bovins lait

Eurogénétique. Concours prim’holstein

Deux beaux doublés pour les éleveurs alsaciens

Publié le 13/04/2017

Vendredi 7 avril, le ring du centre des congrès d’Épinal a accueilli pour la dernière fois le concours prim’holstein d’Eurogénétique, avant un transfert à Colmar en 2018. Goldblack du Tombuy (Lauthority x Kite), copropriété du Gaec du Tombuy et du Gaec Derrière la Tour à Gimécourt (55), remporte les titres de meilleure mamelle Adulte, championne Adulte et le titre suprême de grande championne de cette édition 2017.

Pour juger le concours prim’holstein 2017, les organisateurs d’Eurogénétique avaient invité Thomas Allard, 35 ans, installé dans le Morbihan où il produit 500 000 litres de lait avec une cinquantaine de vaches laitières, sur 70 hectares. Juge agréé depuis sept ans, Thomas Allard a officié pour des concours départementaux, le régional de Normandie, le national du Mans, mais également le Salon international de l’agriculture à Paris en 2015 et le Tech Elevage en 2017. Les terres vosgiennes n’étaient pas inconnues pour l’éleveur morbihanais qui a parcouru les routes du Grand Est en tant que technicien de Prim’Holstein France durant quelques années. Thomas Allard a été épaulé sur le ring par Jean-Baptiste Pardon, ancien technicien à Élitest, aujourd’hui installé en élevage de montbéliardes. Les deux hommes se sont mis à l’œuvre dès 10 heures du matin. La journée a débuté par le jugement des quatre sections de vaches en première lactation. Janeiro du Tombuy (Atla5G x Sanchez) du Gaec du Tombuy à Gimécourt (55), Prinz Elfrida (Afterschock x Fever Crac) de l’EARL Prinz à Hausgauen (68) et Adam Jocko (Parocas x Vonard) du Gaec Adam à Sorans-les-Breurey (70) ont successivement été choisies comme premières de leur section. « On termine par une section Espoir de très haut niveau. Mon choix s’est joué sur de petits détails », commente le juge avant de désigner, dans la quatrième section, celle qui sera, quelques minutes plus tard, championne Espoir de cette édition 2017 : Riedill Jaste (Impression x Bolton) de l’EARL Wollenburger à Binderheim (67). « C’est une vache qui respire la jeunesse, qui a beaucoup de caractère laitier. C’est un animal très complet avec un très bon système mammaire », souligne le juge. La dauphine de section, Riedill Jeunesse (Impression x Shottle) remporte le titre de meilleure mamelle Espoir et celui de réserve Espoir. « C’est tout ce qu’on recherche chez une vache laitière. Elle a un pis haut qui exprime bien le potentiel laitier », note Thomas Allard. C’est donc un doublé pour l’EARL Wollenburger. Doublé pour le Gaec Wilt La matinée s’est poursuivie avec trois sections de vaches en deuxième lactation. Dans la première section, Coum Iloa remporte la première place. « Elle a beaucoup de caractère laitier », apprécie le juge. Dans la seconde section, Thomas Allard trouve sa meilleure mamelle Jeune et championne Jeune : Wilt Enjy (Shot AL x Sanchez) du Gaec Wilt à Dachstein (67). « C’est une vache très bien équilibrée, bien proportionnée avec un pis impeccable. Elle a fait la différence sur la hauteur du plancher et de l’attache arrière. C’est le modèle de vache en deuxième lactation que je recherche », commente-t-il. Pour lui, dans la dernière section « trois vaches se distinguent. Ce sont trois vaches très harmonieuses avec une belle qualité de mamelle et une belle démarche. » Le juge a toutefois préféré Wilt Emy (Yorick x Shottle) du Gaec Wilt. « Elle domine par l’ensemble de ses qualités, son très bon système mammaire, la qualité de son ligament suspenseur ». Wilt Emy est désignée réserve Jeune quelques minutes plus tard. Le concours est donc marqué par un nouveau doublé, cette fois pour le Gaec Wilt. Place aux sections de vaches adultes Après un intermède pour laisser place au concours de la race brune, Thomas Allard a repris le chemin du ring pour juger les sections de vaches adultes. À commencer par les vaches en troisième lactation. Dans la première section, Thomas Allard apprécie Hippie (Zeus x Bosman) du Gaec Bernard à Vittersbourg (57), pour « sa fraîcheur, la hauteur et la largeur de sa mamelle, la qualité de son ossature et de ses membres ». Dans la seconde section il préfère Nova Gape (Shout x Survivor), copropriété de la SARL Novalait et Philippe Deru à Brainville-sur-Meuse (52). « Ce n’est pas la plus dimensionnée mais elle dégage beaucoup de potentiel laitier ». Vient le temps de la section des vaches en quatrième lactation. On y trouve Goldblack du Tombuy (Lauthority x Kite), copropriété du Gaec du Tombuy et du Gaec Derrière la tour à Gimécourt (55). Goldblack connaît le ring d’Eurogénétique : elle a précédemment remporté les titres de championne Espoir et grande championne en 2014 et de championne Jeune en 2015. Cette fois encore, Goldblack tape dans l’œil du juge qui la désigne première de section. Les derniers animaux à s’avancer sur le ring sont les vaches en cinquième lactation et plus. Le juge tient à souligner la qualité du travail des éleveurs qui font vieillir leurs animaux. La plus vieille vache du concours est une femelle en huitième lactation « C’est une vache remarquable de conservation », apprécie Thomas Allard. Comme première de section, il préfère toutefois Ex Elegence (Sanchez x Mr Sam) du Gaec Adam à Sorans-les-Breurey (70), « une très belle vache très harmonieuse ». Une grande championne remarquable La fin du concours approche. Place au championnat adulte : Goldblack du Tombuy s’illustre une nouvelle fois : Thomas Allard la choisit comme meilleure mamelle Adulte et championne Adulte. « Elle a un très bon bassin, un très bon système mammaire, avec une attache arrière haute. On en prend plein les yeux. » Les championnes Espoir, Jeune et Adulte s’avancent de nouveau sur le ring. Avant de désigner la grande championne, Thomas Allard fait durer le suspense. Le juge prend quelques minutes pour remercier l’organisation. « J’ai pris beaucoup de plaisir à juger ce concours sur ce ring aujourd’hui ». Thomas Allard profite de cette tribune qui lui est offerte pour rappeler que, « ce sont des actes dont on a besoin aujourd’hui dans la profession. Nous faisons énormément de sacrifices. Aux politiques de faire des lois davantage en notre faveur ». Le juge termine en appelant les éleveurs « à faire la fête aujourd’hui. C’est important de prendre du plaisir au quotidien ». Thomas Allard a assez fait durer l’attente, la musique s’élève, il tourne autour des trois championnes avant de taper sur le flanc de Goldblack du Tombuy. « C’est un animal remarquable dans sa stature, sa prestance, avec un squelette et un pis exceptionnels ».

Concours de la race Vosgienne

Esmeralda, grande championne

Publié le 13/04/2017

Le concours de la race vosgienne a tenu toutes ses promesses. Il a couronné le Gaec Schubnel de Stosswihr. Esmeralda, la vosgienne présentée par Clément, 12 ans, a été désignée meilleure mamelle Adulte, championne Adulte et grande championne.

Les éleveurs de vosgiennes haut-rhinois sont fidèles au rendez-vous d’Eurogénétique. Le Gaec des Hautes Huttes à Orbey est venu avec Idylle, une vache en première lactation, et Frida, en quatrième lactation. L’EARL Deybach à Mittlach présentait Issa en première lactation. Yvan Pierrez de Sondernach proposait deux vaches : Iris, en deuxième lactation, et Déesse, en cinquième lactation. Le Gaec des Trois Fours à Muhlbach-sur-Munster présentait Fara, en quatrième lactation. L’EARL Jean Wehrey à Breitenbach avait fait le déplacement avec Flora et Carmen, deux vaches en cinquième lactation. Et le Gaec Schubnel proposait Esmeralda en quatrième lactation. Neuf vaches parmi vingt-huit concurrentes réparties en quatre sections étaient en lice pour le concours de la race vosgienne, présidé par le juge Florent Campello de Mittlach, président de l’association des éleveurs de la race vosgienne du Haut-Rhin. Il n’a pas caché son enthousiasme et sa satisfaction de voir un concours d’une telle qualité. Dans la première section, Imelle du Gaec Saint Ajol de Saint-Bresson en Haute-Saône, a été sacrée meilleure mamelle Jeune puis championne Jeune. Une belle satisfaction pour l’éleveur de cette vache née le 11 novembre 2013 dont le premier vêlage est survenu le 17 juin 2016. Triplé haut-rhinois Dans la troisième section, celle des vaches en troisième et quatrième lactation, le Haut-Rhin a placé ses trois vaches aux trois premières places. À savoir : Esmeralda devant Frida et Fara. Une nouvelle reconnaissance pour le département et la qualité de ses élevages. Pour Esmeralda, c’était le début d’une belle série. Le jeune Clément n’en était qu’à ses premiers tours de piste quand sa vosgienne préférée a été sacrée meilleure mamelle Adulte, puis championne Adulte. Quelques instants plus tard, c’est encore Esmeralda qui a été sacrée grande championne. Pour Florent Campello, la satisfaction est entière. « Cela a été un magnifique concours avec de superbes animaux dans toutes les catégories. Pour les vosgiennes, il y avait de tout. De la mixité, de la longévité, de la mamelle, des aplombs. On a vu tout ce que l’on aimait dans la vosgienne. Et cette grande championne, c’est exactement le standard de la race. On a envie de l’avoir sur son exploitation. » Une belle conclusion pour cette édition d’Eurogénétique. Rendez-vous est pris l’an prochain, à Colmar cette fois.

Publié le 31/03/2017

Les électeurs choisissent le nouveau président de la République les 23 avril et 7 mai prochains. Quelles seraient les mesures que les éleveurs et les céréaliers alsaciens aimeraient lui voir prendre au cours de son mandat ? Nous avons posé la question à quatre d’entre eux.

À Fislis dans le Sundgau, Olivier Richard, 42 ans, vend 200 jeunes bovins par an. À Wilwisheim, près d’Hochfelden, Vincent Fischer, 52 ans, vient d’installer son fils sur 70 ha avec 60 holstein. Le choix de ces deux éleveurs quant au bulletin qu’ils glisseront dans l’urne n’est pas complètement arrêté. Mais leurs principales attentes sont claires. Et si le prochain président commençait par apaiser les tensions dans la filière élevage ? « Au lieu de construire des murs, créons des ponts entre les consommateurs et les producteurs. Dès qu’il y a un problème, cela retombe toujours sur le dos de l’éleveur. C’est soit son image, soit son portefeuille, ou les deux à la fois, qui en souffrent. Redonnons une reconnaissance sociétale aux éleveurs qui gèrent les espaces et sans lesquels il n’y aurait pas de verdure » lance Olivier. Cette « reconnaissance » suppose aussi une rétribution plus juste. « Tous les maillons d’une filière doivent gagner quelque chose » enchaîne Vincent. « Quand, malgré la crise, de grands groupes laitiers font des bénéfices confortables sans les partager équitablement, c’est un signal d’alarme. Comment donner confiance en l’avenir à des jeunes qui s’installent ? Pourquoi l’État ne contrôlerait-il pas une juste répartition des marges ? » À Rouffach, Édouard Isner, 38 ans est installé sur 82 ha dont 4 d’asperges. À Stutzheim-Offenheim, dans le Kochersberg, Christian Hufschmidt, 46 ans, consacre ses 130 ha au maïs, au blé à la betterave et à la vigne. « Le président aura du pain sur la planche ! » démarre Édouard. Il réclame plus de cohérence entre la réglementation française et européenne. « Travailler avec des normes environnementales et sociales harmonisées en Europe serait plus simple. Comment accepter de tels écarts de niveau de salaires et l’importation de produits traités avec des matières actives interdites en France, mais autorisées ailleurs ? Ce sont autant de distorsions de concurrence récurrentes ! Seule une volonté politique peut y remédier ». Aux yeux de Christian, les principales mesures à prendre restent franco-françaises. « La transmission des exploitations est un véritable casse-tête » souligne-t-il. « Mes parents n’ont pas terminé de transmettre que je réfléchis déjà à comment faire pour transmettre à mes enfants. Le foncier devient un poids très lourd à porter, alors que nous n’en faisons rien, à part le cultiver. En outre, les infrastructures comme le grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg nous le grignotent et le gaspillent. Le président ferait bien d’agir pour privilégier le transport alternatif au lieu de projets à l’efficacité aléatoire ». Réformer la fiscalité Éleveurs et céréaliers se rejoignent sur des préoccupations partagées. Ils espèrent que le prochain président passera à la simplification administrative annoncée, mais que personne n’a encore vu. Ils le pressent de réformer la fiscalité. « Il y en a assez d’un système qui pousse à investir en période de vaches grasses et qui pénalise l’agriculteur en période de vaches maigres » résume Olivier. Le lissage des revenus agricoles sur cinq ans recueille donc l’unanimité. « Un système comme la déduction pour aléas (DPA) est d’une complexité telle que même mon comptable ne veut pas y mettre son nez » rappelle Édouard. « Il faut nous permettre d’extraire et de réinjecter facilement de l’argent. C’est la clé pour anticiper nos investissements qui créent de l’activité et participent à l’économie nationale ». Et si seulement le prochain président pouvait mettre un terme à l’excès normatif ! « On ne sait plus ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Notamment en matière d’environnement. Nous sommes les premiers à entretenir l’espace. Nous sommes conscients qu’il faut réduire les traitements. Mais à grande échelle, c’est autre chose que dans un carré de jardin ! Les pratiques raisonnées sont plus proches de la réalité mondiale » argumente Vincent. Au-delà de la promesse de chaque candidat d’améliorer les futurs revenus agricoles par des mécanismes divers et variés, Olivier, Vincent, Édouard et Christian revendiquent que le futur chef de l’État intervienne pour revaloriser l’image de l’agriculture française « afin que les agriculteurs ne passent pas pour les éternels méchants aux yeux du consommateur ». Et si tout simplement, comme le suggère Vincent, pourquoi n’inspirerait-il pas une « politique lucide avec des idées réalistes et réalisables » ?

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