bovins lait

Gaec Babé à Courtavon

À une victoire de la cloche

Publié le 29/10/2016

Dimanche, le Gaec Babé de Courtavon va participer pour la douzième année consécutive au concours Montbéliarde de Habsheim. L’occasion de, peut-être, remporter pour la troisième année d’affilée le meilleur lot d’ensemble. Un challenge réussi à une seule reprise depuis la création du concours en 1994.

Des trophées s’amoncellent sur les deux armoires du bureau, d’autres sont rangés en vrac dans un carton. Depuis douze ans, le Gaec Babé fait bien plus que de la figuration dans les différents concours bovins auxquels ils participent. L’an dernier à Habsheim, la grande championne montbéliarde et le meilleur lot d’ensemble venaient tous les deux de cette exploitation familiale de Courtavon. En évoquant ces distinctions, Martin Babé, 19 ans, et futur cogérant du Gaec aux côtés de sa cousine Pauline (23 ans) et son cousin Florent (27 ans) a des étoiles qui scintillent dans yeux. « Rien n’est comparable à ce qu’on peut ressentir quand on gagne un concours comme celui-là. On est récompensé d’un travail de longue haleine mené sur plusieurs générations d’animaux. Au début, tu avais une vache un peu moyenne. Et quelques années plus tard, sa petite-fille ou son arrière-petite-fille est devenue un animal magnifique. C’est une fierté immense », témoigne le jeune homme féru de génétique bovine. « Une joie, tout simplement » Actuellement en deuxième année de BTSA Analyse et conduite de systèmes d’exploitation (ASCE) à Fougerolles (Haute-Saône), Martin n’est du genre à se mettre la pression, que ce soit pour la succession annoncée de son père au sein du Gaec, ou pour le concours de dimanche. Les feux de la rampe, il a appris à les gérer depuis qu’il a terminé troisième meilleur présentateur à Habsheim en 2009. « C’est un moment qu’on attend tous. Pendant deux jours, on se retrouve entre éleveurs. On laisse tous les soucis de côté. Une fois que tu as goûté à un concours comme celui-là, tu ne peux plus t’arrêter. C’est une joie, tout simplement. » Une accalmie qui fait du bien à une profession en pleine tourmente. Prix du lait au plus bas, perspectives incertaines ; les raisons de perdre le sourire sont malheureusement nombreuses pour les éleveurs. « C’est vrai, on ne sait pas trop où on va, souligne-t-il lucidement. Et je comprends le désarroi de ceux qui sont en fin de carrière. Mais bon, à mon âge, on conserve une lueur d’espoir. On a toujours envie d’aller de l’avant. » Un état d’esprit qui sera encore présent dimanche chez Martin, Pauline et Florent. Pendant que leurs pères et oncles, Maurice et Gérard, s’occuperont des bêtes restées à la ferme, ils tenteront de remporter le lot d’ensemble pour la troisième année d’affilée. Un challenge qui n’a été réussi qu’une seule fois depuis la création du concours de Habsheim en 1994. « Si on y arrive, on pourra garder la cloche qui est remise en jeu chaque année. Il y a encore plus de fierté à remporter ce trophée. On doit choisir les vaches les plus homogènes entre elles, il y a encore plus de travail », poursuit Martin. Qui plus est quand certaines demoiselles font preuve de mauvaise volonté. « La montbéliarde est une vache de caractère. Mais bon, c’est comme chez les humains, il y a les gentilles et les têtues. Ce sont elles les stars. »

Publié le 26/11/2012

Chapi Chapô

Congrès de la fédération nationale ovine La culture de la gagne ! La FNO a tenu son congrès annuel en Alsace, « terre de mission » pour l’élevage ovin qui ne représente ici que 1 % du cheptel national. Un congrès aux tonalités de coaching sportif pour booster les troupes pendant les 12 prochains mois jusqu’au prochain congrès en terres de Bretagne. Si les éleveurs ovins se sentent parfois isolés sur leur ferme, ils participent à une dynamique collective forte. La filière ovine a en effet la pêche. Et quoi de mieux pour se projeter dans l’avenir qu’une table ronde sur la motivation et la réussite ! Pour qu’un collectif fonctionne, chacun doit faire son boulot et faire confiance aux autres, tel est le message de Vincent Collet, entraîneur de l’équipe de France de basket. Car contrairement aux apparences, « le monde agricole travaille et réussit grâce au collectif ! », comme l’a rappelé Michèle Boudoin, secrétaire générale de la FNO. Le principal challenge de la filière, et de la profession, c’est la transmission des exploitations. Un point sur lequel, cédant et repreneur doivent faire preuve de beaucoup de psychologie, comme l’a souligné Gérard Baglin, coach sportif. « Une entreprise ressemble à son dirigeant ». Le cédant doit accepter les changements et le repreneur doit faire preuve de respect pour le travail accompli. La FNO a d’ailleurs signé à l’occasion de ce congrès une convention avec la FNSAFER. Objectif : faciliter l’accès au foncier des porteurs de projets dans l’élevage ovin.   nnjnj ij Une filière exemplaire Selon Xavier Beulin, président de la FNSEA, « la FNO fait figure de laboratoire pour les autres filières ». Elle est en effet parvenue à enrayer la tendance à la réduction du nombre d’exploitations ovines : alors que de 1990 à 2000, la filière avait perdu 40 % de ses élevages, aujourd’hui, elle annonce qu’elle recrute. Et elle lance le programme Inn’ovin, ou la stratégie gagnante, un plan à moyen terme pour faire progresser la filière sur quatre axes : le renouvellement des générations, la performance économique et technique des élevages, l’amélioration des conditions de travail, et la contribution à l’innovation, notamment pour la transition énergétique. Au niveau sanitaire, les mesures prises ont permis d’éviter toute épidémie en 2014 dans des élevages pourtant confrontés aux risques de la FCO ou de la fièvre aphteuse. Mais, l’existence de nombreux foyers européens incite à la mise en place d’un fond de mutualisation en 2015. Créer et conserver de la valeur ajoutée La nouvelle Pac, comme l’a souligné Thomas Diemer, président des JA, va dans le bon sens pour l’élevage ovin. Il a toutefois déploré la remise en compte du critère d’âge pour l’attribution de l’ICHN. Il a également incité les producteurs à s’emparer de la distribution. À titre d’exemple, avec la marque Agneau Terroir d’Alsace, les éleveurs ovins ont pu créer et conserver de la valeur ajoutée. Le sujet qui fâche, c’est le loup. Alors que 15 M€ sont consacrés chaque année à la protection de cette espèce, plus de 9 000 brebis ont été tuées sur 29 départements en 2014, une ampleur inégalée ! Serge Préveraud, le président de la FNO, a demandé à Stéphane Le Foll la révision de la convention de Berne, qui protège l’espèce, et des mesures concrètes de l’État. S’il reconnaît la nécessité de revoir cette convention, le ministre de l’Agriculture a estimé néanmoins que des moyens existent et qu’il faut les utiliser, notamment en renforçant les effectifs des lieutenants de louveterie. Sur le contingent de 36 loups qui peuvent être prélevés, à ce jour à peine 14 bêtes ont été tuées. Serge Préveraud passe le flambeau à Michèle Boudoin Après sept années passées à la présidence de la fédération, Serge Préveraud a cédé la présidence à Michèle Boudoin. Il a salué la salle avec cette déclaration volontariste : « N’ayez pas peur de l’avenir, les projets qui n’aboutissent pas sont ceux que l’on ne fait pas ! » À l’issue du congrès, Stéphane Le Foll a remis le mérite agricole à son épouse, Béatrice.

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