Pratique

Bûcheronnage et sécurité

Apprendre à dompter le bois sous tension

Publié le 13/04/2018

Le Groupement d’intérêt économique (GIE), formé par les trois Caisses d’assurance-accidents agricole d’Alsace et de Moselle, ainsi que l’Office national des forêts Grand Est, ont investi dans un simulateur de bois sous tension. Un outil qui doit aider les publics confrontés à ce danger à mieux le gérer.

Les travaux forestiers sont la principale source d’accidents pris en charge par les Caisses d’assurance-accidents agricole (CAAA), après l’utilisation de machines agricoles. Il était donc logique qu’elles se saisissent du dossier. Ce qu’elles ont fait en investissant dans un simulateur de bois sous tension. Une acquisition réalisée en partenariat avec la direction territoriale Grand Est de l’Office nationale des forêts (ONF), avec le soutien du Conseil régional Grand Est. L’appareil, de marque Serra, représente un investissement de 56 000 €, pris en charge à hauteur de 36 000 € par le GIE 3 CAAA, 10 000 € par l’ONF et 10 000 € par la Région Grand Est. Fibres sous tension = risques pour les bûcherons Cet outil permet, en imprimant des forces opposées à une grume, de créer des tensions dans les fibres du bois afin de reproduire les conditions réelles d’exploitation du bois, et donc d’apprendre à gérer les risques afférents. Lors de la première démonstration publique de l’engin, Fabrice Kolb et Timothée Stoffel, animateur et formateur à l’école de bûcherons de Saverne, en ont fait la démonstration en trois temps. Tout d’abord ils ont mis en scène le coincement d’une tronçonneuse, puis un éclatement de bois, pour terminer par présenter une méthode permettant de scier un tronc sous tension sans danger. Tandis que le public peut voir la grume s’arrondir sous l’effet de la tension appliquée, Roger Konne, directeur de l’école de bûcherons de Saverne, commente : « Le simulateur permet de mettre le bois sous tensions. Si elles sont mal appréhendées, il peut y avoir un éclatement du bois et un balayage de la tige qui peut venir frapper l’opérateur… » Éviter des drames Pour Jean-Michel Habig, président du GIE, l’acquisition de cette machine doit servir à ce que les opérateurs en forêt « prennent conscience des risques auxquels ils sont soumis et acquièrent les bons réflexes, pour éviter d’avoir à déplorer de nouvelles victimes et des drames. » Pour toucher un public le plus large possible avec cet outil, le GIE 3 CAAA et l’ONF ont signé une convention de partenariat à l’issue de cette démonstration. Celle-ci stipule que l’outil reste la propriété de l’école de bûcherons de l’ONF, mais qu’il sera mis à disposition 12 jours par an pour des démonstrations programmées par la CAAA, et qui seront conduites par deux formateurs de l’ONF. Cet investissement va donc permettre de former le personnel technique de l’ONF et des communes forestières lors des formations dispensées par l’école de bûcherons de Saverne. Mais aussi de sensibiliser d’autres publics : monde rural, lycées agricoles, pompiers, entreprises de travaux forestiers, d’entretien d’espaces verts, salariés des collectivités, de la SNCF, etc. Jusqu’à présent, quatre groupes de cinq personnes ont pu profiter d’une formation d’une demi-journée sur le simulateur dans le cadre des formations « petits-bois et bois moyens » dispensées par l’école de bûcherons de Saverne. Le simulateur sera visible le 5 mai, lors de l’assemblée générale de la CAAA du Haut-Rhin, qui aura pour thème les accidents liés au travail du bois. Retrouvez cette démonstration en vidéo :  

12e trophée alsacien de l’innovation alimentaire

Un festival du goût et des saveurs

Publié le 11/04/2018

Les abords du marché couvert de Colmar servaient de cadre, samedi 7 avril, au 12e trophée alsacien de l’innovation alimentaire, organisé par la faculté de marketing et d’agroscience de l’Université de Haute Alsace et l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, avec le soutien du Service universitaire de l’action culturelle de l’UHA.

Sous un beau soleil printanier, de nombreux visiteurs ont découvert avec plaisir les produits innovants et originaux réalisés par les 64 étudiants répartis en 8 équipes pour la compétition. Ces jeunes ont offert un beau festival du goût et des saveurs, porteur de promesses d’innovation. Chaque équipe, composée de manière à pouvoir développer les deux compétences - agroalimentaire et marketing -, a travaillé durant six mois sur des recettes innovantes à base de produits régionaux. Les étudiants devaient présenter leur travail sous forme d’oral devant le jury et de stand pour faire goûter au public leurs recettes et promouvoir ces produits alimentaires innovants dans une sympathique relation d’échange. Ont ainsi été présentés Jungle Fit, une boisson issue d’un assemblage de kéfir et d’hibiscus, renfermant des probiotiques et dont la faible valeur énergétique permet de se rafraîchir en toute sérénité. Quercus, alcool titrant 20 °, offrait une saveur inédite, mêlant l’amertume des glands de chêne, la subtilité de la pomme et la douceur du caramel. Jardidrêche proposait deux tartelettes à base de drêche et de farine de seigle - pour une riche teneur en fibres -, l’une aux légumes (patate douce, pulpe d’églantines, betteraves et oignons nouveaux), l’autre à la viande de dinde, avec un mariage sucré salé de compote de pommes et d’épices tandoori. So'Chou, saucisse à la choucroute garnie, était composé de chou, de morceaux de pommes de terre, de lard et de collet fumé, maintenus par un boyau de porc naturel. Potit’Algue, tartinade à base d’algues et de potimarron proposait un subtil mariage terre-mer. Amandalis, biscuit sans gluten inspiré des pâtisseries orientales, permettait de se régaler tout en préservant son bien-être. Crockipique, apéritif atypique, mariait à la perfection l’ortie avec d’autres saveurs, comme le parmesan et le piment. Enfin, Chocolupin, goûteuse pâte à tartiner conditionnée en verre de 330 grammes contenant du chocolat et du lupin, a ravi les papilles.

Groupama Grand Est - Eurométropole de Strasbourg

Se protéger de la cybercriminalité

Publié le 07/04/2018

À l’heure où Facebook a perdu plus de 93 milliards d’euros depuis l’affaire Cambridge analytica, Groupama, fidèle à ses valeurs de prévention, attire l’attention de ses partenaires lors d’une conférence sur la cybercriminalité, organisée conjointement avec l’Eurométropole de Strasbourg.

Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, le souligne en préambule : la gestion des fichiers et la protection de la vie privée sont des sources de questionnement pour les élus et les entreprises. Trop souvent, la prise de conscience n’est réelle que lorsqu’on se trouve confronté à une attaque. Or, un risque traité après coup a toujours un coût exorbitant par rapport à une action préventive. C’est le sens du propos de Christian Aghroum, ancien commissaire divisionnaire ayant dirigé l’Office de lutte contre la cybercriminalité, fondateur en 2015 d’une société de conseil et d’audit en sûreté, cybersécurité et gestion de crise. La cybersécurité vise à assurer la protection du système d’information de l’entreprise. Les données doivent rester disponibles, confidentielles entre l’émetteur et le receveur, intègres (c’est-à-dire qu’elles n’ont pas été manipulées) et auditables (le fonctionnement correct du système est vérifiable). Pour y parvenir, trois piliers sont nécessaires : la technique bien entendu, l’organisation cela va de soi, mais aussi la formation. Car si personne n’est formé, à quoi sert un système sécurisé ? La cybercriminalité revêt quant à elle deux formes : elle peut être née des nouvelles technologies (piratage, défacement de site, accès non autorisé) ou simplement être une criminalité qui préexistait mais qui a été favorisée par les nouvelles technologies (pédopornographie, escroquerie, rançon, etc.). Or corrélativement au développement d’internet et à la massification des informations, la cybercriminalité se développe. Internet, « c’est un lieu de culture, d’échange, de commerce, bref de bonheur. Mais c’est aussi 4 à 5 % de malheur et d’horreur », estime le conférencier. Les forces de police doivent s’adapter et faire face au développement de la cybercriminalité dans un temps ultrarapide. En outre, la cybercriminalité est souvent transfrontalière ce qui impose de créer des coopérations et d’aider les pays défavorisés à se protéger contre ce fléau. Un objectif : dérober des données personnelles Christian Aghroum casse « le mythe romanesque du Geek ». La cybercriminalité est le fait de groupes organisés qui ont une réflexion, des moyens, un objectif et surtout une cible : obtenir des données personnelles. Une fois ces données récupérées, elles sont recelées sur le « dark web »*. Le coût de la cybercriminalité est évalué à 550 milliards de dollars dans le monde et à 1 % du PIB européen : « Nous travaillons tous quatre jours par an pour les cybercriminels sans le savoir. » À l’avenir, le développement des objets connectés offre des perspectives formidables notamment pour la santé et la protection des personnes, mais il va également générer une augmentation du risque de vol de ces données. Les entreprises : des cibles de choix Les premières vagues de cybercriminalité ont démarré en 2007. Aujourd’hui, certains États utilisent des cybercriminels pour défendre leurs intérêts. Les entreprises constituent des cibles de choix car elles détiennent des données et de l’argent. Et pour s’en prémunir, la formation est essentielle car dans 39 % des cas, l’attaque provient d’erreurs humaines (une pièce jointe douteuse ouverte, un lien malveillant, etc.). Les techniques de phishing (hameçonnage), escroquerie au président, blocage des sites contre rançon sont les plus courantes. Christian Aghroum invite les éventuelles futures victimes à ne jamais payer la rançon et à redémarrer leur site à partir de la dernière sauvegarde. Des bonnes pratiques plutôt simples mais qu’il vaut mieux anticiper. La cybercriminalité peut prendre également des aspects d’espionnage industriel ou même d’action terroriste. Le piratage de TV5 Monde par Daech en est la triste illustration. D’ici le 25 mai 2018, les entreprises doivent mettre en œuvre le règlement européen de protection des données (RGPD). Perçu comme une nouvelle contrainte, il faut l’envisager comme une opportunité pour réfléchir à l’organisation interne et sensibiliser le personnel aux questions de cybercriminalité. Ce règlement est le « moyen de faire monter l’Europe en compétence ». Car « ce n’est pas en tournant le dos aux choses qu’on y fait face » ! Un point de vue partagé par François Schmitt, président de Groupama Grand Est, qui invite à une prise de conscience des problèmes pour être mieux en capacité de les gérer. Un homme averti en vaut deux…

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