bovins lait

Publié le 29/12/2017

Antoine Gérardy et Émilie Lehmann, étudiants au lycée d’Obernai, ont fait un stage en Nouvelle-Zélande, en juin 2017. Ils en tirent de nombreux enseignements sur les méthodes de travail de ce pays aux conditions propices à l’élevage. Entre vêlage groupé et vertes prairies, surprises garanties.

À nous les grands espaces. Début juin, Antoine et moi sommes arrivés chez Barry et Olivia Steiner, sur l’île nord de la Nouvelle-Zélande. Un stage de quatre semaines entre la 1re et la 2e année de BTS Analyse, conduite et stratégie d’entreprise agricole au lycée d’Obernai. À l’élevage Steiner, pas de traite pour nous. Toutes les vaches sont taries. Par ailleurs, même en plein hiver les bovins sont à la pâture, par - 5 °C et sous la pluie. Il faut donc bien gérer son système. Barry fonctionne, comme tous les agriculteurs néo-zélandais, sur le système du rotational grazing, ou pâturage tournant. En clair, il valorise chaque paddock au moment le plus intéressant. Ses vaches broutent ainsi de l’herbe d’assez bonne qualité. L’éleveur fait aussi des économies puisque ses bêtes n’ont presque pas besoin de compléments alimentaires. Les terres sont plutôt fertiles du fait de la roche volcanique et il pleut assez régulièrement. Ce qui garantit une pousse de l’herbe toute l’année. Autre particularité locale, législative cette fois, les agriculteurs ne perçoivent pas d’aides de la part du gouvernement néo-zélandais. En contrepartie ils ne sont soumis à aucune réglementation stricte. Libre à eux de gérer leur exploitation comme bon leur semble. Ainsi, l’alimentation du bétail reste surtout basée sur l’herbe, mais elle varie puisqu’on trouve de l’ensilage de maïs dans la région de Waikato, tandis qu’il n’y en a pas du tout dans la région de Bay of Plenty, où se trouve Barry. Ce qui s’explique par la grande différence de climat entre le nord plutôt tropical, et le sud plus froid. Plusieurs visites d’exploitation, une observation des systèmes Au cours de ces cinq semaines dans le pays nous avons eu la chance de voir différentes exploitations. Des « petites » (200 vaches laitières) aux « moyennes » (1 200 vaches), le tout en système de traite différent. Un point commun entre ces fermes : l’absence d’étable qui engendre un pâturage tout au long de l’année. Et aussi, toutes livrent leur lait à la société Fonterra. En effet, 92 % de la production laitière néo-zélandaise est vendue à Fonterra. De ce côté-ci du globe, la vente directe fait grise mine. En général, les exploitations moyennes en Nouvelle-Zélande sont génératrices d’emploi. Avec une division du travail assez poussée. Par exemple, certains salariés sont affectés uniquement à la traite. D’autres vont chercher les vaches et les divisent en lot avant de les ramener une fois la traite effectuée. Une main-d’œuvre très internationale, composée de nombreux Pakistanais et Indiens. Les woofers complètent les équipes. Les woofers, quèsaco ? Ce sont principalement des jeunes en voyage qui troquent quelques heures de travail à la ferme contre le gîte et le couvert. Les contrats à l’amiable vont de quelques jours à plusieurs mois. Très développé en Nouvelle-Zélande, on retrouve ce système en Australie, en Amérique du Sud ou encore en Espagne. Minda : l’application du pâturage tournant Retour chez Barry et Olivia. Ils travaillent avec Minda, une application qui permet de gérer le pâturage tournant et de suivre précisément la consommation des vaches. L’outil est assez simple d’utilisation et donne de nombreuses astuces. Il aide l’agriculteur à calculer la quantité de matière sèche (MS) par hectare grâce à des photos. Lors du paramétrage de l’application, nous avons mesuré tous les paddocks afin d’en évaluer la quantité de MS présente à l’hectare. L’application a déterminé pour nous les paddocks les plus pourvus en matières sèches et donc lesquels pouvaient être pâturés en premier. L’objectif de Barry et Olivia ? Augmenter le potentiel de leurs vaches. Pour le moment elles tournent autour de 15 litres/jour (5 500 l/an en moyenne). Durant notre période de stage, un nouveau réservoir à lait plus grand est arrivé. Une nouvelle laiterie a été construite, premier pas vers de meilleurs rendements.

Publié le 27/12/2017

Après ses réunions de section, Élitest tenait son assemblée générale le vendredi 8 décembre dans les locaux de la Chambre d'agriculture d’Alsace à Sainte-Croix-en-Plaine. La coopérative a présenté des projets innovants, dont Génosanté, pour une sélection génomique maîtrisée et valorisée.

Génosanté : au-delà d’indexer plus facilement mâles et femmes, cette approche permet de sélectionner de nouveaux critères, notamment sur la santé des vaches laitières. L’enjeu pour les éleveurs est de s’assurer de l’intérêt économique et technique du critère sélectionné et de la fiabilité de résultat qu’il apporte avant d’utiliser ces nouvelles informations. « Le programme Génosanté propose de véritables index, validés par un protocole scientifique rigoureux. Il mise sur des compétences collectives pour reproduire à titre privé la même chaîne d’indexation que les index publics. Cela va de la collecte de données à l’édition de véritables index, caractérisés par un coefficient de détermination et une héritabilité mesurés. Les index de résistance aux lésions infectieuses et ceux résistants aux lésions non infectieuses proposés aujourd’hui respectent cette philosophie pour apporter un progrès génétique maîtrisé et une capacité fine de conseil en élevage pour diagnostiquer les causes de boiteries et y remédier », explique Philippe Sibille, directeur d’Élitest. En données de base, ce sont 126 772 performances et 11 459 génotypages qui ont déjà été effectués avec ce programme. Sept lésions ont pu être caractérisées, dont trois infectieuses (dermatite digitée, limace, érosion de la corne du talon) et quatre non infectieuses (bleime circonscrite, bleime diffuse, ouverture de la ligne blanche, ulcère de la sole). Des corrélations légèrement négatives ont cependant été observées entre les deux groupes de caractères. Élitest s’est également engagé dans deux démarches : Rians, permettant une augmentation de la matière grasse en deuxième année ; et Herbo Pack, avec des partenaires comme Charal pour le croisement sur laitières, la valorisation du produit et un cahier des charges génétique pour cinq races. Avec la Chambre régionale d’agriculture Grand Est et l’Association de production animale de l’Est (Apal), une réflexion est en cours sur l’avenir de la production de la viande dans la région. Proposer de nouvelles offres Damien Tiha, président d’Élitest, a insisté sur la nécessité de faire évoluer la coopérative, à l’image de l’élevage qui est en pleine mutation. Pour répondre aux demandes de ses adhérents, notamment en matière de transformation, il y a une véritable nécessité de proposer de nouvelles offres et de nouveaux services, tout en restant dans le cœur de métier : la reproduction. « Nous observons une demande toujours plus forte sur des races comme la brune, la normande ou encore la jersiaise pour les taureaux laitiers, la blanc bleu, la limousine ou encore des croisés pour les taureaux allaitants. Nous devons répondre à ces demandes car, dans le même temps, nous avons constaté une baisse d’activité. Les inséminations artificielles premières (IAP) ont reculé de près de 5 % sur l’exercice écoulé. Depuis 2010-2011, année de fusion de notre coopérative, la baisse moyenne est de 0,15 % par an. Elle concerne aussi bien les allaitantes (- 8,3 %) que les laitières (- 4,2 %). En Alsace, la diminution est cependant moins importante (- 3,7 %) que dans d’autres départements du Grand Est. Par ailleurs, nous constatons une baisse du nombre d’adhérents et du nombre moyen d’IAP par adhérent sur cette même période. Il faut réagir. Proposer de nouveaux services, s’adapter à toutes les demandes, innover », insiste Damien Tiha. Élitest a adhéré à Brune Génétique Services et propose des offres spéciales pour la jersiaise et la normande, ou répond aux attentes de la filière viande en accompagnant les démarches des éleveurs. « Nous avons segmenté nos offres, nous les avons renouvelées en développant de nouveaux caractères, et nous nous sommes intéressés à la semence sexée et au croisement industriel. Enfin, nous avons misé sur de nouveaux services pour accompagner fortement cette reproduction. Je pense notamment au suivi reproduction, aux outils de monitoring, au programme sanitaire d’élevage (PSE) pour la maîtrise des cycles, au génotypage ou encore au sexage », ajoute Damien Tiha. Le suivi reproduction a concerné pour 2016-2017 pas moins de 19 654 femelles dans 203 élevages. Cette expertise au service des éleveurs s’appuie sur l’ensemble des services proposés (PSE, monitoring, Nutral, échos, palpers), et renforce la technicité et le savoir-faire des inséminateurs formés. De nouveaux développements sont à prévoir, comme le sexage de l’embryon, la caractérisation génétique simple ou encore le génotypage de l’embryon. Pour la race prim’holstein, ce travail a permis de placer quatre nouveaux taureaux dans la gamme. Xavier Wagner, directeur de l’application Applifarm, a présenté les fonctionnalités de ce service qui vise à valoriser les données en services pour améliorer la performance de l’élevage et la qualité de vie de l’éleveur. L’application sera officiellement lancée au courant du mois de janvier 2018.

Publié le 24/11/2017

Les assemblées de section d’Élitest, qui se tenaient récemment, annonçaient les assemblées générales ordinaires et extraordinaires du 8 décembre dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine.

Comme d’autres secteurs d’activité, l’élevage est en pleine mutation. Pour répondre aux demandes de ses adhérents, notamment en matière de transformation, la coopérative Élitest propose de nouvelles offres et de nouveaux services, tout en restant dans son cœur de métier : la reproduction. Élitest constate cependant une baisse de ses activités inséminations qui se pratiquent sur des taureaux de races très variées. « Nous observons une demande de plus en plus forte sur des petites races comme, par exemple, la brune, la normande ou encore la jersiaise pour les taureaux laitiers, la blanc bleu, la limousine ou encore des croisés pour les taureaux allaitants. Depuis notre première année d’activité en 2010-2011, nous nous sommes adaptés génétiquement à ces fortes transformations et ce développement des petites races en adhérant à « Brune Génétiques Services », en proposant des offres spéciales pour la jersiaise et la normande, ou encore en répondant aux attentes de la filière viande en accompagnant les démarches des éleveurs. Nous avons segmenté nos offres, nous les avons renouvelées en développant de nouveaux caractères, et nous nous sommes intéressés à la semence sexée et au croisement industriel. Enfin, nous avons misé sur de nouveaux services pour accompagner fortement cette reproduction. Je pense notamment au suivi reproduction, aux outils de monitoring, au programme sanitaire d’élevage (PSE) pour la maîtrise des cycles, au génotypage ou encore au sexage », explique Jean-Louis Lacroix, vice-président d’Élitest. Le suivi reproduction a concerné pour 2016-2017 pas moins de 19 654 femelles dans 203 élevages. Cette expertise au service des éleveurs s’appuie sur l’ensemble des services proposés (PSE, monitoring, nutral, échos, palpers), et renforce la technicité et le savoir-faire des inséminateurs formés. Un schéma pour la vosgienne Sur le schéma de la race vosgienne, 1 163 génotypages ont été effectués en 2016-2017, ce qui constitue un doublement de la population de référence. 133 mères à taureaux ont été retenues et 46 pères à taureaux différents. L’objectif est d’arriver à 60 veaux mâles génotypés en sachant que huit ont été rentrés à Brumath et quatre retenus et diffusés en semences sexées. Le génotypage de toutes les femelles vosgiennes est pris en charge par l’organisme de sélection (OS). « Il faut insister sur le fait que la génomique sert à trier. C’est un indicateur, pas un index. Un indicateur qui complète la gamme des index. On a évolué en passant d’un modèle de testage il y a dix ans à un génotypage des génisses que l’on repère pour les rentrer en station pour des embryons. Cette création génétique est aussi le fruit d’un partenariat étroit avec les éleveurs », indique Luc Voidey, directeur technique d’Élitest. Il a également insisté sur les nouveaux besoins à fournir pour la filière viande. Les consommateurs veulent des portions de viande régulières, de taille réduite, rouges, tendres, goûteuses et issues d’animaux élevés à l’herbe. « Nous devons répondre à toutes ces demandes. Celles des consommateurs, et celles de nos adhérents éleveurs. Car, ces deux dernières années, l’insémination a baissé de 5,8 %, notamment sur les mises en place. Nous avons donc décidé de les augmenter de 0,80 €/IAP alors qu’elles étaient stables depuis le 1er novembre 2011. Nous avons également décidé, pour cette campagne 2017-2018, de maintenir nos tarifs génétiques et de faire des remises pour la fidélité de nos adhérents. Ces derniers sont au nombre de 4 437 à être actifs et 3 770 ont une remise de 1 à 25 », ajoute Luc Voidey. La compétitivité de l’élevage dépend des efforts d’adaptation des professionnels et de la stratégie mise en place pour la reproduction. Une politique et des orientations qui seront débattues lors de la prochaine assemblée générale d’Élitest qui se déroulera le 8 décembre.

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