bovins lait

Samedi 14 octobre à Muhlbach-sur-Munster

Fête de la transhumance

Publié le 10/10/2017

La plus grande fête de la transhumance du massif vosgien se déroule à Muhlbach-sur-Munster samedi 14 octobre prochain. Quelque 200 vaches et 6 troupeaux traverseront le village au son des clarines et des toupins. Dans le même temps, une vente de génisses vosgiennes est proposée par l’association des éleveurs de vosgiennes du Haut-Rhin.

C’est la huitième fois qu’est organisée cette transhumance, qui prend une ampleur toujours plus importante. La première année, il y avait deux troupeaux au programme. Le 14 octobre prochain, ils seront six à faire étape dans le village en descendant de leurs fermes d’estives sur les hautes chaumes. Ils vont arriver des vallées de Munster, Saint-Amarin et La Bresse. Cela représente quelque 200 vaches, toutes munies d’une clarine ou d’un toupin, qui vont descendre de façon échelonnée jusqu’à la salle de sport du village, le cœur de la manifestation. Les animations vont démarrer dès 9 h 30 le matin dans les différents points d’attraction de la fête : la salle de sport, bien sûr, mais aussi les abords du stade, le musée de la schlitte, la ferme Lochert, Vallée Village. Les horaires attendus de passage des bêtes sont les suivants : ferme de l’Estive (Chalets de la Wormsa) à 13 h 15, ferme Meyer (Muhlbach) à 11 h 30 et 16 h, Firstmiss (Gaschney) à 13 h, Trois-Fours (Gaschney) à 14 h, Treh et Uff Rain (Chalets de la Wormsa) à 14 h 15. Le défilé des vosgiennes ou des brunes des Alpes attire chaque année plus de 5 000 visiteurs, en fonction de la météo. On entendra de la musique toute journée en attendant le concert de clarines. Choristes, groupes folkloriques, cors des Alpes, et sonneurs des Hautes Chaumes donneront du souffle jusqu’au soir. Pour la première fois, il y aura aussi une formation de cornemuses. Avant le Malkerowa de 18 h, la fameuse soirée montagnarde, il y aura de nombreux points de restauration, souvent sous chapiteau. Il y sera servi des menus marcaires, avec des fromages et des charcuteries fabriqués dans les fermes situées sur les hauteurs. Il sera également possible de déguster les roïgebrageldi et la soupe au munster offerte par la confrérie Saint-Grégoire du taste fromage. Vente de génisses vosgiennes à partir de 16 h 30 Autre grand moment de cette journée, la vente de génisses vosgiennes organisée par l’association des éleveurs de vosgiennes du Haut-Rhin, à partir de 16 h 30 à la ferme Lochert. Les génisses seront exposées toute la journée dans l’étable de Guy Lochert, rue du chemin de fer. Sur place, les éleveurs de l’association proposeront au public leur burger au Cœur de massif (steaks hachés de viande vosgienne). La vente se déroulera suivant le système des enchères progressives avec un minimum de 50 € par mise. Toutes les génisses et vaches mises à la vente proviennent de pères d’insémination. Si elles sont gestantes, le produit est issu d’insémination. Le catalogue officiel de cette vente de génisses affiche 30 animaux. Ils sont issus de l’EARL Barb à Wasserbourg, de chez Guy Lochert à Muhlbach-sur-Munster, de chez Fernand Hoffner à Fellering, de l’EARL Jean Wehrey à Breitenbach, de l’exploitation de Marc Spenle à Anjeux (Haute-Saône), de Mathieu Étienne au Val d’Ajol (Vosges), de l’EARL Deybach à Mittlach, de la SARL de la Soultzersmatt à Soultzeren, du Gaec Schubnel à Stosswihr, de l’EARL de la Chapelle des Ves au Thillot (Vosges), de chez Armand Burger à Soultzeren, du Gaec des Hautes Huttes à Orbey et d’Élitest à Épinal pour des lots de trois embryons.

Foire Simon et Jude de Habsheim

La 23e édition dans les starting-blocks

Publié le 05/10/2017

La foire Simon et Jude d’Habsheim se prépare. Elle se déroulera les 29 et 30 octobre prochains. Ce 23e grand concours interraces des vaches de races prim’holstein, montbéliarde et salers réunira 250 bovins issus de 40 élevages.

Cette manifestation reste le rendez-vous incontournable des éleveurs dans le Haut-Rhin. Habsheim accueillait par le passé un marché à bestiaux. La manifestation a évolué au fil des années. En 1995, une équipe de pionniers a décidé de relancer un concours départemental, dans l’idée d’insuffler une nouvelle dynamique de l’élevage. Le but était double : montrer au grand jour le travail de sélection et de conduite du troupeau réalisé par les éleveurs au quotidien et créer un lieu de rencontre et de convivialité autour de l’élevage. Les différents syndicats de race se sont progressivement joints à la manifestation qui, pour l’édition 2000, était portée par l’union des organismes d’élevage. Cette union s’est ensuite réorganisée en association Éleveurs bovins du Haut-Rhin. Elle regroupe en son sein le Club Holstein 68 et le Syndicat montbéliard du Haut-Rhin. Aux côtés des organisateurs œuvrent également Élitest et la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) par l’intermédiaire du service élevage. Manifestation à caractère local au départ, le concours d’Habsheim est devenu au fil de ses éditions une rencontre de portée plus large, à la fois tremplin et préparation pour des manifestations d’ampleur nationale, voire internationale, telles Eurogénétique à Épinal, le National montbéliarde de Cournon, le Salon international de l’agriculture (SIA) à Paris ou Swiss Expo à Lausanne. « Grâce à la dynamique de ce concours, le département a pu accueillir le concours européen à Colmar en juin 2016. Il a connu un véritable succès. Cela montre également que l’élevage dans le département reste dynamique. C’est la raison pour laquelle la CAA apporte son soutien logistique à la manifestation. Son service élevage gère, par exemple, l’inscription des vaches. Et, financièrement, elle est le premier sponsor de la foire et du concours », explique Sébastien Stoessel, élu à la CAA, président de l’Établissement de l’élevage régional et président de l’association Éleveurs bovins du Haut-Rhin. Préserver cette manifestation Lieu de rencontre entre professionnels de l’élevage, le concours a également évolué en manifestation orientée vers le grand public. Au-delà du concours lui-même, le programme intègre plusieurs animations qui offrent au grand public la possibilité d’avoir un contact à la fois distrayant et informatif avec l’élevage et l’agriculture en général. Parmi les nouveautés, un stand Bienvenue à la ferme qui propose de la restauration avec des produits de proximité, et un stand en lien avec les artisans. La promotion de la viande sera également assurée. La présence de la salers depuis deux ans, race à viande par excellence, permet une telle initiative. Habsheim reste un rendez-vous attendu et apprécié par les éleveurs. « La manifestation se déroule à la sortie des gros travaux agricoles. Elle constitue un moment convivial, d’échanges entre professionnels. Les éleveurs qui participent au concours s’inscrivent pour se jauger et maintenir un niveau performant dans le Haut-Rhin. Niveau qui leur permet ensuite de s’illustrer à des concours régionaux et nationaux. À chaque fois, ils savent se mobiliser. Même si le contexte économique reste difficile, nous tenons à préserver cette manifestation qui nous permet de sortir des sentiers battus et de montrer la fierté que nous avons d’être des éleveurs », observe Sébastien Stoessel. Meilleur jeune présentateur Les différentes races présentes dans le département seront sur place : prim’holstein et montbéliarde bien entendu, mais aussi vosgienne, salers, jersiaise, normande et brune des Alpes. Elles seront présentées et leurs particularités expliquées et commentées. Le traditionnel concours des jeunes présentateurs aura lieu en début de matinée, le dimanche 29 octobre en race montbéliarde et le lundi 30 octobre en race prim’holstein. Des jeunes de 14 à 24 ans présenteront une génisse. « Les candidats participants ont suivi les deux journées de formation annuelle organisées par le Club Holstein 68, le Syndicat montbéliard et le service élevage. Les juges respectifs seront chargés de désigner le meilleur jeune présentateur du concours, tant sur le choix de sa génisse, sa préparation que sa présentation. Ce concours est organisé depuis 2006 en prim’holstein, le Syndicat montbéliard s’y est investi également depuis 2009. Pas moins de 18 participants pour les deux races sur le concours de cette année, autant dire que la présentation d’animaux ne manque pas de jeunesse et de dynamisme », se félicite Sébastien Stoessel. Parmi les autres animations habituelles, la présentation des veaux par les enfants qui a pour objectif de susciter parmi les jeunes générations la vocation pour une profession et d’éveiller leur fierté à présenter une bête issue de l’élevage des parents. La jeune association de la race bovine salers, née en octobre 2014, fera la promotion de la race. Et les éleveurs organiseront leur concours régional le dimanche matin. Concernant le challenge en race montbéliarde, tout éleveur ayant au moins trois animaux présents au concours pourra participer au concours du lot d’ensemble. Le jury désignera le lot de vaches le plus homogène. Enfin, la finale départementale de jugement de bétail vient se greffer pour la quatrième fois sur cette fête de l’élevage. Elle est organisée par le lycée agricole de Rouffach, en partenariat avec la CAA et Élitest. Tous les élèves d’établissements d’enseignement agricole peuvent concourir. Les dix meilleurs pointeurs de chaque race ont été retenus à l’issue de deux journées de présélection. Lors de cette finale départementale, chaque candidat aura à pointer deux animaux de la race dans laquelle il aura été retenu. Les vainqueurs (deux titulaires et un suppléant) participeront à la finale nationale, organisée dans le cadre du SIA à Paris au mois de février 2018.

Le fromage Cœur de massif se développe

Un produit de diversification

Publié le 27/09/2017

Le fromage Cœur de massif a trouvé ses consommateurs. Mieux même, la demande est actuellement supérieure à l’offre. Il représente une source de diversification économique pour les éleveurs.

Installé avec sa compagne, Sarah Grewis, sur l’exploitation familiale située au cœur du village de Sondernach - le Gaec de la ferme de l’Estive -, Pierre Deybach, 32 ans, transforme 250 000 litres de lait pour produire ses fromages : munster, bargkass et Cœur de massif. Il élève ses vingt vaches vosgiennes et sa vingtaine de génisses sur deux sites : 40 hectares sur le secteur de Sondernach, et 50 ha d’alpage sur le versant nord du Hohneck, côté Lorraine. C’est là-bas, entre 1 100 et 1 350 mètres d’altitude qu’elles passent les beaux jours, de juin à septembre. Deux sites et donc deux lieux de travail. « Nous avons une salle de traite mobile. Nous montons au Hohneck deux fois par jour pour effectuer la traite des vaches. La première se fait à 6 h 30, le matin. Nous partons de la ferme dès 6 h. Les génisses, elles, restent en bas pour pâturer les prés qu’on ne peut pas faucher », explique Pierre Deybach. L’éleveur ne vend pas son lait à une laiterie. Il transforme la quasi-totalité de sa production pour réaliser ses fromages, en moyenne 9 tonnes chaque année. 50 % de sa production est vendue directement au magasin à la ferme, ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à midi. Chaque jour une dizaine de clients se présentent au magasin qui propose également de la charcuterie, des yaourts, des jus de pommes ou encore des produits dérivés de l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne (OS vosgienne). L’autre moitié de la production part dans des boucheries, des fermes auberges de la vallée de Thann, des magasins de vente à Munster, des boulangeries ou encore le marché de Muhlbach-sur-Munster le samedi matin. La ferme de l’Estive est en bio depuis l’installation de Pierre Deybach en 2012. « Le marché était saturé et nous voulions travailler différemment, faire quelque chose de nouveau. Et, surtout, la demande était là. Nous avons donc franchi le pas même si le coût des aliments a été doublé », ajoute l’éleveur. Valoriser la vache vosgienne Historiquement, la ferme produit du munster, du bargkass, mais aussi de la tomette. Depuis mai 2016, Sarah Grewis et Pierre Deybach proposent également à leurs clients du Cœur de massif. L’idée était de diversifier la production, mais également de valoriser la vosgienne. « La fabrication du Cœur de massif est plus rapide. Cela nous libère du temps pour travailler dans les meilleures conditions. C’est un fromage plus économique et de meilleure qualité. Il nécessite cependant davantage de manipulations. Nous en produisons environ 2 tonnes chaque année », résume Pierre Deybach. Il constate avec satisfaction que le fromage est très demandé par ses clients. Il est du coup assez souvent en rupture de stock, car la production du Cœur de massif nécessite deux mois d’affinage. « Du coup, nous sommes bien contents de pouvoir proposer d’autres fromages. Mais, c’est vrai que les gens apprécient le Cœur de massif qui convient parfaitement pour les raclettes. Facilement reconnaissable grâce à sa forme carré, vous trouverez sous sa croute tachetée grisée à brune, une texture moelleuse et onctueuse, un gout floral et fruité prononcé grâce à l’alimentation des vaches Vosgiennes sur le Massif Vosgien.Il se déguste facilement », commente Pierre Deybach. Son prix de vente, qui permet de valoriser le travail des éleveurs, a été fixé par l’OS vosgienne entre 16 et 18 € le kg. À la ferme de l’Estive, le prix est de 16 €. « Nous constatons que les gens ne sont pas regardants sur les prix. Ils cherchent avant tout de la qualité. C’est précisément notre état d’esprit. Ici, le magasin de vente se trouve à l’avant de l’atelier de transformation que l’on distingue à travers les vitres. Derrière, il y a les bêtes. Chez nous, tout est visible », précise Sarah Grewis. Se former À l’avenir, le jeune couple d’éleveur compte bien produire encore davantage de Cœur de massif qui représente pour l’exploitation une vraie source de diversification. « Et un joli coup de publicité, car ce nouveau fromage nous a apporté de nouveaux clients. Des touristes, mais surtout beaucoup des gens du secteur. Aujourd’hui, la demande est supérieure à notre offre. Donc, notre défi à l’avenir est de pouvoir produire davantage pour y répondre. C’est intéressant car, quand on transforme, on n’est pas dépendant d’une laiterie. Le fait de réaliser un produit local et régional permet également de maîtriser les charges, de trouver de nouveaux débouchés, de sécuriser le travail », souligne Pierre Deybach. Il fait partie des 24 producteurs qui ont été formés par l’OS depuis début 2015 pour produire du Cœur de massif (lire en encadré). Une formation annuelle appréciée et nécessaire. « Cela nous a permis de faire une étude de marché. Nous avons alors constaté qu’il y avait un potentiel de vente de 18 t en Alsace-Lorraine et de 70 t pour toute la France. En 2016, 33 t ont ainsi été produites. En 2017, 44 t devraient l’être. Il y a donc une belle et réelle progression. Elle ne répond cependant pas encore à la demande. Nous cherchons à attirer de nouveaux éleveurs pour produire du Cœur de massif. Ce qui leur permettrait de se diversifier eux aussi », précise Laurine Spieser, chargée de mission circuits locaux et diversification à l’OS vosgienne. Une formation Vivea est prévue en hiver (en janvier) sur trois journées et demie dont une demi-journée en fromagerie avec un exploitant qui produit déjà du Cœur de massif. Et une journée en salle consacrée à toutes les explications nécessaires sur la transformation et les deux cahiers des charges. Parmi les points à respecter, il faut, par exemple, avoir un minimum de 55 % de vaches vosgiennes dans son cheptel, avec une augmentation de 5 % par an, et respecter des normes de production strictes. Les exploitations doivent ainsi s’engager à ne pas utiliser d’ensilage (maïs et herbe), et tout autre fourrage ayant un taux de matière sèche inférieur à 50 % (enrubanné) dans l’alimentation des vaches laitières, à limiter la complémentation des animaux à 1 200 kg de concentré/vache/an. Ils s’engagent aussi à avoir un minimum de 150 jours de pâture pour les vaches en lactation avec un minimum de 30 ares de pâture par vache, un maximum de 70 unités d’azote minéral par hectare d’herbe ou encore à ne pas utiliser de produits phytosanitaires sur les surfaces en herbe.

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