bovins lait

Publié le 26/10/2017

À Baerendorf, le contexte laitier a poussé Justine et Jean-Marc Masseran à revoir leurs priorités. Plutôt que de chercher à s’agrandir, ils préfèrent optimiser leur troupeau et leur outil de production.

La récolte de fourrages n’a pas été terrible en 2016 en Alsace Bossue. Jean-Marc et Justine Masseran en combattent encore les répercussions. Leurs génisses élevées au foin accusent un retard de croissance qui a retardé l’insémination qu’ils réalisent habituellement à un poids de 420 kg. Justine va donc devoir patienter pour arriver à son objectif d’abaisser leur âge au premier vêlage de 30 à 26-27 mois. Père et fille savent aussi qu’ils ne livreront sans doute pas la totalité du volume auquel leur laiterie leur donne droit sur 2017-2018. « Nous avons dû acheter du corn gluten pour compenser durant deux mois la rupture de maïs ensilage. Ce changement de menu a perturbé les vaches » explique Justine. Le prix insuffisant du lait l’an passé a donné un coup supplémentaire au moral, surtout celui de Jean-Marc, 53 ans, qui encaisse mal l’idée de se lever chaque jour pour effectuer des astreintes si faiblement rémunérées. Justine, 24 ans, est plus optimiste. « Cela ne peut pas être pire » dit-elle. Le contexte laitier a fait réfléchir les deux éleveurs. « Quand j’ai rejoint l’élevage en 2014 comme salariée, mon projet était d’augmenter le nombre de vaches et d’investir dans une deuxième stalle de traite robotisée. Aujourd’hui, la priorité est d’optimiser le lait dans la structure et avec l’outil actuel ». Servir régulièrement une ration stable dans sa composition est le principal enjeu identifié par Justine et Jean-Marc. Aujourd’hui, du 20 mars au 15 novembre, les laitières pâturent chaque jour de 8 h à 13 h 30 les parcs aménagés sur les 8 ha d’herbe jouxtant un bâtiment qui propose une dizaine de places sur une aire paillée et soixante logettes hautes équipées depuis 2011 d’un matelas recevant paille et produit asséchant. Les vaches peuvent à tout moment rentrer boire et se faire traire au robot installé en 2008, un choix fait à l’époque par Jean-Marc pour faire face à la création d’une société laitière avec un collègue tout en arrivant à s’en sortir seul du point de vue de la main-d’œuvre. À l’auge, le troupeau reçoit deux tiers de maïs ensilage et un tiers d’ensilage d’herbe rehaussés d’un kilo de correcteur. Jean-Marc distribue cette ration par couches, à la désileuse. « Ce n’est pas l’idéal. Les vaches trient. Elles doivent toujours se rendre au ratelier pour consommer du foin » note Justine. Cinq embryons mis en place par an « Avec une moyenne de seulement 2,3 traites par vache et par jour, notre productivité est insuffisante » analyse la jeune éleveuse. En 2018, l’Eàrl continuera à servir entre 1,5 et 2,7 kg/jour de concentrés en stalle de traite. Mais elle s’apprête à investir dans une mélangeuse pour distribuer une ration semi-complète homogène et comportant plus de fibres. Justine prévoit qu’elle soit calée à 29-30 l, soit deux à trois litres au-dessus de l’actuelle. Ce matériel figure en bonne place dans le projet d’installation de Justine. Elle espère ainsi réduire les trop fréquentes mammites notées lors des changements de ration et limiter le nombre de réformes en raison des dérapages cellulaires parfois supérieurs à 400 000. À terme, le troupeau devrait aussi davantage améliorer l’expression de son potentiel génétique. L’élevage a toujours misé sur ce progrès. Pour le conserver, l’Eàrl achète chaque année cinq embryons remis en place chez des receveuses. Les fortunes sont diverses : deux veaux nés en en 2015, quatre en 2016 et un seul en 2017. « La faute aux fourrages » estime Justine en commentant ce dernier résultat. Au quotidien, Jean-Marc s’occupe des cultures, des fourrages, de l’atelier d’engraissement porcin et de la distribution de la ration aux laitières. Justine a en charge les soins aux veaux et le suivi du troupeau. En observant les vaches trois fois dans la journée, elle fait intervenir l’inséminateur 1,9 fois pour une gestation. Une vache est inséminée trois fois au maximum avant d’être mise en présence d’un taureau de rattrapage. La bonne nouvelle est que le nombre élevé de femelles nées sur l’élevage ces dernières années, lui a permis de vendre sept vaches et primipares début 2017. Justine surveille scrupuleusement les données de traite. Elle consulte notamment les mesures de conductivité pour tenter de déceler les soucis de santé de la mamelle de ses laitières. Depuis son arrivée, elle programme un parage par an et, si nécessaire, des interventions plus ponctuelles. Chaque mois, elle force pendant une heure les vaches à suivre un circuit où elles sont obligées de passer par un pédiluve contenant une solution de formol et de sulfate de cuivre. « Les soucis de dermatite digitée ont été réduits. Mais il suffit de louper une fois la date pour voir le nombre de cas remonter ».

Publié le 25/10/2017

Pour la première fois cette année, Laura Schoeffel, 15 ans va découvrir le concours d’élevage de Habsheim parmi les jeunes présentateurs. Son objectif : passer avant tout un bon moment et, pourquoi pas, gagner un petit quelque chose…

Il y a quelques années à peine, Laura Schoeffel jouait encore des coudes lors de la traditionnelle et hilarante course des veaux des enfants. Lundi prochain, elle va pour la première fois monter sur le ring avec une étiquette de « grande ». Ou plutôt de « jeune grande ». Du haut de ses quinze ans, elle va représenter l’élevage familial situé à Hagenthal-le-Bas lors du concours des jeunes présentateurs. Son père avait déjà participé à la grand-messe de l’élevage haut-rhinois il y a quelques années de cela. Il était même reparti avec une honorable troisième place dans sa section. Mais Bernard Schoeffel le concède, les concours, ce n’est pas trop dans ses habitudes. « Avec tout le travail que j’ai ici, c’est un peu compliqué. » Cette année, sa fille avait manifesté l’envie de prendre part à la fête. « À force de regarder, cela m’a donné envie », explique-t-elle. Et puis les animaux, elle aime ça, elle a toujours aimé. Peut-être pas au point d’en faire son métier - elle prépare actuellement un bac pro en horticulture à Wintzenheim - mais suffisamment pour aller tenter sa chance sur le ring. Consciencieuse et appliquée, Laura Schoeffel a préparé cette échéance depuis de nombreuses semaines maintenant. La première étape consistait à prendre la température auprès des génisses du cheptel. Régulièrement, elle est allée à leur contact dans les prés pour les habituer à sa présence. Une fois les présentations faites avec les animaux, deux génisses sont retenues pour aller à Habsheim : l’une accompagnera Laura lors de son épreuve, la deuxième postulera avec les animaux de sa catégorie dans le concours classique. Afin de faire encore plus « copine copine » avec sa nouvelle partenaire de ring, la jeune compétitrice a rendu visite tous les jours à sa génisse, lui amenant parfois un petit quelque chose à manger. « J’ai eu de la chance car c’est une génisse plutôt calme, et pas compliquée à gérer. ». De bonne augure - forcément - pour la grande représentation de lundi. Laura Schoeffel pourra mettre en application tout ce qu’elle a appris au sein de l’école des jeunes présentateurs. Et aussi ce qu’elle a travaillé pendant des semaines avec sa génisse. « Je lui ai appris des petits bruits pour qu’elle comprenne ce que je lui demande de faire », souligne-t-elle. Après, Laura Schoeffel ne se met aucunement la pression pour ce concours. Elle y va pour le « plaisir » et pour « s’amuser ». « Et puis c’est aussi l’occasion d’appendre plein de choses, notamment sur le plan technique. » Malgré tout, elle garde le secret espoir de, pourquoi pas, « gagner quelque chose ». « Mais bon, si je ne gagne rien, ce n’est pas un souci. L’essentiel, c’est de pouvoir être présente avec ma génisse. »

Publié le 25/10/2017

Lundi, Valentin Rué participera pour la deuxième fois au concours de prim’holstein de Habsheim avec deux de ses génisses. Avec un seul mot d’ordre : le plaisir.

Petit à petit, il gravit les échelons. À 25 ans, Valentin Rué, salarié de l’exploitation familiale située à Osenbach, s’apprête à participer à son deuxième concours départemental de l’élevage de Habsheim. L’an passé, il avait terminé troisième dans la section « Femelles non vêlées ». Sa meilleure performance jusqu’à maintenant qu’il attribue très modestement à « la chance du débutant ». « J’étais déjà très heureux d’y participer. C’est vraiment une ambiance unique avec tout ce monde qui te donne des conseils, qui t’encourage à venir et à continuer », explique-t-il. Cet engouement pour le concours d’élevage est né en 2008. Un stagiaire de l’exploitation l’emmène à Eurogénétique pour y présenter quelques Vosgiennes. Pendant trois jours, il découvre l’ambiance, et regarde du coin de l’œil les concours de prim’holstein. L’année suivante, il tente lui-même sa chance avec l’une des Vosgiennes du cheptel. Il termine bon dernier de sa section. Peu importe, il est déjà très fier d’avoir pu essayer. Cette première expérience lui permet de mieux comprendre l’exigence que requiert ce type de concours. Cette prise de conscience s’accentue lors de son stage au Gaec Herrscher à Andolsheim, pendant son BTS. « J’ai pu mesurer l’importance de bien suivre les vaches au quotidien, ainsi que leur alimentation », se souvient Valentin Rué. Après son BTS, il reste six mois à la maison à se poser des questions sur la suite à donner à sa carrière naissante. Il décide de partir en stage pendant six mois au Canada dans un élevage. Il y côtoie ce qui se fait de mieux à ses yeux. « Les numéros un de l’élevage au niveau mondial, ce sont les pays d’Amérique du Nord », estime-t-il. Ce qu’il voit là-bas lui confirme ce qu’il avait compris lors de son passage dans le Gaec Herrscher, l’aspect génétique en plus. Il participe à plusieurs concours sur place et se forge une expérience qui va considérablement l’aider à son retour. Lorsqu’il revient, le jeune éleveur adhère au Club Holstein 68, quelques mois avant la confrontation européenne de Colmar. Là, on lui parle de la première école régionale de jeunes présentateurs. Il suit la formation pendant un week-end au Gaec Wilt, à Dachstein. Quelques jours plus tard, un copain lui prête une génisse pour participer au Festival de l’élevage de Brumath. Il y finit troisième… en partant de la fin. Pas grave, encore une fois. L’expérience est une nouvelle fois très enrichissante. Les échanges avec les autres éleveurs le font mûrir dans son approche. « Je savais que je ne pouvais pas rivaliser avec ceux qui font de la morphologie depuis des années », analyse-t-il lucidement. « On discute avec des éleveurs qui font ça depuis vingt ans, alors que nous, ça fait six mois qu’on a démarré. » Un enthousiasme intact Pour gagner un prix, Valentin Rué comprend alors qu’il devra passer par un autre biais. Lors de l’édition 2017 du Festival de l’élevage, il tente sa chance dans le concours de présentation, en plus du concours « classique » en race prim’holstein. Si le second ne lui permet toujours pas de se démarquer, il recueille en revanche la reconnaissance du juge en terminant premier de sa section dans la catégorie des jeunes présentateurs. Un moment évidemment très fort en émotion qui récompense alors le travail, l’observation et l’humilité qui caractérisent le jeune homme. Cinq mois plus tard, le voilà de retour à Habsheim avec toujours le même enthousiasme. Cette fois, il viendra un peu mieux « armé » avec deux génisses : Magouille et Maybrit. La première vient de la ferme familiale, la deuxième a été achetée à un élevage allemand au mois de juillet. « Ça va me donner un point de comparaison par rapport aux vaches de notre élevage qui ont une morphologie plutôt squelettique », souligne-t-il. Valentin Rué compte arriver à Habsheim un peu mieux préparé que lors de sa première expérience. « Ma génisse ne marchait pas très bien et bougeait un peu dans tous les sens. Du coup, cela fait plusieurs semaines que je travaille bien avec elles pour leur apprendre à marcher correctement. C’est essentiel si on veut prendre du plaisir le jour du concours. » La vache doit être prête à marcher, mais elle doit aussi parfaitement tondue. « Il y a des clippers qui font les lignes de dos, je ne vais pas les embêter avec la tonte de ma génisse. Et puis de toute manière, on n’a vraiment pas envie de s’embêter avec ça à ce moment. Ça aussi, je l’ai appris au fur et à mesure des années. » Magouille et Maybrit seront donc parfaitement tondues et lavées, et ne devraient pas poser de problème lors de leur passage sur le ring. « Elles ont bon caractère », se satisfait Valentin Rué. Pour le reste, il s’interdit de faire un quelconque pronostic. « Il n’y a qu’une seule personne qui décide, c’est le juge. Alors autant y aller en prenant le maximum de plaisir. Je ne fixe pas d’objectif de résultat, juste un objectif de plaisir. »

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