Foire Simon et Jude à Habsheim
La fierté
Foire Simon et Jude à Habsheim
Publié le 03/11/2016
Le lundi fut la journée des Holstein. Devant un public admiratif, la grande famille des éleveurs a fait partager sa passion avec fierté.
Démarrage en douceur lundi à la foire Simon et Jude. Le brouillard couvre la manifestation. Mais, sous le chapiteau, les éleveurs et les vaches sont prêts. Les éleveurs gardent la fierté de ce qui est bien plus qu’un métier : une passion voire un sacerdoce. En dépit de la situation économique actuelle. C’est aussi un moment de partage : avec le public mais aussi avec les collègues. Au milieu du ring, le concours du meilleur présentateur en race Montbéliarde débute. « Présenter un animal ici à Habsheim, c’est l’aboutissement d’une année de formation. Pour ces jeunes passionnés, c’est aussi un tremplin vers d’autres concours et surtout vers un avenir professionnel », explique Alexandre Wintzenrieth, l’un des professionnels en charge de ladite formation. Pendant plusieurs minutes, les jeunes participants défilent sur le ring avec leur vache devant l’œil vigilant du juge, le suisse Stefan Widmer. Et c’est finalement Florine Wira du Gaec Gutzwiller à la ferme du Neuhof à Michelbach-le-Haut qui l’emporte. Puis, vient l’heure de la finale du concours de jugement de bétail. Oser le changement La matinée se poursuit par la présentation des races avec une prédominance pour la Prim’Holstein, star de cette journée. La présentation est effectuée par Armand Mathieu, un fidèle parmi les fidèles. « J’ai eu la chance dans ma vie d’exercer un métier que l’on ne peut pas exercer sans être passionné. Personnellement, j’ai une attirance toute particulière pour les petites races. Celles qui sont souvent ignorées et qui, pour survivre, doivent être élevées par, précisément, des passionnés. C’est par exemple le cas pour la Jersiaise ou la Vosgienne. Cela fait 40 ans que je suis dans le métier de l’insémination et je découvre encore des choses cette année. Cette manifestation ose le changement. Il n’y a plus ici de chevaux de trait, mais on a la Salers. C’est une bonne chose. Il ne faut pas s’attacher à vouloir rester absolument avec des recettes qui ont réussi par le passé. Il faut évoluer. C’est ce que font les éleveurs alsaciens ». À ses côtés, Antoine Franck de Goldbach qui avec son épouse Anne-Marie élève une cinquantaine de vaches. La veille, il a été récompensé de deux premiers prix pour ses Salers. Âgé de 63 ans, même si l’heure de la retraite approche, il vient pourtant toujours à Habsheim. « C’est important de venir ici. Mes parents venaient déjà. Nous présentons des salers pour la seconde année. Nous voulons montrer que la vache Salers n’est pas une sauvageonne ». Une manifestation de haute tenue Le moment attendu du concours et du championnat de la race Holstein arrive. Par section, les vaches défilent avec les éleveurs devant Stefan Widmer. On devine cette grande fierté d’être présent, cet honneur de présenter la race Holstein, ce privilège d’être au côté d’une vache bien préparée. Au final, le Gaec Wilt situé à Dachstein dans le Bas-Rhin remporte le premier prix, mais également celui du meilleur lot. Olivier Wilt, 35 ans, ne cache pas son émotion. « C’est magnifique. J’ai l’habitude des concours, c’est ma passion. Mais là, c’est un moment particulier. Et cette vache est exceptionnelle. Nous en avons déjà eu de belles, mais, elle, elle est vraiment particulière. Notamment au niveau morphologique. Je suis fier d’avoir réussi à convaincre le jury. Et pour le lot, c’est une belle surprise. Oui, c’est une belle journée. Nous étions invités dans le Haut-Rhin pour la seconde fois. Nous n’avons pas à le regretter, d’autant que cette manifestation est de haute tenue », se réjouit Olivier Wilt. C’est également la conclusion d’une foire Simon et Jude réussie. Au micro, Thomas Prinz, l’une des chevilles ouvrières de la manifestation, ne cache pas sa satisfaction. « Merci tout d’abord au juge pour son déplacement de Suisse. Stefan Widmer est une référence. C’est lui qui était aux commandes du concours Prim’Holstein au Space cette année. L’avoir à nos côtés est une fierté pour nous. Merci également à l’ensemble de nos partenaires de ce week-end, au public, et bien évidemment à vous toutes et tous les éleveurs alsaciens qui ont fourni un gros travail. Nous avons vu des vaches bien préparées. Vous pouvez être fiers. Vous avez donné et vous donnez une image d’un élevage alsacien dynamique ».












