bovins lait

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

De l’intérêt de sélectionner en élevage allaitant

Publié le 20/02/2017

L’assemblée générale des éleveurs alsaciens de salers a été l’occasion d’expliquer le bien-fondé d’opérer une sélection du cheptel en adéquation avec les caractéristiques de chaque exploitation.

L’assemblée générale des éleveurs alsaciens de la race bovine salers se tenait lundi 6 février dans la ferme-auberge des Hauts-Bois, adossée à l’exploitation agricole d’Évelyne Hazemann, à Ranrupt. La visite de cet élevage de 45 vaches et la suite, conduit en bio, a permis d’apprécier comment le schéma de sélection de la race salers entrepris sur cette exploitation située à 750 m d’altitude avec 110 hectares de SAU, permet d’optimiser les performances technico-économiques. La production est tournée pour partie vers des femelles vendues en direct, tandis que les mâles sont vendus au Comptoir agricole comme broutard à l’âge de 10 mois pour l’engraissement. Le reste des femelles est destiné au renouvellement du cheptel et à la vente à d’autres élevages. Les Hazemann ont recours à la génétique sélectionnée au Domaine du Fau, berceau de la race, à Saint Bonnet de Salers dans le Cantal. En bio, viser une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers Pierre Laceppe, du herd-book salers, a rappelé l’importance de la sélection en élevage allaitant. Il a apporté des explications sur le standard recherché des animaux. Il a jugé quelques femelles sur leur morphologie et leur pedigree. Il a également commenté le taureau récemment acquis par les éleveurs. Ce fils de Halley, « est bien pointé, avec de grosses épaules, en raison notamment de sa bonne profondeur et de sa bonne largeur de poitrine, conférant une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers ». Un point important pour les Hazemann qui nourrissent tout leur cheptel au foin, au regain et à l’enrubanné. Pierre Laceppe a également expliqué l’utilité du pointage en post-sevrage pour classer et hiérarchiser les femelles d’un troupeau. Un syndicat impliqué Nicolas Fady, président du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers, a remercié les visiteurs venus du Cantal, en particulier le président du herd-book salers, Lionel Duffayet, et le vice-président, Géraud Trin, ainsi que le technicien, Pierre Laceppe, et Vincent Gaillard, technicien schéma génétique salers de la coopérative d’insémination. Il a également salué le président du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Sébastien Stoessel. Ce dernier a félicité le syndicat pour son implication lors de la manifestation de Habsheim en octobre dernier : « Cette participation constitue un signe fort vis-à-vis des collectivités départementales et régionales, impliquées dans le soutien financier de la manifestation, et de la Chambre d’agriculture d’Alsace, sans laquelle ce concours ne pourrait pas être mené à bien. » BVD : le dépistage porte ses fruits Vincent Gaillard a présenté le nouveau catalogue des taureaux d’insémination. Et plus particulièrement, les taureaux Baron et Béguin. Le premier est très complet en taille et en viande, et le second s’illustre par son index lait très élevé. Dans la gamme des nouveaux taureaux, Halley sort du lot grâce à de bonnes performances viande sur broutards. Et Houston est un taureau très mixte, à privilégier sur les génisses. Céline Zuber, du GDS Alsace, a présenté les dernières évolutions concernant la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) et ses conséquences sur les mouvements des animaux. À noter également que le dépistage de la Diarrhée virale bovine (BVD) mis en place dans le Grand Est permet de diminuer le nombre d’individus infectés persistants et immunotolérants. Nicolas Fady a conclu cette réunion en faisant part de sa volonté d’organiser un voyage pour se rendre à la prochaine vente à la station d’évaluation à Sansac-Veinazès courant avril.

Cédric Goldschmidt à Dannemarie

Le bio, naturellement

Publié le 02/02/2017

Installé depuis 2003 sur l’exploitation familiale, Cédric Goldschmidt a choisi de s’orienter, par conviction personnelle, vers la production biologique. Il est en cours de conversion jusqu’au 1er mai 2017. Et c’est l’année 2018 qui servira de référence pour ses cultures et sa production entièrement bio.

L’exploitation de la famille Goldschmidt occupe une surface de 90 hectares. Elle compte une cinquantaine de vaches laitières holstein pour une production de 450 000 litres de lait. On y cultive du maïs, du blé et, depuis la conversion, de l’herbe. Âgé de 35 ans, Cédric Goldschmidt travaille seul. Il est aidé par son épouse qui lui donne des coups de main « administratifs » et par son père retraité. « J’ai changé d’état d’esprit lors de mon apprentissage. J’étais sur une ferme en cours de conversion. À cette époque, la pratique de l’agriculteur était en contradiction avec ce que j’apprenais à l’école. Cela a éveillé ma curiosité, car ce que je faisais au quotidien ne me convenait pas. Je le faisais par automatisme, par obligation. Or, je voyais mon avenir différemment. Dans le même temps, ma laiterie Eurial (ex-Senagral) a proposé aux éleveurs de l’association des huit cantons de passer en bio en 2009. J’étais intéressé, mais le projet est tombé à l’eau. À titre personnel, j’étais pourtant prêt. Mais il fallait trouver des débouchés pour entamer cette démarche, sinon cela n’avait aucun sens », explique Cédric Goldschmidt. Le jeune éleveur poursuit son cheminement intellectuel. En 2012, il visite deux fermes équipées de robots de traite compatibles avec la production biologique. Pour lui, c’est une sorte de « feu vert » pour investir et franchir le pas. Et quand il apprend la relance d’une collecte par Biolait, il contacte sa laiterie qui ne le freine pas. Au mois de mai 2015, il signe et entame sa procédure de conversion. De la phytothérapie Depuis, il travaille différemment. « Je ne fais plus aucun traitement. Il n’y a plus de produits et ni engrais chimiques dans les champs. J’apporte encore de l’engrais organique. Le désherbage est mécanique. J’ai mon propre lisier et mon propre fumier. Pour l’ensemencement des prairies, je vais jusqu’à récolter trois, quatre ou même cinq coupes d’herbe. Bien évidemment, il a fallu que j’investisse dans du matériel mécanique de désherbage et le travail est différent. C’est une redistribution du temps du travail nécessaire. Mais les premiers résultats sont encourageants. Cet automne, les rendements des cultures ont été divisés par deux. Mais, le coût du traitement de ces mêmes cultures permet d’économiser des charges. Je m’y retrouve et surtout, je redécouvre une autre façon de cultiver sans produit chimique. » Depuis l’automne, il soigne également ses animaux avec moins d’antibiotiques et en utilisant des produits à base de plante. Une technique issue de la phytothérapie. « On a fait cette transition le plus lentement possible pour ne pas perturber les animaux. Et ils se sont bien adaptés. Leur ration en hiver est également différente. Avant je leur donnais deux tiers de maïs et un tiers d’herbe. Aujourd’hui, c’est trois quarts d’herbe et un tiers de maïs. Et ma production de maïs a diminué. Elle a même été divisée par deux. La part de l’herbe est désormais prédominante sur l’exploitation », précise Cédric Goldschmidt. Économiquement : ni mieux, ni pire ! Le jeune éleveur est impatient d’arriver à la fin de cette période de conversion, au mois de mai 2017. Les charges des produits biologiques sont élevées et le prix du lait est, comme pour tous les éleveurs, assez bas actuellement. La prime de conversion de sa laiterie (30 € les 1 000 litres) ne permet de compenser qu’une petite partie de ces coûts. « La situation économique actuelle n’est pas favorable, c’est certain. L’année 2016 a également été mauvaise pour les éleveurs en conventionnel. Je ne ressens pas davantage la crise actuelle. Demain, je sais que je ne vais pas gagner davantage, mais que je vais vivre aussi bien que mes collègues en conventionnel, et sans utiliser de produits chimiques. Je suis satisfait de mes choix qui sont en accord avec ma philosophie de vie. Et puis, pour revenir à l’année 2016, elle a prouvé une nouvelle fois que l’on pouvait faire comme on voulait. Mais si le climat n’est pas de la partie, nos pratiques ont leurs limites. C’est aussi ce qui m’encourage à poursuivre », relève l’éleveur. Cédric Goldschmidt n’hésite pas à suivre des programmes de formation pour continuer à évoluer et à apprendre des nouveautés. Il est aidé et conseillé par les techniciens de la Chambre d'agriculture d’Alsace et de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). « Je remercie notamment Sophie Delattre et Benoît Gassmann. Ils m’ont toujours soutenu. Leurs conseils me permettent de faire en sorte que cette période de conversion se passe au mieux. » Un nouveau camion de collecte viendra à la ferme à partir du 1er mai prochain. Il devra patienter une année encore pour ses autres cultures. 2018 sera la première année complète en production biologique pour l’ensemble de son exploitation. Un nouveau cap sera franchi. « Je comprends parfaitement celles et ceux qui, dans la profession, se posent des questions. Avant de chercher à changer ses productions, il faut surtout bien réfléchir, observer, et se renseigner pour savoir vers quoi on veut aller. Pour ma part, je ne regrette rien même si je sais qu’à l’avenir, il va falloir que je m’adapte, encore et toujours », conclut Cédric Goldschmidt.

Syndicat des éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin

« Il n’y a plus un seul modèle dans la tenue de son exploitation »

Publié le 02/02/2017

Les éleveurs de race Montbéliarde du Haut-Rhin se sont retrouvés en assemblée générale le 25 janvier à Carspach. L’occasion d’évoquer l’actualité. À commencer par les évolutions territoriales au sein d’une région Grand Est où le monde agricole a toute sa place.

Le président du syndicat, Jean-Philippe Meyer, n’a pas caché sa satisfaction. Malgré les difficultés économiques actuelles, les éleveurs sont mobilisés pour participer au dynamisme du syndicat. Ce dernier compte 30 adhérents pour 1 912 vaches (une hausse de 46 vaches par rapport à 2015) et pour 4 192 résultats en toute lactation (439 609 au niveau national). Le syndicat a participé à de nombreuses manifestations. L’école des jeunes présentateurs tout d’abord. En 2016, la journée de formation s’est déroulée le 27 août à l’Earl du Bergfeld à Gommersdorf avec seize participants. Le concours d’Habsheim ensuite où douze élevages étaient présents sur un total de 42. « Vous avez une nouvelle fois montré la qualité de vos vaches et votre passion. Je pense notamment à l’Earl Hatstatt à Muespach et sa championne jeune et grande championne Holly, au Gaec Babé à Courtavon et sa championne adulte Fortuna, au Gaec Stoll récompensé du meilleur lot d’élevage ou encore à Marie Herscher du Gaec du Blochmont première chez les jeunes présentateurs », a rappelé Isabelle Hofstetter. Sans oublier enfin, la présence de nombreux membres du syndicat à la confrontation européenne à Colmar du 17 au 19 juin 2016. « Cela a été une belle réussite. Nous avons accueilli plus de 25 000 personnes. L’événement a eu un impact incroyable tant localement qu’au niveau international. À chaque fois que je me déplace, en Alsace, en France ou à l’étranger, j’ai des témoignages positifs. Merci pour votre soutien. Le club Holstein 68 vous en est reconnaissant. Il y avait 280 bénévoles haut-rhinois et votre syndicat était très bien représenté. Nous avons réussi ensemble », témoigne le président du club Holstein 68, Thomas Prinz. Et, en signe de reconnaissance et d’amitié, il a profité de cette assemblée générale pour remettre à Jean-Philippe Meyer un chèque de 3 000 € dont pourra profiter le syndicat des éleveurs de la race Montéliarde du Haut-Rhin. Se retrouver avec une exploitation vivable et viable Lors de cette réunion, le président du service élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace Sébastien Stoessel est revenu sur la situation économique actuelle. « Chacun doit avancer à son rythme. C’est d’autant plus important qu’il n’y a plus un seul modèle dans la tenue de son exploitation, dans sa manière de travailler. L’essentiel, c’est de se retrouver avec une exploitation vivable et viable. À un niveau général, nous faisons désormais partie de la Région Grand Est. Nos deux départements alsaciens travaillent en commun. Et nous, à la Chambre d'agriculture, nous avons anticipé les choses et cette réforme territoriale. Cette stratégie s’avère heureuse. On pèse davantage en parlant d’une seule voix, en essayant d’avancer intelligemment. C’est le cas, par exemple, pour le contrôle de performance et pour l’identification. La Chambre d'agriculture d’Alsace a des moyens qui diminuent. Nous arrivons cependant à avoir un service élevage presque autonome, au moins sur la partie pesée. Il faut poursuivre ce travail en commun », rappelle Sébastien Stoessel. Il cite, en complément Elitest et l’Arsoe à Nancy, sans oublier le site internet qui évolue également pour communiquer au mieux auprès de tous les agriculteurs, de tous les éleveurs. La réunion a également évoqué le renforcement des mesures de lutte contre la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) avec comme objectif, une éradication complète. Une politique d’éradication qui concerne également la Diarrhée Virale Bovine (BVD). Il a enfin été rappelé que trois conseillers spécialisés au sein d’Alsace Conseil Élevage accompagnent les éleveurs afin de bien évaluer avec eux le coût d’élevage des génisses. Il convient notamment d’avoir de bonnes croissances de 0 à 6 mois, d’adapter sa conduite alimentaire après 6 mois à son objectif d’IA, et de faire attention aux autres frais d’élevage dans le coût de la génisse.

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