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Ferme Stempfler à Spechbach-le-Haut

Les cucurbitacées, source de diversification

Publié le 14/10/2017

À Spechbach-le-Haut, cela fait une dizaine d’années que la famille Stempfler s’est lancée dans la culture des cucurbitacées. Potirons, potimarrons, butternut sont des légumes très appréciés par les consommateurs. La famille en décore sa cour de ferme. Une décoration qui ne peut qu’attirer l’œil et les clients.

Laurence et Vincent Stempfler ne se privent pas d’exposer une partie de leur récolte dans leur cour pour le plus grand bonheur des clients qui apprécient cette décoration pour le moins originale. Cette année encore, le couple d’agriculteurs a fait fort, avec un moulin rouge et ses danseuses. Il y a là des courges par milliers, de toutes les couleurs, de toutes les formes, comestibles ou décoratives. Il y en a pour tous les goûts. « Du rouge vif d’Estampes, des musquées de Provence, des potimarrons ou encore des butternuts. Il y a là de quoi faire de bonnes soupes, mais aussi les proposer en gratin, en purée, en quiche ou encore en tarte, sans oublier des coloquintes pour la décoration automnale », explique Vincent. Cette année, il fête le 20e anniversaire de son installation à la suite de ses parents. Depuis le 1er juillet 1997, il n’a jamais cessé de se diversifier avec, entre autres, des cucurbitacées : « Je suis fier de cultiver ces multiples légumes, de les vendre directement à la ferme, et de décorer ma cour de cette façon ». Ni potasse, ni phosphore S’il s’est autant diversifié, c’est tout d’abord pour des raisons économiques. « L’exploitation reste très petite avec seulement 45 hectares. Mais, surtout, je voulais sortir du tout maïs. Lors de mon installation, il n’y avait ici que trois cultures : le blé, le maïs et la pomme de terre. À ce jour, il y en a douze. Au fil des années, l’orge, le colza, l’oignon, la carotte, le poireau, le pissenlit, les fleurs à couper, les prairies de fauche et les cucurbitacées se sont ajoutés ainsi que d’autres légumes de saison. Nous vendons essentiellement directement ici à la ferme, depuis 1983. Cette façon de travailler nous permet d’être en contact direct avec les clients. Cela nous permet d’échanger avec eux, de les écouter et d’être attentif à leurs demandes ». C’est pour cette raison qu’il a fait le choix de se passer progressivement de produits phytosanitaires. « Beaucoup de mes cultures ne sont pas traitées et celles qui le sont encore reçoivent des mini-doses ou, en remplacement, reçoivent des jus de plantes. Je ne mets plus de potasse, ni de phosphore depuis déjà douze ans. Et j’ai banni tous les insecticides », précise l’agriculteur. Il espère pouvoir continuer sur cette lancée même si, économiquement, la visibilité n’est pas totale. « Pour autant, j’estime qu’il faut tout de même être optimiste, aller de l’avant et, surtout, positiver, innover et ne pas compter les heures passées dans les champs », conclut Vincent Stempfler. Une façon de faire qui séduit. Une centaine de clients s’arrête chaque jour devant la cour pour acheter des légumes du terroir. La cour est ouverte au public tous les après-midi de la semaine de 14 h à 18 h et le samedi toute la journée.

Publié le 30/09/2017

Du 22 au 24 septembre, une quarantaine d’animations gourmandes en Alsace ont marqué la fête de la gastronomie et sa thématique nationale « Au cœur du produit », déclinée notamment sur le Foodtour, un inédit de cette troisième édition régionale.

Initiatrice de la déclinaison régionale de la fête nationale de la gastronomie, Alsace Destination Tourisme (ADT), en collaboration avec les chefs restaurateurs et la Chambre d'agriculture d’Alsace, a offert au public un programme dense, festif et très gourmand pour sa troisième édition, du 22 au 24 septembre. Restaurateurs et producteurs, des collaborations pérennes Parmi les différentes animations, le Foodtour Alsace « Du champ à l’assiette » a été inauguré le 22 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. « Sans bons produits, pas d’excellence dans l’assiette », a lancé le chef Jacques Eber, rappelant que 32 de ses homologues se mobilisent pour cette fête, en proposant jusqu’au 1er octobre un menu terroir, illustré par l’affiche d’un selfie réalisé avec des producteurs. Cette coopération « met en avant leur savoir-faire ». « Ce Foodtour est l’occasion de découvrir ce territoire exceptionnel, ses productions agricoles diversifiées et sa convivialité », a ajouté Vincent Debès, président délégué d’ADT, saluant la présence de Marie-Thérèse Fischer-Phung, représentante nationale du commissariat général de la fête de gastronomie. Paul Schiellein, représentant la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), est revenu sur « ce partenariat gagnant-gagnant » avec les restaurateurs. Les producteurs ont « tout intérêt à vendre leurs produits aux restaurateurs qui vont les mettre en valeur » et pour les chefs, utiliser des produits locaux est un plus. Cette collaboration est « pérenne tout au long de l’année », a-t-il souligné. Quatre salariés s’occupent des circuits courts à la CAA. « C’est le rôle de la Chambre d'agriculture d’accompagner ces productions agricoles périurbaines », à l’image de cette exploitation agricole à la Meinau, gérée par Geoffrey Andna. Créée en 2014 avec deux associés, elle compte 6 144 m2 de serres sur 11 hectares au total et décline une quarantaine de productions. Les produits sont vendus en direct et via un réseau de restaurateurs, qui représentent 50 % de l’activité. L’Îlot a produit « 1 tonne de tomates par jour en pleine saison », a précisé Geoffrey Andna, en invitant les participants à la visite de l’exploitation. Du chou au confit de choucroute Après avoir souligné « la richesse que nous avons tous sous les pieds », Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité, a rappelé que la marque Savourez l’Alsace Produit du terroir est gage de qualité. Les participants ont ensuite été accueillis par Sébastien Muller, à la choucrouterie Le Pic à Meistratzheim pour découvrir ce « légume ancestral » aux multiples qualités dont l’Alsace produit 75 % du volume. Cinquième génération à la tête de cette entreprise familiale, Sébastien Muller a rappelé qu’elle exploite 70 hectares de choux à choucroute, qui sont lavés, coupés et transformés sur place, après « une fermentation naturelle qui peut durer 15 jours à deux mois », pour une production de 4 000 à 5 000 tonnes de choucroute par an. L’entreprise propose une gamme de choucroute bio et les participants à ce Foodtour ont pu apprécier sa dernière création, le confit de choucroute qui se marie parfaitement au foie gras. Sébastien Muller a précisé que le jus de choucroute sert à la méthanisation, et les feuilles vertes sont épandues. La choucrouterie Le Pic, qui aura un site internet en janvier, accueille le public tous les jours, une communication importante « pour éviter les amalgames et se défaire de l’image lourde de la choucroute garnie ». Président de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, Sébastien Muller œuvre avec Alsace Qualité et sa directrice, Bénédicte Dubois, pour l’obtention de l’IGP choucroute d’Alsace, une demande toujours en cours depuis vingt ans. « Longueur, finesse, blancheur », les critères sont précis pour l’obtention de ce label européen. Aquaponie et vins du terroir Ce Foodtour s’est poursuivi par la découverte de la start-up myFood à Gertwiller, une serre connectée pour une culture aquaponique verticale. Partis de l’idée d’autoalimentation, trois passionnés, venus de la finance et de l’informatique entre autres, ont installé un bassin avec des poissons, qui alimente des plantes, ces dernières filtrant l’eau du bassin, dans un système d’économie circulaire. Quelques panneaux solaires sur le toit de la serre permettent la production d’énergie pour obtenir « une parfaite autarcie alimentaire au niveau des légumes », précise Julien Wosnitza, l’un des créateurs. La consommation d’eau est fortement diminuée, car il y a moins d’évaporation, ajoute son associé, Matthieu Urban. Leur objectif est « d’apporter l’alimentation chez tout un chacun, en réunissant la permaculture, la bioponie et l’aquaponie ». Avec seulement une heure de maintenance par semaine, ils ont déjà installé 50 serres en Europe et seront présents au prochain Salon international de l’agriculture. Ils ont également un projet au Vaisseau à Strasbourg. Les participants du Foodtour ont ensuite été accueillis au domaine Hering à Barr. Jean-Daniel Hering, cinquième génération de vignerons, et son épouse, Fabienne, leur ont présenté succinctement le domaine, totalement en bio, dont les vignes du grand cru Kirchberg qui s’étendent au pied de leur domaine. Les vins, issus de ce grand cru, « un lieu unique », sont en « lien direct avec le terroir » et font « la singularité du domaine, plus que les cépages riesling ou pinot gris entre autres, qui peuvent être plantés partout », a souligné Jean-Daniel Hering. Les participants ont dégusté trois vins avec les recettes du chef Christian Boulard, du château d’Andlau, dont un pinot gris grand cru Kirchberg de Barr 2013, prouvant les qualités de garde des vins blancs, et un gewurztraminer 2008 sur une soupe de carotte froide au cumin. Après un passage à Saint-Pierre pour apprécier les fromages de la ferme Haag et les bières de la brasserie, le Foodtour s’est terminé dans le Haut-Rhin, avec un cook show à six mains harmonisé par les chefs étoilés Nasti, Binz et Jaegle, et retransmis sur écran géant. Puis Jérôme Jaegle, une étoile au Michelin, a accueilli les participants dans son restaurant L’Alchémille à Kaysersberg-Vignoble pour une pause dînatoire qui leur a permis de déguster des bouchées en direct du potager. Pour finir, petite escale au musée des eaux-de-vie à Lapoutroie pour déguster des mignardises de Christine Ferber, accompagnées d’eaux-de-vie. Un tour surprenant, au cœur des produits de la gastronomie alsacienne et des hommes qui la font vivre, apprécier et… fêter !

Publié le 29/09/2017

L’engouement pour la farine et les produits qui en sont issus incite l’abbaye de l’Oelenberg à Reiningue, près de Mulhouse, à accorder plus de surface au blé dans l’assolement de sa ferme et à en revoir le stockage.

Les meules du moulin de l’abbaye de l’Oelenberg écrasent le grain depuis près de deux siècles. Un temps largement suffisant pour faire la réputation de sa farine. Chaque année, cet outil « à l’ancienne » produit environ 1 100 t de farine aux six céréales et aux trois graines, complète, de type 45 et 55. Les trois quarts de la matière première proviennent actuellement des collecteurs locaux qui garantissent la provenance alsacienne des grains. Cette proportion devrait baisser à l’avenir. Le blé cultivé sur la ferme est promis à une plus belle place. François Dietsch, chef de cultures depuis 1989, l’implante après labour et passage d’un rouleau spire et d’une herse rotative dans des parcelles bien pourvues qui lui permettent de faire l’impasse sur P et K. Il sème en ligne à 320 grains/m² autour du 15 octobre. Il répartit le risque d’une mauvaise récolte avec les quatre variétés que sont Absalon, Cellule, Fructidor et Aplomb. « La palette disponible est suffisante. Il n’y a pas besoin de revenir en arrière avec des variétés plus anciennes » estime François. En apportant un total de 185 à 190 unités d’azote dont 40 en sortie d’hiver, 120 au stade épi 1 cm et le solde en mai, il vise un taux de protéines de 11,5, un niveau qu’il a mesuré dans la trémie de la moissonneuse en 2017. Le blé répondant aux critères meuniers souhaités est stocké à plat avant transfert au moulin en fonction de ses besoins. Le projet de l’abbaye est d’acheter un peu moins de charges de blé « prêt à moudre » pour au contraire en stocker jusqu’à 400 t dans de nouveaux silos, le double de la capacité actuelle, et de réaliser des mélanges en propre. Le blé va gagner sur le maïs grain qui se passe d’irrigation. François en échelonne pour l’instant la récolte grâce à six variétés entre 270 et 320 d’indice. « Je ne sèmerai plus les plus précoces » dit-il. D’habitude, il pratique un labour d’hiver et reprend deux fois au vibro avant de semer à 92 000 grains/ha, d’apporter 150 kg de 18-46 sur la ligne en starter, de 80 à 100 unités de potasse au stade 4-5 feuilles et 350 kg d’urée en plein. Un anti pyrale est appliqué sur 40 ha. Mais « ces dernières années, c’est devenu compliqué. Les parcelles alluvionnaires sans réserve utile et les talus autour de l’abbaye se révèlent très séchants en l’absence d’une pluviométrie suffisante ». François juge que la régression de la sole maïs ne sera pas forcément pénalisante pour la ferme. Le retour du colza l’érode elle aussi. Après une pause de vingt-cinq ans, François a semé au 25 août dernier 12,5 ha de Delphi dans les alluvions. Il mise sur 35 à 40 q/ha qui permettront de tester la fabrication d’huile. « Nos clients ont confiance » La pomme de terre conserve sa place. François plante six variétés à chair ferme (Charlotte et Dita), rouge (Manitou et Mozart) et blanche (José et Toscana). Elles sont conditionnées à façon, majoritairement en sacs de 10 kg. « Il y a une forte demande en magasin » explique Philippe Lizier, responsable des activités économiques de l’abbaye depuis cet été. Ce constat vaut également pour les produits élaborés sur place : pâtes, nouilles aux neuf œufs frais (et locaux), petits fours, cakes, fruits et légumes, farines… « Nos clients ont confiance. Ils viennent du secteur, comme d’Allemagne, de Suisse, des Vosges et jusqu’à Lyon ! Ils achètent beaucoup de produits du quotidien. Ils affirment que notre farine est exceptionnelle. Elle donne du goût aux gâteaux. C’est le savoir-faire du meunier. Nous effectuons une dizaine d’expéditions par semaine » se félicite Philippe. Des restaurateurs, une douzaine de grandes surfaces locales en sont également acheteurs. La boutique de 360 m² inaugurée en 1995 reçoit en moyenne chaque jour la visite de 160 personnes. Elle propose 38 % de produits élaborés sur place et bénéficiant du label « monastic ». Le solde de la gamme, du vin aux cosmétiques, des miels aux produits laitiers, provient d’autres monastères avec lesquels les échanges de marchandises sont hebdomadaires. L’objectif est d’augmenter le nombre de références en ajoutant par exemple de l’huile de colza. « L’alimentaire constitue 60 % des ventes. Nouilles et gâteaux ont de plus en plus la cote. Les gens savent qu’ils sont fabriqués artisanalement avec des matières premières locales produites sur place ou à proximité. Le prix moyen est un peu plus élevé que dans le commerce traditionnel car il inclut une grande part de travail manuel. Nous vendons une manière de travailler et un savoir-faire » précise Philippe.

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