Association des producteurs de lait des huit cantons
Promouvoir une marque pour mieux se vendre
Association des producteurs de lait des huit cantons
Publié le 15/03/2017
Le prix du lait et la valorisation d’un produit local en circuit court à travers une marque ont été les deux sujets principaux de l’assemblée générale de l’association des producteurs de lait des huit cantons à Illfurth.
Confrontés à la libéralisation du marché du lait et à la concurrence internationale, les producteurs laitiers du département subissent de plein fouet la crise laitière. Ceux de l’association des huit cantons font même partie des moins bien payés de France. Ils sont dans le dur depuis des années, avec des conditions économiques très difficiles. Leur prix de base n’était que de 271,34 € pour 1 000 litres en 2016. Les bons derniers de toutes les coopératives laitières. C’est pour cette raison que les négociations se poursuivent pour signer un nouveau contrat avec Eurial-Senagral espéré ficelé à la fin du mois de mars 2017. « Le contrat a pris fin le 31 décembre dernier. Depuis, nous avons pris le risque de ne rien signer et d’entrer dans une négociation difficile. Il faut quand même savoir que le prix moyen était encore de 377 €/1 000 l en 2014 et de 324 € en 2015. L’objectif du prochain contrat est d’obtenir un mode de fixation du prix qui reflète au plus près la valorisation de nos livraisons, mais également qui respecte la loi Sapin 2, soit une clause de sauvegarde équilibrée avec la prise en compte de l’évolution de nos charges de production. Nous avons nos entreprises à faire vivre », explique Michel Rohrbach, président de l’association des producteurs de lait des huit cantons. L’association regroupe 28 producteurs. Ils sont essentiellement situés dans le sud du département du Haut-Rhin. Heureusement pour eux, l’année 2017 a mieux débuté avec des prix de 310,78 €/1 000 l en janvier, 305,78 € en février et 300,78 € pour le mois de mars. « Pour le reste de l’année, le prix est estimé entre 310 et 315 €. Mais ce n’est qu’une estimation. On ne sait pas si l'embellie va se poursuivre. Il y a encore une certaine fragilité », ajoute Michel Rohrbach. Et le discours des représentants de la coopérative n’incite guère à l’optimisme. Ces derniers n’ont rien d’ailleurs rien promis. « Il y a des gens qui ont leur trésorerie à sec. Nous avons besoin de plusieurs années de mieux, et surtout d’une lisibilité », conclut Michel Rohrbach. Les éleveurs de l’association ont livré l’année écoulée 15,23 Ml de lait soit 92 % de leur droit à produire. Valoriser la production Dans ce contexte compliqué, les producteurs cherchent des pistes de valorisation de leur production. Le bio est l’une de ces pistes. Trois des adhérents de l’association sont déjà tournés vers ce mode de production. La coopérative a rappelé qu’elle était ouverte à ces conversions et qu’elle était prête à soutenir les producteurs. Pour les trois premiers mois de l’année 2017, les prix payés étaient de 473 €/1 000 l de lait en janvier, 462 € en février et 431 € en mars. « La collecte va prendre de l’ampleur partout en France. Pour le Grand Est, elle va être transférée sur notre site de Château-Salins », indique le représentant d’Eurial-Senagral. Une autre piste de valorisation concerne la création d’une marque avec la conception et la réalisation d’un yaourt haut de gamme, au niveau de l’organisation des producteurs de lait Senagral (OPLASE). « Le but est d’avoir un savoir-faire au cœur de l’Alsace et de la Lorraine. L’idée est d’avoir une marque authentique, qui nous appartienne et qui soit décalée par rapport à des produits qui existent déjà ailleurs », précise Michel Rohrbach, qui préside également l’OPLASE. Le projet est en cours de finalisation avec la laiterie. Il a été rappelé que l’assemblée générale de l’association aura lieu en juin 2017 en Alsace. « Ce sera alors l’occasion de faire le point sur la situation économique des producteurs et d’évoquer avec la laiterie les actions à mettre en place pour pérenniser l’avenir professionnel des producteurs. Notre association est à l’image de l’avenir des producteurs de lait. On est tous ensemble autour de la table et on avance ensemble. Depuis deux ans, les conditions économiques sont très difficiles. Or, une laiterie est heureuse si elle permet une bonne rémunération de ses producteurs », conclut Michel Rohrbach.












