bovins lait

Alsace Conseil Élevage

Évolution et réorganisation

Publié le 28/12/2016

Pour plus de proximité, le Contrôle laitier se réorganise pour faire face aux demandes des éleveurs.

Dans le cadre de la séparation progressive des métiers de pesées et de conseils initiée en 2012, une nouvelle équipe d’encadrement formée d’un responsable pesée et de deux responsables conseils, d’un ingénieur lait et d’une assistante, a vu le jour au mois d’octobre. La partie pesée est désormais pilotée de façon autonome, sous la responsabilité de Véronique Schall-Lagoutte, qui a en charge une équipe de 15 secrétaires d’élevage (pesée et validation de la pesée). Cette équipe jeune et dynamique a pour mission d’effectuer la pesée dans vos élevages en respectant les critères de qualité de collecte définis par la profession pour vous fournir des informations fiables de pilotage de votre exploitation (informations par ailleurs valorisées par la chaîne génétique, et qui vous permettent entre autres d’obtenir des index pour chacune de vos vaches). Soucis, questions, interrogations sur la pesée ou la facturation : Véronique est votre interlocutrice (tél. 03 88 19 55 55). Pour le conseil auprès des éleveurs laitiers, deux équipes d’une douzaine de conseillers assurent le suivi des 550 adhérents. L’équipe nord, regroupant les zones de Haguenau et de Bouxwiller, est sous la responsabilité d’Annabelle Ragot qui assure une permanence le lundi à Schiltigheim (tél. 07 70 74 25 01). L’équipe sud, regroupant les zones Centre, Montagne et Sundgau, est sous la responsabilité de Dominique Wolfer qui assure une permanence à Altkirch (tél. 06 71 40 06 44). Outre la gestion de leur équipe, les responsables conservent un volume de conseils individuels leur permettant de rester proches du quotidien des éleveurs et de réagir rapidement aux demandes de terrain. Par ailleurs, ils assurent le lien avec les éleveurs et les interlocuteurs locaux (laiterie, commerciaux) sur le terrain. Ces conseillers, de plus en plus, compétents ont maintenant acquis différentes expertises au service des éleveurs alsaciens. L’équipe est complétée par Sophie Weidmann, qui assure un soutien technique, scientifique et organisationnel pour toutes les thématiques autour du conseil. Enfin, Fabienne Menges reste l’assistante privilégiée de tout le service lait (tél. 03 89 20 98 01). Cette nouvelle équipe d’encadrement est à votre service et à votre écoute pour vous accompagner dans la gestion de votre élevage.

Publié le 04/12/2016

Le dépistage des veaux à la naissance vis-à-vis de la BVD se généralise au cours de cet hiver dans tous les élevages. Cette mesure s’inscrit dans le programme d’éradication de la BVD mené par les Groupement de défense sanitaire du Grand Est. Mais des éleveurs dépistent leurs veaux de façon volontaire depuis plus d’un an. Rencontre avec Nicolas Dieterich (EARL du Muhlwald), qui élève 85 vaches limousines à Schweighouse-sur-Thann, et le Dr Boris Dirrenberger, vétérinaire de l’exploitation.

Fin 2014, le Groupement de défense sanitaire (GDS) intervient dans toutes les assemblées générales des syndicats de race pour présenter le dépistage des veaux par la pose d’une troisième boucle. « Sur le coup, je n’en ai pas vu l’intérêt, se rappelle Nicolas Dieterich. Mais à la suite de cette réunion, j’en ai parlé avec d’autres éleveurs allaitants qui avaient subi des pertes importantes lors d’un passage de BVD. Ça m’a fait changer d’avis. » L’éleveur a appelé le GDS qui lui a commandé des boucles de prélèvement. Le dépistage des veaux pouvait commencer. De l’avis du Dr Boris Dirrenberger, vétérinaire, « les cheptels allaitants ont souvent des vêlages groupés sur l’année et peuvent subir des pertes importantes. Il suffit que le virus circule au mauvais moment dans l’année et les IPI peuvent être nombreux parmi les veaux. » (lire en encadré).   Quels risques de contamination pour le cheptel ? Nicolas Dieterich a conscience de l’enjeu du sanitaire. Les achats sont limités : en fonction des besoins un taureau est introduit l’été quand le bâtiment est vide, le temps de faire les prises de sang d’introduction avant de le mettre avec les femelles. La bétaillère est prêtée à un autre éleveur avec des règles claires : prendre le matériel propre - le ramener propre. Mais Nicolas Dieterich l’avoue, les risques liés aux voisins de parc sont difficiles à maîtriser : « Les pâtures des génisses sont autour de mon bâtiment, j’aime les avoir à l’œil. Par contre j’ai des pâtures jusqu’à 45 km de l’exploitation : c’est impossible de maîtriser le risque lié au voisinage dans ces conditions, sans parler des parcs laissés ouverts par les promeneurs et les cueilleurs de champignons… Il y a trois ans, avec mon vétérinaire, nous avons mis en place un protocole de vaccination de toutes les femelles reproductrices. » Les contacts directs entre bovins sont effectivement les principales sources de contamination d’un troupeau, explique le Dr Boris Dirrenberger. À ce titre, les introductions d’animaux sont des voies de contamination importantes. « Les éleveurs ont souvent le réflexe d’isoler le taureau qu’ils ont acheté. Par contre les veaux à faire adopter en cas de mort d’un veau ou l’introduction de vaches nourrices ne sont souvent pas bien maîtrisés, voire ne représentent pas un danger aux yeux de l’éleveur, précise le vétérinaire. Le risque de contamination en pâture est également difficilement maîtrisable. Lorsque les risques de contamination sont importants ou ne peuvent être maîtrisés, nous recommandons aux éleveurs de vacciner les mères. Dans notre secteur, où les pâtures sont omniprésentes, nous avons fortement encouragé à vacciner les animaux reproducteurs. » Quel bilan après un an et demi de bouclage ? « Le premier bilan, et c’est le plus important, c’est que nous n’avons pas trouvé d’animal positif », constate Nicolas Dieterich. Les vêlages ont lieu en bâtiment. Les veaux sont isolés dans un box derrière les vaches : de bonnes conditions pour boucler sans risque. Les choses vont être simplifiées, explique Nicolas Dieterich : « Depuis un an et demi, je pose une troisième boucle qui permet de faire le prélèvement. J’ai passé ma commande de boucles identification et avec les nouvelles, une des deux boucles d’identification sera préleveuse » (lire en encadré). Mais l’éleveur regrette qu’il n’y ait « pas eu de plus-value pour les veaux bouclés. Les marchands n’ont pas joué le jeu, et ce n’est pas normal. C’est quand même une sécurité pour un acheteur, marchand ou éleveur, d’avoir des animaux non IPI. » Quelle vision du programme d’éradication ? Pour Nicolas Dieterich, le bouclage est à la portée de n’importe quel éleveur. Il y aura des retombées économiques pour les élevages. Avec l’éradication de la BVD, les pertes sanitaires diminueront. Mais pour l’éleveur, il y aura aussi des difficultés : « Il y aura certainement des éleveurs qui ne feront pas les choses correctement. Il faudra des sanctions pour ces gens-là. On ne va pas tolérer d’avoir quelques rebelles qui ne veulent pas entrer dans la démarche. Il faut que ce soit tout le monde ou personne. » Pour le Dr Boris Dirrenberger, il faudra effectivement « entretenir et imposer un « élan collectif » » des éleveurs qui vont devoir boucler pendant quatre ans. Mais il ne faut pas s’y tromper, le chantier est grand : « Une éradication n’est possible qu’en dépistant dans tous les troupeaux, en assainissant les cheptels infectés et en maîtrisant les risques de contamination. L’adhésion de tous les éleveurs est indispensable et des moyens réglementaires seront nécessaires pour contraindre les derniers récalcitrants. Tant que la zone ne sera pas considérée comme assainie et que les risques ne seront pas maîtrisés, la vaccination restera utile. »

Bilan de campagne

L’espoir de jours meilleurs

Publié le 01/12/2016

Les membres de la Chambre d'agriculture d’Alsace, réunis le vendredi 25 novembre à Schiltigheim, ont tiré le bilan d’une année agricole catastrophique.

« La récolte de blé 2016 a été la plus mauvaise en rendement depuis trente ans, souligne Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Celle du maïs est marquée par des résultats très moyens et une grande hétérogénéité. Confrontés à des prix des céréales particulièrement faibles pour la troisième année consécutive, les revenus des céréaliers sont en berne et les trésoreries asséchées, voire déficitaires. Seule note positive, la viticulture affiche un rendement moyen supérieur aux derniers millésimes et des raisins de belle qualité. Mais c’est sans aucun doute l’élevage qui connaît les difficultés les plus importantes, avec un prix du lait orienté à la baisse depuis des mois. « L’inquiétude des producteurs est bien réelle. » Les producteurs de viande souffrent à la fois de la crise et du dépôt de bilan de Copvial, qui se solde par de nombreux impayés. « Nous sommes au cœur d’une crise qui dure et qui fragilise les exploitations. Nous savons que les mesures gouvernementales ne seront pas à la hauteur des pertes subies. Dans ce contexte très difficile, nous devons tout faire pour passer le cap », insiste le président. Cela passe par une action déterminée de refinancement pour les exploitations à court de trésorerie et par la mise en place de la cellule départementale d’accompagnement « Réagir », avec le soutien de la Région Grand Est. « Grâce à une action concertée entre la Chambre d'agriculture, la MSA, les organisations professionnelles et économiques, les centres de comptabilité et les banques, nous espérons détecter le plus tôt possible les entreprises fragilisées et agir de façon coordonnée pour essayer de redresser l’équilibre de l’exploitation et éviter l’isolement de l’agriculteur. » Des entreprises fragilisées Le bilan dressé par Yves Jauss, directeur du pôle économie et entreprises de la CAA, confirme ces propos. Les réactions ne se font pas attendre. C’est Jacky Wolff qui ouvre le ban des interventions. Le monde du paysage a subi la crise de plein fouet, indique-t-il. « Ces derniers temps, les carnets de commandes se remplissent, mais le chiffre d’affaires des entreprises est en recul de 2 à 4 %. » Paul Fritsch, président de la Coordination rurale du Bas-Rhin, évoque le désarroi des agriculteurs qui, chaque jour, s’enfoncent un peu plus dans la crise. « Des solutions existent pourtant… » Pour Denis Ramspacher, administrateur de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), il faut faire en sorte que le marché intérieur soit le plus valorisant possible pour certaines filières. Pour d’autres, c’est l’international qui offre une plus-value intéressante, comme le montre l’exemple d’Alsace Lait. « Nous travaillons régulièrement avec nos collègues allemands pour éviter que de telles crises ne se reproduisent. » Il faut garder espoir : les cours des produits industriels (beurre, poudre de lait) se raffermissent, une embellie qui devrait se répercuter rapidement dans les exploitations. « Les cours devraient repasser au-dessus des 300 €/1 000 l. » Primes Pac : des retards intolérables « La moitié des agriculteurs de notre région gagnent moins de 4 200 €/an », affirme Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Climat, prix, charges, tous les facteurs sont dans le rouge. Autant de leviers sur lesquels il faut agir, en améliorant le dispositif d’assurance récolte, en introduisant un système de régulation, en gagnant en compétitivité. Mais ce n’est pas tout : de nombreuses exploitations souffrent d’une trésorerie exsangue, en raison du retard dans le paiement des aides Pac 2015. « Plus de 18 mois après la fin des déclarations Pac 2015, des centaines d’agriculteurs n’ont toujours pas perçu les subventions auxquelles ils ont droit. L’État se réfugie derrière le prétexte de « bugs » informatiques. » Dans de nombreuses exploitations, la situation des aides Pac 2016 n’est pas plus brillante. Pour protester contre ces retards inadmissibles, la FDSEA du Bas-Rhin a décidé de mobiliser ses troupes devant le siège de la DDT du Bas-Rhin à Strasbourg, le mardi 29 novembre (lire en pages 2 et 3). Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin, dénonce « l’amateurisme des services de l’État. Des hommes et des femmes souffrent sur notre territoire à cause d’une Europe qui ne fonctionne pas, d’un ministre de l'Agriculture qui est déconnecté des réalités du terrain et qui continue à charger la barque », souligne-t-il. Le responsable syndical propose l’adoption d’une motion demandant que les aides spécifiques soient versées avant la fin de l’année et dénonçant l’acharnement de l’administration sur les contrats MAE. « Opérer des contrôles et prononcer des sanctions lorsque l’agriculteur n’est pas encore en possession de son contrat signé est simplement inadmissible. » Motion adoptée par les membres de la CAA. Les jeunes agriculteurs souffrent eux aussi de la léthargie de l’administration, explique Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Pour le versement de la dotation jeune agriculteur (DJA), les paiements de l’Agence de services et de paiement accusent plus d’un an de retard pour de nombreuses exploitations ! JA67 a mené récemment une action devant le siège de l’ASP, pour demander leur règlement avant la fin de l’année.

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