bovins lait

Publié le 23/11/2017

Le sixième concours de produits laitiers fermiers de l’Est a eu lieu le 3 octobre dernier à Ramonchamp, dans les Vosges. Près de 200 produits étaient soumis au jury. Une quinzaine de producteurs alsaciens figurent au palmarès.

Fromages de vache, de chèvre, de brebis, yaourts à la rhubarbe… 192 produits ont été soumis au jury du concours de produits laitiers fermiers de l’Est le 3 octobre dernier. Pour sa sixième édition, le concours a eu lieu à Ramonchamp, une petite commune du département des Vosges. Il était organisé par l’Association des producteurs de munster fermier (APMF), la Chambre d’agriculture des Vosges, l’Association pour l’appui aux producteurs de munster fermier et autres produits laitiers fermiers de la montagne vosgienne (AMF) et la Maison familiale rurale de Ramonchamp. 52 fermes des Vosges, de Haute-Saône, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, de la Meuse et du Territoire de Belfort ont participé à cette édition. Pour être admis à concourir, les produits devaient provenir d’ateliers transformant du lait cru et respectant la réglementation en vigueur. Cette année, le jury était présidé par Marie de Metz Noblat, gérante de l’Épicerie du goût à Nancy, et auteure d’un livre consacré à 20 fromages AOP, Fromages & Cie. Les jurés ont eu fort à faire pour départager les produits en lice. Des experts, des consommateurs, des crémiers, des restaurateurs et des élèves de la Maison familiale rurale ont participé à la sélection, l’objectif étant de confronter les jugements des professionnels et des amateurs.

Mois de la bio. Au Gaec de Rosen-Guth à Dettwiller

Concilier robot et pâturage en bio

Publié le 18/11/2017

Même s’ils pratiquaient déjà un élevage extensif, la conversion du Gaec de Rosen-Guth à l’agriculture biologique a bouleversé les assolements, l’alimentation et les pratiques d’élevage. Grâce à des portes intelligentes, ils arrivent à concilier robot de traite et pâturage des vaches, un élément fondamental en agriculture biologique.

Le Gaec de Rosen-Guth est situé à Dettwiller. Plus précisément sur les hauteurs de Rosenwiller, pas très loin de l’autoroute A4 et de la LGV Est européenne depuis qu’une sortie d’exploitation a été réalisée en 1987. À l’époque, la SAU était de 90 hectares, et 50 vaches laitières (VL) produisaient quelque 300 000 l de lait par an. Guillaume Guth a rejoint l’exploitation familiale en 2009. Au départ avec un plan d’installation en conventionnel. Mais la conjoncture en lait bio est bonne, une aide à la conversion incitative est en place… Aussi les agriculteurs procèdent-ils à une étude d’impact de la conversion à l’agriculture biologique, qui s’avère intéressante. La décision est prise en quelques semaines. « Nous pratiquions déjà un élevage extensif et, sortir avec le pulvérisateur, ce n’était vraiment pas ce que j’aimais faire… », argumente Guillaume Guth. « C’était un choix de conversion rapide, confirme Philippe Le Stanguennec, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Il a été stimulé par plusieurs facteurs : une coopérative demandeuse, ce qui représente l’assurance d’être collecté et de bénéficier d’un accompagnement, des parents qui n’étaient pas réticents, un mode d’élevage déjà assez extensif, herbagé, avec des vaches pas trop poussées. » La principale difficulté, c’est que les vaches ne pâturaient plus du tout. « Or, même si le cahier des charges de l’agriculture biologique ne donne pas d’objectif chiffré, le pâturage est une obligation », indique Philippe Le Stanguennec. « Nous avons donc recommencé à faire pâturer les vaches en implantant 10 ha de pâture derrière l’étable. Et nous avons ensemencé progressivement de plus en plus de prairies temporaires autour de l’exploitation », rapporte Guillaume Guth. « Au début, c’était une contrainte, reconnaît-il. Mais plus maintenant. Certes c’est du travail, il faut déplacer les clôtures, changer les batteries. Mais nous y trouvons du plaisir et de l’intérêt. » Tant et si bien qu’ils seraient encore prêts à développer la surface pâturée s’ils n’étaient pas coincés par la ressource en foncier. Pas de traite, pas de pâture En 2011, face à la perspective de devoir travailler seul sur l’exploitation - son frère, Jérémy, ne l’a rejoint qu’en 2016 -, Guillaume Guth procède à une extension et à un réaménagement de l’étable afin de faciliter le travail. Les génisses rejoignent le bâtiment principal, le sens des logettes est modifié pour permettre un raclage automatique… Et c’est dans la même optique de diminuer la charge de travail qu’il investit dans un robot de traite Delaval. Les vaches circulent alors librement entre l’étable, la pâture et le robot, ce qui ne va pas sans occasionner quelques difficultés : « Quand on ouvrait les portes de l’étable, toutes les vaches sortaient, et le robot était quasiment inutilisé pendant cinq heures. Or comme il était déjà un peu limite par rapport à la taille du troupeau, il aurait mieux valu qu’il fonctionne tout le temps. Car si on doit tout le temps pousser les vaches pour qu’elles aillent au robot, on perd l’avantage du gain de temps qu’il est censé apporter ! » En 2015, le stade de 90 vaches pour un robot est atteint. Pour le désengorger, Guillaume Guth investit dans un second robot et, pour rationaliser le déplacement des vaches, dans des portes intelligentes. Elles permettent de donner accès ou non aux vaches au pâturage en fonction du délai avant la prochaine traite : si sa dernière traite remonte à trop longtemps, la vache n’aura pas accès à la pâture tant qu’elle ne sera pas retournée au robot pour se faire traire. Leur circulation reste donc libre, mais contrôlée. Du méteil pour l’autonomie fourragère La SAU et l’assolement actuel de l’exploitation ne permettent pas d’atteindre l’autonomie fourragère. Les agriculteurs achètent donc de l’herbe sur pied et des céréales à une exploitation de Weyersheim. Pour accroître l’autonomie fourragère de l’exploitation et mieux compléter le maïs ensilage, Guillaume Guth a essayé cette année sur 10 ha une double culture : du méteil (200 kg de semences fermières de triticale + 50 kg de pois fourrager), suivi d’un maïs ensilage. « L’avantage d’un méteil par rapport à un ray-grass, c’est qu’il va couvrir le sol sans consommer la réserve en eau qui doit bénéficier au maïs », indique l’éleveur, qui avance un second argument : les prairies qui souffrent de manière de plus en plus récurrente de la chaleur et du manque d’eau en début d’été. Le méteil étant récolté avant, il constituerait une forme d’assurance. Pour cet essai, le méteil a été fauché et ensilé le 1er juin, puis le maïs a été implanté au strip-tiller derrière : « J’avais peur d’assécher le sol en le travaillant », témoigne Guillaume Guth. Avec 17 tonnes de MS/ha (10 pour le méteil, 7 pour le maïs), l’essai est concluant. Ainsi les agriculteurs prévoient de réitérer l’expérience cette année, mais sur 30 ha et en enrichissant le méteil avec de la féverole afin d’améliorer la teneur en matière azotée totale (MAT) du fourrage. Un « challenge personnel » que Philippe Le Stanguennec encourage pour des raisons avant tout économiques : « Par rapport au conventionnel, les prix des correcteurs azotés ou du soja bios sont doublés. » Retrouvez aussi notre reportage vidéo :  

Publié le 16/11/2017

En moins de trois ans, la quasi-totalité du troupeau de vaches laitières du Gaec des collines, à Roderen, a été décimé sans qu’aucune explication rationnelle n’ait pu être fournie à ce jour. Et ce, malgré des études indépendantes récentes qui « laissent supposer » une contamination due à des nanoparticules de titane.

La résolution du mystère devra encore attendre. Trois ans plus tard, Pascal Wolfersperger, agriculteur à Roderen, ne sait toujours pas ce qui est arrivé à son cheptel de vaches laitières quasiment entièrement décimé par un mal non identifié à ce jour (voir encadré). Pourtant, de nouveaux « éléments de réponse » étaient présentés le 10 novembre lors d’une conférence de presse organisée par l’association Pingwin Planet, la Confédération Paysanne d’Alsace et l’association ACCES (Actions Citoyennes pour une Consommation Écologique et Solidaire). Le journaliste indépendant allemand - et chimiste de formation - Michael Loeckx a résumé deux années de recherche et d’investigation qu’il a menées parallèlement aux analyses régulières réalisées sur la ferme par différents organismes (CAC, Chambre d'agriculture, services de l’État…). Selon les résultats obtenus par des scientifiques suisses qui se sont penchés sur la question, d’importantes quantités de nanoparticules de titane auraient été retrouvées dans tous les échantillons de lait, d’herbe et de foin. « Au vu de tous ces résultats, on peut avancer qu’au cours de cette période d’observation, une contamination continue en dioxyde de titane a été présente », révèle Michael Loeckx. Pour corroborer cette hypothèse, le journaliste allemand rappelle les résultats d’une analyse supplémentaire du sol entreprise en 2016 par la CAC. Comme le révèle le rapport d’analyse, 2,558 g titane/kg de terre ont été retrouvés. Le maire de Roderen, Christophe Kippelen, relativise : « C’est une analyse qui n’a eu lieu qu’une seule fois à un endroit donné. Elle n’a pas été faite ailleurs. Cette quantité de titane observée est si forte que, si elle était due à une pollution atmosphérique, on retrouverait dans le sol autour de Thann tout le titane émis par l’usine Cristal depuis 1926. » Dans le cas présent, l’usine chimique aurait tout du responsable parfait aux yeux des associations ACCESS et Pingwin Planet. Ce dont elle se défend au travers d’un communiqué diffusé en début de semaine. Elle rappelle que « l’usine répond à l’ensemble des normes environnementales et de sécurité en vigueur » et conteste « formellement les accusations engageant sa responsabilité dans le décès de bovins à proximité ». Cristal se dit également « particulièrement surpris qu’aucun autre cas de décès d’animaux ne soit connu à proximité du site ». Rien de « significatif » pour l’Ineris Même si les suppositions vis-à-vis de la responsabilité de Cristal sont fortes, Michael Loeckx tient tout de même à tempérer le bilan de ces deux années de recherche. « Ces résultats ne prouvent rien à l’heure actuelle. On est incapable de dire si ce sont ces nanoparticules de titane qui ont tué les vaches. D’autres analyses sont en cours pour aller plus loin encore dans l’élucidation de ce problème. » De ce fait, la réunion prévue - de longue date - lundi dernier dans les locaux de la sous-préfecture de Thann en présence des services de l’État était fortement attendue. En effet, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), avait été mandaté en juillet dernier pour analyser de son côté les niveaux de nanoparticules de titane présentes sur l’exploitation de Pascal Wolfersperger. Comme le souligne le journaliste d’investigation allemand, « en chimie, si on ne recherche pas quelque chose précisément, on ne le trouvera pas ». Et l’Ineris n’a rien trouvé de significatif comme le révèle le communiqué diffusé mardi par la préfecture du Haut-Rhin : « les analyses d’air, d’eau, de sols, les autopsies vétérinaires, les recherches sur les fourrages et l’alimentation en eau n’ont pas mis en évidence des concentrations susceptibles d’être la cause des symptômes observés ». Présent à cette réunion, Christophe Kippelen souligne également que les concentrations retrouvées sont « à peu près équivalentes » à celles relevés sur le Gaec Reber, l’élevage laitier le plus proche situé à Aspach-le-Haut. Élevage qui n’a pas eu à déplorer de morts mystérieuses de ses bovins… Du coup, l’enquête continue. L’Ineris a demandé à confronter les résultats obtenus par Michael Loeckx afin d’étudier la méthodologie utilisée (par qui et avec quels moyens), ainsi que les chiffres obtenus. Les conclusions de cette nouvelle investigation devraient être connues lors de la prochaine réunion prévue début 2018 à la sous-préfecture de Thann.

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