meurthe-et-Moselle), lancera sa nouvelle gamme de burger fermier, le « Bif de cochon ». Au rayon nouveautés 2018, place aux boissons. La distillerie Meyer, dans le Bas-Rhin, fêtera ses 60 ans et sa première apparition au Salon de l’agriculture. Pourtant, à Paris on a déjà entendu parler des Meyer. En effet, ces producteurs de whisky et d’eau-de-vie dirigent la distillerie la plus primée au Concours général agricole. Autre lieu, autre produit, la distillerie Miranille, de Neufchâteau dans les Vosges, proposera ses eaux-de-vie de mirabelle aromatisées à la vanille et un rhum au sirop d’érable. Des produits très différents unis avec succès par le savoir-faire lorrain. Le rêve de Jean Rottner pour le Grand Est et ses multiples territoires.

Pages

Les vidéos